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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 08:42

REFLEXION SUR L'ETAT DU P.C.F.

Jamais la notion de crise systémique n’aura autant collé à la peau de la période que nous traversons.

Jean-Marc DURAND. 28 octobre 2020.

 

Jamais la notion de crise systémique n’aura autant collé à la peau de la période que nous traversons. La crise sanitaire venue s’ajouter au tableau aggrave une situation déjà fortement dégradée. Elle révèle l’état de la « morale » profonde de notre société dont l’organisation et les institutions ont accompagné le capital dans le délabrement des moyens humains et matériels pour y faire face. Ce sont des décennies de politique d’austérité, de paupérisation des services publics, de chômage et de précarisation de l’emploi, de délocalisations et d’encouragement de la domination des marchés financiers et du grand patronat. Son accentuation très préoccupante exprime l’échec de la politique sanitaire des gouvernements Macron obsédés qu’ils sont tous de poursuivre « quoi qu’il en coûte » la même trajectoire de défense des intérêts du capital contre ceux des travailleurs et des populations. Tout cela appelle des changements radicaux. Ils concernent l’économie et le social mais aussi, inséparablement, l’écologie et toute la sphère sociétale. En réalité, c’est le sens profond de notre système qui est en cause : l’argent ne doit plus dominer, ni être refoulé dans le domaine de la technique prétendument neutre, mais l’argent doit servir. Il ne suffit pas d’affirmer des objectifs louables et humains, de compenser quelques dégâts sans s’attaquer aux mécanismes économiques profonds. Il ne suffit pas de solutions traditionnelles, même à gauche. Autrement dit, la politique est mise au défi de changements radicaux, tant au niveau de ses fins que de ses pratiques et des institutions pour les développer. Il s’agit d’imposer des inflexions immédiates significatives jusqu’à donner corps, grâce à des luttes tenaces et des rassemblements novateurs, à un nouveau projet de société tendu vers une nouvelle civilisation…..

…..SUITE SUR CE LIEN :

https://enavantlemanifeste.fr/2020/10/28/reflexion-sur-letat-du-parti-ses-defis-sa-novation/

 

 

Voir aussi 

et Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 08:15

Pierre Ivorra. La spéculation prend l’eau

La chronique économique de l’Humanité, Mercredi 28 Octobre 2020

 

L’annonce par le Chicago Mercantile Exchange (CME) et le Nasdaq, deux des grands marchés financiers des États-Unis, de lancer d’ici à la fin de cette année des contrats à terme sur l’eau en Californie constitue une nouvelle étape de la financiarisation. Est en effet ainsi créée une possibilité de spéculer sur un produit naturel essentiel à la vie et à l’humanité.

Qu’est-ce qu’un contrat à terme ? Il s’agit d’un contrat conclu entre un acheteur et un vendeur. L’un, le vendeur, prend l’engagement de vendre et l’autre, l’acheteur, d’acheter un actif sous-jacent – de l’eau dans ce cas – à un prix fixé dès aujourd’hui mais pour une livraison et un règlement à une date future. L’actif sous-jacent est en l’occurrence un bien commun, mais il peut être aussi constitué d’actions, d’obligations, de taux d’intérêt, de taux de change. Le vendeur essaie de se protéger d’une éventuelle baisse des prix, l’acheteur, d’une hausse. On pourrait croire que ce dispositif permet de se prémunir contre une trop grande volatilité des prix, or c’est plutôt l’inverse qui se passe habituellement. Compte tenu du rôle vital de l’eau pour la Californie, État très peuplé et grand producteur agricole, et de la menace que fait peser sur la ressource le réchauffement climatique, avec ce marché à terme, les spéculateurs vont pouvoir pousser les prix vers le haut, en essayant de vendre plus cher ce qu’ils ont payé moins cher, mettant ainsi en difficulté des agriculteurs, des communes et leurs habitants dont les factures d’eau risquent de bouillir. La Californie n’est certainement pas le seul territoire de la planète victime de cette obstination à offrir à la finance de nouveaux terrains de jeu. Le marché dit du carbone qui autorise les entreprises à acheter un droit à polluer est un précédent fâcheux. Que peut-on opposer à cela ? Pour ce qui est de l’eau, on peut invoquer un principe moral, la décision de l’ONU en 2010 de reconnaître que « le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit fondamental, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme ».

Mais les spéculateurs se fichent de la morale, aussi la décision la plus efficace pour contrer ces offensives de la finance contre les biens communs de l’humanité serait certainement de créer de véritables services publics dans les différents pays qui pourraient coopérer jusqu’au niveau mondial afin de mettre en œuvre de véritables solutions au changement climatique.

 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 08:51

ON N'A PAS BESOIN DE SAUVEURS

 

La santé physique, mentale et morale n’a pas besoin de sauveurs.

Ni Dieu, ni César, ni Tribun…

Elle demande un travail long et permanent, en progrès et en complexification unis.

Ce travail est difficile, patient et discret.

Discret au triple sens employés pour ce mot : au sens de la physique quantique, sauts de quanta micro; au sens populaire de la discrétion, au sens moral de l’échange social sans tapage, le plus efficace ; au sens philosophique et cosmologique qui rejoint et unit la science et l’expérience sociale, sauts de quanta micro et macro.

L’autogestion, l’initiative de la personne, dans l’autogestion de l’entité collective d’activité, dans l’activité globale de l’espèce humaine et de la société humaine, c’est ce qu’ont commencé à faire les personnels hospitaliers pour résoudre les problèmes concrets urgents lors de la première vague de covid19. La réorganisation des services ne pouvait procéder de consignes d’en haut, mais de l’intelligence de la situation locale dans la situation générale ; les personnels hospitaliers comme tous les autres personnels et tous ceux qui ont agi dans tous les secteurs d’activité, pour  tenter de répondre aux besoins humains du moment et à venir.

Autogestion et profit sont en contradiction. L’efficacité est du côté de l’autogestion responsable. La crise, bien qu’il ait été bien mieux de s’en passer pour y venir, peut encourager la libération de la personne humaine, la libération de l’aliénation découlant de l’usage de soi par l’argent.

 

Pierre Assante. 29/10/2020 08:48:58.

 

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 07:46
Cliquer sur l'image

 

Pierre Assante

 

2034 

ou 

« la force des autres »

recueil

CLIQUER SUR CE LIEN :

https://pierreassante.fr/dossier/2034_RECUEIL_PRIVE-PUBLIC.pdf

 

 

Nouveau recueil initié le 02/09/2020, augmenté plusieurs fois par de nouveaux articles.

 

....Et nous n’avons pour soi que la force des autres

 

PAGES :

2. I.Développement Economique et développement Anthroponomique. 3. II. RECUL DU MATÉRIALISME. 4. III. MEA CULPA, Article écrit le 27 mars 2010. 5. IV. DE LA NATION A L’HUMANITE TOUT ENTIERE . 6. V. Comment le « progrès » « progresse-t-il » ? Ecrit le 26 octobre 2008. 7. VI. EUROPE OU NATIONS ? 8. VII. MESSAGES. 8. VIII. AFFICHAGE A LA MADRAGUE DE MONT REDON. 9. IX. C’EST SIMPLE et c’est DUR À COMPRENDRE. 9. X. Jinsistelhurluberluglacé (X -10- poemes). 11. XI.DEBATS DU TRAVAIL EN RESEAUX internet ou autres LOCAUX. 12. XII. MISE AU POINT SUR MOINS MAIS MIEUX. 13. XIII. VOLONTA' DI SPIEGARE (volonté d’expliquer). 13. XIV. «  LA SENTIMENTALITé est UNE superstructure de la brutalité ». 15.  XV. PRESENTATION DU RECUEIL « L’INDIFFERENCE » (textes publiés en 2009-2010). 16.  XVI. La résolution des contradictions d’un moment de cette évolution-complexification fait partie de la croissance de cette évolution-complexification. 17.  XVII. RAPPEL. 18.  xviii.  La foi sans l’œuvre » et l’œuvre sans la conViction. 19.  XIX. TABOU. 20.  XX. CE BLOG S’ÉPUISE PEUT-ÊTRE… 20. XXI. Aux responsables membres du collectif formation PCF13. 21. XXII. « 20 thèses » 5 février 2020. 22. XXIII. QUE DEVIENT L’ERGOLOGIE DANS LA CRISE SYSTEMIQUE ? 24. XXIV. JEUNESSE et processus global long. 24. XXV. CRAQUER ? 25. XXVI. ANANKE. 26. XXVII. OBJECTIVITE CONTEXTUELLE. 27. XXVIII. Pousser la société mondiale vers une voie inutilement tragique et sans issue ? 28. XXIX. Ce « débat » sur le covid19. 29. XXX. LECTURES POUR UN DEBAT SUR  « DE 1968 AU CMMnIgF * ». 30. XXXI. A la place d’un philosophe, c’est un chanteur qu’on fait venir. 31. XXXII. confusion entre religion, politique et Etat. 32. XXXIII. FAIRE LE POINT. 32. XXXIV. 1968. 33. XXXV. 19ème Congrès du Pcf de 1970. 35. XXXVI. ANTHROPOCENTRISME. 36. XXXVII. CONTRADICTION ENTRE CAPITAL ET DEADHERENCE CONCEPTUELLE. 38. XXXVIII. Une organisation de la transformation répondant aux besoins d’apprendre. 39. XXXIX. il faut que chacun moi compris en éprouve le besoin. 40. XXXX. La force des autres. 41. XXXXI. DOCUMENT ANNEXE, POUR LE PLAISIR. « LES ETATS ET EMPIRES DU SOLEIL ». SAVINIEN CYRANO DE BERGERAC. 42. XXXXII. ON N'A PAS BESOIN DE SAUVEURS.

 

L’idéologie de la bourgeoisie est profondément ancrée dans la pensée de l’humanité alors que son mode de production et d’échange, y compris dans le CMMnIgF (1), à la fois forme la plus développée et décadente du capitalisme et de la société marchande en général, en dissolution-transformation, s’oppose à une nouvelle "étape" d’évolution-complexification du processus d’humanisation initiée il y a quelques 2 millions d’années avec l'Homo Habilis. Le marxisme (proposition et action pour un monde communiste, positivant la contradiction fertile entre individu et espèce et entre forces productives et mode de production et d'échange), non en tant que dogme, constitue,  en tant qu'action-réaction en évolution-complexification elle-même, une réponse au besoin d’un développement d’une qualité nouvelle, en santé. Le mouvement de l'humanité n’est pas un mouvement d’idée en tant que tel, mais le contient. En ce sens le marxisme non dogmatique, dans son processus d’évolution propre (2), non isolé mais partie prenante du processus de l’humanité, en unité, est aussi un nouvel humanisme de qualité supérieure à celui qu’ont connu les hommes dans toutes les périodes de bouleversement des normes et des acquis. L'idée d'évolution de Darwin et le développement de ses successeurs, si elle reste importante au progrès de la conscience humaine, c'est son développement pervers qui est à combattre, tâche du présent éminemment nécessaire : son développement pervers, le darwinisme social par lequel la bourgeoisie et son "élite décadente" justifie les inégalités, son système qui les développe, et son extrémité matérielle et morale, réaction contre tout progrès, le fascisme économique et social sous ses formes anciennes et "modernes". (1) Capitalisme Monopoliste Mondialisé numériquement Informationnalisé globalement Financiarisé. (2) Par exemple la théorie de la suraccumulation-dévalorisation du capital et son dépassement ou l'Analyse pluridisciplinaire des situations de travail.

 

VOIR AUSSI :

ECRITS Novembre 2019-Août 2020

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138 pages. 115 articles. 550.000 caractères

 

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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 20:53

Deux brèves remarques complétant des articles précédents

 

I. Colonisation, néocolonialisme et terrorisme.

Le fait que le partage du monde en 1919-21 , entre autre de l’Empire ottoman, se soit fait au profit du monde « chrétien », non en tant que conception religieuse, mais dans cette réalité que les pays capitalistes industriellement avancés étaient de culture religieuse majoritairement chrétienne, dominante, ne donne en aucun cas le terrorisme comme solution aux dominations ni à des avancées d’une conscience rationnelle et scientifique nécessaire au développement. Je suis non croyant, matérialiste, mais de culture chrétienne et m’en suis expliqué dans ce blog. La "barbarie", c'est non ! Et elle n'est pas unilatérale !

La décolonisation, qui est une néocolonisation,  au lieu d’y remédier a conforté relativement et quelquefois absolument les retards acquis durant la colonisation, et le commerce du « bois d’ébène » cette horreur dont les séquelles en matière de discrimination et de crise de civilisation, mine encore aux USA et ailleurs, dans la crise économique du capital, le développement. En matière de capital, c’est le capital le plus puissant, qui a acquis depuis longtemps l’accumulation de départ, qui dicte sa loi et impose sa domination, laquelle recherche la poursuite du développement du dominé pour poursuivre son accumulation privilégiée et la puissance de pouvoir d’accumulation que la poursuite de domination lui permet. Certes pour cela cette domination trouve parmi les dominés des aides et des complicités qu’elle favorise. Les colonisateurs se sont « retirés » en laissant à l’abandon des colonisés sans moyens de développement sinon la poursuite de l'exploitation des ressources par les firmes multinationales. Il s’agit dans l’affaiblissement de parties du monde, de l’affaiblissement relatif du monde entier et de ses habitants évidemment…

La coopération c’est la PAIX et le DEVELOPPEMENT. Lire les vieux textes sur la coexistence pacifique qui tentait de gagner sur la guerre économique et militaire.

Il y a peut-être des maladresses dans cette réflexion, veuillez m’en excuser.

II. Recherche et rationalité.

Il est dans l’ordre de la déadhérence conceptuelle de rechercher dans la réalité les données concrètes pouvant confirmer ce que le chercheur pense pouvoir être  de bonnes intuitions. Par contre l’erreur est de vouloir, consciemment ou pas, faire coller par force des données choisies pour confirmer des intuitions…

C’est en quoi consiste une déadhérence conceptuelle usurpatrice, pour ne pas dire parfois, une "démarche scientifique de bonimenteur".

Sans aller jusque-là, bien sûr, on peut qualifier les affirmations sur « l'éruption volcanique » de La Soufrière en 1976 , et l’évacuation, par rapport aux positions contraires et vérifiées d’Amroun Tazieff, d'intuition erronée, et-ou d'erreur scientifique, et plus tard sur la négation du réchauffement climatique, de position dangereuse, de non-respect des épistémicités saines nécessaires à une recherche saine et une déadhérence conceptuelle saine. Affirmer sans savoir tient plus du médiatique que le la science. Ce à quoi on pourrait ajouter la volonté ministérielle de « dégraissage du mammouth », cause partielle mais réelle sans doute, du passage d’une part de voix de gauche des enseignants sur Bayrou, qui a permis le maintien du FN au second tour, et découragé de façon erronée, à mon avis, un temps, l’expression d’autres partis dont le PCF, par crainte de la reproduction de l’évènement.

La déadhérence conceptuelle sans retour sur la perception du réel c’est sans doute produite dans la recherche, le diagnostic et les soins pour le covid19 de la part de certains chercheurs ultra présents dans les médias. Bien heureusement, les capacités collectives des soignants, du chef de service hospitalier au médecin et  à « l’exécutant » qui est lui aussi qualifié (le TNQ n’existe pas sinon ce serait la négation de l’existence du travail), et leurs capacités et aptitudes au recourir à la responsabilité, l’autogestion, l’initiative, dans les réorganisations locales ont fait merveille, mais certes pas de miracle par rapport aux moyens et aux connaissances en mouvement sur une épidémie nouvelle.

Pierre Assante. 30/10/2020 17:14:41.

TNQ : Travail dit Non Qualifié, expression d’une domination et d’une déqualification par la société marchande et le capital, aujourd’hui encore et plus encore relativement aux forces productives du XXIème siècle, dans l’achat de la force de travail.

 

Voir aussi 

et Recueil "2034" : 

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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 08:12

 

« Les Etats et Empires du soleil ». Savinien Cyrano de Bergerac (L'écrivain-mousquetaire, cadet de gascogne et conteur-philosophe, le vrai, 1619-1655), Extrait.

Pages 289-291

« …Trois grands fleuves arrosent les campagnes de ce monde embrasé. Le premier et le plus large se nomme la « Mémoire » ; le second, plus étroit, mais plus creux, l’ « Imagination » ; le troisième, plus petit que les autres, s’appelle « Jugement ».

Sur les rives de la Mémoire, on entend jour et nuit un ramage importun de geais, de perroquets, de pies, d’étourneaux de linottes, de pinsons, de toutes les espèces qui gazouillent ce qu’elles ont appris. La nuit, ils ne disent mot, car ils sont pour lors occupés à s’abreuver de la vapeur épaisse qu’exhalent ces lieux aquatiques. Mais leur estomac cacochyme la digère si mal qu’au matin quand ils pensent l’avoir convertie en leur substance, on la voit tomber de leur bec aussi pure qu’elle était dans la rivière. L’eau de ce fleuve paraît gluante, et roule avec beaucoup de bruit ; les échos, qui se forment dans les cavernes, répètent la parole jusqu’à mille fois ; elle engendre de certains monstres dont le visage approche du visage de la femme. Il s’y en voit d’autres plus furieux, qui ont la tête cornue et carrée, et à peu près semblable à celle de nos pédants. Ceux-là ne s’occupent qu’à crier, et ne disent pourtant que ce qu’ils ont entendu dire les uns des autres.

Le fleuve de l’imagination coule plus doucement ; sa liqueur légère et brillante étincelle de tous côtés. Il semble, à regarder cette eau d’un torrent de bluettes humides, qu’elles n’observent en voltigeant aucun ordre certain. Après l’avoir considérée plus attentivement, je pris garde que l’humeur qu’elle roulait dans sa couche était pur et potable, et son écume de l’huile de talc. Le poisson qu’elle nourrit, ce sont des remores, des sirènes et des salamandres ; on y trouve, au lieu de graviers, de ces cailloux dont parle Pline, avec lesquels on devient pesant quand on les touche par l’envers, et légers quand on se les applique par l’endroit. J’y en remarquai de ces autres encore, dont Gygès avait un anneau, qui rendent invisibles, mais surtout un grand nombre de pierres philosophales éclatent parmi son sable. Il y avait sur les rivages force arbres fruitiers, principalement de ceux que trouva Mahomet en Paradis, les branches fourmillaient de phénix, et j’y remarquai des sauvageons de ce fruitier où la Discorde cueillit la pomme qu’elle jeta au pied des trois déesses ; on avait enté dessus des greffes du jardin des Hespérides.

Chacun de ces deux larges fleuves se divise en une infinité de bras qui s’entrelacent ; et j’observai que quand un grand ruisseau de la Mémoire en approchait un plus petit de l’Imagination, il éteignait aussitôt celui-là ; mais qu’au contraire, si le ruisseau de l’Imagination était plus vaste, il tarissait celui de la Mémoire.

Or, comme ces trois fleuves, soit dans leur canal, soit dans leurs bras, cheminent toujours à côté l’un de l’autre, partout où la Mémoire est forte, l’imagination diminue ; et celui-ci grossit, à mesure que l’autre s’abaisse.

Proche de là coule d’une lenteur incroyable la rivière du Jugement ; son canal est profond, son humeur semble froide ; et lorsqu’on en répand sur quelque chose, elle sèche au lieu de mouiller. Il croît  parmi la vase de son lit des plantes d’ellébore, dont la racine qui s’étend en longs filaments nettoie l’eau de sa bouche. Il nourrit des serpents, et dessus l’herbe molle qui tapisse ses rivages un million d’éléphants se reposent. Elle se distribue comme deux germaines en une infinité de petits rameaux ; elle grossit en cheminant et, quoiqu’elle gagne toujours pays, elle va et revient éternellement sur soi-même.

De l’humeur de ces trois rivières tout le soleil est arrosé ; elle sert à détremper les atomes brûlants de ceux qui meurent dans ce grand monde ; mais cela mérite bien d’être traité plus long… »

« Les Etats et Empires du soleil ». Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655), épicurien et gassendien.

.....

De Guiche : Ma chaise et mes porteurs, tout de suite : je monte / Vous, Monsieur !...

Une voix dans la rue, criant : Les porteurs de Monseigneur  le comte / De Guiche !

De Guiche, qui s’est dominé, avec un sourire : … Avez-vous lu Don Quichot ?

Cyrano : Je l’ai lu / Et me découvre au nom de cet hurluberlu.

De Guiche : Veuillez donc méditer alors…

Un porteur, paraissant au fond : Voici la chaise.

De Guiche : Sur le chapitre des moulins !

Cyrano, saluant : Chapitre treize.

De Guiche : Car lorsqu’on les attaque il arrive souvent…

Cyrano : J’attaque donc des gens qui tournent à tout vent ?

De Guiche :  Qu’un moulinet de leurs grands bras chargés de toiles / Vous lance dans la boue.

Cyrano : Ou bien dans les étoiles !

 Cyrano de Bergerac. Edmond Rostand. 1897.

…..

Epicure, Gassendi, Servantes, Cyrano de Bergerac… Liens persistants, contradictoires mais qui ont des résonnances historiques… P.A.

 

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 07:51

 

La force des autres.

....Et nous n’avons pour soi que la force des autres

 

Il y a infinité de cultures et de sentiments dans la détermination des rapports des hommes entre eux, c’est-à-dire des conflits et-ou des solidarités se manifestant subjectivement et-ou objectivement. Il y a aussi des rassemblements identitaires de culture et de sentiment par exemple les « grandes » religions, les « grandes » philosophies, les « grandes » appartenances politico-géographiques etc.

J’ai rappelé le partage du monde, dans le rapport de force mondial, pendant et après la guerre de 1914 où le monde musulman a été placé sous tutelle du monde capitaliste à majorité-solidarité bien ou mal comprise chrétienne. Les guerres de religions et les inquisitions religieuses et quelquefois « laïques » ont sévi et sévissent encore, dans des conditions variables de rapport de force entre science, raison et conservatisme de normes figées dépassées ou plutôt  à dépasser.

De ces multiples conditions de solidarité ou de conflits, conflits dans le lequel le monde d’aujourd’hui arrive au paroxysme idéologico-militaire, il est un est une qui prend l’influence majeure et la décision en dernière instance : l’argent, l’intérêt financier, le capital. C’est un processus propre à l’économie marchande depuis quelques millénaires dans les deux millions d’années d’humanisation, au paroxysme dans le Capitalisme Monopoliste Mondialisé, numériquement Informationnalisé, globalement Financiarisé (CMMnIgF). Qui me prouvera le contraire lorsque nous affirmons que la force de l’argent est majeure dans ce monde, plus encore que dans tous les mondes précédant. Le capital a acquis un pouvoir majeur dans la mondialisation nouvelle qui pourtant pourrait être  une nouvelle mondialisation possédant des moyens grandissant de libération des aliénations dont l’achat de la force de travail est le point central.

Une idée devient une force matérielle lorsqu’elle s’empare des masses. C’est-à-dire lorsqu’elle permet aux masses d’influer et d’agir sur le cours du processus humain, sur leur propre cours. Négativement comme positivement.

La santé ne commence pas par la parole mais la parole fait partie de la santé ou de la maladie. La renaissance que nous attendons, ce n’est pas la Renaissance par un sauveur, mais une conquête de l’homme sur lui-même mettant en accord son processus avec lui-même, c’est à dire avec la Terre et l’Univers dont il est partie prenante à court et à long terme s’il est capable d’évoluer en santé et de se transformer de façon encore inimaginable dans cet univers.

Une Renaissance passe donc aussi par la parole. Parler ou se taire? La Parole est belle mais il ne faut pas se laisser pendre à sa seule beauté. Et il faut comprendre ce qu’est un début et une fin, c’est-à-dire les limites d’une influence, la petitesse et la grandeur d’un début et d’une fin de renaissance lorsqu’on en est qu’à un début de début qui demande une énergie à la fois féroce et humaniste, acharnée et persévérante dans la durée. Et nous n’avons pour soi que la force des autres.

Pierre Assante. 27/10/2020 07:30:37.

 

 

Voir aussi 

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 11:31

 

il faut que chacun moi compris en éprouve le besoin

 

Dans l’état présent, dans l’observation de cet état présent en général, on comprend mieux l’état passé. C’est ce que disait Marx à propos des animaux dont nous semblions émaner. Il utilisait le singe, n’ayant pas encore connaissance que le singe n’est pas un ancêtre direct  mais un cousin, ce qui ne change rien au raisonnement : ce que nous connaissons de l’homme moderne nous aide à connaitre ce qu’étaient ses ancêtres biologiques, et l’aller-retour d’observation entre le présent et le passé, fournit des savoirs sur le passé et en relation dialectique des savoirs sur la totalité relative du processus biologique, scientifique et épistémologique, et social dans l’unité des mouvements particuliers dans le mouvement général.

De même en matière de connaissance de l’histoire récente, les décennies passées, on peut voir dans l’histoire présente ce que contenait de possibleS à venir cet état passé, possibles non réalisés dans l’état présent, et ce en quoi, ces possibles l’étaient ou pas, et ce qui a rendu les possibles non réalisés ou réalisés.

Un peu compliqué cette histoire, mais vous comprendrez mieux si j’explique qu’en consultant des documents du passé sur des décennies, et en les comparant avec mes vécus, vécus militants, familiaux, professionnels, culturels, etc…, quotidiens ou à long terme, ce que  je fais et aime à faire, je constate ce qui n’a pas été saisi dans ce passé, quelles que soient les qualités des observations d’alors.

En sciences, en politique, en économie et en « vie quotidienne ».

Pour ce qui concerne la transformation sociale en santé, les nombreux textes  élaborés par le PCF me font constater un mouvement de balancier entre le besoin d’ouverture et de rassemblement interne au PCF et externe dans toutes la société, et le besoin d'analyse de contenu rendant possiblement cette ouverture et ce rassemblement réalisable. C’est souvent la dernière observation collective qui prime et non l’analyse générale sur le long terme et ce que cette analyse sur le long terme peut éclairer le present et les décisions et actions au présent.

Je constate aussi la difficulté abyssale de réunir les deux conditions. Tout le monde n’est pas Lénine, nous nous contenterons de peu comme disait Aragon : « tout le monde n’est pas Cézanne, nous nous contenterons de peu, l’on pleure et l’on rit comme on peu dans cette univers de tisane ». Il parlait de ses nuits de jeunesse entre poètes et autres amis de création poétique…

Aujourd’hui encore, la tâche n’est pas simple. Dans ce monde en transformation inouïe et en accélération inimaginable, dans lequel nouveaux moyens de production et nouvelles forces productives sont en conflit avec un mode de production et d’échange du passé, quelle qu’en soit la forme nouvelle, trouver les voies de l’avenir est un travail de pionniers pour tous, et pour les chercheurs et responsables et porte-parole des nouveaux savoirs et recherche de projet de même.

Je renvoie cependant, à l’ordinaire à l’économie politique marxiste et l’ergologie de progrès.

Les résistances ne sont pas négligeables et c’est souvent dans les résistances que l’on trouve les chemin des transformations nécessaires.

Mais c’est aussi dans les résistance que l’histoire se bloque sur les normes acquises qu’il faudrait dépasser pour atteindre les projets et réalisations de transformation en sante, les voies de la continuation du processus d’humanisation, de civilisation, de conscience de la nature sur elle-même que nous constituons en partie et en processus.

Qu’est-ce que j’ai envie, souvent, de partager ce que je trouve dans l’histoire et les documents passés, mais on ne peut partager sur commande et il faut que chacun moi compris en éprouve le besoin !

Je ne sais si, depuis mon lointain CAP de mécanique, mes responsabilités syndicales fédérales et  nationales ont fait de moi un intello, mais un studieux, oui.

Pierre Assante. 26/10/2020 10:48:40.

 

 

Voir aussi 

et Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 09:11

Une organisation de la transformation répondant aux besoins d’apprendre.

 

Une des raisons des échecs de la mise en pratique de la transformation sociale après la révolution d’Octobre et la guerre civile est dans l’état des capacités d’’apprentissage et de transmission de la société russe.

Elle est capable de produite, mais de produire à partir de sa culture au passé et présent mais pas à partir de nouveaux savoirs correspondant à une nouvelle façon de produire.

C’est valable pour toutes les sociétés en crise dans lesquelles forces productives et mode de production entrent en contradiction majeure.

Ne pas oublier la convergence en 1905 et 1917 en Russie entre révolution bourgeoise en marche, révoltes coloniales, industrialisation faible en concentration capitaliste forte et capital étranger important, dans de grandes unités d’ouvrières-ouvriers, réforme agraire en souffrance etc.

Il ne suffit pas que les problèmes se posent, il faut aussi avoir les moyens matériels et culturels de les résoudre, ce que l’arriération culturelle ne permet pas facilement, surtout lorsque les obstacles viennent de l’intervention intérieure- extérieure, géographiquement et socialement, ce qui est une réaction de classe des dominants avec un entrainement d’un part de la société,  à toute menace à leur domination.

Le « testament de Lénine » sur les capacités et incapacités à vaincre, de la société du parti et de ses dirigeants est clair. Et la réaction et prise de pouvoir stalinienne n’est pas indépendante de cette réalité.

Aujourd’hui, la résolution de la crise mondiale du mode de production et des forces productives en contradiction majeure, reportée aux conditions du mode de production capitaliste et des forces productives du XXIème siècle connait des problèmes similaires en matière de niveau culturel correspondant. La crise de la transmission des savoirs et savoir-faire, malgré les capacités techniques nouvelles et immenses de communication est énorme. Faire un plan de transformation qualitative sociale est d’autant plus difficile qu’il se heurte à ces incapacités culturelles : Culture au sens large dans laquelle l’apprentissage et la transmission du produire stricto sensu dans laquelle agissent toutes formes d’activité humaine, et sa  crise de régression relative par rapport à l’état nouveau des forces productive et peut-être absolue par rapport à la relation de « la main humaine » avec la matière, la nature et les mouvements de la matière et de la nature. Ce qu’on appelle la « crise de l’écran », si elle cache ce que l’écran a de positif, est juste si on fait allusion à cette grave coupure physiologico-mentale.

En ce sens, l’existence d’un parti exerçant un rôle d’interprète conscient (relativement à l’état global de la société) du processus inconscient de la société humaine et des hommes et des entités qui la constitue, semble essentielle pour agir sur la coupure état existant / besoins nouveaux, dont témoigne l’écart entre « l’élite de la production et de l’échange » et « l’état des banlieues » le symbolisant : le symbolisant dans un imaginaire périlleux, car les ressources des « banlieues » sont à la fois énigmatiques et méconnues. Ce n’est pas seulement dans les capacités techniques que résident les capacités de transformation sociale en santé.

L’étouffement de classe commence à être dénoncé. C’est la négation de l’état présent. La négation de la négation tient à cette transition que représentent  1) une prise de pouvoir sur l’argent, la réforme radicale de sortie de financiarisation, et la sécurité d’emploi et de formation en unité, dont nous avons souvent parlé mais encore insuffisamment entendues 2) plus une organisation de la transformation répondant aux besoins d’apprendre. D’apprendre non en apprentissages éclatés, mais en apprentissage permettant une préhension synthétique de la réalité, des possibles de transformation qualitative, et des conditions de réalisation de ces possibles.

Pierre Assante. 25/10/2020 08:47:29.

 

Voir aussi  Recueil "5 décembre" :  

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/12/le-5-decembre-2019.recueil.html

et Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 19:57

Numéro 792-793 (juillet-août 2020)

Face à la crise, quelles politiques économiques

 

Sommaire

Cliquer sur les titres d’articles pour les ouvrir.

Éditorial

Une bataille décisive pour l’emploi et contre l’explosion du chômage, André Chassaigne

Actualités France

Reprise économique ou répit ?, Clément Chabanne
Loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Le CESE préconise le recrutement massif et la sécurisation des emplois de chercheurs, Sylviane Lejeune
Comment l’état organise la privatisation du secteur hospitalier, Jean-Paul Domin

Europe/Monde

Plan de relance européen… un pas de plus vers le fédéralisme, Denis Durand

Les dossiers d’économie et Politique
Face à la crise, quelles politiques économiques ?

Plan de relance : des mots pour l’emploi et l’« offre », cent milliards pour les profits, Frédéric Boccara
Jean Castex : démagogie ou immaturité ?, Michel Volle
La lutte de classe : un cadre de réflexion imposé, Tibor Sarcey
Sortir de l’impuissance. La gauche face au pouvoir du capital, Denis Durand
• Pour nous, l’urgence, c’est la sécurité de l’emploi !
Financer l’action d’urgence contre la crise. Les propositions du PCF
• Financement du Fonds d’urgence sanitaire et de sécurisation
Dette, investissements : des convergences [Rapport annuel du CESE]

Le budget 2021 : changer de logique ?, Jean-Marc Durand
• Quel crédit accorder à un plan de relance sans emploi ?

Emploi entreprises, luttes

Service public ferroviaire : plan de relance… mais de quoi ?, Fédération CGT des cheminots

Formation – théorie

Retour sur l’histoire de la section économique du PCF, Catherine Mills
Le Fonds Paul Boccara aux archives départementales du 93, Catherine Mills

Bulletin d’abonnement :

https://www.economie-et-politique.org/wp-content/uploads/2020/03/eco_po_bulletin_dabo.2016.pdf

 

Voir aussi  Recueil "5 décembre" :  

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/12/le-5-decembre-2019.recueil.html

et Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 07:54

CONTRADICTION ENTRE CAPITAL ET DEADHERENCE CONCEPTUELLE.

 

Lorsque le professeur Yves Schwartz formalise le concept de « déadhérence conceptuelle », parmi d’autres nombreux concepts qu’il créée, il caractérise le niveau supérieur des capacités d’invention de l’homme parmi les autres espèces terrestres vivantes connues.

Il cite souvent le lit de Platon pour expliciter de façon pédagogique la capacité humaine de construire abstraitement un objet avant de le réaliser concrètement.

Le lit de Platon a demandé des millions d’années d’évolution  construisant l’agencement progressif dans le cerveau de procéder à cette abstraction à partir d’un long usage de la main mis en rapport avec  une complexification conjointe de l’évolution du cerveau humain. Le travail, l’activité, la transformation de la nature par l’homme pour répondre à ses besoins de subsistances, s’est "greffé" sur la perception animale née pour les mêmes raisons de subsistance, c’est-à-dire que la naissance du travail, du plus élémentaire au plus complexe est une transformation qualitative inouïe dans cette naissance du vivant, qui va constituer l’essence humaine et ses rapports des hommes entre eux dans le mouvement de complexification des rapports sociaux, le mouvement des hommes entre eux, dans les différents modes de production et l’accélération de leurs constitution et transformation qualitative.

En imaginant les transformations qualitatives que constituèrent l’invention du travail et les modes de productions, on peut mieux comprendre comment s’est constitué notre état présent, et en comprenant notre état présent, c’est faire la relation entre cet état et le mouvement qui nous a porté des ancêtres de l’homo sapiens à l’homo sapiens et au capitaliste monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé et globalement financiarisé, et les contradictions à surmonter  pour poursuivre le processus d’humanisation

Les contradictions qui se font jour entre notre mode actuel de production et particulièrement la contradiction entre besoins sociaux et le critère P/C qui caractérise notre mode d’accumulation, ne fonctionnent pas qu’en économie, ne sont pas séparées des bases de capacité conceptuelle de notre cerveau. Une économie malade va de pair avec des capacités conceptuelles malades, quel que soit le niveau avancé de ses capacités.

La disparition relative mais réelle d‘un certain usage de la main dans la pédagogie constitue un handicap dans la reconstitution de l’enfant puis de l’adulte du processus d’invention abstraite (tautologie) et de réalisation concrète (tautologie). Handicap non à contourner mais surmonter par l’invention de la pédagogie du travail n’ignorant pas la main dans une société qui se numérise, s’automatise dans les limites du système et dans son devenir, en ce qui concerne la production et la gestion dite stricto sensu, dans laquelle « l’intelligence artificielle »  qui n’en est pas une, mais outil de prolongement de la capacité du cerveau, au service de la personne et de l’espèce dans ses besoins d’existence et de subsistance.

Apprendre ce n’est pas recopier une invention et une découverte, c’est inventer de nouveau à titre personnel, aidé certes, par l’observation du déjà inventé, observation organisée qui est l’art de la pédagogie. Et la pédagogie n’est pas seulement l’indispensable organisation sociale de l’apprentissage et de l’école, c’est participer à la vie, de l’enfance à la mort en éprouvant et en observant les besoins en complexification à satisfaire pour en découvrir les solutions aux contradictions entre ces besoins et leur réalisation avant et après satisfaction.

Le menuisier du lit de Platon  hérite de millénaires et plus d’invention dont la complexification aboutit à sa capacité d’imaginer la construction du lit et la réalisation concrète du lit.

La déadhérence conceptuelle est la capacité, à partir des « enregistrements » cérébraux en constitution et en organisation permanente, de construire abstraitement la réalité à construire concrètement.

Ce qui est valable pour la construction du lit est valable pour la construction sociale. L'invention sociale et l’organisation concrète de la société se construit abstraitement dans le cerveau avant de se construire concrètement dans la réalité. Mais les constitutions de Solon ou de Clisthène etc. n’est pas la construction d’un cerveau, mais la résultante historique de la construction des cerveaux et de leurs relations entre eux dans la vie et les besoins du quotidien, et des futurs immédiats et lointains, à partir des contradictions observées et subies dans les rapports sociaux, l’avancée que cette construction a permis, les nouvelles contradictions qui en sont nées.

Lorsque les économistes de progrès constatent la croissance plus grande du « capital constant » dans celle du capital global, la baisse tendancielle du taux de profit qui en résulte et la suraccumulation-dévalorisation du capital de même, qui induit un « blocage » d’une production et d’un échange basé sur le critère P/C, il ne découvrent qu’une partie de la contradiction dans le processus humain, de l’état présent de la société et du travail qui résout les besoins de subsistances en complexification. Ils ignorent relativement mais de fait le rapport entre les rapports de production, les rapports humains d’activité et les rapports entre les conditions d’activité et la personne dans l’entité productive de base et dans le monde et le mode de production mondialisée.

Cette condition est liée à la libération des entraves à la « fonction » de déadhérence conceptuelle.

Une société occupée aux conditions capitalistes d’accumulation qualitative et qualitative du capital ne peut qu’ignorer relativement mais de fait la main, le rapport entre processus de production et invention, l’autonomie nécessaire et l’autogestion nécessaire de la personne et de l’entité à la liberté d’invention donc d’initiative pour être « concrètement concret ».

Tous les enseignants devraient poser le concept de déadhérence conceptuelle dans leur activité pédagogique. L’enfant ne saisit pas seulement en apprenant et comprenant, il invente lui-même avec l’aide de l’enseignant qui présente les chemins du processus de pensée, dans son existence et constitution énigmatique mais en processus de saisissement, les orientations, sens, et bifurcations du chemin.

Comprendre ce n’est pas seulement « prendre avec ». C’est user de l’accumulation cognitive individuelle dans l’accumulation cognitive collective, locale et mondiale pour  en faire « sortir » une réalité abstraite nouvelle déjà connue mais à réinventer pour soi-même et à développer pour tous. Il y a sans doute quelque chose de notre constitution matérielle, qui en « connaissance sans pensée » (c’est ça « l’énigmatique » pour notre espèce, dans l’état historique de son existence) de la constitution en mouvement de l’univers dont nous sommes partie infime, partie prenante, et partie intégrante de toutes ses propriétés, qui nous permet cette invention à travers l’accumulation des enregistrements cérébraux, leur organisation « vygotskienne » : l’abstraction à partir d’une généralisation  abstraire élémentaire de l'enfant, se complexifiant dans des généralisations de généralisation et la construction en mouvement de complexification du processus des « systèmes de concepts » et "d'isolation" et "relation" simultanées des « catégories » répondant aux besoins de solution des besoins de subsistance, d’existence humaine, sociale.

Tant que la capacité et le besoin d’invention ne sera pas pris en compte dans l’école, la formation tout au long de la vie, et dans la formation au travail dans l’exercice du travail contraint puis libéré de son aliénation marchande, la "charnière" entre notre mode archaïque de produire de la pensée et des objets ne franchira pas le pas d’une transformation  économique de société qualitativement nouvelle et d’une civilisation de toute l’humanité. Certes, transformation économique et transformation mentale ne vont pas en marche séparée, mais en développements inégaux qui se rapprochent, s’éloignent, se rapprochent à nouveaux dans une convergence formant les sociétés nouvelles et qui peut former la société communiste, celle de la mise ne commun des efforts de toute l’humanité dans son appropriation croissante et infinie en santé de son univers pour en constituer une conscience de l’univers sur lui-même en croissance qualitative infini. Sous la forme humaine, sous la forme d’une humanité nouvelle ou sous toute forme de vie pensante, vers des formes inimaginable dans leur puissance d’appréhension et de compréhension.

Pierre Assante. 23/10/2020 06:51:07.

 

Voir aussi  Recueil "5 décembre" :  

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/12/le-5-decembre-2019.recueil.html

et Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 07:58

 

ANTHROPOCENTRISME

 

Il n’y a pas plus grand pourfendeur de l’anthropocentrisme pour l’être de la pire façon.

Placer l’homme et son espèce dans le contexte de son Milieu, de l’Entité locale, de la Société, de la Terre, de l’Univers, c’est à dire examiner les rapports en santé que l’homme peut entretenir avec lui, le milieu, c’est encore de l’anthropocentrisme, mais un anthropocentrisme intelligent, tranchant avec l’anthropocentrisme égoïste et-ou suicidaire, c’est-à-dire qui ne considère pas les liens de survie que nous entretenons avec notre espèce dans son milieu, donc de nous-même.

Le « sens du sacrifice » n’a rien à voir avec le détachement de soi-même. Il est l’attachement le plus profond possible entre la personne, sa constitution processuelle aléatoire et les choix qu’elle est amenée à faire et à respecter en tant que mode d’existence dans son espèce et dans l’activité humaine de la société qu’elle a constitué et constitue, en mouvement et en complexification tant qu’elle existe et vit.

La complexification est la condition de développement donc de vie. La mort est la transmission du processus de la complexification que ce soit celle de l’individu, celle de la société humaine, celle de l’espèce et de l’entité naturelle pensante et pas et pourquoi pas, de l’univers, du cosmos.

Les pourfendeurs de l’anthropocentrisme peuvent être les premiers à appeler « au secours » et personne ne peut être exempt d’anthropocentrisme vulgaire à la recherche d’un l’anthropocentrisme développé.

Affirmer ne contredit pas le processus de pensée ni de transformation permanente de la pensée.

Ce corps c’est le mien, cette espèce c’est la nôtre, quoi en faire, de l’un et de l’autre,  sinon la conscience en processus de la nature sur elle-même.

Certes la lutte pour la vie suppose dans le rapport à l’autre, un développement, une croissance de l’autre par rapport à soi-même et non le contraire. L’appropriation de l’univers par l’homme et l’espèce humaine, c’est une adhésion toujours plus grande de l’homme à l’univers, à l’existant, et  entraîne un mouvement en spirale des croissances des contradictions et de leurs dépassement successifs, c’est en somme une autre façon de quantifier et de qualifier la complexification en tant que réalité et représentation de la réalité. L’existant, sa réalité, sa représentation chassant progressivement un jugement de valeur impliquant une notion de supériorité de plus en plus et sans cesse à rejeter : concept de supériorité initial dans la société de classe et son mode de production et d’échange à la base du fascisme.

Ce rejet est sans doute le contenu essentiel d’un l’anthropocentrisme en mouvement ascendant, d’une santé en mouvement ascendant dans les rapports de l’univers avec lui-même, et de la conscience de la nature sur elle-même : partie intégrante de l’univers.

Sans doute cette vision à quelque chose de ressemblant avec une téléologie de l’homme, de  l’humanité dans l’univers et de l’univers lui-même rappelant les prémisses religieux des débuts de la société marchande et de la société de classe et ses développements jusqu’à aujourd’hui où l’argent, le capital prend la place de toute autre représentation cosmologique y compris dans la recherche scientifique, philosophique et cosmologique.

Ce mouvement idéologique est en fait la négation de la religion, la négation de la négation étant son dépassement non dans une téléologie mais un concept continu dépassant  la vision d’un monde fini qui est justement la caractéristique de la vision religieuse, « contradiction de Darwin »...

Ce texte est-il constitue-il une démarche spéculative en contradiction avec le matérialisme ? Oui à coup sûr si elle devient une imagerie finie. Non si on veut bien comprendre que la pensée approfondissant la perception et l’approfondissement de la perception vers des systèmes de concepts en complexification répondant à la complexification de l’existant et des existants particuliers, c’est-à-dire des mouvements dans le mouvement général. Avant de rejeter la spéculation, passe-t-on obligatoirement par la spéculation, en définitive la déadhérence conceptuelle passe-t-elle toujours ou quelquefois par elle ?

Que Dieu, Marx, le Parti, la Nation et mes Ancêtres  me pardonnent  - J

Pierre Assante. 21/10/2020 11:15:41.

PS. M'inspirant de la formule de Jaurès sur l'internationalisme, je me permets celle-ci : une peu d'anthropocentrisme éloigne l'homme de l'univers et de lui-même, beaucoup d'anthropocentrisme intelligent permet une appropriation mutuelle en santé de cet univers. Paradoxal puisque l'anthropocentrisme semble s'apparenter à un égoïsme d'espèce. Mais ce n'est qu'une apparence extérieure que la découverte profonde de l'essence humaine et d'une évolution en santé de cette essence peut démentir. Essence pris au sens matérialiste, marxien.

 

Voir aussi  Recueil "5 décembre" :  

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/12/le-5-decembre-2019.recueil.html

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 08:22

 

Pierre Ivorra.

La Fed, la BCE et l’emploi

La chronique économique du Mercredi 21 Octobre 2020. L'humanité.

 

La Fed, la banque centrale des États-Unis, vient de réaffirmer le plein-emploi comme sa priorité. Même s’il est limité et ne vise pas à éradiquer totalement le chômage, il s’agit d’un vaste et beau programme pour une banque que de s’intéresser aux hommes qui triment ou plutôt à ceux qui ne peuvent pas le faire.

La Banque centrale européenne (BCE) devrait en prendre exemple, elle dont les statuts fixent l’inflation comme horizon et pas l’emploi. La Fed a une double tutelle, elle est à la fois très proche des grandes banques commerciales du pays et des marchés financiers, de Wall Street, mais elle doit aussi rendre des comptes au Congrès américain. La BCE, elle, est indépendante du politique, mais pas des marchés. Attention, cependant, les financiers et les politiques états-uniens ne sont pas moins libéraux que nos européens, mais ils ont une arme nucléaire monétaire : le dollar. Aujourd’hui encore, la monnaie des États-Unis est une unité de compte (qui permet d’établir le prix de chaque bien), ainsi que la monnaie dans laquelle sont réalisées la plupart des transactions financières et une grande partie de celles du commerce. Plus de 60 % des réserves en devises des banques centrales sont aujourd’hui libellées en dollars. Ce statut de la Fed et du dollar permet aux États-Unis d’imposer leurs intérêts au reste du monde.

S’ils ont besoin de faire baisser le dollar pour gagner des parts de marché à l’international, il suffit que la Fed émette des dollars « en veux-tu en voilà » et le tour est joué. S’ils veulent le faire monter, il suffit que le Fed conduise une politique monétaire restrictive. C’est dire que l’action en faveur de l’emploi du côté de Manhattan se fait le plus souvent, grâce au dollar, en exportant hors des frontières les difficultés du pays, et notamment en expédiant le chômage chez les autres. On pourrait donc se dire qu’en Europe nous n’avons qu’à faire comme les États-Unis. On s’y emploie pour partie, au détriment de l’Afrique notamment, mais pas avec la dimension mondiale des Américains.

Quand on ambitionne, comme c’est le cas des communistes, de ne nuire à personne et de coopérer avec tout le monde, y compris avec le peuple américain, il est nécessaire de changer de logiciel. Développer la valeur ajoutée utile, réduire le coût du capital, satisfaire les besoins humains, supprimer le chômage, tout en préservant la nature et le climat, ce ne sont pas des valeurs cotées à Wall Street. Se donner le but d’éradiquer le chômage chez soi sans supprimer des emplois chez les autres : c’est la meilleure façon de se protéger et de se développer.

 

Voir aussi  Recueil "5 décembre" :  

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 07:46

 

Article publié une première fois le 16/10/2020 à 10:50

LECTURES POUR UN DEBAT SUR  « DE 1968 AU CMMnIgF * »,

le capitaliste du XXIème siècle et sa crise générale mondiale de suraccumulation et de dévalorisation du capital.

 

Ces extraits ne peuvent constituer à eux-seuls un éclairage suffisant pour une analyse de court ou de long terme. Mais ils sont des repères pour entrer d’une façon approfondie sur les causes des échecs, causes dont il n’est pas question d’en imputer ni la fatalité ni les insuffisances historiques, mais de pointer des possibilités de les surmonter.

Henri Claude, « La concentration capitaliste, pouvoir économique et pouvoir gaulliste », Editions sociales, 1965: page 217-218, pages 290-292.

« … Les entreprises qui n’auront pas, ou n’auront plus, la possibilité de renouveler leurs connaissances ou qui ne disposeront pas des moyens nécessaires pour adapter leurs techniques, n’auront d’autres ressources, pour ne pas disparaître complétement, que de s’intégrer au groupe le plus puissant sous la forme soit de sociétés filiales (en tombant sous le contrôle financier du groupe, soit de société vassales (en devenant licenciées d’une firme du groupe). Ce qui sera nouveau, pour le second cas, c’est que les entreprises « licenciées », à l’étape de l’intervention de la science comme force productive directe, seront réduites à peu près au rôle de sous-traitantes, ou, en tout cas, à un état de dépendance sans commune mesure avec ce qui se passait autrefois… » 1965,  Page217.

" …Evidemment non, car toutes les mesures démocratiques se heurteront à la puissance économique des monopoles. L’existence et le maintien d’un Etat démocratique ne peuvent se concevoir sans démocratisation de l’économie…" 1965, Page 291.

Ce débat précédait de 7 ans la signature du Programme commun de la Gauche et de 16 ans le gouvernement socialiste à participation communiste de 1981 et son échec de 1984, et la non prise en compte des critères de gestions proposés par les économistes communistes (1), nouvelle avancée dans la recherche pour une transformation sociale de progrès, la financiarisation généralisée posant différemment la propriété collective des moyens de production et la transition d’une économie mixte et d’une « Nouvelle Economie Politique », la « NEP » de 1921 d’aujourd’hui : la suraccumulation-dévalorisation du capital au centre de la crise et des solutions telle que la loi de sécurité d’emploi et de formation, la maîtrise des capitaux dans des réformes radicales et progressives du système financier, de la création monétaire et son usage local, des grandes zones de développement, et mondial, et les droits des salariés et des citoyens le permettant.

Waldeck Rochet, écrits politiques 1956-1969, Editions Sociales, 1976 : « Le marxisme et les chemins de l’avenir », 1966, tout et un surlignage page 134 où est cité Henri Claude.

Au-delà et dans la poursuite de ces analyses, celles de Paul Boccara qui traite du XXIème siècle en revenant aussi sur 1968 et les débats théorique et pratique de politique et d’économie impactant notre présent.

Paul Boccara.

Revue « Economie et politique » novembre-décembre 2017 : « Marxisme et communistes dans mai-juin 1968 et après… » Page 50, en surlignant le paragraphe «  le rapprochement de toutes les catégories de salariés » « … Cette question est reprise en 1969, par l’opposition entre Marchais, qui insiste essentiellement sur la classe ouvrière, et Garaudy, qui parle d’un bloc historique sans considérer l’importance de la différenciation dans le rapprochement. Je m’oppose aux deux, comme le secrétaire général du PCF, Waldeck Rochet, qui parle de la lutte sur les deux fronts et dont l’intervention à la conférence fédérale de Paris fin 69 est censuré sur ce point dans l’Humanité… »

Revue « Economie et politique » janvier-février 2018, pages 33 et suite : « Pour une révolution dans la révolution théorique marxiste », chapitre « Ni retour à Jaurès, ni retour à Lénine » et « Tirer toute les conséquences de l’inachèvement fondamental de l’œuvre de Marx ».

« …La conception systémique ouverte initiée par Marx vise à dépasser le volontarisme et l’attentisme, en mettant en lumière la créativité fondamentale de tous les sujets humains. En tendant à analyser à la fois le conditionnement des régulations sociales par le niveau de développement de la productivité et la création des lois moyennes historiques par les multiples actions concrètes de tous les sujets humains, elle permettrait de conjuguer le respect des choix des plus larges masses et l’effort d’élucidation du conditionnement historique des possibilités des choix de société. Mais il y a un inachèvement fondamental et non pas de détail de l’œuvre théorique de Marx. Et c’est la maturation technologique, économique, sociale, politique et culturelle actuelle qui permet enfin de poursuivre son élaboration fondamentale. Non seulement Marx n’a pu terminer l’analyse économique essentielle du Capital, mais il n’a pas produit l’ouvrage annoncé qui devait faire suite, concernant le marché concret, national et international et donc également la gestion. Et aussi il a à peine esquissé l’analyse théorique des différents domaines non économiques [que l’on peut appeler « anthroponomiques »] de la société. Cependant les grands successeurs de Marx n’ont pas vu l’ampleur de cet inachèvement. Et ils ont surtout produit des compléments plutôt que la reprise de l’élaboration fondamentale. Ils ont pu ainsi marquer des régressions par rapport aux élaborations les plus avancées de Marx. Cette poursuite de l’élaboration théorique fondamentale, qui était extrêmement difficile, est devenue relativement plus facile avec la maturation contemporaine de la société et de la pensée. Même si cet inachèvement essentiel a déjà fait du mal dans le passé, s’attaquer à lui de front est devenu beaucoup plus urgent… » Paul Boccara. 1990.

Pierre Assante à Section PCF 13008. 16/10/2020 10:35:59.

*Capitalisme Monopoliste Mondialisé numériquement Informationnalisé globalement Financiarisé.

(1) Cahier du communiste N° 4, d’Avril 1982 et le contre-pied pris dans le N°5, de Mai 1982.

 

Voir aussi  Recueil "5 décembre" :  

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/12/le-5-decembre-2019.recueil.html

et Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 08:13

 

19ème Congrès du Pcf de 1970

De 1918 à la SEF de 2022 en passant par 1968.

 

Après le mouvement mondial de 1968, où à la différence de 1948, le salariat et la classe ouvrière au sens strict ont leur propre expression : 19ème Congrès du Pcf de 1970. Je l’ai relu et étudié, ainsi que de nombreux autres documents historiques partisans ou historiques sur un plan plus particulier. L’étudier collectivement peut être très utile.

Il est caractéristique des Avancées des Visions du monde humain et des Confusions du Parti dans les luttes idéologiques internes, à l’instar de la confusion planétaire. Il est en cela incapable de fournir des éléments de synthèses pour la suite du processus entamé par 1968. Certainement son secrétaire général qui avait impulsé les réflexions de 1966 sur l’économie et sur la culture en a payé les prix physique et moral. La suite est une résistance en recul face à l’avancée mondiale de l’organisation capitaliste mondiale de la production et du travail et de ce que cela comporte de rupture de civilisation dans le processus continu et ses sauts de progrès. Notre classe politique et économique mondiale a gravi et gravé un nouveau degré dans la confusion et l’incapacité.

 

1918. Repartage économico-religieux inégalé du monde par les démocraties bourgeoises et leur puissance économique, donc idéologique militaire et institutionnelle,  acquise sur le reste du monde.

Le rôle du religieux (au pluriel) dans ce partage et ses conséquences à long terme sur la division et les conflits des hommes entre eux, et entre autre la guerre entre pauvres à l’instar des guerres économico-militaires régionales tendant à se mondialiser.

Le repartage de 1945 modifie quantitativement mais pas qualitativement l’organisation du monde, de l’humanité.

 

La constitution de l’Union Soviétique, issue d’octobre 1917,  résistance dans ce partage.

Lénine est le seul dirigeant d’ampleur qui procède à la critique du traité de Versailles, et au-delà des rapports en Europe, le partage à l’échelle planétaire. L’Europe reste, aujourd’hui tant au niveau de l’UE, de la BCE et de l’ensemble de ses composantes populaires et institutionnelles, pour le peuple de France dans sa diversité, comme pour tous les hommes de ce monde, un lieu d’action pour une évolution sociale de progrès. Le processus de développement de la Chine est un élément nouveau essentiel dans la réflexion et l’action pour la coopération le développement et la solidarité et la qualité nouvelle à donner aux rapports de production et leurs effets sur l’humanisation continue vitale.

Ni la philosophie de « Matérialisme et empiriocriticisme » ni la NEP (Nouvelle Politique Economique 1921-1922) n’ont été et ne sont suivies d’une politique concrète ni d’alliance de classe des producteurs à long terme, dans la révision dogmatique stalinienne.

 

Les erreurs et les échecs du communisme dans le recul du marxisme et le recul des Nouvelles Lumières, le Matérialisme Dialectique comme outil à comprendre et apprendre l'usage en santé et non comme mécanique, opposé aux dogmes inefficaces et mortifères de toutes sortes, et au-delà des progrès des Lumières bourgeoises, cohabitent avec les progrès de la révolution scientifique et technique et leur insuffisance de synthèse théorique et opérationnelle. L’avancée de l’individualisme contre la coopération et la solidarité matérielle et morale entre les hommes et entre les entités humaines constituées en mouvement, locales, régionales et globales en est une  des conséquences.

 

1918 est le grand envol de la mondialisation industrielle dans le partage du monde et ses conséquences en matière de domination nationale, religieuse et masculine, et d’exploitation de classe, dominante dans la domination globale.

 

1968 est le premier grand ébranlement consécutif aux nouveaux moyens de production capitalistes mondialisés, numériquement informationnalisé du CME social vers la financiarisation globale du capitalisme monopoliste mondialisé. 1968 contient la protestation aux dominations et non la résolution des dominations. Mais il contient surtout la protestation issue des conséquences des contradictions entre processus des forces productives et processus du mode de production.

 

Cette contradiction qui se manifeste en 1968 à l’ « Ouest » comme à l’ « Est » trouve son paroxysme dans ce début de XXIème siècle. La maturité de la contradiction entre moyens de production, mode de production et ses effets sur la vie humaine, au quotidien et son devenir arrive à terme dans ce siècle.

 

Les conditions matérielles de vie déterminent les mentalités et les idées ont une autonomie par rapport aux conditions qui les ont fait naître. Voilà dans la contradiction économique un élément à prendre en compte pour une action transformatrice de dépassement de la suraccumulation-dévalorisation du capital qui entraîne une maladie quantitative et qualitative des échanges entre les hommes.

 

La financiarisation est la pièce maitresse du capital pour dominer la production et l’échange et garantir son outil d’existence vital : le taux de profit. L’appropriation des moyens de production, pour les rendre à leur usage premier, les besoins humains et croissance, complexification et santé,  par le salariat dépassé, c’est-à-dire l’abolition radicale et progressive de la vente de la force de travail et du temps de travail contraint, et la libération de l’aliénation de tout le peuple, passe par ce dépassement de la financiarisation et par la SEF (Sécurité Emploi Formation) qui en est un outil essentiel, étape vers une civilisation de toute l’humanité.

 

Pierre Assante. 20/10/2020 07:27:21.

 

 

Voir :

RECUEIL 2034 : http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 16:35
CAHIERS du communisme. Février-Mars 1970

1968

 

Les communistes

Et pas le seul parti n’ont pas su tirer les leçons de 1968.

Ni en France, ni en Tchécoslovaquie, ni dans le monde

 

Ils n’ont pas su les tirer

Collectivement mais personne d’autre non plus.

 

Pourtant ils étaient alors les mieux à même

De saisir et d’agir sur les transformations des moyens de production

Des forces productives

Et des changements  qualitatifs à favoriser du mode de production

 

Ainsi

S’est installé un long temps humain

Un court temps d’histoire

La contradiction sans solution

Du mode de vie et du mode d’être de l’humanité

 

A terme, c’est à dire aujourd’hui

De l’ancien mode de production

Et des anciens moyens de production

Dans la mondialisation

La numérisation

L’industrie digitalisée

Et l’automation possible des travaux humains contraints

Et de l’abolition de la vente

De la force de travail

 

Le retard pris peut-il se résoudre

Parce que la contradiction est mûre et éclate en crise généralisée

 

Le miroir de nos actes s’ouvre sur nous-mêmes

 

1968

Trop tôt

Mais pourtant possible

 

60 ans moins 666 jours

D’expérience et d'espérance militante pratique et tous les

Documents et réflexions qui m’en restent

Me posent la question.

 

La question n’est plus à tirer

C’est un autre monde qui les pose

A nous tous humains de ne pas encore les manquer

 

Nous restons

Pas nous seuls mais toutes les femmes et tous les hommes

Pueri senes et adulti

Tant que vivants

La conscience en processus

De la nature sur elle même

 

Pierre Assante. 19/10/2020 16:19:26.

 

Voir :

RECUEIL 2034 : http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 17:40
-REVUE "REGARDS" NOV. 2001-

 

confusion entre religion, politique et Etat.

 

La confusion entre religion, politique et Etat ne contribue pas au développement de la démocratie. Développement, car la démocratie n’est pas un acquis. Elle est relative, progresse ou régresse en facteur des rapports de forces entre dominant et dominé, en période de santé sociale relative ou de maladie sociale relativement  grave ou pas.

En ce sens, la confusion entre religion et politique revêt des caractères plus ou moins rétrogrades en fonction de la période historique du moment (pléonasme volontaire) et du lieu.

On ne peut comparer, par exemple la démocratie chrétienne allemande et précisément en Allemagne avec un pouvoir se réclamant de la charia comme l’Arabie Saoudite, ni un pouvoir pris récemment au nom de la Bible dans un pays d’Amérique latine, entre autre.

Il faut se méfier des mots employés par les uns ou les autres.

S'il existe bien un terrorisme islamique, que dénoncent les musulmans représentant la majorité des français de cette confession (1), ce matin lors de leur émission religieuse de la chaîne TV France2, il existe certes aussi un islam politique qui peut alimenter le terrorisme islamique, ils en sont conscients.

Il faut se méfier des mots. Ainsi je m’inquiète (à moitié, car il fallait s’y attendre) du passage dans les médias du terme « terrorisme islamique » au terme « islamisme politique » en les assimilant,  par plusieurs personnalités, dont certaines pour lesquelles l'inspiration religieuse, bien que discrète, semble réelle, et tend de fait à mettre à l’index l’islâm et les musulmans. Si « islamisme politique » et  « terrorisme islamique » peuvent s’alimenter l’un l’autre ils ne sont pas la même chose. On peut imaginer un islâm politique du même ordre qu’une démocratie chrétienne, ce qui serait toutefois un recul par rapport à une démocratie avancée, laïque, appliquant des droits sociaux tels qu’ils sont issus de la libération du nazisme ici et dans le monde.

Il ne faut pas oublier que la démocratie a pratiqué la torture et les massacres coloniaux dans le même temps ou les grandes démocraties occidentales mais colonialistes et l’Union Soviétique sociale mais stalinienne, avaient vaincu le nazisme.

Le glissement sémantique auquel nous assistons aujourd’hui semble s’éloigner d’une politique de non-discrimination puisqu’on tolère la confusion entre politique et religion au profit d’une religion plutôt que d’une autre.

Pour ma part, la lutte contre l’obscurantisme ancien et nouveau, passe par le développement de la raison, des sciences et des qualifications et leur reconnaissance sociale, salariale, et au-delà, d’une égalité des producteurs par l’abolition progressive et radicale de la vente de la force de travail. Une loi pour une sécurité d’emploi et de formation est à l’ordre du jour, dépassant la crise économique et ses misères, et la crise pandémique à l’intérieur de la crise économico-politique.

Marseille.18 nov. 2020

Compagnon de salariat, enseignant, que l’obscurantisme religieux a assassiné par décapitation, nous te pleurons et agissons. Nombreux te rendent hommage aujourd’hui, tu es un martyre laïque au même titre que tous les martyres des intolérances et des inquisitions anciennes ou nouvelles.

Si notre pays a aboli de fait les inquisitions officielles de toutes sortes, si nous combattons y compris celles se réclamant des réformes autoritaires ou des progrès « forcés », ce n’est pas seulement par des déclarations que nous sortirons de cette impasse, de laquelle nous pouvons sortir ou dans laquelle au contraire nous enfoncer.

Ce sont les progrès sociaux, à partir d’organisations de la société garantissant le travail, la production et la consommation en santé individuelle, collective, terrestre, qui sont les meilleurs outils contre les brutalités et pour la démocratie et la paix.

Traiter séparément les crises, les phénomènes, le monde et les entités humaines, conduit toujours à une vision tronquée de la réalité et des remèdes pour sa santé, le développement harmonieux de l’humanité.

Pierre Assante. 18/10/2020 12:46:56.

(1) J’ai publié un long texte intitulé "Epitre aux citoyens" à ce propos sur « Regards » N° 73 de Novembre 2001.

 

Voir aussi : https://pierreassante.fr/dossier/RECUEIL._LE_5_DECEMBRE_2019..pdf

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 08:10

 

Publié une première fois le 22/09/2020 à 10:57

 

«  LA SENTIMENTALITé est UNE superstructure de la brutalité »

 

Kundera cite cette formule ou cette sentence : « La sentimentalité est une superstructure de la brutalité ».  Je ne la partage pas tel quel mais je la trouve utile.

Dans son testament Lénine dénonce la brutalité de Staline.

La réponse violente du salariat à la violence des dominants, dont les dix mille et plus massacrés de La Commune de Paris de 1871 est un exemple parmi tant d’autres, n’est pas une brutalité de principe qui fut celle du stalinisme russe et autre.

La brutalité de principe s’accorde tout à fait avec le dogmatisme appliqué au marxisme, dogmatisme dont les effets a été comparable à une inquisition, dans les conditions générales, mondiales du monde capitaliste qui pour sa part ne l’a jamais abandonnée, sous quelque forme que ce soit.

Une gouvernance policière héritée des périodes historiques de violence et de brutalité a été rapidement et à la longue contre productive. Il y a eu certains moments de l’histoire récente pour en sortir, mais ces moments ont été perdus, manqués. Manquer un moment de l’histoire qui ne repasse pas les plats, c’est repousser à long terme le processus humain dans sa totalité qui est à la fois et en unité, économique, politique, culturel, et j’ajoute ergologique, car il est question du rapport aliéné de la personne et du travail, contenu dans cet ensemble de qualificatifs, d’épithètes décrivant une réalité.

Kundera, sans être un grand politique ni  particulièrement un homme de gauche sait de quoi il parle, lui qui a connu un bref moment où état social avancé et ouverture aux libertés individuelles se confondaient. (Lire « Une Rencontre », 2009, Page 95).

La sortie programmée de cette possible fin de communisme de guerre, progressive et radicale, souhaitable moralement et nécessaire économiquement et politiquement, a été manquée et le capital en a été bien conforté, ce en quoi il ne peut tirer aucun fruit, puisque la chute du « blog communiste » relativement libre par rapport à la dictature systémique de l’argent, a accéléré la crise générale du capital.

Le modelage général de la planète, c'est-à-dire des humain-e-s, par le capital a éteint une partie remarquable du génie humain. L’humanité et la planète stricto sensu est comme un animal dont on supprime peu à peu l’oxygène.

L’oxygène ne peut venir que d’une progression de la conscience de la crise du capital, et de ses remèdes économiques et politiques dont « En avant le Manifeste » propose l’initiative. Le Travail au sens strict, dès la naissance de l’humanité et l’Activité générale dans sa multiplicité et la diversité est indissoluble des progrès permanents nécessaires de la conscience. Qui a connu les grandes luttes politiques du XXème et les pensées qu’elles ont engendrées, en unité avec les mesure sociales concrètes qui ont permis un développement mutuel, réciproque entre économie, politique et pensée, se demande où est passé le génie des peuples (1)? La gestion individualiste, du chacun pour soi dans les multiples crises intriquées, et l’absence de débouché organisée par les tenants du monde économique et politique actuel, conscient de ses intérêts immédiats mais inconscient des intérêts généraux dont ils dépendent eux-mêmes,  c’est le manque de génie et le manque d’oxygène.

Je ne voudrais pas tomber dans ce manque de conscience, tout en sachant qu’on ne peut éviter l’être présent d’un monde qui en manque. Il y a de multiples façons de résister et je suis dans l’admiration de nombreuses façons effectives autour de moi et dans le monde. Mais elles ne peuvent se substituer à une conscience synthétique globale.

Le « Talon de fer », métaphore de Jack London, que j’adore, a imagé une telle situation. En même temps elle a laissée spectatrice une classe sans organisation de classe suffisante, matériellement et intellectuellement.

Nous sommes encore prisonniers du capital par l’intermédiaire de son organisation du travail mais aussi par l’intermédiaire des intellectuels médiatiques, organiques du capital, et leur thèse « anti forme-Parti », c’est à dire anti interprète conscient collectif du processus inconscient de la société humaine, l’organisation politique du salariat mondial et ses alliés potentiels, l’immense masse des populations touchées par la déliquescence d’un système qui se défend avec une brutalité acharnée.

Pierre Assante. 22/09/2020 10:26:01.

(1) Je me disais ça, entre autre du génie du peuple italien, en relisant le recueil d’interventions de Berlinguer « La crisi italiana. Scritti su Rinascita », qui est un humain comme tout un chacun et non un « prophète immatériel », que d’aucun attend comme « Le Messie » qui ne viendra jamais, évidemment, mais qui a eu une intuition et une analyse relativement avancées des transformations du monde en cours. Rinascita était la publication théorique du PCI. Cette aptitude est liée à celle de ne pas être prisonnier des idées précédemment acquises, des normes établies, du politiquement correct, du moralement exigé, ce en quoi, il n’a pas été le seul, mais dont beaucoup l’ont été, prisonniers, ce qui porte plus à la critique moraliste et à l’exclusion qu’à la lucidité.

 

Voir :

RECUEIL 2034 : http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 17:28

A la place d’un philosophe, c’est un chanteur qu’on fait venir

 

« …Dans l’ensemble, les bibliothèques du monde antique n’ont guère connu  de sort plus enviable. Au début du IV° siècle, à Rome, on dénombrait vingt-huit bibliothèques publiques, outre les innombrables collections privées abritées derrière les murs des demeures aristocratiques. Vers la fin du siècle, l’historien Ammien Marcelin déplorait que les romains aient abandonné toute pratique sérieuse de la lecture. Il ne parlait pas des raids barbares ni du fanatisme chrétien. Nul doute cependant qu’ils étaient là en toile de fond. Ce qu’il observait, alors que l’Empire se délitait lentement, c’était une perte d’ancrage culturel, une plongée dans une vulgarité fébrile. « A la place d’un philosophe, c’est un chanteur qu’on fait venir, au lieu d’un orateur, c’est un maître ès arts scéniques ; les bibliothèques, à la lumière des sépulcres, sont closes pour toujours, et l’on fabrique des orgues hydrauliques, des lyres énormes comme des charriots. » De plus notait-il avec aigreur, les gens conduisaient leur char à toute vitesse dans les rues bondées…. ».

Stephen Greenblatt. « Quattrocento ». LibreChamps.2020.

 

Evidemment,  Ammien Marcelin, cet historien romain, certes élitiste, ne fait pas le lien entre la crise du système esclavagiste, celle des forces productives du IV° siècle (Mais l’auteur de « quattrocento » le fait-il ? Il ne le dit pas) et pense résoudre ses « malheurs » par la seule question culturelle. Mais sa critique de la situation culturelle n’est pas sans intérêt, loin de là, et combien sommes-nous aujourd’hui à ne pas faire de lien entre la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital et la crise culturelle et de civilisation et ses conséquences dans la vie quotidienne, particulièrement dans la vie des « populations défavorisées », y compris dans les « pays développés »?

« Quattrocento » est un livre assez génial dans sa description, à partir d’un travail de recherche imposant, des pérégrinations du texte du grand poète romain Lucrèce, le « De Rerum Natura », « De la nature », éloge des conceptions matérialistes et atomistes d’Epicure (philosophe grec essentiel, 341-270 ans  avant J.C.), et description magnifique des sensation humaines, de l’amour au corps, à celui de la nature et de la vie. (Il y a plusieurs citations de Lucrèce dans des articles de ce blog).

Le « De la nature » n’existait plus que dans des citations et au XV° siècle, mais en 1417, Poggio Bracciolini (1380-1459) « Le Pogge », un studieux intellectuel florentin, découvreur de chef-d’œuvres anciens, à l’instar de Pétrarque (auteur du "Canzoniere" inspiré par la délicate Laure d’Avignon, qui outre son œuvre, en a tant retrouvés  et-ou remis en circulation), le retrouve au fond d’une bibliothèque d’un monastère allemand.

« Quattrocento », c’est une longue histoire du texte, de " De Rerum Natura", des textes et de leurs supports matériels, de leur conservation et de leur usage, en fonction du moment historique, qui nous est contée.

Pierre Assante. 17/10/2020 16:56:46.

 

VOIR AUSSI :

ECRITS Novembre 2019-Août 2020

Cliquer :

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/ecrits-novembre-2019-aout-2020.html

138 pages. 115 articles. 550.000 caractères

 

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 06:07

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Effroi et révolte après l’attentat de Conflans-saint-Honorine.

 

J'apprends avec horreur qu'un enseignant d'histoire géographie a été assassiné aujourd'hui à Conflans-Saint-Honorine dans les Yvelines.

Cet attentat abominable suscite en moi effroi et révolte.

Je pense ce soir aux proches, à la famille et aux collègues de ce professeur, tué pour avoir exercé son métier.

 

En ces moments tragiques, la République doit se tenir unie et ferme dans l'affirmation de ses valeurs.

Tous ensemble, unis dans le respect de notre diversité, continuons de faire vivre la richesse de notre République laïque, défendons notre liberté d’expression et ne cédons pas un pouce aux fanatiques et à tous ceux qui chercheront à imposer la haine et à diviser notre peuple.

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord. 16 octobre 2020.

 

VOIR AUSSI :

ECRITS Novembre 2019-Août 2020

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 12:14

 

Ce « débat » sur le covid19

 

Ce « débat » sur le covid19, tel qu’il se présente donne parfois aux vieux l’envie de l’attraper et de disparaitre avec le moins de souffrances physiques et morales possibles qu’occasionne la mort et que permet ou pas la médecine.

Notre société ne crée pas les réserves pour répondre le mieux possible à toute crise menaçant l’humanité. Le covid19 n’en est qu’un petit exemple. Celui de la pénurie de lit de réanimation pour les vagues de grippe annuelles est utilisé pour contourner le problème global actuel de la crise hospitalière et sanitaire en général.

Les crises s’ajoutent les unes aux autres et en font une crise plus générale dans laquelle les pénuries de réserves se manifestent et augmentent le besoin de précaution et surtout de remèdes pour les surmonter.

La crise de pénuries de réserves pour répondre le mieux possible à toute crise menaçant l’humanité est liée à l’incapacité par le système de constituer ces réserves : le système priorise le profit capitaliste maximum immédiat sur les besoins sociaux. Certes toute la société et tous les hommes ont une participation au système et une responsabilité dans ces choix. L’homme est quotidien mimétique et poïétique (créateur).

Mais on ne peut mettre sur le même plan les victimes et les responsables fondamentaux.

Le monde, du local au mondial en passant par les grandes zones mondiales de développement a besoin d’autres critères de gestion répondant aux besoins sociaux vers une société de toute l’humanité : ce critère se résume  par VA/CMF (Valeur Ajoutée sur Capital Matériel et Financier) se substituant progressivement au critère P/C (Profit sur Capital).

Certes il faut bien que ces critères soient imposés car il n’y aura d’évolution naturelle sans conflit entre les victimes et des dominants dont le critère P/C est le mode d’emploi unilatéral de la production et de l’échange.

La « dénonciation » des précaires par les dominants et pour cela l’alliance des dominants avec les semi-précaires que constituent les couches moyennes hautes et basses des sociétés capitalistes avancées, est la base du développement du racisme et de la stigmatisation des révoltes minoritaires et locales sans contenu et sans issues, qui font de la guerre des pauvres le soutien d’un système malade à mort.

Pierre Assante. 16/10/2020 12:01:21.

 

Voir aussi : https://pierreassante.fr/dossier/RECUEIL._LE_5_DECEMBRE_2019..pdf

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 14:07

 

La chronique économique de Pierre Ivorra.

Financiarisation : la preuve par Veolia et LVMH

L’Humanité du Mercredi 14 Octobre 2020

 

En quoi consiste la financiarisation du capitalisme ? On peut s’en faire une idée en examinant la pratique de deux multinationales à base française, Veolia et LVMH.

Le groupe de gestion de l’eau et des déchets Veolia est prêt à mettre des milliards d’euros sur la table afin de prendre le contrôle de son concurrent, Suez. Pour mesurer l’importance de la somme, disons qu’elle équivaut au plan de soutien de l’État aux collectivités territoriales à la suite de l’épidémie. Et ces collectivités, communes, départements, régions, Veolia les connaît bien, ce sont ses principaux clients. L’entreprise, en effet, a une activité de service public alors qu’en réalité, elle n’est motivée que par sa rentabilité financière. Le groupe est donc prêt à débourser « un pognon de dingue », comme le dirait Macron, pour avaler Suez, alors qu’il n’a de cesse de mettre en œuvre une « gestion de dingue » contre l’emploi depuis des ­années. Ainsi, en 2017, a-t-il engagé un plan de suppressions de plusieurs centaines d’emplois dans sa branche eau en France. Son plan de relance de cette activité dans notre pays vise à doubler sa rentabilité opérationnelle. Dans le monde, les effectifs du groupe sont passés de 202 800 salariés, fin 2013, toutes branches confondues, à 178 780 en 2019, de 65 990 en France à 51 113 durant la même période. Le chiffre d’affaires mondial s’est élevé à 27,2 milliards d’euros en 2019, il était de 22,3 milliards en 2013, augmentant de 22 % avec 12 % de salariés en moins. Au cours de ces mêmes années, le groupe a versé au total 3,6 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires. De son côté, Suez affirme ne pas vouloir être mangé tout cru ; en attendant, son titre en Bourse flambe, les spéculateurs flairent la bonne affaire, c’est tout ça, la financiarisation ! LVMH, leader mondial de l’industrie du luxe (vins, mode, maroquinerie, parfumerie, bijoux…), était jusqu’à présent disposé à acheter le joaillier américain Tiffany, 16,2 milliards de dollars, mais certaines tensions commerciales avec les États-Unis ont compromis l’opération.

L’action en Bourse de LVMH a traversé l’épidémie sans avoir besoin de masque, son cours était de 149,25 euros le 10 septembre 2015 ; aujourd’hui, il est à 404,05 euros, soit une progression de 171 %. Qui dit mieux ? Le groupe a réalisé 7,8 milliards d’euros de résultat net en 2019 pour un chiffre d’affaires de 53.67 milliards d’euros, soit un ratio de 14,8 % qui a de quoi rendre jaloux tous les autres groupes du CAC 40. LVMH s’est développé ainsi, à coups d’opérations financières. Mais on peut douter que l’emploi en ait bénéficié.

 

VOIR AUSSI :

ECRITS Novembre 2019-Août 2020

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 09:13

 

Pousser la société mondiale vers une voie inutilement tragique et sans issue ?

Cet article fait suite à l’article : « Objectivité conceptuelle ».

 

Si, après l’échec de la révolution Russe de 1905, Lénine se remet à travailler intensément à la philosophie, à partir d’auteurs et de connaissances scientifiques du moment, c’est qu’il pense que la refondation des bases de luttes de transformation sociale progressiste, celles d’une classe ouvrière et d’un salariat et ses alliées pour se substituer à la gestion des classes dominantes dépassées par le mouvement des forces productives, sont non à construire, mais poursuivre et peut-être refondées dans le mouvement historique lui-même.

L’abandon ou l’impossibilité (?) dans les années 1970, date initiale imaginaire mais pas totalement fausse d’un tournant des forces productives, à aujourd’hui de fournir au salariat les outils de gestion d’une société nouvelle, d’une transformation radicale et progressive, laisse les luttes sous l’emprise de mouvements divers, légitimes mais limités, aveugles sur une synthèse des conditions générales permettant d’atteindre leurs objectifs, qui tous zappent sur la critique de l’économie politique capitaliste ou se contentent d’une expression d’indignation sans débouché, sans processus de transformation concret.

Si l’exploitation capitaliste à partir de la vente-achat de la force de travail, n’a pas changé fondamentalement, même si des transformations anthroponomiques et des moyens de production ont fortement évolué, la question reste d’une société abolissant cette exploitation et répondant aux besoins sociaux et non à un taux de profit, ce que la révolution scientifique et technique permettrait entre les mains de la classe qui subit cette exploitation destinée à disparaitre avec elle, pour une civilisation de toute l’humanité.

Il ne s’agit pas de substituer la domination d’une classe sociale à une autre domination, mais de donner à la classe exploitée les moyens d’une autre gestion pour tous, dépassant une gestion obsolète. Je répète la question : si dans les deux siècles de luttes, la classe ouvrière et  salariée avait priorisé une formation, une culture de gestion nouvelle, cela aurait-il changé le rapport de force pour une transformation en santé des rapports sociaux ? Cela aurait-il permis dans ce début de XXIème siècle de crise générale de suraccumulation-dévalorisation du capital, de faire de ces luttes des luttes de transformation de gestion par la classe exploitée et ses alliés ?

Il ne s’agit pas de voir la classe exploitée en un objet compact uniforme, mais une réalité traversant l’ensemble social sous diverses formes et expressions.

Si retard il y a eu, quelles en sont les conséquences, comment peut-on y remédier, est-ce possible d’y remédier ? C’est en répondant à ces questions, partant de la philosophie-conception du monde-à transformer ici et maintenant, dans son processus d’hier à aujourd’hui que nous découvrirons les possibles et les actes susceptibles ou non d’une poursuite en santé du processus humain. Se poser ces questions c’est, il me semble commencer par le commencement incontournable, c’est commencer par les fins pour les atteindre sans prendre sans cesse des chemins sans issue, des autoroutes vers le précipice.

Lénine et le mouvement social qu'il animait "au premier chef" a-t-il poussé la société mondiale vers une voie inutilement tragique et sans issue ? La société humaine, dans son processus connait des échecs et des drames que les humains qui les subissent ne choisissent pas, mais qui sont des expériences incontournables. Et le stalinisme n'était ni prévu ni inévitable sans doute, lire "le testament de Lénine". L’humanisme qui recherche des rapports sociaux sains, et dont les douleurs ne soient pas invivables et inviables, ne choisit pas l’immobilisme mortel, mais tente de répondre par la conscience en processus au mouvement inconscient du processus humain. L’histoire ne se fait ou refait pas après coup, mais avec l’expérience de ce qui dans le processus nécessaire, dans ce qu’il a d’infinité aléatoire de possibles, remet sans cesse le travail sur le métier à tisser, et en modifie démocratiquement la trame, si nécessaire. Cet article fait suite à celui-ci : http://pierre.assante.over-blog.com/2020/10/objectivite-contextuelle.html

Pierre Assante. 14/10/2020 08:51:57.

 

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RECUEIL 2034 : http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 18:39

 

OBJECTIVITE CONTEXTUELLE

 

Avec « l’objectivité contextuelle », on se retrouve, plus de cent ans après dans l’affrontement entre matérialisme et idéalisme philosophiques.

La perception immédiate et la perception par appareils interposés, sont toutes deux les perceptions humaines de la réalité.

De cette perception nous déduisons, au niveau historique de nos connaissances, et au niveau historique en poursuite de complexification, que nous permettent nos connaissances pour répondre à nos besoins de subsistance en tant que personnes et dans l’espèce et la société humaine, une vision du réel, et du niveau de développement de cette complexification dans nos rapports avec l’univers, dans le rapport qu’entretient l’humanité avec l’univers et son niveau en santé relative, relativement vivable et viable ou pas,  dans le mouvement que ce rapport contient.

La découverte récente, mais pas si récente que ça, mais « mise à jour » que dans le débat physique ondulatoire et physique corpusculaire, physique quantique et théorie de la relativité générale, et les rapprochements-conflit entre les deux pour leur unification, une vision de la réalité dépend du contexte des mesures, et pour faire plus concret, des perceptions et leurs prolongements techniques et scientifiques, et que le contexte des mesures ne conduit pas à nier l’existence matérielle du réel dont nous faisons partie et qui existe non pas en dehors mais indépendamment de notre conscience qui disparaît quand nous disparaissons sinon par l’effet matériel, évidemment, de notre existence passée. En ce sens, matérialistes comme idéalistes peuvent s’entendre au moins sur les effets de notre existence fugace mais partie de l’univers, sur le réel, son mouvement, son devenir.

La question telle qu’elle est posée par Lénine, dans « Matérialisme et empiriocriticisme » et sa lutte contre l’entrisme dans le mouvement communiste d’une théorie philosophique s’opposant in fine au communisme, reste à l’ordre du jour, bien que contestée jusqu’à l’ignorance, dans la lutte entre progressistes et conservateurs, de la philosophie du devenir contre l’éléatisme, c’est-à-dire dans la lutte pour la vie et son mouvement de complexification.

Tout en étant considérée grossière en fonction de l’avancée des sciences depuis 1907,  par l’élite de la classe dominante, l’argumentation de Lénine est pour moi bien plus exacte que les considérations philosophiques idéalistes, « intégrées » dans le débat scientifique par l’idéalisme, d’aujourd’hui qui ressemble beaucoup à celles d’hier.

Il faut cependant ajouter à tout cela la réflexion de Lénine lui-même sur les matérialistes et les idéalistes que je résumerai de mémoire : « il vaut mieux un idéaliste intelligent qu’un matérialiste stupide ». Après, il n’est pas toujours facile de trier entre les deux dans leurs « masses respectives » et les « inclusions mathématiques » entre les deux groupes, inclusions dont on fait partie soi-même, rien n’est « pur » comme en chimie et encore …

J’ai bien aimé aujourd’hui, dans les exposés sur l’état du débat, la référence aux fentes de Young, les interférences et les « comportements » du photon vu par les différentes théories. Pour information, et imaginer le type de débat, les invités de « La méthode scientifique », émission de France culture de N. Martin,  étaient Alexia Auffèves, Michel Bitbol, Frédéric Grosshans.

Rappelons que dans « Matérialisme et empiriocriticisme » Lénine s’oppose philosophiquement à l’idée que l’électron n’est pas matériel, qu’il n’a pas de masse, mais au contraire affirme qu’il a une masse, ce qui sera démontré plus tard en physique. Des chercheurs idéalistes prenaient prétexte de l’impossibilité de mesurer la masse de l’électron, au début du XXème siècle, pour dire qu’il n’en a pas et donc qu’il existe des « objets non matériels ».

Pierre Assante. 13/10/2020 17:53:10.

 

et Voir :

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 08:16

 

ANTILEGENDES. POEME. 1969.

 

mes parents je suis votre œuvre

et pourtant vous faites partie d’un tout

où vous m’appartenez aussi

 

c’est la raison de mon amour

et de l’immensité de votre existence

 

ma fidélité en ce que je tiens pour décisif

est le fruit d’une évolution parallèle

dans un milieu incessamment renouvelé :

la forme supérieure d’organisation de la matière

 

pendant près de dix-mille jours

déjà

j’ai fait mon éternité

 

j’appellerai les heures sans cesse

car je sais qu’elle n’est pas

à la mesure de mes forces

 

d’elles je dois tirer le maximum

 

le plus longtemps possible

 

mais quoi que je fasse

quelque soit l’élan que je donne

à mes muscles à mon cerveau

 

mon corps restera malgré tout

cette mécanique frêle

du jour de ma naissance

 

au moment où j’écris ces lignes

les passages des courants cérébraux

et l’alchimie qui en est l’origine

façonnent ce que l’on croira demain

être toujours moi

 

mon soleil docile chaque jour

s’étiole sur la pente courbe

la pluie c’est une danse saisonnière

une manifestation à peine osée

 

l’heure c’est la trame incomplète

le vol c’est celui du tissu

l’oiseau c’est l’armoire immobile

l’habit c’est le travail du départ

les doigts sur le métal et la terre

 

le corps nu c’est l’espace et le vent

c’est l’arrêt dans l’herbe touffue

 

moi qui prends deux doigts d’habitude

je fais une issue dans le téléviseur

la circulation dans ses conducteurs

a subi des détournements

 

lever la tête vers la brillance

c’est le chant de ce doute-là

quand l’ordinateur devient un poids stratégique

je me souviens du poids des hommes

 

lorsqu’on pourra suivre mes liaisons internes

avec un signal-tracer

ce ne sera plus le temps de l’inquiétude

ni celui de l’exploitation

 

une femme m’a pris et gardé

et l’avance usée des matins

la souffLance des jours heureux

est à nous vivante et désarmée

 

le reflet que la mouvance donne

pour moi aussi elle l’a serré

dans l’étalement de villes

elle a brodé son survol

 

elle en fera sur les murs mêlés

ce que font sur le roc mes paroles

une sorte de trace éperdue

mais que je sais inépuisable

 

à l’instant des feuilles tombées

me donnant avec ses mains

à boire leur douceur ridée

captera l’haleine dénudée

le sang électrique de mes yeux

qui coule à travers mes nerfs

 

j’entamerai la dernière inhibition

sans chercher le nom des galaxies

les alpha et autres parures des constellations

c’aura été bien pour la vie

 

la faction que mes lèvres prendront

donnera le signal du cycle biologique

mais l’important sera dans l’écho

du communisme en marche vers l’infini

 

ses cheveux et ses mots maintenant à moi

et le pas scandé de l’enlacement

la germination que j’ai provoquée

c’est ce qui comptera avant tout

 

ainsi en est aussi de la jouissance

qu’elle me donne de l’influence

que je tiens sur l’atome

et l’utilisation de sa fission

 

mon éternité n’est pas seulement

inscrite au graphique des jours

elle est derrière moi et devant moi

avant la naissance et après la mort

 

cet infini dans tous les sens

les quatre dimensions l’ont fait mien

la place verte un instant apparue

c’est la mienne qui ne connaîtra jamais de regret

 

la maîtrise de l’analyse dialectique

d’un remue-ménage du cœur jamais contourné

c’est le guide de mon amour

la bouée de mes défaillance

 

Pierre Assante, 1969

 

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ECRITS Novembre 2019-Août 2020

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