Dimanche 13 mai 2012
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Le 13 mai 58, les "princes de paris", les
législatives, l’organisation du travail, les mentalités, les mesures economiques.
L’organisation capitaliste du travail (portée à son paroxysme par la crise de suraccumulation du capital et la baisse tendancielle du taux de profit), et dont la concurrence entre
salariés et le chômage de masse sont un élément premier, cette organisation capitaliste du travail traverse le mode de vie et le détermine, avec les mentalités qui y sont attachées, en
osmose.
Nicolas Sarkozy et les « princes de Paris », son « équipe politique, économique et philosophique » en sont les
représentants, ils sont l’aboutissement « naturel » de cette organisation du travail, du type actuel de la production et d’échange dans un capitalisme, sa production, ses institutions
mondialement informationnalisées.
Dans ces conditions, chasser leur chef de la présidence est un acte fort,
symbolique et concret d’un début de reprise en main de notre destin, sous l’effet de la crise que nous subissons, crise induite par les contradictions de la dictature des profits boursiers contre
le travail et les besoins qu’il devrait satisfaire et que le profit capitaliste mutile.
Chasser leur chef dans les élections qui viennent d’avoir lieu, remportées
par François Hollande, la gauche et dans lesquelles les communistes ont recommencé à avoir, à travers le Front de Gauche et son représentant à ces élections présidentielles, Jean Luc Mélenchon,
une influence déterminante, peut être le début d’une reprise en main de notre destin. Mais le mode de production et d’échange, les mentalités qu’il
détermine restent bien là et par là même le pouvoir des princes de Paris reste fort et ils le font bien sentir comme le fait sentir la dureté de la bataille des législatives en cours et la
prégnance de ce pouvoir sur les esprits dans cette bataille.
Mais au fur et à mesure que nous avancerons, par des mesures économiques et de
l’organisation du travail en faisant régresser l’extraction de la plus value sur ce travail, et en répondant mieux ainsi aux besoins « matériels et moraux » de l’humain, l’affaiblissement et la transformation du mode de production et d’échange capitaliste verra la recrudescence des solidarités, leurs manifestations matérielles
et morale aussi.
Les législatives ont une chose de plus que les présidentielles, une chose
à la fois plus fondamentale dans cette reprise en main possible de notre destin, et plus difficile : il s’agit de sortir au moins en partie, au moins progressivement de la condition de
mainmise du « chef de clan » sur le destin commun, que le coup d’Etat du 13 mai 1958 du Général De Gaulle avait officiellement et pratiquement instituée comme jamais et figée, et de son
remplacement par une représentation allant vers une démocratie généralisée, où la démocratie de la production et des producteurs prenne le pas sur une démocratie mutilée,
limitée.
Les répressions séculaires contre les tentatives ouvrières d’instituer une hégémonie démocratique du travail sur l’organisation de la
production et des échanges en disent long sur cette mutilation de la démocratie.
Les législatives pourront voir sans doute les effets « lieder » se poursuivre, mais en même temps se réduire dans l’élection
multipliée aux niveaux locaux, et sur la base de choix politiques et non seulement de gestion restreinte.
Nous n’étouffons pas seulement de la vulgarité et de l’agressivité du pouvoir des princes de Paris alliés à la domination du capital
et de ses gestionnaires économiques, politiques, philosophiques, nous étouffons de l’étouffement de la solidarité entre nous par le système et sa crise, particulièrement de la crise du travail
qui est le cœur de la crise matérielle et de civilisation, dans leur unité de fonction organique.
Gagner ces législatives, c’est pour la gauche, et son élément moteur, la
gauche de transformation avec les communistes et leurs propositions économiques sur le crédit, l’investissement productif quantitativement et qualitativement, c’est ouvrir la voie à un monde plus
généreux, plus solidaire, plus libre. C’est redonner couleurs et vie au drapeau rouge et au drapeau tricolore dans une concrétisation de l’aspiration à la liberté, l’égalité, la fraternité
étendues à toute l'humanité, que le profit privé et massif semblait avoir éloigné définitivement de notre pensée, de notre raison, de nos « cœurs ».
Pierre Assante, 13 mai 2012
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