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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 20:14
Revue du projet N°49
Revue du projet N°49

Réflexion lapidaire et sans doute à l’emporte pièce, parce que rassemblant peut-être mal des données forts diverses, que je publie sans l’avoir suffisamment travaillée, affinée, corrigée intellectuellement et littérairement, si possible … ? Quelle part de sentimental et de rationnel dans cette réflexion hasardeuse, mais que j’espère non dangereuse parce que non ségrégative dans les opinions légitimes de chacun ? À considérer comme un brouillon sur lequel réfléchir :

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Le christianisme est une formidable révolution dans l’Empire Romain, justement au moment de la fin de la République Romaine et du début de la prospérité de l’Empire Romain, malgré les inégalités, les injustices et la crise, crise qui cohabite avec cette prospérité de la société esclavagiste centralisée. Crise qui cohabite de son origine à la fin de la société esclavagiste, comme elle cohabite(rait) de l’origine à la fin de la société capitaliste de par les contradictions du système qui en appelle un autre en s’aggravant dans l’obsolescence finale.

L’Islam nait dans le « vide relatif » laissé par l’effondrement de l’Empire. Il naît du commerce oriental terrestre renouvelé plutôt que du commerce maritime de l’antiquité grecque et romaine, qui se poursuivit toutefois et que l’expansion de l’Islam géographique et politique va récupérer massivement et dont sa culture scientifique et philosophique vont se nourrir.

Il est toutefois, pour caricaturer, un « mixe » du code babylonien et du code marchand en expansion, développement, puis rigidification, il a quelque chose du « non humanisme » de la société marchande comme le christianisme récupéré très rapidement (avec lequel il fut, est en compétition) et de façons diverses par les classes dominantes.

L’Islam hérite donc plutôt, à l’origine du non-humanisme de la société marchande dont l’idéologie s’est développée sur la base de la morale de l’échange marchand, de l’argent, à la différence de l’influence philosophique grecque dont les premiers et formidables pas n’ont pas encore été mangés par une domination de classe marchande, mixte de la morale guerrière « chevaleresque » antique , de la morale d’expansion maritime exploratrice, découvreuse et guerrière, prémices d’une Renaissance moderne et ses échos de la morale d’expansion maritime exploratrice, découvreuse et guerrière (La renaissance du classicisme en témoigne-t-elle ?).

Ne pas oublier que la Révolution Athénienne et son contexte général grec antique nait de l’opulence marchande méditerranéenne mais aussi de la révolte de la misère des paysans libres endettés et réduits en esclavage face à et par l’aristocratie terrienne esclavagiste, révolte récupérée par les marchands et les artisans à travers les belles constitutions de Solon et Clisthène et entre autre l’organisation des Dèmes et Phylés régulant pendant un siècle les conflits de diversité d’activité spécifique (mais pas de classe). L’idéologie et la philosophie y trouvant des conditions « d’équilibre » des forces sociales favorable à une liberté relative. Cet équilibre très relatif des forces en présence (Bourgeoise locale marchande montante et féodaux et société rurale) se retrouve par exemple dans la société occitane du « Comte de Toulouse », pré-renaissantesque…

Le christianisme renait de ses cendres et à son origine chaque fois que la domination de l’ancienne classe commence à devenir obsolète (celle de la féodalité par exemple à sa fin), trouve une centralité et une centralisation du système dominateur (l’aristocratie centralisée, de pouvoir absolu par exemple, aujourd’hui de capitalisme monopoliste mondialisé), se croisant avec une classe montante possiblement-futurement dominante (la bourgeoisie marchande du moyen âge puis la bourgeoisie productive du règne de Louis XV par exemple).

La Renaissance du XV° siècle fournit un exemple avec la montée de la revendication des droits bourgeois de la Personne dans et avec la traduction de la Bible, la révolte des paysans qui s’y greffe, et la répression des Princes qui la « recadrent ». C’est là une illustration des différences dans les conditions de naissance du christianisme et de l’Islam, de leur développement, de leur éloignement de leurs origines respectives et des différences que leurs conditions de naissance induisent (non automatiquement) sur leur développement.

La crise d’aujourd’hui, du capitalisme monopoliste internationalisé, mondialisé, de la révolution scientifique et technique de l’informationnalisation, de sa mondialisation généralisée, si elle ne peut reproduire le passé des religions, contient ce passé et ses origines.

Une origine contenant une expansion philosophique et-ou une expansion militaire ne peut répondre aux conditions modernes, nouvelles des forces productrices, de la même façon. Même s’il n’y a pas d’automatisme entre état historique des forces productrices et type de société, il n’y a pas de neutralité entre les deux (forces productrices et type de société), cela me parait évident. Les différences d’origine peuvent induire des caricatures plus ou moins menaçantes du passé coexistant dans les conditions nouvelles. Elles peuvent aussi induire des éléments de modernité progressiste relative (La théologie de la Libération, d’ailleurs bien en difficulté avec les précédents Pontifes) coexistant avec des forces nouvelles de la transformation sociale progressiste, tant que celles-ci (les forces communistes organisées et leur influence dans la vie pratique et des idées par exemple) sont encore trop faibles pour s’affirmer dans la pratique, dans la réalité.

Encore trop faible pour s’affirmer dans la pratique, dans la réalité, ce que nous rappelle ce 4 septembre et le long balbutiement de la démocratie et république bourgeoise, ses progrès productifs populaires et ses répressions ouvrières et populaires, contradictoirement et effectivement, balbutiantes en 1870 à l’instar des forces communistes aujourd’hui ….

Ne pas oublier non plus qu’Islam et Christianisme héritent de la zone de passage de l’expansion de l’espèce humaine de l’Afrique dans le monde, du croissant fertile lieu de naissance de l’agriculture puis et des Cités-Etats à la suite de l’accumulation marchande.

Le premier dans un moment de dépression du pouvoir et de dépression de la mondialisation antiques, le second dans sa pleine expansion économique et intellectuelle grecque et romaine. Ce qui n’empêche pas de s’influencer l’un l’autre et de vivre le processus général de l’humanité et de l’humanisation, dans ses inventions sublimes et ses usages sains comme dans ses maladies et ses horreurs, et leurs moments et mouvements propres à chaque période historique.

Et aujourd’hui à notre moment de mondialisation capitaliste, avec ses progrès scientifiques et techniques mal utilisés par le système et ses convulsions de maladie de système social, elles-mêmes et contradictoirement créatrices.

L’Islam nait d’une conquête d’expansion d’une classe marchande montante et le Christianisme issu d’une lutte de classe génitrice de révolution éthique et philosophique contre les classes dominantes fortement installées et établies avait déjà avant lui rejoint une expansion dominatrice avec sa récupération par les classes dominantes et le rejoindront à nouveau dans les temps et moments historiques divers où le pouvoir de ces classes s’exerceront sur les classes subalternes productrices des biens d’usage et marchandises et productives de capital en ce qui concerne le capitalisme.

Les mouvement et trajets idéologiques sont d’une extrême complexité, comme la pensée, la production et l’échange. Ils ne présentent jamais qu’une seule pratique, ni un seul visage. On ne peut les chasser comme on ne peut jamais changer le passé. Mais on peut les transformer, les orienter pour créer le nouveau et échapper, sortir de leurs contradictions et antagonismes dans de nouvelles création en santé pour le futur du processus de l’humanité, de son processus d’humanisation.

Ce qui n’empêche que j’aspire à rejeter tout ce que les idéologies on produit en matière d’obscurantisme et de malheur qui accompagne leur pratique et leur soumission à des classes et des systèmes obsolètes et douloureux et destructeurs. Que j’aspire à une nouvelle époque de Lumières (déjà initiée, malgré les apparences, entamée comme quand en préparant un plat on en goutte la saveur en en mangeant un peu) pour une société de la personne, de la personne productrice de biens « matériels et moraux » et de ses différences, activité et créativité, motivation et initiative, vers et dans une société sans classe.

Enfin une remarque et une observation étonnante dans le drame de l’émigration actuelle que la déstabilisation du Moyen Orient (entre autre et surtout) par les puissances capitalistes occidentales, leur organisation mondiale de l’exploitation et du travail, leurs dominations militaires, induisent et renforcent : son passage par les routes empruntées par l’extension, l’émigration de l’agriculture et de la civilisation néolithique du Moyen Orient (moins cinq millénaires et plus), du "croissant fertile" (Palestine,Syrie...), vers l’Europe occidentale en passant par la Turquie d'alors, Mer Noire et le Danube, route précédant la route de la Grèce et de la Méditerranée … ? Quel lien entre ce passé et quel rapprochement avec la situation politico-économique d’aujourd’hui, quelle part de puissants résidus historiques ?

Pierre Assante, 4 septembre 2015

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L'illustration : la REVUE DU PROJET N° 49 que vous pouvez lire sur internet

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