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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 08:56
J’admets, mais en retour que dois-je attendre…?

J’admets, mais en retour que dois-je attendre…?

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J’admets que l’organisation du PCF a, d’une certaine façon, « prêté le flanc », volontairement ou pas, aux attaques dans la lutte menée contre lui par le patronat monopoliste international, et ses relais de tous ordres, idéologiquement et pratiquement (1).

S’en tenir à ce constat, c’est oublier surtout, dans les difficultés du PCF, c'est-à-dire des humains qui l’ont composé et le composent, comme moi, la disparition relative mais certaine des bases et concentrations ouvrières dans le pays, où la lutte des classes organisée de longue date aboutissait à des augmentations de salaires, des conditions de vie et de travail meilleures, donnaient des points d’appui plus forts pour les luttes pour la sécurité sociale, une gestion plus démocratique de la cité et du travail etc. qui se sont retraduits aussi dans le communisme municipal, les élections, les manifestations…..

Ce n’est ni le PCF*, ni le PCI* avant que sa direction n’impulse son autodissolution, qui ont modifié profondément l’organisation mondiale du travail et l’affaiblissement de ces bases et concentrations ouvrières dans le pays où ils agissaient, mais le capital, avec son armée, ses institutions, ses techniques massives de communication, les trois s’appuyant sur la révolution scientifique et technique et l’informatique en particulier.

Cette réorganisation-transformation mondiale du travail, des délocalisations à la réorganisation technique et institutionnelle du travail, dans la recherche par le capital du profit maximum, est la cause première de la désaffection du moment des idées ouvrières au profit d’une idéologie de « couches moyennes » encore alliée pour le moment, objectivement, si ce n’est subjectivement aux intérêts dominants. A cela le PCF a toutefois tenté de répondre, avec certains succès relatifs. Certes il y a d’autres causes, mais elles ne doivent pas faire oublier celle-ci, essentielle au sens premier.

Cette idéologie a gagné elle-même les milieux ouvriers ou les a poussés à un nationalisme niant la nouvelle réalité du monde tout en s’en accommodant.

Ce phénomène dans « les pays occidentaux développés », on le voit a gagné aussi les pays dits émergents où les mouvements de libération de la domination colonialiste ou néo-colonialiste ont dû se plier aussi à la recherche d’investissement en capital pour se développer.

Et leur développement s’accompagne des mêmes tares du type de système de production et d’échange, une crise croissante d’accumulation-valorisation du capital et ses effets sociaux dont l’austérité est la marque, et qui les emporte dans un mouvement mondial généralisé irrépressible.

Pendant ce temps, des militants, sectaires ou ouverts, les deux à la fois, avec les faibles moyens « matériels et moraux » qu’ils leur restaient ont tenu bon, et ont permis une résistance certaine, et le maintien des bases d’organisation, même affaiblies, pour reconstruire au niveau de la mondialisation capitaliste un projet qui ne le soit plus, capitaliste.

Timon d’Athènes, sous la plume de Shakespeare, cité par Marx dans les « manuscrits de 1844 » et dans « Le Capital » dit la force de l’Argent. Aujourd’hui dire la force du capital, de l’échange Argent-Marchandise-Argent plus, du libéralisme mondialisé et de ses moyens d’imposer un type d’échange déshumanisant entre humains, c’est s’indigner à juste raison.

Mais comme dit Ingrao, fidele au communisme, comme Ettore Scola, « indignarsi non basta », et il en fait un livre de lutte malgré ses 99 ans.

Disparus tous deux, il reste qu’Ettore Scola remplit les salles comme j’ai pu en être témoin à la semaine du cinéma européen à Marseille, ville pourtant éléate (2) on ne peut plus, rongée par cette « main basse » (3) que Francesco Rosi, disparu aussi et rencontré il y a quelque années à la librairie Feltrinelli de Rome, dénonçait de façon militante, c'est-à-dire en mobilisant pour agir.

Cette force du mode d’échange libéral soutenu par l’appropriation de la circulation mondiale de la monnaie, des outils de l’investissement, et ses superpuissantes techniques et institutions mondialement informationnalisées, entre autre leur usage formidable des algorithmes dans les méthodes de drainage des profits, le contrôle des citoyens producteurs-consommateurs, et surtout l’organisation mondiale du travail, cette force est-elle invincible ?

NON, car cette force est menacée par les contradictions internes du fonctionnement de l’échange en capital. S’il y quelque chose de majeur à reprocher aux organisations politiques et syndicales ouvrières, et à soi-même, c’est plutôt leur faiblesse dans la difficile explication de ce qu’est la suraccumulation-dévalorisation du capital, entre autre, explication qui éclairerait la lanterne de toutes les victimes du système, déboussolées et perdues dans la masse des explications dominantes et insidieuses à la fois.

Pierre Assante, 24 janvier 2016

* PCF, Parti Communiste Français, comptant encore des centaines d'élus et des dizaines de milliers d'adhérents, membre le plus important et actif du Front de Gauche français. Le FdG a été remis en cause par ses composantes à l'issue des dernières élections régionales de 2015. Le PCF est aussi à l'initiative de la création et composante du PGE Parti de la Gauche Européénne qui rassemble de nombreux partis européens qui se veulent communistes ou de transformation sociale tels Syriza ou Podemos.

* PCI, Parti Communiste Italien, auto-dissous en 1991 par sa direction au profit du PDS, puis du liberal Parti Démocrate italien l'actuel PD.

(1) Les rendez-vous ratés ne manquent pas. Le Conseil national du PCF des 9 et 10 février 1980 nous avertissait des débuts et du devenir de la mondialisation capitaliste informatisée. Qui l’a entendu, hors et dans le PCF, dans société française entre autre ?

Marx nous avertissait, bien avant, reprenant une alerte philosophique millénaire : l’humanité ne résout les problèmes que lorsqu’ils se présentent de façon évidente à elle. Nous y sommes. Résoudra-t-elle la tâche du présent ? Nul ne le sait. Certainement pas si nul ne le tente. Sur la "crise du communisme", pour raisonner, il ne s'agit pas d'ouvrir tantôt un tiroir, tantôt l'autre pour y chercher les raisons, c'est facile d'en extraite tel ou tel argument. Il est plus difficile de composer un tableau d'ensemble qui donne à comprendre, et corriger pour agir en santé. J'essaie de le faire, sans préjuger des résultats.

(2) Philosophie Eléate, des fondateurs phocéens de Marseille antique et de la ville disparue d’Elée au-dessous de Naples (tels Zénon d’Elée ou Parménide), et d’une philosophie opposée à la philosophie du devenir qui elle s’appuie sur la raison dialectique, c'est-à-dire sur une conception diachronique et synchronique du mouvement de la nature et de la vie, et sur l’étude des forces contradictoires qui animent le mouvement, afin d’intervenir en santé humaine sur lui.

(3) « Main basse sur la ville », film de Rosi dénonçant la spéculation immobilière et mafieuse, ensemble.

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Published by Pierre Assante
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bernard 25/01/2016 10:06

Aujourd'hui la politique du PCF et du front de gauche est difficilement lisible par le non initiés. Leur programme semble faire fi du bon sens, les français, qui doivent chaque jour compter ce qu'il reste dans leur porte monnaie, savent que les dépenses doivent être équilibrées par les recettes, et c'est là que le bat blesse soit on entend un discours démagogue de Mélanchon qui dit au delà de 5000 euros par mois "je prends tout", soit "on prendre l'argent là où il est" sous entendu le capital. Mais le capital ce n'est pas seulement les flux financiers qui circulent, et par là même sont difficilement saisissables.Plus personne ne croie au communisme tel que pratiqué en URSS ou en Chine, d'ailleurs la Chine est-elle encore communiste? D'ailleurs, et sur ce point Trotsky avait vu juste, il ne peut y avoir de communisme dans un seul pays, surtout la France, insérée dans le commerce mondial avec des règles ultra libérales. C'est donc bien un autre modèle qu'il faut imaginer, et pour l'instant entre le discours d'un NPA proposant un saut dans l'inconnu (et les français ont peur de l'inconnu), des économistes se disant "indignés" mais d'une naïveté confondante, et une gauche libérale (le macronland), il existe une gauche gestionnaire, dans les communes en particulier, et c'est sur elle que nous devons nous appuyer. La gauche d'aujourd'hui n'a d'autre solution que de gérer la crise, nos grosses entreprises (le CAC40) ont leur capital éclaté et difficilement nationalisable, il faut d'abord mieux contrôler nos banques, qui spéculent avec l'argent des ménages, titriser la dette en l'asseyant sur les retraites et l'assurance-vie afin d'en contrôler le taux, établir la liste des entreprises/productions indispensables et pour lesquelles nous ne pouvons tolérer la délocalisation et pour lesquelles nous devons contrôler le conseil d'administration, revoir notre politique agricole en la recentrant sur nos besoins...etc
Bernard

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