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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 12:28
LIRE MARX ?

Très brève réflexion sur la lecture de Marx.

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Dans les « Manuscrits de 1844 », Marx pose sa vision anthropologique comme base d’introduction à l’analyse de la situation sociale, à la condition ouvrière, à la condition humaine, à la crique de la philosophie dans son état le plus avancé du moment, Hegel et Feuerbach.

Il fait cela parce non qu’il s’agisse pour lui de proposer un itinéraire de pensée, mais parce que c’est son propre itinéraire dans le moment où il les écrit.

Quand « La critique de l’économie politique, Le Capital », approfondit l’analyse nécessaire à la transformation-dépassement de la condition ouvrière, la condition humaine aliénée, la base anthropologique des manuscrits de 1844 est bien entre les lignes de l’œuvre, implicitement et explicitement et dans une pensée qui s’est « agrandie et précisée ».

La lecture du « Capital » s’assortit souvent d’une volonté de traduction pédagogique à l’usage de notre monde d’aujourd’hui, qui se veut plus claire, simplifiée, à la portée de ceux qui s’indignent et commencent à s’opposer au système sous diverses formes d’action, l’écriture étant de plus en plus répandue sur ce sujet.

Mais l’exercice est souvent constitué d’un copié collé volontaire ou involontaire, en grande partie issu d’une compréhension « mécaniste » pour ne pas dire mécanique de l’œuvre.

Cette confusion est grave de conséquences, car elle sème l’incohérence dans la volonté d’action cohérente des victimes du système, les intellectuels comme les ouvriers, paysans et salariés en général.

Les conditions de vie et le milieu social des écrivains du jour sont en grande partie responsables d’une vision qui exclut de fait la question de la production en tant que phénomène général et non un phénomène purement économique.

Le plus étrange est que les auteurs de cette confusion sont aussi les critiques du marxisme, lui reprochant son "économicisme", un matérialisme ignorant du psychisme, et pour tout dire de toute spiritualité.

Certes le mouvement marxiste, et particulièrement les composantes organisées politiquement, mais pas Marx en tant que personne, a sans doute souffert de ce défaut. Quelquefois. Pas toujours comme certains semblent le dire.

Une fois bien lu et relu « Le Capital », car ce n’est pas une lecture « à la légère », on s’aperçoit, dans le retour aux « Manuscrits de 1844 », que ceux-ci contiennent bien plus qu’aux premières lectures. Il n’y a pas de lecture du Capital qui ne soit pas mécaniste sans le lien avec les concepts anthropologiques des Manuscrits.

« Le Capital » est un développement de cette anthropologie, développée, mise en mots plus rationnels, moins tributaires d’un moment particulier passé qui est la critique positive de l’hégélianisme non en tant que pensée secondaire, mais en tant que dialectique essentielle en voie de construction matérialiste, sans séparation du contenu et de l’unité psychique du réel et sa représentation.

C’est à cette aune que j’adhère, contradictoirement, à ce qui n’est pas conforme à 100% (100% qui n’existent pas, ne peuvent exister) à la possibilité d’une transformation en santé de la société humaine, mais qui y tend, avec des régressions et des avancées.

Qui y tend dans la mesure où l’unité d’un mouvement et les forces contradictoires qu’il contient sont vus théoriquement et pratiquement au-delà de l’éléatisme, de l’aristotélisme ambiant, paralysant.

l’aristotélisme ambiant, paralysant gomme dans les têtes les contradictions au profit d’une logique non contradictoire de l’état des choses, logique qui qu’elles que soient ses intentions, risque d’aboutir à renforcer un conservatisme en tant que maladie sociale.

Si l’on aborde pour la première fois la partie des Manuscrits, on ne peut que constater la difficulté du vocabulaire et de l’exposition et de la critique de la « Phénoménologie » par Marx.

Une fois assimilé ce que propose Marx et assimilé à cette lumière l’état du monde du XXI° siècle, le capitalisme mondialisé et informationnalisé, son mode de production et d’échange, son organisation du travail et de toute la société, sa culture et ses techniques, on ne regrette pas le « langage confus » de Marx dans son itinéraire de penseur et de lutteur, ni tous les itinéraire confus et complexes de notre temps qui peuvent aboutir aussi à des « Lumière nouvelles » dépassant celles de la bourgeoisie révolutionnaire (et de ses représentants institutionnels ou pas) devenue une classe conservatrice qui confisque tout le pouvoir de circulation de l’argent, en tant que capital, et de la vie par la même occasion, à son profit mortifère.

Lire Marx non comme un Jésus mais comme un mouvement du processus de la conscience de la nature sur elle-même est une des belles et dignes raisons d’être de notre espèce dans notre cosmos et notre activité énigmatiques.

Pierre Assante, 25 janvier 2016

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