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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 11:47
...Nikolaï Boukharine...
...Nikolaï Boukharine...

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Cette intervention d’Oulianov (Lénine) est à mon sens très instructive, encore aujourd'hui. De la proposition, l’orientation proposée par Lénine non tenue après sa mort par une autre orientation qui a pris le dessus, celle de l’analyse de Dougatchvili (Staline) et de son groupe, a découlé une rupture avec les objectifs de la révolution ouvrière et démocratique. Entre autre, la question de l'alliance avec la paysannerie russe, massive à cette époque et la recommandation d'un travail patient avec elle, pour construire une économie et une industrie nécessaire aux besoins de toute la population et des paysans qui en constituaient la majorité. Ce qui s'est passé après les années 1920 a été très différent de l'orientation de la NEP (Nouvelle économie politique, mise en oeuvre par Lénine et les communistes soviétiques, après la guerre civile, en 1921).

Evidemment on ne refait pas l’histoire.

Depuis, de nombreux communistes, communistes économistes ont planché sur la question, et sur la question dans la réalité actuelle d’aujourd’hui, celle du capitalisme mondialisé, numériquement informationnalisé. Celle des capacités d'intervention de tout le peuple et non d'un "guide", serait-ce un "intellectuel collectif".

Reste la question de la capacité à gérer, de la capacité à voir et comprendre la réalité pour les choix d'orientations à proposer, expérimenter, démocratiquement, avec les avancées, les reculs, les "modifications" d'orientations micro et macro à effectuer, avec l'expérience des siècles de la démocratie limitée et la nécessite de l'élargir au domaine de la production, du "que, quoi, comment produire" les biens nécessaires à la vie humaine, la démocratie du producteur pour répondre aux besoins humains dans son milieu, l'organisation du travail, l'économie et l'ergologie, et l'écologie.

Les "leçons du passé", aussi lointaines et différentes soient-elles de notre réalité actuelle ont une importance évidente, pour qui souhaite étudier et comprendre pour agir en santé sur le mouvement de la société .

La question de la NEP, dans l'économie de la Russie de l'après guerre de 1914 et de la révolution, comme la situation des "pays émergents" et la crise systémique aujourd'hui, nous donne à penser autre chose qu'un "grand soir" et une transformation radicale de la société et de son économie en rupture certes, mais en même temps en continuité avec l'existant, en le transformant, non en le cassant.

Paul Boccara, avec la collaboration de Catherine Mills dans "Pour une nouvelle civilisation", 2016, Editions du croquant, ECRIT :

"...dans une perspective authentiquement marxiste, le développement maximum du capitalisme et de son marché constitue une étape décisive jusqu'à son dépassement des conquêtes du marché pour la construction d'une civilisation nouvelle.

Et, au-delà des visées de Lénine sur la NEP, les réformes de Deng Tsiao Ping allaient précisément dans ce sens, ce que nous avions déjà souligné pour notre part dans une étude sur le marché, La Pensée, N° 280, mars-avril 1991...."

Cet ouvrage se termine sur le rapport entre la nature et le développement humain, "....l'objectif de création d'une conscience politique climatique...." et cite Naomi Klein "...cette crise, qui nous place devant une échéance inéluctable, peut pousser tous les mouvements sociaux à se rassembler..."

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Pierre Assante, 27 août 2016

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Lénine

XIe CONGRÈS DU P.C. (b)R.

(27 MARS - 2 AVRIL1922)

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« ………Aujourd'hui, l'essentiel dans la nouvelle politique économique est de bien nous assimiler l'expérience de l'année écoulée. Il faut le faire, et nous le voulons. Or, si nous voulons y arriver coûte que coûte (nous le voulons, et nous y arriverons !), on ne doit pas oublier que la nouvelle politique économique a pour tâche- tâche majeure, décisive et commandant toutes les autres -, d'établir une alliance entre la nouvelle économie que nous avons commencé d'édifier (très mal, très maladroitement, mais commencé cependant, sur la base d'une économie toute nouvelle, socialiste, d'une nouvelle production, d'une nouvelle répartition) et l'économie paysanne, pratiquée par des millions et des millions de paysans.

Cette alliance n'existait pas, et nous devons, avant tout, la créer. Tout doit être subordonné à cet objectif. Il nous faut encore établir dans quelle mesure la nouvelle politique économique a réussi à créer cette alliance, et ne pas détruire ce que nous avons commencé, maladroitement, à édifier.

Nous bâtissons notre économie avec la paysannerie. Nous aurons à la remanier maintes fois pour arriver à établir une alliance entre notre travail socialiste dans le domaine de la grosse industrie et de l'agriculture, et le travail de chaque paysan, travail dont il s'acquitte comme il peut, en luttant contre la misère, sans finasser (le moyen de finasser quand il lui faut se tirer d'affaire, échapper au danger immédiat de mourir dans les affres de la faim ?).

Il faut montrer cette alliance, afin qu'on la voie clairement, afin que le peuple tout entier la voie, afin que toute la masse paysanne voie qu'il existe une liaison entre sa vie pénible d'aujourd'hui, vie incroyablement désorganisée, incroyablement misérable, douloureuse, et le travail qui se fait au nom des lointains idéaux socialistes. On doit faire en sorte que le simple travailleur, le travailleur du rang, comprenne que sa situation a été quelque peu améliorée, et qu'il a obtenu cette amélioration autrement que ne l'obtenaient les paysans peu nombreux à l'époque où le pouvoir appartenait aux grands propriétaires fonciers et aux capitalistes, où chaque amélioration (car il y a eu des améliorations incontestables et même très importantes) impliquait des humiliations, des brimades, des vexations infligées au moujik, des violences exercées contre la masse, et qu'aucun paysan de Russie n'a oubliées et n'oubliera pendant des dizaines d'années. Notre but, c'est de rétablir l'alliance, c'est de prouver au paysan par nos actes que nous commençons par ce qui lui est compréhensible, familier et accessible aujourd'hui, en dépit de toute sa misère, et non par quelque chose de lointain, de fantastique, du point de vue du paysan; c'est de prouver que nous savons l'aider; que dans cette situation pénible pour le petit paysan ruiné, plongé dans la misère et torturé par la faim, les communistes lui apportent un secours réel et immédiat. Ou bien nous le prouverons, ou bien il nous enverra promener à tous les diables. Cela est absolument certain…..

……

….Je le répète : c'est grâce à notre juste politique que le peuple nous a accordé un délai, nous a fait crédit. Ce sont là des traites, pour employer le langage de la NEP, mais qui ne portent pas la date de leur échéance. Quand seront-elles présentées ? Le texte des traites ne le dit pas. Et c'est là le danger, c'est ce qui distingue ces traites politiques des traites commerciales ordinaires. Voilà où nous devons porter toute notre attention. Nous ne devons pas nous rassurer sous prétexte que partout, dans les trusts de l'Etat et dans les sociétés mixtes, il y a des communistes responsables, excellents. La belle consolation, puisque ces communistes ne savent pas conduire les affaires et sont à cet égard pires qu'un vulgaire commis des capitalistes, qui a passé par l'école de la grande usine et de la grosse maison de commerce. Voilà ce dont nous n'avons pas conscience; il y a là de la vanité communiste, du comtchvanstvo pour employer la sublime langue russe. La vérité est qu'un communiste responsable, le meilleur, et manifestement honnête et dévoué, qui a subi le bagne et bravé la mort, ne sait pas faire du commerce, parce qu'il n'est pas un homme d'affaires, parce qu'il n'a pas appris cela et ne veut pas l'apprendre, parce qu'il ne comprend pas qu'il lui faut tout apprendre, depuis les premiers rudiments. Ce communiste, ce révolutionnaire qui a fait la plus grande révolution qu'on ait jamais vue dans le monde, ce révolutionnaire que contemplent sinon quarante siècles du haut des pyramides, du moins quarante pays européens avec l'espoir de s'affranchir du capitalisme, - ce communiste, ce révolutionnaire doit prendre des leçons auprès du vulgaire commis qui a trimé dix ans dans une épicerie, qui connaît son affaire, tandis que ce communiste responsable, ce révolutionnaire dévoué, non seulement ne la connaît pas, mais ignore même qu'il ne la connaît pas.

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Voilà pourquoi, camarades, si nous remédions à cette première ignorance, ce sera une immense victoire. Nous devons emporter de ce congrès la conviction que nous ne savons pas faire le commerce et que nous devons l'apprendre, en commençant par l'a b c. Malgré tout, nous n'avons pas encore cessé d'être des révolutionnaires (bien que beaucoup disent, et même pas tout à fait sans raison, que nous nous sommes bureaucratisés), et nous pouvons comprendre cette simple vérité qu'en entreprenant une tâche extrêmement difficile, et nouvelle pour nous, il faut savoir recommencer, dès le début, à plusieurs reprises. Tu as commencé, tu es arrivé à une impasse, recommence, refais tout dix fois s'il le faut, mais arrive à tes fins. Ne fais pas l'important, ne tire pas vanité de ta qualité de communiste, tandis qu'un quelconque commis, un sans-parti, peut-être un garde blanc et même à coup sûr un garde blanc, sait faire le travail qui, économiquement, doit être accompli coûte que coûte, alors que toi, tu ne sais pas le faire. Si toi qui es un communiste responsable et qui possèdes par centaines titres et grades honorifiques, celui de «chevalier» de l'ordre communiste et soviétique y compris, - si tu arrives à saisir cette vérité, tu atteindras ton but, car il s'agit d'une chose qui s'apprend…..

…..

…..La troisième leçon complémentaire, est celle qui concerne le capitalisme d'Etat. Je regrette que Boukharine n'assiste pas à ce congrès ; j'aurais voulu discuter un peu avec lui. Mais je préfère remettre cela jusqu'au congrès prochain. Pour ce qui est du capitalisme d'Etat, il me semble que notre presse en général, et en général notre Parti commettent la faute de verser dans le libéralisme, dans l'esprit propre à la gent intellectuelle ; nous raffinons sur la question de savoir ce qu'on doit entendre par capitalisme d'Etat, et nous consultons de vieux livres. Or, ces vieux livres parlent de tout autre chose : ils traitent du capitalisme d'Etat qui existe en régime capitaliste ; mais il n'y a pas un seul livre qui examine le capitalisme d'Etat en régime communiste. Même Marx ne s'est pas avisé d'écrire un seul mot à ce sujet, et il est mort sans avoir laissé une seule citation précise, une seule indication irréfutable. Aussi devons-nous aujourd'hui nous tirer d'affaire par nos propres moyens. Et si l'on passe mentalement en revue notre presse, si l'on considère d'un coup d'œil d'ensemble la façon dont elle traite le problème du capitalisme d'Etat - ce que j'ai essayé de faire en préparant mon rapport -, on arrive à cette conviction que l'on tire à côté, que l'on regarde dans une tout autre direction.

Le capitalisme d'Etat, dans toute la littérature économique, c'est celui qui existe en régime capitaliste, quand le pouvoir d'Etat se soumet directement telles ou telles entreprises capitalistes. Or, notre Etat est prolétarien; il prend appui sur le prolétariat auquel il donne tous les privilèges politiques ; par l'intermédiaire du prolétariat, il attire à soi les couches profondes de la paysannerie (vous vous souvenez que nous avons commencé ce travail en instituant des comités de paysans pauvres). Voilà pourquoi le terme de capitalisme d'Etat désoriente bien des gens. Pour éviter cela, il ne faut pas oublier cette vérité majeure, à savoir qu'aucune théorie, aucun ouvrage ne traitent la question du capitalisme d'Etat, tel qu'il existe chez nous, pour la simple raison que les notions habituelles rattachées à ces termes, ont trait au pouvoir de la bourgeoisie en société capitaliste. Tandis que notre société à nous est sortie des rails capitalistes ; elle ne s'est pas encore engagée sur une voie nouvelle, mais ce n'est plus la bourgeoisie qui gouverne l'Etat, c'est le prolétariat. Nous ne voulons pas comprendre que lorsque nous disons « Etat», cet Etat, c'est nous, c'est le prolétariat, c'est l'avant-garde de la classe ouvrière. Le capitalisme d'Etat est un capitalisme que nous saurons limiter, dont nous saurons fixer les bornes, ce capitalisme d'Etat est rattaché à l'Etat, mais l'Etat, ce sont les ouvriers, c'est la partie avancée des ouvriers, c'est l'avant-garde, c'est nous…….. »

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………….SUITE SUR CE LIEN :

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https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/04/d11c/vil19220400-03c11.htm

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