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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 07:27
Pierre IVORRA. L’urgence d’une radicalité du bonheur.

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L’urgence d’une radicalité du bonheur

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La vie économique, sociale et politique en cette rentrée prend une drôle d’allure. Étrange période. Même les sociaux-libéraux n’hésitent plus à annoncer que les Français vont devoir faire ceinture. Ils nous assurent que, pour que ça aille mieux, il nous faut aller plus mal. À l’extrême droite et même de plus en plus à droite, on affirme que le salut passe aussi par l’abaissement de certains, de ceux qui n’ont pas la même couleur de peau, la même religion, les mêmes vêtements ou qui n’habitent pas le même quartier. Ces médications-là ne sont même pas dignes de celles d’un médecin de Molière. Leur radicalité est assassine, c’est celle du malheur.

Tout au contraire, le monde a besoin d’une radicalité du bonheur. Pour que ça aille mieux, il faut que la France, les Français, l’Europe, le monde, l’humanité voient leur situation s’améliorer. Il faut pouvoir vivre mieux, éradiquer la misère, le chômage. Affirmer cela, ce n’est pas nier la gravité de la situation, une gravité d’ailleurs sous-estimée délibérément par la plupart des dirigeants. C’est parce que, en Europe et en France, la croissance n’arrive pas à décoller, parce que le chômage se maintient à un niveau insupportable, parce que les banques italiennes ploient sous les créances douteuses et menacent tout le système bancaire européen, parce que le Brexit va accentuer la guerre économique et financière sur le continent, parce que, dans nombre de pays émergents et développés, l’endettement privé et public atteint à nouveau des sommets, parce que les dirigeants des États-Unis continuent à vouloir dicter leur loi au reste du monde, parce que nombre de peuples souffrent de malnutrition, de la famine et de la guerre, parce que le terrorisme tue au Nord et au Sud, parce que les désordres climatiques nous menacent déjà qu’il nous faut adopter, mettre en œuvre, des mesures qui s’attaquent à la source même des problèmes.

La seule purge qui vaille est celle qui dégonflera les marchés financiers. S’il y a une sélectivité à avoir, c’est celle qui rendrait plus coûteux le financement des opérations financières destinées à faire toujours plus de fric et qui, à rebours, permettrait d’orienter un argent abondant et bon marché vers les activités de recherche, la création d’emploi, l’élévation des qualifications, les services publics, l’amélioration des niveaux et de la qualité de vie, la maîtrise des nouvelles technologies, la préservation des équilibres climatiques. Cela suppose aussi de réduire le pouvoir des puissants et de donner enfin droit de cité à ceux qui jusqu’à présent sont restés dans l’ombre. Là est la véritable radicalité.

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La chronique économique de Pierre Ivorra

l’Humanité, 7 septembre 2016.

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