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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 11:26
Pierre IVORRA, Portrait de groupe du capitalisme français

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Portrait de groupe du capitalisme français

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Dans une étude récente l’Insee révèle que les 150 grands groupes multinationaux français (occupant plus de 5 000 salariés, disposant d’un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard d’euros ou d’un total de bilan supérieur à 2 milliards) réalisent en 2013 environ 55 % de leur chiffre d’affaires hors de France et y occupent une même proportion de leurs effectifs.

Mesure-t-on les conséquences économiques, financières, sociales, politiques et même écologiques d’un tel redéploiement ? Nous ne sommes plus dans la France de l’après-guerre ou même dans celle de 1968. Les multinationales françaises sont aujourd’hui pleinement insérées dans la mondialisation actuelle, celle d’un capitalisme financiarisé et secoué par une crise profonde, affectant tout son système, ayant la dimension d’une crise de civilisation. Dans le contexte de la révolution technologique actuelle, cette reconfiguration des multinationales à base française transforme singulièrement la manière de produire, les échanges intra-groupes prenant le caractère de transferts internationaux de ressources, de connaissances, de technologies, de profits, de main d’œuvre avec toutes les opérations monétaires et financières susceptibles de les accompagner.

On ne s’étonnera pas de constater que l’Union européenne est la zone d’implantation la plus importante des multinationales à base française de toutes tailles avec plus particulièrement 3 pays : le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. Fait remarquable, la part des salariés travaillant dans l’industrie y est bien plus forte qu’en France, atteignant en Allemagne 53,2 % des effectifs employés hors France par ces groupes, 38,6 % en Espagne, 31,9 % au Royaume-Uni, contre seulement 13,9 % dans l’Hexagone. Autre trait majeur : l’importance de l’implantation de ces multinationales aux Etats-Unis. Elles y réalisent 15,4 % de leur chiffre d’affaires hors France et y emploient 11 % de leurs effectifs internationaux, contre respectivement 9,6 % et 6,6 % en Allemagne.

Cela permet de dessiner certains des traits caractéristiques du grand capital français particulièrement avec sa forte tendance à essayer de tirer partie des atouts des autres plutôt qu’à développer suffisamment les siens, en France notamment : Il cultive l’industrie dans le pays qui en a fait sa force, en Allemagne, et les nouvelles technologies aux Etats-Unis. Enfin il utilise les pays émergents et en développement particulièrement pour accumuler des profits faciles grâce à la baisse du coût du travail. Le repliement à l’intérieur de nos frontières n’aiderait évidemment pas à changer tout ça.

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Pierre IVORRA, Chronique économique, l'Humanité, 28 septembre 2016

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