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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 01:04

La chronique économique de Pierre Ivorra.

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"Aujourd’hui, ce sont les marchés financiers qui tiennent le haut du pavé, disposant de 74 % des actions."

Le carnet de commandes du groupe Airbus est plein, il approche les 1000 milliards d’euros, mais sa politique de l’emploi sonne plutôt creux: l’avionneur a perdu près de 7500 emplois depuis 2013. Aujourd’hui encore, l’état-major envisage un plan de restructuration pour baisser le coût du travail sur ses sites, notamment dans le Sud-Ouest. Le recours à l’emploi précaire ne serait plus suffisant, il faudrait « dégraisser » à nouveau les effectifs. Comment expliquer une telle contradiction?

À l’aube des années 2000, les gouvernements français, allemand et espagnol contrôlaient largement la majorité du capital de l’avionneur, aujourd’hui, ce sont les marchés financiers qui tiennent le haut du pavé, disposant de 74 % des actions. Ils ont la mainmise sur les titres et ils veulent que cela leur rapporte. Le dividende par action s’en est ressenti : entre 2000 et 2015, période au cours de laquelle a été réalisée l’ouverture au privé, il est passé de 0,50 euro à 1,30 euro, augmentant ainsi de 160 %! Tel est le principe qui régit ce monde des affaires : pour que le capital prospère, la bête doit trimer.

Ce « trou d’air » social et ce prurit financier qui nuisent à l’efficacité du groupe, sont une parfaite illustration de l’état d’une industrie française aujourd’hui pilotée par les règles de la valeur actionnariale. Entre 1980 et 2014, l’industrie française a perdu 2221000 emplois. Certes, sous l’impulsion notamment de la révolution informationnelle, des emplois ont été transférés dans les services, mais malgré tout, le déclin est réel. Les mouvements de baisse ont été les plus accentués à deux moments: après 1980 (– 15,3 % entre 1980 et 1990), lorsque le gouvernement Fabius a ouvert l’économie française aux mouvements de la finance mondialisée et durant la période qui a succédé au krach financier de 2007-2008 (– 9,3 % entre 2007 et 2010).

Comment enrayer puis inverser un tel processus? Le mouvement populaire a déjà en ce domaine une expérience certaine. L’histoire a bien montré que l’entrée du capital public, si nécessaire soit-elle à l’occasion, ne suffit pas pour changer les choses en profondeur et de manière durable. Ainsi l’échec des nationalisations de 1982 ne tient-il pas pour beaucoup, à la fois à l’insuffisance de l’action des salariés pour changer les critères de financement et de gestion des entreprises et à l’étroitesse des pouvoirs pour faire prévaloir de telles transformations? Nos sociétés, notre économie sont confrontées à une mutation technologique sans précédent qui ne peut être profitable à l’humanité que si l’on met l’esprit de rapine en déroute.

 

Pierre IVORRA

MERCREDI, 2 NOVEMBRE, 2016

L'HUMANITÉ

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