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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 09:00

Mis en ligne une première fois sur ce blog le 18/12/2016 (1)

 

le "Capitalisme Monopoliste Mondialisé Numériquement Informationnalisé" (C.M.M.N.I.), qu’es aquò ?

 

Au Professeur Yves Schwartz (2)

qui a souligné amicalement

ce concept

 

.

Les bases du mode de production et d’échange capitaliste ont été décrites par Marx, Engels et ceux qui ont vécu dans la période non de naissance, mais de jeunesse triomphante du système social correspondant, en particulier en Angleterre.

 

La jeunesse d'alors de ce mode d’échange, sa franchise dans l’expression de l’exploitation, de l’achat et la vente de la force de travail, ont rendu plus facile sa description, sa compréhension, à la masse des ouvriers et salariés, et  plus évidente qu’aujourd’hui, moins voilée, ce qui ne veut pas dire que les découvertes de Marx sur la marchandise, la plus-value, le profit et les lois-tendances du capital n’ont pas eu d’importance, n'ont pas été lumineuses, déjà, en leur temps. Elles ont dépassé de loin les connaissances des économistes bourgeois et donné des outils pour les luttes des ouvriers et du salariat en général et de leurs alliés dans le mouvement populaire.

 

Les succès eux-mêmes du mouvement ouvrier et anticolonialiste du XX° siècle ont contribué, paradoxalement, à voiler l’origine et la nature du capitalisme.

 

Marx a employé la formule A-M-A’ pour décrire le type d’échange dans ce système, c'est-à-dire que la base essentielle de l’échange entre les humains est celle de l’accumulation du capital dans l’échange Argent-Marchandises-Plus d’argent.

 

Le développement intensif des sciences, des techniques, particulièrement les techniques numériques et les transports physiques et informationnels mondiaux et leurs mises en pratique depuis les années 1960, dans l’échange concurrentiel dépassé du système monopoliste et de sa financiarisation a créé les conditions d’une « explosion » de la production et de la productivité. Le capital « n’a plus de lieu défini » dans la circulation dans le système financier donc aussi boursier, mais sauf là où il s’accumule, et là où il s’exprime en activité pour se renouveler, dans sa circulation élargie concrète où il retrouve un lieu, des lieux, l’entité, les entités de production.

 

La suraccumulation est un phénomène périodique où le capital entre en crise parce qu’une partie du capital accumulé ne trouve plus à s’investir, du fait que l’accumulation est toujours en contradiction avec le développement des besoins humains, en lien avec l’ensemble du développement humain, de la société, capital compris : il y a contradiction entre accumulation du capital et développement et satisfaction des besoins humains.

 

Ces crises périodiques se caractérisent par le fait qu’une partie du capital accumulé ne trouve plus à s’investir et aussi par une crise conjointe, dans un  mouvement unique de ses éléments, de la production et de la consommation, avec les souffrances correspondantes pour les populations. La crise périodique trouve issue dans la dévalorisation du capital qui permet de redémarrer une période d’accumulation jusqu’à la prochaine crise.

 

On peut aussi ajouter que les crises de suraccumulation-dévalorisation du capital mettent aussi en évidence la question de la crise permanente de croissance de la qualité  de la production et de la consommation, donc de la qualité de la vie, des rapports entre humains et des rapports des humains avec la nature.

 

La concurrence dépassée c’est la concurrence de monopole où leur puissance impose leurs propres conditions sur le marché, la « péréquation mondiale » en mouvement d’intérêt du moment du profit et de son drainage mondial dans leur usage de l’achat-vente de la force de travail et des services entretenant la force de travail, alliant la numérisation de l’informationnalisation mondiale et la base de l’exploitation de la main d’œuvre de base à bon marché de la production « de base » demandant moins de qualification.

 

Ainsi s’accroit la contradiction par la concurrence non libre et faussée, vestige et développement de la concurrence originelle qui libre n’aurait plus de sens pour le capital et le profit, au niveau atteint par le processus du capital, entre humains producteurs dans la vente-achat de la force de travail et des conditions particulières locales et générale de cette vente-achat, contradiction mise à profit par les acheteurs de la force de travail. Ainsi, plus le besoin de socialisation de la production s’accroit et se réalise, plus les tensions entre humains producteurs s’aiguisent.

 

L’introduction et la sophistication des machines de plus en plus couteuses accroissent le coût des marchandises. Cela entraine une baisse tendancielle du taux de profit sur un produit mis sur le marché et une contradiction entre la recherche-développement-modernisation et la recherche du taux de profit dans la modernisation, limité caractéristique du capitalisme et de ses lois qu’il faut dépasser pour poursuivre un développement humain.

 

Cette baisse tendancielle est « contrebalancée » par l’augmentation de la quantité du produit. Moins cher par unité, il donne plus de profit global par la multiplication du produit. La contradiction semble ainsi résolue, d’autant que le besoin accru pour le capital de la part non payé au producteur, la plus value absolue qui exige augmentation du temps de travail, ce besoin d’accroissement de la plus-value peut être résolu sans augmentation du temps de travail, mais par l’augmentation de la productivité, c’est la plus value relative.

 

Ce fut le cas des 30 glorieuses. Mais la résolution de cette contradiction trouve les limites dans l’explosion exponentielle de la production due à la révolution scientifique et technique, la mondialisation et l’informationnalisation numérique qui dans un premier temps réduit les coût, mais ne résolvent pas la croissance des besoins matériels et moraux en quantité et surtout en qualité (ça va ensemble), qui découlent des progrès eux même de la production, des progrès des capacités exponentielles du capital et ces limites par rapport à ces besoins. Il ne peut y avoir dépassement des limites sans dépassement de la suraccumulation dans un système où progresse sans crise catastrophique, non linéaire, non sans déséquilibre, mais dans un déséquilibre suffisant au mouvement sans déséquilibre catastrophique entre le développement du produit et développement des besoins. La continuité contient des sauts mais les sauts ne peuvent nier la continuité sans devenir mortels

 

L’informationnalisation existe depuis longtemps. Elle a été un élément d’accélération de la production et des échanges. On peut dire qu’elle a « débuté » avec les scribes, les moines copistes, l’imprimerie etc. Mais la mise en réseau mondial, c'est-à-dire l’informationnalisation numérisée mondialement, la numérisation du marché mondial et de toutes les activités qui y entrent, constitue des conditions exponentielles de son accroissement qui entrent doublement en contradiction avec la contradiction primitive du capital, son accumulation qui entre en suraccumulation durable et systémique, double contradiction entre besoins humains et besoins d’accumulation de capital.

 

Par ailleurs, la croissance de la masse parasite du capital spéculatif, de l'usage de la productivité spéculative du capital, sans production de biens, mais grâce à la production de biens dont elle use des profits, est permise par la croissance de la masse de surproduit liée à l'explosion de la production grâce à cette révolution scientifique et technique.

 

Cette eau que constitue notre société et s’est échauffée progressivement en accroissant ses moyens de vie, sa production, entre en ébullition  avec la mondialisation numérique de la production qui n’est qu’à son enfance mais ne peut grandir se détruire si elle ne résout pas les contradictions de base des échanges nécessaires à la vie humaine et qui sont dominés par le principe déjà cité de l’échange A-M-A’ et son principe d’accumulation- suraccumulation-dévalorisation systémique et durable de l’outil d’échange : l’argent en tant que capital.

 

L’ensemble de ces éléments correspondant aux développement des lois-tendance du « fonctionnement » du capital monopoliste, de la financiarisation des activités industrielles et d’échange dans un système financier du local au mondial en passant par les nations, les continents et les grandes zones de développement mondial, la mondialisation des échanges des marchandises et de toutes les activités les permettant, la numérisation de la production, de la gestion et des commandements de classe (politique, administrative, militaire…) constituent le C.M.M.N.I., le Capitalisme Monopoliste Mondialisé Numériquement Informationnalisé.

 

Même les « miraculeux » algorithmes avec lesquels le capital monopoliste mondial, ses gestionnaires et ses détenteurs, ses institutions politiques et militaires croient pouvoir dominer le marché et le mode de vie humains, montrent leurs limites dans la crise, y compris dans leur des types de « domination électorale », car les algorithmes ne sont qu’un outil et dépendent de l’usage qu’en font les humains et des conditions dans lesquelles les humains les utilisent. Les limites que la crise impose à l’activité humaine s’appliquent aussi à leur usage.

 

Certes, l’enfumage des personnes et des peuples reste efficace pour le profit capitaliste, mais cette efficacité se retourne contre lui-même et menace d’effondrement l’ensemble social si les remèdes, le remède qu’est la transformation du système social dans un nouveau mode de production et d’échange, le communisme en passant plus ou moins rapidement par le socialisme et par un processus d’initiation à la sortie progressive de l’échange A-M-A’ :

 

-la lutte des peuples du monde, leurs convergences et leur alliance pratique, et pour nous en France en Europe et dans le monde, une révolution pour transformer progressivement et radicalement le système financier local, national, européen et mondial, le système monétaire et institutionnel (BCE, FED, FMI, ONU, G7, G20....), 

-la création monétaire, l’usage du crédit, et créer un système de sécurité de l’emploi et de la formation, prélude à un mode de production échappant progressivement  au type d’échange Argent-Marchandise-plus d’Argent (A-M-A’), source de la crise de suraccumulation du capital, et de ses « remèdes » consistant au développement de l’austérité, des conflits armés, de l’appauvrissement progressif et général et de plus en plus rapide de la société humaine, malgré les immenses moyens scientifiques et techniques qu’elle a développés et qui pourraient être utilisés en santé pour répondre aux besoins humains.

 

Les capacités de Marx et des marxistes non dogmatiques à lier anthropologie, philosophie, économie, de construire un système de concepts et de synthèse en mouvement des connaissances humaines a permis à l’humanité dont ils sont une expression essentielle, d’entrer dans la possibilité d’une « phase » nouvelle de développement et de constituer une force commune dans l’univers, à la fois multiple, diverse, et unie, développant de fait la conscience de la nature sur elle-même et un type nouveau d’existence en mouvement capable d’agir sur sa santé et de l’assurer dans ses fluctuation.

 

Cependant, l’économie du communisme est celle où la personne et l’humanité entrent en cohérence parce que les conditions de l’activité, non seulement demandent la libération des contraintes sociales dominantes qui pèsent sur le producteur par l’aliénation de l’usage et de la propriété de son produit et des gestes de production du produit, pour se transformer en usage libre global de tous les produits de la société en passant par l’usage libre des gestes de production de ces produits. En cela réside l’ascèse de ce que l’on a nommé l’Ergologie (1) et qu’une fois pour toute on ne peut considérée séparée, dichotomisée de l’observation et la réflexion sur les conditions de production.

 

Cette « spiritualité » qui consiste en une sublimation mentale donc bien matérielle évidemment de l’activité humaine, dépasse de loin la spiritualisé religieuse qui en séparant corps et esprit reflète la hiérarchie de classe de notre société et handicape le développement du corps-soi, de l’être social qui seul a les moyens d’atteindre cette spiritualité par son existence, c'est-à-dire cette conscience individuelle et collective de la nature sur elle-même pour atteindre un degré supérieur de développement dans la spirale que constitue le développement de la pensée dans le développement de la nature.

 

La dichotomie corps-esprit, domination de classe trouve son expression dans le rejet des plaisirs, qui n’ont objectivement et subjectivement qu’un siège, le corps, et sont l’expression des besoins, de leur développement, de leur complexification, de la complexification de la vie, tout en réservant les plaisirs aux classes dominantes. Les protestantismes de tous ordres, à travers les millénaires de la société marchande de classe tendent à dépasser ces interdits, mais veulent nier ces interdits en les généralisant à toutes les classes, et ainsi les perpétuent, en même temps que les privilèges, paradoxalement. Malheureusement avant d’être des créateurs libérés, nous passons par des protestantismes. Mais chaque chose en son temps, de la jeunesse à la mort pour l’individuel comme pour le collectif.

 

La libération de la personne est indissoluble de la libération économique et la libération économique est indissoluble de la liberté de l’acte producteur et le tout de l’unité de la personne, de la société et de la nature, dans la diversité et la multiplicité créatrice.

 

Pierre Assante, 13 décembre 2016

 

 

 

(1) Cet article a été reproduit dans un recueil intitulé "La pensée Marx :

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

 

 

 

 

 

(2)  Yves Schwartz, auteur de nombreux ouvrages, est le fondateur des concepts ergologiques, et du département d'ergologie de l'Université de Provence.

Un extrait de "Travail et usage de soi" :

https://allsh.univ-amu.fr/sites/allsh.univ-amu.fr/files/005-travail_soi-screen.pdf

 

 

 

P.S. « Qu’es aquò ? », veut dire, en langue d’Òc : qu’est-ce que c’est que cela ?

 

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