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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 11:57

Clientélismes urbains

Gouvernement et hégémonie politique à Marseille

Cesare Mattina, Presses de Sciences Po.

 

"....Il nous parait important de préciser dans quel sens nous utilisons ce concept, à l'origine gramscien, d'hégémonie politique. L'hégémonie est pour Antonio Gramsci toute forme d'action politique entreprise  par une classe  ou un groupe vis-à-vis d'un autre au cours de l'histoire, ne pouvant pas uniquement reposer sur la coercition, mais comportant un pouvoir d'attraction. Selon Gramsci, le terrain privilégier de construction de l'hégémonie est l'idéologie qui doit se fonder sur la capacité à conquérir sur l'adhésion à un projet politique et culturel et à faire converger des classes intellectuelles fondamentales pour convaincre le plus grand nombre de groupes sociaux. Au sein de la réflexion longue et complexe sur le rôle des intellectuels dans la société italienne (et en particulier dans le Mezzogiorno), Gramsci remarque que l'hégémonie d'un groupe social s'exerce dans la société civile au sein d'organisations privées telles que l'Eglise, les syndicats, les partis, les écoles et d'autres lieux de direction culturelle. A la différence de l'idée évidemment prescriptive de Gramsci, liée à la nécessité pour son parti communiste de construire une alliance des groupes et des classes sociales formant "le bloc historique" pour la conquête révolutionnaire des institutions, notre analyse s'inscrit d'abord dans un but de connaissance scientifique du réel. En nous inspirant de la réflexion gramscienne, nous nous inscrivons dans une analyse des interrelations entre la société urbaine (formée de groupes et de classes sociales) d'une part, et d'autre part les pouvoirs institutionnels (municipaux en particulier) dépositaires des ressources matérielles et symboliques de distribution contribuant à ces prestiges sociaux..."

Cesare Mattina, Clientélismes urbains, page15.

 

Attribuer un emploi public, un logement social, un permis de construire, des places en crèche ou un simple titre honorifique est une prérogative des collectivités locales. Loin d'être anodines, ces redistributions de biens publics, matériels ou symboliques, à des individus, des familles, des groupes religieux, des personnalités sont une des modalités du gouvernement de la ville.

À partir de l'exemple de Marseille, Cesare Mattina montre comment, dans une ville souvent qualifiée de corrompue, le clientélisme urbain a essentiellement profité aux classes moyennes et petites/moyennes en ascension sociale. Depuis les années Defferre, il a permis aux mêmes groupes sociaux et professionnels, choisis, voire construits — employés des collectivités locales, élites associatives communautaires et de quartier, notables des professions libérales, etc. —, de constituer un « bloc social historique », pour reprendre les termes d’Antonio Gramsci.

Croisant dossiers d’archives inédites, entretiens, observation ethnographique, articles de presse et données statistiques, cet ouvrage propose, au-delà du folklore de la « marseillologie », une vision à la fois précise et distanciée d’une des manières de gouverner une ville.

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