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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 07:57

BEETHOVEN

 

Sa musique, comme personne avant lui il me semble, est un discours essentiel, un dialogue avec lui-même et les autres, constitué phrase musicale après phrase musicale, repris et répété, modulé, varié, approfondi.

 

Une suite d’impressions, comme chez Debussy, (en caricaturant son style musical) peut-il constituer un discours ? Sans doute aussi.

 

Mais le discours esthétique libre (non esthétisant qui est une rigidification de l'esthétique) répond à un besoin social dans un moment particulier de la société, un besoin non mécanique évidemment, dans une unité énigmatique, psychique, des perceptions, des systèmes de concepts mouvants, des intuitions, dans l'immensité diverse des rapports sociaux et leurs résultantes.

 

On connaît le moment de la société de Beethoven, ses sentiments pour la révolution française, sa volonté d'intellectuel indépendant du pouvoir, la colère et la tendresse qui l'animent.

 

La reprise du discours beethovenien par la puissance et la douceur de Schubert et ses variations existentielles poursuivies me bouleverse, et par l’angoisse de Schuman me terrorise solidairement.

 

L’enthousiasme douloureux et irrité de Ravel et plus encore de Chostakovitch nous parle d’une transition bouleversée et convulsive.

 

Il y a encore à dire sans fin avec la musique et les musiciens, la peinture, la sculpture, la photo, le cinéma, la poésie, la littérature, la chanson... tout mouvement d’expression en reflet d’où naissent des concepts actifs dans les systèmes de concepts plus généraux…et leurs moments passés, présents et futurs.

J'avais envie, dans ce moment, de dire cela.....

 

Limiter la culture à la création artistique c'est déraciner la plante de son sol nourricier, la satisfaction des besoins humains simples et complexes, en complexification permanente, et l'activité qui le permet, le travail simple et complexe, en complexification permanente.

 

Séparer le travail de la création artistique, c'est l'autre bout de la même dichotomie. Le taylorisme, "style de travail" usant d'une prescription élaborée en dehors de la communauté de l'homme producteur, par la "communauté" des prescripteurs du profit capitaliste,  est caractéristique de cette dichotomie et de l'appauvrissement de l'activité humaine dans la recherche du profit immédiat, de l'accumulation du capital par ses possesseurs.

 

Dans un monde où domine l'idéologie de l'échange Argent-Marchandise-Argent plus pour lui-même, coupé des besoins et de leurs développements, la création artistique ne peut que souffrir d'un appauvrissement relatif ou absolu conjoint à celui de la création au travail, à l'activité générale, que ce soit par conservatisme et refus du nouveau où par du nouveau déraciné, ce qui est la même chose : deux formes de conservatisme.

 

Pierrot, 23 février 2017

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