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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 22:40

Publié une première fois sur ce blog le 2 avril 2017

Complexification simplificatrice

 

La croissance est constituée par une création-accumulation d’éléments mais aussi par une réorganisation permanente, en continuité et en sauts de ces éléments.

L’introduction d’éléments nouveaux dans l’entité en croissance entraine sans cesse cette ré-organisation.

Il s’agit de réorganisations sectorielles à l’interieur de l’ensemble et de réorganisation globale de l’entité.

Ce mouvement est permanent, mais connaît des ralentissements apparents pour un observateur potentiel et réels où l’accumulation quantitative prend une proportion relativement plus grande par rapport à la transformation qualitative, et des accélérations apparentes et réelles lorsque cette accumulation quantitative impose une réorganisation qualitative globale et qu’elle y réussit.

 

L’accumulation d’éléments entraine une complexification permanente des éléments de l’entité et une complexification globale de l’entité. Cette complexification elle aussi est quantitative et le phénomène d’accumulation de complexité entraine des transformations qualitatives partielles et globales de la complexité, et une réorganisation partielle et globale de la complexité.

 

On peut comparer cette transformation qualitative à une condensation des éléments et du mouvement des rapports entre eux à une « condensation » de groupes d’éléments et une « condensation » des groupes d’éléments globalisée. Cette condensation « réduit le volume » de l’entité tout en augmentant sa puissance.

Ainsi cette « réduction de volume » est une augmentation de la croissance de l’entité et de sa présence et son influence sur l’ensemble des entités constituant la nature.

 

Ce qui est le mieux connu en tant que capacité de croissance est celle du cerveau, de sa croissance de l’enfant à l’adulte et de la croissance de son accumulation d’éléments d’organisation de la pensée, de regroupement d’éléments de la pensée, quantitativement et qualitativement, mouvement qui peut se poursuivre malgré le vieillissement et ce que le vieillissement détruit d’éléments et à l’intérieur d’éléments « plus globaux » et de la globalité. La métaphore de la croissance du cerveau peut être « calquée » sur celle de l’humanité en tant qu’espèce et en tant que conscience individuelle et collective.

 

La métaphore peut-elle aller jusqu’à la croissance en volume physique du cerveau de l’enfant à la croissance du cerveau de l’enfant et de l‘adulte en non plus seulement en volume mais en contenu ? Je crois que lui, mais cela ne suffit pas à décrire ni la croissance, ni la complexification, ni la « croissance-condensation-puissance » dont il est question ci-dessus.

 

Le schéma bien implanté dans notre tête parce que vécu chaque jour dans la pratique et la pensée de la société capitaliste qui est le notre est celui d’une croissance quantitative à perte de vue limitée seulement par des frontières physiques, tangibles propres au capital.

Le schéma est juste et faux.

Juste pour une part, celle des limites physiques du naturelles et du moment, individuelles et sociales en unité.

Faux d’autre part parce qu’il fixe ces limites du moment comme une situation éternelle et non dans le mouvement de la société et de la nature et dans ce cadre il n’admet qu’un type de développement, celui d’une croissance mécanique et quantitative du capital, de ses techniques, de son organisation de l’échange Argent-Marchandise-Argent plus, A-M-A’, et de son accumulation sensée résoudre les besoins humains possibles.

Ainsi l’idéologie du capital réduit l’horizon des besoins humains en fonction de ses propres besoins, en ignorant la transformation qualitative de la croissance qui est contenue dans le développement du capitalisme lui-même et dont le capitalisme fixe physiquement, idéologiquement et psychologiquement les limites dans son champ propre.

 

La guérison de la société malade de l’accumulation-suraccumulation-dévalorisation du capital et sa transformation en santé ne peut être automatique, pas plus que tout autre phénomène dans le processus historique. Les micros transformations aléatoires induisent des résultantes dont les possibilités sont infinies. C’est de la connaissance des causalités et de leurs effets présents que la conscience humaine peut tirer des interventions nécessaires et possibles pour un développement en sante de l’entité humaine. C’est le rôle de l’interprète conscient du processus inconscient qu’est un parti de transformation sociale en santé.

Ce qui veut dire qu’en aucun cas son rôle peut être l’arrêt de la croissance, mais sa transformation qualitative, la condensation des ses éléments, ses groupes d éléments, leur organisation, leurs mouvement, sa complexification-condensation, ses effets en santé ou pas sur la nature.

 

Le réseau mondial, le « big-data », mal nommé, est un exemple de croissance et de condensation qui « réduit le volume » de l’entité tout en augmentant sa puissance. Mais pour qu’il augmente sa puissance en santé il doit aussi se réorganiser globalement en fonction des besoins individuels et globaux de production « matérielle et morale » nécessaire à la vie et à la croissance qualitative de la vie humaine. Cette réorbanisation c’est celle du mode de production et d’échange, le dépassement de l’accumulation capitaliste et la mise en commun des efforts humains. Réorganisation non mythique et non mystique du « grand soir », mais de la micro activité humaine dans la macro activité humaine, de sa cohérence à partir de la personne jusqu’à la cohérence relative globale, ses maladies et ses guérisons, ses marges nécessaires, son infinie diversité, mouvement, transformation sur lesquelles la conscience peut agir en connaissance d’une anankè dont l’humain peut reculer les limites et l’horizon, technique, culturel, naturel.

 

Tout cela s’appelle les rapports sociaux en mouvement, en transformation quantitative et qualitative, qui sont l’essence de l’homme en tant qu’espèce pensante.

 

L’humanité en l’état actuel compose une vision de la réalité à partir d’observations partielles de cette réalité et de son mouvement. C’est comme si elle voyait chaque "morceau" de réalité à travers un tube qui n’en découpe qu’un tout petit cercle. Et la contradiction entre la vision naturelle et celle de l’idéologie du capital et de sa façon de saisir la réalité fait que c’est comme à travers un tube à chaque œil, les deux pointés vers deux points différents, qui nous font voir une réalité disjointe, divergente, sans la conscience de cette divergence et de l’effet de cette inconscience sur la conscience, en effet miroir.

Il s’agit de faire converger les deux tubes vers un même point puis balayer d’une façon convergente, cohérente, coordonnée, la réalité pour procéder à une croissance qualitative de la vision.

 

Le hasard a donné à quelques privilégiés du savoir et des conditions sociaux du savoir dans le mouvement de la connaissance cette capacité relative de convergence de la vision. La Renaissance du XVème siècle a été un moment d’accélération des convergences.

Nous entons peut-être dans une nouvelle période de convergence, ouverte par un usage en santé élargi à toute la société, de la nouvelle révolution scientifique et technique du XXIème siècle

 

Pierrot, 2 avril 2017

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