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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 07:35

La chronique éco de Pierre Ivorra.

Dans le débat politique actuel, il est urgent de donner un visage à la finance.

 

Dans le débat politique actuel, il est urgent de donner un visage à la finance. Marine Le Pen évoque volontiers le «mondialisme», les «mondialistes», hydres sans nom, d’autant plus faciles à stipendier qu’elles restent dans l’ombre. D’autres responsables politiques évoquent parfois «la finance», mais sans jamais lui donner corps, à défaut d’âme. Nous, ici, nous avons plutôt l’habitude de la nommer clairement. Car elle porte un nom, plusieurs noms même, en fonction des pays, des continents. En France, c’est notamment le CAC 40 !

Sait-on, par exemple, que le fonds d’investissement états-unien BlackRock, qui revendique gérer 4600 milliards de dollars d’actifs à travers le monde (plus de sept fois le budget de l’État en France), est le premier actionnaire de Total, Air Liquide, Vinci, Unibail-Rodamco… ou que Colony Capital, son confrère, contrôle Carrefour aux côtés de Bernard Arnault; que les fonds de pension tels que Capital Group Companies, le Massachusetts Financial Services Company, les fonds souverains de certains États sont parmi les plus gros actionnaires des groupes du CAC 40? Par ailleurs, toutes les grandes entreprises françaises, au-delà même de celles du CAC 40, font dans la finance, disposent de salles de marché en propre, tentent de gérer au mieux leur trésorerie en achetant et vendant des titres financiers et monétaires sur les principaux marchés financiers du globe. Trois des plus puissantes banques françaises et européennes, BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, le numéro 2 européen de l’assurance Axa, soit quatre établissements qui comptent parmi les plus puissants intervenants sur les marchés financiers, sont membres de l’indice. Sans leur capacité à acheter, à prêter, sans les actifs considérables qu’ils gèrent, constitués de l’épargne des salariés, sans la puissance de création monétaire de l’ensemble du système bancaire, banques centrales comprises, la finance n’aurait pas planté son drapeau sur les cinq continents. Pourquoi tous ces groupes ne sont-ils jamais nommés ès qualités par la « nomenklatura » au pouvoir ou aux affaires, par les caciques de la droite, de l’extrême droite ou de la fausse gauche, par les têtes d’affiche des radios, des télés, des magazines ? On connaît les liens, on devine les compromissions et, surtout, le copinage idéologique.

La finance, dans sa réalité, avec tous les périls qu’elle fait courir aux Français, à l’humanité, et les moyens que l’on doit se donner pour la faire reculer, lui enlever du pouvoir, c’est le refoulé de la campagne. Ce qu’il faut dissimuler à tout prix. À nous de le faire remonter à la surface.

 

Pierre Ivorra, 5 avril 2017, l’Humanité.

 

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