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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 17:04

COMBATTRE ET DEPASSER LA DOMINATION DE CLASSE

Par Denis Durand, dans Cause Commune N°1 Septembre-Octobre 2017.

Mettre en œuvre un projet économique et politique, c’est à dire des procédures concrètement disponibles en les inscrivant dans une cohérence globale qui leur donne un sens politique.

La domination de classe trouve aujour­d’hui une de ses incarnations dans la figure du trader cynique et cupide, bien identifiée dans la culture populaire. On a pu aussi la reconnaître dans l’accession à la magistrature suprême, en France, d’un ancien banquier d’affaires dont le programme et l’action traduisent sans fard la doctrine et les intérêts du capital financier.

Une domination financière

Plus scientifiquement, on a pu montrer qu’une douzaine de grandes banques contrôlent les marchés financiers et, à travers eux, l’économie planétaire (François Morin, L’hydre mondiale, l’oligopole bancaire, Lux, Montréal, 2015).

Cette domination s’est faite brutale et visible lorsqu’elle a consisté, pour le Fond monétaire international (FMI), à imposer des « plans d’ajustement structurel » aux pays en développement ou à bafouer, avec la Banque centrale européenne (BCE), la volonté du peuple grec exprimée par voie de référendum. Elle se manifeste tout autant dans les critères d’austérité budgétaire en vigueur dans la zone euro. Et, de façon plus diffuse mais tout aussi politique, dans les normes de rentabilité qui s’imposent aux gestions d’entreprises, petites et grandes, et jusque dans la gestion des services publics. Sa force est précisément d’imprégner profondément la vie sociale en inspirant, à chaque instant, une multitude de décisions en fonction d’un critère fondamental : la rentabilité (profit rapporté au capital initialement avancé pour l’obtenir).

Il y a là une spécificité du capitalisme : les rapports de domination économique et d’exploitation y sont des rapports d’argent. La subordination des travailleurs salariés à leur employeur capitaliste, instaurée par un contrat de travail, a pour contrepartie le versement d’une somme en argent, le salaire. De la même façon, le capital n’existe que s’il peut prendre la forme d’une accumulation d’argent. Jouir de la propriété des moyens de production, c’est avoir la faculté de décider à quoi sera consacré l’argent apporté par les actionnaires, emprunté auprès des banques et des marchés financiers ou mis en réserve à partir de profits précédemment accumulés.

C’est ce qui explique pourquoi le développement du capitalisme a nécessité celui d’un système monétaire et financier, dont l’objet est de faire fonctionner comme capital la monnaie qui circule dans la société. Les marchés financiers le font en offrant à un capital précédemment accumulé la possibilité d’être placé en titres de propriété (actions ou autres parts de sociétés) ou en titres de créances (obligations mais aussi tous les types d’instruments conçus par la créativité sans limite des juristes d’affaires). Les banques font plus. Leurs opérations de crédit créent ex nihilo l’argent qui circule dans l’économie. Cet argent peut constituer l’avance des fonds nécessaires au lancement d’un processus de production. Il peut aussi servir à tout autre chose, par exemple à des placements financiers.

« Le capital n’existe que s’il peut prendre la forme d’une accumulation d’argent. »

C’est pourquoi les banques occupent une position stratégique dans le maintien de la domination du capital. Le « pouvoir de dire oui » à une demande de crédit, et surtout le pouvoir de décider à qui on dit oui et à qui on dit non, est un pouvoir politique.

Frapper les banques

Ce qui précède conduit à un choix tout aussi stratégique : si l’on veut mettre fin aux dominations de classe, s’attaquer au comportement des banques est un terrain de lutte crucial. Priver les marchés financiers de la liquidité apportée par les crédits bancaires, ce serait les asphyxier et les rendre inoffensifs. Bien plus, mobiliser la création monétaire des banques et des banques centrales pour favoriser les projets répondant à des critères précis en matière économique, sociale et environnementale, serait l’impulsion qui manque aujourd’hui au développement et à la sécurisation de l’emploi qualifié et à la création des richesses nécessaires pour répondre aux défis de la crise sociale, écologique, politique et morale......

..........Suite  de l'article : ici

http://www.causecommune-larevue.fr/combattre_et_depasser_la_domination_de_classe

 

CAUSE COMMUNE N°1 septembre-octobre 2017

http://www.causecommune-larevue.fr/?utm_campaign=20170928_cc2&utm_medium=email&utm_source=pcf

 

*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

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