Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 08:25

 

MARX. Le « retour » ? Vraiment ?

 Sur un "comprendre" lui-même  limité, stérilisé, aliéné.

 

Le marxisme est un mouvement de pensée qui allie dans une profonde unité organique la volonté de comprendre le monde et la volonté de le changer en santé.

Le terme en santé n’est pas dans le vocabulaire de Marx. Mais lorsqu’il décrit les conditions de travail des enfants, des lois juridiques qui le permettent, et des causes dans les lois économiques du système capitaliste qui l’exigent dans une période donnée, comme elle a exigé l’esclavage ou la spoliation des terres dans l’accumulation primitive du capital, il le fait pour créer les conditions d’un changement de cette réalité, un changement en progrès de l’humanité, en santé.

Il n’y a pas de marxisme, au sens du mouvement auquel participait Marx, et dont il était un des initiateurs dans la montée de ces idées et dans la réalité du mouvement de la société, sans unité organique de comprendre pour changer.

C’est à cette aune qu’il faut juger les « retours » individuels d’interprètes conscients du processus inconscient de la société, de Marx et du marxisme. Sans la volonté de constituer une force sociale capable de procéder progressivement et radicalement à ce changement, le dépassement du mode d’échange argent-marchandise-argent plus, la suraccumulation de capital et sa crise qu’il produit, il n’y a pas d’alliance du comprendre et du changer ce qui veut dire que le comprendre lui-même est limité, stérilisé, aliéné.

Ce rassemblement ça s’appelle un parti, un parti destiné non à lui-même mais à contribuer au changement et l’action démocratique de tout un peuple pour le changement, à partir de la force première de ce changement, ceux qui produisent sous le joug de la vente-achat de la force de travail.

Ce parti existe. Encore faut-il qu’il soit imprégné de marxisme, c'est-à-dire de cette volonté organique de comprendre et de changer.

Le retour de Marx est l’effet de la crise généralisée, mondialisé, du capital globalement financiarisé. Mais ce retour est limité sans l’adhésion, au sens propre et premier d’adhérer, pas seulement l’idée d’avoir une carte, à un parti possédant ces caractéristiques de comprendre pour changer.

Il existe un comportement esthétisant se référant subjectivement au marxisme, mais à un marxisme individuel, ce qui est une contradiction aliénante pour l’individu et ses capacités d’agir. Il n’y a pas de progrès social sans progrès de l’esthétique et de l’éthique qui font parti d’un processus en santé de l’homme dans son espèce, de l’humanité et sa relation avec elle-même et la nature.

Une position esthétisante n’est ni esthétique ni éthique. Le marxisme ne constitue pas une référence à des citations. Il possède une base fondamentalement qui a été développée et qui est à développer, indéfiniment, mais sans que ce développement se transforme en attente indéfinie de l’action de comprendre et de changer en santé, avec un parti et dans la société.

Tourner autour de cette base comme tourner autour du pot pour ne pas y tomber, c’est cela l’esthétisation marxiste qui se développe  et est soutenue par les forces du capital pour empêcher ou retarder un marxisme transformateur en santé.

C’est entre autre mais surtout, à l’aune du temps de parole accordé par les médias dominants que l’on peut juger de la santé d’une proposition sociale ou de sa nuisance.

Encourager les tendances au retour du marxisme, ce n’est pas caresser dans sens du poil les efforts honnêtes d’un retour encore timide et aliéné, c’est permettre de le dépasser dans une organisation politique de la transformation sociale, économique en dernière instance.

Non que l’économie doive être séparée de l’ensemble des activités multiples et diverses et nécessaires de la personne humaine et de la société, mais parce que créer les conditions en santé de la production des biens, nécessaires à la vie humaine est incontournable pour ces activités.

Si Marx est passé de la philosophie atomiste à la défense du peuple qui volait du bois pour survivre, à l’anthropologie progressiste des manuscrits de 1844, puis à l’organisation du parti en 1848 (Le Manifeste du Parti Communiste) pour aboutir à la rédaction puis publication de « Das Kapital » en 1867 (« Le Capital » en français) qui consiste à faire progresser la connaissance de la réalité pour la changer en santé, tout cela n’est pas un hasard, ni pour lui, ni pour nous.

C’est ce que doivent se dire, je crois, personnes et partis se réclamant d’une transformation en santé, qui passe, transitoirement par celle du système financier, du crédit, du système bancaire du local au mondial et passant par l’Europe, la création monétaire, le tout ayant pour base la sécurité d’emploi et de formation permettant la reproduction de la vie humaine, en santé.

Pardon pour cette « plaidoirie » de la part d’un militant qui ne peut plus « être » sur le pont comme il le fut. Que cette plaidoirie devienne, en héritage celle de la jeunesse, c’est le but recherché.

Pierre Assante, samedi 7 octobre 2017

 

*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

*Site de la Revue Economie et Politique : http://www.economie-politique.org/

*Tous les articles du blog (par séries de 25). Cliquer sur le nombre de la série choisie : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20304050607080> >>

* 31 articles anciens sélectionnés, en cliquant ici

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre Assante
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
  • Contact

pierre.assante.over-blog.com

Recherche