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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 08:33

 

Pierre IVORRA.

Ma chronique dans "L'Humanité "

du mercredi 12 juin 2019 :

Alstom dans le piège américain

 

 

Alors que le géant américain General Electric (GE) vient d’annoncer la suppression de 1 000 emplois chez Alstom, essentiellement à Belfort, dans un ouvrage paru en début d’année chez JC Lattès et intitulé « Le piège américain », un ancien très haut cadre d’Alstom, Frédéric Pierucci, révèle les méthodes utilisées par l’administration étatsunienne pour faire chanter la direction du groupe français et la forcer en 2014 à accepter la mainmise de la multinationale d’outre-Atlantique sur le fleuron français de l’énergie. 
Depuis des lustres, pour remporter des marchés à travers le monde, Alstom, comme la plupart des multinationales, a versé des pots de vin à des intermédiaires, affairistes, dirigeants politiques ou de sociétés. Une pratique scandaleuse qui s’est développée au gré de la mondialisation et de la financiarisation des marchés. Les autorités américaines ont vu tout le parti qu’elles pouvaient tirer de ces combines, d’autant qu’elles ont adopté tout un arsenal juridique qui leur permet d’inculper n’importe qui presque n’importe où dans le monde, qu’il soit un particulier ou une entreprise, dès lors qu’il fait barrage ou gêne les intérêts de leurs multinationales. On le constate actuellement dans leur bras de fer avec l’Iran.
Elles ont donc jeté en prison des cadres d’Alstom, notamment Frédéric Pierucci, qui lui, a été incarcéré plus de deux ans dont 14 mois dans une prison de haute sécurité, les accusant de corruption, afin de faire comprendre aux dirigeants à la tête du groupe français ce qui pouvait les attendre s’ils ne capitulaient pas et ne déroulaient pas le tapis rouge à GE. Le pôle énergie d’Alstom disposait d’une place de choix parmi les multinationales du secteur. Le groupe est omniprésent dans le nucléaire français et a une grande maîtrise technologique que GE s’est dépêché de prendre à son compte.
L’actuel chef de l’Etat a une responsabilité particulière en cette affaire. En 2015, alors qu’il était ministre de l’économie, Emmanuel Macron s’est déplacé à Belfort afin de rassurer les salariés, déclarant : « Belfort a un avenir industriel. Cet avenir industriel fait partie des engagements pris de part et d’autre, et ces engagements sont suivis par le gouvernement ». Les engagements de GE étaient de deux sortes, le groupe assurait d’une part créer 1 000 emplois supplémentaires en France et d’autre part, qu’il paierait l’amende infligée par la justice de son pays à Alstom. Ni l’un ni l’autre n’ont été tenus. Les promesses, dit-on, n’engagent que ceux qui les croient, c’est aussi cela qu’il faut changer dans la vie politique et sociale française.

 

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L’HUMANITÉ ENTRE DANS SON ADOLESCENCE 

RECUEIL JANVIER.FEVRIER.MARS.AVRIL. REMANIÉ AU FUR ET A MESURE DE SON ELABORATION.

SUR CE LIEN : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/03/l-humanite-entre-elle-dans-son-adolescence-recueil-janvier-fevrier-mars-2019-remanie.html

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