Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 09:45

LEÇONS DE CONFINEMENT N°1 : SUR LA DIVISION DU TRAVAIL.

Comment les économistes bourgeois ont commencé à étudier la réalité du capitalisme au XIXème siècle. Adam SMITH.

 

Dans les manuscrits de 1844, Karl Marx commence à s’atteler à la critique de l’économie politique. Il l’approfondira dans « Le Capital ». Les Grundrisse (1857-1858) contiennent un énorme travail de préparation à la rédaction du « Capital ». Mais voyons ce qu’il retient en 1844 avant cette critique approfondie de l'économie politique bourgeoise.

Les économistes bourgeois du Royaume Uni, le plus avancé sur le plan du développement économique, ont commencé au XIXème siècle à étudier la société capitaliste, de leur point de vue de classe. Mais ce point de vue est un premier pas vers une compréhension de la réalité de la société bourgeoise, capitaliste, au moment de ses premiers et grands développements. Les économistes communistes du XXème et XXIème siècle ont poursuivi le travail de Marx, avec l’étude du capitalisme monopoliste mondialisé, globalement financiarisé, numériquement informationnalisé, au-delà des limites que recelaient le XIXème siècle. Le blogueur, 24.03.2020.

Citation d’Adam Smith par Marx :

La société - telle qu'elle apparaît à l'économiste - est la société bourgeoise dans laquelle chaque individu est un ensemble de besoins et n'est là que pour l'autre, comme l'autre [XXXV] n'est là que pour lui dans la mesure où ils deviennent l'un pour l'autre un moyen. L'écono­miste - aussi bien que la politique dans ses droits de l'homme - réduit tout à l'homme, c'est-à-dire à l'individu qu'il dépouille de toute détermination pour le retenir comme capi­ta­liste ou comme ouvrier.

La division du travail est l'expression économique du caractère social du travail dans le cadre de l'aliénation. Ou bien, comme le travail n'est qu'une expression de l'activité de l'homme dans le cadre de l'aliénation, l'expression de la manifestation de la vie comme aliénation de la vie, la division du travail n'est elle-même pas autre chose que le fait de poser, d'une manière devenue étrangère, aliénée, l'activité humaine comme une activité générique réelle, ou comme l'activité de l'homme en tant qu'être générique.

Sur l'essence de la division du travail - qui devait naturellement être conçue comme un facteur essentiel de la production de la richesse dès l'instant où le travail était reconnu comme l'essence de la propriété privée - c'est-à-dire sur cette forme devenue étrangère et aliénée de l'activité humaine en tant qu'activité générique, les économistes sont très obscurs et se contredisent.

Adam Smith :

Cette division du travail, [de laquelle découlent tant d'avantages,] ne doit pas être regar­dée, dans son origine, comme l'effet d'une sagesse humaine... elle est la consé­quen­ce nécessaire, quoique lente et graduelle, de... ce penchant à trafiquer, à faire des trocs et des échanges d'une chose pour une autre. [Il n'est pas de mon sujet d'examiner si] ce pen­chant est [un de ces premiers principes de la nature humaine... ou bien,] comme il pa­raît plus probable, [s'il est] une conséquence nécessaire de l'usage du raisonnement et de la parole. Il est commun à tous les hommes, et on ne l'aperçoit dans aucune autre espè­ce d'animaux ... Dans presque toutes les autres espèces d'animaux, chaque individu, quand il est parvenu à sa pleine croissance, est tout à fait indépendant... [Mais] l'homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c'est en vain qu'il l'attendrait de leur seule bienveillance. Il sera bien plus sûr de son fait en s'adressant à leur intérêt personnel, et en leur persuadant qu'il y va de leur propre avantage de faire ce qu'il souhaite d'eux... Nous ne nous adressons pas à leur humanités, mais à leur égoïsme ; et ce n'est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c'est toujours de leur avantage. Comme c'est ainsi par traité, par troc et par achat que nous obtenons des autres la plupart de ces bons offices qui nous sont mutuel­le­­ment nécessaires, c'est cette même disposition à trafiquer   qui a, dans l'origine, don­né lieu à la division du travail  * . Par exemple, dans une tribu de chasseurs ou de bergers, un particulier fait des arcs et des flèches avec plus de célérité et d'adresse qu'un autre. Il troque souvent avec ses compagnons ces sortes d'ouvrages contre du bétail ou du gibier, et il s'aperçoit bientôt que par ce moyen il peut se procurer plus de bétail et de gibier que s'il se met­tait lui-même en campagne pour en avoir. Par calcul d'int­é­rêt donc, il fait sa principale affaire de fabriquer des arcs et des flèches... Dans la réalité, la différence des talents naturels  * entre les individus ... n'est pas tant la cause  * que l'effet  * de la division du travail... Sans la disposition des hommes à trafi­quer et à échanger, chacun aurait été obligé de se procurer à soi-même toutes les néces­si­tés et commodités de la vie. Chacun aurait eu la même tâche à remplir et le même ou­vra­ge à faire, et il n'y aurait pas eu lieu à cette grande différence d’occupations, qui seule peut donner naissance à une grande différence de talents. Comme c'est ce pen­chant à troquer qui donne lieu à cette diver­sité de talents, si remarquable entre hommes de dif­fé­rentes professions, c'est aussi ce même penchant qui rend cette diversité utile. Beau­coup de races d'animaux, qu'on recon­naît pour être de la même espèce, ont reçu de la natu­re des signes distinctifs, quant à leurs dispositions, beaucoup plus remarquables que ceux qu'on pourrait observer entre les hommes, antérieurement à l'effet des habi­tu­des et de l'éducation. Par nature, un philosophe n'est pas de moitié aussi différent d'un portefaix, en talent et en intelli­gence, qu'un mâtin l'est d'un lévrier, un lévrier d'un épagneul, et celui-ci d'un chien de berger. Toutefois, ces différentes races d'animaux, quoique de même espèce, ne sont presque d'aucune utilité les unes pour les autres. Le mâtin ne peut pas ajouter aux avantages [XXXVI] de sa force en s'aidant de la légèreté du lévrier... Les effets de ces différents talents ou degrés d'intelligence, faute d'une faculté ou d'un penchant au com­­mer­ce ou à l'échange, ne peuvent être mis en commun, et ne peuvent le moins du monde contribuer à l'avantage   ou à la commodité com­mune  * de l'espèce. Chaque animal est toujours obligé de s'entretenir et de se défendre lui-même à part et indépendam­ment des autres, et il ne peut retirer la moindre utilité de cette variété de talents que la nature a répartis entre ses pareils. Parmi les hommes, au con­traire, les talents les plus disparates sont utiles les uns aux autres, parce que les différents produits  * de chacune de leurs diverses sortes d'industrie respective, au moyen de ce penchant universel à troquer et à commercer se trouvent mis, pour ainsi dire, en une masse commune où chaque homme peut aller acheter, suivant ses besoins, une portion quelconque du produit de l'indus­trie des autres. Puisque c'est la faculté d'échanger  * qui donne lieu à la division du tra­vail, l'ac­crois­sement  * de cette division  * doit par conséquent toujours être limité par l'éten­due de la faculté d'échanger, ou, en d'autres termes, par l'étendue du marché. Si le marché est très petit, personne ne sera encouragé à s'adonner entièrement à une seule occupation, faute de pouvoir trouver à échanger tout ce surplus du produit de son travail qui excédera sa propre consommation, contre un pareil surplus du produit du travail d'autrui qu'il voudrait se procu­rer... ” . Dans l'état avancé : “ Ainsi chaque homme subsiste d'échanges ou devient une espè­ce de marchand et la société elle-même est proprement une société commerçante. (Cf. Destutt de Tracy : la société est... une série continuelle d'échanges, le commerce est toute la société). ... L'accumulation des capitaux augmente avec la division du travail et récipro­que­ment.

Voilà pour Adam Smith.

(Extrait des manuscrits de 1844 de Karl Marx).

 

Cliquer ci-dessus

LA PENSEE MARX. I. II. III. IV.V.VI. ECRITS 2016-2017.

 OUVRIR

 

ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/03/la-pensee-marx-i.ii.iii.iv.v.vi.ecrits-2016-2017.html

 

*Tous les articles du blog (par séries de 25) : 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 2030405060708090100> >>

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
  • Contact

pierre.assante.over-blog.com

Recherche