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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 09:24

 

LEÇONS DE CONFINEMENT N°4 :

C’est quoi la crise ?

 

Les économistes du XIXème siècle du Royaume Uni (Smith, Adam, etc.), alors le plus développé économiquement, ont été des précurseurs de l’analyse économique. En même temps ils ont justifié par leurs théories le type de développement du système capitaliste. Un thème central « justifiant » le système, est la théorie d’une régulation « naturelle » du système l’amenant à un équilibre rectifiant une accumulation du capital qui aurait mis en difficulté les conditions de son renouvellement et en même temps du renouvellement des biens et de la société et des hommes.

 

En 2008, la crise financière a fait apparaître aux yeux de tous l’accélération de la crise économique, de la crise systémique, celle du capital.

Les contradictions internes du système existent dès l’origine du système capitaliste. Les conditions de la mise en valeur du capital s’opposent aux besoins sociaux, à leur besoin développement, de complexification en quantité-qualité.

Une des contradictions est celle entre la valeur de la production mise à la disposition de la force de travail et la course à l’accumulation par le taux de profit. C’est la théorie marxiste de la plus-value qui le démontre. L’autre contradiction fondamentale, mais elles sont non seulement liées l’une à l’autre, mais sont de fait un même mouvement, c’est l’accumulation par elle-même qui crée plus de capital accumulé qu’il ne peut en user. Non qu’il y ait trop de richesse produite, mais parce que la création des richesses est soumise, dans le système, à une accumulation sur la base du taux de profit au détriment des besoins sociaux. Cette suraccumulation entraîne le blocage que connait aujourd’hui le capitalisme mondialisé, financiarisé, numérisé. La suraccumulation conduisant à l’incapacité progressive d’investir à un taux de profit suffisant empêche le capital de se valoriser. Hors, le capital ne peut exister sans valorisation : c’est la crise généralisée de suraccumulation-dévalorisation qu’il tente de maîtriser en faisant feu de tout bois, c’est-à-dire en brûlant les réserves de la société et en créant l’incapacité pour elle de se développer et au-delà conduit à une réponse de plus en plus débile, faible, insuffisante aux besoins élémentaire. Il n’est plus question ni de progrès, ni de survie essentielle. La crise généralisée du capitalisme, longtemps évoquée par les communistes, rongeant les soubassements de la société dès l’origine, est aujourd’hui bien là, claire, forte et massivement destructrice. Il est donc plus que jamais temps d’y faire référence pour en proposer les remèdes, alors que la vieille habitude à cette référence répétée a eu tendance à minimiser le sujet, à l’atténuer au moment où il ressort avec le plus de force.

Certes cette contradiction n’a pas pris dans les esprits l’importance ni les effets qui se manifestent dans l’énormité de la crise actuelle, financière, économique et de production, dans la réalité. Car fondamentalement, essentiellement, la crise systémique est une crise de production des biens nécessaires à la vie humaine.

Les économistes du XIXème siècle du Royaume Uni (Smith, Adam, etc.), alors le plus développé économiquement, ont été des précurseurs de l’analyse économique. En même temps ils ont justifié par leurs théories le type de développement du système capitaliste.

Un thème central justifiant le système, est la théorie d’une régulation « naturelle » du système l’amenant à un équilibre rectifiant une accumulation du capital qui aurait mis en difficulté les conditions de son renouvellement et en même temps du renouvellement des biens et de la société et des hommes. Dans la période des 30 glorieuses, après les mesures sociales de l’après-guerre, et du rapport de force politique qui les ont permises et qui ont calmé un temps les contradictions du capital et la baisse tendancielle du taux de profit, cette théorie de la régulation naturelle et de l’équilibre acquis éternellement a refleuri. Elle est remise en cause aujourd’hui, y compris par les économistes orthodoxes de droite et de gauche. La crise montre à l’évidence que cet « équilibre », cette « régulation naturelle » n’est pas au rendez-vous, n’est plus au rendez-vous promis.

Mais est aussi remise en cause  une théorie limitant l’économie marxiste à la lutte pour une meilleure répartition de la valeur produite, pour une réduction de la plus-value, théorie que pouvaient partager dans un temps de marges utilisables, celui des « 30 glorieuses » par exemple, aussi bien communistes que sociaux-démocrates.

Il ne s’agit pas seulement d’une politique de répartition des richesses en limitant la plus-value, mais d’une transformation du système, radicale et progressive dépassant le phénomène de suraccumulation-dévalorisation qui bloque la société et les hommes. Dépasser la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital, c’est dépasser le système capitaliste, c’est une « abolition-dépassement » comme le terme "aufhebung" utilisé par Marx le signifie.

Au cœur d’un tel dépassement, d’un tel processus de dépassement, la prise de pouvoir sur l’argent passe par des mesures politiques s’attaquant à l’économie capitaliste pour une économie de satisfaction et de développement des besoins en quantité-qualité. La crise du système financier c’est la crise du capitalisme et la crise de production qu’elle induit. Les réformes radicales du système financier c’est le début du processus.

Et le fond du processus touche aux conditions de production elles-mêmes. Ce sont des humains qui produisent, avec leurs outils, leurs machines, avec leur « mécanique » et leur « informatique ». Deux conditions essentielles pour développer le processus :

-L’une touche au travail. Il faut assurer une cohérence entre les besoins de l’homme-producteur et le besoin de production, le processus producteur. Une loi affirmant les droits à la sécurité d’emploi et de formation. Elle a été imaginée à l’origine par Paul Boccara et déposée par les communistes à l’initiative du PCF et de Sa commission économique.

-L’autre touche aussi au travail, évidemment. C’est la substitution progressive et rapide à la fois du critère de gestion des entreprises et de la production basée sur le taux Profit sur Capital (P/C) par celui du rapport de la Valeur Ajoutée sur le Capital Matériel et Financier (VA/CMF). Il s’agit « tout simplement » de consacrer une plus grande part des richesses produites aux salaires, revenus, services, et au développement, qui au lieu de réduire l’efficacité et le développement du système productif, lèvera le frein que les critères actuels imposent aux besoins sociaux et à la recherche (R&D) dont ils dépendent. La litanie de ces dernières années sur la Recherche et Développement par les tenants du système actuel témoignent de leur difficulté à l’appliquer avec des critères de taux de profit.

Au-delà des réductions théoriques dogmatiques qu’a pu subir l’économie politique marxiste, il y a la nécessite du dépassement d’une analyse unilatérale des crises économiques, de courte, de longue durée et de durée sans issue autre que la sortie du système. Le débat entre économistes marxistes et hétérodoxes  du XXème siècle partait d’une vision unilatérale : soit une théorie de sous-consommation et de sur-épargne ou au contraire de sur-consommation et de sous-épargne, sans les lier, en fonction des observations limitées du moment, dans la durée du développement d’une crise économique passant par des phases différentes, et la réponse à donner dans le contexte et à long terme.

Il y a aussi le manque de lien à établir entre les secteurs de production, celui de la production des biens de production et celui de la production des biens de consommation dont « l’équilibre » exige leur lien, leur gestion commune en rapports dialectiques, en fonction du développement-complexification des besoins sociaux.

- Ajoutons une troisième réforme qui tient aux deux autres : celle d’une organisation du travail dépassant le taylorisme sur la base d’une analyse pluridisciplinaire des situations de travail liée à la réforme économique, conduisant à une cohérence entre la personne, son activité et les structures-superstructures en unité de l’organisation sociale, du système de production et d’échange. Les concepts et le système de concepts en mouvement que constitue d’ergologie n’est pas un gadget. Qui s’en est approché concluera à la pertinence des repères qu’ils fournissent pour développer la conscience de l’homme sur lui-même et de l’activité sociale de l’homme sur elle-même, conscience dont le développement économique ne peut se passer, pas plus que tout autre développement en rapports dialectiques, dans les quatre marchés : du travail, de la consommation, monétaire et mondial.

Pierre Assante. 28/03/2020 07:23:47.

 

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Le Recueil "20 thèses" :

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