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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 06:47

 

LE DÉficit MATÉRIEL PEUT-IL INDUIRE UN DÉFICIT DES rÉSERVES D’ALTERNATIVE ? (SUITE…)

 

Dans les réserves d’alternative à une crise, à une résolution de problème social, économique, culturel, de civilisation en général, il y a la possibilité que les réserves matérielles, concrètes, physiques, puissent pour se développer en santé, puiser dans ces réserves d’alternatives les forces nécessaires d’invention : de l’invention en tant que propriété humaine.

Quelle est la conséquence d’un déficit en réserves matérielles, comme celui des hôpitaux aujourd’hui, matériellement et financièrement  -c’est-à-dire concrètement la conséquence d’une non-prévision des besoins et de leur satisfaction-,  sur l’usage des réserves d’alternative et sur les capacités d’alternative elles-mêmes.

L’expérience dure et dramatique actuelle montre, dans les capacités de personnel à surmonter autonomement les obstacles immédiats  -lits de réanimation etc…-, que les réserves d’alternative existent et que la capacité d’invention aussi.

En est-il de même concernant un projet plus global, l’organisation de la santé en général par exemple ? Mais peut-on imaginer une organisation globale de la santé hors sol, c’est-à-dire hors organisation générale de la société ? Bien sûr que non…

Mais où en est, dans quel état se trouve la mise en œuvre du confinement matériel et moral des réserves d’alternatives, en pleine crise de montée des capacités productives et scientifique,  poussées et brimées à la fois par le mode de production financiarisé, mondialisé, digitalisé, où la censure s’exerce sur les capacités d’alternatives, les capacités d’invention de et par la recherche scientifique fondamentale et appliquée, et leur diffusion dans la vie quotidienne, en dernière instance.

Existe-t-il une censure moderne de recherche et de mise en œuvre des réserves d’alternatives, au-delà de la censure physique, par les fonctions aliénantes du système économique et social, accrue dans un état de crise de suraccumulation-dévalorisation du capital et d’une crise sanitaire qui peut y être liée dès l’origine, en tout ou en partie du moins, et qui l’accélère incroyablement ? Je le crois.

Dans un état de crise économique profonde qui s’est accélérée dans les années 1970, a explosé dans les années 2000, et s’apprêtait à surexploser, comme nous en avertissaient même les économistes orthodoxes ou les économistes « politiques » comme Trichet (lire son intervention de cet été dans Repubblica avant Jackson Hole), la crise sanitaire pose des problèmes nouveaux aux économistes de la transformation sociale d’avenir.

Non que leurs analyses essentielles soient modifiées sur le fond par la crise sanitaire, on peut même dire que la crise sanitaire les confirme. Mais la crise sanitaire a déchaîné des réactions nécessaires et contradictoires telle une nouvelle poussée de la création exponentielle de monnaie, la mise en sommeil des règles de la « constitution de l’UE », les critères de gestion de l’U.E. et donc des entreprises et des  Etats de l’U.E., et des Etats du monde qui est en crise globale et économique et sanitaire. En quelque sorte, les mesures contraintes prises par le capital seraient des prémisses d’un ordre nouveau en matière de financement si et si seulement tombaient les critères d’attribution de ces financement et de gestion P/C au profit de VA/CMF…

Pour résumer une idée des économistes communistes et sans la trahir, j’espère, c’est à l’intérieur du critère C/P que peut se développer le critère VA/CMF, le parcours de transformation ne pouvant partir que du point présent vers cet autre. Vers cet autre, c’est-à-dire à travers un chemin, une orientation dans parcours, des choix de bifurcation, de retour relatifs et d’avancées nouvelles, des sauts de qualité micros et macros.

C’est-à-dire que nous sommes à l’antichambre d’un possible renversement progressiste de l’usage monétaire et du droit du travail au moment où les deux sont menacés, parce que la contradiction entre la poursuite des critères de gestion anciens et de l’organisation du travail ancien aggravés peuvent être remis en cause et transformés si tant est que l’action humaine s’en mêle, c’est-à-dire d’action de ceux qui subissent dans leur chair c’est-à-dire leur  vie quotidienne, ces contradictions.

S’en mêler c’est faire appel aux réserves d’alternatives accumulées par les hommes et leur état "ici et maintenant", leur mouvement et processus possible,  pas seulement les réserves physiques qui en sont la base matérielle.

Ce qui veut dire que tous les concepts ergologiques (1) sont à revisiter dans cet ici et maintenant de crise économico-sanitaire dont le contenu sanitaire a induit une profondeur de besoins nouveaux et de difficultés nouvelle incommensurables, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas en prendre les mesures, tout en sachant l’énigmatique et les "valeurs sans dimension" qui ne nous sont pas tangibles, hormis le "principe espérance" dirait Ernst Bloch. Revisiter les concepts ergologiques, c’est faire l’expérience et la connaissance de ces concepts dans cette période de crise incommensurable, son contenu « inimaginable » et exceptionnel, fou et réel, de changement possible dont il offre les prémisses et la réaction à ces prémisses.

Dans cet intangible, il y a la mesure du déficit d’alternatives que seul l’expérience du futur, et des effets de nos efforts pour l’atteindre, l’approcher alors qu’il s’éloigne sans cesse vers de nouveaux rivages qui constituent notre être, notre conscience, la conscience de la nature sur elle-même que nous sommes et dont le processus est imprévisible, sinon qu’il peut élargir sans cesse aussi notre appropriation de notre univers.

Pierre Assante. 24/04/2020 07:13:34.

(1) Corps-soi. Forces d’appel et de rappel. Inconfort intellectuel. Normes et débats de normes. Dé-normalisation, re-normalisation. Double anticipation. Activité tripolaire, pôles de la gestion de la politeïa, du marché à dépasser. Usage de soi par soi et usage de soi par les autres. Le travail concret « dans » le travail abstrait. Taylorisme à double effet. Productif et improductif. Concepts d’horizon… etc. (lire Expérience et Connaissance du travail, Yves Schwartz, 1988, et « Le paradigme ergologique ou un métier de philosophe », entre autres…

 

 

VOIR AUSSI : IL N’Y AURA PAS .....

SUITE SUR CE LIEN : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/04/il-n-y-aura-pas.html

 

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