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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 14:51

« LES EXTRÊMES »

 

Les guerres, c’est ainsi,  ont toujours été des accélérateurs des révolutions techniques. Cela ne veut pas dire qu’il y ait besoin d’une guerre pour accélérer les projets sociaux. Cette « guerre » sanitaire va cependant accélérer la révolution numérique et son organisation capitaliste mondialisée. La concentration capitaliste et ses effets vont s'aggraver. À nous de lutter contre son usage mortifère et au contraire de cueillir ces nouveaux moyens pour les mettre au service de tous, d’une nouvelle civilisation pour tous dépassant la révolution bourgeoise épuisée.

« LES EXTRÊMES » : Voilà un mot destiné depuis longtemps à plomber les revendications et protestations populaires justes et  légitimes, en jetant la confusion et un trait d’égalité entre conservateurs, réactionnaires d’une part ET progressistes de l’autre.

Il est utilisé en ces jours de crise économico-sanitaire avec d’autant plus de force par le pouvoir et le « Medef Mondial » des firmes multinationales et des milieux et institutions financières en osmose, que cette crise peut avoir deux issues :

-Une régression en poursuivant sur la lancée du libéralisme économique, l’investissement en fonction du taux de profit et non des besoins sociaux, des personnes et de la société toute entière.

-Une mobilisation populaire, particulièrement des salariés pour Une Transformation Progressiste, un Critère d’Investissement consacrant plus de Valeur Ajoutée à l’investissement productif des biens matériels et moraux nécessaires à la vie humaine, un droit effectif à la Sécurité d’Emploi et de Formation, une Gestion Démocratique Régionale, nationale et européenne et pourquoi pas mondiale des Fonds créés par la BCE et le FMI, et par l’usage les nouvelles richesses créées par l’activité industrieuse et les Services Publics le tout en interaction.

Après les mesures d’urgence qui ont répondu en partie, mais en partie seulement, et pour répondre aux besoins du capital lui-même,  à un moment précis de la crise sanitaire, le Capital, et n’ayons plus peur de ce mot car il est une réalité et ne fait pas partie de la « langue de bois » comme on veut nous le faire croire, le capital, disons-nous voudra restaurer d’une façon globale, sa « profitabilité »,quel qu’en soit le prix pour ceux qui la permettent : les travailleurs, leur force de travail, leur initiative et leur formation, sa valeur marchande qui sera payée au rabais et dont la conséquence sera l’incapacité d’une reprise nécessaire et suffisante pour sortir de l’ornière et se développer de nouveau. C’est bien là le nœud du système : l’achat et la vente de la force de travail, sous toutes ses formes, anciennes et nouvelles qui touchent l’immense majorité des activités humaines.

La vente-achat de la force de travail, quoi de plus naturel me direz-vous, voilà des siècles que cela fonctionne ! Oui, mais ça ne fonctionne plus parce qu’il y a contradiction nouvelle, au-delà et encore de la lutte pour le salaire, il s'agit aujourd'hui d'une crise catastrophique du système : ces siècles ont accumulé du capital, ce capital s’est dévalorisé par suraccumulation, a dû recourir comme palliatif, c’est-à-dire provisoirement, à la financiarisation pour se valoriser. La vente-achat de la force de travail doit être transformée progressivement et radicalement !!!

La masse de capital matériel tant mobilier, fixe, les usines, les installations industrieuses que le capital financier, est telle que le rapport entre  l’investissement et le « rapport capitaliste»  décroît.  C’est la crise de baisse tendancielle du taux de profit que le système crée lui-même. Marx en a fait une hypothèse avancée, au XIXème siècle, les économistes communistes en ont fait la démonstration au XXIème en faisant le bilan à partir des données officielles menées sur l’activité de toutes les entreprises réunies. Il y a suraccumulation non pas parce qu’il se crée trop de richesses mais parce qu’elle n’est pas mise au service des besoins sociaux, à l’équilibre relatif en mouvement et en progression nécessaire à la vie de la société humaine ; dans la gestion rationnelle, sans cesse expérimentée, raisonnée et démocratique et assumée des activités de production des moyens de production et des moyens de consommation régulant épargne nouvelle et consommation nouvelle tout au long du processus productif.  La croissance maladive  exponentielle du capital financier pour tenter de rendre le capital plus productif, au sens du profit, fait partie de la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital.

1965, 1973, 2011, 2017...

C’est donc d’un autre critère dont nous avons besoin, qui ne mette pas la création de richesses au « seul » taux de profit, mais au renouvellement élargi de la société, aux réserves sanitaires par exemple et entre autre, mais aussi à la création énergétique dont la crise menace et à la formation des êtres humains sans laquelle une société ne peut ni produire ni se renouveler, ni sa conscience progresser.

Il y a une multitude d’exemples démontrant la profondeur de la crise, les menaces sur le "maintenant » et "l’après" covid19. Tout changer pour que rien ne change reste la doctrine des dominants très minoritaires qui gèrent le capital. Ce n’est pas nouveau, mais c’est un impératif redoublé pour eux en ces temps de catastrophe.

Changer peut faire peur, si le changement agresse des personnes et la société. Ce sera le cas dans les plans du pouvoir.

Changer peut être un espoir et il dépend d’une gestion nouvelle de la société qui fasse appel à la démocratie, à des conseils locaux et à la population, et à la coordination et la solidarité de ces conseils.

La reconstruction absolument nécessaire n’est pas celle d’une reconstruction d’après destructions de guerre comme en 1945, mais c’est bien d’une nouvelle reconstruction, démocratique, en santé, sur d’autres critères de gestion fondamentalement radicaux, progressif, expérimentés et affirmés dans le mouvement de la vie quotidienne et future.

Cette crise contient une réalité catastrophique

Pourtant la société contient des réserves d’alternative à mettre en œuvre. Dans le moment même.

Pour en revenir aux interactions catastrophiques su système, un exemple du jour :  dans la crise économico-sanitaire, le pétrole tombe à 19 $ le baril le 17.04.2020, à 11,51 $ le 20.04.2020 et les pays producteurs se trouvent en difficulté financière et les populations pour vivre. L’agence Internationale de l’Energie annonce le même jour une chute de 30% de la demande de pétrole mondiale. En même temps, le temps d’application de diminution de production pour relever le prix du baril menace d' une crise de stockage paralysante dans un premier temps. Paradoxe ou effet systémique ? Les interactions sont infinies dans une société. Les "petites" interactions montrent ce que peuvent devenir les grandes, positivement ou négativement. Ce n’est pas un petit problème économique, ce moment ponctuel  de production-approvisionnement pétrolier, mais en même temps une alerte paradoxale minuscule par rapport à une possible crise généralisée de l’énergie  et ses conséquences pires que celle du virus, à n’en pas douter. Car la question de la production suffisante de l'énergie est une question première pour le développement de la société y compris pour répondre à la crise écologique. C'est ça ou une destruction d'un part de l'humanité par pénurie ou par pollution et dérèglement climatique, aux deux extrémités du problème, ou les deux... Nous avons besoin de plus d'énergie et d'une énergie non carbonée.

J’en profite pour appeler au financement d’ITER, entre autre et au respect de son personnel d’exécution, de gestion et de recherche.

En même temps, les besoins actuels de transports ferroviaires de marchandises montrent dans la crise, les capacités de résilience qu’ils contiennent pour la société et la vie humaine.

L’usage du mot "extrême" par la réaction recèle sa volonté de faire perdurer les illusions sur la capacité du capital de poursuivre le développement de la société.

Les guerres, c’est ainsi,  ont toujours été des accélérateurs des révolutions techniques. Cela ne veut pas dire qu’il y ait besoin d’une guerre pour accélérer les projets sociaux. Cette « guerre » sanitaire va cependant accélérer la révolution numérique et son organisation mondialisée. À nous de cueillir ces nouveaux moyens pour les mettre au service de tous, d’une nouvelle civilisation pour tous dépassant la révolution bourgeoise épuisée.

Pierre Assante. 20/04/2020 09:49:38.

 

 IL N’Y AURA PAS ...

RÉVOLUTION ECONOMIQUE

ET

RÉVOLUTION PHILOSOPHIQUE VONT DE PAIR

SUITE SUR CE LIEN : 

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commentaires

BESSE Daniel 20/04/2020 19:05

Dés qu'il y a un mouvement social ,on nous classe aussitot dans les extremistes . Les travailleurs qui se sont battus pour 2 semaines de congés payés , les 40h semaine , la sécurité sociale etc... etait ils extrèmistes ? Les travailleurs savent jusqu'ou ils peuvent aller et pratiquer l'évolution révolutionnaire .

Pierre 20/04/2020 19:06

Tout à fait !

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