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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 07:38

Chronique de Pierre IVORRA dans

" L' Humanité " de ce mercredi 22 avril :

« …Cet argent, ce ne sont pour partie que des promesses de garantie ou de crédit… »

 

N’en jetez plus ! On nous sort des centaines de milliards d’euros à en veux-tu-en-voilà prétendument pour permettre aux économies de la zone euro et à ses habitants de faire face à la crise sanitaire et économique. Les ministres des Finances de la zone ont décidé de mobiliser jusqu’à 540 milliards d’euros : 240 milliards du Mécanisme européen de stabilité au bénéfice des Etats, le MES est cette institution publique qui en 2013 a servi à étrangler la Grèce lorsqu’elle s’est retrouvée en grande difficulté ; 200 milliards au profit des entreprises. Par ailleurs, la BCE prévoit de créer 3 000 milliards d’euros pour refinancer à -0,75 % les banques pour leurs crédits aux entreprises et aux ménages. S’ajoute à cela une série de dispositions nationales pour un total en France de 100 milliards. Les dirigeants de la zone euro donnent ainsi le sentiment de sortir le grand jeu.
Un examen plus attentif conduit cependant à modérer les enthousiasmes et à mesurer l’ampleur des défis à relever. Cet argent, ce ne sont pour partie que des promesses de garantie en cas de difficulté d’une entreprise, ou des promesses de crédit aux Etats pris à la gorge. Comme le souligne à juste titre Denis Durand dans un article d’Economie et politique, ces 240 milliards d’euros d’avances possibles aux Etats par le MES sont limitées à 2 % du PIB du pays bénéficiaire, soit par exemple 36 milliards d’euros pour l’Italie, c’est-à-dire pas grand-chose compte-tenu de l’importance des dégâts et des besoins. Mais surtout, où les autorités européennes se procurent-elles tout « ce pognon de dingue » ? Pour l’essentiel, auprès des marchés financiers à des taux qui risquent d’augmenter. C’est dire que ces dirigeants ne trouvent rien de mieux pour combattre la crise que de satisfaire la soif de rémunération de ces mêmes marchés, responsables de la crise financière de 2008 et de celle qui a déjà commencé.
Cette nouvelle crise financière n’en est effectivement qu’à ses débuts. Alors que les Etats et surtout les entreprises européennes sont massivement endettées, les faillites, les défauts de paiement, les suppressions d’emploi, qui vont s’accroître et le recul de l’activité lui-même, risquent, sur un fond de folie spéculative qui ne date pas d’aujourd’hui, de provoquer un krach énorme, tout aussi inédit que le covid-19. Comment faire face à toutes ces menaces, sanitaires, économiques, financières, monétaires, sociales, environnementales ? Pour combattre la crise d’un système, celui du capitalisme, il faut progressivement construire une réponse systémique, qui s’attaque au cœur du système, à la finance.

 

VOIR AUSSI : "IL N’Y AURA PAS ..."

RÉVOLUTION ECONOMIQUE ET RÉVOLUTION PHILOSOPHIQUE VONT DE PAIR

SUITE SUR CE LIEN : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/04/recueil-21-mars-17-avril-2020.html

 

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