Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 08:29

 

FÉTICHES, PENSÉE ET RAPPORTS SOCIAUX. POÉSIE, INVENTION ET SCIENCES.

 

Le fétichisme c’est quoi ?

C’est donner à un objet un pouvoir qu’il n’a pas. Et le plus souvent un pouvoir qu’on aimerait qu’il ait.

Et c’est aussi souvent donner une âme à un objet, ou plus simplement une pensée agissante sur l’extérieur de lui-même. C’est une substitution abstraire nocive par son impuissance, la croyant puissante et y comptant dessus pour assurer la vie.

Il y a le fétichisme conservateur qui consiste à compter sur une intervention extérieure et non sur notre propre action, la résolution des manques, des douleurs, des souffrances, des besoins.

Il y a le fétichisme poétique qui est celui des grands mythes prédécesseurs des découvertes, savoirs,  savoir-faire, sciences et inventions qui ont permis à l’humanité de s’approprier de plus en plus les propriétés de la nature pour répondre aux besoins de la personne dans l’espèce et dans la société, besoins élémentaires et leur complexification processuelle naturelle.

La réponse opérationnelle, efficace et saine aux besoins, c’est le travail. Mais pas la contrainte du travail et l’usage de soi par un autre, particulièrement dans la vente de notre force de travail à qui possède les moyens de production, le capital.

Le fétichisme poétique est utile, beau et nécessaire. On ne peut le contourner. Il fait partie de la déadhérence conceptuelle sans laquelle il ne peut y avoir d’invention, de nouveau. Et sans invention, sans nouveau, il n’y a pas de mouvement ni de vie en ce qui concerne une espèce vivante pensante, il n’y a que la mort ; Il l’est s’il y a aller-retour, contrôle, régulation entre déadhérence conceptuelle, besoins et connaissance en processus de la réalité

Nous sommes dans une période de fin de processus d’une mode de production et d’échange basé sur l'accumulation du capital. Dans cette fin de processus, il y a régression conservatrice sur le passé et retour relatif sur le fétichisme conservateur. Ce fétichisme conservateur confond les interactions universelles entre les objets inanimés ou vivants mais sans cerveau développé et un cortex -pour résumer la chose-, et la relation de pensée entre des individus en possédant ; sous la forme qui est la nôtre ou toute forme connue ou inconnu de nous dans l’univers.

Il ne s’agit pas là d’une réflexion hiérarchique, puisque dans la nature, les objets qu'ils soient minéraux, vivants et pensant ont une relation commune nécessaire et naturelle, connue ou inconnue. C’est d’ailleurs le sentiment de beauté, lui-même lié au rôle de ces objet par rapport à chacun de nous qui constituent la base des jugements de valeurs, qui ne sont pas toujours « en santé » dans une société de classe promouvant la hiérarchie et des rapports sociaux inégaux et leurs conséquences sur la vie quotidienne de chacun de nous.

Cette parenthèse fermée, et revenant à l’attribution d’une pensée à toute relation naturelle entre les objets quels qu’ils soient, vivants ou pas, pensant ou pas, il ne faut pas considérer ce phénomène comme innocent, et surtout pas comme un phénomène poétique qui, lui, permet de pénétrer profondément dans la relation que nous entretenons entre le monde extérieur et notre monde intérieur, à double sens, en miroir de nos actes et de nos jugements.

Attribuer une « âme » aux arbres, une pensée tout simplement, c’est nier l’état réel d’une part de la nature qui nous est précieuse pour ses propriétés réelles et non pour des propriétés imaginées non réelles. Enfant, j’ai souvent serré des arbres entre mes bras. Je me suis aussi étendu souvent sur la roche chaude calcaire le la colline près des torrents asséchés. Certes il y a une relation entre vivants, pensant ou non pensant. Mais il y a des relations de l’ordre de la pensée et des relations "tout simplement" matérielles complexes  qui n’en relèvent pas. Ce n’est ni l’amour des choses ni ces sensations qu’elles nous procurent qui constituent une régression, mais c’est la réaction de fuite des rapports sociaux vers des rapports fétichistes aux objets qui constituent cette régression : et en premier lieu le rapport fétichisme à  l’objet, la valeur d’usage en tant que marchandise.

J’adore cette poésie qui à partir des relations que notre pensée entretien avec les objets ou la vie non pensante, développe la bienveillance c’est-à-dire une relation pacifique avec l’univers, de la plus infime présence à la totalité infinie de l’existant. Je rejette la relation de soumission qui sous prétexte de bienveillance, laisse la domination envahir notre espace de vie : la superstition en est un instrument.

Pierre Assante. 14/05/2020 07:53:54.

VOIR AUSSI :

MOINS MAIS MIEUX. 

L’histoire ne repasse pas les plats. 23 AVRIL - 10 MAI 2020.

SUR CE LIEN :

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/04/moins-mais-mieux.l-histoire-ne-repasse-pas-les-plats-23-27-avril-2020.html

Cet article s'inspire librement des travaux de la ComEcoPcf et d'Yves Schwartz

et n'engage que moi-même.

 

*Tous les articles du blog (par séries de 25). Pour la première série, utiliser l'ascenseur. Pour les autres cliquer sur un nombre ci-dessous: 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 2030405060708090100> >>

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

BESSE Daniel 14/05/2020 09:04

Je viens de lire que les crises successives du système féodal ont eu lieu sur une durée de 300 ans .C'est long par rapport a la vie d'un etre humain , mais court historiquement .