Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 08:55

 

In-com-prÉhension = aliÉnation

ALIUS : l'autre, LE DIFFÉRENT, l'iNcompris

 

La dé-appropriation de ses propres produits « matériels et moraux », le produit et les gestes de production, avec tout ce que le produit contient d’histoire de l’humanité, par l’autre, base de l’accumulation capitaliste, c’est la privation de soi par l’autre.

Aliénation et incompréhension sont un même mouvement ou plutôt un vide de mouvement dans le mouvement, vide qui menace sans cesse le mouvement global et les mouvements micros dans le mouvement macro.

Com-préhension c’est soi prendre avec l’autre. La non-préhension n’est pas un phénomène naturel, mais un phénomène social, à la différence de la chaîne alimentaire écologique de la nature non-pensante.

La contradiction entre production et non-appropriation, aliénation en se développent avec l’accumulation marchande puis capitaliste, entre avec la mondialisation financiarisée, numérisée, dans un paroxysme mortel.

L'effet des forces contraires dans le mouvement c’est aussi un possible et mortel « non-mouvement dans le mouvement ».

L’in-compréhension et l’aliénation, la non re-ligio, c’est-à-dire la religio devenue avec la société marchande un non-re-ligio de classe, sont une seule et même chose, un seul et même objet à l’intérieur du mouvement, qui le menace de façon croissante, de façon exponentielle…

La com-préhension c’est la résolution de la contradiction entre conditions objectives et conditions subjectives de la transformation qualitative, donc de la transformation sociale en santé, qui dépasse la contradiction entre propriété et besoins individuels, entre capital et besoins sociaux.

Nous sommes prisonniers de l’homme abstrait que nous avons créé dans notre cerveau, l’homme concret étant l’homme social, et l’homme social libéré est l’homme dépassant la contradiction un temps fertile, puis devenant stérile, entre l’individu et l’espèce, entre la personne et l’organisation sociale privative d’appropriation collective.

Marx résumait abstraitement la chose concrète par « développement de tous dans le développement de la société », société humaine,  chose non réifiée par l’inversion-opposition pensée/réalité.

L’homme ce n’est pas sa conscience. La conscience c’est l’outil de développement des forces productives, issu des forces productives développées depuis l’homo habilis et la horde devenue société. La relation interne-externe de la conscience avec la réalité, dont elle fait partie, est « effacée » dans la dichotomie mentale philosophique et religieuse entre corps et pensée, entre mouvements micros autonomes mais non indépendants et mouvement macro, global.

« L’homme c’est la conscience de la nature sur elle-même » en mouvement, complexification, produit du réel et de la relation entre la nature et lui-même donc aussi, en unité avec lui-même. Ce n’est pas une conscience isolée de son support, de sa fonction propre et de ses fonctions communes avec la nature et la société dont il dépend dans ses relations avec la nature.

Toute maladie sociale va de pair avec une incapacité de dépasser durablement une contradiction entre forces productives, hommes, techniques cultures en unité,  avec elles-mêmes : une contradiction interne des forces productives.

Une menace externe peut être combattue par l’usage de la conscience historique du moment. Evidemment le succès n’est pas garanti. Tout dépend de la menace et des capacités d’y réponde.

Une menace interne pose plus problème puisque l’in-capacité est interne.

L’aliénation qui égale l’in-compréhension, la  non-préhension, l’incapacité de préhension commune pose la question de se dépasser soi-même, en tant que personne et en tant que société, personne dans la relation mutuelle dialectique entre elle et la société, mouvement et fonction unique, dans sa diversité et sa multiplicité infinie.

La maladie de l’humanité du XXIème siècle qui s’étale et s’aggrave en temps long passé et présent, est sans doute une maladie de croissance, d'adolescence, dans laquelle la dé-appropriation, fin d’Empires du passé et du présent dans leurs liens trans-historiques, une maladie d’adolescence, lorsque l’entité s’engage dans l’autonomie sans avoir acquis les défenses suffisantes de la conscience y correspondant.

Le christianisme est un communisme aliéné. Le communisme grossier est un christianisme aliéné. Ni l’un ni l’autre ne possèdent les conditions objectives et subjectives de leur dépassement. Mais ils sont un mouvement de dépassement des contradictions entre développement de la personne et développement de la société, au-delà de la propriété et de l’accumulation devenue capitaliste, à son paroxysme.

La mondialisation de la dé-appropriation est l’antichambre de l’appropriation et de la désaliénation dans un développement des forces productives égalant un processus de libération du travail contraint, et une explosion positives des capacités créatrices libérées.

La diminution du temps de travail capitaliste, du temps de vente-achat de la force de travail, c’est le processus du communisme, au-delà de ses tentatives grossières, y compris chrétiennes, dramatiques, comme tout processus humain inachevé. Non pas fin de l’histoire, mais de la préhistoire, début d’autres contradictions nouvelles de l’appropriation de l’univers par l’humanité.

Pierre Assante. 10/07/2020 07:46:35.

Sur le terme « Aliénation ».

Marx emploie ici le terme  Entfremdung. Mais il utilise aussi, avec un fréquence presque égale, celui de Entäusserung. Etymologiquement le mot Entfremdung insiste plus sur l’idée d’étranger tandis que Entäusserung marque plus l’idée de dépossession. Nous avons pour notre part renoncé à tenir compte d’une nuance que Marx n’a pas faite puisqu’il emploie indifféremment les deux termes. Hegel ne faisait pas non plus la différence et il nous a semblé inutile de recourir au procédé de M. Hippolyte qui a créé, dans sa traduction de la Phénoménologie (De Hegel), le mot extranéation. Là où Marx, pour insister, utilise successivement les deux termes, nous avons traduit l’un des deux par dessaisissement. Quand Marx utilise l’adjectif Entfremdet, nous avons traduit, lorsque c’était possible, par rendu étranger. Mais le terme aliéné n’a pas été réservé uniquement pour rendre entäussert.

Note d’Emile Bottigelli dans sa traduction de 1969 des Manuscrits de 1944 de Karl Marx. Editions Sociales.

 

Voir aussi :

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/06/futurs-extrait-d-un-article-precedent.html

et Tous les articles du blog (3099 publiés, par séries de 25) :

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 2030405060708090100> >

et les plus anciens :  << < 100110120 121 122 123 124 > >>

 

Partager cet article

Repost0

commentaires