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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 08:09

 

Comment le « progrès »

« progresse-t-il » ?

Ecrit le 26 octobre 2008.

 

Les transformations psychologique, politique, économique, sont des processus qui vont de pair, globalement, dans le processus de l’humanité et des entités qui la composent.

La démocratie, le socialisme, le communisme reposent sur un effort de compréhension scientifique qui ne se résigne pas aux énigmes, même si elles existent pour l’homme et font partie de sa compréhension.

Même si les superstitions religieuses ne sont plus celles du passé, elles existent encore et les superstitions « laïques » y ont souvent succédé. Il n’est qu’à voir la superstition de masse qui accompagne les jeux d’argent de masse.

L’espérance ce n’est pas la foi superstitieuse, ni la foi tout court. Et la régression du christianisme par rapport à d’autres religions est significative d’un certain recul de la rationalité dans la société et en son sein propre, contradictoirement à mon affirmation précédente. Il y a dans le christianisme une contradiction fertile. A la fois il tend à nier les processus « physiques », « matériels » avec les « miracles » (marcher sur l’eau, ressusciter les cadavres, qui sont aussi en un sens une manifestation exaspérée de l’espérance), mais aussi, il reconnaît ces processus en tant qu’éléments « physiques » de la vie : le rite  principal du christianisme original, qui a donné naissance à la communion,  est le partage concret, réel, du repas, le pain et le vin.

Cette croyance au miracle  ET la reconnaissance des processus matériels est une contradiction fertile dans une société clanique et patriarcale qui sort des limbes d’une inconscience ou d’une conscience qui s’exprime par des mythes. Ce n’est pas le cas dans une société qui doit organiser scientifiquement sa croissance, se gérer mondialement. L’empirisme n’est qu’une étape dans la maîtrise d’un devenir, nécessaire mais insuffisante. L’empirisme lui-même, s’il se manifeste par saccades rapides est pourtant le fruit d’une longue accumulation historique qui se manifeste d’ailleurs aussi dans les religions, sinon dans leurs superstitions mais dans leur cause et effet de  structuration sociale.

Cette séparation, cette dichotomie esprit/corps est une contradiction qu’il faut dépasser pour accéder à un progrès social. Ce n’est pas qu’une question théorique. Elle se manifeste dans nos comportements, des plus « élémentaires et quotidiens » à ceux qui construisent les concepts les plus complexes dans tous les domaines (social, techniques, philosophique, scientifique). C’est une dichotomie qui nous conduit aussi à séparer les domaines d’action des domaines de recherche et en conséquence d’opposer à une synthèse réelle une erreur composée.

C’est une dichotomie qui « reflète »  cette réalité massive de la mondialisation informationnelle de la production : le développement massif de l’échange et du monde des marchandises qui détermine les rapports entre les hommes, et les rapports entre les hommes sont les rapports massifs entre les choses. C’est le langage intelligible que nous parlons dont nous ne pouvons nous libérer que par le « processus matériel global de la société humaine », sur lequel nous pouvons agir mais pas avec le langage du miracle qui reste massivement le nôtre. Ne pas voir cette unité entre cette dichotomie dans la pensée et la réalité économique de notre monde c’est justement un aller-retour de cette dichotomie sur elle-même et par la même occasion, c’est rester dans des conditions d’impuissance pour changer et changer le monde en ce qu’il a besoin de changer pour survivre et se développer.

Le balancement des militants du sociétal à l’économique, de l’économique au politique est significatif de cet état de dichotomie qu’Henri Lefebvre caractérisait par le terme « structuralisme », celui de cette « école de pensée ».

On dit souvent que la réalité est plus pédagogique que tous les discours, c’est vrai et pourtant les discours font partie de la réalité et surtout ils avancent le progrès des savoirs parce qu’ils en font partie organiquement.

Les « évènements financiers » ont plus fait pour un certain « retour à Marx » que tout ce qui a pu être dit dans les réunions politiques et syndicales. Et pourtant la relation entre le discours passé et l’évènement fait que la conscience sur l’évènement ne part pas de zéro, cas absurde dans lequel il ne se passerait rien.

La crise boursière ne veut pas dire que l’échange monétaire conçu par le capitalisme est impossible ou stérile, la réalité a démontré le contraire. Elle montre les contradictions entre ce mode de production et d’échange et le stade qu’il a atteint. D’ailleurs, dans une certaine mesure, il tend à se réguler, mais il se régule relativement (et ces régulations sont précaires et aléatoires) lorsqu’il crée les prémisses d’un autre mode d’échange et de production. Si l’on observe bien les évènements économico-politico-financiers, dans leur ensemble et en détail, on ne peut que constater ces prémisses PAR les erreurs et les échecs du forcing des classes dominantes et de leurs équipes dirigeantes.

La richesse ou la pauvreté touchant les personnes et les classes, ce n’est pas une vision morale coupée de la science des réalités du développement « matériel » (donc aussi économique) de la société qui peuvent les résoudre. Et ces sciences sont un acquis social en développement et non une science infuse issue à partir de zéro de notre cerveau, d’un corps-soi isolé et imaginaire.

L’individualisme est lié au rapport marchand généralisé. Il est l’idéologie répressive d’une classe qui imprègne toute la société, d’un moment historique. La transformation des rapports sociaux capitalistes, c’est la création de conditions matérielles de production et d’échange qui permette de substituer les besoins « concrets » à la mesure de la valeur (voir sur cette mesure de la valeur les articles précédents). Cela ne veut pas dire que le temps de production des objets n’existera plus, mais qu’il pourra, de par la quantité et la qualité de la production des subsistances « matérielles et morales », libérer l’homme de la propriété au profit de l’usage, et libérer l’activité du travail contraint. LIBERER L’HOMME TOUT SIMPLEMENT.

Ce en quoi le concept de processus de la démocratie avancée au socialisme et du socialisme au communisme (qui n’est d’ailleurs ni le but ni la finalité de l’humanité, mais un moment du son processus), n’étaient pas et ne sont pas des idées et des mises en politiques si mauvaises que l’on décrie tant aujourd’hui. A condition de ne pas y voir des étapes mécaniques du développement humain.

Pierre Assante, 26 octobre 2008.

 

 

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