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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 03:22

 AUGUSTIN

70 ans de vie en milieu « salarial », 54 ans de militantisme, 10 ans de « relecture totale »…

Un sectarisme sert le dominant.

 

En 70 ans de vie en milieu « salarial », et en 54 ans de militantisme, et en 10 ans de « relecture totale », (car on « relit » durant toute sa vie) de mes choix en « relief » et en « creux », je vois bien que la remise en cause d’un sectarisme, le leur en particulier, est l’apanage généreux des non-dominants.

 

Lorsqu’un sectarisme sert au dominant, il ne cédera pas d’un pouce à une vision objective (1). Cela s’appelle l’idéologie dominante. Idéologie qui infléchit tout champ de réflexion de recherche, d’esthétique et d’éthique, de vie.

 

Combattre le dogmatisme, celui des dominants comme le leur (de dogmatisme), à moindre degré d’existence (le dominé vivant au moins plus concrètement-douloureusement la domination), est un progrès pour la cause du dominé.

 

Cependant, dans le siècle et décennies passées, les refondations dans les organisations de lutte des dominés n’ont réussi relativement qu’à reconstituer sous diverses formes les dogmatismes dénoncés et affaiblir le potentiel de combat des dominés.

 

Par exemple dans Futurs où j’ai milité dès sa formation, à l’incitation de militants légitimement las de fermetures idéologiques mimétiques par rapport à celles de leurs adversaires de classe, de manque d’échange avec les opinions diverses des leurs, l’ouverture est rapidement devenu un objet en soi chosifié, un dogme qui s’est d’ailleurs manifesté par le rejet des camarades d’hier, ce qui n’a pas arrangé le rejet que ceux-ci pratiquaient à l’encontre des « ouvertures » et de leurs semblable disant vouloir les pratiquer.

 

De fait j’ai rencontré dans Futurs, sans généraliser, ce mouvement ayant aussi apporté aussi des éléments positifs, c'est-à-dire progressistes, à l’image de bien de personnes qui l’ont animé, une réaction à leur propre dogmatisme par ceux qui l’avaient pratiqué et les frayeurs que la conscience nouvelle de l’avoir pratiqué et des conséquences de cette pratique, leur faisaient ressentir.

 

D’une frayeur à une autre, l’on voit bien que sortir des rails sans dérailler, et créer des aiguillages, de nouvelles disciplines collectives, n’est pas encore arrivé à son épanouissement, mais seulement à son balbutiement.

 

L’exemple de l’abandon de la faucille et du marteau est sans doute celui de la frayeur des dogmatismes pratiqués, mais pas le signe d’une maîtrise du penser par soi-même allié à une discipline de combat, même s’il peut peut-être, être paradoxalement, une avancée vers une sortie de dogmatisme et une nouvelle avancée opérationnelle dans les transformations du monde ????

 

Comment répondre à la rapidité des transformations sociales du monde et aux orientations à leur donner, plutôt que laisser ces transformations aux mains des dominants, ou carrément de ne plus donner d’orientation et laisser les profits capitalistes les orienter au jour le jour, c'est-à-dire aller dans des directions sans orientation, vers n’importe quelle direction, quelle qu’elle soit, mortelle pour l’individu et son espèce humaine comprise ?

 

Ces mots, mes mots, s’accompagnent d’un grand respect pour ceux qui ont assumé les directions de luttes, et les assument encore (2), dans leurs lucidités comme dans leurs aveuglements. Particulièrement les grand-e-s honnêtes femmes et hommes (Il faudrait dire surtout homme, compte tenu du peu de place faite aux femmes, et donc du fait qu’il leur a été laissée peu de place pour se tromper, et par là même peu de place pour influer positivement sur les erreurs…).

 

Le pire effet du dogmatisme est de contribuer à ne pas voir les autres humains comme son semblable, indépendamment de la place que leur histoire personnelle, dans leur milieu personnel, particulier, peut induire sur leur jugement et leurs choix ; et donc d’avoir ainsi écarté d’un mouvement d’intérêt commun une masse d’humanité qui pouvait choisir la vie tout court plutôt que la mort collective par épuisement graduel des solutions aux besoins humains en développement (3) ; ou carrément par politique économique et institutionnelle assassine immédiate pure. Le fascisme et ses avatars ne sont pas pratiqués que par des « illuminés », mais aussi volontairement par intérêt de classe dominante.

 

Pierre Assante, 7 mars 2014

 

1. Le dogmatisme volontaire se manifeste particulièrement dans le « tout changer pour que rien ne change ». Qui le pratique à son propre encontre, vers son propre horizon, et pourtant dans les rails aveugles du passé, est doublement irresponsable, à la différence de celui qui le pratique par intérêt immédiat vu, perçu, mais sans horizon.

2. Il est certes utile de monter vers les nues pour voir le combat de haut, mais difficile bien que nécessaire, pour celui qui y est mêlé trop intimement. Le rôle des « conseillers » est tout entier dans la résolution ou les possibilités de résolution des erreurs du chemin. Voir, écouter au-delà des apparences demande un temps qui ne se trouve pas facilement dans la mêlée. Le rôle du banc de touche n’est pas inutile, si tant est qu’il soit utilisé comme tel, en attendant les jours de l’humain complet, utopie opérationnelle à mettre en œuvre au plus tôt.

3. Se regarder et se voir soi-même et collectivement nous-mêmes dans le miroir de la vie, c’est lutter contre les dogmatismes, les normalisations dogmatiques, les  re-normalisation sans santé des normes antécédentes.

 

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