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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 07:58

BraudelResterait à expliquer cette conjoncture multiséculaire qui surgit à souhait pour éclairer le processus difficile autrement à saisir. Mais c’est là une tâche pour l’histoire générale, le jour où l’on disposera d’une telle histoire (si elle se constitue) comme on dispose d’une géographie générale. L’ennui, c’est que, dans les sciences humaines comme dans les sciences exactes, une explication une fois avancée, même bien établie –ce qui n’est pas notre cas- réclame sa propre explication, et ainsi de suite. Dire que la récession du haut Moyen Age n’est que la lente détérioration de l’économie-monde sous-jacente à la fortune matérielle de Rome, c’est admettre qu’en tant qu’économie-monde, en tant que réalité économique, Rome aura survécu longtemps à la chute politique de l’Empire. Gros problème de survivances ! Le cadre  économique de Rome n’est pas seul à se maintenir et, en somme, à nous surprendre. La société romaine a laissé en place, pour des siècles encore sa hiérarchie et son enfer esclavagiste. Et que dire de sa culture, de la latinité qui s’est transmise jusqu’à nous ? L’Europe, et la France au milieu de l’Europe, n’en finissent pas de se débattre dans l’héritage de Rome.

« L’identité de la France, Les hommes et les choses », Fernand Braudel.

 

Braudel dans cet ouvrage et ses ouvrages,  aborde aussi l’héritage du croissant fertile, de la Grèce, des interactions générales. J’ai choisi ce passage pour le concentré qu’il représente, il me semble.

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