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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 22:15

JAN10-010.jpgMalgré la remontée de la vente du "capital", la forme la plus courante de l'anti-marxisme est l'indifférence, l'incrédulité.

 

L'indifférence est de toute façon la forme de penser et d'être la plus courante de ce que le capital a réussi à développer ces dernières décennies et par le mode de vie et de travail, ce qui va ensemble, et, en liaison avec le mode de vie,  par sa force de frappe médiatico-financière.

 

Le mouvement social lui-même développe une protestation, et heureusement qu'il le fait, mais doute lui-même de ses propres arguments et de l'effet de ses arguments sur le conscient collectif.

 

Le stade de maturation des idées marxistes sous ces effets divers, même si je pense qu'il est en mouvement, je suis incapable de le "mesurer". Avancer est indispensable.

 

Il faut laisser au temps (sûr, pas tout seul, avec nous tous en actes aussi, dans notre diversité et notre volonté de convergence, de mouvement convergent) sa capacité de transformation, positive et négative.

Je crois que tous les marxistes (sous cette appellation consciente ou autre) en sont à peu près à cette réflexion.

 

Les modifications sociologiques mondiales sont directement liées à l'évolution du mode de production mondial.

 

Et le rôle de la classe ouvrière de même.

 

Sauf que le déplacement massif de la classe ouvrière de main d’œuvre vers des zones qui n'ont pas connu la montée de l'industrialisation au XIX° siècle et donc n'ont pas eu les mêmes délais de construction de forces politiques de classe exploitée (1793, 1830, 1848, Commune, Front Populaire, Libération...), modifie les conditions générales historiques de maturation. Et bien que ces mouvements cités eux-mêmes aient connu leurs propres limites, y compris théoriques, avec les conséquences que l'on sait.

 

Ces délais sont l'affaire de générations, mais cela ne veut pas dire que la construction d'une politique de classe (de la classe ouvrière et de ses alliés) soit automatique. Rien ne se reproduit tel quel dans l’histoire, mais le rôle et l’état des forces productives est essentiel en dernière instance.

 

Cela ne veut pas dire non plus que le rôle de "je lutte des classes" soit fini dans les nations industrialisées avancées (informationnalisation de la production, de l'échange, de la gestion) et politisées.

 

Cela veut dire qu'il y a une construction de "je lutte de classe mondiale" à réaliser partant des diverses situations nationales et internationales (relire "impérialiste stade suprême du capitalisme").

 

En ayant bien en vue

 

1 où se trouvent les ateliers (au sens propre) de production du monde et comment ils évoluent (en particulier technologiquement)

 

2 les acquis théoriques et pratiques du mouvement ouvrier partout

 

3 les nécessaires alliances et non les oppositions classe ouvrière contre couches moyennes salariées et population (en prenant garde de ne pas dogmatiser et réduire cette classification des classes et couches sociales, à l’exemple de la politique dite de « classe contre classe » et de son isolement)

 

4 que les transformations progressistes du monde se feront à partir des besoins humains, et de la production qui les satisfait.

 

5 qu'à partir de là le rassemblement peut se faire à partir de l'homme producteur et non des gestionnaires des échanges, bourses de valeurs et autre institutions et mouvements du commerce et du capital, ce que ce dernier a réussi à faire penser et croire à la masse des salariés (et surtout "aux politiciens des couches moyennes") de pays à la production industrielle et à la gestion "avancées", mais relativement puisque des pays comme la France, ou la Grèce, ou le mouvement qui se dessine en Europe (vers un printemps prochain ?) ne confirme pas complètement cette emprise totale "sur les esprits".

 

6 la transformation ne viendra pas des directions nationales, même si elles jouent évidemment un rôle coordinateur, de mise en cohérence (être l’expression consciente d’un processus inconscient),  mais de l'évolution des mentalités à la base à partir des effets et de l'expérience de la crise. La "présidentielle" est tout le contraire d'une solution parce qu'elle cherche une solution au sommet totalement coupée de la réalité sociale profonde. Les 1,9 % du PCF aux présidentielles, alors qu’il est le troisième parti en élus et voix dans des élections  locales ne sont pas étonnants, et l'on voit bien que même dans les milieux populaires "de gauche", c'est l'expression populiste qui domine et « il faut faire avec » dans le processus progressiste.

Et De Gaulle n'a certainement pas imaginé comment sa constitution soumettait "sa nation qu'il voulait grande" à l'internationalisme le plus régressif, celui de la finance, pensant qu'une alliance entre nationalisme et capital pouvait servir la France. Sarkozy l'a très bien compris, lui qui sert le capital pour se servir lui-même.

 

berliguer7 La participation aux institutions et aux élections n'a plus à ce jour qu'une faible marge de manœuvre (ce qui peut changer dans un développement d’un mouvement politique fort qui est possible et qui est à construire, ce qui est tenté aujourd’hui), mais qu'il ne faut pas laisser en bloc à l'adversaire, et qu'il faut utiliser comme protestation, information de la population et embryon de construction d'un autre mode de production à partir de propositions répondant aux questions quotidienne et à long terme, dans leur unité.

 

8 La question de fond restant « la démocratie du que, quoi, comment produire » car elle conditionne la cohérence de la personne, des collectifs, de l’humanité, dans la satisfaction de ses besoins « matériels et moraux », le besoin de développement de la conscience de la nature sur elle-même qu’est l’homme étant le besoin humain essentiel parce qu'humain par essence, de par l’histoire propre de l’humain. Tout « pouvoir », toute « prise de pouvoir » n’assumant pas ce besoin n’a aucun avenir.

 

Pierre Assante,  24.11.2010

 

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