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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 04:08

EPISTEMICITES : réflexions sur les travaux du Professeur Yves Schwartz, commentaire libre n'engageant que moi-même, à partir du passionnant Séminaire du 6 mai 2011

 

Commentaires libres n'engageant que moi-même, interprétation personnelle  à partir du travail sur les épistémicités développé par le Professeur Yves Schwartz lors du passionnant Séminaire du 6 mai 2011, Université de Provence.

I. EPISTEMICITES

II. CONCEPTS

III. « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités ».

 

 

I. EPISTEMICITES

 

Copie de 2011 05 06 012Schéma N°1

Dans la constitution en mouvement de concepts en mouvement, et dans leur expression individuelle dans l’expression collective, on peut distinguer des objets en mouvement, en interaction entre eux, objets tangibles de la nature et « objets subjectifs », idéels de la pensée.

 

On peut séparer arbitrairement ces objets qui « fonctionnent » dans une unité, pour les besoins de l’étude. Il ne s’agit pas de les réifier.

 

Les 2 schémas de cet article sont l’œuvre d’Yves Schwartz. Ils contribuent à poursuivre l’analyse du travail pour le transformer « en santé », particulièrement dans notre temps où le travail est en crise sous l’effet majeur le l’échange capitaliste de l’activité humaine.

 

Il s’agit de comprendre, dans une « classification » théorique (Schéma N° 2) comment un concept ou un  système de concepts scientifiques s’éloigne plus ou moins (Schéma N°1) du réel et nie le corps-soi lors des normalisations du travail, des allers retours

 

Copie de 2011 05 06 005 Schéma N° 2

(Tableau retraduit au chapitre "Concepts" dessous).

 

entre l’activité,  sa perception et les prescriptions  pour travailler. Il s’agit d’agir sur la continuité de l’activité humaine et particulièrement de l’activité de travail, de l’activité de production pour la transformer « en santé » lors des dénormalisations renormalisations des normes antécédentes de l’activité générique, d’une activité particulière.

 

Pour aller dans le sens de la « classification » d’Yves Schwartz des épistémicités (en cours d’élaboration et de recherche et mise à la disposition des étudiants d’ergologie), je propose… :

 

1 …de considérer leurs champs en, comme, des « fonctions », mouvements, actes…

2 … ce qui fait reprendre le schéma N°1 aussi en mouvement, dans son ensemble et dans ses « frontières mouvantes » entre les mouvements des activités, fonctions décrites…

3 …d’y « intriquer », y mettre en contact le champ de la thermodynamique prigogienne qui somme toute a des affinités contradictions avec la dialectique marxiste…

4 …de renverser le concepts et le terme de « naturalisation » en ce qui concerne ou définit une norme sociale « générale » ou « particulière » comme un fait de nature, naturel par réification et momification d’une, de normes.

 

A) Si l’on considère que le mouvement n’existe, et donc qu’il n’y a d’existence que dans le déséquilibre et la tendance à l’équilibre, et la création qu’il en résulte, on peut considérer que la tendance en mouvement de la  « possession » idéelle de la norme est une tendance à l’équilibre inaccessible, ce que confirme le débat sur l’impossibilité de sa possession (exemple de l’étendue du champ de l’épistémicité de la Grèce antique et des savoirs ici et maintenant de notre XXI° siècle).

 

Le mouvement de conceptualisation, et le seul,  est donc dans la desadhérence et dans elle seule et si dans le schéma N°1 on entoure, on « isole » arbitrairement le mouvement de  « desadhérence », on peut faire entrer tout le schéma dans cet ensemble constitué. C’est la contradiction dialectique entre une « fonction globale » et les « composantes » de cette fonction, fonctions à la fois particulières d’une fonction globale, de son unité. Laquelle unité dans une unité « universelle » qui nous est inaccessible. Je crois que les interrogations d’un certain nombre de participants au débat sur la construction de la vision de l’épistémicité vient de notre difficulté à voir l’unité d’un processus et des champs en action dans le processus de conceptualisation. Vygotski, nous aide dans son étude « Pensée et Langage » (Editions « La Dispute », traduction de Françoise SEVE) sur la constitution de la conceptualisation, des « généralisations » simples  de l’enfant (exemple : un vêtement est une généralisation de pantalon, veste, etc., puis les généralisations de généralisations jusqu’au concepts) dans ses milieux sociaux, de l’élève dans l’école, jusqu’aux systèmes de concepts de la conceptualisation scientifique.

 

B) Petite digression. Outre le rapprochement des « diverses » épistémicités avec les représentations minérales, biologiques, psychologiques (pour faire simple, « résumer »), peut-on ( ?) faire un « rapprochement » des trois pôles de l’activité tripolaire (concepts d’Yves Schwartz) avec :

1 l’état existant (normes)

2 la négation de l’état existant par le contact avec « les matières étrangères »

3 la négation de la négation et la résultante de la contradiction = activité du champ, activité générale = desadhérence

Ceci dans la conceptualisation scientifique que l’on peut étendre et au « langage ordinaire » et à l’activité en général (ce qui n’est pas le sujet dans l’étude des épistémicité).

 

C) Dans la classification, ne faut-il pas donner l’éclairage

1 du processus inconscient qu’est l’acte « en soi » dans le savoir en mouvement comme dans tout acte.

2 de la conscience du processus inconscient et donc de son expression

3 de « l’empilement », la « stratification » des états des choses différents et en mouvement, du mouvement de  « l’état des choses » à travers l’histoire, et dans leur « perduration » dans l’état du mouvement historique considéré (exemple, question sur les normes claniques ou féodales ou rurales persistantes dans un état des choses de normes citadines, industrielles, etc.)

 

 

D) Sur la « naturalisation » : dans la mesure où il ne s’agit plus de conservatisme de classe consistant à considérer un état historique social « donné » comme un « état naturel », le dépassement continuité (Aufhebung de Marx, Hegel) ne consiste-t-il pas à rendre naturel le mouvement humain de coopération et de la totalité des normes en mouvement qu’elle contient, dans le concept, la conception des manuscrits de 1844 (naturalisation de l’homme – humanisation de la nature).

Sur ce sujet Ernst Bloch nous donne quelques réflexions dans « Droit naturel et dignité humaine », entre autre dans ses références et sa critique de la pensée de Kant (je peux dire… peu sur ceci).

 

E) Qu’on me pardonne ma connaissance autodidacte, donc mes « trous de norme » considérables. J’essaie de penser « avec » bien sûr. Et aussi avec une relative « mise en contact » de champs variés et sans doute hétéroclites d’un vieux militant, de ses expériences et recherches non « normées ». Je remercie entre autre Yves Schwartz pour ce qu’il nous apporte dans son travail « hors normes », son humanisme dans sa relation de recherche et dans  et son travail de recherche tout court.

 

Pierre Assante, 7 mai 2011.

 

2011 05 06 002II. CONCEPTS

 

(Tableau du diaporama copié lors de la conférence du Professeur Yves Schwartz et de sa présentation,  séminaire 6 mai 2011, Université de Provence).

 

Epistémicité 1

Concepts, lois ou modèles visant des objets qui n’ont pas de débats de norme

Ex : la loi de la chute de corps, le principe d’inertie, le concept de chaleur spécifique. L’ADN….

Ces concepts sont intégrés dans les Normes Antécédentes, via les techniques matérielles, les installations industrielles ou au sein de la vie sociale.

 

Epistémicité 2

Normes de la vie sociale cristallisées en concepts, lois, règlements, procédures.

Ex : le système juridique, les règles d’urbanisme, de sécurité, contrat de travail, grille de classification, organigrammes…..Ils font partie des Normes Antécédentes.

 

Epistémicité 3

Concepts des « disciplines humaines et sociales », dès lors que le terme de sciences est revendiqué.

Il ne s’agit pas là de normer, mais de « connaître » les phénomènes humains ; démarche visant l’ « alter activité » (c'est-à-dire portant sur la connaissance de l’activité des autres). Mais le présupposé implicite de modélisation possible des comportements humains peut instrumenter et légitimer la dérive de l’épistémicité 2 vers son usage « non sain », usurpateur.

Par exemple de modèles :

-de compétence qui neutralisent ou sous-dimensionnent la dimension historique ou ingrédient 2 (*)et en valeur ou ingrédient 4 (**) de la compétence (voir travail et ergologie, Octarès 2003 p201-218).

-de management basés sur les théories de la motivation, ou encore des théories économiques basées sur « l’homo oeconomicus ».

 

D’où le risque de « blanchiment » dans le gouvernement des activités humaines.

 

Epistémicité 3 bis

conceptualisation qui ne décrit ni ne norme, ni ne lit l’avenir des activités humaines, à partir des seules normes antécédentes.

conceptualisation qui pense impossible de modéliser, anticiper, expliquer de manière satisfaisante « l’alter activité », à partir d’hypothèses générales et ex ante.

Conceptualisation qui impose de situer en son sein le moment de l’apprentissage, du « lâcher prise » catégoriel ou conceptuel, de l’inconfort intellectuel, lié à l’existence dans les activités humaines de débats de normes toujours partiellement resingularisant (DD3P) (***) Exemples de tels concepts : « Débats de normes », « ECRP » (****), « Ingrédients de la compétence », 3Renormalisation », « Corps soi »…..

 

(*) « …c’est au contraire la capacité à s’être approprié  -quasiment imprégné de-  la dimension singulière de la situation, de l’histoire

(**) «….Le débat de valeur lié au débat de norme…. » 

(***) Dispostif Dynamique à 3 pôles

(****) Entités collectives relativement pertinentes

   

Espace Tripolaire schéma  

III. « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités ».

 

Autre commentaire libre (n’engageant que ma responsabilité. P.A) du tableau des épistémicités

 d’Yves Schwartz

 

 « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités » ne sont pas des concepts gratuits. Il est cependant difficile de les maîtriser, d’accéder à en avoir une possession relative. Pour ma part, je suis loin d’en avoir la maîtrise relative et minimale nécessaire.

Ce n’est pas non plus une possession d’ordre « purement intellectuelle ». Elle contribue à une connaissance du monde et de soi non en soi mais pour agir, changer, transformer en santé le rapport à la réalité, et cette réalité du corps-soi dans l’espèce et la nature.

 

Avoir une conscience des ingrédients et des épistémicités, c’est augmenter et affiner, transformer la qualité de la vision de l’activité et de sa propre activité. De la même façon que se voir dans un miroir, s’entendre chanter permet et d’avoir une plus grande conscience de son acte pour le modifier, le parfaire, le « contrôler », l’intégration de, dans la conscience des ingrédients de compétence et des épistémicités c’est faire un saut qualitatif immense au travail, à l’activité. Conscience des « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités » est de cet ordre du « retour d’acte » à un niveau supérieur.

 

Bien sûr cette conscience des ingrédients et des épistémicités, c’est une renormalisation nouvelle et créatrice, d’un « niveau très élevé » du développement humain qu’on peut théoriser dans la recherche fondamentale et dans la recherche des applications techniques, mais qui ne peut entrer dans la vie que par et dans le processus général de socialisation des activités de la personne. Le corps-soi ne vit pas indépendamment, ce n’est ni une réalité ni un concept issu d’une « rebinsonade ». Les trois pôles de l’activité de la société, isolés dans la recherche du concept, sont en rapports dialectiques, sont un même mouvement constitué de multiples mouvements qui se diversifient de plus en plus, même s’ils contiennent dans une société en blocage relatif une tendance à l’uniformisation, et dans cette diversification la connaissance en mouvement des « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités » est elle-même la transformation qualitative du reflet de la réalité sur la conscience et de leur rapport dialectique.

 

Conscience des « Ingrédients d’une compétence » et « épistémicités » une fois de plus demande l’aller retour entre activité générale de la société et activité du chercheur. Elle est un pas vers l’abolition de la division de classe du travail et de la transformation politique dialectique de la société vers une libération générale de l’activité. Ce n’est pas le but de la recherche ergologique, mais cette recherche ergologique contribue à mon sens à la libération générale de l’activité. Le rapport dialectique entre recherche et activité générale, chercheur et travailleur « en général », et la « coupure » relative mais forte  que la société de classe impose par son type de division du travail, est partiellement stérilisé, ce qui n’est pas sans conséquence pour le chercheur et la recherche en général, mais particulièrement sur la recherche sur l‘activité.

 

Cette stérilisation partielle aggrave aussi les « frontières » des champs de recherche, les difficultés « naturelles » de contact entre champs et isole le chercheur des autres chercheurs, comme elle isole le chercheur de l’ouvrier, l’employé, le paysan, le « cadre »….Elle est témoin et causalité de la coupure « travail intellectuel » et « travail non intellectuel » et fait fonctionner en champ clos la recherche et les recherches entre elles. C’est pourtant dans ce travail fondamental d’affinement de la connaissance  ergologique que peut s’entrouvrir l’échange « hors division du travail » car elle trouve dans cet approfondissement le contre-poison à la régression relative de tous les champs d’activité. Dans le concept de régression relative il y a aussi bien sûr tout le contenu progressiste du processus qui se poursuit. Si l’on « n’intègre » pas ce double mouvement, on ne peut qu’entraver, même de façon critique une démarche « en santé ».

L’ergologie peut être une « tarte à la crème » comme tout ce qui est récupéré par l’échange marchand dans tous les champs de progrès humain. Mais si cette recherche est capable d’échapper à la récupération comme l’on fait ses fondateurs, ce peut être le signe et l’acte d’un autre rapport au travail et à l’activité annonçant les conditions matérielles nouvelles d’une transformation sociale où les valeurs sans dimensions deviennent des valeurs d’usages (tangibles ou non tangibles) reconnues, où le besoin prendra le pas sur la mesure quantitative de la valeur d’échange.

 

Pierre Assante, 22 juin 2011

  

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Published by Pierre Assante - dans Travail et philosophie
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