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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 22:05

GRAMSCIUne petite réflexion pour les théoriciens de la Nation.

Il n’y a pas de raison de ne traiter la question de la Nation que sur un plan pratique

 

D’abord une parenthèse qui en vaut la peine : les conditions de vie, le parcours de l’histoire d’une personne forme ses sentiments sur les communautés qui l’ont formée. Car l’humain est bien un être social qui se forme à partir de ses aptitudes lesquelles permettent de développer des capacités qui s’exercent dans les rapports sociaux qui sont les siens, rapports micro et macro, de survie et de développement, de conflits et de solidarités.

 

L’attachement et quelquefois le rejet, ou les deux à la fois à la culture familiale, locale, régionale, nationale, universelle est une donnée de l’identité. On n’a pas qu’une identité mais de multiples qui se combinent et forment une résultante en évolution.

 

Pour ma part, la culture française joue un rôle culturel et sentimental de premier ordre, de même que la culture d’Oc dans laquelle j’ai baigné dans mon enfance.

 

Ce qui ne m’empêche pas de penser que les nations se sont formées avec les marchés construits sur la base d’entités construites par l’histoire et le plus souvent dans des guerres de domination.

 

Marché national et nation sont allés de pair, et les classes ouvrières et les peuples de ces nations ce sont appuyés sur les entités qu’elles ont constitué pour construire des solidarités de lutte pour progresser dans leur vie quotidienne.

 

La citoyenneté a souvent été le résultat du besoin de la bourgeoisie de constituer des alliances actives qui lui étaient nécessaires, et dans ces solidarités, les classes ouvrières ont constitué par la suite, la leur de solidarité, qui n'est pas celle du capital.

 

Congénitalement, la nation contient cette double constitution et donc les contradictions qui vont avec, et qui doivent être dépassées, mais pas au prix de mettre à mal les acquis populaires constitués mais bien menacés par ces contradictions de classe à résoudre et pas par la collaboration à l'exploitation.

 

Quand aux marchés nationaux ils sont bien mis à mal par la mondialisation, de même que sont mis à mal les solidarités ouvrières constituées.

 

La nation rencontre ses limites (mais il y a et aura encore longtemps doubles réalité, ambiguïté positive et négative de la nation) et les solidarités ont besoin d’une constitution physique avant que d’être juridique correspondante à l’état du monde mondialisé.

 

Il y a donc une autre contradiction, constituée par le retard de l’organisation ouvrière sur le plan mondial et le marché. Le marché c'est-à-dire au niveau du marché tel qu’il est constitué et qui est, en capitalisme ce qui nous a donné à chacun, bien ou mal et bien inégalement, dans sa circulation, la circulation des marchandises, ces marchandises qui sont aussi des valeurs d’usages nécessaires (pas toutes)  à notre vie.

 

Une construction démocratique à l’échelle de la mondialisation peut être constituée à partie de l’entité Européenne, qui n’est pas obligatoirement celle constituée par l’EU mais qui peut l’être à condition d’être transformée, dans le respect des différences de ses composantes. C’est un échelon qui peut répondre à l’organisation de la production, telle qu’elle a évolué, que ça satisfasse ou non nos convictions actuelles très formatée par un double conservatisme ; celui du capital et du voile qu’il déploie sur la réalité de son type d’échange A-M-A’ mutilant, et celui de nos succès dont nous devenons victimes car ils finissent par nous cacher la réalité du processus historique ici et maintenant.

 

Une plus « petite » coopération ne peut répondre à la nécessaire correspondance entre d’état des forces productives et celui des cultures en santé qu’elles peuvent contenir, dans leur unité de « fonctionnement ». L’unité des structures et des superstructures est toujours une réalité-besoin, même si leur qualité obsolète demande un autre mode de production.

 

Des entités nouvelles, en santé à l’échelle mondiale, nous les construirons ou ne les construirons pas. Le niveau des luttes en dépend. En quantité comme dans leur contenu. Je ne doute pas des capacités d’expression du mécontentement. Je suis plus inquiet sur leur contenu, c'est-à-dire sur les solutions que les peuples doivent ou peuvent imposer.

 

Mener la bataille des européenne fait partie des luttes nécessaires.

 

Je considère à tort ou à raison une UE des nations, en tant qu'objectif, dans sa diversité politique, sociale et culturelle, et l’état de ses forces productives,  comme un espace pertinent économique pour répondre à l'état du monde économiquement mondialisé. Ce qui n'empêche pas de défendre aussi le "kilomètre zéro" en économie.

 

Quand aux institutions capitalistes de l’UE, tout à fait capitalistes, la bataille de Lénine pour s'exprimer dans la Douma, qui ne pouvait en aucun cas représenter le peuple, ni faire la révolution est un exemple des batailles dans les institutions du capitalisme, de la bourgeoisie et de l'autocratie, en l'occurrence la monarchie tsariste dans ce cas.

 

Je ne connais pas d’exemple où nation et marché national se soient constitués séparément. Par exemple, déjà sous Louis XV, la bourgeoise prépare le marché national, sa prise de pourvoir et de gestion,  économique et politique.

 

Dans la Renaissance, s’intensifient les relations à l’intérieur de l’Europe, et les arts et les sciences en témoignent. Ces relations vont être mise en difficulté par la bourgeoisie à travers les barrières nationales et les compétitions de guerre de marché, celle de 14-18 en étant un summum qui va mettre un temps à bas le mouvement socialiste révolutionnaire des pays développés entre autre, et le mettre dans le monde dans l’obligation d’un communisme de guerre et ses conséquences.

 

Le mythe de la nation, prenant le pas sur la solidarité populaire et ouvrière va donner les idées nationalistes et fascistes, et l’extension de l’extrême droite européenne d’aujourd’hui s’appuie sur ces guerres de concurrence des marchés. Marché mondial en expansion et marchés nationaux  en déclin en sont le champ de bataille.

 

Oui, il y a dans les nations des richesses humaines et des contradictions mortifères. La résistance et la Libération de 1945 ont su tirer partie des solidarités pour construire le modèle social de cette époque, en France, en Italie etc. Répondre aux solidarités dans les conditions d’aujourd’hui demandera beaucoup d’intelligence, d’actes forts et de clairvoyance et de ténacité.

 

VOTONS pour un groupe GUE/NGL * au parlement européen.

 

Pierre Assante, 18 avril 2014

 

*Voir le programme européen du Front de gauche et de ses composantes, dont le PCF fait partie, entre autres (plusieurs articles sur ce blog).

 

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Published by Pierre Assante - dans Travail et Politique
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