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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 21:28

CONGRES 2013 02 08 005 (11)au Conseil National du PCF du 19 septembre 2014

Yves DIMICOLI

 

INTERVENTION AU CN DU 19/09/2014

 

Le discours de Pierre à La Rochelle et sa forte initiative politique à la fête de l' Huma ouvrent une nouvelle phase, plus propice à la construction d'un large rassemblement pour une alternative de progrès à gauche.

 

Il y a des possibilités nouvelles pour avancer en ce sens, malgré les difficultés considérables.

 

Au plan politique, c'est, dans le PS, l'enkystement des désaccords sur la politique économique ; c'est aussi l'ancrage des verts dans l'opposition à Vals II.

 

Au plan social, c'est, face au MEDEF, la montée de l'exaspération  syndicale, malgré les efforts d'intégration au pacte de responsabilité qui baisse le coût du travail.

 

Au plan économique, c'est l'échec du pari de Hollande que l'Allemagne jouerait le rôle de locomotive européenne alors que sa croissance a été négative au deuxième trimestre, tandis que la France stagne et que l’Europe est au bord de la déflation.

 

La situation est devenue si grave en zone euro que la BCEa été contrainte de baisser son taux d'intérêt directeur à presque 0 % et d'injecter encore plus de monnaie. Ainsi, les banques se refinancent à un coût réel (défalcation faite du taux d'inflation) négatif, inférieur à celui des États-Unis.

 

Du coup, l'euro s'affaiblit et les dirigeants s'en réjouissent, malgré l'impératif fondateur d'« euro fort ». Cela sonne comme un désaveu des politiques conduites en son nom. Mais c'est aussi la  confirmation éclatante que la BCE peut bouger sous le poids des nécessités et des luttes.

 

Certes, la façon dont elle le fait va conduire à de nouvelles difficultés.

 

En effet, elle a baissé son taux directeur et injecte plus de monnaie, mais sans sélectivité. Cela va favoriser les profits bancaires, la finance, la spéculation, sans déverrouiller le crédit pour des investissements réels créateurs d'emplois. Pire, la BCE va pousser la titrisation des créances qui a pourtant conduit à la « crise des subprimes » aux États-Unis!

 

D'où deux grands défis.

 

Premier défi : Contre la déflation, il faut des politiques expansives stimulant la demande et redressant l' efficacité de l' offre. Cela exige d'augmenter les revenus salariaux et d'engager un vaste effort de formation pour accroître les qualifications. Et, au lieu du pacte de stabilité, il faut relancer tous les services publics, pour répondre aux besoins, redresser la production et absorber sa progression.

 

Deuxième défi : il faut réorienter la BCEet le crédit bancaire. Nous avons raison de dire qu'il faut « une nouvelle loi bancaire». Mais comment y arriver sans chercher à rassembler pour transformer la BCEet les relations banques/entreprises ?

 

Soyons précis et pugnaces sur nos propositions économiques pour alimenter, à la base et au sommet, le débat sur le contenu d'un programme de redressement national.

 

Je veux insister sur trois grandes propositions à populariser.

 

UN : Le financement direct par la BCEd'une expansion de tous les services publics, via un Fonds social, solidaire et écologique de développement européen ;

 

DEUX : Il faut que la création monétaire de la BCEsoit relayée par les banques, notamment la BPI. Répétonssans relâche que cela exige de nouvelles règles du crédit pour les investissements : plus ceux-ci programmeraient d'emplois et de formations correctement rémunérés et plus le taux du crédit, pour les financer, serait abaissé jusqu'à zéro, voire moins. Répétons sans relâche que, sans ce conditionnement pro-emploi dés leur financement, les investissements, aujourd'hui très économes en travail avec les nouvelles technologies, accroissent le chômage et l'insuffisance de la demande. Ce nouveau crédit est nécessaire, avec une réforme fiscale, pour faire reculer le coût du capital et engager une relance sociale.

 

TROIS : Il faut de nouveaux droits et pouvoirs des salariés dans les entreprises pour sécuriser l'emploi, la formation, le revenu, promouvoir une démocratie économique et sociale pour une République vraiment nouvelle.

 

Plus, par nos initiatives, nous stimulerons un dialogue étendu à gauche contre l'austérité et plus, pour qu'il permette un rassemblement efficace, il nous faudra pousser le débat sur les solutions avec des propositions économiques précises  développées dans l'action populaire. D'accord avec les « 1000 débats » proposés, mais pour organiser 1000 initiatives d'action, sur les banques notamment. Sinon, le dialogue accouchera d'un replâtrage des illusions à gauche. Et incitons tous les communistes à se former sur ces questions, trop peu traitées à l'université d'été, car il faut qu'ils gagnent en confiance pour les affronter.

 

l'intervention d'Yves Dimicoli: YD_intervCN_190914

l'intervention de Nicolas Marchand: NM_intervCN2014_09_19

le rapport, le compte-rendu de la discussion et le relevé de décisions, sur le site du PCF:http://www.pcf.fr/59059


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Published by Pierre Assante - dans Travail et Politique
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