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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 00:00

JAURESJuger les femmes et les hommes, juger les peuples…

 

Juger les femmes et les hommes, juger les peuples, c’est aussi stupide, inutile et encore plus violent que gifler un enfant qui a renversé son lait. C'est ne pas reconnaître ses semblables, ses égaux.

 

Les personnes pas plus que les peuples n’ont choisi de se tromper, d’agir en contradiction avec leurs intérêts au sens large, c'est-à-dire au sens d’une solidarité nécessaire à chacun. Pour utiliser un langage populiste, qui reflète mal une analyse, qui reflète cette absurdité d’un jugement étroit, mais qui est utilisé au quotidien, personne ne choisit « d’être con ou génial », mais on est chacun dans un processus collectif, naturel, qui fait de nous un élément libre mais dépendant tant dans la pensée que dans l’acte global dont la pensée fait partie, dans l’unité de l’acte.

 

Progresser c’est juger les faits, les conditions dans lesquelles ils se sont déroulés, quels processus, quels antécédents les ont favorisés, en quoi ces antécédents les rendaient non « inévitable » mais « fortement déterminés », ou au contraire si ces antécédents laissaient facilement et relativement ouverts d’autres bifurcations évidentes à l’entendement humain ordinaire et collectif. Et dans l’acte global positif ou négatif, quelle est la « part » positive qui peut se développer, et il y a toujours une part saine dans tout ce qui va dans le sens du processus de la vie. La « part » de la mort collective, c’est ce qu’il faut rechercher dans le jugement

 

BraudelCe jugement des faits est lui-même un choix. Il demande effort de connaissance, effort d’imagination, effort de synthèse synchronique et diachronique, effort de réalisation. Les choix des actes à venir dépendent et de l’anankè, la nécessité physique sur laquelle nous n’avons pas de prise à un moment donné, et de ces choix de jugement. Dans ces choix de jugement, il faut distinguer grands et petits évènements dont la rencontre font la résultante du moment, de l’ici et maintenant et ce qu’il ouvre de nouveau.

 

Dans la nécessité du nouveau, un jugement hors de la connaissance du processus est un acte conservateur, que ce jugement se veuille positif, négatif, nuancé, tout ce qu’on veut *. De plus hors connaissance du processus, un jugement ne peut être que défavorable à la solidarité humaine, à la volonté d’humanité de nos actes, à notre besoin d'aimer.

 

Juger les femmes et les hommes, juger les peuples, c’est aussi stupide, inutile et encore plus violent que gifler un enfant qui a renversé son lait, ce qui est pourtant très violent. Malheureusement, stupides de cette façon, nous le sommes souvent, notre organisation minérale, biologique, psychologique et disons le mot, sociale en est là…

 

Une fois que l’on sait tout cela, on a compris et la difficulté humaine du jugement et sa nécessité. Pour le passé et le futur, ce qui détermine le présent, saisissable qu’à posteriori.

 

Joyeux Noël !

 

Pierre Assante, Jeudi 23 décembre 2010

 

* Un fait-exemple de taille : la guerre de 1914-1918, ses causes et ses effets sur la forme qu’a pris l’affrontement de classe mondial.

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