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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 09:59

marx.ch.VI_0001.jpgIntéressante édition qui nous permet de suivre la pensée-Marx dans son évolution, dans le processus de construction conceptuelle sur le capital.

C'est la seule partie conservée de l'ultime manuscrit préparatoire à la rédaction de DAS KAPITAL.

Entre autre, des passages qui donnent des éléments supplémentaires sur « travail productif » et « travail improductif ». Attention, il ne s’agit pas là de formules à appliquer comme un calque sur l’analyse de « l’objet travail », mais de voir comment Marx imagine les différentes « fonctions travail » dans le processus de production et d’échange des biens « matériels et moraux » produits de l’activité humaine dans le capitalisme *. « Correspondance » complexe entre le mode de production et ce qu’il induit dans la réalité concrète du producteur, du possédant du capital et du vendeur de la force de travail, dans leur unité et les différents angles de vision et leur synthèse.

 

Voici 12 pages extraites de la présentation (les 4 premières) et du texte de Marx, traduit selon des critères expliqués dans l’ouvrage, et qui évidemment ne sont pas neutres, comme tout acte humain :  ici

http://www.pierreassante.fr/dossier/Marx_ch.VI_extrait12pages_639KB.pdf

Pierre Assante, Vendredi 18 février 2011

jan10 001Note : * Marx nous a habitués à des sommes synthétiques propres à la pensée dialectique développée qui est la sienne. Mais ce chapitre VI est une telle somme synthétique si condensée, qu’il faut bien la connaissance du développement de Das Kapital pour la saisir mieux. C’est peut-être la raison essentielle ou une raison essentielle de sa non publication dans l’édition du livre I... Ce condensé permet un survol profond d’un ensemble « visionnaire » que la société de notre temps est loin d’avoir assimilé et sur lequel il nous faut revenir sans cesse pour ne pas « décrocher » d’une vision critique de par l’état de subordination où nous tient cette société ; cela tant que ce mode de production et d’échange ne sera pas dépassé.

Les dernières pages (De « mystification du capital » à la fin) de ce chapitre VI (qui ne sont pas sur l’extrait de ce blog), de ce brouillon, où Marx peut se "laisser aller" au-delà de la "démonstration pédagogique rationnelle", nécessaire, obligatoire, est assez extraordinaire et entrent tout à fait dans une vision dialectique -ergologique- de l'activité. Elles montrent à quel point Marx est loin des schématisations (même s'il a dû comme tout un chacun y tomber parfois lui-même, par "la force des choses") qui ont fait l'objet de sa pensée dans les aléas du processus d'organisation du prolétariat. Organisation qui se poursuit avec et « en parallèle » à la réorganisation ininterrompue du travail dans la production mondiale, et les grandes sources de main d’œuvre grandes productrices de plus-value, en unité avec les secteurs plus développés technologiquement et scientifiquement des forces productives.

Car la classe ouvrière au sens strict continue de croître globalement, même si son poids relatif diminue dans le salariat dans les pays les plus développés qui peuvent d’ailleurs être en passe de perdre leur « avance de développement", contradiction du "développement inégal". Et le salariat de se généraliser, même et surtout dans la précarité qu’entraîne le développement du capital et d’un rapport de force provisoirement mis à mal par cette réorganisation générale mondialisée, antichambre possible du communisme, de la conscience humaine collective développée, généralisée.

 

La "capitalisation" de l'activité y a un double et unique sens : à la fois "l'accumulation" et la "naturalisation", comme au sens par exemple d'une l'image de "naturalisation administrative", à laquelle on n'échappe pas d'une façon ou d'une autre, quelques soient nos rapports "matériels et moraux" à la chose lorsqu'on appartient de gré ou de force à une entité, avec les contradictions internes isolées ou générales de cette "accumulation-naturalisation", contradiction niant une vraie naturalisation, celle de l'homme avec la nature et celle de la nature dans l'homme...et non une naturalisation au capital.

 

En ce sens, il y a là une démonstration de la continuité de la pensée marxiste avec les manuscrits de 1844, les Thèses sur Feuerbach, etc., il y a processus de pensée dans lequel l’anthropologie matérialiste fait base aux « sciences dures » contenues dans « Le Capital » et qui en font une démonstration (comme l'affirme Marx) succédant à un empirisme qui a déjà donné toute sa vision concrète et aussi toutes les aspirations et le principe espérance qu’il contient. En ce sens ce chapitre est aussi une part forte du courant chaud de "Le Capital »

P.A.,18 février 2011

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