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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 13:29

L'internationale socialiste : tous derrière Papandréou (L'Humanité, Gaël De Santis, 16 novembre 2010)

cliquer sur le lien ci-dessous :

http://www.pierreassante.fr/dossier/Intern.Social_Huma_16Nov10.pdf

 

Internationale Socialiste L'Humanité 16 nov 2010et....Un commentaire général personnel

sur la situation historique à partir de cet évènement:

   

« La spinta è esaurita »

 

Les valeurs sans dimension, les valeurs d’usage suivent la même accumulation-gel-dévalorisation-destruction que l’accumulation-gel-dévalorisation-destruction des capitaux.

Les valeurs sans dimension croissent d’autant que croissent les forces productives.

Les concepts ergologiques, que l’on pourrait croire à l’abri (du fait qu’ils font appel à cette connaissance et expérience du travail) eux-mêmes sont en prise avec cette accumulation-gel-dévalorisation-destruction liée à la crise par les  lois du capital. Penser le contraire serait affirmer des concepts contraires aux concepts ergologiques et contraires à la réalité de l’activité humaine : ce serait affirmer qu’il existe un travail abstrait pur alors que l’activité est toujours concrète, que la représentation de l’activité est abstraite, que cette abstraction est mise tête en bas par l’échange marchand des valeurs d’usages, travail compris, dont la représentation abstraite « parfaite » est le salaire, et la possession abstraite « parfaite » la propriété privée.

Dans le cadre de ces 2 siècles de la grande industrie mécanisée, de la révolution bourgeoise et des institutions et cultures qui correspondent à cette grande industrie mécanisée, c’est la poussée de la révolution bourgeoise qui est épuisée et qui appelle à une autre civilisation.....

.....Le texte entier : ici

« La spinta è esaurita » (la poussée est épuisée, éteinte). Berlinguer le disait début des années 1970   pour la révolution d’octobre russe prolétarienne.

 

Mais dans le cadre de ces 2 siècles de la grande industrie mécanisée, de la révolution bourgeoise et des institutions et cultures qui correspondent à cette grande industrie mécanisée, c’est la poussée de la révolution bourgeoise qui est épuisée et qui appelle à une autre civilisation.

 

L’illustration de la situation grecque, économique, financière, institutionnelle, électorale, est une représentation d’une situation qui se répand à toute notre civilisation dite « occidentale », celle du capitalisme avancé.

 

Le repli des couches populaires, vers le passé et sa mythisation conservatrice avec le vote d’extrême droite ou la défection massive des urnes, lucide et consciente de la réalité de la démocratie représentative en crise dans la crise ou « purement » protestataire, montre que seules une part des couches moyennes se sentent encore concernées, et pour un temps seulement si la crise ne trouve pas d’issue.

 

De là à préconiser le refus de cette forme de démocratie pourrissante par l’appel au boycott des élections, il n’y a qu’un pas. Je pense cependant que cette défection est la négation de ce pourrissement, et que la construction de formes nouvelles s’appuyant sur la démocratie du producteur du « que, quoi et comment produire » ne se nourrira pas que de l’abstention mais de tout ce qui se manifestera au-delà de la négation, comme négation de la négation, en particulier l’expression de forces de transformation à l’intérieur de la démocratie bourgeoise, et qui peut ou non s’exprimer dans des élections « traditionnelles ».

 

Rien ne dit que des mouvements d’ampleur comme celui pour les retraites ou d’ampleur plus grande encore, ne s’exprime pas par un rejet non des élections, mais des hommes qui portent ce refus du changement et les privilèges qui accompagnent les gestionnaires du capital.

 

L’ampleur de la crise est à la mesure de l’ampleur de la suraccumulation de capital, l’ampleur de la suraccumulation de capital est à la mesure de l’ampleur du développement des forces productives et des contradictions internes du mode de production et d’échange capitaliste. L’ampleur, la rapidité et la fréquence, ce qui s’appelle une crise générale.

 

Les valeurs sans dimension, les valeurs d’usage suivent la même accumulation-gel-dévalorisation-destruction que l’accumulation-gel-dévalorisation-destruction des capitaux.

 

Les valeurs sans dimension croissent d’autant que croissent les forces productives.

 

L’autonomie des objets sociaux, des idées, des sentiments (qui sont « idéels », non « physiques » mais matériels aussi (voir l’article sur la confusion de nos termes usuels, en l’absence d’une conscience qui en forgent d’autres), est réelle mais relative. Toute dé-adhérence « sans retour » est fatale à la santé de l’humanité. La masse-rapidité de la résultante-unité (que l’on peut constater dans l’expérience et connaissance du travail à notre stade) de l’activité micro et macro rend cette autonomie de moins en moins élastique, la solidarité de plus en plus étroite, et les maladies de la solidarité de plus en plus contagieuses.

 

Les concepts ergologiques, que l’on pourrait croire à l’abri (du fait qu’ils font appel à cette connaissance et expérience du travail) eux-mêmes sont en prise avec cette accumulation-gel-dévalorisation-destruction liée à la crise par les  lois du capital. Penser le contraire serait affirmer des concepts contraires aux concepts ergologiques et contraires à la réalité de l’activité humaine : ce serait affirmer qu’il existe un travail abstrait pur alors que l’activité est toujours concrète, que la représentation de l’activité est abstraite, que cette abstraction est mise tête en bas par l’échange marchand des valeurs d’usages, travail compris, dont la représentation abstraite « parfaite » est le salaire, et la possession abstraite « parfaite » la propriété privée.

 

L’activité primitive, le « travail » hors échange marchand issu de l’accumulation privée, ne connaît pas autre chose que les valeurs sans dimension, les valeurs d’usage, parce qu’il ne connaît pas la mesure quantitative de la valeur. Ce n’est que l’échange marchand, puis la transformation de l’outil d’échange, l’argent, en capital, qui donne naissance au travail abstrait. C’est la dépossession, l’aliénation du produit de l’activité de la personne qui donne naissance au travail abstrait, au salaire, mesure quantitative de la valeur de la marchandise travail. L’aliénation est morale parce qu’elle est physique, et non le contraire car dans ce cas elle n’existerait que comme abstraction d’une abstraction, c'est-à-dire une « dé-adhérence conceptuelle sans retour » caractéristique, qui est pourtant une réalité qui nous imprègne totalement parce que nous y vivons dedans. L’acte est concret mais le besoin en est abstrait et par la même occasion le but-besoin humain, la conscience en mouvement de la nature sur elle-même qu’est l’humanité concrète.

 

Il ne s’agit pas seulement d’une transposition de la baisse tendancielle du taux de profit du capital à la baisse tendancielle du taux d’intérêt psychologique, qui prise sricto sensu serait une psychologisation du mouvement réel interne de la société et de la société dans la nature,  il s’agit de la crise de la mesure quantitative de la valeur au moment historique ou croissent d’une façon exponentielle les valeurs sans dimensions, les valeurs incommensurable, c'est-à-dire, tout simplement la production sous toutes ses formes, qu’il faut mettre en santé avec les besoins humains, « matériels et moraux » et la quantité de valeur à extraire de la production « d’objets physiques » au profit d’activité « libre » en gésine, de valeur générale sans dimension. C’est ce qu’il y a de concrètement nouveau à aborder dans le prolongement de la pensée marxiste. C’est une question de seuil quantitatif qui appelle transformation qualitative.

 

L’ouverture de ces possibilités est liée à la réappropriation et à la croissance fulgurante en quantité et en qualité du surproduit du travail.

 

Pierre Assante, 16 novembre 2010

 

Note-citation

 

C’est ce qui confirme et « s’ajoute » à :

 

«……. La conception matérialiste de l'histoire part de la thèse que la production, et après la production, l'échange de ses produits, constitue le fondement de tout régime social, que dans toute société qui apparaît dans l'histoire, la répartition des produits, et, avec elle, l'articulation sociale en classes ou en ordres se règle sur ce qui est produit et sur la façon dont cela est produit ainsi que sur la façon dont on échange les choses produites. En conséquence, ce n'est pas dans la tête des hommes, dans leur compréhension croissante de la vérité et de la justice éternelles, mais dans les modifications du mode de production et d'échange qu'il faut chercher les causes dernières de toutes les modifications sociales et de tous les bouleversements politiques; il faut les chercher non dans la philosophie, mais dans l'économie de l'époque intéressée. Si l'on s'éveille à la compréhension que les institutions sociales existantes sont déraisonnables et injustes, que la raison est devenue sottise et le bienfait fléau, ce n'est là qu'un indice qu'il s'est opéré en secret dans les méthodes de production et les formes d'échange des transformations avec lesquelles ne cadre plus le régime social adapté à des conditions économiques plus anciennes. Cela signifie, en même temps, que les moyens d'éliminer les anomalies découvertes existent forcément, eux aussi, - à l'état plus ou moins développé, - dans les rapports de production modifiés. Il faut donc non pas inventer ces moyens dans son cerveau, mais les découvrir à l'aide de son cerveau dans les faits matériels de production qui sont là.

Quelle est en conséquence la position du socialisme moderne ?

Le régime social existant, - ceci est assez généralement admis, - a été créé par la classe actuellement dominante, la bourgeoisie. Le mode de production propre à la bourgeoisie, appelé depuis Marx mode de production capitaliste, était incompatible avec les privilèges des localités et des ordres, de même qu'avec les liens personnels réciproques du régime féodal. La bourgeoisie a mis en pièces le régime féodal et édifié sur ses ruines la constitution bourgeoise de la société, empire de la libre concurrence, de la liberté d'aller et venir, de l'égalité juridique des possesseurs de marchandises et autres splendeurs bourgeoises. Le mode de production capitaliste pouvait maintenant se déployer librement. Les forces productives élaborées sous la direction de la bourgeoisie se sont développées, depuis que la vapeur et le nouveau machinisme ont transformé la vieille manufacture en grande industrie, avec une rapidité et une ampleur inouïes jusque-là. Mais de même que, en leur temps, la manufacture et l'artisanat développés sous son influence étaient entrés en conflit avec les entraves féodales des corporations, de même la grande industrie, une fois développée plus complètement, entre en conflit avec les barrières dans lesquelles le mode de production capitaliste la tient enserrée. Les forces de production nouvelles ont déjà débordé la forme bourgeoise de leur emploi; et ce conflit entre les forces productives et le mode de production n'est pas un conflit né dans la tête des hommes comme, par exemple, celui du péché originel et de la justice divine : il est là, dans les faits, objectivement, en dehors de nous, indépendamment de la volonté ou de l'activité même de ceux des hommes qui l'ont provoqué. Le socialisme moderne n'est rien d'autre que le reflet dans la pensée de ce conflit effectif, sa réflexion, sous forme d'idées, tout d'abord dans les cerveaux de la classe qui en souffre directement, la classe ouvrière.

Or, en quoi consiste ce conflit ?

Avant la production capitaliste, donc au moyen âge, on était en présence partout de la petite production, que fondait la propriété privée des travailleurs sur leurs moyens de production : agriculture des petits paysans libres ou serfs, artisanat des villes. Les moyens de travail, - terre, instruments aratoires, atelier, outils de l'artisan, - étaient des moyens de travail de l'individu, calculés seulement pour l'usage individuel; ils étaient donc nécessairement mesquins, minuscules, limités. Mais, pour cette raison même, ils appartenaient normalement au producteur même. Concentrer, élargir ces moyens de production dispersés et étriqués, en faire les leviers puissants de la production actuelle, tel fut précisément le rôle historique du mode de production capitaliste et de la classe qui en est le support, la bourgeoisie. Dans la quatrième section du Capital, Marx a décrit dans le détail comment elle a mené cette œuvre, à bonne fin depuis le XV° siècle, aux trois stades de la coopération simple, de la manufacture et de la grande industrie. Mais, comme il le prouve également au même endroit, la bourgeoisie ne pouvait pas transformer ces moyens de production limités en puissantes forces productives sans transformer les moyens de production de l'individu en moyens de production sociaux, utilisables seulement par un ensemble d'hommes. Au lieu du rouet, du métier de tisserand à la main, du marteau de forgeron ont apparu la machine à filer, le métier mécanique, le marteau à vapeur; au lieu de l'atelier individuel, la fabrique qui commande la coopération de centaines et de milliers d'hommes. Et de même que les moyens de production, la production elle-même se transforme d'une série d'actes individuels en une série d'actes sociaux et les produits, de produits d'individus, en produits sociaux. Le fil, le tissu, la quincaillerie qui sortaient maintenant de la fabrique étaient le produit collectif de nombreux ouvriers, par les mains desquels ils passaient forcément tour à tour avant d'être finis. Pas un individu qui puisse dire d'eux : c'est moi qui ai fait cela, c'est mon produit.

Mais là où la division naturelle du travail à l'intérieur de la société est la forme fondamentale de la production, elle imprime aux produits la forme de marchandises, dont l'échange réciproque, l'achat et la vente mettent les producteurs individuels en état de satisfaire leurs multiples besoins. Et c'était le cas au moyen âge. Le paysan, par exemple, vendait à l'artisan des produits des champs et lui achetait en compensation des produits de l'artisanat. C'est dans cette société de producteurs individuels, de producteurs de marchandises, que s'est donc infiltré le mode de production nouveau. On l'a vu introduire au beau milieu de cette division du travail naturelle, sans méthode, qui régnait dans toute la société, la division méthodique du travail telle qu'elle était organisée dans la fabrique individuelle; à côté de la production individuelle apparut la production sociale. Les produits de l'une et de l'autre se vendaient sur le même marché, donc à des prix égaux au moins approximativement. Mais l'organisation méthodique était plus puissante que la division du travail naturelle; les fabriques travaillant socialement produisaient à meilleur marché que les petits producteurs isolés. La production individuelle succomba dans un domaine après l'autre, la production sociale révolutionna tout le vieux mode de production. Mais ce caractère révolutionnaire, qui lui est propre, fut si peu reconnu qu'on l'introduisit, au contraire, comme moyen d'élever et de favoriser la production marchande. Elle naquit en se rattachant directement à certains leviers déjà existants de la production marchande et de l'échange des marchandises : capital commercial, artisanat, travail salarié. Du fait qu'elle se présentait elle-même comme une forme nouvelle de production marchande, les formes d'appropriation de la production marchande restèrent en pleine vigueur pour elle aussi.

« Dans la production marchande telle qu'elle s'était développée au moyen âge, la question ne pouvait même pas se poser de savoir à qui devait appartenir le produit du travail. En règle générale, le producteur individuel l'avait fabriqué avec des matières premières qui lui appartenaient et qu'il produisait souvent lui-même, à l'aide de ses propres moyens de travail et de son travail manuel personnel ou de celui de sa famille. Le produit n'avait nullement besoin d'être approprié d'abord par lui, il lui appartenait de lui-même. La propriété des produits reposait donc sur le travail personnel. Même là où l'on utilisait l'aide d'autrui, celle-ci restait en règle générale accessoire et, en plus du salaire, elle recevait fréquemment une autre rémunération : l'apprenti ou le compagnon de la corporation travaillaient moins pour la nourriture et le salaire que pour leur propre préparation à la maîtrise. C'est alors que vint la concentration des moyens de production dans de grands ateliers et des manufactures, leur transformation en moyens de production effectivement sociaux. Mais les moyens de production et les produits sociaux furent traités comme si, maintenant encore, ils étaient restés les moyens de production et les produits d'individus. Si, jusqu'alors, le possesseur des moyens de travail s'était approprié le produit parce que, en règle générale, il était son propre produit et que l'appoint du travail d'autrui était l'exception, le possesseur des moyens de travail continua maintenant à s'approprier le produit bien qu'il ne fût plus son produit, mais exclusivement le produit du travail d'autrui. Ainsi, les produits désormais créés socialement ne furent pas appropriés par ceux qui avaient mis réellement en oeuvre les moyens de production et avaient réellement fabriqué les produits, mais par le capitaliste. Moyens de production et production sont devenus essentiellement sociaux; mais on les assujettit à une forme d'appropriation qui présuppose la production privée d'individus, dans laquelle donc chacun possède et porte au marché son propre produit. On assujettit le mode de production à cette forme d'appropriation bien qu'il en supprime la condition préalable. Dans cette contradiction qui confère au nouveau mode de production son caractère capitaliste gît déjà en germe toute la grande collision du présent. A mesure que le nouveau mode de production arrivait à dominer dans tous les secteurs décisifs de la production et dans tous les pays économiquement décisifs, et par suite évinçait la production individuelle jusqu'à la réduire à des restes insignifiants, on voyait forcément apparaître d'autant plus crûment l'incompatibilité de la production sociale et de 'appropriation capitaliste....... ».

 

Anti-Dühring, F. ENGELS, Socialisme, II. Notions théoriques

   

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