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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 17:50

Matérialisme-et-Empiriocriticisme-Lénine-1909Objets, mouvements, réel, idéel, et ergologie.

matérialisme et idéalisme,

comprendre le monde, agir sur le monde

 

      Note : la "suite et correction" qu'on trouvera dans un article plus haut et plus long consiste à préciser certains passages, à les rendre moins confus si possible et à retirer quelques exemples politiques de celui-ci (par exemple sur la Révolution d'Octobre et ses suites) afin de rendre l'argumenation plus générale. Mais ce qui a été supprimé et que l'on trouve ici n'est pas sans valeurs explicatives. C'est pourquoi cet article-ci n'a pas été supprimé, n'a pas été remplacé par l'autre intitulé "suite et correction...etc." 

 

Certes, plus nous essayons de pénétrer en profondeur dans l’analyse d’un objet, sous le maximum d’angles possibles, dans son mouvement particulier qu’il constitue dans un mouvement d’ensemble et ses interactions, afin de ne pas s’arrêter à sa seule apparence dans une action, plus les mots nous manquent. Le vocabulaire, la sémantique de notre période historique est trop pauvre pour elle, et le vocabulaire nouveau ne peut se créer que lorsque le rapport  entre réel et nouvelle conscience du réel dans son processus permanent s’éclaircit, constitue une « étape » de normalisation-dénormalisation discernable, de saut qualitatif discernable.

 

Le mot « objet » a plus d’un sens ou n’en a pas. Ce peut être, dans nos représentations du réel une entité matérielle tangible, délimitée dans l’espace et le temps dont on prend la « photographie ».

 

Mais un objet ne pas peut  être qu’un « élément instantané » perçu par nos sens, mais au contraire un moment du mouvement d’un processus particulier de la matière (pour moi mouvement de la matière est une tautologie).

 

En ce sens on peut considérer qu’un moment du mouvement de notre cerveau, bien que non tangible à nos sens, et sans appareil qui aide tangiblement (au sens primaire) la perception du cerveau et de ce mouvement du cerveau, est un objet. Certes, on peut dire le cerveau est un objet et son mouvement est son mouvement. Mais cela peut impliquer un concept d’objet sans mouvement, ce qui voudrait dire immobilité donc inexistence. Voilà les limites d’un vocabulaire qui ignore millénairement la dialectique.

 

Il y a certes lieu de considérer, et de constituer dans la dialectique philosophique, des catégories différentes entre objet « matériel » et objet « idéel », même si l’épithète de matériel devrait concerner toute existence.

 

Certes, sans faire cette différence, il est facile de tomber dans l’idéalisme qui consiste à penser qu’on puisse agir sur un objet « matériel » comme on peut agir avec un marteau ou un outil de ce type sur un clou, de la même façon qu’avec une idée.

 

Idéalisme qui a souvent paralysé la volonté et l’action humaine en l’empêchant dans des actes « tangibles » dont on ne peut se passer dans cette action.

 

Mais l’opposé est tout aussi idéaliste en ce sens. Procéder à une dichotomie de l’acte tangible et de l’acte de pensée est tout aussi illusoire.

 

J’essaie de le démontrer, relativement, dans le "Concept de double abstraction", à la suite du concept schwartzien de double anticipation de l’acte industrieux, et de tout acte humain ("DOUBLE ABSTRACTION" texte non publié car proposé pour un Q.A. sur "TEMPS ET TRAVAIL" de l’Université de Provence, Département d’Ergologie, les 13, 14 et 15 Mai 2014).

 

Il y a bien un réel et la représentation du réel. Réel et représentation du réel « fonctionnent » en unité. Evidemment cela implique l’existence d’une espèce pensante, d’une société, pour qu’il y ait pensée, et représentation de même. C’est un mouvement dialectiquement contradictoire. On pourrait dire que quelque chose est commun entre réel et représentation. Et la contradiction que contient ce rapport physique entre des choses physiques doit être en rapport avec les contradictions contenues dans ces choses physiques, dans l’aller-retour de la double anticipation.

 

En ce sens la dichotomie entre réel et représentation du réel-abstraction à travers l’usage de notre vocabulaire ici et maintenant serait-elle moins dommageable pour un juste concept d’unité du rapport entre réel et représentation que l’idéalisme « total » qui consiste à imaginer que les objets ne peuvent exister que dans la conscience ? Certainement.

Les objets existent en dehors de notre conscience, et si l’humanité est détruite, il continuera d’exister des objets qui existeront alors que la conscience de l’humanité aura disparu en tant que telle. Pourtant notre conscience est un objet réel, certes pas dans son sens trivial, mais en tant que mouvement particulier de la matière.

 

Pour prendre deux exemples, un élémentaire-mental et l’autre complexe-mental :

Je saisis un stylo. La décision est prise.

1) Ma main va vers le stylo. Dans le mouvement je contrôle en aller-retour les mouvements de ma main en usant de ma conscience (et de mon inconscient) du mouvement de ma main.

2) Je procède à la construction d’un concept en adhérence avec les normes du moment « établies » dans le système de concepts (concept vygotskien) que mes relations de mon corps (avec mon cerveau compris évidemment) avec son milieu (dont fait partie mon corps), et en déadhérence relative avec mon milieu, c'est-à-dire « majoritairement » en  « adhérence intérieure à moi-même ». Je vais de même procéder par décision et par allers-retours de « contrôle » de mon mouvement de construction d’un concept en réaction avec mon système de concepts « relativement » établi.

Dans le 1) comme dans le 2), il y a bien usage d’accumulation d’expériences de gestes, en conscient et inconscient, dénormalisation-renormalisation de geste, création d’un nouveau geste, usage de l’inconscient et du conscient en unité, etc., déconceptualisation relative-reconceptualisation, ET REALITE NOUVELLE constituée de 2 « objets-mouvement », mon nouveau corps-soi en tant que mouvement dans le nouveau « mouvement général » dans lequel il est inclus.

 

Le matérialisme dialectique et ses travaux pratiques politiques, pour certaines entreprises humaines qui s’en sont réclamées, par exemple la révolution d’Octobre Russe, ou la période staliniste hélas (ce hélas pour préciser brièvement une option), a été un outil, mais cet outil a été utilisé différemment dans les deux cas.

En ce sens, Marx disait que le matérialisme dialectique, il faut s’en méfier, même s’il est indispensable à notre compréhension et notre action sur la réalité.

Les préventions de Lénine, par exemple par rapport à la philosophie de Dietzgen (Matérialisme et empiriocriticisme, page 253), elles sont utiles pour qui ne veut pas seulement comprendre le monde, mais le transformer (en santé ajouterons-nous), mais peuvent masquer en partie ce qui est devenu aujourd’hui une évidence pour l’école ergologiste schwartzienne, c'est-à-dire l’école qui dépasse une vision dichotomisée de l’activité, y compris dans l’analyse du travail concret et du travail abstrait dans le concepts marxiste lié à l’activité humaine dans la société marchande capitaliste.

 

L’argent devient capital parce que l’échange se fait pour l’accumuler, le travail libre parce que la vente de sa force c’est justement la condition nouvelle (et progressiste pour un temps) de cette accumulation. Et aussi les conditions de l’aliénation partielle du producteur de ses concepts, de ses gestes « tangibles », d’une part du produit de ses gestes     « tangibles » et de ses concepts, dans l’unité des 3 éléments de cette aliénation, (la non propriété et la confiscation, et ses contradictions en situation d’exploser pour transformer la propriété en usage, en dépassant la double abstraction de la mesure marchande--travail abstrait).

 

Certes l’état d’idéalisme religieux qui régnait du temps de Jaurès et de Lénine (et qui tend aujourd’hui à se renforcer relativement et contradictoirement à l’intérieur du progrès de la conscience) ne pouvait facilement permettre une autre radicalité qu’une distinction tranchante entre objet idéel et objet tangible-physique. Cependant cette dichotomie de fait, choisie et pratiquée a sans doute eu des effets aggravants sur la conception stalinienne d’automatisme des processus humains répondant à celui d’automatisme mécaniste du développement des forces productives, ce qu’on a désigné par déterminisme historique, social, y compris de la conscience individuelle et collective, même si ce déterminisme en concédait malgré tout l’unité.

 

Il est facile de donner des leçons post festum. Il est aussi facile de simplifier la réalité alors que les questions sur elle frappent à la porte des sciences et des consciences. La vocation dictatoriale, "de droite comme de gauche" se contente bien de cette « facilité » mutilante, stérilisante en oubliant que la pensée, pour notre espèce est son recours et son besoin premier, sous peine de mort.

 

Certes la pensée « sans actes » (mais la pensée n’est-elle pas acte en elle-même ? Ce « sans acte » procède non d’idée d’immobilité, mais de téléologie et de questions de santé de l’acte) est inefficace, stérile, de même que les actes dans une pensée en retard sur les besoins généraux de développement et sur ses besoins propres, sont rétrogrades (rétrograde, même si on ne recrée pas le passé, mais parce que le mouvement régressif de la pensée s’intègre à la réaction, à la contradiction qui freine le mouvement et met sa santé en danger).

 

Pierre Assante, 20 avril 2014

 

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Published by Pierre Assante - dans Travail et philosophie
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