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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 00:01

Emily DickinsonOPTIMISME POLITIQUE.

 

La situation politique, économique, philosophique, c'est-à-dire l’activité humaine UNE dans ces TROIS champs est à la fois inquiétante, intéressante et prometteuse.

 

1-Optimisme à trois niveaux :

 

-Philosophique

L’idéalisme, celui qui est mécaniste, paradoxalement, c'est-à-dire celui qui croit (croire) sans douteS, sans interrogations, sans construction d’un processus du savoir, dont les options de croyance sont figées sur les éléments « terre à terre » du moment n’est pas en croissance. Il est en rigidification, celle de la vieillesse. Il mobilise plus sectairement, plus violemment,  mais moins massivement. Ce qui était massivement dans les peuples une pensée installée, trouve contestations, exemples de modes de vie différents, moralement, quotidiennement, pratiquement.

Le matérialisme mécaniste, celui qui a fait les certitudes des prises de pouvoir par la bourgeoisie et son argent est en recul au profit d’interrogation sur l’unité de l’espèce humaine, son besoin de solidarité à l’intérieur d’elle-même et avec la nature dont elle fait partie.

 

L’idée que la relation dialectique entre tous les éléments du cosmos et pourquoi pas de l’univers, peut ne pas être limitée aux relations immédiates dans le temps et l’espace à notre portée, fait avancer une vision qui ne limite pas la nature et la pensée, les relations que peut entretenir l’humanité avec l’univers, à l’environnement immédiat. Cette vision est matérialiste et spiritualiste, bien plus que ne peuvent l’être le spiritualisme vulgaire et le matérialisme vulgaire et leur emprise sur le communisme vulgaire, sur lequel cracher est puéril, et sur lequel analyser pour la suite du processus est utile et beau.

 

Le communisme peut entrer dans une phase de développement nouveau, celui du matérialisme dialectique, correspondant au développement nouveau atteint par le développement de cette nouvelle pensée humaine, ses techniques, son organisation. Ce n’est pas  le dévoiement  relatif et partiel de ce développement par l’échange capitaliste A-M-A’mutilant qui peut mettre en danger total le processus de conscience de la nature sur elle-même, d’autant qu’il est ridicule de limiter ce processus à notre environnement perceptible, celui qui est limité par la limite de nos sens et par nous-mêmes si nous nous considérons en tant qu’individus isolés.

 

-Politique

Ces éléments de conscience dans le processus naturel entrent aussi en politique. Ce qui peut nous désespérer c’est la relation entre notre durée d’action en tant qu’individus et les obstacles immédiats à surmonter.

Il y a propension en fonction des pesanteurs de notre histoire et de l’isolement artificiel, mental, malsain (malsain au sens qu’il ne répond pas au besoin de santé, c'est-à-dire de lutte contre les maladies de développement humain au stade actuel) qui caractérise notre héritage culturel marchand au terme de ses contradictions, soit à attendre, comme en attendant Godot, la suite des processus politiques et autres, pour qu’il nous conviennent enfin, soit à l’attendre en désespérant de ces processus en fonction de ce qu’ils comportent d’inachèvements par rapport aux besoins que l’on peut ressentir et imaginer. Et en fait attendre de ces deux façons simultanément.

La renaissance actuelle en un espoir de transformation, même sous la forme de romantisme politique et ses limites est à mettre à l’actif d’une réaction à cette propension paralysante entretenue par la classe dominante

 

-Economique

Evidemment, la crise avec ses conséquences alimentaires, spirituelles, militaires, peut nous paraître une fin d’humanité. Pourtant il y a réaction à la crise et contestation du mode de production qui l’induit. Bien sûr cette contestation n’est pas achèvement du processus d’échange A-M-A’, et issue dans un mode de production répondant sainement aux besoins humains, mais elle contient cette construction d’un autre mode de production.

Et cette réaction est signe de la poursuite du processus.

 

2 Pour moi ce qui est fondamental,

Ce qui fonde l’humanité dans la continuité et les sauts de son processus, et qui détermine la santé des 3 champs, dans leur unité, c’est l’élément philosophique, c'est-à-dire la conscience en mouvement, dans le processus global, de l’humanité sur elle-même, fraction intriquée de la nature sur elle-même.

 

-« Lo senigrand vau pas morir dit Cassian ». (« Le grand-père, vieillard, ne veut pas mourir », Le Credo de Cassian*, de Victor Gelu)

Bien heureusement, et le jeune non plus, instinct de l’espèce, mais pas pour les mêmes raisons, ou pour des raisons pas exactement identiques, ce qui serait impossible, puisque le mouvement exclut l’égalité identitaire, l’équilibre absolu, mais des sauts mesurés d’identités et de déséquilibres.

Parce que le travail a conduit la pensée à devenir le besoin essentiel pour toute entité pensante, et pour la nature « en conséquence », en rapport dialectique avec une infinité relativement insaisissable et ses limites relativement saisissables.

 

-Il n’y a pas de vie sans douleurs,

ni sans remèdes à la douleur, c’est à dire sans réponses au processus des besoins qui l' engendrent. Depuis que nous sondons le processus de la pensée humaine, la pensée elle-même contient ces remèdes, ou du moins les humains et les philosophes qui les symbolisent, ont cherché, non sans succès relatifs, ces remèdes dans la pensée.

 

-La résurrection,

forme naïve et souvent mécanique de cette recherche de remède à la douleur témoigne de l’approche de la pensée et de la résolution relative des besoins et des douleurs **. Elle n’est pas à mettre au rebus ni à faire l’objet d’une critique mécaniste de l’idéalisme. Ernst Bloch nous a parlé du matérialisme dans le christianisme, avec bonheur et dans les limites de la critique de l’idéalisme qui étaient les siennes et sont repoussées plus loin à chaque moment du processus humain. Lénine lui-même dont l’action répondait au plus près à l’investigation pratique du processus humain n’hésitait pas à reconnaître la proximité de l’idéalisme intelligent du matérialisme dialectique.

 

En l’état de notre conscience individuelle dans la conscience collective, sombrer dans l’idéalisme et le matérialisme mécaniste n’est pas hors de propos de notre temps. Les aller-venues de notre pensée entre notre réalité perçue et les aptitudes cérébrales de notre corps dans le corps de l’humanité et de la nature, à imaginer le futur et à agir sur le présent, ne nous dispense jamais de cet autre aller-retour simultané de notre pensée entre l’observation de l’effet de nos actes et leurs besoins de santé.

Il y a loin de la coupe aux lèvres entre cette « consolation » de l’enfant qu’est l’humain et l’état de son développement. Pourtant elle « flotte » parmi nos illusions portées par l’enrichissement marchand. Elle veut être plus qu’une consolation passive.

 

-Pour ce qui est de l’optimisme,

outre notre attente dans la durée, l’attente de l’immédiat comporte déjà des réponses insoupçonnées par et pour qui est figé sur sa douleur ou son plaisir, ce qui est presque la même chose et comporte presque les mêmes effets et maladies.

Le pessimisme de Lucrèce n’était pas unilatéral. Sa recherche de paix « sur la montagne »*** non plus. C’est bien y compris « là-haut » le mouvement qui l’intéressait….

 

Pierre Assante, 8 septembre 2012

 

* « Le vieillard, le grand-père ne veut pas mourir », Le Credo de Cassien, de Victor Gelu, 1854) :

...Maduro avan lou tem, ma testo, qué vies blanquo / A glena quaouquei gran dedin chasque gara./Mies que lo marguiié qué ronflo su sa banquo / Ai souven tria dé grame ei sermon doou cura. / Dei prepaou dei moussu, dei cansoun dei femelo, dei questien dei nistoun, surtou, mi sieou nourri: / Tan qu'un secrè nouveou coutiguo ma cervelo / Lo senigran voou pa mouri !... 

 

** "Car l’adieu c’est la nuit", Emily Dickinson. 


*** "sed nil dulcius est bene quam munita tenere / edita doctrina sapientum templa serena, / despicere unde queas alios passimque videre / errare atque viam palantes quaerere vitae...."

De Natura Rerum, Lucrèce (-99 55)

 

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