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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 09:28

Goblot civilisation« …Mais la défense de la démocratie ne peut se contenter du maintien des institutions démocratiques en l’état.

 

Qui n’avance pas recule. La démocratie du travail, du droit du travail, du pouvoir des producteurs sur le « que produire et comment produire », peut seule répondre à un élargissement de la démocratie et répondre aux attaques mortelles qu’elle subit aujourd’hui… »

 

Certains ont cru voir, en particulier dans le milieu anarchiste (pour qui j’ai le plus grand respect, quelles que soient mes critiques), une défense du stalinisme dans cette contribution de décembre 2007. Il s’agit du contraire. Il s’agit d’une analyse le condamnant. Condamnation non abstraite, mais dans la réalité historique, dans le mouvement de l’histoire de l’humanité et ses moments réels.

 

Lorsqu’on lit les œuvres complètes de Lénine, on peut aborder cette lecture soit comme un culte quasi religieux, soit un énorme témoignage d’un moment historique à étudier d’une façon critique.

 

14mai10 003De ce moment historique, on peut constater, d’abord, les données historiques d’un évènement énorme dans l’histoire de l’humanité. Ensuite les limites historiques de cet évènement. Enfin le contenu de ces limites historiques, en particulier la relative mais forte assimilation du matérialisme dialectique et du matérialisme historique par le mouvement bolchevik, et la relative superficialité et insuffisance de la connaissance et mise en pratique de la critique de l’économie politique dans son aspect « dur », théorique et mathématique le plus poussé ; si cette constatation n’est pas fantaisiste de ma part, l’état économique de la Russie de l’époque pourrait en être une explication.

 

Le niveau de développement économique et les caractéristiques culturelles d’un peuple, dans toute sa diversité et toutes ses composantes ne sont pas des éléments séparés, ne connaissent pas une frontière et procèdent d’une unité. Unité qui fonctionne dans celle de l’humanité entière.

 

N’oublions pas non plus que Lénine lui-même a critiqué après coup, avant sa mort, la trop forte russification du mouvement ouvrier international. Cette critique interne valant pour la critique générale.

P.A., 21 février 2011

 

Question de démocratie :

Contribution de Pierre Assante

Section du 8ème arr. de Marseille


17 décembre 2007

 

Faisons court.

 

Pour répondre à des questions encore fréquentes aujourd’hui, y compris dans l’assemblée des secrétaires de section du 8 et 9 décembre : qu’est-ce qui caractérise le stalinisme ?

 

Un conception déterministe de l’histoire accompagnée, paradoxalement, d’une « fin justifie les moyens » destinée à atteindre les fins « déterminées » et justifiant souvent d’autres ambitions. D’où les goulags puis les hôpitaux psychiatriques. Mettons toutefois en mémoire, et en face, les morts et destructions des guerres impérialistes, celles des politiques colonialistes, celles des répressions ouvrières et le gaspillage monumental du travail et des forces humaines en France et dans le monde aujourd’hui, que nous devrions soumettre à l’évaluation de nos concitoyens.

 

Le PCF a-t-il été stalinien ?

 

Tous les historiens objectifs, (De Gaule y compris, pour l’anecdote) diront que la marque première de ses choix politiques reposent sur l’humanisme, la démocratie, le poids de sa participations aux institutions pour faire peser des orientations de classe dans les politiques nationales, communales, et la combinaison de l’action dans les institutions et l’action de masse.

 

Ce qui ne veut pas dire que « la fin justifie les moyens », ou à l’opposé l’illusion d’un « effet automatique et plus grand qu’en réalité de la participation aux institutions » n’aient pas marqué des moments importants de la politique du PCF. Par exemple dans une centralisation non démocratique, excessive (mais pas systématique) des décisions, plutôt qu’une cohérence basé sur le "rassemblement" des observations et des initiatives.

 

Les critiques officielles ou officieuses des soviétiques dans la période stalinienne et Brejnévienne sur « la mollesse » du parti communiste français témoigne de la différence du PCF comme d’autres partis communistes, le parti italien par exemple.

 

A contrario, les « réformes internes » du PCF ont plus porté sur une dissolution des principes et du vocabulaire contesté que sur une reconstruction critique (2).

 

Le léninisme est-il stalinien ?

 

Pour Lénine, comme pour Trotski, mais avec des analyses différentes (1), il n’y a pas une conception déterministe de l’histoire ni « une fin justifie les moyens ». Il y a un énorme affrontement déjà mondial de forces humaines s’opposant dans les idées et les faits, affrontement dans lesquels il faut faire des choix et prendre des décisions d’action, violente y compris, par nécessité quand cela le demande et non par principe.

 

Nous avons eu la chance en Europe (en général), au moment du Front Populaire de 1936, puis depuis l’après guerre de 39-45, de bénéficier des retombées crées par le rapport de forces des ces monstrueuses batailles. Préserver la démocratie et la paix aujourd’hui passe par la défense de ce rapport de forces bien mis à mal par la chute des « pays de l’Est », l’adaptation du capital à la mondialisation informationnelle, le recul de l’analyse marxiste, l’intégration des élites scientifiques et gestionnaires à la « politique de l’actionnariat, de la bourse des valeurs, des grandes féodalités financières qui se partagent et privatisent le monde ».

 

Mais la défense de la démocratie ne peut se contenter du maintien des institutions démocratiques en l’état.

 

Qui n’avance pas recule. La démocratie du travail, du droit du travail, du pouvoir des producteurs sur le « que produire et comment produire », peut seule répondre à un élargissement de la démocratie et répondre aux attaques mortelles qu’elle subit aujourd’hui.

 

Pierre Assante, 17 décembre 2007

 

(1) relire par exemple, « matérialisme et empiriocriticisme » ou les « cahiers philosophiques » d’Oulianov, tomes 14 et 38.

 

(2) La critique constructive d’un Henri Lefebvre par exemple est hélas restée dans le silence et les oubliettes, particulièrement après les évènements de 1968 et dans la période des années 70, après le départ de Waldeck Rochet, et leur suite, les années 90 de la chute des « pays socialistes » et de la reprise en mains du rapport de force aboutissant pour nous, aujourd’hui au sarkozisme.

 

http://www.bdr13.pcf.fr/Contribution-de-Pierre-Assante,5333.html

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