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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 06:46

20101012 021Le Parlement est-il encore légitime pour représenter la voix du peuple ? :

Pourquoi nous demandons la dissolution

Tribune libre de :
- Isabelle Pasquet, Sénatrice
- Michel Vaxès, Député
- Florian Salazar-Martin, Président de l’ADECR 13
- Pierre Dharréville, Secrétaire du PCF 13
- Jean-Marc Coppola, Membre du Comité Exécutif national du PCF, en charge de la réforme des collectivités locales et Vice-Président de la Région PACA
- Christine Mendelsohn, Membre du Comité Exécutif national du PCF, en charge du Parti de la Gauche Européenne


REGARDS8 novembre 2010

La loi portant de graves entailles dans le droit à la retraite vient d’être votée par les parlementaires de la majorité. Cet acte pose la question de la représentativité du Parlement et en particulier de l’Assemblée nationale. 

Il faudrait rappeler que depuis le début, le parcours de ce projet de loi a été émaillé de dénis de démocratie. Il faudrait rappeler que le gouvernement et la majorité ont troqué une onéreuse « pédagogie » pour un passage en force brutal. Il faudrait rappeler que les deux tiers de l’opinion se déclarent opposés à cette réforme. Il faudrait rappeler, évidemment, la puissance, la ténacité et la profondeur du mouvement populaire initié par les forces syndicales unies de notre pays. Il faudrait rappeler, terrible aveu, qu’après avoir expliqué que cette loi allait tout régler, on a introduit une nouvelle échéance visant à pousser plus loin encore la destruction du système de retraites. Il faudrait rappeler enfin l’épisode ubuesque qui nous a été servi par la paire Woerth-Bettencourt durant toute cette période, comme un symbole dépouillé de la collusion de classe entre le gouvernement et les puissances d’argent.

Utilisant la violente crise qui frappe le monde plutôt que de la combattre, le pouvoir en place n’a eu de cesse de chercher à mater son peuple pour l’asservir au bénéfice des marchés financiers et la représentation nationale a ratifié sa démarche. 

Jamais l’Assemblée nationale, représentation du peuple élue au suffrage universel direct, avertie du rejet massif de cette loi, n’aurait dû voter contre le peuple. Un tel décalage et un tel déni de démocratie ne sauraient passer sans conséquences.

Ce d’autant que cet évènement gravissime survient après le précédent du 8 février 2008 (ratification parlementaire du Traité de Lisbonne après le rejet par référendum du TCE) et au bout d’une série de remises en cause des principes fondamentaux de notre République qui a trouvé un paroxysme cet été avec la chasse aux Rroms, assortie d’insultes contre les instances internationales, marquant ainsi l’irruption d’un racisme d’Etat. On ajoutera à cela pour faire bon poids le projet de réforme des collectivités territoriales qui vise à faire la contre-révolution dans les institutions qui fondent l’exercice de la démocratie dans notre République.

Cette majorité n’est pas légitime pour poursuivre les réformes engagées, pour voter le budget de la sécurité sociale ou celui de la nation.

Nous sommes donc au cœur d’une crise politique et institutionnelle majeure, marquée par un exercice du pouvoir solitaire et autoritaire par le Président de la République. Il faut donc que le peuple puisse reprendre la main, qu’il dise s’il veut poursuivre dans cette voie ou s’il veut en changer. 

Un appel à la dissolution ne saurait être disjoint d’un retentissant appel préalable au retrait de la loi et à sa non-promulgation. Nous ne saurions en effet reconnaître une loi qui est illégitime de fait. Et avec le mouvement qui continue de se déployer, nous ne raterons pas une occasion de lancer cet appel au retrait, et de proposer nos solutions alternatives.

Mais en posant aussi cette question politique, nous ouvrons le débat sur l’alternative et l’autre choix de société que demandent de nombreux acteurs et actrices du mouvement. Nous avons entendu au sein des manifestations les doutes qui existent sur la possibilité d’une réponse politique aux questions posées. Nous voulons ouvrir une véritable alternative, un véritable changement, un autre choix de société et une autre répartition des richesses. Nous voulons que ce qui existe aujourd’hui dans les têtes se retrouve demain dans les urnes et dans les politiques mises en œuvre. Nous ne nous résignons pas à ce décalage persistant entre le peuple et sa représentation. 

L'Humanité18.01.08La dissolution n’est pas une arme fatale dont nous voudrions faire une revendication du mouvement social. Il s’agit simplement de tirer le plus logiquement du monde les leçons de la période en replaçant le débat démocratique là où il doit trouver son cœur : au Parlement, et non à l’Élysée. Cela engage celles et ceux qui veulent que ça change à un investissement majeur dans un processus populaire de construction d’un projet, de consolidation de majorités d’idées, de création d’une dynamique populaire inédite. Il faut donner au peuple toute sa place dans l’exercice politique du pouvoir et engager concrètement la construction d’une 6ème République. C’est la démarche engagée par le Front de gauche, elle doit gagner en envergure. Nous ne saurions être mis dans le même sac que celles et ceux qui pratiquent la politique dans le mépris du peuple. Et il ne peut suffire d’un remaniement ministériel cosmétique qui ne viserait qu’à poursuivre ce qui a été engagé.

Si notre démarche n’est pas de pétitionner pour la dissolution, nous voulons contribuer à ouvrir le débat sur le projet, à gauche. Sur la perspective politique. Nous sommes persuadés qu’il est indispensable que le débat politique se développe et permette de construire un mouvement populaire puissant à l’unisson du mouvement social pour faire vivre une alternative politique durable.

Pour paraphraser Bertolt Brecht, quand le peuple n’est pas d’accord, ce n’est pas le peuple qu’il faut changer, ce sont les choix politiques. C’est la politique !

- Isabelle Pasquet, Sénatrice
- Michel Vaxès, Député
- Florian Salazar-Martin, Président de l’ADECR 13
- Pierre Dharréville, Secrétaire du PCF 13
- Jean-Marc Coppola, Membre du Comité Exécutif national du PCF, en charge de la réforme des collectivités locales et Vice-Président de la Région PACA
- Christine Mendelsohn, Membre du Comité Exécutif national du PCF, en charge du Parti de la Gauche Européenne

http://www.bdr13.pcf.fr/Pourquoi-nous-demandons-la.html

Photo journal l'HUMANITE du 18 janvier 2008

Voir en haut un lien en cliquant sur la page du journal REGARDS de novembre 2001 insérée en illustration.


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commentaires

andres bryant 14/11/2010 13:08


Bonjour

Je souhaite avoir une précision sur l'article que vous avez publié avec quelques autres élus , intitulé Pourquoi nous demandons la dissolution de l'Ass. Natle. La fin de l'article me pose question
parce qu'il contredit le sens du titre. Je souhaite savoir si oui ou non c'est votre demande.
En ce qui me concerne, à Abbeville, au plus chaud de la mobilisation, il me semblait que c'était l'orientation politique qu'il fallait prendre sans hésiter pour aider la mobilisation et lui ouvrir
,une issue utile pour le peuple et notre sensibilité politique.
Sur la tribune sur le site de l'Humanité se trouve mon commentaire et ma demande d'éclaircissement. Même si en phase de démobilisation cette demande est moins à l'ordre du jour, pourquoi ne le
serait-elle plus du tout ? Sans issue politique toute cette mobilisation, ce potentiel mobilisé me semble gâché et je vois un danger pour les luttes ultérieures.

Andrés Bryant, PCF Abbeville


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