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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 07:15

Article publié une première fois sur ce blog le 6 février 2014 :

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Je reprends un extrait d’un article précédent :

 

Dès la naissance la personne humaine est confrontée à la rechercher de la résolution de ses besoins.

Le développement de son cerveau, sur la base de sa constitution biologique s’effectue à travers le contact social et la résolution de ses besoins qu’elle y trouve.

 

L’être social se constitue.

De la « mise en synergie » des perceptions à la constitution de concepts, de systèmes de concepts, de la dénormalisation-renormalisation de systèmes de concepts, le mouvement cérébral en aller-retour entre le besoin de l’individu et celui de la société humaine se « réorganise » en accumulation en « spirale » et en « strates ».

Chaque strate précédente n’est pas une strate archéologique morte. Elle est réorganisée dans une transformation qualitative qui en se complexifiant simplifie les relations entre les données et leurs interactions.

Les données nouvelles s’intègrent et se « condensent » avec les données anciennes et leurs relation s’assouplit. La synthétisation s’intègre à l’accumulation.

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J’ajoute :

 

Lorsque l’on utilise moins,  volontairement ou par « oubli », nos systèmes de concepts, ils ne disparaissent pas, ils s’enfouissent dans les profondeurs, ils cessent de s’agiter fortement comme la mer après la tempête mais restent en mouvement « atténué ».

De même que tout souvenir douloureux ou heureux se calme, trouve « une place » dans le « tiroir » d’où un  évènement (une chose qui se passe et le rappelle –appeler de nouveau) l’en tire plus ou moins « au jour » de la conscience et de l’inconscience.

De même le taux d’intérêt psychologique tend à diminuer, l’activité cérébrale à « se mettre en veille » lorsque l’accumulation cérébrale ne trouve pas un usage « intéressant ».

 

Le « capital constant de la mémoire » qui occupe une place de plus en plus grande ne peut que tendre à abaisser le taux d’intérêts psychologique et le profit que peut tirer l’activité cérébrale ne peut grandir que par l’augmentation de la masse de son activité.

Ceci dépend de toutes les possibilités d’activité de tout le corps en rapport avec l’accumulation cérébrale, ce qui justifie la mort de l’être pensant (et de l’animal pensant) en tant qu’individu et la transmission sociale de la pensée (et de l’instinct animal transcendé par la pensée, les rapports sociaux).

Mais ceci justifie aussi l’activité cérébrale « jusqu’au bout » dans la mesure où l’apport extérieur n’est pas le seul fait du seul corps-soi mais de l’interaction qu’il EST, constitue,  entre lui et l’extérieur (tautologie non sans intérêt puisque elle ne saute pas toujours aux yeux de façon évidente).

 

Le taux d’intérêt psychologique dépend donc des rapports sociaux et les rapports sociaux du taux d’intérêt « global » que l’activité « globale » de la société induit. Lorsque les contradictions internes d’un mode de production tendent à réduire la qualité des rapports sociaux et son effet progressiste, processuel, le corps-soi en subit les freins et en même temps les besoins d’activité cérébrale augmentent.

Ce « en même temps » contradictoire, comme toute contradiction, ne trouve pas automatiquement solution, d’autant qu’elle est une contradiction ni minérale ni biologique, mais sociale donc les 3 à la fois, la pensée étant indissoluble de son support « physique », la nature étant des « toutS » particuliers en rapports dialectiques.

 

La volonté est de l’ordre de la pensée et du rapport d’intérêt entre le « profit » d’un mouvement de pensée et « l’investissement » qu’il demande. Il en est ainsi pour tout concept, toute sensation consciemment perçue, tout sentiment.

 

L’autonomie relative de tout concept, toute sensation consciemment perçue, tout sentiment partant du besoin « matériel et moral en unité », par rapport aux conditions qui les ont induits, créés, est l’élément qui permet les dénormalisations-renormalisations sociales dans l’interaction individu-société.

Cette autonomie est d’autant réduite que l’activité dépend d’un usage de soi contraint par l’autre, d’autres. Il y a comme une demande à flâner dans la vie lorsque la contrainte naturelle, l’anankè naturelle et sociale est utilisée par l’autre. A flâner ou à mourir. Le cas se produit de plus en plus.

 

Non que flâner ne soit pas une activité créative. Mais elle n’est plus une activité « suffisamment » productrice ni productive (au sens du capital, au sens de valeur marchande comme de valeur d’usage) lorsque la contrainte établit une frontière plus ou moins étanche entre le besoin d’activité et sa satisfaction, sa réalisation.

La réalisation est bien l’essence de l’humanité. C’est en quoi une pensée spéculative sans débouché « réalisateur » est stérile : autre tautologie non évidente que Marx a développée dans ses thèses sur Feuerbach (on les trouve sur internet). Il l’a développée dans un vocabulaire correspondant aux conditions du débat de son temps, elles sont incomprises si on refuse de les situer dans leur contexte mais on les « lit » dans le notre.

 

Les thèses sur Feuerbach sont pourtant claires pour qui les aborde sans l’à priori d’une éducation dominante inscrite dans l’idéologie variable en fonction des rapports de forces entre classes sociales.

Une pensée spéculative sans débouché « réalisateur » est stérile, et c’est bien ce que recherche le capital dans la lutte idéologique, car il sait que la conscience est un danger pour lui. La conscience permet de rechercher les solutions à la contradiction interne relativement bloquée du système, et en même temps de le dépasser. Le capital monétaire crée donc ici aussi ses propres contradictions en matière d’efficacité de l’activité en développant l’usage de soi des autres* pour lui et la pensée non opérationnelle dans un même mouvement du profit capitaliste, son mouvement « A-M-A+ »**.

 

Le capital ne peut se dépasser par lui-même, par une volonté interne  propre de dépassement mais par les forces contradictoires qu’il crée en lui-même. Le salariat est la « matérialisation » de cette force interne au capitaliste, comme forme achevée mais en mouvement du travail dans le système capitaliste, travail en crise de croissance. Et le frein à la conscience des salariés, des vendeurs de leur force de travail est évidemment un frein au développement des forces productives et au besoin de leur développement quantitatif et encore plus qualitatif.

 

L’on voit ainsi la relation dialectique entre la « condition matérielle » et la « condition morale » de développement du capitalisme, ses limites et le besoin de son dépassement (suppression par transformation dans la continuité du mouvement).

 

« La réforme de la conscience consiste simplement à donner au monde la conscience de lui-même, à le tirer du sommeil où il rêve de lui-même, à lui expliquer ses propres actes » Correspondance Marx-Engels, Editions sociales, T1, 1971.

 

L’amour est un besoin social, et la sexualité humaine, la fusion maternelle puis amoureuse en est un support « sublimé » vers la personne et vers la société. Il ne peut s’accommoder d’un frein durable à la satisfaction des besoins et au besoin premier humain de conscience de la nature sur elle-même, dans le partenariat amoureux heureux et à plus forte raison dans un « contrat social sans amour » ou tant en manque d’amour qu’est notre société en crise du mode de production ou justement le besoin « matériel » comme « moral » est mutilé par l’horizon restreint du profit, d’un échange « Argent-Marchandise-Argent plus », que la caricature de l’égoïsme bourgeois illustre le mieux dans la prise de conscience du mouvement ouvrier.

 

Pierre Assante, 6 février 2014

 

*   Voir la notion développée par le Professeur Yves Schwartz sur « l’usage de soi par soi-même et l’usage de soi par le, les autres » (« L’activité en dialogue 1 et 2 », Octarès), de même que les notions de dénormalisation-renormalisation et toutes les notions d’ergologie qu’il a développées. (« Expérience et connaissance du travail », Editions Sociales, « Le paradigme ergologique ou un métier de Philosophe », Octarès)

 

** « Argent-Marchandise-Argent plus »

 

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Published by Pierre Assante - dans Travail et philosophie
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