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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 08:53
Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Chers Collègues,
 

Lors des scrutins de ce printemps, les Français ont souhaité tourner la page de dix années de politique de droite. Ils ont sanctionné une méthode de gouvernement brutale et inconséquente. Ils ont aussi exprimé leur défiance à l’égard d’une politique économique incapable de juguler la hausse du chômage et de relancer l’économie. Une politique qui a aggravé les effets de la crise par la multiplication de mesures d’austérité.

L’échec est patent et le bilan du dernier quinquennat calamiteux.

La Cour des comptes soulignait, hier, que la dette a augmenté ces cinq dernières années de près de 600 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 40%. La crise n’explique pas tout. Elle n’a pesé que pour un peu plus d’un tiers dans le déficit actuel. Le niveau des dépenses publiques n’est pas non plus en cause : leur part dans la richesse nationale n’a cessé de diminuer depuis quinze ans. Les causes des difficultés sont à chercher ailleurs, dans les choix politiques désastreux opérés en matière budgétaire et fiscale, l’allégement de la fiscalité des plus fortunés, les quelques 172 milliards d’euros de niches fiscales et d’exemptions sociales accordées aux entreprises, notamment les plus grandes d’entre elles, sans la moindre contrepartie en termes d’emplois…

Indépendamment de la détérioration des comptes publics, faut-il rappeler que le chômage touche aujourd’hui près de 5 millions de nos concitoyens ? Que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté de plus de 20% depuis 2002, parmi lesquelles un nombre croissant de travailleurs pauvres ? Faut-il rappeler aussi que les plans sociaux se multiplient, tandis que notre balance commerciale affiche un déficit de quelques 70 milliards d’euros ?

C’est donc bien d’urgence économique et sociale dont il faut parler !

Aussi, ce que les Français attendent de nous, ce n’est pas de nous engager dans la spirale de la rigueur, mais d’œuvrer au contraire à la relance de l’activité, de nous émanciper des approches comptables pour bâtir les instruments d’une nouvelle donne économique et sociale.

Ce qu’ils attendent, c’est que s’ouvrent des perspectives nouvelles, dans le souci de l’intérêt général et le respect des principes d’égalité et de justice.

Nous ne le dirons jamais assez : nous n’avons pas le droit de décevoir cette espérance de changement. Nous avons une obligation de résultat.

Et nous formulons pour cela des propositions de nature à sortir le pays de la crise et répondre aux attentes.

Parmi ces propositions figure bien entendu la réorientation promise de la politique européenne. A cet égard, les conclusions du sommet européen qui s’est tenu la semaine dernière ne sont guère encourageantes.

Ce sommet a certes permis la mise en place du pacte de croissance que le Chef de l'Etat appelait de ses vœux. Mais sa portée est trop modeste. Ce paquet de quelques 120 milliards d'euros, niché en annexe des conclusions du Conseil européen, n'aura pas la force juridique du pacte budgétaire. L’enveloppe, constituée pour moitié de fonds déjà votés, ne représente au total qu'1% du PIB européen. Cela ne suffira pas à exercer l’effet de levier attendu sur l’activité.

Cette maigre avancée se paie surtout de contreparties que nous jugeons dangereuses, disons même inacceptables. Le donnant-donnant conclu à Bruxelles laisse en effet en l’état le fameux Pacte budgétaire. Destiné avant tout à rassurer les marchés financiers, ce traité ne s’attaque à aucune des causes de la crise actuelle. Il en aggrave au contraire les conséquences en durcissant les politiques d’austérité et en consacrant la mise sous tutelle européenne des politiques économiques et budgétaires nationales. D’ores et déjà, Monsieur le Premier ministre, une grande partie de vos annonces d’aujourd’hui subiront le couperet de ce traité européen.

Nous n'avons, pour notre part, cessé de le dénoncer et continuerons à le faire. François Hollande avait lui-même souligné la nécessité de le renégocier afin de permettre à la BCE de financer directement les Etats et de mettre en place des instruments de coopération et de solidarité. Ces propositions allaient dans le bon sens. Il est indispensable en effet que la BCE fasse usage de son pouvoir de création monétaire pour refinancer les besoins d'emprunt des Etats européens, développer les services publics, favoriser le développement social et la transition écologique. Il n'est pas moins indispensable d’œuvrer à l’ harmonisation des normes sociales et fiscales, de mettre un terme à la concurrence fiscale et sociale, qui détruit des centaines de milliers d’emplois et s’attaque, au nom de la compétitivité, au cœur de notre modèle social.

Vous venez de confirmer, Monsieur le Premier ministre, la demande du Président de la République de faire ratifier « rapidement » par le Parlement le Pacte budgétaire. Nous estimons, quant à nous, qu’il est indispensable que les concitoyens soient consultés par référendum. Seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur la nécessité de nous conformer à un traité qui bafoue la souveraineté du peuple.

La vraie question qu'une majorité de nos concitoyens se pose est de savoir quelle politique mettre en œuvre au plan national et européen pour éviter que les marchés imposent leur loi aux Etats.

Le retour à l'équilibre budgétaire qui sert en ce moment à justifier dans l'Europe entière les politiques de réduction des dépenses publiques n’est qu’un leurre. On ne sortira pas de la spirale actuelle en enfonçant les économies dans la récession. Rien n'oblige, à part les exigences drastiques des marchés financiers, à revenir en quelques années à l'équilibre, alors que nous vivons dans des situations de déficit depuis des dizaines d'années.

La sagesse commande au contraire de réviser ce calendrier, de se doter d’un plan à moyen terme pour réduire le déficit public, d'étaler le redressement et le construire sur des bases saines. L’enjeu est de faire reposer ce redressement sur la croissance, l’investissement et l’emploi.

Vous avez dévoilé quelques-unes des lignes directrices de votre future politique de « rééquilibrage » fiscal. Le relèvement de la tranche supérieur de l’impôt sur le revenu, le rétablissement du barème de l’ISF, la disparition du dispositif d’exonération de charges sociales sur les heures supplémentaires pour les entreprises de plus de 20 salariés, l’imposition des revenus du capital au même niveau que ceux du travail, l’instauration d’une taxe de 3% sur les dividendes distribués aux actionnaires… Autant de mesures qui vont dans le bon sens, comme la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

Mais il est essentiel d’engager une réforme encore plus profonde et globale de la fiscalité afin de la rendre plus redistributrice, plus juste et plus efficace économiquement. Nous devons renverser la logique actuelle : rétablir la progressivité de l’impôt sur le revenu par une refonte du barème ; réduire l’influence des impôts proportionnels comme la TVA, impôt injuste par excellence ; supprimer la TVA sur les produits de première nécessité ; faire cesser ce scandale que 80 % des revenus du capital échappent aujourd’hui à l’impôt sur le revenu ?

Nous nous réjouissons de l'annonce de la suppression de la TVA dite «sociale», qui n'avait d’autre but que de permettre aux entreprises de se défausser de leur part de la solidarité nationale. Mais en ce domaine aussi, nous devons être porteurs d’une autre ambition. Les allégements de cotisations sociales atteignent aujourd'hui 30 milliards d’euros. La Cour des comptes estime que les trois quarts de ses exonérations de cotisations sociales ne bénéficient pas à l’emploi. Nous devons en tirer les conséquences.

Ce qui coûte à l'économie et ce qui plombe nos comptes sociaux, ce n'est pas le coût du travail, c'est la part croissante de la richesse produite versée en intérêts et dividendes. En quinze ans, la part des dividendes dans la valeur ajoutée des entreprises est passée de 24 % à 36 %. C’est la preuve qu’existe en France non pas un problème de coût salariaux mais un problème de coût financier. Comme le rappelait récemment l'économiste Jean-Marie Harribey, «un sixième de la rémunération du capital suffirait aujourd'hui à couvrir les besoins de financement de la sécurité sociale.»

Pour redresser nos comptes publics et sociaux, l'exigence est de mettre un terme à cette confiscation de la richesse nationale. Pourquoi ne pas moduler l’impôt des entreprises selon qu’elles investissent et créent des emplois ou bien au contraire versent des dividendes ? Pourquoi ne pas plafonner les salaires des dirigeants d’entreprises comme des opérateurs de marchés ?

Il ne s’agit pas de simplement moraliser le capitalisme mais de promouvoir une autre répartition des richesses entre capital et travail.

Nous avons bien entendu conscience que la mise en œuvre d’une fiscalité plus juste et plus efficace ne suffira pas à elle seule à résorber le déficit. Mais nous ne croyons pas aux vertus de la baisse des dépenses.

Dans votre lettre de cadrage adressée aux ministres, vous recommandez, Monsieur le Premier ministre, de « stabiliser en valeur les dépenses de personnel ». La Cour des comptes recommande quant à elle de faire reposer cette stabilité sur la réduction de 30000 postes et le gel du point d’indice.

Je le dis tranquillement : après l'annonce d'une hausse minimaliste du SMIC, c'est une seconde très mauvaise nouvelle.

Comment en effet prétendre relancer la croissance en éteignant tous les moteurs possibles de cette relance ? Où sont les perspectives sans hausse des salaires, sans investissements publics, sans mobilisation du crédit bancaire, sans relance de l'emploi industriel ?

A l’instar des économistes Paul Krugman et Richard Layard, qui ont publié dans le Financial Times un manifeste pour « le retour à la raison économique », nous pensons que d’autres choix sont possibles : renégocier, nous l’avons dit, le pacte budgétaire européen, remettre la main sur les leviers du secteur bancaire avec la création d'un pôle public bancaire et financier pour mobiliser l'argent nécessaire, engager une réforme fiscale très profonde.

Face à la multiplication des plans sociaux (10 000 emplois directes ou indirects de PSA) l’érosion continue du pouvoir d’achat des français, la détresse et les espoirs de millions de nos concitoyens, nous ne pouvons se satisfaire de demi-mesure. Vous ne pouvez prendre le risque de la rigueur car ce n’est pas en recyclant les politiques conduites par nos adversaires que nous sortirons le pays de l’ornière.

J’évoquais à l’instant le SMIC. Permettez-moi de formuler des vœux à quelques jours de la conférence sociale. Nous souhaitons que le Gouvernement ne ferme pas la porte aux revendications exprimées par les partenaires sociaux. Que cette conférence ne se résume pas à l’élaboration d’un simple agenda social, mais débouche très rapidement sur des engagements concrets, notamment en matière de réduction des inégalités !

La première des exigences, d’ordre constitutionnelle, est de rendre effective l’égalité salariale entre hommes et femmes. Une autre porte sur le SMIC et avec lui sur l’ensemble des rémunérations. Après plus d’une décennie de stagnation et de recul du pouvoir d’achat, il est temps de nous attaquer au mode de revalorisation des revenus du travail. Il est temps de pénaliser les entreprises qui privilégient l’emploi précaire à l’origine du développement de la pauvreté laborieuse, d’interdire les licenciements boursiers et de la rupture conventionnelle ; d’augmenter des minimas sociaux et la prorogation des droits des chômeurs en fin de droit. Enfin, il est temps de revenir à la retraite à 60 ans pour tous !

Sur le terrain social, les chantiers, on le voit, sont nombreux, de même que sur le terrain de la protection sociale et de son financement. Il nous faut ainsi avancer sur la question, de plus en plus préoccupante, des inégalités d’accès aux soins, dans toute leur diversité : désertification médicale ; taux de remboursement ; suppression des franchises médicales ; interdiction des dépassements d’honoraires…

Notre inquiétude porte également sur la mise en concurrence des territoires. Elle s’est fortement accrue durant ces dix années de politiques libérales. La RGPP menace les emplois et les budgets de nos collectivités. Le gel des dotations, s’il devait se poursuivre, ne permettrait pas à nos territoires ruraux et à nos quartiers populaires de relever la tête. Dix années de démantèlement des services publics locaux ont accentué les disparités en matière de transport, de logement, d’emploi, d’accès au soin. Partout a été organisé le recul de la République pour laisser la place au marché et donc aux profits.

Pour faire vivre nos territoires et enclencher une nouvelle dynamique, la suppression du conseiller territorial, si elle est indispensable, ne saurait suffire. C’est la relocalisation de la production et de l’investissement public qui viendra à bout des crises qui touchent nos agriculteurs comme notre industrie, nos quartiers comme nos villages. Sur ce chantier, des convergences sont possibles pour les différentes composantes de la majorité de gauche. Les député-e-s que je représente entendent y promouvoir une ligne d’audace et de volontarisme.

Parmi ces combats que nous pouvons mener de front, dans la diversité de nos objectifs et de nos ambitions, d’autres propositions communes sont apparues au cours de ces derniers mois. Je voudrais d’abord citer la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs, promise par la Garde des Sceaux et très attendue par les magistrats. La suppression du mot « race » de notre Constitution, que nous demandons depuis la XIIème législature, peut être concrétisée rapidement, tout comme l’ouverture du mariage à tous les couples ou encore celle du droit de vote aux étrangers.

En développant nos priorités, avec une approche que nous voulons dynamique au cœur de la gauche, nous nous posons ici en constructeurs. En constructeur du changement tant attendu. En force de propositions.

Parce que nous voulons que la gauche réussisse. Nous le voulons vraiment. Avec des résultats concrets qui puissent changer la vie du plus grand nombre.

Mais nous craignons vraiment que vos orientations, Monsieur le Premier ministre, conduisent à l’opposé du résultat escompté et nous le craignons d’autant plus que vous ne desserrez par l’étau de la contrainte extérieure.

Voilà pourquoi les députés Front de gauche s’abstiendront aujourd’hui sur ce vote de confiance.

Quant aux députés d’Outre-Mer qui constituent avec nous le groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine, ils assumeront leur pleine liberté de vote, en toute autonomie, comme c’est la règle dans notre groupe parlementaire.

Aucun ne mêlera sa voix à celle de la droite, attachés qu’ils sont tous les cinq à la réussite du changement.

Réussir le changement : n’est-ce pas une volonté partagée de tous les vrais progressistes de cette assemblée.

  

Cette intervention en VIDEO sur : 

http://www.lcp.fr/videos/reportages/138358-andre-chassaigne-ne-votera-pas-la-confiance-a-jean-marc-ayrault

 et

http://www.pcf.fr/  

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 09:38

MASSON.jpgAU FEU !

Edito de Paule MASSON, « l’Humanité » du 29 juin 2012

 

Au moment de la formation du gouvernement, le nom donné à ce ministère avait donné lieu à ricanements. «Ça sonne beau comme un plan quinquennal», ont alors grincé bien des détracteurs. Vu la situation, le nom n’est peut-être pas si mal choisi. Car il faut bien l’avouer, le ministre du «Redressement productif» a du pain sur la planche. Arnaud Montebourg est appelé sur tous les fronts. Il bouge, reçoit, écoute, a recruté une «équipe commando» pour partager le travail, suivre de très lourds dossiers comme Arcelor, Fralib, Rio Tinto, Petroplus, Technicolor, Doux… Son téléphone portable est, paraît-il, saturé de messages de syndicalistes qui crient: «Au feu!» Mais si le ministre, connu pour son volontarisme politique, se contente d’être un pompier des plans sociaux, il n’y aura pas de redressement productif.

 

La situation est déjà plus qu’inquiétante, et pourtant, le plus dur reste à venir. La CGT avait soulevé le lièvre depuis quelques mois mais, depuis hier, il ne fait plus mystère des intentions de PSA de sabrer dur dans ses capacités de production en France. La direction du premier constructeur automobile de l’Hexagone prépare, depuis plusieurs mois, les esprits à accepter l’inacceptable et se rapproche du moment où elle va devoir avouer l’inavouable. «Tous les éléments sont maintenant réunis pour l’annonce, fin juillet, de la fermeture d’Aulnay-sous-Bois», a explosé, hier, Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT du site. Près de 3500salariés travaillent dans cette usine de Seine-Saint-Denis, ce qui amène plus de 10000 personnes à dépendre de PSA dans un département où le taux de chômage est des plus élevés. C’est une hémorragie économique et un désastre social qui se profilent.

 

Les yeux se tournent déjà vers le ministre du Redressement productif. Va-t-il se contenter d’accompagner du mieux possible la restructuration de PSA (gestion des licenciements, reclassements, reconversion du site, etc.) ou va-t-il travailler à empêcher la catastrophe? Question de logique politique qui permet, ou non, d’élaborer le bon diagnostic. Le marché automobile européen est-il vraiment en surcapacité? Est-il en crise de compétitivité ou dans la course à la rentabilité dont le seul but est d’augmenter la marge par véhicule pour satisfaire l’appétit des actionnaires? La filière automobile occupe, en France, un emploi sur dix. Elle est tout simplement vitale pour l’économie. Son excellence technologique est mondialement reconnue. Elle est aussi le creuset d’innovations et, de ce point de vue, beaucoup d’avenirs sont à écrire, avec les véhicules propres, notamment.

 

À moins de nationaliser, l’État n’a pas, il est vrai, tous les pouvoirs. Mais il n’est pas démuni pour tirer sur le frein des délocalisations et du moins-disant social. Les armes sont connues. Des mesures fiscales peuvent, par exemple, sanctionner certaines décisions purement spéculatives. Elles peuvent aussi encourager les comportements vertueux en matière d’emploi, de politique sociale ou d’économie verte. L’arsenal législatif pourrait aussi accorder plus grande confiance dans la capacité des salariés et de leurs représentants à devenir une voix qui compte dans les choix stratégiques, jusqu’à leur accorder, pourquoi pas, un droit de veto. Quant à l’interdiction des licenciements boursiers, depuis le temps qu’on en parle, il serait grand temps de s’en occuper vraiment.

 

Par Paule Masson

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 05:29

Rodolfo RicciVertice di Bruxelles: dentro e fuori dall’ortodossia neoliberista, ma sempre rigorosamente contro il lavoro e per lo smantellamento dello stato sociale.

 

di Rodolfo Ricci

Secondo la ricostruzione de l’Unità, gli esiti del compromesso raggiunto ieri al vertice decisivo di Bruxelles sarebbero riassumibili come segue: ” L’accordo prevede che i paesi ‘virtuosi’ sotto la pressione di spread ‘eccessivì possano usufruire dell’acquisto di una parte dei loro titoli di Stato da parte dei fondi di salvataggio dell’Eurozona (l’Efsf  [Fond Européen de Stabilité Financière] e il suo successore permanente, l’Esm [Mécanisme Européen de Stabilité] ), senza per questo doversi sottoporre a condizioni aggiuntive rispetto agli impegni già presi con la Commissione e l’Eurogruppo nell’ambito delle cosiddette raccomandazioni ‘country specific’, che applicano il ‘Semestre europeo’, il Patto di stabilità e la ‘procedura sugli squilibri macroeconomici. In sostanza, il paese interessato dovrà comunque fare una richiesta formale di attivazione dell’intervento del Fondo di salvataggio, e sottoscrivere un ‘Memorandum of understanding’ (‘Protocollo d’intesa’) con la Commissione europea. Su questo punto Monti non ha ottenuto quello che voleva (l’attivazione automatica dell’intervento quando gli spread superassero una determinata soglia).

I vari mezzi di comunicazione mainstream stanno accoppiando il risultato raggiunto (attribuito in gran parte a Mario Monti e sostenuto da Spagna e Francia), ad una sorta di semi ritirata dell’area tedesca dal fronte del rigore e dell’austerità e soprattutto di rifiuto di solidarietà nella condivisione dei debiti dei Piigs.

Questo serve a convincere l’opinione pubblica nazionale della validità dell’impostazione montiana e di conseguenza tende a rafforzare l’attuale quadro politico, nelle ultime settimane piuttosto vacillante.......

 

....Suite sur ce lien :

http://cambiailmondo.org/2012/06/29/vertice-di-bruxelles-dentro-e-fuori-dallortodossia-neoliberista-ma-sempre-rigorosamente-contro-il-lavoro-e-per-lo-smantellamento-dello-stato-sociale/ 

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 20:19

Y.Schwartàtransformer2

Dans la crise de l’échange, à partir de la démesure prise par une mesure quantitative de l’échange ignorant la valeur sans dimension de l’activité humaine, l’espace tripolaire a tendance à être non pas court-circuité, mais le contraire.

 

Le rapport entre chaque pôle tend à une « isolation » des pôles entre eux. (Voir ci-dessous le Schéma d’un dispositif  dynamique à 3 pôles extrait de « L’activité en dialogues II », ouvrage collectif sous la direction d’Yves Schwartz et Louis Durrive, Editions Octarès, 2009)

 

Hors chaque pôle n’existe qu’en relation avec les autres.

Et chacun est la négation de la négation issue du rapport avec les autres pôles qui dans leur « fonctionnement » jouent le rôle de pôle de l’existant, de pôle de sa négation et de pôle de sa négation de la négation vis-à-vis des autres.

 

Partant du fait qu’il y a un pôle « originel », le travail, qui existe dans chaque pôle, mais dont l’origine est le socle de l’activité et de sa complexification, au même titre que le biologique et le social qu’il unit dans le rapport du passé au futur, l’unité du processus d’humanisation « permanent », si l’on veut considérer les pôles en mouvement, faute de quoi il y a incompréhension, et vision mutilée et action mutilée dans le même mouvement, le travail comme origine ne doit-il pas être très fortement et de façon permanente sous-jacent au schéma le l’acticité tripolaire, de la pensée de ce schéma ?

 

Est-ce que cela est facile à appréhender comme totalité, sans dichotomie dans le système de pensée en mouvement, qui a tendance, dans un mode de vie et de travail dichotomisé par la mesure quantitative de la valeur, à appréhender chaque phénomène séparément ?

 

Il y a là une question à relier à celle des épistémicités et de la santé des concepts ? (voir sur ce blog l’article sur les épistémicités et l’intervention d’Yves Schwartz au séminaire doctoral de l’Institut d’ergologie de l’Université d’Aix-Marseille)

 

Cette réflexion n'engage que l'auteur de ce blog.

 

Pierre Assante, 28 juin 2012

 

Espace Tripolaire schéma

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 08:51

 

 

ETAT DES FORCES, les alliances et la question économique.

 

Une courte réflexion, évidente sans doute, mais peut-être trop peu présente dans nos têtes (1) ?

 

Elections 2012 : Malgré la belle bataille, nous avons eu à faire à un vote en grande partie conservateur.

Il y avait de plus quelque chose de "religieux", dans le romantisme anti-capitaliste qui a remué une partie importante de la population et des salariés.

 

-Vote conservateur des couches moyennes sur la bases de leurs acquis encore importants, et qui jouent le rôle de la petite paysannerie qui votait Napoléon III sur la base de la petite propriété acquise lors de la révolution, et empèchant ainsi un débouché aux gandes luttes ouvrières.

   

-Vote conservateur de la classe ouvrière sur la base de la perte des acquis du mouvement ouvrier, en matière de travail et d'emploi et de qualification en particulier, aspirant à un "retour national" sur le passé connu et regretté

 

-Vote conservateur de gauche, y compris le "notre", repliement sur une préservation frileuses des acquis des 30 glorieuses assimilées au CME social en opposition à une construction mondialisée, et sur le doute de pouvoir en changer le contenu....

 

Cela ne résout pas nos problème et le piège des présidentielles qui s'est refermé sur  nous et qui pèse sur les luttes à venir, mais autant l'avoir en tête comme la réalité de l'évolution des forces productives, leurs capacités techniques et culturelles, leurs contradictions, les aliénations nouvelles qu'elles induisent, opposant l'homme consommateur à l'homme producteur au profit du premier et les relatives mais fortes paralysies sociales que cela induit.

 

On peut observer dans un certain renouveau des forces nouvelles du PCF, une « reconstruction à l’italienne » : de jeunes cadres issus des milieux intellectuels, comme à l’origine du PCI, ce qui est positif en soi mais qui en dit long sur l’état d’aliénation consécutif à l’organisation et la répartition du travail dans la mondialisation capitaliste informationnalisée.

 

Dans ces conditions, la critique de l'économie politique de Marx et ses développements aux conditions actuelles devient plus urgente que jamais.

 

Ainsi que l'union en acte de changement de toutes les couches sociales victimes du capital, couches sociales allant de la classe ouvrière et du salariiat en général, jusqu'aux cadres de gestion lésés et au petit capital localisé, mis hors circuit du crédit, du drainage par ce grand capital de toutes les valeurs créees et des ressouces humaines qui les produisent, drainage vers ses grands groupe et leur spéculation.

 

Peut-il y avoir convergence, rencontre,  entre d'une part la montée des mécontetements et protestations et d'autre part des propositions de solutions économiques , institutionnelles et culturelles à mettre en oeuvre.

 

Pierre Assante, Lundi 25 juin 2012

 

(1) Ce qui est dit n’est jamais entendu tel que c’est dit : une fois que l’on s’est persuadé de cela, on peut aller en paix dans le monde…

(L’éloignement du monde) Christian Bobin

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 10:00

Le texte de cet article a été mis en ligne la première fois sur ce blog le 17/09/2010

 

Révolutionner les conditions de l’échange

  l'ergologie (1) et l’anthroponomie (2)

 

berliguer.jpgLa société marchande a toujours subi des contestations des différentes formes qu’elle a connues à travers son évolution millénaire. Pour la simple raison qu’elle a favorisé depuis sa naissance, qui somme toute est récente dans l’histoire totale de l’humanité, l’enrichissement d’une part de la société au détriment de sa majorité.

 

Cet enrichissement inégal a pourtant permis un enrichissement global et un développement des forces productives, humains dans leurs capacités et techniques et moyens de production qui n’en sont que l’excroissance positive, comme toute formation de la nature.

 

Cependant plus les capacités productives se développent, plus l’enrichissement privé entre en contradiction avec l’enrichissement général parce qu’il prive l’humanité d’une partie toujours croissante des ressources nécessaire à ses besoins. C’est ce que dénonçait déjà des moralistes ou des « économistes primaires » comme Salvien à la fin de l’Empire romain. C’est aussi la source du christianisme qui en s’attaquant au comportements égoïste ne faisait que mettre en lumière un impérialisme antique reposant sur les inégalités de la société de classe. Mais pas seulement cela.

 

rochet.jpgQuand aux liens entre la propriété privée, l’enrichissement et les lois du capitalisme, forme avancée de la société marchande, et les lois du capital découvertes par Marx, ils ne sont pas des éléments séparés dans un fonctionnement global. Les lois du capital sont issues du fonctionnement global de la société marchande dans son évolution de l’échange, principe de toute société humaine, échange dont il a fallu déterminer des mesures marchandes.

 

Les mesures marchandes ne peuvent que refléter les lois de l’échange inégal de la société marchande et le processus « Argent-Marchandise-Argent plus » n’est que la contrepartie de l’appropriation privée.

 

Par contre la mesure de l’échange à partir du temps de travail intégré dans la marchandise a une double propriété : celle de répondre aux besoins en fonction de l’état des forces productives, et celle de limiter les besoins en fonction toujours de cet état des forces productives. C’est en quoi le socialisme et le communisme se différencient car il sont des étapes qui répondent à un état plus ou moins développé des forces productives. Entre parenthèses, cela ne nie pas la nécessité d’une transformation des mentalités elles-mêmes issues et en rapport dialectique avec l’état des forces productives, ou dit différemment, la question morale, capitale, est indissoluble de la question économique, même si c’est l’économie qui est déterminante en dernière instance.

 

travail et ergologie 0001Le siècle dernier à vu différentes formes pour infléchir la dictature de la mesure de la quantité de valeur, mesure dont découlent les prix malgré les variations dues à de multiples autres données de la production et de l’échange, en particulier les données découlant des réalités du développement historique, économique, du savoir, inégal.

 

En fonction de ce développement inégal et des caractéristiques de ce développement inégal et différent des cultures qui en découlent (différences et inégalités n’étant pas superposables), des réponses diverses ont été données pour tenter d’échapper à la contradiction entre besoins et mesure quantitative de la valeur. Dans les société issues « directement » du mode de production asiatique (où s'ajoutent d'autres conditions historiques propres, guerre, concentration ouvrière, capital étranger, nationalités, bourgeoisie naissante....) où par exemple la forme de propriété de la terre ne crée pas une mentalité massive de propriétaire privé, et où l’état des forces productives et des mentalités qui en découlent ne favorise pas l’intervention collective de toute la société dans les orientations politico-économiques, une forme de redistribution directe de la production, et l’échange en grand du produit de la force de travail à travers des accords non monétaires a pu être favorisée et se développer. Mais l’expérience nous a montré que ce type d’évolution peut concerner des sociétés issues d’autres traditions.

 

Vygotski 0001Dans les société « occidentales » ayant développé des formes de société marchandes avancées telles les sociétés capitalistes modernes, le XX° siècle a vu se créer à l’intérieur du capitalisme des formes de redistributions échappant en partie à l’échange marchand, en particulier à travers les services publics, mais pas seulement, puisque l’intervention du collectif qui introduit des éléments non marchands dans l’échange marchand peut se traduire par une introduction monétaire. C’est entre autre dans les propositions issues de la commission Eco & Po (dernier N° en illustration), la question de l’utilisation du crédit, du type de taxation etc…et de leur intervention dans l’organisation globale et individuelle du travail, du producteur dans toute son activité salariés et « libre » et de ses conséquences pour l’humain.

 

L’eurocommunisme d’un côté, les démocraties populaires et la société soviétique de l’autre ont été des formes qui malgré leurs différences et leurs oppositions tendaient à ce développement de l’échange non marchand. La bataille pour la démocratie en France (du Front Populaire à la Libération) et ou en Italie par exemple, avec les interventions de Jaurès, Gramsci, Rochet [manifeste de Champigny], Togliatti, Berlinguer [La proposta del compromesso storico] (et de tous les acteurs connus de l’histoire, pardon d’en citer si peu, et de tout un peuple) en est un témoin qui malgré sa renommée de mort historique n’en marque pas moins les dernières grandes luttes comme la défense des retraites, des services publics, des institutions de gestion démocratique.

 

BOCCARABien sûr il ne s’agit ni de bâtir des modèles, ni de négliger des expériences essentielles. Les luttes ont toujours eu à traverser des contradictions, des avancées et des reculs, des désespoirs et des espoirs.

 

Par exemple, les pays sous développés ou en développement : ce n'est pas leur volonté démocratique seulement qui détermine le social, mais leurs capacités matérielles et les moyens qui en découlent, que ce soit pour une démocratie ou une dictature. D'ailleurs, le système social au contraire découle de ces moyens. Les démocraties occidentales au début du capitalisme étaient faites pour la classe bourgeoise. La classe ouvrière en Angleterre ou des colonies anglaises n'en avait aucun avantage. Voir la situation de la classe ouvrière, le travail à cinq ans, le logement insalubre, les déplacements autoritaires, les confiscations massives des terres des paysans etc.... (Et ce n’est pas fini aujourd’hui, ni ailleurs ni ici). C'était une démocratie restreinte pour, à quelques uns. L'ignorance et les conditions de vie réglaient la participation du peuple en général. Les grandes conquêtes sont venues après lorsque et les besoins du marché et les luttes ouvrières sont entrées en conjonction pour que la démocratie s'élargisse. Cela a été une avancé de tous le siècle passé, remise en cause par l'instauration de techniques qui favorisent une accélération de la production, de la suraccumulation du capital qui en découle et de ses difficultés à se réinvestir, de sa crise et par l'autoritarisme qu'il doit déployer pour imposer des mesures à cette nouvelle dimension. Notre action pour nous en sortir a besoin de cette analyse et nos contre propositions en ont besoin aussi, c'est du moins mon point de vue.

 

eco-et-po.jpgCe qui détermine les décisions et mesures pratiques des uns et des autres, c’est l’état des forces productives en Europe, en Chine (pour répondre à cette nouvelle réalité souvent donnée en exemple) et dans le monde car cet état est lié mondialement, et les forces productives sont constituées des humains qui produisent et des moyens de production qu’ils utilisent, et ces forces productives vivent à un moment de l’histoire des régions du monde et du monde. Le déplacement de la classe ouvrière vers les zones de "non droit" est un grand handicap pour la classe ouvrière avancée  minorisée. Mais déplacer les contradictions dans l’espace ne les supprime pas dans le temps et dans leur globalisation.

 

Cette considération nous mène à rechercher en quoi, comment agir sur les modifications des forces productives pour orienter différemment la question des retraites et les questions sociales en général.

 

La démocratie par exemple, ce n’est pas seulement une volonté humaine d’être heureux, d’être libre, et avant tout ce qui la permet, c'est d’abord les besoins du marché qui a besoin du consommateur et qui a besoin d’un producteur libre de vendre sa force de travail et un patron libre de l’acheter. Et sa force de travail sera payée en fonction du développement historique de l’entité dans laquelle vivent le vendeur et l’acheteur de la force de travail et des relations entre cette entité et le monde. Plus évolue les capacités productives, plus évoluent les besoins liés au renouvellement de la force de travail, c’est une contradiction non de plus mais un aspect de la contradiction générale du capital.

 

BraudelLa désaffection des couches populaires de l’engagement politique pendant les deux dernières décennies et à certaines occasion ne peut être interprétée comme un refus de s’intéresser à son propre sort mais comme un rejet de leur défaite temporaire face à la reprise en main par la société marchande des créations démocratiques et de leur développement. La souffrance au travail et sa reconnaissance est un élément témoin essentiel de cette désaffection qui n’en est pas une, et d’une recherche d’une autre organisation du travail qui mette en cohérence et en harmonie « activité globale » de la société et « activité globale » de la personne.

 

la comparaison entre le nombre de paysans français il y a 30 ans et maintenant et le nombre de personnes nourries (c'est à dire beaucoup plus de paysans autrefois pour moins de bouches, ce qui prouve que l'état actuel des forces productives permet le maintient et le progrès des retraites actuelles ) dans les mêmes périodes pour montrer à quel point l’argument démographique est un prétexte et en quoi la solution dépend essentiellement des grands choix politico-économiques, liés bien sûr à la bataille pour une morale que notre Nicolas le Petit foule aux pieds en se présentant en outre comme le gentil contre tous les méchants, en inversant les rôles. Depuis Reagan, on savait que pour réussir en politique réactionnaire il faut être bon comédien.

 

14mai10 003Le renversement des rôles est une constante de tous les Etats et représentants d’Etat et du capital qui deviennent autoritaires et ont besoin de le devenir pour défendre les classes sociales privilégiées face à la montée des besoins populaires et de leur manifestation.

 

Mais ce renversement lui-même n’est pas la résultante d’une seule volonté de gagner par le mensonge, mais c’est en premier lieu le reflet de l’emprise de l’activité humaine telle qu’elle est organisée par le capital, sur l’individu. Parce que pour survivre l’être humain doit passer par l’organisation de l’activité qui lui en donne les moyens. Et dans l’état actuel c’est le capital.

 

Les contradictions d’ordre moral sont les premières à apparaître parce qu’avant que n’apparaisse les causes « matérielles », la soumission au système qui vous fait vivre nous les voile. Et la soumission ne peut éclater que par la double apparence dévoilée de la valeur d’échange dans ses contradictions et de la valeur morale qui lui est liée dans ses contradictions.

 

C’est bien ce que la crise morale reflète, que le système des « subprime » a révélé en tant qu’effet de l’appauvrissement par la crise et l’exploitation  qui sont un même mouvement, et que la contestation de l’immense  richesse privée et la morale du capital manifeste par « les affaires ».

 

Effet des contradictions « matérielles » et morales sont le double moteur des mobilisations populaires, l’économie étant déterminante en dernière instance. Notre relation à chacun de nous avec nos propres ressources à chacun de nous en est la preuve, pour peu qu’on imagine autre chose qu’une vie "robinsonesque" dans laquelle nous subsisterions.

 

Si l’histoire récente avait vu la poursuite des « systèmes soviétiques », c'est-à-dire que si dans la compétition les retards de Rabougrissement de l'esprit MARX le CAPITALtous ordres (technologiques entre autres et leurs conséquences sur les institutions populaires) n’avaient pas plombé ces sociétés, la question de la transformation qualitative de la mesure de la valeur, c'est-à-dire la transformation qualitative des conditions de l’échange auraient connu des rapprochements et des conjonctions, en particulier dans la constitution de grands « marchés » directs. Mais s’il n’y a plus de conjonction, il y a une multiplicité d’évolution populaire qui soit appelle à ce mouvement, soit participe à ce mouvement. En attendant une « masse critique » que le mouvement construit.

 

La domination impérialiste n’est plus ce qu’elle était. Mais l’avance des technologies civiles et militaires reste opérationnelle pour lui encore aujourd’hui. « L’atelier-Chine-dictature » (pour donner un exemple) n’en en pas encore la maîtrise par exemple aujourd’hui. Mais la montée de l’éducation ouvrière dans l’atelier-Chine et ailleurs, partout, en liaison avec toutes les avancées de toute sorte dans le monde est en relation dialectique avec la maîtrise de cette technologie et de ce qu’elle permet. La « démocratie du producteur », celle qui est un dépassement de la démocratie réservée à la bourgeoisie, dépassement qui tend au communisme, en dépend. Il est évident qu’à un moment l’impérialisme fera tout pour conserver cette maîtrise.

 

Aide au quotidien, espoir du futur, clairvoyance et fermeté, douceur et solidarité, sont un même mouvement positif indissoluble de l’existence humaine.

 

(1) Ergologie : voir travaux d'Yves Schwartz sur ce blog (et de nombreux articles)

(2) Anthroponomie : voir travaux de Paul Boccara sur ce blog  (et de nombreux articles)

 

Pierre Assante, 17 septembre 2010

 

Documents :

Le cas Bettencourt, Alain Morin, Revue Economie et politique :

http://www.pierreassante.fr/dossier/EcoPo_Alain_Morin_cas_Bettencourt.pdf

Finances locales et collectivités territoriales, Eco&Po, Marc Drevet :

http://www.pierreassante.fr/dossier/finances_collectivites_territoriales.pdf

Graphiques tirés de Le Monde Economie, evolution de la production mondiale :

http://www.pierreassante.fr/dossier/Graphiques_le_monde_Economie14.09.10.pdf

La Métamorphose du Travail, Pierre Assante :

http://www.pierreassante.fr/dossier/BLOG_LA_METAMORPHOSE_DU_TRAVAIL_5.pdf

Forces productives (693 Kb) :

dans la communication écrite ou parlée, les mots ne sont jamais tout à fait clairs car la représentation de chacun est différente, même évidemment s'il y a du commun, le commun principe de la communication.

Un mot représente l'objet ou la représentation de l'objet (ceci n'est pas une pipe mais le tableau qui représente une pipe. Encore plus complexe si le tableau ne comporte pas de pipe mais le mot "pipe" lui-même).

Lorsque l'objet est lui-même une représentation mentale, la communication ne se simplifie pas à moins que la communication soit très approfondie et comporte chez les interlocuteurs une représentation rapprochée ou une intuition commune de cette représentation. Mon illustration de Vygotski a un peu ce sens.

Concernant les forces productives, voici quelque extraits qui peuvent éclairer l'échange ?

On peut très bien apprécier des représentations différentes de la sienne propre à condition de les saisir au plus près possible. C'est le principe de l'échange. De même pour la représentations des évènements de l'histoire. Les difficultés de communication n'empêchent pas l'échange, heureusement , de même pour "les forces productives":

http://www.pierreassante.fr/dossier/Forces_productives.pdf

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 09:17

 BARSOTTI LO CAPITANI DE LA REPUBLICA 0002

 BARSOTTI LO CAPITANI DE LA REPUBLICA 0001

 

   

Roman, 204 pages

Edition Lo Gai Saber  

Revue trimestrielle

N° spécial 2012

Supplément juin 2012 

   

BARSOTTI.CAPITANI--jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 04:24

   Mis en ligne sur ce blog une première fois le 25/11/2010

J'entends, j'entends

   20mai10 037 Poème

d’Aragon

Mis en musique et interprété par

Jean Ferrat

 

J'en ai tant vu qui s'en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère

J'entends leurs pas j'entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi

Ce qu'on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m'arrache l'âme

Les choses vont comme elles vont     
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond

J'y crois parfois je vous l'avoue
A n'en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous

A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable

J'aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu'au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J'aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C'est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d'un trou

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 09:27

Mis en ligne une première fois sur ce blog le 17 juin 2012 à 20h01

 

……UNION DE L’INTELLIGENCE ET DU TRAVAIL (1)

Le communisme, lui, donne toute sa part et toute sa valeur au travail intellectuel.

Il veut faire une France heureuse. Une France propre. Une France jeune !

Il veut surtout discipliner les forces aveugles et il sait que seule la raison reconnue comme force dirigeante peut y parvenir.

Il veut surtout en finir avec l’absurde.

Mais il n’y a pas plus de création spontanée dans le domaine économique que dans les autres. Le monde à l’envers ne mourra pas de sa seule absurdité et ce sont les cerveaux et les masses des hommes qui créeront le monde nouveau.

A l’intelligence de prendre sa place, maintenant, et toute sa place, dans l’exécution de cette tâche.

Nous avons tout fait et nous ferons tout pour que, en vue de la tâche commune, les intellectuels et les ouvriers se comprennent pleinement.

L’intelligence sent de plus en plus la force magnifique constituée par une classe ouvrière sortie de l’enfance, consciente et de ses droits et de ses devoirs, respectueuse des machines, assoiffée de connaissances et orientée désormais vers les tâches constructives. Quant aux travailleurs, ils ont une affection passionnée pour les grands esprits qui vont au-devant d’eux.

L’ouvrier qui ne connaît pas Platon n’est pas plus responsable de son ignorance que ne l’est de la sienne l’helléniste qui ne sait pas planter un clou sans se frapper sur les doigts.

Les gens cultivés comprennent de plus en plus qu’il existe une culture ouvrière et une culture paysanne.

Demandez à un ouvrier mécanicien de vous expliquer le détail de la mise au point d’un moteur et vous serez étonné de la somme de connaissances, d’expériences, de culture en un mot, dont il fera preuve. Il en sera de même pour le paysan qui vous parlera de l’art du labourage, pour le vigneron qui vous parlera de la science du vin.

C’est que la Culture est faite de l’ensemble du travail productif de l’homme dans l’espace et dans le temps. Elle est l’addition de l’effort de celui qui travaille plus spécialement de ses mains et de celui qui travaille plus spécialement de son esprit.

C’est la force ouvrière qui, dans le passé, a conquis les 8 heures et qui, récemment, a obtenu de nouvelles lois sociales qui sauvegardent en même temps que sa vie, sa dignité. Qui ne se rend compte que les conquêtes des masses ouvrières sont autant de garanties pour la protection du travail intellectuel ?

C’est de l’addition des forces ouvrières et paysannes, avec les forces de l’esprit que dépend la création de l’homme nouveau.

Les intellectuels qui, au milieu de la misère présente, restent animés du plus noble idéalisme, sont préoccupés par l’avenir de la France et du Monde.

Le Parti communiste montre la voie de l’action, de la vérité, de l’amour, de la liberté et de la paix. Il ne s’agit pas d’imiter servilement tel ou tel pays. L’U.R.S.S. s’est libérée dans des conditions propres à la Russie et nous l’en admirons d’autant plus. Mais chaque pays donnera, selon ses traditions nationales et son degré d’évolution, son aspect particulier au socialisme.

Dans cette tâche, le Parti communiste français se sent profondément le continuateur de la France……….

(1) « Au service de l’esprit ". Un texte de Paul Vaillant-Couturier (1936), extrait. 

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 09:20

SAM 0076Un texte de  Maurice Brandi, ex journaliste à La Marseillaise, nouveau collaborateur à Plus belles les LUTTES

 

A la Libération, face à la misère des Marseillais qui ne peuvent plus se soigner, deux médecins communistes, Tichadou et Marot, décident de s’appliquer unilatéralement les tarifs de la sécurité sociale que l’Ordre des médecins refuse. Ce faisant, ils révolutionnent la protection sociale française.

1945. La France sort de plus de cinq ans de guerre. Les nazis ont détruit l’appareil de production français. L’économie est exsangue. Le pays est à terre. Il faut le redresser. Une grande majorité de Françaises et de Français vit dans la misère et la précarité et un manque d’hygiène absolu. Les réseaux d’assainissement sont inexistants. Rares sont les appartements où il y a des WC et des salles de bain. A Marseille, le “torpilleur” passe tous les matins pour récolter les “tinettes” des seaux hygiéniques (les mal nommés) où les Marseillais ont fait leurs besoins.

Contrairement aux idées reçues ce n’est pas De Gaulle qui a institué la sécurité sociale mais deux hommes, deux ministres communistes Ambroise Croizat et François Billoux. Les médecins libéraux veulent maintenir leurs privilèges. L’Ordre des médecins, créé par Pétain (7 octobre 1940) refuse de signer la convention tarifaire avec la sécurité sociale. Les malades paient les consultations au prix fort et sont remboursés au tarif de la sécu. Se soigner passe au second plan. Les familles ont d’autres priorités notamment se nourrir et trouver un toit.

A Marseille, deux médecins communistes, Lucien Tichadou et le Docteur Marot sont révoltés pas la position de l’Ordre des médecins. Pour eux, le serment d’Hypocrate n’est pas qu’une simple formalité. Ils décident de s’appliquer unilatéralement le tarif de la sécurité sociale. Il est à souligner que le Comité central du PCF est contre cette décision. Il estime en effet qu’elle est totalement social-démocrate et que seule l’action des travailleurs fera céder l’Ordre des médecins. Médecins avant tout, ils n’en ont cure. Dans leur cabinet et lors des visites à domicile, ils demandent le tarif sécurité sociale. Les patients seront remboursés de leur avance à 80%.

Marseille est un gros village où les nouvelles circulent vite. De famille en famille, de voisins en voisins leurs noms circulent. “Va voir le docteur Tichadou… il prend le tarif de la sécu et il soigne bien… moi, la petite…” Tichadou et Marot sont considérés comme les médecins des pauvres. Ils sont rapidement submergés par les demandes. La situation ne peut pas rester en l’état. Leur générosité pourrait bien se retourner contre eux et la cause qu’ils défendent.

Avec la mutualité, alors sous la responsabilité de la CGT, ils décident de mener des actions de masse pour contraindre les médecins libéraux à signer la convention avec la sécu. Pétitions, manifs, rassemblements… le mouvement prend de l’ampleur et rapidement, le PCF qui ne veut pas passer à côté entre dans la danse. En réaction, l’Ordre des médecins menace de radier Tichadou et Marot. Les journaux nationaux et locaux qui s’intéressent de plus en plus à l’affaire, parlent de “Médecine rouge et Bolchevique…” Si les libéraux cèdent ce sera “Les soviets partout !” Héros de la Résistance, Tichadou et Marot en ont vu d’autres et ne sont pas impressionnés d’autant que le rapport de force créé par le syndicat, la mutuelle et le parti tourne en leur faveur en s’étendant au reste du pays. La bataille se termine sur leur victoire. Les médecins libéraux signent enfin la convention tarifaire. Pour autant, le cabinet de nos deux toubibs communistes ne désemplit pas. L’idée de créer un centre médical se fait jour. Ce sera “La Maison blanche” situé sur l’avenue Gaston Crémieux. Le centre est géré par les Mutuelles CGT de Marseille. Ils embauchent d’autres médecins comme Jean-François Rey et Philippe Morelli qui deviendront les “penseurs” de la prévention et de la démarche médicale mutualiste. Leur recrutement ne se fait pas sur le critère d’appartenance ou non au PCF ou à la CGT mais sur la compétence et l’attachement à une conception humaniste et non marchande de la médecine. Ils veulent rompre le lien d’argent entre le patient et le praticien. La demande enfle. L’équipe médicale se multiplie et se diversifie. On embauche des infirmières, des radiologues, des spécialistes et des chirurgiens.

Ce changement de rapport permet ainsi aux médecins de prendre le temps de la consultation. Ils inventent les dossiers médicaux. Ils ont pour but de mieux cerner le malade dans son environnement (logement, travail, alimentation, antécédents familiaux) afin de mieux comprendre les raisons de la pathologie. Ne plus se contenter de soigner mais d’éviter qu’elle ne se reproduise. Ils considèrent le malade dans sa globalité et non pas seulement sous l’angle de sa maladie. Ils en cherchent les causes profondes. Ils ne se contentent pas de changer le pansement, ils essaient de penser le changement.

Le centre médical est à nouveau rapidement débordé. Avec la Mutualité des travailleurs ils décident de créer une clinique mutualiste. Ce sera la naissance de “La Feuilleraie” dans le quartier de Saint-Barnabé. L’argent pour sa construction sera récolté parmi les travailleurs et les militants, sous forme d’action. Mon père en avait acheté. Lorsque je lui ai demandé ce qu’elles étaient devenues, il m’a répondu : “Ma foi, on a dû les jeter. Qu’est-ce que tu voulais qu’on en fasse. On ne les a pas achetées pour faire des profits mais pour avoir une clinique à nous et pas un dispensaire pour les pauvres… On se faisait soigner gratuitement avec une médecine de qualité.”

Marot et Tichadou avec la mutualité, la CGT et le PCF ont inventé le Tiers payant. Une nouvelle bataille s’annonce pour l’imposer à tous les autres praticiens. La Sécurité sociale fait signer des conventions. Sous la pression pratiquement tous les professionnels de santé s’y collent.

Ils ont procédé selon le principe de la preuve par l’exemple. Ils ont fait la démonstration que c’était possible. Mais sans une mobilisation populaire forte, des syndicats et des communistes cela n’aurait pas pu être possible. Et le plus extraordinaire de l’affaire, est que sans prendre le pouvoir, sans violence, ils ont réussi à imposer cette transformation sociale, révolutionnaire pour l’époque, en douceur à l’ensemble du pays. Le tiers payant est aujourd’hui chose courante dans notre système de santé.

Ces médecins et praticiens créent également le concept de médecine d’équipe dont le mot clef est la prévention. Une nouvelle pratique qui va, là encore une fois, révolutionner le système de santé français. D’autant que les usagers sont parties prenantes, à travers le mouvement mutualiste, dans la réflexion et la gestion des centres de santé qui se multiplieront à Marseille et dans tout le département puis, plus tard, au niveau national. La seule carte qu’il était demandé, était celle d’adhérent à une mutuelle. Ils développaient des liens avec les comités d’entreprises notamment dans la réparation navale. Avec leur mutuelle les travailleurs créeront les “Diables rouges”, appelés ainsi par la couleur de leur tenu de travail sur les chantiers. Ingénieurs ou ouvriers, ils étaient désignés par la direction et les élus du Comité d’entreprise. Ils avaient tout pouvoir pour faire arrêter un chantier. Cette création est venue après la terrible explosion de “L’Olympic Honnor” le 2 avril 1966, dans le port de Marseille.

Ce jour-là, en début de matinée, alors que le pétrolier est en arrêt technique, au cours de travaux à chaud, la soute à combustible tribord explose. Un violent incendie se déclare dans la partie arrière du compartiment machines, ponctué par plusieurs explosions. Le bilan humain est très lourd : sept morts (quatre marins grecs et trois ouvriers de la Société Provençale des Ateliers Terrin (SPAT) et de nombreux blessés. Mon père en parlait encore avec beaucoup d’émotion et de colère. “On ne travaille pas mourir mais pour vivre” lançait-il.

Depuis, les “Diables rouges” veillaient à ce que ces accidents soient évités au maximum. Un ouvrier sans casque ou sans chaussures de sécurité était prié d’aller se changer gentiment mais fermement, sans appel.

On le voit cette contre société n’avait pas pour but unique d’organiser une société parallèle en faveur des seuls communistes mais de créer les conditions quotidiennes d’une transformation sociale de la société et marcher ainsi vers un autre modèle. Au centre de celle-ci se trouvait l’individu, l’homme et la femme, son épanouissement physique et intellectuel, son émancipation. Ce qui était fondamentalement marxiste. Les communistes s’adaptaient à la société et tentaient de la transformer de l’intérieur, non pas pour rendre le capitalisme plus humain mais pour l’éradiquer, en créant petit à petit, pan de la société par pan de la société, les conditions de sa disparition, en s’appropriant les moyens de productions quels qu’ils soient. Ce n’est pas pour rien qu’on les retrouve souvent à la tête des coopératives agricoles et ouvrières, des associations.

Au moment où la France était à plat et à reconstruire, la classe ouvrière a pu, grâce à ses luttes, gagner et imposer une amélioration de ses conditions d’existences et des lois sociales nouvelles et positives, préserver et développer ses libertés. Dès lors, on peut ne pas être loin de penser que la “lutte de classe” n’est pas un frein au progrès mais bien au contraire un moteur.

Maurice Brandi

Ce texte est publié par : http://corvasce.wordpress.com/

Le blog de marie Françoise Palloix

  

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 18:35

couvertures livres divers (1)Propos de François Hollande à la télévision grecque : « la France ne doit pas jouer le jeu du chantage en Grèce »

Je suis étonné de la position prise par François Hollande hier à la télévision grecque. Cette mise en garde contre un vote qui conduirait certains pays à préférer « en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro », à quelques jours des élections, est déplacée. Le peuple grec est souverain et il ne peut y avoir de « mais » au respect de cette souveraineté.
Cette pression est contraire à l'intérêt de la France et à la volonté affichée de réorienter la politique européenne et de renégocier le traité. Alors que les Français viennent de s'exprimer pour le changement, il convient désormais de s'appuyer sur toutes les aspirations similaires qui émergent en Europe, et très clairement en Grèce, où le peuple veut s'émanciper du diktat des marchés et en finir avec l'austérité.

La France ne doit pas appuyer le chantage de Mme Merkel et des tenants du consensus libéral. La question n'est pas la sortie de la zone euro ou non, mais sa refonte. Le vrai débat porte sur les mesures à mettre en œuvre ensemble pour sortir de la crise. Nous savons que l'austérité ne le permet pas, au contraire.

Je connais bien Syriza et Alexis Tsipras. Cette coalition est tout ce qu'il y a de responsable. Elle respecte les choix de son peuple en refusant les politiques d'austérité tout en souhaitant rester dans l'Euro, comme le veulent 70% des grecs. Elle a produit un programme économique d'investissement dans l'économie réelle et dans les services publics, qui seul peut sortir la Grèce de la spirale récessive.

La France doit épauler cette démarche en se déclarant prête au dialogue et à la coopération avec les forces de gauche en Grèce, en demandant la remise en cause du rôle et des missions actuels de la banque centrale européenne et en soutenant la proposition du Parti de la gauche européenne, de créer une banque publique européenne au service du développement social, solidaire et écologique.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et Président du Parti de la gauche européenne (PGE)

 

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:20

14mai10 003Les analyses critiques destinées au PCF, au Front de gauche, de l’extérieur ou de l’intérieur, je les apprécie souvent comme une aide et-ou une "connivence" publique et fraternelle. Cette réponse est comme une poursuite de la réflexion pour dépasser l'état du constat.

 

J'ai toujours essayé d'avoir une vue critique sur la vie, les positions des autres, proches ou pas, et sur la mienne, dans le mouvement des choses. Je ne garantis pas le succès ni l'échec de mes démarches, ni leur valeur matérielle et morale.

 

Ainsi la question première, me semble-t-il,  (je ne m'adresse pas à un auteur d’une critique en particulier, mais je réfléchis en général), c'est le paysage qui aujourd'hui ressemble "à l'envers", aux résultats de 2007.

 

Or chacun sait, qu'en matière de réalité, on ne peut la saisir, et agir sur elle, au moins relativement, en concevant seulement la négation d'une situation, mais en œuvrant à son dépassement. Le dépassement nous n'en sommes pas encore là et la « majorité » nouvelle devra affronter exactement les mêmes problèmes que Sarkozy et son équipe. Quelles que soit ses intentions superficielles ou profondes.

 

Si elle ne le fait pas, n'est pas capable de le faire, ou s'il devient impossible de le faire du fait des retards pris (dernière hypothèse à laquelle je ne crois pas), ou refuse de le faire par manque d'élargissement politique et idéologique, et par la même de la représentation humaine concrète de cet élargissement, elle sera éliminée par la crise, comme cela c'est produit pour l'équipe Sarko, en attendant le même traitement pour Merkel etc. Dans un dépassement « positif » ou « négatif », l’histoire ne s’écrit pas comme un roman….

 

Le volontarisme humain c’est le contraire de la volonté dans la nécessité.

 

La crise, ses effets et les aspirations à autre chose qu'un anti capitalisme romantique inopérant sur la réalité, c’est l’œuvre humaine à l’ordre du jour. La déception grecque de cette semaine, il faut la jauger non à l'échelle d'un jour, mais à celle du processus historique.

 

Et le processus historique, il faut le saisir dans son ensemble, dans le temps et l’espace micro et macro, à  très long terme humain, la naissance du travail, son développement, la complexification des activités dans l’activité humaine multiple, diverse, à l’infini de son histoire passée et à venir. Ce qu'il ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des situations à affronter immédiatement, au contraire

 

Les limites de certains articles mis en lignes, et qui sont aussi développés dans le PCF, et sans doute les miennes aussi, c'est de mettre plus le doigt sur l'évènement et l'institutionnel que sur l'économique et les aliénations nouvelles qu'il développe. Mais c’est relativement inévitable, dans la nécessité de « juger » à chaud un évènement récent et précis et en tachant de le relier avec un passé lui aussi relativement récent…

 

Mais....un pas après l'autre. Il a fallu 5 ans pour le dernier, cela ira plus vite pour le prochain, du moins je le crois....

 

Le "résumé" que fait Paul Boccara http://pierre.assante.over-blog.com/article-paul-boccara-quelle-solidarite-en-europe-pour-les-peuples-106266345.html des « tâches du jour », me semble de ces réflexions pour l’action d’aujourd’hui tendant à dépasser les limites romantiques des derniers actes politiques de la « gauche de transformation », tout en étant profondément humaines objectivement et subjectivement, comme l’on disait il fut un temps.

 

Pierre Assante, 20 juin 2012

 

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 04:48

LUKACS2….L’aliénation n’est qu’une des formes importantes dans le processus d’oppression de l’être humain, mais elle est loin d’être la seule. Si nous protestons contre certaines absolutisations unilatérales, cela ne doit pas nous amener à concevoir l’aliénation  comme un domaine particulier et autonome de la structure sociale, et encore moins comme une éternelle condition humaine soustraite à la lutte des classes en raison de son universalité chez l’homme. Au contraire. Sans changer quoi que ce soit à notre position de fond, nous pouvons dire qu’il n’est pas de lutte des classes où  la prise de position pour ou contre les formes importantes de l’aliénation, selon la période, n’ait pas une importance directe ou indirecte, décisive ou simplement ponctuelle….

 

….Il n’y a que d’aliénations réelles (et l’aliénation comme concept général au singulier n’est qu’une abstraction scientifique LUKACS_Amenation_p337.jpgdont on peut difficilement se passer) ; de la même manière, il nous faut noter maintenant que les hommes dans la réalité sociale s’aliènent eux-mêmes et aliènent leur entourage, qu’ils combattent les aliénations pour eux-mêmes et pour les autres etc. ; et que le processus qui résulte des actes de la vie sociale et porte sur  les actes de la totalité objective de la société et sur ceux de la personnalité individuelle est la seule forme existante de ce que nous pouvons nommer théoriquement aliénation….

 

…la conviction (qui certes peut n’être qu’un sentiment, une idée) de la généricité [humaine] pour-soi [conscience], devenue pour  l’individu le contenu de sa propre vie, est l’arme la plus puissante que possède l’homme contre l’aliénation. Ce sont les luttes, avec leurs succès et leurs échecs, qui constituent le mode d’être de l’aliénation. Leur état stationnaire n’est qu’une apparence….

 

…..Le christianisme  doit donc précisément  son influence planétaire à la capacité dont il a fait preuve de trouver une réponse efficace et socialement satisfaisante à la nouvelle aliénation de l’individu privé –à son tour à l’origine d’une aliénation nouvelle…..

 

Note. Le "il" du début de la page photocopiée : il s'agit du stalinisme

 

Georges Lukács, 1971

  

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 10:25

BOCCARA PORTRAIT

Article publié une premiere fois

sur ce blog le 02/06/2012

 

Paul Boccara

 

Quelle solidarité en Europe Pour Les Peuples ?

 

(Entretien publié dans L’Humanité, des 1er, 2 et 3 juin 2012)

 

 Alors que  la zone euro est toujours dans la tourmente, l’économiste communiste aborde pour nous les questions d’une solidarité et d’une convergence de propositions pour sortir de la crise des dettes publiques européennes par une croissance de progrès social, fondée tout particulièrement sur une autre intervention de la Banque Centrale Européenne

 

        ·         Que pensez-vous de la déclaration des dirigeants européens qui lors de leur récente rencontre ont affirmé vouloir « que la Grèce reste dans la zone euro  tout en respectant ses engagements », c’est-à-dire les plans d’austérité insupportables qu’on lui a imposés ?

 

Il s’agit d’abord pour les Grecs de ne pas sortir de l’euro, car ce serait très grave pour eux et pour toute l’Europe. Même si l’on dit qu’il y a eu des travaux sur cette question, il y a une position très nette des dirigeants européens pour que la Grèce reste dans l’euro. Mais ces dirigeants déclarent qu’elle doit tenir les engagements sur des plans d’austérité d’une gravité extrême, de réduction des dépenses publiques, sociales, de salaires, de retraites, des services publics.

Il y a une sorte de chantage exercé en affirmant : « Ou vous acceptez tous les engagements d’austérité, ou il n’y aura pas de soutien européen pour vos dettes publiques ».

 Au contraire, pour la Grèce comme pour tous les pays européens, il faut rompre avec les plans d’austérité. Nous devons  organiser une solidarité de propositions et de luttes avec  les grecs.

 D’ailleurs, Syriza, le Front de gauche grec, est pour l’Europe, contre une sortie de l’euro, mais pour une Europe différente.

 

·         Quelles conséquences aurait une sortie de la Grèce  de l’euro?

 

 Ce serait  catastrophique pour la Grèce et les autres pays européens.

La Grèce reviendrait à la drachme avec une dévaluation très forte par rapport à l’euro, des experts l’évaluent à 50 ou 60 %. Elle subirait une inflation considérable, une récession beaucoup plus brutale que celle déjà subie, alors qu’elle a perdu 1/5 de son PIB depuis 2008. Cela entraînerait une nouvelle contraction des dépenses publiques et sociales, donc des malheurs aggravés pour le peuple grec, avec tous les risques possibles, y compris politiques.

Tous les pays européens seraient concernés. Les prêts à la Grèce des bailleurs de fonds, de la Banque centrale européenne (BCE), du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne, du Fonds européen de stabilité financière (FESF), seraient mis en cause, avec des pertes considérables pour tous. On a pu  les chiffrer entre 150 et 300 milliards d’euros dont 50 pour la France.

 Autre conséquence : les risques de contagion. L’Espagne est déjà en très grande difficulté, avec les problèmes de ses banques, la hausse considérable des taux de ses emprunts publics  atteignant 6,5% pour les titres à dix ans. Elle serait entraînée dans la tourmente. Or, c’est un beaucoup plus gros morceau que la Grèce. L’Italie, encore plus importante, serait  aussi entraînée,  sans compter les atteintes concernant d’autres pays de la zone, y compris la France.

 

·         François Hollande veut remettre la question de la croissance au cœur des discussions européennes, est-ce justifié ?

 

Oui, mais quelle croissance ? Précisément, les mesures d’austérité, en réduisant les dépenses publiques et sociales, entraînent une  réduction de la croissance et  même  des récessions qui empêchent de sortir des difficultés, en réduisant les recettes fiscales. Toute la zone euro a une difficulté de croissance, même si sa partie sud est la plus concernée.

Selon l’OCDE, l’ensemble de la zone devrait être en récession en 2012 avec -0,1 %. Même l’Allemagne en subit le contrecoup, car 40 à 50 % de ses exportations vont dans la zone euro. La position de François Hollande est très contradictoire. D’un côté, il affirme ce besoin de croissance,  et il se prononce pour une renégociation avec l’Allemagne du traité et du pacte budgétaire, et de l’autre, il  veut se contenter d’un ajout « croissance » à ce pacte.

Il  y a une contradiction grave entre conserver les mesures d’austérité, de réduction des dépenses publiques, et ajouter des mesures  de croissance. En outre, François Hollande maintient pour la France la réduction du déficit à 3% en 2013 et à 0% en 2017. Mais il y a un problème de cohérence de mesures suffisamment audacieuses, pour l’efficacité d’une nouvelle croissance nécessaire.

 Toutefois, ces contradictions ne doivent pas nous conduire à considérer que l’on ne peut rien faire avec François Hollande. Il  est possible d’agir pour surmonter ces contradictions. Le Front de gauche peut y contribuer en mobilisant pour une autre orientation.

Il faut aussi se demander de quelle croissance il s’agit. Guido Westerwelde, ministre allemand des affaires étrangères, évoque pour la croissance une ouverture plus grande du marché du travail,  avec plus de flexibilité, tout en réduisant les dépenses publiques. Cela s’oppose à  une croissance réelle fondée sur le progrès social, l’emploi, la formation, des dépenses pour les services publics.

 

  • Le président français propose de faire des eurobonds l’outil privilégié de cette relance, qu’en pensez-vous ?

François Hollande propose des eurobonds, des émissions en commun d’obligations européennes publiques pour permettre des dépenses publiques favorisant la croissance. Il y a l’opposition en Allemagne d’Angela Merkel. Elle dit que les eurobonds ne sont pas une solution pour la croissance et qu’ils sont contraires aux traités.

 Des emprunts solidaires pour la croissance, oui. Mais il faudrait surtout  des  titres de dette publique qui ne seraient pas financés par le marché financier mais par la BCE. On peut aussi envisager des emprunts au niveau européen et des différents pays.  Mais ils  devraient être obligatoires, par exemple pour les compagnies d’assurances, non négociables, à très faibles taux d’intérêts.

 

·         L’annulation des plans d’austérité qui accablent le peuple grec peut-elle être suffisante pour permettre au pays de sortir de ses difficultés ? L’Espagne et l’Italie, également très en difficulté, souhaitent que la BCE reprenne les achats de leurs titres de dette publique afin de réduire la pression des marchés financiers. Est-ce la solution pour les pays en difficulté ?

 

Ça l’est en partie. L’annulation des mesures d’austérité n’est pas suffisante. Il faut un autre financement pour une croissance réelle, soutenue, liée à un progrès social.

La question cruciale, c’est l’intervention de la BCE.

 Sur le rôle de la BCE, il faut changer de vision pour une autre orientation de la zone euro. Il faut s’émanciper de la domination des marchés financiers sur les dettes, qu’il s’agisse du Fonds européen de stabilité financière ou des dettes des Etats, pour utiliser la création  monétaire de la BCE.

Contrairement à ses dogmes, celle-ci a déjà  été obligée d’intervenir en raison de la gravité de la crise. Elle a dû acheter beaucoup de titres de dette publique européenne : 207 milliards d’euros entre 2010 et la fin 2011, dont 55 pour la Grèce. Nous en sommes à 212 milliards, car en 2012 il y a eu une sorte d’arrêt. Il faut reprendre ces achats, surtout pour les pays du sud, sans les lier à  l’exigence de mesures d’austérité.

La BCE a des capacités considérables.

François Hollande durant la campagne présidentielle s’est prononcé en faveur d’une intervention de la BCE. Mais il doit agir fortement  en ce sens. D’ailleurs la Fed  américaine et la Banque d’Angleterre prennent systématiquement des dettes publiques.

 Il y a un deuxième processus à engager à partir de la BCE. Il faut qu’elle crée de la monnaie pour prendre des titres publics en apports  de fonds aux Etats européens à des taux très bas, 1 % par exemple, pour une institution financière nouvelle, visant le développement des services publics, de l’éducation, de la santé, de la recherche.

Cela  correspond au Fonds européen de développement social et écologique, qui a été proposé par le Parti de la Gauche européenne (PGE), avec le PCF, le Front de gauche, Syriza, Izquierda Unida, etc.,  avec un référendum européen

Il n’y aurait ainsi pas seulement le financement d’une demande, mais aussi d’une autre productivité, transformation de l’offre grâce à la formation, à la recherche, en coopération pour une nouvelle croissance fondée sur le progrès social. La création monétaire ne développe  pas l’inflation si elle soutient une croissance efficace.

 

·         Quelles autres mesures fondamentales faut-il envisager pour sortir la zone euro de sa crise ?

 

Il faut deux autres ensembles de mesures. Il s’agit d’abord du crédit et des banques. Là encore la BCE peut intervenir, car elle refinance les banques. Elle pourrait baisser ses taux de refinancement en faisant  pression sur les banques pour qu’elles- mêmes pratiquent des taux d’intérêt très bas, voire zéro, dès lors que  les crédits sont utilisés pour des investissements réels, non spéculatifs, des investissements matériels ou de recherche, avec des taux d’autant plus abaissés que l’on programme de l’emploi efficace et de la formation.

.

Nos camarades grecs de Syriza déclarent  qu’il ne suffit pas d’aller au gouvernement,  comme ils l’espèrent, il faut aussi le pouvoir et le pouvoir c’est celui des banques et de la BCE. A partir du gouvernement il s’agit de le conquérir.

Il y a un besoin dans tous les pays européens de recapitaliser des banques. Cela doit s’accompagner d’un contrôle public, voire de nationalisations. En Espagne, l’Etat a dû recapitaliser le grand établissement Bankia. En France nous proposons un pôle public financier dans ce sens.

Il faut aussi lutter contre la spéculation des banques. François Hollande a fait des propositions pour cela, d’une séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires. Il nous faut pousser ces mesures avec  le Front de gauche.

François Hollande propose également une banque publique d’investissement. Il faut  intervenir pour son articulation avec le pôle public financier.

 Le deuxième ensemble concerne les dépenses budgétaires, à l’opposé de l’idée qu’il ne faudrait aucun déficit, aucune dette. Il peut y avoir une bonne dette si elle est bien utilisée pour la croissance. Cela s’oppose au Pacte budgétaire européen dont la renégociation se pose comme l’a affirmé François Hollande.

Il faut rendre populaire l’exigence d’une rupture avec le Pacte budgétaire et le traité qui le fonde. Les mesures du Pacte de stabilité  - déficit de 3 % et endettement public de 60 % du PIB - ont été  renforcées. On évoque un déficit de 0,5 %. Il y a désormais des sanctions qui  seraient automatiques avec des pénalités très graves. Pire encore, il faut soumettre les budgets  prévisionnels nationaux à la Commission européenne, avec un avis entraînant des mesures de rétorsion. Il a un aspect de domination fédéraliste pour le libéralisme contre les parlements nationaux.

 

·         Comment rassembler en France et en Europe autour de ces idées ?

 

 Il faut une grande bataille d’idées. Tout particulièrement, l’idée du besoin de création monétaire de la BCE au lieu de l’appel aux marchés financiers, avec une mobilisation citoyenne et sociale, peut être popularisée pour répondre aux besoins, aux souffrances du chômage, aux difficultés  des services publics.

 

Actuellement, alors qu’ils se multiplient, il faut à la fois refuser les licenciements, réclamer un moratoire, et aussi mettre en avant les solutions financières  possibles. Cela concerne aussi les syndicats.  La Confédération européenne des syndicats (CES) par la voix de Bernadette Segol, sa secrétaire générale,  insiste, par exemple dans L’Humanité ,sur la nécessité de la croissance, s’oppose à l’austérité, à la flexibilité du travail, à la réduction des salaires, appelle à mobiliser les capacités de la BCE.

Il y a aussi nécessité de rassemblements au niveau électoral. Le Front de gauche présente des candidats pour une autre Europe, plus radicale, plus cohérente. Plus il y aura d’élus du Front de gauche et plus le rapport de forces pourra être différent.

En Grèce les élections législatives auront lieu également le 17 juin.

Le Parti de la Gauche européenne peut jouer un rôle mais aussi toute la gauche, y compris la social-démocratie européenne. En Allemagne des élections ont vu le recul de la formation d’Angela Merkel et une progression du SPD qui se rapproche des positions du PS. Il faudrait  développer des convergences de lutte et aussi des discussions communes et pourquoi pas un colloque européen avec des syndicalistes, des politiques, des associatifs, des économistes.

La question est posée d’une autre construction politique de l’Union européenne, avec des pouvoirs de démocratie participative, depuis les entreprises et les services publics.

 Il faudrait une confédération d’Etats associés, coopérants, solidaires, au lieu d’un fédéralisme au service du néolibéralisme, une  démocratie sociale, participative, internationaliste, au lieu de la domination par l’Allemagne alliée à la France mais la dominant également.

Cela  se relie aussi à des transformations au plan mondial. On ne peut pas traiter l’Europe sans le monde. D’ailleurs la croissance européenne est très importante pour le monde entier, comme l’a  reconnu Obama.

Cela   renvoie au rôle du FMI qui, a déjà dû soutenir les Etats européens en difficulté. Il s’agit  d’un changement de son orientation, de sa démocratisation. Il faut une autre création monétaire du FMI, déjà avec ses Droits de Tirage Spéciaux et à partir  d’eux avec une autre monnaie commune mondiale que le dollar. Cela permettrait de refinancer les banques centrales et aussi  de développer les services publics et les biens communs publics de toute l’humanité.

 

Entretien réalisé par Pierre Ivorra

 

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 10:05

2011-06-26-004.jpg

Les adhérents du PCF, première composante en nombre du Front de Gauche

ont été appelé à voter.

Vous trouverez  sur le lien ci-dessous le bulletin de vote qui permet de savoir en quoi consiste le débat et les choix proposés

J'ai pensé qu'un citoyen de quelque opinion que ce soit pouvait être intéressé par ces informations dont les médias dominants n'ont que faire ou plutôt sur lesquelles ils poursuivent les mêmes pratiques.

Vous trouverez aussi la lettre  interne accompagnant  cette démarche de vote, qui donne d'autres indications dont les citoyens peuvent être curieux, s'ils s'intéressent à la vie de la cité, à travers ses composantes politiques.

 

BULLETIN DE VOTE :

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/Bulletin_de_vote_pour_la_consultation_des_communistes_du_18_et_19_Juin_2012.pdf

 

Bonjour
Tu trouveras en pièce jointe le rapport présenté par Pierre Laurent au conseil national du 18 juin, ainsi que le bulletin de vote adopté par ce conseil national.
La consultation des communistes commence le 18 juin et prendra fin le 19 juin. Les horaires de fin de vote sont à voir avec ta section ou ta fédération.
Afin que ton vote soit pris en compte, je t'invite donc à te rapprocher de ta section.
Pour voter, il faut être à jour des 3 derniers mois de cotisations. Il est possible de régulariser le paiement de tes cotisations au moment du vote.
Aucun vote, fait sur cette adresse mail, ne sera pris en compte.

En te souhaitant bonne réception et bon vote
Fraternellement
Jacques Chabalier
Responsable Pôle vie du Parti

 

Illustration : la librairie de la fête du PCF13

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 05:47

 

 

L’HUMANITE, le 18 Juin 2012

Législatives

 

Pour le Front de gauche, "ce n'est pas un bon résultat.

Avec dix députés élus sur dix-neuf sortants, le Front de gauche pourra cependant constituer un groupe parlementaire avec le soutien d'élus ultra-marins, pour faire porter les aspirations du mouvement social à l'Assemblée nationale.

 

Les élus

André Chassaigne est ainsi largement réélu (67%) dans le Puy-de-Dôme. Dans le Cher, Nicolas Sansu remplace Jean-Claude Sandrier. Dans l'Oise, Patrice Carvalho sort vainqueur d'une triangulaire Front de gauche-UMP-FN. Dans les Bouches-du-Rhône, Gaby Charroux remporte son duel face au Front national avec plus de 60% des voix. Le Nord demeure une place forte du Front de gauche avec trois élus. Les deux députés sortants communistes, Alain Bocquet (20e) et Jean-Jacques Candelier (16e), ainsi que leur collègue Parti de gauche Marc Dolez (17e), conservent leur circonscription. En Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet et François Asensi passent, de même que Jacqueline Fraysse dans les Hauts-de-Seine.

En revanche, Fabien Thiémé (44,17%) ne parvient pas à pousser hors de l'Assemblée Jean-Louis Borloo. Patrick Braouezec, non-investi pour le deuxième tour par le Front de gauche, mais soutenu par ses composantes locales, ne l'a pas emporté face au socialiste Mathieu Hanotin.

 

Les résultats n'ont rien à voir avec la réalité

Dressant un bilan à chaud tout de suite après les résultats, Pierre Laurent, a estimé ce dimanche auprès de l'AFP que le score du Front de gauche aux législatives n'était "pas un bon résultat". Pour le secrétaire national du PCF, "le mode de scrutin et l'inversion du calendrier électoral dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de l'Assemblée nationale au profit du bipartisme. A gauche, la majorité législative est ainsi distordue par rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays".

Pierre Laurent relève ainsi qu'avec 65% des voix de la gauche à l'élection présidentielle, le PS rafle plus de 90% des députés de gauche. A l'inverse, les 25% des voix de gauche à la présidentielle que représente le Front de gauche ne débouche que sur moins 5% des députés de gauche. "C'est une anomalie provoquée par une logique institutionnelle implacable qui, de scrutins en scrutin, a permis aux deux plus grosses formations de monopoliser aujourd'hui 90% des sièges à l'Assemblée nationale."

 

"Porte-parole des attentes du mouvement social"

"Nous avons payé cher notre autonomie", souligne lui aussi Jean-Luc Mélenchon. Pour l'ex-candidat dans la circonscription de Hénin-Beaumont, les voix du Front de gauche à l'Assemblée nationale auront une utilité: "Nous serons les porte-parole des attentes du mouvement social, sans concession ni naïveté, ni impatience."

Pour se faire, le mouvement devrait bien disposer d'un groupe parlementaire, grâce au soutien de députés d'Outre-mer qui étaient déjà présent dans le groupe Gauche démocratique et républicaine en 2007, ou l'abaissement à dix du seuil d'élus nécessaires. Relevant que les socialistes l'avaient accordé au Sénat pour les élus d'Europe écologie les Verts, Jean-Luc Mélenchon "pense que les socialistes n'ont pas intérêt à bloquer cela à l'Assemblée".

 

"Autonomes et constructifs"

interrogée sur une éventuelle entrée du PCF dans le gouvernement à l'issue des législatives, Marie-George Buffet a expliqué: "Nous ne pensons pas que ce programme (en 60 propositions de François Hollande) soit apte dans sa totalité à nous sortir de la crise donc nous serons dans la majorité de gauche mais autonomes et constructifs".

 

A lire aussi:

La gauche domine l'Assemblée nationale

La droite bien battue, l'éditorial de Patrick Apel-Muller

 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 10:14

LUKACS2

LUKACS TRAVAIL COUV.-copie-1

La dernière grande oeuvre de Georges LUKACS "Ontologie de l'être social", le travail, la reproduction, l'idéologie, l'aliénation, comporte ces pages sur aliénation et division du travail.

On peut imaginer à la lumière de la mondialisation informationnelles aujourd'hui, son organisation du travail et ses institutions, combien le phénomène d'aliénation s'est amplifié, quelles sont ses conséquences sur les comportements sociologiques, politiques de la personne et de la société en tant que résultante.

 

12 bonnes pages sur ce lien :

http://www.pierreassante.fr/dossier/LUKACS_Alienation_1971_12%20pages.pdf

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 05:53

ACTION POETIQUE 57ACTION POETIQUE 57 P.A.

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 05:39

Action Poétique N°23 couv.Ce texte de 2003 ne dit pas assez l'affection, la douleur, la précarité, les doutes, les erreurs, la volonté que je partage avec les humaines, les humains, et en particulier avec mes camarades. Parce qu'il est difficile dans une dissolution de société, qui va au bout de son incohérence et de ses violences, de tenter la cohérence malgré tout. Et l'espoir agissant.

 

retour

 

En 1964, Henri « me » publiait dans Action Poétique 3 petits poèmes.

J’avais passé, pendant un an, toutes les semaines, des soirées avec « les (aquelei)» de l’Action Poétique à barutlar avec ma Marseille et lieux et gens et poètes.

Et le jour de la parution de ce cher N°23 j’étais élu secrétaire de section du PCF et ma poésie devenant cette réponse permanente aux morsures cramoiso-patronales, ma contribution aux solidarités vraies des boites en lutte mais aussi de la religiosité oeillèrante, de la solidarité restreinte et dévoyée.

J’ai réagi contre cela, en 71 je me faisais siffler à la conférence de ville, en 75 mettre sur la touche des responsabilités, en 89 me faire condamner syndicalement.
Et pourtant, se retirer sur la montagne ?, hurler avec les gavés ?. Rester fidèle non aux erreurs mais au non à l’inhumain oui. L’institution du non est moins inhumaine que l’institution de l’institution, celle qui fait, c’est bien, marcher la marchandise comme elle marche, Qui bloque et bloque  et bloque le sentiment humain. Mais il ne s’agit pas du plus et du moins il s’agit de préserver le non qui construit l’humain. Pas le non à la con. La construction.

Comment rester humain sans la prégnance de l’amour comment parler de poésie sans expirer l’amour,

40 ans de « militantisme » m’ont mis la poésie hors jeu ?, oui et non, elle est là dans cet amour militant. Autrement aussi bien sûr.

ça, qui vous prend aux tripes, c’est le contraire du cerveau électronique qu’on veut vous mettre dans la boite crânienne pour acheter et vendre et acheter. Le « On » parle des « choses de la vie », surtout pas de théâtre, surtout pas d’excès surtout pas de sentiment extériorisé. Clean, soft.

Ma poésie est, revient, en force dans mes réflexions politiques, en force dans LES décklarations de société sur internet et l’imprimé, sur l’HUMA,

J’ai relu conjointement ce N° 23 et le dernier 172.

Ce 23, rudimentaire ! mais il fallait bien le faire et c’était pas facile, et Garaudy et Raisons pour Artaud et «  la poésie demeure le meilleur des langages et le langage est le fait social par lequel l’homme s’est crée en le créant, développé en le développant -Deluy », sans tomber et retomber dans la religion de l’isme », chute vertigineuse du même N°.

Ces 3 poèmes, c’était,

 

1 je ne peux chanter

que ce sang

enflant mon corps

 

la plus belle des fleurs

                                                               tomberait

flétrie par les mots

si la morsure de son arôme                              

                                                                              ne lacérait

nos poitrines

nos côtes tendues par l’air brûlant.

 

2 il faut des heures et des heures

tourner

désespérément l’angoisse

                                                                              dans ses mains

pour que naisse peu à peu le sanglot

et le calme

 

 

3 l’ironie sur tes lèvres

est un cristal

trop dur pour mon chant

 

que vienne la peur et l’angoisse

la trahison ou la mort

mais que jamais ne s’efface ton sourire.

 

P.A.1963

 

je garde en mémoire :

 

« La vie est un grand poème, et plus l’expérience humaine s’enrichit, plus le poème est beau.

G.N. 1952 »

 

Pierrot Assante, le 17 juil. 03

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 10:16

EUROPE_MALTRAITEE_eco_atteres.jpg

  

  

Lire l'article

sur ce lien : ici

   

"Refuser le pacte budgétaire

et ouvrir d'autres perspectives".

Compte rendu de Pierre Ivorra, "L'Humanité".

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 08:40

 

"UNE CRISE DE PRODUCTION ! et rien d'autre", sur ce lien :

 

En entier :

http://alternativeforge.net/spip.php?article2083

 

Extrait : ....

La crise n’est pas « financière » [en dernière instance, il ne s'agit pas de la nier mais de remettre sur pied le processus de la crise et sa vision]. C’est une crise de la PRODUCTION. Nous inversons causes et effets en croyant le contraire. Les « lois d’usure du capital » sont contenues dans « Le Capital » de Marx qui a pu observer dans des conditions meilleures que nous ces lois. Conditions meilleures pour plusieurs raisons : proximité de leur formation, « virginité » de l’observation. « L’état de besoin » des théoriciens dominants les rend soumis au capital. Ils sont de plus au même titre que chaque humain soumis à cette « inversion des sens ».

La représentation de la société à partir du mouvement de consommation coupé de la production est significative. Cette inversion s’étend à tous les domaines. La représentation des institutions prend le pas sur celui de la production. Dans les esprits, ce n’est plus la production qui détermine les institutions mais le contraire. Tout est imaginé comme si toutes les activités humaines étaient indépendantes de la production, comme si elles étaient des fonctions indépendantes de la fonction générale de production. Comme si production de symbole était indépendante de production dite « matérielle », comme si la production de symboles n’était pas une fonction de la fonction générale de production. Et le dogmatisme de la production qui a marqué le mouvement ouvrier n’est que le reflet inversé de cette même dichotomie.....

 

********

LEGISLATIVES 2012 1°TOUR

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 10:01

!cid 4F04DF98-72DE-41BB-B047-A2258CC1F91B@BelkinCher-es ami-e-s, Cher-e-s Camarades

 

Le bipolarisme se réaffirme.

 

Preuve les  « bons résultats » des verts étiquettes majorité présidentielle.

 

La crise s'affirme aussi. Et les effets d'affichages et les quelques avancées qu'ils induisent (retraites petit retour, etc.) seront vite dépassés par l'union sacrée sur "la dette".

 

La véritable solution consistant à utiliser les crédits à l'investissement productif peuvent trouver une convergence entre le peuple minoritaire des « mécontents de gauche, salariés etc. » et les classes sociales de gestion et de petite propriété industrielle lucides et en grande difficulté économique pour survivre. (Théorème : réfléchir avec Pasolini!). Il y a là peut-être matière à alliance ? Une alliance électorale et d'action fonctionne dans la mesure où elle rencontre une alliance sociale à partir d’éléments concrets qui donnent l’élan à un phénomène unitaire, à une construction qui rompt et dépasse une organisation sociale obsolète, aussi dans une continuité d’évolution évidemment.

 

Les monopoles et leurs "volants" spéculatif de drainage des capitaux s'en sortiront encore un certain temps. Ni Krups ni Renault n'ont vu baisser leur taux de profit sous le fascisme...

 

ECO et PO mars avril 2012 UNEDans l'urgence, avoir assez d'élus PCF (constituer un groupe FdG où ils apparaissent en tant que tels), qui ont eux, quand même, quelques affinités avec cette analyse de la crise et de ses solutions. Les 7% du FdG ne sont pas à négliger ou à sous-estimer dans la bataille.

 

Après, continuer à lier la dénonciation des difficultés matérielles et morales au quotidien et les solutions économico-politiques à court et long terme.

 

Et puis il y a la nécessité d’élargir la vision et l’action de classe au niveau de réalité économique, sociale, culturelle à l’EUROPE ET AU MONDE, sans tomber dans le piège d’une Europe supranationale de la dette-austérité après celle d’une union monétaire monopoliste antisociale dont le recul de civilisation pose la question d’une poursuite saine de l’humanité.

 

Remettre à sa place la vision de ce qu’est l’argent-capital, c'est-à-dire la valeur d’échange marchand des produits, des valeurs d’usage : c’est un échange inégal du travail entre les humains, un travail dont les capacités productives immensément développées par la mondialisation-informatisation permet le drainage des profits vers une spéculation, mouvement interne de l’argent au profit de ceux qui le possèdent tout en affaiblissant la vie humaine. « La vie augmente » dit-on en parlant des prix, alors qu’elle diminue…

 

La dette est une opération comptable, une apparence et non l’essence, non la réalité profonde des activités humaines et de leur échange La monnaie n’a que la valeur symbolique que les Etats et les institutions monétaire internationales leur donne afin de maitriser les conditions de l’échange à leur profit Ne pas le savoir ne peut que nous faire tomber dans le piège de tous les chantages à l’austérité. La dette devient une force matérielle redoutable lorsqu’elle est utilisée pour poursuivre une crise de la production et rien d’autre.

 

La baisse tendancielle du taux de profit et les techniques de reproductibilité : 

 http://pierre.assante.over-blog.com/article-sincerite-106644430.html

 

Pierre Assante, Lundi 11 juin 2012

 

Résultats 1° tour 10 juin 2012, %, 21 h

Parti Socialiste 34,8%_Front de Gauche 6,9%_UMP, 34,8%_Modem, 1,6%_Front National, 13,6%_Europe Ecologie Les Verts, 5,2%_Extrême gauche, 1%_Autres, 1.6%_Abstentions 41,1%.

PS+FdG+Verts, 47%. Droite, 35%. FN 14%

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 03:17

 

EPILOGUE (suite)

……..La compensation à la baisse tendancielle du taux de profit par l’augmentation de la production a trouvé un relais moderne dans les techniques de reproductibilité. Mais le parasitisme du profit n’a pas de frontière, et en s’emparant de ces techniques dans son optique, sa philosophie, il ajoute un élément sans borne à ses contradictions économiques, scientifiques, morales, qui minent son essence, les rapports sociaux de classe basés sur lui-même, ce profit. Le profit pas au sens moral, le profit au sens économique du capitalisme. Mais le sens moral en découle et alimente cette politique sans issue autre que la transformation du mode de production.

Est-il utile de rappeler ici encore la question de l’organisation du travail qui est au cœur de ces rapports de classe, dans la question du « que produire, comment produire ». La reproductibilité en grand, est la conséquence de la révolution scientifique et technique, informationnelle, inaugurée par le capitalisme moderne. Cette reproductibilité en grand a été accélérée par la concurrence pendant des décennies avec le « camp socialiste », quel qu’il ait pu être, dans ses acquis sociaux, dans ses horreurs, dans ce choc énorme qu’a été le siècle passé. Elle a été accélérée conjointement par les moteurs et freins internes du capitalisme.

L’organisation du travail doit à la fois bénéficier des techniques de reproductibilité les plus développées et développées indéfiniment dans le cadre d’une révolution dans la qualité d’une production utilisant sans les épuiser toutes les ressources humaines et naturelles (des biens dit matériels et des biens dits symboliques) et de l’aptitude artisanale de l’humain au travail, pour libérer ce travail, le rendre à l’activité créatrice de la personne. Cela semble totalement utopique, mais répétons le, l’imagination de nos « élites » est si pauvre qu’elle n’est capable que de projeter sa vision figée, glacée du présent, dans un monde futur. Se libérer de l’emprise de ces élites c’est un processus qui dépend des modifications quotidiennes induites par les activités humaines, par les choix quotidiens qu’elles impliquent, et par leur résultante en aller retour : les transformations économiques.

Pierre Assante, 26 Août 2007

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 15:49

ECO_et_PO_mars_avril_2012_UNE.jpg 

CHASSAIGNE PORTRAIT

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ECO & PO complet : ici 

Avec l'édito d'André Chassaigne :

des députés du Front de Gauche

pour concrétiser le changement

        

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 09:02

Copie de 2011 03 17 004Éducation : l’heure des choix. L'humanité, 8 juin 2012

Par Stéphane Bonnery et Marine Roussillon, réseau école du PCF, membres du groupe de campagne éducation du Front de Gauche.

 

Sarkozy battu, l’étau qui enserrait l’école publique se desserre un peu. Mais il ne suffit pas de changer de président : il faut encore changer de politique ! Nous avons fait ce qu’il fallait pour mettre Sarkozy à terre en faisant élire Hollande. Mais nous n’oublions pas qu’en 2005, seuls les députés communistes et partenaires ont voté contre le sinistre « socle commun » qui officialisait la fin de l’objectif d’égalité. Nous n’oublions pas que la LRU dans le supérieur et toute la politique « d’autonomie des établissements » a été votée avec la complicité des uns et les atermoiements des autres, malgré la lutte de la communauté universitaire et l’opposition des parlementaires communistes. Les candidats communistes et l’ensemble des candidats présentés dans le cadre du Front de Gauche ne tergiverseront pas sur les choix de gauche. Ils sont les plus à même de mener une politique de reconquête en phase avec les aspirations populaires.

 

D’abord, répondre à l’urgence ! La rentrée scolaire doit se faire dans de bonnes conditions. Il faut donner la priorité au combat contre l’échec en recréant les 2500 postes de RASED supprimés cette année, relancer dès maintenant la formation d’enseignants, en commençant par rétablir l'année de stage à mi-temps pour les lauréats du concours 2012 et rétablir dès la rentrée les postes supprimés dans la dernière vague, le rattrapage des suppressions des années précédentes devant se faire au cours des rentrées prochaines. Enfin, dès la rentrée, faisons un premier pas vers une école vraiment gratuite : interdisons toute forme de demande de contribution financière des familles aux frais de scolarité (sorties, etc.).

 

2011 03 17 009Ensuite, relancer la démocratisation scolaire. Pour faire face aux défis auxquels l’école et la société sont confrontés, il ne suffira pas, même si c’est un début indispensable, de recréer les postes et de défaire ce que la droite a fait. Il est temps de construire l’école de l’égalité, pour la réussite de tous. Très vite, il faut mettre en chantier la préparation d’une nouvelle loi d’orientation scolaire avec tous les acteurs de la communauté éducative.

L’avenir réclame des adultes et des salariés davantage formés. Notre priorité doit être de répondre à ce défi en allongeant les études pour tous, et donc en mettant un coup d’arrêt à la sélection précoce des élèves.

Il faut en finir avec la mise en concurrence des établissements, le recours au financeurs privés et l’imposition d’une gestion managériale jusque dans les écoles. La gauche doit cesser de se compromettre en trempant dans de telles politiques libérales ! Il faut imposer une politique au service de l’égalité, pour que les conditions de la réussite scolaire soient les mêmes partout.

Contre la pénurie et l’exhortation des enseignants à faire de la productivité éducative avec moins de moyens et plus d’élèves, il faut un plan d’embauche sur le long terme pour pouvoir accueillir de la maternelle à l’université dans de bonnes condition les générations toujours plus nombreuses du fait de la natalité.

Tous les élèves sont capables d’apprendre : l’école doit donc se donner les mêmes objectifs pour tous. Nous ne voulons pas de « l’égalité des chances » que nous promettait Ségolène Royal au soir du second tour : l’école ne doit pas être le lieu d’une compétition où chacun a ses « chances » mais un espace de coopération et d’égalité d’apprentissage. Il faut en finir avec la distinction entre le socle commun pour les uns et les programmes pour les autres, et enseigner à tous une culture commune fondée sur la réflexion et l’esprit critique. Lançons une nouvelle réflexion sur les programmes, pour qu’ils se fassent sur la base des enfants qui n’ont que l’école pour apprendre les savoirs et les raisonnements scolaires. Reconquerrons le temps d’enseignement : la droite a supprimé près de deux ans de scolarité en primaire, en supprimant les samedis et les classes de 2 ans. Créons les conditions pour que l’école se fasse à l’école, pour que cesse le transfert des missions scolaires vers les familles, les collectivités locales, les associations et le privé.

Pour relever le défi de l’égalité d’apprentissage, il faut des enseignants formés. La formation initiale et continue, la mise en place de temps d’échange avec les collègues et de réflexion sur les pratiques, le développement de la recherche en éducation sont essentiels pour que les enseignants soient les acteurs du renouvellement des pratiques pédagogiques.

 

Pour financer cette loi d’orientation, il est indispensable de marquer un tournant, et pas seulement une atténuation, par rapport aux politiques de rigueur menées par la droite. On ne pourra pas satisfaire à la fois les marchés et le peuple. On ne pourra pas répondre aux besoins de la société tout en obéissant aux pseudo-règles d’or de l’austérité. Il va falloir trancher.

C’est ce choix que les Français devront faire les 10 et 17 juin prochains. Au second tour des législatives, partout et sans ambiguité, nous appellerons à battre la droite. Mais c’est premier tour, dans le choix au sein de la gauche, que va se construire la politique qui sera conduite dans les prochains mois.

Pour le PCF et le Front de Gauche, le choix est clair. Nous voulons en finir avec les hésitations et les tergiversations qui alimentent le désespoir. Nous voulons engager résolument les réformes structurelles de progrès. Et pour cela, nous voulons reprendre le pouvoir sur notre argent. Pour sortir de la crise, pour construire l’avenir, il faut rompre avec le cercle vicieux de la finance. C’est nécessaire, et c’est urgent !

 

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