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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 04:24

Il n’y a pas de réalité universelle

sans entités particulières.

ou

l’unité contradictoire

de l’aléatoire et de la logique du processus global,

résultante de cette infinité aléatoire.

 

 

8Août10 001La multiplicité des évènements qui se produisent dans le cerveau, le corps-soi de l’individu, la multiplicité des évènements qui se produisent dans l’humanité, le processus unifié que constituent ces évènements entre la personne humaine et la société, dans la multiplicité des champs d’activité, illustrent l’unité contradictoire de l’aléatoire et de la logique du processus global, résultante de cette infinité aléatoire.

Le « génie » philosophique, celui qui équivaut à l’action révolutionnaire, consiste en une marche sur la corde raide entre le structuralisme d’un côté, la philosophie analytique de l’autre. Sans cette marche sur la corde raide, tout n’est que répétition, c'est-à-dire la mort. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas mimétisme dans nos actions. L’homme est quotidien, mimétique, poïétique disait Henri Lefebvre.

 

Structuralisme et philosophie analytique alimentent le savoir, et le font souvent avec des résultats partiels très féconds. Ils doivent cependant, pour donner un horizon opérationnel au processus de l’accumulation des savoirs, s’intégrer à la circulation globale qu’est l’humanité dans son milieu global, ce que le mouvement de pensée désigné par le terme « marxisme »,  malgré tous les culs-de-sac dans lequel ce dernier à pu s’engouffrer, sans que pour cela son fondement en soit devenu obsolète (bien au contraire), s’est efforcé de faire.....

suite du texte :

http://www.pierreassante.fr/dossier/IL_N_Y_A_PAS_DE_REALITE_UNIVERSELLE_SANS_ENTITES_PARTICULIERES.pdf

Illustration : Maison et buste de Pierre PUGET à Marseille

Suite du texte en cliquant ici

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 04:15

Anti-légendes, poèmes, 1969.

Le texte entier : ici  (560KB)

http://www.pierreassante.fr/dossier/anti_legendes_poemes_p.assante_1969.pdf

 

mes parents-copie-1

 Maman-23-ans.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aime-Assante-1.jpg

 

 

Poèmes dédiés à ma mère qui s'en est allée le 2 février 2011

et à mon père qui nous a quittés le 29 janvier 2000.

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 19:10

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 04:56

Pour une

nécessaire récapitulation

 

Copie de 100 1686En première instance, ce sont les conditions matérielles de vie qui déterminent les mentalités.

Un mode de pensée (expériences, savoirs accumulés, mise en liaison de ces expériences et savoirs) acquiert une autonomie. C’est ce qu’Yves Schwartz appelle, je crois, la désadhérence. Ce concept de désadhérence est à la fois applicable à la micro et à la macro activité humaine.

Extrapolant (peut-être) ce concept de désadhérence, j’imagine que la « construction cérébrale » peut fonctionner autonomement, évoluer, se transformer à partir d’elle-même.

Il n’y a pas d’antagonisme entre cette idée d’autonomie de la pensée et celle de la dépendance de la pensée du mode de production. Toujours en extrapolant, l’on peut penser qu’un mode de production peut conduire à une impasse historique et/ou biologique de l’espèce humaine et que l’autonomie de la pensée, elle, peut conduire à une issue.

 

Il est difficile d’imaginer que cette autonomie des idées puisse être le fondement premier de l’activité humaine. C’est pourtant ce que je crois. Ceci conduit à reconsidérer toutes de « construction de pensée » en se plaçant sur un point de vue historique beaucoup plus large que l’histoire contemporaine au développement de ces « constructions de pensée ».

 

Cela conduit aussi, il me semble, à l’idée qu’il n’y a pas « nouvelle construction de pensée » sans mort de l’ancienne, et que toute nouvelle construction de pensée se constitue par résurrection de l’ancienne dans son dépassement. Ce qui est aussi une autre façon de considérer la mort  non comme une destruction mais une transformation. Cette idée après tout banale n’est pourtant pas celle que nous  partageons  vraiment. La raison en est tout simplement le rejet de l’idée de mort par l’instinct de conservation de l’individu et le l’espèce, de la communauté, de l’institution, etc. . Rejet fort sain (prendre le mot « sain » au sens premier de santé) en soi puisqu’il pousse à la vie et malsain en même temps puisqu’il nie la vie dans sa continuité.

 

Notre mode de pensée attaché au mode de production actuel évacue la santé de la reproduction humaine (biologique et culturelle dans leur unité générique) au profit des résultats financiers. Nous assistons donc exactement dans les faits à ce que notre pensée conteste, mais à l’envers. Nous contestons l’autonomie de la pensée au profit d’une conception rationnelle (en fait « rationnaliste ») du fonctionnement financier de la société (même lorsque nous tentons de nous opposer à ce fonctionnement financier). C'est-à-dire que nous assistons de fait à une prise de pouvoir de la pensée autonomisée de la financiarisation de la société humaine. C’est  une désadhérence malsaine des besoins humains vitaux dont on ne connaît pas le retour du fait que cette déshadérence a gagné l’activité humaine d’une façon « unitaire » et négative.

 

Répondre à cette dernière question c’est commencer à poser le problème des résidus tels que définis par Henri Lefèbvre. L’altermondialisme le fait en partie. Il est cependant gagné par une recherche purement économiste de solutions qui de plus l’oppose à des traditions économistes de lutte nationale mettant les actions humaines de résistance en opposition.

C’est pourquoi j’en reviens à mon idée de « révolution religieuse », qui en aucune façon se veut une régression à l’obscurantisme religieux, mais un appui sur un empirisme s’appuyant lui-même sur les sciences qui nous permette de « récapituler » sur l’ensemble de l’histoire humaine. Cette récapitulation, le christianisme a tenté de la faire en son temps : au sens que ni l’état des sciences, ni le début de la société marchande ne permettaient pas de fonctionner « globalement » pour toute la société. Ce n’était et n’est pas  une question seulement de savoir parce que c’est  une question de classe sociale et de globalisation des échanges. Ce qui veut dire qu’il ne faut pas confondre les possibilités ouvertes par la mondialisation avec une « absolutisation » des sciences. Une récapitulation ne peut jamais se faire qu’en partie, mais aujourd’hui elle peut se faire, en s’appuyant sur cette autonomie de la pensée.

 

C’est simple.

Ce que la société marchande a crée de plus accompli, c’est la bourgeoisie.

Ce que la bourgeoisie a crée de plus accompli, c’est le marxisme.

Lorsque ce qu’elles  créent s’oppose à elles, elles font tout pour le détruire, et ce faisant elle se détruisent, et tout le reste avec.

C’est une lutte entre ce qu’elles ont crée opposé à elles d’une part et elles-mêmes d’autre part. C’est une lutte  pour ne pas tout détruire et pour construire une société non marchande qui dépasse le système marchand sans détruire la société

Tous ce que les théologiens du marxisme peuvent exprimer n’est qu’une copie ou  une version mutilée du marxisme.

Je seul progrès possible est l’assimilation du marxisme par le groupe humain dans son ensemble et dans l’ensemble de ses activités et non par une élite.

C’est ce qui est en train de se faire sous des formes nouvelles, surprenantes et imprévues et pas du tout par une mimésis  marxiste. Ceci veut dire qu’il ne s’agit pas d’une transmission d’un savoir théorique, mais d’une création d’une pratique de vie, en particulier en rapport conscient avec les objets produits par l’humain, objets « touchables » et pensée dans leur unité.

Ce qui se fait au niveau d’une société est affaire de générations.

Ceci dit, ceci se fait dans la multiplicité et la diversité des activités humaines, théologie marxiste y compris.

On voit cependant que le politique, et les forces communistes organisées ne peuvent sortir du blocage par du praticisme, mais par une pratique s’appuyant sur une refondation métaphilosophique, c'est-à-dire au-delà de la philosophie. Leur attachement aux recettes considérées concrètes et réalistes est loin des questions profondes et attendues des humains. Les humains recherchent des horizons à leur vie, associés à des moyens pour vivre. Des réponses existent, le praticisme les ignore. Et le praticisme le plus extrême nous le connaissons sous la forme des solutions comptables de Fillon, Raffarin, Juppé, ces hommes morts parce que fossilisés de la Une de l’Huma du 17 juin 2004, qui nous gouvernent. Nous avons connu aussi ce praticisme d’une façon encore plus extrême, mais peut-être pas révolue, sous la forme du nazisme.

Pierrot Assante, Dimanche 27 juin 2004

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 08:14

COMMUNISME

l’administration de, par, tout un peuple

 

Heym.jpgL’histoire ne se décrète pas.

 

La direction de la société par un, des partis ne s’est pas décrétée. L’exemple de la révolution française et le processus qui a abouti à la convention, au comité de salut public, à la distribution de terres, à l’abolition des privilèges, aux réformes des mesures et des périmètres d’échange etc… le montre. La révolution athénienne de même, la révolution anglaise de même…

 

De même l’histoire des progrès sociaux, de l’introduction de droits du salariat dans les législations à la suite des conquêtes, des rapports de force qui ont précédé et permis ces droits.

 

De même les conditions des premières révolutions prolétariennes, La Commune, la révolution d’octobre et leur devenir ultérieur.

 

Ainsi, l’administration de, par, tout un peuple ( Qui ne s'est manifestée jusqu'à présent que dans de brefs et partiels moments exceptionnels, peut-on dire cela ? ) et non plus d’une avant-garde bourgeoise ou ouvrière, ou de « tout le salariat et ses alliés » ne se décrète pas.

 

Elle se prépare et se réalise(ra) dans la mesure où la volonté humaine, l'unité de l’état physique, technique, "matériels et moraux" seront « en résonance ». Cela ne se mesure pas avec des appareils de mesure.

 

marx.ch.VI 0001Evidemment, l’élargissement à tout un peuple, national, international et mondial, dans une mondialisation informationnalisée reposant sur l’initiative de la personne et des collectifs, la reconnaissance des diversités et des entités, la liberté du producteur et de toute la société du « que et comment produire », du « pour quoi produire » libéré de la propriété privée des moyens de production et d’échange, cet élargissementt est plus proche et plus souhaitable des possibilités d’aujourd’hui que celles d’hier.

 

Avec l’imbrication du village mondial et son "état technique", la gouvernance mondiale devient possible et nécessaire. C’est sans doute sur la base du travail, de son produit et de l’échange, en partant des besoins et non du profit, que cette gouvernance pourra se faire.

 

Elle est en gésine et les soubresauts du monde sont les effets de cette fécondation face aux forces opposées à cette naissance.

 

Les révolutions d’aujourd’hui nous enseignent sur celles d’hier. Elles nous renseignent au jour le jour mais aussi et surtout dans le processus long.

 

14mai10 003Ce sont les progrès vers cette vision issue des réalités et de coopérations économiques qui laissent vivre et se développer « ce qui n’est pas mesurable », qui sont nécessaire à une construction de « fronts de gauche » tendant à des « fronts populaires » ici et ailleurs.

 

Pierre Assante, lundi 7 mars 2011

 

…. « - Tu t’es opposé au relèvement des normes, Pour un peu, tu rassemblais une fraction autour de toi. Tu as pénétré dans l’entreprise  contre l’ordre de la direction du Parti et tu as mené ta propre politique, de ta propre initiative. Et pour finir, c’est toi qui as raison et nous qui avons tort. Comment donc est-ce possible ? »…

 

… «  -  Raison, tort, dit Witte. L’histoire universelle, ce n’est pas oui-oui, non-non. Mais ce que le moment présent a de positif, c’est que lorsque nous l’aurons surmonté, ainsi que celui qui suivra, nous constaterons ceci : rien ne peut plus être comme avant. Chacun devra penser par lui-même, et celui qui ne le fera pas n’aura plus droit au nom de communiste »…

 

Extrait de « Une semaine en juin, Berlin , 1953 » Stefan Heym

Première édition allemande après interdiction : 1974

Edition française : 1990

 

Biographie de Stefan Heym

La vocation littéraire d'Helmut Flieg s'éveille très tôt, alors qu'il a à peine 18 ans et est encore au lycée : il publie un poème antimilitariste qui lui vaut d'être renvoyé. Le jeune homme quitte sa ville natale pour Berlin, où il termine le lycée et commence des études de littérature allemande et de journalisme, interrompues par l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933. Ses origines juives le contraignent à l'exil : c'est à Prague qu'il se réfugie et prend le pseudonyme de Stefan Heym. Il quitte l'Europe pour les Etats-Unis et la ville de Chicago en 1935. Il termine ses études, vit de petits boulots en même temps qu'il découvre le communisme. Son premier ouvrage, rédigé en anglais, s'intitule 'Hostages' et rencontre un grand succès dès sa publication en 1942. Un an plus tard, Heym met de côté son antimilitarisme profond et s'engage dans l'armée américaine avec laquelle il participe au Débarquement sur les plages normandes. En 1948 Stefan Heym publie 'Les Croisés', véritable best-seller évoquant la Seconde Guerre Mondiale et le communisme. Mais ses convictions dérangent à l'heure du maccarthysme, et font de lui un homme à surveiller dès les années 1950. Déçu, fatigué des pressions qu'il subit, Stefan Heym renonce à la nationalité américaine et part s'installer en RDA en 1953. D'abord flattées par le choix de l'écrivain, les autorités est-allemandes découvrent vite la nature rebelle de Heym. Ses oeuvres, véritables panflets contre les régimes totalitaires lui valent invariablement la censure, l'obligeant à publier à l'ouest. Après la chute du Mur ses fortes convictions le poussent naturellement à s'engager en politique en 1994. Elu communiste et doyen, Heym ouvre la première session parlementaire au Bundestag. Son discours enflammé sur la réunification de l'Allemagne provoque un tel scandale qu'il préfère quitter ses fonctions un an plus tard. C'est en Israël en 2001 qu'il s'éteint, juste après une conférence sur son poète préféré Heinrich Heine.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 06:00

Réflexions sur la barbarie

(fragments)

 

weil....Bien des gens aujourd'hui, émus par les horreurs de toute espèce que notre époque apporte avec une profusion accablante pour les tempéraments un peu sensibles, croient que, par l'effet d'une trop grande puissance technique, ou d'une espèce de décadence morale, ou pour toute autre cause, nous entrons dans une période de plus grande barbarie que les siècles traversés par l'humanité au cours de son histoire. Il n'en est rien. Il suffit, pour s'en convaincre, d'ouvrir n'importe quel texte antique, la Bible, Homère, César, Plutarque. Dans la Bible, les massacres se chiffrent généralement par dizaines de milliers. L'extermination totale, en une journée, sans acception de sexe ni d'âge, d'une ville de quarante mille habitants n'est pas, dans les récits de César, quelque chose d'extraordinaire.

D'après Plutarque, Marius se promenait dans les rues de Rome suivi d'une troupe d'esclaves qui abattaient sur-le-champ quiconque le saluait sans qu'il daignât répondre. Sylla, imploré en plein Sénat de bien vouloir au moins déclarer qui il voulait faire mourir, dit qu'il n'avait pas tous les noms présents à l'esprit, mais qu'il les publierait, jour par jour, à mesure qu'ils lui viendraient à la mémoire. Aucun des siècles passés historiquement connus n'est pauvre en événements atroces. La puissance des armements, à cet égard, est sans importance. Pour les massacres massifs, la simple épée, même de bronze, est un instrument plus efficace que l'avion. La croyance contraire, si commune à la fin du XIXe siècle et jusqu'en 1914, c'est-à-dire la croyance en une diminution progressive de la barbarie dans l'humanité dite civilisée, n'est, me semble-il, pas moins erronée. Et l'illusion en pareille matière est dangereuse, car on ne cherche pas à conjurer ce qu'on croit être en voie d'extinction. L'acceptation de la guerre, en 1914, a été ainsi rendue bien plus aisée ; on ne croyait pas qu'elle pût être sauvage, faite par des hommes que l'on croyait exempts de sauvagerie. Comme les personnes qui répètent sans cesse qu'elles sont trop bonnes sont celles dont il faut attendre, à l'occasion, la plus froide et la plus tranquille cruauté, de même, lorsqu'un groupement humain se croit porteur de civilisation, cette croyance même le fera succomber à la première occasion qui pourra se présenter à lui d'agir en barbare. À cet égard, rien n'est plus dangereux que la foi en une race, en une nation, en une classe sociale, en un parti. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus avoir dans le progrès la même confiance naïve qu'ont eue nos pères et nos grands-pères ; mais à la barbarie qui ensanglante le monde nous cherchons tous des causes hors du milieu où nous vivons, dans des groupements humains qui nous sont ou que nous affirmons nous être étrangers. Je voudrais proposer de considérer la barbarie comme un caractère permanent et universel de la nature humaine, qui se développe plus ou moins selon que les circonstances lui donnent plus ou moins de jeu. Une telle vue s'accorde parfaitement avec le matérialisme dont les marxistes se réclament ; mais elle ne s'accorde pas avec le marxisme lui-même, qui, dans sa foi messianique, croit qu'une certaine classe sociale est, par une sorte de prédestination, porteuse et unique porteuse de civilisation. Il a cru trouver dans la notion de classe la clef de l'histoire, mais il n'a jamais même commencé à utiliser effectivement cette clef ; aussi bien n'est-elle pas utilisable. Je ne crois pas que l'on puisse former des pensées claires sur les rapports humains tant qu'on n'aura pas mis au centre la notion de force, comme la notion de rapport est au centre des mathématiques. Mais la première a besoin, comme en a eu besoin la seconde, d'être élucidée. Ce n'est pas aisé. Je proposerais volontiers ce postulat : on est toujours barbare envers les faibles. Ou du moins, pour ne pas nier tout pouvoir à la vertu, on pourrait affirmer que, sauf au prix d'un effort de générosité aussi rare que le génie, on est toujours barbare envers les faibles. Le plus ou moins de barbarie diffuse dans une société dépendrait ainsi de la distribution des forces. Cette vue, si on pouvait l'étudier assez sérieusement pour lui donner un contenu clair, permettrait au moins en principe de situer toute structure sociale, soit stable, soit passagère, dans une échelle de valeurs, à condition que l'on considère la barbarie comme un mal et son absence comme un bien. Cette restriction est nécessaire ; car il ne manque pas d'hommes qui, soit par une estime exclusive et aristocratique de la culture intellectuelle, soit par ambition, soit par une sorte d'idolâtrie de l'Histoire et d'un avenir rêvé, soit parce qu'ils confondent la fermeté d'âme avec l'insensibilité, soit, enfin, qu'ils manquent d'imagination, s'accommodent fort bien de la barbarie et la considèrent ou comme un détail indifférent ou comme un instrument utile. Ce n'est pas là mon cas ; ce n'est pas non plus, je suppose, le cas de ceux qui lisent cette revue.

Pour entrevoir une telle relation entre la carte des forces dans un système social et le degré de la barbarie, il faut considérer cette dernière nation un peu autrement que ne le fait la foule. La

sensibilité publique ne s'émeut...

*

Hitler n'est pas un barbare, plût au ciel qu'il en fût un ! Les barbares, dans leurs ravages, n'ont

jamais fait que des maux limités. Comme les calamités naturelles, en détruisant, ils réveillent l'esprit rappelé à l'insécurité des choses humaines ; leurs cruautés, leurs perfidies, mêlées d'actes de loyauté et de générosité, tempérées par l'inconstance et le caprice, ne mettent en péril rien de vital chez ceux qui survivent à leurs armes. Seul un État extrêmement civilisé, mais bassement civilisé, si l'on peut s'exprimer ainsi, comme fut Rome, peut amener chez ceux qu'il menace et chez ceux qu'il soumet cette décomposition morale qui non seulement brise d'avance tout espoir de résistance effective, mais rompt brutalement et définitivement la continuité dans la vie spirituelle, lui substituant une mauvaise imitation de médiocres vainqueurs. Car seul un État parvenu à un mode savant d'organisation peut paralyser chez ses adversaires la faculté même de réagir, par l'empire qu'exerce sur l'imagination un mécanisme impitoyable, que ni les faiblesses humaines ni les vertus humaines ne peuvent arrêter dès qu'il s'agit de saisir un avantage, et qui utilise indifféremment à cette fin le mensonge ou la vérité, le respect simulé ou le mépris avoué des conventions. Nous ne sommes pas en Europe dans la situation de civilisés qui luttent contre un barbare, mais dans la position bien plus difficile et plus périlleuse de pays indépendants menacés de colonisation ; et nous ne ferons pas utilement face à ce danger si nous n'inventons pas des méthodes qui y correspondent....

 

Simone Weil : Écrits historiques et politiques, (1939 ?)

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 20:16

BROCHURE ECO ET PO persoLa crise du capital, sa principale manifestation et son "centre", la crise du travail, la puissance de frappe médiatique du capital, les réponses nationalisto-politiques populistes franco-françaises qui ne sont pas nouvelles et que nous subissons depuis des décennies nous font courir les plus grands risques sociaux.

 

Les coups de pub et les coups d'arnaque politique peuvent y puiser des ressources les plus rétrogrades. Il n'y a pas lieu je crois de les traiter comme des clowneries, même si on peut les traiter avec humour, il s'agit de choses on ne peut plus dramatiques à prendre au sérieux.

 

Pour ma part l'analyse de fond des menaces et des ouvertures progressistes possibles qui s'opposent tiennent en résumé et pour l'essentiel sur les deux précédents articles et sur les analyses sur la "mesure quantitative des échanges" capitalistes et l’indispensable "transformation qualitative de cette mesure" : expression barbare et mystérieuse pour une question qui comme toute question demande étude et ne se contente pas de la science infuse...

http://pierre.assante.over-blog.com/ext/http://www.pierreassante.fr/dossier/petit_rappel_economie_politique_elementaire.pdf

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 09:58

René MerleNaissance d’une humanité qui s’humanise *

 

Nous redoutons tous une gouvernance mondiale. Nous la redoutons parce nous sentons bien que le capital la construit en laminant tout ce qui n’est pas mesurable.

 

Il n’était pas nécessaire en France, sinon au capital,  de laminer les cultures pour dégager une langue d’intercommunication et une culture nationale commune.

 

Pourtant, compte tenu de l’imbrication du village mondial et son "état technique", la gouvernance mondiale devient possible et nécessaire. C’est sans doute sur la base du travail, de son produit et de l’échange, en partant des besoins et non du profit **, que cette gouvernance pourra se faire.

 

Elle est en gésine et les soubresauts du monde sont les effets de cette fécondation face aux forces opposées à cette naissance.

 

Ce sont les progrès vers cette vision issue des réalités et de coopérations économiques qui laissent vivre et se développer « ce qui n’est pas mesurable », qui sont nécessaire à une construction d’un front de gauche tendant à un front populaire ici et ailleurs.

 

Comme la bourgeoisie et l’industrialisation étaient en croissance bien avant que cette dernière n’accède à sa dictature sur la société en balayant la monarchie, la classe ouvrière et le salariat dans sa AU VIOLON CITOYEN !diversité, ses besoins et leur résultantes institutionnelles ont acquis un rapport de force en progrès fluctuants mais réels dans la société bourgeoise généralisée. L’opportunisme consiste à ne pas soutenir ces transformations nécessaires et les luttes ouvrières et populaires qui les permettent, et ainsi provoquer soit l’enlisement des forces productives soit explosion anarchique du mode de production.

 

La classe ouvrière n’est pas affaiblie numériquement. Les "300 millions" d’ouvriers chinois et les autres millions de pays émergents ne sont pas moins nombreux que nos "7 millions" d’ouvriers des 30 glorieuses.

 

L’approfondissement de la qualité du salariat dans une mondialisation informationnalisée du mode de production n’est pas moins transformatrice du monde que la révolution industrielle.

 

Il y a tant à dire et à redire dans ce bouleversement-avancée pour faire avancer cette conscience commune.

 

Pierre Assante, le 5 mars 2011

 

Notes :

*   Expression prise au titre d'un article de Bernard Devert (Huma du 5.3.11).

** Ce qui est une autre façon dire : « développer ce qui n’est pas mesurable ».

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 22:28

2011 01 11 008Au moment où les communistes étaient sonnés par les 1,9% des présidentielles et l'élection triomphante de Sarkozy, j'écrivais ceci :

 

Contribution de Pierre Assante

Par Assante Pierre

Section du 8ème arr. de Marseille
Bouches du Rhône


Le 18 mai 2007

 

Section du 8ème arr. de Marseille
Fédération des Bouches du Rhône

 

Nous entrons dans une période de destruction très accélérée des rapports sociaux. Nicolas Sarkosy et son équipe ne sont que la pointe avancée de cette entreprise qui a commencé de longue date. Cette équipe pense qu’en régentant sur la base du libéralisme économique, ils vont pouvoir relancer une cohésion sociale productrice de richesses. Mais c’est une conviction et non un enrégimentement qui procure une cohérence à la société.

Leur entreprise de destruction est basée sur le pouvoir de l’actionnariat contre le salariat. L’actionnariat consiste à retirer le plus possible de profit privé au détriment du salariat, qui, lui, est l’élément créateur des richesses. Les délocalisations, les suppressions d’emploi, la répartition extraordinairement inégale des richesses est le résultat d’une telle orientation politique. D’ailleurs la meilleure illustration de l’équipe Sarkosy est bien la récupération à titre privé dont elle jouit de cette répartition extraordinairement inégale des richesses.

Les 2% obtenus par Marie Georges Buffet n’est pas le fruit des seules erreurs des communistes. C’est le signe d’une désagrégation de toute une société (et des conditions de l’élection présidentielle), où la production des richesses par le salariat est mise au dernier rang des préoccupations de cette société, salariés compris, obnubilés par une consommation médiatisée et pourtant de plus en plus restreinte pour eux, en particulier pour les plus pauvres.

Le communisme est une grande idée d’avenir. Elle n’a pas à être fondée, elle l’est déjà. Mais il lui faut reconquérir ce qui fait sa force, le salariat et ses alliés, force que la crise a transférée à la grande communication dont la campagne de Sarkosy a illustré les méthodes et les moyens gigantesques. La crise du communisme est la crise de la société. Le rassemblement des anti-libéraux ne peut se faire qu’avec les communistes et non contre les communistes. Les différences de culture des uns et des autres, leur aspiration à l’hégémonie ne peut se résoudre non par l’hégémonie d’un groupe mais par celle de la re-mise de l’homme producteur au centre de la société.

Les élections législatives peuvent être un moment de cette reconquête, en votant pour les candidats d’union anti-libérale et du PCF. Cette reconquête s’inscrira dans la durée et retrouvera toute sa force au bout de l’enrégimentement qui conduira à l’échec de la politique de l’équipe Sarkosy-MEDEF.

Pierre Assante, 18 mai 2007

 

Par la suite, je poursuivais par ceci : ici

 

http://pierre.assante.over-blog.com/ext/http://alternativeforge.net/spip.php?auteur362

 

Il s'avère que la période de destruction accélérée sus-décrite s'est bien produite et entraîne à la fois une dénormalisation et une dissolution, des multitudes de re-normalisations en gésines et certaines en construction.

 

 

Une cohérence opérationnelle de ces re-normalisations est-elle en mouvement ?

 

Quoi qu'il en soit, l'agitation du "laboratoire" société-travail ouvre une multitude de bifurcations, avec leur "voies" possibles ou pas. Mais s'il y a transformation il y a aussi continuité : nécessités des activités, complexification et appel à dé-adhérence- - - re-adhérence au prescrit, besoin d'autonomie relative en croissance rapide de la personne , libre consentement de la personne reposant sur la connaissance de sa propre activité et de la reconnaissance de son activité par la société humaine...

 

Une constante, issue de l'échange, "mouvement" de l'activité-production humaine, est bien la mesure de l'échange et sa transformation car elle peut "selon les cas" être  adhérente aux besoins ou pas, et en conséquence aux désirs moteurs de continuité et de santé. En cela tout "Das Kapital" assure la continiuité de la critique de la mesure de l'échange.

 

Je persiste et signe dans la complémentarité-unité de l'acte revendicatif, de l'acte de construction sociale, de l'acte créateur de concept.

 

La succession de ces contributions ici est l'effet de cette conviction...

 

De la communauté de réflexion et d'action, dépend une cohérence opérationnelle de ces re-normalisations.

La croissance du salariat, de la classe ouvrière de production de "biens matériels" dans les pays émergents, de l'affinement des techniques et de l'organisation du travail dans les pays développés et partout sont une donnée forte de cette réflexion-action.

 

Pierre Assante, 3 mars 2011

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 18:59

ergologia.jpg

  

  

Le numéro 4 de la revue Ergologia est paru (présentation )

 

 

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AIX en Provence  

l'activité en dialogues 0001

Les tâches du présent 2011 auront lieu les 18 et 19 mars (programme , inscription , biblio )

 

 

 

 

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  PARIS  

Copie de P1000280Programme 2011 des séminaires d'Yves Schwartz dans le cadre du Master DCIO du CNAM Paris (présentation)

 

8/01/11, 14h-17h salle 31-2-89

04/03/11, 9h30-12h30 salle 31-3-12

26/03/11, 9h30-12-30 salle 31-3-07

01/04/11, 14h-17h salle 31-3-12

13/05/11, 9h30-12h30 salle 31-3-1

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 18:54

Isancho2.jpgl n'y pas de Don Quichotte sans Sancho.

Le marseillais Daumier l'a bien exprimé dans plusieurs de ses oeuvres parmi les plus belles.

 

Cervantès nous fournit cette vision dans une Espagne dominant le monde, mais en début de déclin.

 

Cette vision dite "périphérique", Marseille et autres, et  auteurs minorisés (c'est valable pour Daumier comme pour Gelu...), et idées "non centrales" c'est à dire non dominantes,  est en harmonie je crois avec l'article de René Merle qui rappelle une analyse d'Engels sur "la France du Sud".

 

Il en est sans doute des cultures minorisées comme des classes, couches sociales, minorisées, écrasées. Henri Lefebvre faisait appel au "rassemblement des résidus", et à "la talvera" (la marge, le côté du champ où l'on tourne la charrue) qui en fait rassemble (et souvent) la masse humaine marginalisée, comme acte révolutionnaire constructif...

 

J'emploie volontiers ce terme "minorisé", fort contesté, non parce qu'il représente une infériorité (exemple : culture ou langues minoritaire), mais une hiérarchie de domination, une hiérarchie de classe à "détruire en la dépassant" (aufhebung).

 

http://merle.rene.over-blog.com/article-frederic-engels-et-la-france-du-sud-68477482.html

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 07:11

cervantes2.jpg« …c’est l’expression consciente d’un processus inconscient… ».


Le 7 juin 2010

Il faut avoir approfondi l’analyse de la société et l’expérience des luttes populaires et ouvrières pour faire une synthèse aussi pertinente ET de l’existence ET du rôle du Parti. C’est Engels dans « l’Anti Dühring » qui les définit ainsi.

Cette définition est lourde de sens, et d’une grande accumulation d’expériences et de savoirs. Elle n’est pas du tout une « formule » toute faite. Elle répond, selon moi aux questions que pose le congrès ET sur la société, ET sur les luttes ET sur le Parti. C’est sans doute à partir de cette approche qu’une réponse peut être donnée sur la nécessité de la forme Parti.

Pierre Assante, Section du 8° du PCF, Marseille.

Autres interventions de congrès : ici

http://alternativeforge.net/spip.php?auteur362

 

et politico-philosophiques diverses:  ici

http://www.bdr13.pcf.fr/Contribution-de-Pierre-Assante,6020.html?var_recherche=assante

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 06:55

Publié en mars 2008 sur ce lien PCF13 ici

IMG-copie-2.jpgUne maladie infantile de la société humaine, mais aussi une maladie sénile de la démocratie bourgeoise :

Contribution de Pierre Assante

Section du 8ème arr. de Marseille


24 mars 2008

Chausser des bottes de sept lieues
en se disant que rien ne presse
voilà ce que c’est qu’être vieux…

(Aragon)

Les capacités humaines donnent à la personne une vision partielle et parcellisée de la réalité qui l’entoure, réalité qui agit sur la personne et sur laquelle la personne doit agir pour vivre. De plus tout est fait dans les rapports de classe pour ne transmettre à la personne que la vision la plus partielle et parcellisée possible de la réalité, réservant une vision plus globale à la classe dominante afin qu’elle conserve ses moyens de domination.

Cependant ce mode de transmission, outre que les intérêts personnels de la classe dominante la pousse elle-même à sélectionner la vision de son point de vue de classe, entraîne, par cette réduction et parcellisation de la vision à ne plus savoir elle-même où elle va et où elle veut aller. En privant les autres de la transmission de l’accumulation des savoirs, la classe dominante en arrive à en priver la société entière et à s’en priver elle-même, et par là-même à perdre la notion de survie, d’instinct de vie. La classe dominante entraîne dans cette perte toute la société humaine et l’environnement naturel dont la société humaine fait partie.

L’enfance est la période de vie où les règles de vie permettant l’activité commune des humains sont transmises. Le propre de l’infantilisme en tant qu’adulte est le refus des règles de vie et leur rejet en tant que contrainte. La maturité consiste en la négation de la négation de ces règles, c’est-à-dire en un dépassement de la négation et un respect d’un mode de rapports sociaux qui fait la part des choses : ce en quoi les règles ont une utilité sociale, ce en quoi elles représentent une rigidité sociale, ce en quoi elles deviennent inadaptées à l’évolution de la société humaine. Lorsqu’elles deviennent en masse inadaptées à l’évolution de la société humaine, il faut considérer en quoi les superstructures(1) sont touchées par les contradictions du mode de production dont elles font partie.

Ainsi lorsque il y a contradiction absolue entre des règles de vie, ou une part de ces règles très historiquement déterminée, au-delà des constantes de longue durée de l’espèce, le dépassement de ces règles devient impossible sans une transformation profonde des structures et des superstructures, transformation en tant que processus et non en tant que destruction absolue. Il y a donc négation de masse des rapports sociaux et l’on peut dire que dans une société de démocratie restreinte, limitée, qu’est la démocratie du marché capitaliste, le refus des règles n’est pas seulement une maladie infantile de la société humaine, mais aussi une maladie sénile de la démocratie bourgeoise .

Que ce soit clair, il n’est pas question de répondre à la crise de la démocratie bourgeoise par un retour en arrière, en reculant les aiguilles de la montre, mais par un élargissement à toute la société de la démocratie, et donc à la disparition des classes sociales dans un processus de transformation sociale dans lequel la production, les techniques de production, la gestion et la distribution de la production sont inséparables et en osmose totale, c’est-à-dire que chaque « élément apparent » de la société est la même chose d’un tout(2).

Le terme de « démocratie avancée » recouvrait parfaitement le choix et l’initiative d’un processus social de type nouveau correspondant à une étape nouvelle d’adaptation-évolution à ce que l’humanité a crée de nouveau et ce en quoi ce qu’elle a crée de nouveau lui réclame une nouvelle organisation de sa vie en société : le communisme non en tant que projet ou aspiration mais en tant que nécessité. Les sentiments, comme les idées (le corps-soi-personne-société), le corps social, ne sont en rien séparés de la nécessité, et la nécessité n’est pas un événement et une voie unique(3). Le pluralisme et la diversité ne sont pas une addition des réalités.

Notre temps est si imbibé de la négation non dépassée, et cette négation non dépassée est elle-même si bien exploitée par la classe dominante pour maintenir les divisions dans la population et particulièrement dans le monde du travail, chez les salariés, que tous les repères semblent en mouvement excessif alors qu’ils n’ont jamais été autant non à l’arrêt mais en attente d’évolution. Une fois de plus l’aspect « immédiat » des choses voile la réalité profonde et la marche se fait de plus en plus à l’aveugle. Contradictoirement, les progrès des savoirs entrent en contradiction antagonique avec le savoir au point que la sagesse elle-même prend l’apparence de l’immobilisme et l’immobilisme ou le retour au passé celui de la sagesse : « n’avançons plus, on était si bien » ou « courons sans savoir où l’on va » sont la forme la plus agressive contre le « avançons en étudiant le chemin ». Perdre du temps ce peut être quelquefois en gagner. Mais ne faut-il pas moins employer le terme gagner et plus le terme vivre ? Les formules, il faut s’en méfier parce qu’elles sont souvent mises en relation avec une analyse partielle et partiale. Elles sont utiles comme repères relatifs, en mouvement, de concert avec le mouvement général de l’ensemble de la réalité perceptible.

Pierre Assante, 24 mars 2008

 

(1) Il est de bon ton aujourd’hui de réfuter les termes de superstructures et d’infrastructures. Chez Marx, ces termes n’induisent pas une dichotomie de l’activité humaine et dans l’introduction à la critique de l’économie politique, il fait bien la relation d’unité des activités avec la métaphore de la vie de la plante sur laquelle je ne reviens pas ici en détail (voir d’autres articles) et souligne les abstractions opérationnelles des représentations nécessaires à la vie humaine. Quoi qu’il en soit si d’autres termes illustrent mieux cette réalité, il n’y a pas de raison de ne pas en changer.

(2) il est assez cocasse d’ailleurs de voir et d’entendre ceux qui critiquent avec sectarisme les termes marxistes de « superstructures » et « d’infrastructures », lorsqu’ils attaquent la question de la crise ou par les institutions, ou par l’économie, ou par l’école ou par la justice, restreignant de plus en plus le champ d’attaque et d’action. Ils aggravent ainsi la dichotomie qu’ils critiquent chez Marx. Mais bien sûr, il y a aussi un travail spécifique à chaque champ d’action à condition qu’il y ait « pluridisciplinarité » et contact entre les actes des divers champs, tant dans le « champ général » des sciences que celui de l’action politique et celui de la gestion, et contact général entre les « ensembles de champs ».

(3) Voir article « Il n’y a pas de réalité universelle sans entités particulières. Ou l’unité contradictoire de l’aléatoire et de la logique du processus global, résultante de cette infinité aléatoire. P.A. »

 

Autres interventions de congrès : ici

http://alternativeforge.net/spip.php?auteur362

 

Publié en mars 2008 sur ce lien PCF13 : ici

http://www.bdr13.pcf.fr/Contribution-de-Pierre-Assante,6020.html?var_recherche=assante


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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 06:11

PRESENTATION DU RECUEIL « L’INDIFFERENCE »

 

L'indifférenceCe recueil d’article poursuit la réflexion sur l’activité humaine commencée dans notre précédant essai « La métamorphose du travail »

 

Il ne s’agit pas d’analyser dans le détail les transformations techniques du travail avec l’introduction de la révolution des sciences et des techniques des années 1970 à nos jours, mais d’en constater les effets, d’en tenter la synthèse et de la comparer avec l’analyse de base de Marx et d’Engels du système capitaliste dans sa jeunesse triomphante pour vérifier la permanence de cette analyse : le travail comme marchandise et sa « métamorphose », à l’instar de l’argent en capital.

 

Henry Lefebvre, Walter Benjamin, Ernst Bloch, ont poursuivi l’approfondissement du marxisme. De ses visées transformatrices. Ces articles en sont imprégnés.

 

Mais à l’instar des réponses faites par les marxistes à leurs détracteurs dans l’esprit non de polémique stérile, mais du débat qui participe à la lutte au quotidien que mène le salariat et ses alliés pour se libérer de l’exploitation, cette réponse essaie de saisir comment une certaine  « vision » de ce quotidien participe au voile jeté par l’aspect immédiat et superficiel que développe la classe dominante à travers la puissance des moyens techniques à sa disposition, et « tout simplement » à travers le mode de vie que le système impose dans sa phase actuelle.

 

Tout cela n’est pas essentiellement différent des situations du XIX° siècle, mais s’est au contraire accentué. En « sautant par-dessus » Marx pour éviter de sembler participer à une attitude dogmatique et-ou à un soutien aux crimes qui s’en sont réclamés, mais en fait pour échapper au couvercle de plomb posé par le capital sur toute parole libératrice, de nombreux auteurs ont voulu « reconstruire de zéro » l’analyse sociale.

 

Dans ces conditions, ces auteurs ont abouti, comme le disait Marx à propos de Proudhon, non à une synthèse mais à une erreur composée.

 

La recherche ergologique, c'est-à-dire la recherche pluridisciplinaire sur tous les aspects de l’activité humaine de travail utilisant l’éventail, la totalité des champs des sciences, ouvre un nouveau champ « pratique » pour passer de la spéculation et de l’empirisme à la démonstration, ce que Marx et Engels font en passant de leurs premières œuvres sur la critique de l’économie politique à « Le Capital », qui allie concepts des révolutions philosophique, anthropologique et critique quantitative et qualitative du capitalisme, et en propose une synthèse en mouvement, en évolution.

 

Cette synthèse en mouvement et en évolution n’est que le "reflet" de la réalité en mouvement, du « moment réel qui abolit l’état actuel ».

 

Yves Schwartz a été l’initiateur de ce travail de recherche sur le travail, l’ergologie, puis le « rassembleur » des efforts de recherche pluridisciplinaire. Son ouvrage « Le paradigme ergologique ou un métier de philosophe », puis les ouvrages collectifs sur « l’activité en dialogue » font passer la réflexion spéculative vers les constat « physiques », leur synthèse.

 

Nos réflexions s’inspirent beaucoup de ces recherches, non pour les « dogmatiser », mais pour contribuer à les mettre au service des luttes au quotidien et de la construction d’un devenir « sain » comme le dirait Yves Schwartz. Et aussi pour contribuer à ce qu’elles ne soit pas dévoyées et instrumentalisées, comme le système tente toujours de le faire chaque fois qu’il sent dans une pointe avancée de sa critique une menace contre son existence.

 

L’indifférence

Recueil d’articles choisis, ici

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/L_indifference_472KB.pdf

SOMMAIRE

PAGES

 

3 CRISE DU CAPITALISME ET TRAVAIL

quelques idées sur la crise nécessaires pour en chercher l’issue.

6 Métaphore sur la

suraccumulation/dévalorisation

du capital

9 Organisation politiques, organisations syndicales, organisation du travail, ergologie, quelles relations, quels besoins ?

Sur le Manifeste pour un ergo-engagement d’Yves Schwartz

12 Pas d’ergologie sans conscience du processus du particulier au général.

15 Choses essentielles et simples 

18 DECROISSANCE

20 .Ainsi vont les choses, c’est quand elles n’existent plus que ce qui leur fait suite, longtemps après, nous fait remonter JUSQU’A elles.

Et nous entrevoyons alors les choses nouvelles en comprenant par leur relation avec ce qu’elles étaient avant leur transformation.

(5 articles)

22 De la dialectique à l’économie en passant par la politique politicienne, pour résumer « clairement» tout en perdant la saveur des choses et un peu de leur substantifique moelle.

25 REPUBLIQUE DES CONSEILS

26 « L’humanité c’est la conscience de la nature sur elle-même »

28 REPONSES A….. Septembre 2009

30 Théorie et pratique : sur le mode d’échange, la valeur et les luttes.

32 Petit rappel d’économie politique élémentaire

37 L’appétit de l’esprit 1

41 L’appétit de l’esprit 2

42  « Aquí’s l’automna d’un monde vielh »

« Voici l’automne d’un vieux monde »

45 CRITIQUE OUVERTE DU CONCEPT DE DECROISSANCE

Et sur l'utilité du débat que lance ce concept

47 Pour agir socialement

51 Donner envie dit-on aujourd’hui

55 La circulation internationale

58 Au sujet de : QU’EST-CE QUE CETTE JEUNESSE QUI SE MAINTIENT DANS LE NON-AGIR ?

59 Quand les « masses » se « barbarisent » ? :

62 Communication.

 

Suite  sur ce lien : http://www.pierreassante.fr/dossier/L_indifference_472KB.pdf

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 20:55

    Mars 2009

Francette Lazard 6/6 ici

Partie 1 : http://www.dailymotion.com/video/x8l1y3_francettelazard1_news


Partie 2 : http://www.dailymotion.com/video/x8l22r_francettelazard2_news


Partie 3 : http://www.dailymotion.com/video/x8l272_francettelazard3_news


Partie 4 : http://www.dailymotion.com/video/x8l2fy_francettelazard4_news


Partie 5 : http://www.dailymotion.com/video/x8l2kn_francettelazard5_news


Partie 6 : http://www.dailymotion.com/video/x8lccz_francettelazard6_news

 

2 textes :

 

premier texte :

http://bessac.typepad.fr/files/textefrancettelazard.pdf

 

Deuxième texte :

1. Lucidité et illusion.

".......Les uns et les autres dans ce colloque nous pouvons apprécier, avec le recul du temps, la part de lucidité et la part d’illusion que nous avons portées, dans la diversité de nos engagements, de nos responsabilités, de nos activités.

Je m’exprime ici à partir des expériences et des réflexions liées à une activité militante exercée dans la durée d’une vie, avec des responsabilités dans la direction du PCF durant quatre décennies…Depuis mon adhésion à l’adolescence et mes études d’histoire, jusqu’à mon statut actuel, je garde une même motivation, puisée naguère dans la lecture du Manifeste communiste : celle d’une possible « intelligence révolutionnaire du réel ». 

Cette motivation sera le fil conducteur de mon investissement au sein de la section économique du PCF dans les années 60, puis dans la presse communiste dans les années 70. Elle s’exprime dans l’ambition que propose en 1979 l’acte fondateur de l’Institut de Recherches Marxistes : « comprendre les années 80 ». ......"

suite de l'extrait ci-dessus:

http://www.gabrielperi.fr/Des-mutations-anthropologiques  

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 08:17

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"...On pourrait considérer qu'il s'agit là d'un hommage du vice à la vertu et d'une reconnaissance tardive du rôle du travail, mais l'intention est tout autre..."

Pierre Yvorra, L'Humanité, 1° mars 2011, voir article en bas de page.

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yvorra.jpg....Ainsi de la marchandise qui a les qualités matérielles d’un objet particulier, comme tout objet, mais qui a l’importance de subvenir à des besoins de production et de reproduction de la personne et de la société *, dans leur unité, par l’échange.

 

L’étude des conditions de l’échange partant et de la valeur d’usage de l’objet et de la VALEUR, qui désigne la qualité de l’échange de l’objet, est indispensable à la compréhension de la suite de l’exposé de « Le Capital ». La pédagogie sur « la marchandise » est donc prioritaire pour  toute formation militante, pour toute formation tendant à découvrir les limites du capitalisme dans le développement humain *, les transformations qualitatives nécessaires au processus de l’humanité et les moyens de poursuivre le processus.

 

Cette étude de la marchandise nous emmène de repère en repère, de représentation et représentation du mode d’échange, et aboutit à la constatation de l’obsolescence croissante de la mesure quantitative de la valeur, et à l’idée et la réalité d’un mode d’échange qui tend à bloquer l’échange et donc cette « circulation du sang » qu’est l’échange lequel passe par le capital, argent privé destiné à se reproduire et s’accumuler, mais aussi transporteur de l’échange social dans le capitalisme généralisé, comme le sang transporte l’oxygène dans tout le corps....". Pierre Assante, 12 juillet 2010 

 

Suite de ce texte : ici

   yvorra.travail.europe

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 01:01

decembre 2009 : Anarchisme et communisme

 

Angela DavisLes questions « théoriques » ne sont pas étrangères aux difficultés d’union du mouvement populaire, y compris sur le plan électoral. Elles peuvent contribuer à donner un contenu fort et efficace au Front de Gauche.

 

Dans les écoles du parti communiste on développait l'idée qu'il n'y avait pas de différence (1) entre communisme et anarchie, mais que les anarchistes de parti n'imaginaient pas d'étapes pour accéder au communisme, à la différence des communistes. S’en souvient-on ? En fait les « anarchisants » ne faisaient pas la liaison marxiste entre niveau de développement des forces productives et niveau d'organisation sociale, des inégalités et-ou dissymétries fonctionnelles de développement, du lieu principal d'intervention en fonction des analyses de ces inégalités.

 

Cela n’a guère changé.

C'est bien là la question marxiste de l'intervention de l'économique en dernière instance. Ce qui n'empêche pas Marx de finir son introduction à la critique de l'économie politique par la question de l'art. Ce qui montre qu'il ne réduit pas le problème à l'économie et qu'au contraire il lie toutes les activités humaines comme une unité et une diversité, ce qui dans un esprit non dialectique (qui ne comprend pas l'existence de la contradiction dans l'existence du mouvement)  peut paraître incompatible. C'est contradictoire au sens hégélien mais compatible au sens pratique, à tous les sens, ce qui ne veut pas dire faire abstraction de la lutte des contraires.

 

Dans mes réunions, je fais cette métaphore simpliste, mais parlante : si vous entrez dans votre cuisine, que vous êtes le meilleur cuisinier qui soit, mais que vous n'avez pas les ingrédients nécessaires, vous ne pourrez préparer aucun repas. Ce qui est une image sur l'intervention de l'économie et dernière instance, et qui n'empêche pas, même en situation de pénurie de posséder les qualités morales de cuisinier d'une fonction virtuelle puisque non opérationnelle dans ce cas. Ou au contraire, en situation d’abondance de cuisiner sans être la pointe avancée de la théorie culinaire. L’élitisme côtoie souvent la revendication d’égalité. Et il est hélas question de ne pas considérer l’autre comme son semblable, sous prétexte de ses différences.

 

Il faut donc que les forces productives soient développées en même temps que le projet social, et non dissociés comme ce fut le cas dans l'histoire volontariste qui cohabite chez l'homme aux côtés et dans l'histoire "réelle".

Si le projet a été bafoué dans le "socialisme réel", on oublie souvent ce lien entre le développement des forces productives et projet et capacités de projet en fonction de ces forces productives (et dans développement il y a toute la création humaine dans toutes ses fonctions "intégrées"). Ce qui conduit à la fois à ignorer qu'à toute étape de développement, il faut étudier les possibilités de "bifurcations" progressistes, que rien n'est à condamner mécaniquement (2), et que les solutions ne naissent pas de l'indignation superficielle de la réaction droitière à laquelle on adhère parfois, mais de la critique "scientifique" constructive. Ce n'est pour moi un mot ringard. Ni une formule fossilisée.

 

Pierre Assante, le 6 décembre 2009

 

http://www.emigrazione-notizie.org/downloads.asp?id=198

 

http://www.emigrazione-notizie.org/public/upload/LA_METAMORPHOSE_DU_TRAVAIL_Pierre_Assante.pdf

 

(1)"qu'il n'y avait pas de différence entre communisme et anarchie", au sens qu'il y a un objectif final commun entre les anarchistes et les communistes (ce qui est différent de l'anarchie et du communisme), le communisme, c'est à dire l'abolition des classes sociales, de l'exploitation capitaliste, de l'Etat, organisation de domination de classe.

Diffèrent les moyens d'y aboutir, évidemment, ce que j'essaie d'expliquer dans la suite de ce court article.

 

(2) http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/contribution_critique_eco_pol/critique_eco_pol.doc#Livre_2_introduction

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 08:23

De la métaphore du fruit qui mûrit à la mondialisation (1),

En passant par Marx, Feuerbach, une réflexion tout à fait « pratique ».

 

congrès 2009« La dure cristallisation du quotidien nous met en demeure

de rejeter les transformations illusoires (par l’art ou l’image)

et de transformer effectivement le quotidien. » Henri Lefebvre.

 

« Face au pôle de la cité et au pôle du marché,

un pôle de l’activité, sans lequel l’homme serait hors-jeu

et l’histoire regardée comme une mécanique. » Yves Schwartz.

 

…….La métaphore utilise l’image d’un phénomène connu pour tenter de décrire une nouvelle représentation de la réalité. Elle ne peut ainsi qu’avoir les défauts dont parle Alain Duparquet (2) et contre lesquels il nous met en garde. Une métaphore ne peut se suffire à elle-même et elle a besoin d’autres métaphores (3) qui la contredisent et attaquent la question traitée sous des angles différents.

……..Soit on considère les écrits de Marx comme un dogme, surtout si on les ignore ; soit comme une vision des possibles (ce qu’il déduit de sa « méthode d’investigation dialectique »). Ce qui n’empêche pas, le contraire est impossible, un « jugement de valeur ».

La vision de l’action sur la société décrite dans « L’idéologie allemande », partie « Feuerbach », en particulier les pages 63-64 des Editions sociales, 1968, est citée souvent limitée au passage « Le communisme n’est pour nous…existant » (page 64)..

Il est clair que la partie qui suit et surtout celle qui précède touchent à l’idée que le communisme est une transformation MONDIALE. Cela a toujours gêné les partis nationaux parce que la culture populaire populiste n’envisageait pas le communisme comme un processus de la mondialisation, mais un état des choses dépendant du « grand soir » (4)..

Ainsi renoncer au grand soir équivalait, équivaudrait, à renoncer à toute action révolutionnaire. Pour reprendre la métaphore du fruit qui mûrit, sa négation par son « pourrissement », sa « négation de sa négation » par l’arbre, on ne peut atteindre une maturité sans que le processus de maturation ait eu lieu. On peut accélérer le processus avec d’ailleurs le danger de détruire le fruit par maladresse. Mais on ne peut en faire abstraction. La maturation d’un fruit n’a qu’une voie unique lorsqu’elle réussit (observation empirique). Un processus social a certainement des bifurcations bien plus nombreuses et complexe (observation militante de nombreuses générations), si l’on s’en tient à cette métaphore.

La question de Marx n’est pas « quelle recette pour faire le communisme ? », mais : quelle intervention humaine dans le processus (5), quel processus, ajustement de l’intervention humaine au fur et à mesure de la vérification ou-et de l’infirmation de la prospective et de l’action sur le processus. Et on peut dire aussi, abandon éventuel de la vision acquise et de l’action entreprise à un moment historique sur le processus. Lénine en a donné l’exemple, à contrario de ses successeurs.

Ceci dit, comme tous les humains, lorsque Marx pense et agit (c’est un même mouvement, un rapport dialectique de plus !), il dé-adhère sur un temps du « sujet concret », pas par spéculation gratuite, mais pour répondre à un besoin propre qui dépend de la  transformation sociale elle-même. Et il le fait avec une grande aptitude à penser ces questions.

Si je m’en tiens à mon propre jugement de valeur, dans ce moment de ma propre histoire, laquelle fait partie de l’histoire humaine, comme tout un chacun, ce passage sur « Feuerbach » (6) est à mettre en relation aujourd’hui dans toutes les expériences de la vie. Cela me paraît un besoin collectif de premier ordre dans notre période historique (pardonnez ces répétition voulues, ça vaut marqueur !).

 

Une parenthèse (et non une critique) sur une erreur que le vocabulaire de Marx entraîne par l’usage de l’adjectif « matérialiste » qu’il accole souvent, par exemple à « conditions d’existence matérielles ». Les conditions d’existence sont les conditions d’existence. Elles ne peuvent être que matérielles. La pensée est matérielle. Gramsci avait un vocabulaire plus serré, c’était une période d’acquis plus avancée du marxisme par rapport à ses interlocuteurs. Il en est de même des adjectifs « concret » et « abstrait ». Tout est concret, et le concept d’abstrait peut être utilisé pour différencier, dans des « études de cas », par exemple pour une idée qui n’a pas eu d’effet « tangible », ou-et qui n’est encore qu’un objet de l’imagination ; il n’en est pas de même de la représentation mentale d’un objet existant lui-même tangible, et de la pensée elle-même qui n’est pourtant pas tangible (sauf vaguement à l’IRM depuis peu, mais pas pour le premier venu). Mais cette parenthèse demande un meilleur développement, plus de clarté (ce qui n’est pas facile lorsqu’on « simplifie » de cette façon) ; ce n’est là qu’une petite mise en garde et dont l’objet restera éternellement ouvert au fur et à mesure de l’extension des connaissances. Et Marx adressait par écrit pour la première fois (connue) ces pensées aux autres humains. Il devait donc utiliser le vocabulaire existant avant sa découverte, qui pouvait être compris et qui, entre nous, n’a guère changé depuis (7), dans ce domaine, pas plus que les rapports de productions n’ont changé en ce qui concerne les rapports stérilisants de domination.

Soit nous acceptons l’état de choses, pensant qu’il peut rester immuable sans dommage pour notre vie quotidienne, notre santé (au sens large) dans la société. Soit nous partageons l’idée que sans mouvement la bicyclette tombe (et ça s’avère vrai même lorsqu’elle semble immobile !).

Nous ne développons les services publics que si nous développons la conscience qu’ils sont une propriété collective, qu’ils sont notre propriété. Mais nous développons cette conscience d’abord par la pratique (le terme de « pratique » commence à être plus précis mais garde encore cette double confusion). Autre illustration : l’union, l’alliance (politique, familiale etc.)…n’est ni une addition ni une fusion, et leur conception ne résulte pas du syncrétisme. L’union c’est un rapport social, un mouvement qui entraîne une multitude de mouvements et un « mouvement résultante ». Dans cette mobilité, l’intelligence humaine intervient dans les choix, sur les choix et les nécessités.

 

L’amour de l’intervention humaine est l’amour des humains, des autres et de soi-même. Il se manifeste dans la solidarité « concrète » (obligé d’utiliser ce terme imprécis pour une question très précise) comme dans le sentiment de solidarité. Reprenons donc cet énoncé de Marx sur la « mondialisation », ces fameuses pages 63-64, relisons un peu plus de Marx, et des écrits et commentaires actuels de toutes opinions avec ça en tête, et « rencontrons-nous » pour construire ce qui dans le « mouvement social » participe non au grand soir, mais à la maturation sociale, aux processus vitaux, pour soi et pour les autres.

Cette vision est optimiste pas seulement au sens « moral », mais au sens « concret », celle de la réalité qui nous donne vie.

Une maturation générale (qui n’est pas la fin des processus, ça c’est une autre question, ou plutôt la même mais un peu plus loin de notre portée), passe par une multitude de maturations ; les siennes propres à l’individu, l’activité humaine est d’abord celle de chacun. Produire la vie c’est produire les bases « matérielles » de la vie. Les bases de la vie humaine contiennent, dans leur unité humaine mouvante, (pas en addition mais en unité du corps et en unité de la société humaine et en unité des deux) celles de l’existence « minérale, atomique », celles de la vie animale, et celles propres à l’humain dont la complexité et la diversité de souffrent aucunes réductions.

Disons plus simplement : le communisme reste une interrogation. La vie entière est une interrogation. Nous ne pouvons pas vivre (vivre, c'est-à-dire ne pas mourir),  sans nous interroger à chaque instant sur les choix de nos gestes quotidiens et sur les conditions générales qui peuvent  les induire. L’état de guerre généralisé, nous pouvons le considérer comme l’opposé de la mise en commun, l’opposé de la mise en cohérence commune des l’activités humaines. Dès ses premières « conclusions » à partir de sa « méthode d’investigation dialectique » (terme de Marx pour son ouvrage‘le Capital’ ), Marx a mis en relation  l’idée de communisme et celle de mondialisation. Cette interrogation nous impose celle des choix « pratiques »

 

Pierre Assante, Marseille, 17 août 2006.



Notes :

(1) Nouvelle démonstration du mondialisme capitaliste : l’achat d’une société chinoise par SEB et ses suppressions d’emplois. Une étude d’ouverture privée d’une mine de charbon avec sa centrale électrique dans la Nièvre à renforts de milliards d’euros alors que des milliards d’euros sont engloutis par l’ennoyage à Gardanne, malgré l’opposition et les luttes des mineurs, de la population, des syndicats et de la mairie communiste (concurrence et rentabilité capitaliste !). Pourtant, « Le communisme n’est empiriquement possible que comme l’acte « soudain » et simultané des peuples dominants, ce qui suppose à son tour le développement universel de la force productive et les échanges mondiaux étroitement liés au communisme », Karl Marx,L’idéologie Allemande, Feuerbach .

(3) « La dure cristallisation du quotidien nous met en demeure de rejeter les transformations illusoires (par l’art ou l’image) et de transformer effectivement le quotidien. Henri Lefebvre », Métaphilosophie.

(4) Et parce que sur un espace « économique » national vaste, un état des échanges pouvait laisser penser qu’il constituait un « monde » en soi, en attendant la maturation conjointe dans les autres espaces humains de notre terre

(5) « Face au pôle de la cité et au pole du marché, un pole de l’activité, sans lequel l’homme serait hors-jeu et l’histoire regardée comme une mécanique. Yves Schwartz », Travail et Ergologie.

(6) En voici un tout petit extrait pour mettre en goût ceux qui ne l’ont pas lu : « …d’autre part, ce développement des forces productives (qui implique déjà que l’existence empirique actuelle des hommes se déroule sur le plan de l’histoire mondiale au lieu de se dérouler sur celui de la vie locale), est une condition pratique préalable absolument indispensable, car, sans lui, c’est la pénurie qui deviendrait générale, et, avec le besoin, c’est aussi la lutte pour le nécessaire qui recommencerait et l’on retomberait fatalement dans la même vieille gadoue. Il est également une condition pratique sine qua non, parce que des relations universelles du genre humain peuvent être établies uniquement par ce développement universel des forces productives et que, d’une part il engendre le phénomène de la masse « privée de propriété » simultanément dans tous les pays (concurrence universelle), qu’il rend ensuite chacun d’eux dépendant des bouleversements des autres et qu’il a mis enfin des hommes empiriquement universels, vivant l’histoire mondiale à la place des individus vivant sur le plan local. Sans cela : 1° le communisme ne pourrait exister que comme phénomène local ; 2° les puissances des relations humaines elles-mêmes n’auraient pu se développer comme puissances universelles et de ce fait insupportables, elles seraient restées des « circonstances » relevant de superstitions locales, et 3° toute extension des échanges abolirait le communisme local. Le communisme n’est empiriquement possible que comme l’acte « soudain » et simultané des peuples dominants, ce qui suppose à son tour le développement universel de la force productive et les échanges mondiaux étroitement liés au communisme.

Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel  qui abolit l’état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes…. »

J’ajouterai qu’un mouvement humain est affaire de générations humaines, et que l’intervention individuelle de « maturation » dans la collectivité des mouvements a des effets pour l’individu, dans lesquels le libre arbitre a une autonomie relative, mais une autonomie dont dépendent et qui dépendent de l’envie et le plaisir de vivre.

(7) Qu’il soit question de l’usage populaire ou de l’usage philosophique de ces mots, la question se pose. Le débat sur « travail concret » et « travail abstrait » semble en témoigner.

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 17:20

BOCCARAPoussée démocratique historique en Tunisie et affrontements sur les perspectives. Paul Boccara

Nous publions ici une interview de Paul Boccara, né en Tunisie et qui a milité comme étudiant aux côtés de l’ancien Parti Communiste Tunisien, avant de s’installer en France à 20 ans. Il y est intervenu tout particulièrement en 1998, à l’Université d’été de l’ « Association Club Mohammed Ali de la culture ouvrière » sur les enjeux de sécurisation de l’emploi et de la formation et des propositions pour le partenariat euro-méditerranéen en Tunisie et au Maghreb (intervention reprise dans Transformations et Crise du capitalisme mondialisé. Quelle alternative ? 2009, p326-342). Lors de cette Université d’été, il avait pu discuter avec certains leaders du mouvement actuel.

Question : La chute de Ben Ali en Tunisie constitue-t-elle une révolte ou un révolution ?

 C’est bien plus qu’une simple révolte, avec l’immense mobilisation populaire de décembre 2010 et janvier 2011 qui a entraîné la chute de la dictature de Ben Ali, installée depuis longtemps, la montée des exigences démocratiques, sociales et culturelles nouvelles, l’onde de choc jusqu’en Egypte et au delà. On pourrait parler de révolution politique avec la visée d’un nouveau régime.

Cependant, on ne peut pas parler de révolution sociale. S’il y a sans doute un potentiel de transformations fondamentales de portée révolutionnaire, les enjeux des changements à venir, au- delà d’une simple démocratisation et de quelques améliorations sociales, restent très ouverts. Il convient plus particulièrement de souligner l’importance des forces en place, économiques et politiques, pour une adaptation et des changements a minima et notamment les orientations conservatrices ou néolibérales de plusieurs ministres du nouveau gouvernement actuellement en charge des affaires.... ...la suite : ici

http://storage.canalblog.com/90/81/157203/62203708.doc

(extrait de blog ANR-PCF http://anrpcf.canalblog.com/)

Un DVD vient de sortir : UN FILM DE 70 MINUTES : Paul Boccara. L'œuvre

Pour en savoir plus, un DVD de 4 heures d'interview de Paul Boccara sur son oeuvre est mis en vente à l'occasion de la soirée du 3 mars à 19 h siège du PCF, Colonel Fabien, Paris. Celui-ci y développe les thèmes suivants:

Introduction

Une élaboration au-delà de Marx (1961 – 2007)

I. MOMENTS EN ÉCONOMIE,

1) Essentiel et phénoménal : le capital de Marx, moment réduit d'un processus inachevé (1961)

2) La suraccumulation – dévalorisation du capital et le capitalisme monopoliste d'État (1963 – 1966)

3) Les cycles longs et la crise du capitalisme monopoliste d'État (1967 – 1970)

4) Régulation du système économique et transformation du système (1971)

5) Des critères de gestion d'efficacité sociale (1978 – 1985)6

6) La révolution informationnelle (1983 – 1995)

7) Nouveaux crédits, monnaie commune mondiale, révolution monétaire (1983 – 1997)

8) Une sécurité d'emploi ou de formation (1996 – 2002)

9) Dépassement des marchés, services et bien communs de l'humanité (2002 – 2007)

II. MOMENTS EN ANTHROPONOMIE

10) théories systémiques et anthroponomie (1975 – 1986)

11) le libéralisme, ses dimensions et ses stades (1987 – 2007)

12) la crise de la civilisation occidentale et le défi nouvel civilisation (2003 – 2007)

Réalisation, sons, images, Aude et Olivier Servais

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 10:02

cac 40 huma 25.02.11

 

LIRE l'Edito de

Michel GUILLOUX

et les pages 1 à 4 dans l'édition d'aujourd'hui

 

 

Une réponse "personnelle", une analyse, des solutions :

 

14mai10 003ici

 

 

 

 

 

   

Une brochure d'économie politique élémentaire :

 

BROCHURE ECO ET PO persoici

 

  et

 

ici

 dividendes huma 25.02.11 0001

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 16:52

WALTER JENJAMIN"L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité" est le titre d'un article essentiel de Walter Benjamin.

 

Cet article débute par une citation de Paul Valéry de 1934 dont voici une phrase : "...Il y a dans tous les arts une partie physique qui ne peut plus être regardée ni traitée comme naguère, qui ne peut plus être soustraite  aux entreprises de la connaissance et de la puissance moderne. Ni la matière, ni l'espace, ni le temps ne sont depuis vingt ans ce qu'ils étaient depuis toujours. Il faut s'attendre à de si grandes nouveautés..."

 

Quelle vision si anticipatrice, pour nous qui avons vu cette reproductibilité exploser avec l'informationnalisation !

 

La vision de Benjamin, partant de l'art, va bien au-delà, comme lorsque Marx situe l'art dans le contexte général, c'est un essai de syntèse de sa vision du processus humain dans sa totalité sensible. La reproductibilité de l'art est aussi le développement des techniques de reproductibilité de tous les produits humains. Dans l'aliénation de l'activité et les libérations dont les temps ouvrent les portes.

 

Il en est de même pour le développement de cette question dans l'article de Walter Benjamin de 1939 (dernière version, à l'orée de l'apogée de la domination hitlérienne sur l'Europe) et qui débute ainsi :

 

"...lorsque Marx entreprit l'analyse du mode de production capitaliste, ce mode de production était à ses débuts. Marx orienta ses analyses de telle sorte  qu'elles reçurent valeur de pronostic. Il remonta aux rappots fondamentaux de la production capitaliste et les représenta de telle façon  qu'ils révélèrent ce qu'on pouvait encore, dans l'avenir, attendre du capitalisme. La conclusion fut qu'on pouvait en attendre une exploitation renforcée des prolétaires, mais finalement aussi l'instauration de conditions qui rendent possible sa propre supression..."

 

Et s'achève ainsi :

 

"...Au temps d'Homère, l'humanité s'offrait en spectacle aux dieux de l'Olympe; c'est à elle-même aujourd'hui qu'elle s'offre en spectacle. Elle s'est suffisamment aliénée à elle-même pour être capable de vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de tout premier ordre. Voilà l'esthétisation de la politique que pratique le fascisme. Le communisme y répond par la politisation de l'art..."

 

 

...la suite : ici (7 pages extraites de l'article)

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/Bloch_l_oeuvre%20d_art_a_l_epoque_de....pdf

 

Pierre Assante, 24 février 2011

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 07:51

afganistan_paix.jpgOn ne peut condamner et combattre à juste titre les massacres des dictateurs et être indifférents aux bombardements en tapis des villages afgans en 2001 au prétexte de saisir un Ben Laden qui court toujours. Et ce qui s'en suit et toutes les guerres du capital partout dans le monde aujourd'hui.

 

Beaucoup de comédie politicarde pour des intérêts capitalistes qui nous trompent de moins en moins. Les yeux et les esprits s'ouvrent. Mais encore beaucoup de division pour régner.

 

Que d'argent gaspillé au lieu de le mettre au service du développement des femmes et des hommes ! Et que de profit pour la finance que ces guerres. Que de questions sociales et d'inégalités de toutes sortes à résoudre par ce développement !

 

Le paix partout ! Arrêter les massacres partout ! Sans quoi la guerre nous rattrapera tous et partout. Assez de répression de quelque sorte que ce soit aux aspirations populaires de mieux vivre qui augmentent parce que la crise du capitalisme touche de plus en plus de nations et les couches de plus en plus larges des populations qui viennent renforcer l'accumulation des misères et des mécontentements des plus pauvres et du salariat dans sa diversité, "fer de lance" d'une véritable démocratie.

 

Tout changer pour que rien ne change ? NON : transformer un mode de production qui s'appuie sur les dictatures politiques et financières, sur les conservatismes les plus aliénants.

 

Renforcer les représentations populaires dans les assemblées existantes et à créer, c'est le début et le complément et l'expression des luttes. Il ne faut pas manquer ces rendez-vous électoraux jusqu'ici manipulés par le capital bien sûr, mais que nous pouvons transformer en une véritable construction de démocratie généralisée en introduisant la démocratie du "que et comment produire".

 

Pierre Assante, 24 février 2011.

 

Sondage effectué du 9 au 14 février 2011

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 07:49

Quelle sont les limites de Marx ?

Evidemment celles de son temps, comme tout un chacun.

Par exemple, il n'a pas pu évaluer exactement les effets "matériels et moraux" d'une automatisation poussée, d'une informationnalisation mondiale poussée du mode de production et d'échange. Bien que les rapports qu'il a décrit entre l'humain et son mode de production vont bien au-delà de notre conscience collective d'aujourd'hui, et sont valables pour les rapports entre l'humain et son mode de production aujourd'hui.

Mais généralement, les limites qui sont attibuées à Marx sont celles que les auteurs de ces attributions ont en eux-même, et en général bien en deça des libertés de voir que Marx possédait avec ses capacités d'analyse de son présent et ses anticipations.

 

Cyrano0Cliquer ici

 

http://pierre.assante.over-blog.com/article-cher-pierrot-62993068.html

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 07:13

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 06:49

huma.21.02.11.Hamdy.jpgLa patiente bataille des consciences

Syndicaliste, membre du Parti Communiste Egyptien (toujours interdit), Hamdy Hossein revient sur la part du mouvement social dans la révolution

 

Cliquer ici

 

ou ci-dessous :

http://www.pierreassante.fr/dossier/Egypte_syndicalisme_Huma.21.02.11.pdf

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