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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 09:00

Mis en ligne une première fois sur ce blog le 18/12/2016 (1)

 

le "Capitalisme Monopoliste Mondialisé Numériquement Informationnalisé" (C.M.M.N.I.), qu’es aquò ?

 

Au Professeur Yves Schwartz (2)

qui a souligné amicalement

ce concept

 

.

Les bases du mode de production et d’échange capitaliste ont été décrites par Marx, Engels et ceux qui ont vécu dans la période non de naissance, mais de jeunesse triomphante du système social correspondant, en particulier en Angleterre.

 

La jeunesse d'alors de ce mode d’échange, sa franchise dans l’expression de l’exploitation, de l’achat et la vente de la force de travail, ont rendu plus facile sa description, sa compréhension, à la masse des ouvriers et salariés, et  plus évidente qu’aujourd’hui, moins voilée, ce qui ne veut pas dire que les découvertes de Marx sur la marchandise, la plus-value, le profit et les lois-tendances du capital n’ont pas eu d’importance, n'ont pas été lumineuses, déjà, en leur temps. Elles ont dépassé de loin les connaissances des économistes bourgeois et donné des outils pour les luttes des ouvriers et du salariat en général et de leurs alliés dans le mouvement populaire.

 

Les succès eux-mêmes du mouvement ouvrier et anticolonialiste du XX° siècle ont contribué, paradoxalement, à voiler l’origine et la nature du capitalisme.

 

Marx a employé la formule A-M-A’ pour décrire le type d’échange dans ce système, c'est-à-dire que la base essentielle de l’échange entre les humains est celle de l’accumulation du capital dans l’échange Argent-Marchandises-Plus d’argent.

 

Le développement intensif des sciences, des techniques, particulièrement les techniques numériques et les transports physiques et informationnels mondiaux et leurs mises en pratique depuis les années 1960, dans l’échange concurrentiel dépassé du système monopoliste et de sa financiarisation a créé les conditions d’une « explosion » de la production et de la productivité. Le capital « n’a plus de lieu défini » dans la circulation dans le système financier donc aussi boursier, mais sauf là où il s’accumule, et là où il s’exprime en activité pour se renouveler, dans sa circulation élargie concrète où il retrouve un lieu, des lieux, l’entité, les entités de production.

 

La suraccumulation est un phénomène périodique où le capital entre en crise parce qu’une partie du capital accumulé ne trouve plus à s’investir, du fait que l’accumulation est toujours en contradiction avec le développement des besoins humains, en lien avec l’ensemble du développement humain, de la société, capital compris : il y a contradiction entre accumulation du capital et développement et satisfaction des besoins humains.

 

Ces crises périodiques se caractérisent par le fait qu’une partie du capital accumulé ne trouve plus à s’investir et aussi par une crise conjointe, dans un  mouvement unique de ses éléments, de la production et de la consommation, avec les souffrances correspondantes pour les populations. La crise périodique trouve issue dans la dévalorisation du capital qui permet de redémarrer une période d’accumulation jusqu’à la prochaine crise.

 

On peut aussi ajouter que les crises de suraccumulation-dévalorisation du capital mettent aussi en évidence la question de la crise permanente de croissance de la qualité  de la production et de la consommation, donc de la qualité de la vie, des rapports entre humains et des rapports des humains avec la nature.

 

La concurrence dépassée c’est la concurrence de monopole où leur puissance impose leurs propres conditions sur le marché, la « péréquation mondiale » en mouvement d’intérêt du moment du profit et de son drainage mondial dans leur usage de l’achat-vente de la force de travail et des services entretenant la force de travail, alliant la numérisation de l’informationnalisation mondiale et la base de l’exploitation de la main d’œuvre de base à bon marché de la production « de base » demandant moins de qualification.

 

Ainsi s’accroit la contradiction par la concurrence non libre et faussée, vestige et développement de la concurrence originelle qui libre n’aurait plus de sens pour le capital et le profit, au niveau atteint par le processus du capital, entre humains producteurs dans la vente-achat de la force de travail et des conditions particulières locales et générale de cette vente-achat, contradiction mise à profit par les acheteurs de la force de travail. Ainsi, plus le besoin de socialisation de la production s’accroit et se réalise, plus les tensions entre humains producteurs s’aiguisent.

 

L’introduction et la sophistication des machines de plus en plus couteuses accroissent le coût des marchandises. Cela entraine une baisse tendancielle du taux de profit sur un produit mis sur le marché et une contradiction entre la recherche-développement-modernisation et la recherche du taux de profit dans la modernisation, limité caractéristique du capitalisme et de ses lois qu’il faut dépasser pour poursuivre un développement humain.

 

Cette baisse tendancielle est « contrebalancée » par l’augmentation de la quantité du produit. Moins cher par unité, il donne plus de profit global par la multiplication du produit. La contradiction semble ainsi résolue, d’autant que le besoin accru pour le capital de la part non payé au producteur, la plus value absolue qui exige augmentation du temps de travail, ce besoin d’accroissement de la plus-value peut être résolu sans augmentation du temps de travail, mais par l’augmentation de la productivité, c’est la plus value relative.

 

Ce fut le cas des 30 glorieuses. Mais la résolution de cette contradiction trouve les limites dans l’explosion exponentielle de la production due à la révolution scientifique et technique, la mondialisation et l’informationnalisation numérique qui dans un premier temps réduit les coût, mais ne résolvent pas la croissance des besoins matériels et moraux en quantité et surtout en qualité (ça va ensemble), qui découlent des progrès eux même de la production, des progrès des capacités exponentielles du capital et ces limites par rapport à ces besoins. Il ne peut y avoir dépassement des limites sans dépassement de la suraccumulation dans un système où progresse sans crise catastrophique, non linéaire, non sans déséquilibre, mais dans un déséquilibre suffisant au mouvement sans déséquilibre catastrophique entre le développement du produit et développement des besoins. La continuité contient des sauts mais les sauts ne peuvent nier la continuité sans devenir mortels

 

L’informationnalisation existe depuis longtemps. Elle a été un élément d’accélération de la production et des échanges. On peut dire qu’elle a « débuté » avec les scribes, les moines copistes, l’imprimerie etc. Mais la mise en réseau mondial, c'est-à-dire l’informationnalisation numérisée mondialement, la numérisation du marché mondial et de toutes les activités qui y entrent, constitue des conditions exponentielles de son accroissement qui entrent doublement en contradiction avec la contradiction primitive du capital, son accumulation qui entre en suraccumulation durable et systémique, double contradiction entre besoins humains et besoins d’accumulation de capital.

 

Par ailleurs, la croissance de la masse parasite du capital spéculatif, de l'usage de la productivité spéculative du capital, sans production de biens, mais grâce à la production de biens dont elle use des profits, est permise par la croissance de la masse de surproduit liée à l'explosion de la production grâce à cette révolution scientifique et technique.

 

Cette eau que constitue notre société et s’est échauffée progressivement en accroissant ses moyens de vie, sa production, entre en ébullition  avec la mondialisation numérique de la production qui n’est qu’à son enfance mais ne peut grandir se détruire si elle ne résout pas les contradictions de base des échanges nécessaires à la vie humaine et qui sont dominés par le principe déjà cité de l’échange A-M-A’ et son principe d’accumulation- suraccumulation-dévalorisation systémique et durable de l’outil d’échange : l’argent en tant que capital.

 

L’ensemble de ces éléments correspondant aux développement des lois-tendance du « fonctionnement » du capital monopoliste, de la financiarisation des activités industrielles et d’échange dans un système financier du local au mondial en passant par les nations, les continents et les grandes zones de développement mondial, la mondialisation des échanges des marchandises et de toutes les activités les permettant, la numérisation de la production, de la gestion et des commandements de classe (politique, administrative, militaire…) constituent le C.M.M.N.I., le Capitalisme Monopoliste Mondialisé Numériquement Informationnalisé.

 

Même les « miraculeux » algorithmes avec lesquels le capital monopoliste mondial, ses gestionnaires et ses détenteurs, ses institutions politiques et militaires croient pouvoir dominer le marché et le mode de vie humains, montrent leurs limites dans la crise, y compris dans leur des types de « domination électorale », car les algorithmes ne sont qu’un outil et dépendent de l’usage qu’en font les humains et des conditions dans lesquelles les humains les utilisent. Les limites que la crise impose à l’activité humaine s’appliquent aussi à leur usage.

 

Certes, l’enfumage des personnes et des peuples reste efficace pour le profit capitaliste, mais cette efficacité se retourne contre lui-même et menace d’effondrement l’ensemble social si les remèdes, le remède qu’est la transformation du système social dans un nouveau mode de production et d’échange, le communisme en passant plus ou moins rapidement par le socialisme et par un processus d’initiation à la sortie progressive de l’échange A-M-A’ :

 

-la lutte des peuples du monde, leurs convergences et leur alliance pratique, et pour nous en France en Europe et dans le monde, une révolution pour transformer progressivement et radicalement le système financier local, national, européen et mondial, le système monétaire et institutionnel (BCE, FED, FMI, ONU, G7, G20....), 

-la création monétaire, l’usage du crédit, et créer un système de sécurité de l’emploi et de la formation, prélude à un mode de production échappant progressivement  au type d’échange Argent-Marchandise-plus d’Argent (A-M-A’), source de la crise de suraccumulation du capital, et de ses « remèdes » consistant au développement de l’austérité, des conflits armés, de l’appauvrissement progressif et général et de plus en plus rapide de la société humaine, malgré les immenses moyens scientifiques et techniques qu’elle a développés et qui pourraient être utilisés en santé pour répondre aux besoins humains.

 

Les capacités de Marx et des marxistes non dogmatiques à lier anthropologie, philosophie, économie, de construire un système de concepts et de synthèse en mouvement des connaissances humaines a permis à l’humanité dont ils sont une expression essentielle, d’entrer dans la possibilité d’une « phase » nouvelle de développement et de constituer une force commune dans l’univers, à la fois multiple, diverse, et unie, développant de fait la conscience de la nature sur elle-même et un type nouveau d’existence en mouvement capable d’agir sur sa santé et de l’assurer dans ses fluctuation.

 

Cependant, l’économie du communisme est celle où la personne et l’humanité entrent en cohérence parce que les conditions de l’activité, non seulement demandent la libération des contraintes sociales dominantes qui pèsent sur le producteur par l’aliénation de l’usage et de la propriété de son produit et des gestes de production du produit, pour se transformer en usage libre global de tous les produits de la société en passant par l’usage libre des gestes de production de ces produits. En cela réside l’ascèse de ce que l’on a nommé l’Ergologie (1) et qu’une fois pour toute on ne peut considérée séparée, dichotomisée de l’observation et la réflexion sur les conditions de production.

 

Cette « spiritualité » qui consiste en une sublimation mentale donc bien matérielle évidemment de l’activité humaine, dépasse de loin la spiritualisé religieuse qui en séparant corps et esprit reflète la hiérarchie de classe de notre société et handicape le développement du corps-soi, de l’être social qui seul a les moyens d’atteindre cette spiritualité par son existence, c'est-à-dire cette conscience individuelle et collective de la nature sur elle-même pour atteindre un degré supérieur de développement dans la spirale que constitue le développement de la pensée dans le développement de la nature.

 

La dichotomie corps-esprit, domination de classe trouve son expression dans le rejet des plaisirs, qui n’ont objectivement et subjectivement qu’un siège, le corps, et sont l’expression des besoins, de leur développement, de leur complexification, de la complexification de la vie, tout en réservant les plaisirs aux classes dominantes. Les protestantismes de tous ordres, à travers les millénaires de la société marchande de classe tendent à dépasser ces interdits, mais veulent nier ces interdits en les généralisant à toutes les classes, et ainsi les perpétuent, en même temps que les privilèges, paradoxalement. Malheureusement avant d’être des créateurs libérés, nous passons par des protestantismes. Mais chaque chose en son temps, de la jeunesse à la mort pour l’individuel comme pour le collectif.

 

La libération de la personne est indissoluble de la libération économique et la libération économique est indissoluble de la liberté de l’acte producteur et le tout de l’unité de la personne, de la société et de la nature, dans la diversité et la multiplicité créatrice.

 

Pierre Assante, 13 décembre 2016

 

 

 

(1) Cet article a été reproduit dans un recueil intitulé "La pensée Marx :

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

 

 

 

 

 

(2)  Yves Schwartz, auteur de nombreux ouvrages, est le fondateur des concepts ergologiques, et du département d'ergologie de l'Université de Provence.

Un extrait de "Travail et usage de soi" :

https://allsh.univ-amu.fr/sites/allsh.univ-amu.fr/files/005-travail_soi-screen.pdf

 

 

 

P.S. « Qu’es aquò ? », veut dire, en langue d’Òc : qu’est-ce que c’est que cela ?

 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 00:52

Vient de paraître : Denis DURAND. "Sept leviers pour

prendre

le pouvoir sur l'argent".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.economie-politique.org/

 

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 11:22

Des députés mobilisés à l'Assemblée nationale contre les ordonnances Macron

Casse du CDI, conditions de travail dégradées, baisse des salaires, licenciements facilités, instances du personnel affaiblies... voilà quelques-unes des conséquences gra- vissimes des ordonnances programmées par Macron. Ce projet, qui s’inscrit dans la continuité de la loi El-Khomri, les Français l’ont déjà rejeté. Mobilisons-nous pour le mettre en échec !

Les députés communistes s’engagent pour :

  • Un service public de l’emploi profondément transformé avec pour missions l’appui au salarié, la sécurisation de son parcours et une formation pro- fessionnelle de qualité.
  • Un pouvoir de contre-propositions des salariés face aux plans de licenciement, moyens nanciers à l’appui, pour baisser le coût du capital (les divi- dendes et les intérêts payés aux banques) et pas le soi-disant coût du travail.
  • La création de fonds régionaux pour l’emploi et la formation, et un fonds national, pour nan- cer dans nos territoires l’octroi de crédits pour des projets respectant des critères sociaux - comme la création d’emplois stables - et environnementaux.

Une loi pour une sécurité d’emploi et de formation

Les communistes proposent de construire un code du travail du XXIe siècle pour un nouveau droit à la mobilité et à la sécurité professionnelle des salariés accompagné de nouveaux pouvoirs d’intervention dans les entreprises. C’est le sens de la proposition de loi « pour une sécurité de l’emploi et de la formation » qu’ils ont déposé à l’Assemblée nationale. 

.

PROPOSITION DE LOI POUR UNE SÉCURITÉ DE L'EMPLOI ET DE LA FORMATION

SUR CE LIEN :

http://www.economie-politique.org/sites/default/files/ppl_com_eco_pcf_sef_v5_23_01_2017.pdf_.pdf

 

Le tract : http://www.pcf.fr/sites/default/files/tract_a5_as_nat_macron_0.pdf

 

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 10:42

 

 

Le collectif « Pour nos droits sociaux » 

lance cet appel à empêcher la loi travail d’E. Macron et à abroger la loi El Khomri. Il organise un grand meeting unitaire le samedi 9 septembre, place de la République, à Paris. 

.

 

SIGNER L'APPEL

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfBYl6aMevrx-1IVUhen4i_Ra8Xm_u6Dm8u-VgwAVUhqtPYKg/viewform

 

Fraîchement élus, E. Macron et sa majorité entendent casser encore plus le Code du travail. 

 

Ils s’inscrivent dans les objectifs poursuivis au titre des lois Macron, Rebsamen et El Khomri, et aggravent le démantèlement du droit du travail au détriment des salarié-es, particulièrement des jeunes et des plus précaires, qui sont majoritairement des femmes.

Comment parler de démocratie quand un simulacre de négociation syndicale à huis clos est organisé et que les organisations syndicales ne sont pas écoutées alors qu’elles portent des propositions et des revendications alternatives ? 

Comment parler de démocratie quand les ordonnances, ce procédé autoritaire, réduisent l'Assemblée Nationale à n’être qu’une chambre d’enregistrement ? 

Quelle démocratie quand tout se déroule principalement l’été, pour éviter tout débat avec le monde du travail, et plus largement avec les citoyen-n-es qui ne manqueront pas de s’exprimer et de se mobiliser ?   

Sous prétexte de favoriser l'emploi, alors que les politiques de flexibilité sont un échec et appauvrissent les salarié-es, E. Macron entend organiser un passage en force pour des contre-réformes promues de très longue date par le Medef.

Le projet de loi d'habilitation, qui cadre les ordonnances, le signifie très clairement. Se préparent un grave rabotage des droits des salarié-es et la quasi toute-puissance des employeurs, avec :

  • la définition de l’ensemble de la réglementation du travail, y compris les salaires et les règles de sécurité, au niveau de l’entreprise, même si l’accord de branche ou le contrat de travail ont prévu des dispositions plus favorables. Alors que nous militons pour une hiérarchie des normes, ils veulent imposer un code du travail par entreprise !
     
  • le levier du référendum d’entreprise à l’initiative des patrons et au détriment de la démocratie sociale, pour soumettre toujours plus les salarié-e-s aux exigences patronales, 
     
  • le plafonnement et la barémisation imposés des indemnités prud’homales suite à un licenciement abusif,
     
  • des conditions des licenciements économiques facilitées,
     
  • l'assouplissement du recours aux contrats précaires, notamment un CDI « de projet » qui de facto fait du CDD la norme,
     
  • la révision du compte pénibilité,
     
  • une fusion des instances représentatives des salarié.e.s, qui va diminuer encore leurs prérogatives, supprimer de facto la spécificité des CHSCT, et amorce la remise en cause des délégués syndicaux dans l’entreprise,

 Cette casse lourde du code du travail change notre modèle social et détruit presque toutes les conquêtes des luttes sociales d’hier, longues et douloureuses. Elle renforce une contre-révolution libérale-autoritaire, au service des plus fortunés...et aux dépens d'une majorité de la population qui se paupérise !

 Cette casse du Code du travail n’est qu’une partie du projet de société Macron !

 Outre la banalisation de l'état d'urgence qui permettra de museler le mouvement social, c'est aussi la continuité de l'austérité, les attaques contre les Services publics, les fonctions publiques de l’Etat, hospitalière et territoriale, la remise en cause du statut général des fonctionnaires et de leurs statuts, de la Sécurité sociale et plus généralement de la protection sociale et des retraites, qui sont programmés. Les projets du gouvernement prévoient également un soi-disant élargissement des droits au chômage -aux non-salariés /es et aux démissionnaires - qui s’accompagne de la fin de l’assurance chômage remplacée par un système de solidarité d’Etat financé par une hausse d’impôt (la CSG) qui touchera avant tout les classes moyennes et les salarié/es.

 Des alternatives existent à la casse du Code du travail, des services publics, de la sécurité sociale et plus largement des protections sociales. Des alternatives existent au manque de démocratie et à l'état d'urgence permanent. 

 Nous demandons l’abrogation de la loi El Khomri et de tous les textes régressifs qui l’ont précédée. Nous refusons cette loi de casse XXL du code du travail. Nous défendons un droit du travail avec davantage de droits pour tous et toutes les salarié-es, leurs représentant-es, les Comités d’entreprise (CE), les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Nous voulons des médecins du travail non soumis au patronat, et davantage d’inspecteurs-trices du travail avec une garantie d’indépendance. Nous voulons un droit du travail plus accessible, plus effectif, avec un accès au juge facilité, des sanctions réelles et rapides des violations aux règles qu’il prévoit. Nous portons ces alternatives et d'autres, pour une société plus juste, plus égalitaire, plus écologique, qui respecte l'égalité femmes-hommes. Nous exigeons une réforme du service public de l’emploi qui maintienne le régime assurantiel, permette la représentation des chômeurs, et chômeuses, réintroduise le droit du chômage dans le code du travail.

L’heure est aujourd’hui à la mobilisation la plus large !

 Nous, militant-es associatifs, syndicalistes, politiques, intellectuel-le.s, salarié.e.s de toutes catégories avec ou sans-emploi, jeunes, retraité.e.s, appelons à construire la mobilisation pour faire échec à ces projets et construire une alternative au service du progrès social. 

 

Le collectif « Pour nos droits sociaux »

.

VOIR AUSSI : 

.

PROPOSITION DE LOI POUR UNE SÉCURITÉ DE L'EMPLOI ET DE LA FORMATION

sur ce lien :

http://www.economie-politique.org/sites/default/files/ppl_com_eco_pcf_sef_v5_23_01_2017.pdf_.pdf

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 10:26

 

I GATTOPARDI

 

Ce ne sont pas des princes.

Ils n’exploitent ni ne dominent personne

 

Devant les boites à l’aube

Dans les débats le soir

Et leurs bibliothèques pleines

 

Le tract et la parole

Les grèves et les manifestations

Les élections

 

Ce ne sont pas des princes.

Ils n’exploitent ni ne dominent personne

Mais ils sont des guépards

Ces vieux militants marxistes communistes et syndicalistes

Qui ont animé les luttes ouvrières

Les luttes de la production de qualité

Répondant aux besoins humains de masse et individuels.

 

Ils s’en vont avec leur vieille et profonde culture

Laissant un héritage

 

Leis agantaretz a l’embrunit.

 

Pierrot, 4 juillet 2017

 

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 07:43

.Article publié une première fois sur ce blog le 26/03/2016 07:09

 

 

AVIS CRITIQUE SUR LA « DISCONTINUITÉ DE L’HISTOIRE » (1) SELON FOUCAULT.

 

 

 

Voir dans l’histoire seulement une discontinuité est dogmatique parce que non dialectique.

.

Il y a discontinuité ET continuité.

La continuité découle de la causalité, du fait que dans l’infinité des bifurcations historiques possibles, aucune ne peut être indépendante de la flèche du temps, de l’état présent des choses issu d’un processus et à partir duquel le processus se poursuit, comme la thermodynamique de Prigogine le démontre dans le cas d’un processus physique, autant que cela se peut, mais auquel nous, espèce biologiquement pensante, appartenons universellement, en ce qui concerne le temps concret.

.

La discontinuité découle de l’accumulation des contradictions, des accumulations dans les composantes des forces contradictoires d’un mouvement particulier et du mouvement général dans le processus général constitué lui-même d’une infinité de processus, et des sauts de résolution des contradictions dans la continuité qui forme la suite du processus.

.

C’est donc fondamentalement une continuité et une infinité de possibles dans le devenir et le devenu. Il en est de même pour l’histoire des savoirs.

.

Evidemment, pour dépasser une vision dogmatique de l’histoire, tout dépend si l’on considère l’histoire en tant que processus ou l’histoire en tant que description d’un processus et si l’on dichotomise l’un de l’autre, et dans le cas d’une vision dialectique, si on l’immobilise ou au contraire si on la vérifie sans cesse et on la développe sans cesse.

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Cela est de plus infiniment important pour l’humanité si l’on considère la situation de nécessités naturelles et sociales dans laquelle l’homme a à effectuer des choix qui vont contribuer aux bifurcations du processus d’humanisation. Non que le processus de l’univers dépende uniquement du processus humain, mais parce que le processus humain contribue au processus de l’univers connu par nous, et que ce processus humain est le notre, celui dont dépend notre survie et notre développement et auquel notre instinct de vie est attaché.

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La fin du processus d’humanisation sera la fin de l’humanité, mais pas la fin d’un processus de la conscience de la nature sur elle-même qui pourra se poursuivre (ou pas) sous d’autres formes et dont le processus humain constituera une part de la causalité.

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On devrait supposer que le processus de conscience de la nature sur elle-même puisse prendre la forme d’une humanité globalisée correspondant à ce qui est aujourd’hui pour nous un individu de l’espèce à une échelle de temps et d’espace supérieure, c'est-à-dire que l’humanité puisse constituer une « unité corporelle, organique » cohérente multipliant ses capacités, ses forces et la cohésion d’une méta-humanisation, une unité physique d’existence pensante immensément plus grande.

.

Evidemment une telle hypothèse exclut une vision précise de notre part de la « forme concrète suivante » de la conscience de la nature sur elle-même qu’est aujourd’hui pour nous l’humanité.

C’est encore là toute la question de l’infinité des possibles et du dogmatisme que constituerait non la volonté de projets mais la croyance en un futur pré-établi.

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Mais rien n’empêche de faire fonctionner notre imagination, pour le plaisir, le plaisir étant une fonction créatrice, sinon il n’existerait pas parmi les propriétés d’une espèce viable, particulièrement une espèce dont l’outil premier est la pensée.

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Pierre Assante, 26 mars 2016

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(1) https://www.google.fr/webhp?sourceid=chrome-instant&ion=1&espv=2&ie=UTF-8#q=%C2%AB+DISCONTINUITE+DE+L%E2%80%99HISTOIRE+%C2%BB+SELON+FOUCAULT.​

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ET, Accéder, en cliquant ici ou sur le lien ci-dessous à :

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 07:36

Article publié une première fois sur ce blog le 29/03/2016 08:22

 

" RÉVOLUTIONNER ce n'est pas DÉTRUIRE,

c'est TRANSFORMER ".

 

Pour LIRE et-ou ÉCOUTER

 

LIRE :

CLIQUER ici

ou sur ce lien :

http://pierre.assante.over-blog.com/2016/03/un-peu-de-bon-sens-revolutionner-ce-nest-pas-detruire-c-est-transformer.html

.

ÉCOUTER :

CLIQUER ici

ou sur ce lien :

http://pierreassante.fr/dossier/Vocal%20007.m4a

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 07:29

 

Article mis en ligne une première fois sur ce blog le 26/06/2017 14:41

 

DENIS DURAND : « ...Nous ne nous placerons plus dans une logique de fusion qui conduit en pratique à l’effacement de nos propositions mais dans une logique d’alliance... »

 

Pierre Laurent a insisté sur l’importance que devrait tenir, dans notre riposte aux assauts de Macron, la « proposition de loi Chassaigne » pour la sécurisation de l’emploi et de la formation.

 

J’informe le CN que ce travail continue, dans des contacts avec des interlocuteurs très divers, notamment en coopération avec le secteur ESS du Parti, dans l’élaboration, dans les sections, de supports de communication qui sont à la disposition du Parti, et dans la rencontre organisée le 1er juillet après-midi par la revue Economie et politique dans une salle de la mairie du 2ème arrondissement sur la politique de Macron et les aspects économiques et politiques de la riposte à lui apporter.

 

Mais si cette proposition est vraiment un axe de riposte politique, et non pas un élément de programme à objet essentiellement décoratif, alors nous ne pouvons plus dire, comme on l’entend encore, que nous avons un programme identique à 95 % à celui de la « France insoumise ».

 

En effet, avec notre proposition d’un système de sécurisation de l’emploi et de la formation, nous prenons à la racine la crise du marché du travail capitaliste. Nous faisons des propositions précises pour que nos vies ne soient plus décidées par le marché, mais pour en sécuriser tous les moments avec un nouveau service public de l’emploi et de la formation, et surtout pour rendre possible cette transformation radicale avec des luttes cohérentes pour prendre le pouvoir sur l’utilisation de l’argent, en particulier dans les entreprises et dans les banques. Ce n’est pas du tout ce que propose Jean-Luc Mélenchon : il suppose que dès l’annonce d’un vaste plan d’investissements dans la transition énergétique ou dans la conquête de l’espace les patrons se précipiteront spontanément pour créer des millions d’emplois, sans que les travailleurs prennent des pouvoirs sur la gestion des entreprises et sur le comportement des banques ; que si, après ça, il reste quand même des chômeurs de longue durée, l’État les embauchera pour faire le travail des fonctionnaires qu’il ne recrutera pas ; que de toute façon, il restera un « volant incompressible » de 7 % de « chômage frictionnel » du fait des lois éternelles du marché du travail capitaliste. Bref, cela signifie que pour lui le dépassement du capitalisme jusqu’à son abolition n’est pas à l’ordre du jour.

 

C’est tout à fait contraire à ce que nous appelons communisme. Ce terme désigne – notons-le au passage - un autre aspect de la réalité que le terme de « communs » qui qualifie, non pas « le mouvement réel qui abolit l’état de choses existant » mais un état de choses existant ou à créer sous l’effet de ce mouvement.

Je pense que l’ambition d’une transformation révolutionnaire pacifique de la société est susceptible de rassembler bien davantage, dans le Parti et au-delà, que la stratégie qui prévaut maintenant depuis des années, et qui consiste à occulter nos propositions dès qu’il est question de rassemblement.

 

En effet, si nous décidons de nous engager dans cette voie, cela veut dire que par rapport à des forces comme la « France insoumise » ou tous autres courants progressistes et de gauche avec qui nous voulons nous rassembler, nous ne nous placerons plus dans une logique de fusion qui conduit en pratique à l’effacement de nos propositions mais dans une logique d’alliance où notre apport doit être respecté dans son originalité et dans sa capacité à rassembler, au même titre que tous les autres apports.

 

Il faut avoir conscience qu’il s’agit là d’une révision déchirante par rapport au cours suivi depuis de nombreuses années maintenant. Elle ne pourra être menée à bien qu’avec des dirigeants prêts à s’engager personnellement, avec conviction, dans cette bataille. Souvenons-nous du mot de Mirabeau sur Robespierre : « celui-là ira loin, il croit tout ce qu’il dit ».

 

Denis DURAND, au Conseil National du P.C.F. du 23 juin 2017

*

Photos prises lors d'un stage d'Economie et Politique

*

RAPPEL:

ECONOMIE ET POLITIQUE vous invite à une RENCONTRE Samedi 1er juillet 

de 14h30 à 17h,  8 Rue dela Banque, Salle de la Mairie du 2ème Arrondissement

Métro Bourse, Paris.

De quoi le néolibéralisme de Macron est-il le nom ?

Quelle politique pour prendre le pouvoir sur l’économie, pour une autre civilisation du XXIème siècle.

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 09:25

 

Article publié une première fois sur ce blog

au soir du  18 juin 2017

 

L’épisode électoral qui s’achève et l’expérience qui commence, se poursuit…

 

L’épisode électoral qui s’achève a été à la fois calamiteux et à la fois très instructif.

 

Sans doute s’ouvre un moment qui va conserver une volonté de tourner des pages et une volonté de répondre aux questions auxquelles cette période de grand débat enfumé par les grands media n’a pas répondu.

 

Les problèmes restant les mêmes, crise de la production et de la répartition, complexification des modes de vie, le tout subsumé par une révolution scientifique et technique dominée par une classe minoritaire mais détentrice de l’usage du capital, commence le vrai débat local, national, européen et mondial.

 

Les intérêts particulier au sens strict, c'est-à-dire ignorant les besoins humains, leur développement, au lieu de s’en inspirer, se heurteront à ces besoins, devront composer et céder tôt ou tard la place aux besoins de coopération des grandes zone de production et d’échange mondiales existantes ou en création, en développement.

 

L’esprit d’ouverture, les rejets du sectarisme rencontrera à nouveau cette réalité de base sans laquelle l’humanité n’aurait pu exister ni ne pourra exister : l’homme producteur concret, ses savoirs et savoirs faire en processus, dans son lieu de production et au-delà, son initiative, sa coopération et sa cohérence.

 

...tourner des pages et retourner aux sources pour les développer, pour répondre à la réalité nouvelle, celle du XXIème siècle, la construction d’une mondialisation en santé, aujourd’hui malade d’une suraccumulation-dévalorisation au paroxysme du capital, inhérente au système capitaliste en fin de course.

 

Il n’y a pas de coopération saine sans respect de la personne, c'est-à-dire sans dépasser le taylorisme organisé localement ou à distance, qui a été un élément essentiel dans l’accumulation du capital, et diffusé dans tous les lieux et champs d’activité et en a sucé jusqu’à l’os la substantifique moelle.

 

L'hyper-présidentialisme est la forme politique du taylorisme.

 

Nos progrès, après cet épisode reposeront à la fois sur la critique des erreurs conscientes et inconscientes économiques, politiques, philosophiques qui vont se poursuivre un temps et sur un autre type de construction sociale et son projet, issu de ces critiques.

 

L’hyper-libéralisme et la tendance à la marchandisation-privatisation de toutes les activités ne peut aboutir qu’à accélérer le besoin, l’aspiration et la construction d’une société échappant à cet hyper-libéralisme, pour construire une nouvelle civilisation du développement et du partage matériel et moral.

 

La vie du PCF reste un élément essentiel dans cette construction.

 

Pierre Assante, 18 juin 2017.

 

Post Scriptum : Dans l'accélération d'une crise, physique, personnelle comme sociale, et pour la conscience de même, il y a un double mouvement où cohabitent régression et développement. Il faut avoir l'œil sur le second pour le favoriser.

 

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ECONOMIE ET POLITIQUE vous invite à une 
 

RENCONTRE

Samedi 1er juillet 

de 14h30 à 17h,  8 Rue de la Banque

Salle de la Mairie du 2ème Arrondissement

Métro Bourse, Paris.

 

De quoi le néolibéralisme de Macron est-il le nom ?

 

Quelle politique pour prendre le pouvoir sur l’économie, pour une autre civilisation du XXIème siècle.

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LA PENSEE MARX ESSAI.

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

 

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 19:37

Concepts, transformation sociale, luttes quotidiennes :

Section du 8ème arr. de Marseille

Contribution du 12 janvier 2008 à la préparation

du XXXIVème Congrès du PCF de décembre 2008

 

 

Au point où en sont ces échanges, une réflexion s’impose sur les notions employées. Je vais aller brièvement à ce qui me parait l’essentiel dans l’utilisation des notions employées, restant ensuite à les confronter et les enrichir.

Schématiquement :

Un concept est une représentation mentale de la réalité.

Mais cette représentation fait partie de la réalité, de la réalité dans sa « globalité ».

D’autant plus si ce concept s’empare d’un grand nombre d’individus, sous la forme propre à chaque individu et sous sa forme collective.

Un concept est relatif, même s’il décrit vraiment la réalité. Il réclame à la fois une fidélité parce qu’il est arrivé à un certain degré de maturité de la conscience collective, et une infidélité parce qu’il doit être confronté sans cesse au mouvement de la réalité.

Par exemple, le concept de mondialisation. La mondialisation est un phénomène permanent de l’humanité, pas seulement de l’humanité, mais l’humanité lui donne un caractère propre à ce qui forme les propriétés de l’humain, sur le temps long et le temps court. Mais s’il y a continuité dans l’évolution sociale humaine, il y a aussi des transformations en qualité. La qualité de la mondialisation n’est pas la même du temps du commerce maritime méditerranéen antique, du temps de l’Angleterre de Marx, et aujourd’hui.

 

A mon avis, ce qui a causé la « chute » des « modes de production » et des institutions des « pays de l’est », c’est l’inadaptation aux techniques nouvelles de reproductibilité permise par l’informationnalisation, inadaptation elle-même découlant d’une organisation régionale de la mondialisation, du type décrit par Marx pour l’Angleterre, et transposée à un autre type de mode de production par Lénine, les Bolcheviks et le peuple Russe à la Russie. Il y a de fortes chances à parier que si les dirigeants des années 70 de l’Union Soviétique avaient eu la clairvoyance de Lénine, ils auraient tenu compte de cette qualité nouvelle de la mondialisation. Mais c’est raisonner par l’absurde, puisque la société soviétique n’a pas engendré ces dirigeants, même si elle a engendré des débats sur la question, débats qui n’ont pas abouti à une concrétisation au niveau des décisions.

 

Je n’entre pas dans l’analyse historique de ces éléments, mais rapidement sur l’aspect économique global : le concept de mode de production est un concept juste. Mais comme dit Marx dans une de ses préfaces au « Capital » et dans d’autres textes, la dialectique ne s’utilise pas d’une façon dogmatique, elle a les limites du moment historique des concepts et elle ne permet que des abstractions opérationnelles qu’il est nécessaire de confronter à une réalité « particulière », sans perdre de vue la réalité « globale ». Par exemple la baisse tendancielle du taux de profit se vérifie dans le stade de mondialisation actuel, comme dans le stade régional de l’Angleterre de Marx. Ses effets sont vérifiables dans le regain du phénomène de surpopulation relative et d’augmentation d’armée industrielle de réserve aujourd’hui.

 

L’automatisation et ses effets dans les conditions du capitalisme, de même, l’accumulation capitaliste et la centralisation capitaliste. Si Sarkozy ne le sait pas, ceux qui inspirent sa politique du « travailler plus pour -soit disant- gagner plus » (le MEDEF) connaissent cette constatation scientifique de Marx qu’« avec l’accumulation du capital qu’elle produit elle-même, la population ouvrière produit donc en un volume croissant les moyens de sa propre surnumérisation relative », et que « tout capitaliste a absolument intérêt à extorquer une quantité de travail d’un nombre plus restreint de travailleurs, plutôt qu’une quantité de travail aussi bon marché, voire meilleur marché d’un nombre de travailleurs plus important. » Ceci du temps de Marx, alors pensez de notre temps ou l’automation informatique est arrivé à faire fonctionner avec une équipe réduite une chaîne de production immense (concentrée ou parcellisée grâce aux progrès des transports), et que les services ont pris, contradictoirement aux lois-tendances du capital, une ampleur découlant des besoins contradictoires qu’il engendre et que les luttes populaires réalisent partiellement !

Mais aussi ils savent que « la composition [organique] du capital [à ses débuts]ne s’est transformée que de façon très progressive » et que « le curriculum vitae caractéristique de l’industrie moderne, la forme d’un cycle décennal, interrompu de légères fluctuations, de périodes de vivacité moyenne, de phase de presse productive, de cris et de stagnation, repose sur la constitution permanente, l’absorption plus ou moins grande et la reconstitution de l’armée industrielle de réserve ou surpopulation. De leur côté, les aléas du cycle industriel se chargent du recrutement de cette surpopulation et deviennent un de ses agents de reproduction les plus énergique ».

 

Tout ceci fait dire à Alan Greenspan, ancien directeur de la Réserve Fédérale Américaine (FED), cité par l’Huma Dimanche de cette semaine « j’ai attendu et attends encore quelque normalisation dans le partage du profit et des salaires car la part des salaires dans la valeur ajoutée est historiquement basse, à l’inverse d’une productivité qui ne cesse de s’améliorer, or ce découplage entre faible progression salariale et profits historique des entreprises fait craindre une montée du ressentiment, aux Etats-Unis comme ailleurs, contre le capitalisme et le marché ».

D’après la commission européenne, la part des salaires dans le PIB ayant chuté en Europe entre 1983 et 2006 de 8,6 et en France de 9,3%.

 

Dans la notion de concepts, peut-on parler de lois en ce qui concernent « les lois du capitalisme » ? Oui et non : oui parce qu’elles illustrent des fonctions constantes dans le capitalisme, non, parce que le capitalisme (donc des humains) invente chaque jour des remèdes non à ces lois mais aux conséquences de ces lois qui pallient relativement à l’effet de ces lois qui de fait sont donc des lois-tendances.

 

Quand à l’emploi du concept de mode de production appliqué à chaque période d’un développement social, indépendamment des « ruptures » historiques, il n’est pas contradictoire avec la notion de modes de production propres aux « intervalles » entre ces ruptures historiques, s’il sous-entend et une continuité de l’évolution humaine, et les ruptures qualitatives qu’elle comporte.

 

Et puis, il n’y pas que les lois économiques. Des besoins d’une espèce perdurent qui datent de bien avant que soit établis des modes de production modernes (des prémisses de l’agriculture à l’informationnalisation), qui font que l’abolition des classes sociales n’est pas la fin de l’évolution humaine, pas plus que la mondialisation la solution ultime à la survie de l’humanité dans ses individus comme dans son espèce. Elle peut même et aussi, être sa mort, dans la mesure où la mondialisation viable exige certaines conditions, parmi lesquelles, l’abolition de la société de classe, condition nécessaire mais pas suffisante. Il y a lieu de ne pas sombrer dans un concept déterministe ni de la lutte des classes ni de l’évolution de l’humanité et de la nature en général dont l’humanité fait partie, et reconnaître « le droit de la téléologie à une participation causale » en est la condition.

 

Un dernier mot, et une dernière citation de Marx qui doit contribuer aux inquiétudes d’Alan Greenspan :

« Les effets deviennent à leur tour des causes, et les alternances dans l’ensemble du procès, qui reproduit constamment ses propres conditions, prennent la forme de périodicité……. »

« Jusqu’ici, la durée périodique ce ces cycles est comme constant…Au contraire on doit inférer des lois de la production capitaliste, telles que nous venons de les développer, qu’il est variable et que la période de cycles se raccourcira graduellement » (1).

La convergence de ces lois avec une intelligence de la lutte de classe (donc des humains concrets), de ses formes appropriées du moment, dans une période de maturation de la mondialisation informationnelle en crise n’ouvre-t-elle pas la possibilité d’accélération de ces cycles et d’un cycle nouveau, et pour cela, d’une intervention humaine décisive pour la transformation sociale. Et n’est-il pas plus que jamais indispensable de ne pas sombrer dans une vision sociale-démocrate de la transformation sociale ? En tout cas il y a lieu de se préparer à ces éventuelles nouvelles conditions de lutte des communistes, partie intégrante des luttes populaires.

Pierre Assante, le 12 janvier 2008

 

(1) Post scriptum de 2017 : les diverses et multiples théories unilatérales sur les crises considéraient des situations de sous-consommation et d’excès d’épargne où au contraire de surconsommation de d’insuffisance d’épargne. Hors, le développement d’une crise décennale connaît les deux situations. Une vision dialectique tient compte de cette double réalité pour rechercher les remèdes à la suraccumulation-dévalorisation du capital.

D’autant que cette suraccumulation-dévalorisation devient durable dans des crises catastrophiques de cycle long, cycles longs se transformant en une crise systémique durable généralisée du capitalisme, crise de la  production et de la consommation et ses effets sur l’ensemble de l’activité humaine, sans issue sinon dans l’intervention humaine de dépassement du système.  

Marx a découvert des lois du capitalisme : plus-value, profit, baisse tendancielle du taux de profit et lois qui la contredisent, suraccumulation du capital, rôle de l’évolution de la composition du capital, capital constant et capital variable.

Il n’a pu arriver en observant et analysant l’économie politique dans la deuxième moitie du XIXème siècle, jusqu’au capitalisme globalement mondialisé, numérisé, globalement financiarisé, évidemment. Il avait cependant eu une vision anticipatrice de ce capitalisme dans l‘observation des prémices d’une automatisation.

Paul Boccara a développé une théorie dialectique, non unilatérale, des crises de suraccumulation-dévalorisation du capital, (publiée dans les 2 volumes présentant les diverses théories) nécessaire à la compréhension de notre temps et à l’action de transformation sociale en santé. Catherine Mills en a fait la présentation dans la revue « Economie et Politique » et une conférence à la Fondation Gabriel Péri reprise sur ce blog.

 

Le site du PCF contenant les contributions à la préparation du XXXIIIème congrès a….disparu.

En cherchant sur internet j’ai trouvé celle-ci sur ce site ! :

http://collectifbrignoles.over-blog.fr/article-15800241.html

Même s’il y a à redire à cette contribution, j’en suis relativement et modestement satisfait, à postériori.

 

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 07:29

 

BAYROU, L’arroseur arrosé ???

 

Les media présentent l’éviction de Bayrou en parlant d’arroseur arrosé dans son installation de moralisation de la politique. Il ne s’agit pas de cela. S’il y a séquence d’arroseur arrosé, c’est pour Bayrou celle d’avoir utilisé un néo-hyper-libéralisme comme strapontin du pouvoir et d’en subir le retour de flamme (1).

Maintenant, le président installé ayant fait place nette pour son opération ordonnances au service du capital financier, de la baisse du coût du travail par une réorganisation drastique du travail, faut-il désespérer ?

 

Certes, nous vivons des moments dramatiques pour notre communauté nationale, ses habitants, pour l’Europe et le monde. Mais la nouvelle équipe au pouvoir et son chef de clan se fait des illusions sur la facilité de mise en pratique de ses choix idéologiques.

Désorganiser le cours d’un processus social en le bousculant gravement et à contre sens des besoins humains ne peut que provoquer de graves difficultés pour les entreprises dont on prétend libérer les forces, et l’homme producteur qui y produit la production.

 

L’arroseur arrosé ce sera le néo-hyper-libéralisme qui s’attend à une mise en santé de son système alors qu’il se tire une balle dans le pied et dans celui de chaque citoyen par la même occasion.

La réponse aux difficultés et à la crise systémique catastrophique tient dans les capacités de guerre pacifique à mener pour une régulation de l’échange Argent-Marchandise-Argent plus et l’accumulation du capital qu’elle produit à son paroxysme. Ce n’est pas à un tel programme qui faut s’attendre du côté de France Insoumise et de sa dénonciation vertueuse et véhémente sans issues.

La réponse touche à une réforme radicale des institutions financière, de la BCE et de tout le système bancaire, du crédit, de la création monétaire, du système tayloriste du travail par une promotion de la sécurité de l’emploi et de la formation condition de la reconnaissance de l’individu, de l’homme producteur et des conditions d’exercice saines de l’activité de la personne humaine. Mettre la mondialisation numérisée de la production et de l'échange au service des besoins humains est possible et nécessaire. Elle est la condition du développement quantitatif et qualitatif des ressources humaines et de la conscience humaine qui en est le centre.

 

Cela est du ressort d’un mouvement syndical et politique capable de s’allier toutes les forces sociale de rappel à une orientation autogestionnaire de la production et d’usage social du mouvement de la représentation de la valeur créée qu’est l’argent sous forme actuelle de capital, qu’il faut développer, tâche difficile mais incontournable.

Il faut espérer aussi que l’existence indépendante d’un groupe communiste -et alliés- à la chambre des députés contribue à cet objectif plutôt que de se noyer dans ladite dénonciation vertueuse et véhémente sans issues.

 

Pierre Assante, Jeudi 22 juin 2017

 

(1) Toutes les opérations « main propre » ne s’attaquant pas aux causes profondes de l’usage malsain de l’argent est détournée tôt ou tard au service de l’argent, et pour protéger la finance tire de préférence sur le pianiste. « Mani Pulite » en Italie a été consciemment et inconsciemment, le marche pied du pouvoir pour Berlusconi. Les opérations mains propres à la française ont été et sont orchestrées, instrumentalisées, pour la montée de Macron et son renforcement. Et ce n'est pas fini...

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 07:56

Loi d’expérimentation
entreprises de territoires et nouvelle régulation démocratique

Contexte : 
« Changer la donne locale de la mondialisation »

 

Commission économique

Aux correspondants de la commission économique du PCF

Bonjour,

À la suite des contacts noués dans la préparation de la loi de sécurisation de l’emploi et de la formation déposée par André Chassaigne et ses collègues du Front de gauche à l’Assemblée nationale en janvier dernier, un groupe de travail animé par Sylvie Mayer (secteur ESS du PCF), Hervé Defalvard (professeur à l’université de Marne-la-Vallée) et la commission économique du PCF a tenu une série de réunions de travail sur le thème : « les territoires dans la transition postcapitaliste ». Un des résultats de ces travaux est une ébauche de proposition de « loi d’expérimentation » sur la définition d’un nouveau statut d’« entreprise de territoire », qui traduit en particulier plusieurs dispositions de la « proposition de loi Chassaigne ».

Ce document peut être consulté à l’adresse suivante : http://www.economie-politique.org/sites/default/files/2017_trame_loi_dexperimentation_v5_stabilisee_0.docx

Nous souhaitons recueillir les avis de personnalités ou organismes intéressés (syndicalistes, juristes, économistes, élus locaux ou nationaux…) pour pouvoir rendre publique à l’automne une version amendée de cette proposition. N’hésitez pas à faire circuler ce texte auprès de personnes susceptibles d’être intéressées, et à nous transmettre leurs observations et les vôtres. Merci d’avance !

Bien cordialement,

Denis Durand 

http://www.economie-politique.org/

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 19:54

Article publié une première fois sur ce blog le 19/06/2017 10:32

Ensemble,

pour un Congrès extraordinaire

 

 

Les néo-libéraux viennent de remporter une victoire politique et idéologique historique, la gauche est très affaiblie. Notre parti qui a souffert de son effacement à l’élection présidentielle a subi au premier tour des élections législatives un échec électoral sans précédent. Au deuxième tour, l’élection de 11 députés communistes est une bonne nouvelle; cela témoigne de notre capacité de résistance, à l’opposé du défaitisme qui a présidé à notre absence à l’élection présidentielle. Pour autant l’existence même de notre parti reste menacée alors qu'il va y avoir besoin comme jamais de ce qui fait la raison d'être originale du PCF, un PCF qu'il est urgent de transformer et renouveler profondément, à partir d'un bilan exigeant.

 

Un bilan s'impose

 

Moment clé de cette période, le 4 novembre 2016, Pierre Laurent déclarant, avant la décision des communistes, qu'une candidature communiste « n'est pas l'option que je privilégie » prenait position publiquement en faveur du soutien à Jean-Luc Mélenchon. Cette stratégie, contraire à la décision du Congrès (selon laquelle « les communistes travaillent pleinement (…) à engager un candidat » dans le processus de désignation pour l’élection présidentielle), et maintenue malgré le vote des délégués des fédérations à la conférence nationale, a empêché la promotion de nos idées, une bataille unitaire réelle, et conduit à la catastrophe. Il est urgent d'en changer. Le conseil national des 23 et 24 juin doit ouvrir un processus de congrès incluant un travail exhaustif et collectif de bilan.

 

Les idées communistes : originales, indispensables, mais absentes

 

L'élection  présidentielle  aurait dû être le moment de mettre dans le débat public les idées à la fois réalistes et radicales régulièrement évoquées par nos derniers congrès. Les Français les ignorent faute d’un effort persévérant, au sommet du Parti, pour leur permettre de s’en saisir. L'effacement du PCF et de l'originalité de ses propositions a aggravé cette situation, laissant place à la confusion au profit de FI, avec l'illusion entretenue que nos idées seraient quasiment les mêmes.

Le projet de sécurité d'emploi et de formation a fait cruellement défaut dans la campagne face au besoin d’une nouvelle économie pour répondre au défi des révolutions informationnelle et écologique. D'autant plus que la question de l'emploi était placée au premier rang des sujets sur lesquels les électeurs demandaient des réponses. Seuls se sont exprimés les tenants de l’ubérisation et de la flexibilité néolibérale (Macron et Fillon), ceux qui, en plus, font des migrants le bouc émissaire (Le Pen), ceux d’un « revenu d’existence » cantonné à la répartition (Hamon), et ceux pour lesquels l’embauche directe des chômeurs par l’Etat résoudrait le chômage, exonérant les entreprises et le grand patronat de ses responsabilités (Mélenchon). Et pour cause : il n’y avait pas de candidat communiste pour porter dans la campagne présidentielle la proposition de loi SEF déposée en janvier 2017 par André Chassaigne et ses collègues.

De même, nos propositions alternatives sur l’utilisation de l’argent et sur les banques auraient pu être un levier décisif pour le rassemblement d’une gauche de combat et pour la crédibilité d’une alternative novatrice ancrée à gauche. Dans la crise politique effroyable que nous vivons, elles auraient pu être une lueur d’espoir pour tous ceux qui cherchent et qui luttent.

Quant à nos propositions pour refonder la construction européenne, adoptées en conférence nationale et confirmées par notre dernier congrès, leur absence a conforté les populismes de droite et de gauche dans le paysage politique. Elle a laissé la voie libre à Macron pour pousser les feux du fédéralisme et de la domination des marchés financiers. Elle laisse à présent la voie libre à l’opposition factice entre « mondialistes et patriotes » travaillée de plusieurs côtés, effaçant les enjeux de classe et la nécessité de luttes immédiates.

 

Des conditions impossibles pour nos camarades aux législatives

 

Cette absence de la bataille présidentielle a placé nos camarades aux élections législatives dans des conditions impossibles pour le premier tour, malgré le courage et l'engagement dont ils ont fait preuve. Aurait-on voulu faire une pédagogie du renoncement du PCF à son existence qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Malgré cela, 11 communistes ont pu étre élus; ce sera un point d’appui important; mais cela n’efface pas la faiblesse historique de notre score national au premier tour des législatives (3,8 % en France métropolitaine), qui risque d’avoir des conséquences de longue durée si on ne s’attaque pas sérieusement aux problèmes posés.

Dans cette situation, quelle est la nouvelle étape qu’il nous faut engager ?

Le quinquennat Hollande a précipité la destruction de la gauche. Le dispositif électoral de Macron et celui de Mélenchon, permis par notre absence, conduisent à sa désintégration. Pas question de se résigner à cette situation si dangereuse pour notre peuple.

 

Transformer et réorienter le PCF

 

Pour le combat face au nouveau pouvoir et pour une perspective de progrès, il y a absolument besoin de l'apport d'un PCF révolutionnaire, profondément transformé, autonome, émancipé des idées dominantes, se nourrissant des apports de Marx et de ses successeurs, portant le débat sur les rapports de classes et de domination, pour s’en émanciper en dépassant le capitalisme et le libéralisme.

Ni repli identitaire, ni dilution, cette réorientation est indispensable pour aider au développement des luttes et à leur convergence sur des alternatives. Elle est indispensable pour un rapport créatif avec les mouvements sociaux et citoyens qui sont un ferment de transformation de notre société. Elle est indispensable à la refondation de la gauche en France, en Europe et dans le monde, avec des rapports nouveaux et de nouveaux types d'alliances entre les forces qui la composent, rompant avec les logiques de sommet, respectueux de leur diversité, en capacité d’initiatives et ouverts à l’expérimentation décentralisée. C’est une réflexion et une expérimentation qu’il nous faut engager. Dès à présent nous avons à organiser une riposte rassembleuse avec toute la gauche, écologistes, socialistes de gauche, insoumis, syndicalistes, mouvements associatifs, etc... pour laquelle il est décisif de faire vivre l’autonomie effective d’idées et d’initiative de notre parti.

 

Explorer un chemin de révolution pacifique

La France, l’Europe, le monde ont besoin d’une révolution pacifique. Dans le capitalisme financier mondialisé, elle passera nécessairement par des prises de pouvoirs du monde du travail et de la création sur les banques, la BCE, le FMI. Au lieu de s’aligner sur le populisme et l’électoralisme, nos positions dans les institutions doivent contribuer à ces prises de pouvoir. Il nous faut rouvrir ce chantier pratique et théorique. Cela concerne aussi notre action politique dans les entreprises. Ce travail et cette réorientation ne pourront être menés à bien que sous l’impulsion d’une direction  nouvelle prête à s’y engager avec conviction, capable de s’autocritiquer, soucieuse de l’organisation, de la créativité et de l’unité du Parti.

 

Pour un congrès extraordinaire et un collectif de direction provisoire

 

Tout cela doit être l’objet d’un congrès extraordinaire au printemps 2018. Il partirait des remontées des communistes depuis leurs sections, dont une assemblée des délégués de section à l'automne ferait le bilan. Un collectif de direction provisoire devrait être mis en place par le Conseil National pour la préparation démocratique du congrès sous la maîtrise effective des communistes et pour l'animation des luttes politiques face à Macron.

 

Frédéric Boccara (membre du Comité Exécutif du PCF, membre du CESE)

Yves Dimicoli (membre du conseil départemental de Paris du PCF)

Denis Durand (membre du Conseil National du PCF)

Nicolas Marchand (membre du conseil départemental du Val de Marne du PCF)

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 20:18

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La lutte pour être « le premier » dans la protestation n’est pas une lutte de classe.

 

Engels qualifiait un parti de transformation sociale de progrès, d’interprète conscient d’un processus inconscient, celui de la société humaine à un moment et dans des conditions historiques données.

Evidemment, partant de la réalité première et d’un besoin premier d’une société, de produire les biens nécessaires à son renouvellement élargi, il s’agit aussi  et en premier lieu, d’être l’interprète des collectifs humains producteurs, de leurs relations, leurs alliances, leurs conflits.

 

Le PCF a été l’interprète pour plusieurs générations d'une classe ouvrière « de main-d’œuvre », ses concentrations, sa massification, dans la production nationale de l’industrie mécanisée et des relations nécessaires de cette classe ouvrière avec l’ensemble de la société, et au-delà, de la nation et du marché national, avec le monde.

La mondialisation numérisée, le marché globalisé, le capitalisme financiarisé, leur fusion, ne retranche pas de la réalité ce besoin d’interprète.

Mais elle rend l’interprétation différente, puisque le processus c’est transformé, et transformé d’une façon méconnaissable pour l’interprète précédent. C’est bien là où le bas blesse, au point que les représentants du néo-libéralisme ici et dans le monde ont pris de l’avance sur l’interprétation du processus, même si son interprétation est celle qui lui convient pour la mise en condition de l’homme producteur et de ses activités dans la recherche de plus-value et tous les phénomènes négatifs qui l’accompagnent et s’approfondissent.

 

Au fur et à mesure que, pour diverses raisons, et en premier lieu la transformation de la classe productrice (1) et de ses conditions de production, ce rôle d’interprète s’est affaibli, parce que l’interprète est resté sur une vision dépassée du processus, l’héritage de la contestation pour elle-même s’est renforcé.

Le reflux de l’influence du PCF, de la classe ouvrière nationale, et après les inventions de La Libération, va de pair avec une protestation de plus en plus coupée de l’analyse de la transition sociale. Ne parlons pas des autres organisations se réclamant  du progrès social qui ont suscité ou accompagné les choix de la classe dominante dans ces transitions.

 

Entre autre, pomper les voix du PCF au lieu d’affaiblir la droite, a abouti pour le PS à s’affaiblir jusqu’au point actuel. Il ne peut qu’en être de même pour les manœuvres actuelles de même type.

La lutte pour être « le premier » dans la protestation n’est pas une lutte de classe. C’est une raison de la substitution de la protestation coupée relativement de son interprétation consciente d’un processus inconscient par la protestation nationaliste, populiste, et même la comédie d’une protestation visant à « tout changer pour que rien ne change ».

 

Lassalle en son temps, comme le populisme de gauche aujourd’hui, détourne vers une protestation sans issue, l’action pour des transformations de progrès s’appuyant sur l’analyse de la réalité.

De plus cette protestation sans issue est un mépris pour la population, en tenant pour acquis l’incapacité des travailleurs et des citoyens de comprendre le lien entre la production, les tares structurelles du système l’handicapant, et les remèdes à apporter à la crise dont ils souffrent et qui va sans cesse s’aggravant, Macron ou pas.

 

Des exemples simples existent des disfonctionnements économiques résultants du système social obsolète, qui sont tout à fait compréhensible pour tout un chacun à condition d’expliquer et déjà d’en parler.

Il s’agit de substituer aux bavardages médiatiques des explications rationnelles. ET c’est là que l’interprète conscient d’un processus inconscient joue un rôle éminent, à condition d’avoir fait un travail d’interprétation synthétique et non une collection d’observations sans liens entre elles.

…et de mettre cette interprétation au service de l’action populaire pour une transformation de sortie de crise, de progrès, et au service d’un débat qu’elle suscite et dont elle se nourrit.

L’ostracisme des classes dominantes et de leurs institutions contre l’analyse marxiste et sa mise à jour trouve sa raison dans la défense des intérêts de ceux qui détiennent et les moyens de production et le sang qui l’alimente, le mouvement du capital qu’elles contrôlent.

 

Ce qui est dit dans cette expression : « Suraccumulation-dévalorisation du capital et ses remèdes » devrait être dans toute tête de militant (et des citoyen) en tant que conscience (et non en tant que formule) du processus social à dépasser, et ça le fut un temps pour pas mal « d’élèves » des écoles fédérales. Et si ce n’est pas immédiatement compréhensible dans une simple formule, c’est tout à fait compréhensible lorsqu’on fait un petit effort de compréhension aidé » par l’organisation militante, tout en étant un citoyen sans qualification particulière sur ce sujet.

Marx disait de Lassalle, l’initiateur d’une fusion sans contenu du socialisme allemand : « il croit faire une synthèse, mais il fait une erreur composée… »

 

Pierre Assante, 19 juin 2017

 

(1) Ouvriers, cadres et chercheurs de production, techniciens, services qui accompagnent la production stricto sensu et transmettent les conditions de savoir et d’exercice de cette production, etc. forment un tout. Cette production stricto sensu sur laquelle s’appuie l’accumulation capitaliste, condition d’existence du capitalisme, constitue la base de toutes les activités possibles.

La production stricto sensu n’est pas une malédiction.

C’est la vente-achat de la force de travail et dans le néo-libéralisme de toute les activités humaines, qui transposent les dominations animales dépassables culturellement dans la domination de classe, la domination hiérarchique et la perpétuation de la domination masculine héritée et intégrée au système.

C’est la vente-achat de la force de travail qui réduit les capacités de la productivité de libérer l’humain des activités contraintes et d’accroitre les activités non productives stricto sensu, et non productive de capital, entre autre l’exercice de croissance de la conscience individuelle et collective qui fait de l’homme la conscience de la nature sur elle même, en mouvement.

 

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 04:32

Ce soir, les français peuvent compter sur 11 député-e-s communistes qui ont été élu-e-s, Jean-Paul Dufrègne (03), Pierre Dharréville(13), André Chassaigne (63), Fabien Roussel (59) et Alain Bruneel (59), Jean-Paul Lecoq (76), Sébastien Jumel (76) et Hubert Wulfranc (76), Elsa Faucillon (92), Marie-George Buffet (93), Stéphane Peu (93) et sur les député-e-s qui formeront, avec eux, un groupe parlementaire d'opposition au gouvernement pour permettre à cette voix libre et combative de servir les intérêts populaires. Les députés communistes travailleront dès cette semaine à constituer ce groupe et agiront sans attendre en faveur des propositions alternatives qu'ils ont élaborées durant leurs campagnes.

 

Le groupe PCF – Front de Gauche (GDR) est le seul groupe parlementaire qui progresse.

 

La cote d'alarme démocratique est une fois encore dépassée, avec une nouvelle baisse de la participation.

 

Le Parti communiste français demande d'urgence l'ouverture d'un débat national sur le changement de nos institutions, à commencer par l'instauration de la proportionnelle. Tout doit être repensé pour sortir progressivement de la présidentialisation à outrance et pour mieux représenter nos citoyens dans leur diversité.

 

Les résultats confirment par ailleurs que le Président de la République va disposer d'une majorité écrasante de députés. Le paradoxe est qu'elle ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés, ni chez les jeunes et les privés d'emplois qui aspirent à une sécurité d'emploi et de formation pour une vie digne.

 

C'est inquiétant. Nous appelons à une riposte immédiate la plus large possible pour empêcher que l'été soit celui des mauvais coups.

En effet, dès cet été, les députés d'En Marche ! vont être sommés d'obéir au doigt et à l’œil au Président et au 1er ministre pour leur donner les pleins pouvoirs, au service des milieux financiers et du MEDEF, pour casser le Code du Travail par ordonnances et liquider des acquis que le mouvement progressiste et populaire a gagnés dans notre pays de haute lutte.

 

Au-delà, les résultats appellent les forces de transformation sociale à ouvrir un immense chantier de reconstruction politique.

 

Le Parti communiste français prendra pour sa part des décisions dès son Conseil national des 23 et 24 juin.

 

La Fête de l'Humanité, en septembre, sera un moment fort de cette riposte et de cette reconstruction.

 

Le Parti communiste français
Paris le 18 juin 2017

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:45

Itinéraire d’Emmanuel Macron

 
 

La chronique de Pierre Ivorra.

Emmanuel Macron a émergé en juin 2007 en devenant l’un des 42 membres de la commission pour la libération de la croissance française créée par Nicolas Sarkozy, alors à l’Élysée. Appelée du nom de son ­président, commission Attali, elle rassemble outre ce dernier, ancien conseiller de François Mitterrand, des dirigeants de multinationales, françaises surtout, mais aussi étrangères, de hauts fonctionnaires, des banquiers, des ­assureurs, des idéologues, des hommes politiques…

On y trouve le très à droite Claude Bébéar, ancien patron d’Axa, la pas très à gauche Anne Lauvergeon. Dans son rapport, la commission préconise « 316 décisions majeures », sorte d’inventaire à la Prévert mais sur le mode libéral. Elle propose notamment la réduction des cotisations sociales des entreprises et leur compensation par une hausse de la TVA et de la CSG ; devançant la loi travail du gouvernement ­Hollande-Valls, elle entend donner la priorité à la négociation à l’entreprise sur la loi. Reste l’essentiel : mise en place un an avant la dégringolade financière internationale de 2008, elle n’a rien vu venir. Chargée de pister la croissance, elle a essuyé la récession ! À noter, malgré tout, l’apparition d’un « petit jeune » au sein de cette commission, nommé rapporteur adjoint en 2007, puis membre de plein droit en mars 2010, lorsque la commission Attali est relancée après la crise de 2008 et la débâcle libérale. Il s’agit d’Emmanuel Macron, alors âgé de 33 ans et déjà associé-gérant de Rothschild & Co, un poste de prestige dans l’une des principales banques d’affaires ­internationales, spécialisée dans les fusions-acquisitions, les opérations financières des multinationales, bref, les « coups tordus » du monde de la finance et du CAC 40. Macron est certes un jeune « pantoufleur », mais il est de haute volée. Sitôt tombé du nid de Sciences-Po et de l’ENA, il est nommé à l’inspection des finances, et c’est à ce titre qu’il devient rapporteur adjoint de la commission sur la croissance. Il y côtoie donc Jacques Attali et aussi Serge Weinberg, un homme du CAC 40, qui vont, en 2008, parrainer son entrée chez Rothschild & Co.

Durant cette période, parallèlement à son activité de banquier, Emmanuel Macron planche, avec un certain nombre d’économistes du club de la Rotonde, sur le programme économique de François Hollande pour l’élection présidentielle de 2012. Gageons que ce n’est pas lui qui a suggéré au futur président de la République de dire haut et fort qu’il n’a qu’un « ennemi, le monde de la finance ». Même s’il n’en avait pas encore conscience, lui était là pour préparer la suite.

MERCREDI, 14 JUIN, 2017, L'HUMANITÉ

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:32

 

MAINTENANT  ?

 

 

RENCONTRE Samedi 1er juillet 2017

 

 

De quoi le néolibéralisme de Macron est-il le nom ?

 

Quelle politique pour prendre le pouvoir sur l’économie, pour une autre civilisation du XXIème siècle.

 

ECONOMIE ET POLITIQUE vous invite à une
 

RENCONTRE

Samedi 1er juillet 

de 14h30 à 17h,  8 Rue de la Banque

Salle de la Mairie du 2ème Arrondissement

Métro Bourse, Paris.

http://www.economie-politique.org

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Invitation reçue de et diffusée par Denis Durand, de la Commission économique du pcf.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 18:42

 

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Un texte sur 1968 écrit en 2008 qui restera valable, je crois, en 2017, après le "coup d'Etat" conservateur Macronien :

 

1968 les bureaux de paiement :
http://www.humanite.fr/node/391207

 

 

LIRE ICI

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 23:15

La coalition des libéraux de tout poil

MERCREDI, 7 JUIN, 2017
L'HUMANITÉ

La chronique économique de Pierre Ivorra.

Dans la crise qui secoue le capitalisme, crise à la fois économique, sociale, politique, écologique, culturelle, sociétale, certains changements donnent à réfléchir. Avec l’élection d’Emmanuel Macron, on peut penser que désormais, en France, le capital financier ne se contente pas d’avancer ses objectifs par le biais d’un personnel politique traditionnel dévoué à sa cause, en lien certes avec les groupes monopolistes, il se met lui-même aux manettes, s’installe à la tête d’institutions politiques majeures. Le nouveau chef de l’état n’est pas seulement un dirigeant qui entend satisfaire les intérêts de la finance, il est l’homme de la finance ! Avec lui à l’Elysée, de façon plus marquée qu’à d’autres périodes, des hommes et des femmes du CAC 40 et du Medef font une entrée remarquée à des postes ministériels importants, au côté de politiciens chevronnés, libéraux d’engagements politiques prétendument opposés il y a peu. L’équipe gouvernementale s’entoure en outre d’experts formatés au sein des organisations patronales.

Confrontés à une accumulation de capitaux gigantesque qu’ils ont du mal à rentabiliser et qui menace de provoquer une nouvelle crise financière plus grave encore que celle de 2007-2008, les forces du capital entendent mettre les peuples à contribution comme jamais, baisser la part des travailleurs et de leur famille dans la richesse créée. En France, cela passe notamment par une transformation en profondeur du système de financement de la protection sociale afin d’en désengager autant que possible le capital et aussi par un recul sans précédent du droit du travail, des services publics, une refonte de l’organisation territoriale,… C’est dans cet esprit que les libéraux de tout poil se coalisent. C’est leur force et… leur faiblesse.

Mais en effectuant ce constat, nous ne sommes qu’à mi-chemin. Certainement le plus difficile est d’imaginer et de mettre en œuvre des contre-feux et des répliques à ces régressions envisagées ou entamées. La dénonciation de cette mainmise accentuée de la finance sur les affaires du pays ne suffit pas. On ne peut ignorer notamment que le Front national fait mine de la vilipender.

Comment inverser le cours des choses ? Il ne sera possible de le faire que si les forces alternatives, syndicales et politiques reprennent pied dans l’entreprise, dans les usines, bureaux, chantiers, centres de recherche, dans les banques et les institutions. C’est là que la financiarisation prend son envol, c’est aussi là qu’on peut imposer d’autres critères pour produire que ceux de l’argent pour l’argent, là qu’on peut la faire reculer.

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 18:37

Bonjour,

Dans quelle situation économique et politique, selon quelles lignes directrices, avec quel dispositif combattre la politique de Macron et agir pour une alternative ?

Ce sera l’ordre du jour de la prochaine réunion
de la commission économique du PCF

Mardi 27 juin à partir de 18 heures

au siège du PCF, 2, place du Colonel-Fabien

Fraternellement,

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 22:58

« ….Je pense à ce qui a trait à l’acquisition de la parole. Et moins à la toute petite enfance, dont je n’aurai pas la prétention de disputer les savoirs aux praticiens, qu’à des moments plus tardifs, dont chacun a souvenance. Songez à ces heures qu’on a passées aux genoux d’une mère à contempler des images simples, auprès de chacune desquelles voici les premiers mots qu’on aura rencontrés sous leur forme écrite. « Regarde, c’est le chien » ; ou « le chat » ; ou « l’arbre », disait notre initiatrice. Et on regardait, on voyait – quoi ? Certes, des figures tout à fait caractéristiques d’un chien…..

Et il s’en suit  qu’on pourrait penser que la désignation de ces êtres ou choses sur la page, c’était déjà et précisément un enseignement de la pensée conceptuelle au ras des mots qui vont la véhiculer….

Mais croire ceci serait une erreur…..

Deux pôles de l’initiation à la vie. L’un institue dans les mots la mémoire de la présence, l’autre les asservit à l’autorité du concept, l’un appelle à la poésie, l’autre à l’action - cette action où s’inscrira le désir, si bien que c’est là aussi le côté du rêve : et au total de quoi nourrir  - ne croyez-vous pas ? – d’autres relations du petit enfant aux parents que celles que la situation œdipienne aura déjà pu mettre en place. Par exemple, ne peut-on dire que cet enfant qui fait l’expérience de la présence en sait plus, poétiquement, que le père, qui a eu à faire taire en lui cette voix ? Il en sait plus que lui quand à la capacité des mots. Et il peut s’irriter, se faire son adversaire : le père n’a-t-il pas trahi celle, l’éducatrice, à laquelle pourtant il avait donné sa parole, au matin de la vie commune ? Mais il avoir aussi de la compassion, vouloir parler à celui qui ne parle plus et, ce faisant, le réconcilier à celle dont il le redoute séparé. La tâche poétique de l’enfant n’est-elle pas de remarier le père et la mère ? Je crois que la plus importante époque de l’être du monde enfantin, riche du sentiment d’une responsabilité décisive, ce n’est pas la première saison de la vie, celle dont les faims précédaient toute perception des ambigüités du langage, mais ces moments de déjà plus tard où la parole se révèle un carrefour, une schisis en vérité mystérieuse….. »

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Yves Bonnefoy, dans « l’inachevable, Entretiens sur la poésie », entretien avec Yannick Mercoyrol et Jean-Louis Thibault, 1997. Ed. Albin Michel, biblio, Livre de poche.

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 07:50

1) L’élection du plus grand nombre de député.e.s communistes et de toute façon le plus grand nombre de voix du PCF, avec ce que cela représente pour les moyens d’action, est la condition d’un renouveau et d'un rassemblement opérationnel de transformation sociale en santé, quels que soient les difficultés et résultats.

 

 

2) Ce n’est pas en changeant l’étiquette mais en améliorant le contenu que la réponse sera donnée aux « nouveautés politiques » qui ne sont que des palliatifs, des vieilleries mises au goût du jour, qui maintiennent l’état de crise de la société prise dans la suraccumulation du capital et l’austérité comme remède.

 

C’est une grande patience et une grande détermination dans les solutions à apporter à la crise qui fera notre détermination à poursuivre un combat démocratique de transformation sociale, une démocratie de l’homme producteur, du « que, quoi, comment, pour quoi et pour qui produire ».

 

Cette détermination de long terme peut donner des résultats plus rapides que l’on pense si elle apporte des solutions que d’autres, et en particulier les soutiens de la finance ou les errements prétendant s’y opposer, n’ont pas en possession.

Une détermination militante créant les conditions d’un renouveau politique en santé porte sur une bataille de conviction interne de parti, pour des solutions à la crise économique, et à travers elle les moyens d’un renouveau de toutes les activités humaines.

Cette bataille interne portera en avant dans la société les solutions proposées, travail auquel la ComEco s’attèle de longue date, à mon sens.

 

3) La psychologisation de l'histoire et des évènements est la meilleure arme de la finance pour détourner la population et même les salariés du réel.

Nos intellectuels eux-mêmes y sombrent.

Si le suicide du PCF se confirmait, à l'initiative d'une direction qui aurait rejoint ce mouvement, et perdu le sens du réel, celui des conditions économiques de la production des biens nécessaires à la vie humaine, ce sera un grand drame pour les militants. Ils le ressentiront comme tel.

Mais en même temps, peu s'y opposeront, s'ils croient que le suicide est la seule façon de sauver le Parti.

C'est étrange, mais c'est pourtant comme ça que le PCI s'est suicidé. Il existait des conditions matérielles, concrètes, mais les idées ont joué un grand rôle dans le contexte.

J'espère qu'en France les conditions sont différentes...

En tout cas il faut savoir ça pour lutter contre une éventuelle tentative de suicide.

 

Pierrot, Vendredi 9 juin 2017

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 21:27

Autant de poètes, autant de lecteurs poètes, autant de façons de voir, d’entendre, de lire, d’écrire la poésie.

 

En voici une façon entre une multitude :

 

La science, la raison, c’est saisir, décrire le plus fidèlement possible le réel et le partage de cette saisie afin d’agir sur lui en santé.

 

La poésie, l’art,  c’est saisir, décrire le plus fidèlement possible l’effet que fait le réel sur le corps et ses sensations et le partage de cet effet afin d’agir sur lui en santé.

 

La frontière entre sciences et poésie est ténue et poreuse, à double sens, au point de se confondre en une poésie scientifique et une science poétique.

 

Dire ça aux politiques c’est donner à la politique ce qui lui manque pour que les hommes en fassent, vraiment.

 

Pierrot, 7 juin 2017

 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 18:24

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Publié sur ce blog la première fois

le 3 juin 2017

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à D.D. et P.C.

 

C'est à partir d'une certaine conception du monde, de l'humanité, du rôle du travail dans la formation de la pensée etc. que Marx en est arrivé à ses découvertes économiques et que Paul Boccara, avec d’autres, poursuit cette recherche dans le cadre de la société capitaliste mondialisée, numérisée etc.

 

Et qu’Yves Schwartz, avec d’autres, refonde les conditions de l’exercice de l’activité humaine, du travail producteur.

 

Je suis persuadé que les progrès de nos entreprises de Renaissance passent par une renaissance de la pensée philosophique marxiste non dogmatique, correspondant au monde d'aujourd'hui.

 

Cela est totalement absent du débat et de la réflexion dans le Parti et partout.

 

Les grands intellectuels d'aujourd'hui qui paraissent dans l'Huma, par exemple, exposent des travaux et des réflexions certes très intéressants et qui méritent échanges, mais dont les bases marxistes sont absentes, sinon par ouï-dire et sous forme de citations formelles, et ce en quoi, l'idéalisme philosophique domine, ce qui n'aide pas à la compréhension et la Renaissance dans notre monde en crise face à ses transformations.

 

La pensée marxiste, si elle doit se confronter aux autres pensées dans lesquelles elle n’est pas absente, mais souvent tronquée, par connaissance superficielle, alors qu’elle consiste en un vaste réseau d’observations et de mise en synthèse, a besoin de s’exprimer de façon propre, dans son mouvement, sinon, c’est un niveau faible de culture qui est exprimé,

 

Un niveau faible de culture avec ce que cela comporte de régressions que nous connaissons, sur le plan de la civilisation et des intégrismes philosophiques, religieux, politiques, scientifiques répondant à des rigidifications-dissolutions relatives de la pensée dans les visions dichotomisées d'un structuralisme conscient ou pas.

 

Et

 

Il n'y a pas d'interprètes conscients du processus inconscient de la société que devrait être, entre autres, le Parti.
 

Pierrot, 03/06/2017 08:30:40

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Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

 

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 22:08

Pierre MUSSO (1), HUMA, 2.6.17,

"une ère hyper industrielle"

 

Sur l'entretien réalisé par Pierre CHAILLAN

 

« L’ère hyper industrielle » de Pierre Musso est tout simplement le capitalisme mondialisé, numérisé, financiarisé.

 

Le caractériser autrement, c’est se laisser piéger par le fétichisme de la marchandise.

Car l’industrie numérisée est  ni plus ni moins une forme de production dans le processus de la production et de la société, utilisée dans le cadre de l’exploitation capitalisme, productive de plus-value pour la classe dominante qui a les pouvoirs sur l’usage de la forme argent de ce système : le capital et son besoin d’accumulation pour son renouvellement élargi à travers l’échange

A-M-A’ (Argent---Marchandise---Argent’ plus) .

Ceci dans un stade du mode de production où le mode de production entre de plus en plus en contradiction avec ses propres lois.

 

Lorsque Marx décrit la métamorphose du travail devenu capital et le fétichisme de la marchandise, la table devenue valeur d'échange, qui se met à « danser sur ses pieds », il ne fait que décrire le fonctionnement humain, social, de la représentation d’un objet tangible, et ce fonctionnement vaut pour tout objet au sens philosophique, objet concret comme objet abstrait, dont l’abstraction est une fonction du cerveau, de son accumulation mentale tirée de l’accumulation sociale.

 

L’industrie numérisée peut être traitée en tant que sa forme technique, comme la table en tant que valeur d’usage toute simple, ou sous sa représentation dans la pensée humaine dominée par la pensée capitaliste qui n’imagine pas un objet autrement que dans le fonctionnement du type de société actuelle.

 

Ce « traitement » de la pensée, de l’objet et dans ce cas de l’industrie numérisée baptisée pour l’occasion « ère hyper-industrielle » est ainsi une négation de l’objet et par la même occasion de ses méfaits dans un cas particulier, mais en aucun cas, la négation de la négation hégélienne et encore moins marxienne qui imagine une transformation progressive et de progrès pour la mettre en œuvre, un dépassement progressiste.

 

La "sublimation" d'un objet tangible, "concret", comme d'une pensée, d'un sentiment, si elle perd ses origines, les bases concrètes dont elle naît (la nature, le corps, la société etc.), n'est plus une sublimation, mais une régression religieuse d'une tentative de représentation de la réalité, et dans les limites de nos capacités d'espèce et de société. Et elle tourne à la moralisation  négative, sans issue en santé.

 

Il y a hyper-libéralisme qui marchandise toutes les activités humaines.

Il y a hyper-représentativité présidentielle qui confisque la démocratie marchande limitée d’une république qui refuse la démocratie du producteur, du « quoi et comment produire » et est en contradiction avec ses propres lois démocratiques parce qu’elle est en contradiction avec ses lois économiques.

 

Et il y a une industrialisation numérique massive tendant à l'hégémonie dans la production, qui coexiste avec des formes passées de la production, l'industrialisation "de main-d’œuvre" entre autre, pourvoyeuse première de plus-value. Une industrialisation numérique qui est confisquée par le capital qui l’a produite et qui refuse de passer à une démocratie du producteur pour préserver le profit capitaliste.

 

La religion est bien présente dans l’économie. C’est celle du profit et de l’accumulation capitaliste qui conduit à la crise systémique de suraccumulation-dévalorisation du capital et ses « remèdes » provisoires, les politiques austéritaires, les formes hyper-représentatives du pouvoir et ses tentations d’autoritarisme généralisé, de replis nationalistes.

 

L’échange du travail et des produits du travail, le développement et l’approfondissement des coopérations et des échanges, locaux  régionaux et nationaux, mondiaux entre grandes zones mondiales existantes et en développement, contient les possibilités de faire de l’industrialisation numérique la réponse en santé aux besoins humains en croissance et en complexification.

 

L’échange du travail et des produits du travail donne à l’humanité une unité dans la diversité, une conscience qui met en accord son développement avec son univers, la nature dont elle est le processus de conscience.

 

Quand à la « révolution managériale », elle va de pair avec le taylorisme qui répond aux besoins d’accumulation-concentration du capital et réduit en l’encadrant l’autonomie de pensée dans l’activité, et ses résultats, évidemment. L'ergologie et Yves Schwartz répondent par le processus illimité d'expérience et de connaissance du travail à cette question.

 

Pierre Assante, 03/06/2017 21:55:20

 

(1) Auteur de "La religion industrielle", interrogé par Pierre CHAILLAN dans l'Humanité du 2 Juin 2017.

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