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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 05:27
REPRISE du 29 juillet 2012 : Théories sur le travail productif et le travail improductif.(MARX)

29 juillet 2012

Théories sur le travail productif et le travail improductif.(MARX)

Présentation PAR le "blogueur":

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En quelques mots, Marx introduit ici les contradictions invivables entre une vision « robinsonesques » de la création des ressources, et celle d’une réalité de laquelle partir, et pour comprendre (pour les transformer) les ressources humaines dans leur processus, dans l’actualité capitaliste qui est la notre et sa généralisation mondialisée, informationnalisée d’où peuvent naître d’autres formes d’échange et de production, en aucun cas à partir d’une régression, ou en tout cas qu’après un retour de la régression vers une poursuite du processus d’échange et de production développé, reproduit, élargi.

On peut aussi considérer, qu’il y a là réponse (mais une "réponse" est-elle nécessaire, c’est plutôt une affirmation qui répond à ce besoin humain) à une critique du soi-disant « économicisme » du marxisme : c’est bien le lien entre la totalité de l’activité humaine, sa représentation, les cultures humaines et leurs diversités, et la base sociale des moyens de reproduction de l’humanité que fait Marx.

C’est à travers la critique de l’économie politique qu’il répond à l’état de l’humanité et au besoin de son développement en tant que conscience de la nature sur elle-même. Il n’y a pas chez Marx et le marxisme, d’un côté la philosophie, de l’autre l’anthropologie, de l’autre l’économie. Il y a ce que l’espèce humaine est apte à saisir dans sa totalité pour poursuivre son processus, et que la masse des activités « théoriques et pratiques » de chaque personne dans sa diversité, son histoire, contribue à y apporter.

Le négatif de la "vulgarisation" grossière du marxisme comme dans la "pensée unique" dominante dont découle cette "vulgarisation" grossière entre autre, laissons-le de côté, il nous est bien assez suffisamment servi et resservi par le capital au quotidien, dans le travail et le discours sur le travail, et dans son instrumentalisation de toutes les maladies humaines sociales, de toutes formes et de toutes sortes.

Pierre Assante, 28 juillet 2012

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Mais venons-en au plus sérieux :

"…..Tout ce que A. Smith a écrit nous a, jusqu’à présent, paru équivoque : il en va de même pour la définition de ce qu’il appelle travail productif par opposition au travail improductif. On trouve chez lui une confusion entre deux définitions de ce qu’il appelle le travail productif. Nous nous attacherons d’abord à la première, la seule qui existe.

1 C’est le travail productif, au sens de la production capitaliste, c’est le travail salarié qui produit de la plus value.

Le travail productif au sens de la production capitaliste, c’est le travail salarié qui, en échange de la partie variable du capital (de la partie du capital déboursée en salaire), non seulement reproduit cette partie du capital (ou la valeur de sa propre puissance de travail) (1), mais produit en outre de la plus-value pour le capitaliste. C’est la seule façon de convertir de la marchandise ou de l’argent en capital. Seul est productif le travail salarié qui produit du capital. (Ce qui signifie qu’il reproduit, en l’augmentant, la somme déboursée en travail ou encore, qu’il rend plus de travail qu’il n’en reçoit sous forme de salaire.) Seule donc la puissance de travail dont la mise en valeur est plus élevée que sa valeur.

La mere existence [l’existence même] d’une classe capitaliste, et par conséquent du capital, repose sur la productivité du travail, non pas sur sa productivité absolue, mais sur sa productivité relative. Par exemple, si une journée de travail était simplement suffisante pour conserver la vie de l’ouvrier, c'est-à-dire pour reproduire sa puissance de travail, le travail serait productif au sens absolu, parce qu’il serait reproductif, c'est-à-dire qu’il remplacerait sans cesse les valeurs qu’il aurait consommées (égales à la valeur de sa propre puissance de travail). Mais il ne serait pas productif au sens capitaliste, parce qu’il ne reproduirait pas de plus-value. (En effet, il ne produirait pas de valeur nouvelle, mais remplacerait seulement la valeur ancienne ; après avoir consommé la valeur sous une forme, il la reproduirait sous une autre. C’est dans ce sens que nous avons appelé productif un ouvrier dont la production est égale à sa propre consommation, et improductif celui qui consomme plus qu’il ne reproduit.)

Cette productivité est basée sur la productivité relative en ce sens que le travailleur ne remplace pas seulement une valeur ancienne, mais en crée une nouvelle et que dans son produit est matérialisé plus de temps de travail que n’en contient le produit qui le maintient en vie en sa qualité d’ouvrier. L’existence du capital est fondée sur ce genre de travail productif .

{Mais supposons que le capital n’existe pas et que le travailleur s’approprie lui-même son surtravail, le surplus de valeurs qu’il a créées et qui dépasse l’excédent des valeurs qu’il consomme. De ce travail seulement on pourrait dire alors qu’il est véritablement productif, c'est-à-dire qu’il crée de nouvelles valeurs.}…….(2)"

Karl Marx. Théories sur la plus value, Livre I, Chap. quatrième, sur le travail productif et le travail improductif. Rédaction 1861-1863. (Pour référence , « Le Capital, livre I est édité en 1867)

Note du « blogueur », PA. :

(1) Toujours relier cette réalité au niveau des forces productives du moment, à l’état culturel du moment (qui en découle en rapports dialectiques), etc.

(2) Pourquoi ne pas employer aujourd'hui le terme "producteur" dans ce cas pour le différencier de "productif" réservé à l'accumulation capitaliste ? Cela rejoindrait l'ergologie, la connaissance et l'expérience du travail nécessaire à la transformation de l'organisation du travail et de l'activité de la personne humaine sans laquelle il n'y a ni production ni transformation du mode de production. Le dépassement du capitalisme c'est aussi la transformation qualitative de l'organisation du travail, en unité avec la transformation économique et politique stricto sensu. Et l'employer dans tous les cas lorsqu'on exprime l'activité de production qui contient déjà dans le capitalisme son propre dépassement.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 18:30
Ce que dit Marx sur la période manufacturière en Angleterre.  Et ce que nous pourrions dire sur notre entrée avancée dans la mondialisation informationnalisée...(et AVEC citation ajoutée)

Ce que dit Marx sur la période manufacturière en Angleterre.

Et ce que nous pourrions dire sur notre entrée avancée dans la mondialisation informationnalisée

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Ce que dit Marx sur la période manufacturière en Angleterre, puis l’industrialisation, on pourrait le dire relativement sur les forces productives de notre temps, pour l’informationnalisation dans le monde.

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Plutôt que de répéter ce qu’il dit, je préfère renvoyer au Capital, Livre I. Chap. XII, « division du travail et manufacture », quatrième éditions allemande, pages 410-415, et ses notes sur la Grèce antique, PUF, 2006 (1). Mais on peut lire la suite sans cela...

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A charge de chacun de chercher les différences et les similitudes relatives induites par les nouvelles forces productives, tant sur le plan de l’organisation du travail que des comportements au travail et hors travail, hommes, femmes, enfants, cité….

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Compte tenu du décalage entre la rapidité croissante de l’évolution scientifique et technique et de sa mise en pratique d’une part et du temps générationnel quasiment fixe d’autre part, et en les mettant dans le paysage des transformations de la société humaine à travers les observations et constatations que nous pouvons faire, l’histoire peut nous sembler de l’ordre du déterminisme.

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Cette apparence de déterminisme est trompeuse, il me semble, car elle ne rend pas compte de la transformation qualitative qui fait de deux situations qui se ressemblent deux réalités différentes dans le processus social, que Marx imageait avec la forme de la spirale et que Ernst Bloch reprend dans « Rotation-élévation » et ses « Figures (figurations processuelles) comme catégories de manifestation. Leur pluralisme et ses critères : mesure et but », Expérimentum Mundi, Payot 1981. Mais on peut lire la suite sans cela...

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Il y a donc analogie relative entre manufacture puis industrialisation, nationale, en Angleterre et début de l’informatisation de l’industrie, mondiale, puis automation industrielle informationnalisée (1).

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On peut situer la première, la manufacture, nationale, dans le XIX° et son plein développement dans l’industrialisation dans le XX° siècle, comme on peut situer le seconde, l’informatisation, mondiale, dans la fin du XX° et son plein développement dans l’informationnalisation, l’automation informationnalisée dans le XXI° siècle.

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On peut comprendre aussi que dans les conditions de reproduction matérielle et morale de la société à la fin du XIX° comme à la fin du XX°, la reproduction du mouvement ouvrier a vécu relativement non sur la base des transformations en cours mais sur la base de la réalité et situation « acquise », ce qui n'est pas encore fini mais tend partiellement à finir....

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Il est plus difficile de sortir d’une « normalité globale » forte acquise que d’entrer dans une nouvelle, la conscience étant généralement en retard sur la réalité.

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En quelque sorte on pourrait dire que nous sortons de la « nouvelle période manufacturière qualitativement nouvelle » pour entrer dans la « nouvelle période industrielle, qualitativement nouvelle » : l’informationnalisation mondialisée ses structures et superstructures, bases de productions et institutions, son histoire particulière et son processus social particulier dans le processus social marchand millénaire et dans le processus général d’humanisation, millionnaire en années.

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Car ces 2 couples de périodes ne sont que parties de la période industrielle comme la période industrielle est partie du processus général de production des biens « matériels et moraux » nécessaires à l’homme. Ici aussi je renvoie aux concepts anthropologiques issus du mouvement de pensée initié par Marx et son temps, dont l’ergologie, l’expérience et la connaissance du travail marque une nouvelle étape, avec sa naissance récente, les voies qu’elle ouvre (et les errements ordinaires éventuels de tout système de concepts nouveau), particulièrement dans le développement d’une société qui aura dépassé l’échange A-M-A’, la mesure quantitative marchande d’échange, au profit de la reconnaissance des « valeurs sans dimension » de l’activité humaine.

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Le développement du capitalisme l’aura permis en développant les forces productives et productrices, et en créant une quantité de surproduit en masse et ses marges croissantes d’échange de valeurs d’usage libérées de la mesure quantitative marchande, c’est à dire de la pénurie, et fertile en développement impétueux de la coopération.

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Evidemment, développer cette idée de l’analogie apparente mais relative de deux couples de périodes ne dispense pas de l’essentiel : comprendre le processus de la mondialisation informationnalisée, l’évolution de ses structures et superstructures et sur quels éléments de la réalité agir pour poursuivre en santé notre processus humain, dans la multitude de possibilités apparentes et énigmatiques qui se présentent à nous, que nous pouvons d’ores et déjà observer ou pas.

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Parmi ces réalités, il y a le rôle, la forme et l’essence du système financier actuel, son mouvement, ses limites, le "novum" qu’il contient, pour transformer l’ancien en nouveau à développer.

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Mais je ne suis pas économiste, et le peu que j’en sais j’essaie de l’utiliser dans le domaine philosophique et politique, ce qui ne devrait pas être inutile.

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NON, je ne me prends pas pour Nostradamus, mais j’essaie de comprendre pour agir collectivement en conséquence.

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J’ai cherché ces « similitudes » pour mieux comprendre et expliquer aujourd’hui.

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Pierre Assante, 9 octobre 2015

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(1) Page 413, « …Pendant la période manufacturière proprement dite, c'est-à-dire pendant la période où la manufacture représente la forme dominante du mode de production capitaliste, de multiples obstacles viennent s’opposer au plein épanouissement de ses tendances profondes. Bien qu’elle crée, comme nous l’avons vu, à côté de la hiérarchie existant entre les travailleurs, une séparation simple entre travailleurs qualifiés et travailleurs non qualifiés, le nombre de ces derniers reste très limité du fait de l’influence prédominante des premiers. Bien qu’elle adapte les différentes opérations spécifiques aux différents degrés de maturité, de force et de développement de ses organes de travail vivant et quelle pousse ainsi à l’exploitation productive des femmes et des enfants, cette tendance échoue néanmoins dans l’ensemble à cause des habitudes et de la résistance des travailleurs hommes… »

Cela, « l’équivalent » dans la période initiale de l’informationnalisation, c’est en France dans les années 1960-1970, par exemple, le passage du tour manuel au tour numérique, puis son abandon pour la chaîne automatisée qui elle est l’entrée dans l’informationnalisation à maturité, en comparaison à l’entrée de la manufacture dans la grande industrie mécanisée.

Dans la première période, les traditions de luttes ouvrières et le rapport de force du salariat qui a marqué les grandes luttes et le progrès sociaux des « 30 glorieuses » vont se heurter au recul de cette classe ouvrière qualifiée (par exemple la chute de l'organisation politique du PCF dans l'entreprise), et le besoin pour le mouvement ouvrier de passer à la nouvelle phase de développement (nous y sommes), pour nous aujourd’hui le capitalisme informationnalisé et mondialisé à dépasser dans un autre mode de production et d’échange, la libération du travail contraint (la vente de la force de travail) et l’organisation nouvelle et coopérative de l’activité humaine.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 09:02
PALESTINE. Reconnaissance ! 10 octobre 2015 à Paris.

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CI-DESSOUS LES SIGNATAIRES DE L'APPEL

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PALESTINE. Reconnaissance ! 10 octobre 2015 à Paris.
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 13:26
ECONOMIE MONDIALE. L'ONU tire de signal d'alarme

ECONOMIE MONDIALE. L'ONU tire de signal d'alarme : cliquer sur l'image pour agrandir

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 12:10
Extrait de mon article sur "J'aime mon travail si j'en décide".

....L’activité créatrice humaine pour répondre aux besoins humains se heurte à la vente de la force de travail, condition imposée à l’activité. Cette contradiction est parvenue au paroxysme....

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....Certes la vente de la force de travail passe par des formes complexes correspondant à l’état des forces productives dans la mondialisation informatisée et globalisée, mais reste intacte sur le fond.

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Si cette contradiction issue de la vente de la force de travail est parvenue au paroxysme, il n’y a pas là motif à désespoir, au contraire.

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Ce paroxysme dans cette situation apparemment sans issue, appelle à la solution qui à mon avis émergera de l’incohérence imposée à l’activité qui elle travaille à sa propre résolution, en continuité et en saut dans la continuité.

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Et ça, résoudre la question de la vente de sa force de travail pour vivre, c’est un sacré saut, qui a d’ailleurs commencé à l’intérieur du processus contradictoire, progressivement et radicalement, sans quoi …il n’y aurait plus d’activité !

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L’existence de « résidus » massifs encore majoritaires « d’emploi de main d’œuvre », en particulier dans les économies dites « émergentes » cache la réalité des forces productrices nouvelles, leur niveau d’automation et le niveau d’échange des données de recherche.

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La réalité des forces productrices nouvelles se heurte d’ailleurs au maintien de ces « résidus » massifs « d’emploi de main d’œuvre », qui lui-même reste la condition de la création de plus value à un niveau permettant le maintien du système économique actuel, celui du capital.

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Il y a bien là un nœud à résoudre entre la réalité des forces productrices nouvelles et la réalité du système économique....

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Pierre Assante, 2 octobre 2015.

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Voir Aussi "LA METAMORPHOSE DU TRAVAIL" SUR ESPACES MARX :

[PDF]Assante - Espaces Marx

www.espaces-marx.net/IMG/pdf/contribution_P-Assante.pdf

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et DIVERS AUTRES TEXTES SUR ESPACES MARX :

http://www.espaces-marx.net/spip.php?auteur39

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 00:06
MARCHE. Des marcheurs convergeront sur Bruxelles lors du prochain sommet européen du 15 au 17 octobre pour dire NON à la pauvreté , à la corruption , au traité transatlantique (TAFTA).

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 00:46
L'HUMANITE  02.10.15. Yvan Lavallée
L'HUMANITE 02.10.15. Yvan Lavallée

La nouvelle injonction : Innovation

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Ça fait partie des éléments de langage ou plutôt de propagande qui nous sont serinés à longueur d’antenne, de discours officiels et d’écrits de doctes économistes, mais de quoi s‘agit-il dans cette société capitaliste en transition numérique ?

L’innovation, c’est la transformation d’une idée, plus ou moins originale, en source de profit c’est le business innovant en bref, c’est être plus compétitif que «l’autre» pour faire du profit sur un court laps de temps.

Mais pourquoi l’innovation fait-elle courir ainsi nos élites ?

Si on y regarde d’un peu plus près, innovation renvoie à valeur d’usage dans deux contextes assez différents, mais avec une même cause, la transition numérique à l’œuvre.

Le premier contexte, historique, est celui de la production d’objets palpables, obtenus par transformation de la matière, comme les automobiles par exemple.

Pour l’essentiel tout ce qui est objet (palpable) de consommation courante

peut être produit sans, ou très peu, d’intervention humaine, automatiquement, c’est-à-dire sans -ou très peu- d’intervention de la force de travail humain, et donc à valeur

d’échange quasi-nulle.

Le degré d’automatisation de la production de ces marchandises est devenu tel que le taux de profit y tend vers zéro, il y a de moins en moins de force de travail humain à exploiter, et dans une même catégorie, plus rien ne distingue fonctionnellement une voiture d’une autre, ce qui fait que la valeur réelle d’un tel produit, c’est son coût de production matérielle, et la concurrence aidant, le prix y tend, si ce n’est telle ou telle innovation qui permet d’obtenir un avantage concurrentiel lequel sera toujours très bref. Encore faut-il que cette innovation rencontre un public, d’où une économie de l’offre (1). L’innovation c’est une valeur d’usage au service de la valorisation du capital lorsque le taux de profit est quasi nul (c’est-à-dire que le profit se fait de moins en moins sur l’exploitation de la force de travail), c’est un marqueur de la dégénérescence de la société capitaliste industrielle.

Le second contexte, c’est celui d’internet où l’investissement matériel des opérateurs est quasi nul, c’est la puissance publique qui est sommée d’investir dans les infrastructures qui représentent, elles, un investissement colossal.

En informatique, et donc sur internet, ce qu’on manipule, ce sont des données.

Données et innovation : les données possèdent une double nature, à la fois armes concurrentielles et supports d’activités. Les données en tant que connaissance et éléments de pouvoir, c’est là leur valeur d’usage, deviennent marchandises. Le support physique et logique en est les réseaux en général, internet en particulier et les plateformes logicielles qui y résident les acteurs, ce qui autorise à parler d’un capitalisme de plateformes. On peut alors optimiser «la vente», déployer des activités radicalement nouvelles ou/et prendre la place d’acteurs économiques déjà installés. La spécificité de la marchandise «donnée» c’est qu’elle n’a quasiment qu’une valeur d’usage. Une donnée est d’abord recueillie, «produite», elle sera ensuite actualisée régulièrement. Elle peut alors être multipliée automatiquement. Du point de vue de celui qui en assure l’accès, comme pour celui qui en use, elle atteint une valeur unitaire marginalement nulle. Ce qui encourage sa diffusion et au-delà des usages multiples à partir des informations qu’on peut en tirer. D’où le maître mot innovation, il faut à la fois constamment renouveler et accroître les données afin de faciliter le développement d’activités nouvelles potentiellement sources d’usage de produits marchands, donc innover constamment.

Sur internet, l’innovation est produite par les internautes, d’où la nécessité de «libérer» cette capacité à innover vite, et accroître la rapidité de circulation, tout en cassant

tous les cadres légaux susceptibles d’entraver cette innovation, et en particulier les cadres dans lesquels le capitalisme de la phase industrielle s’est développé et qui a aussi été façonné dans notre pays par les luttes de classe du monde du travail. Et voici monsieur Macron pourquoi votre fille est muette.

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Yvan Lavallée, l'Humanité, 2, 3, 4 octobre 2015

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(1) A contrario d’une économie de satisfaction des besoins, c’est fondamentalement une économie de gaspillage.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 06:48
Bravo pour le site « CAMBIAILMONDO ». Europe et Euro.

Bravo pour le site « CAMBIAILMONDO ».

Je le lis chaque jour et je suis intéressé par les différents points de vue qui s’y expriment et les diverses visions de l’Italie et du Monde, qui nous sortent du son de cloche dominant.

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Je fais une petite remarque sur un point développé par des participants à ce site en donnant succinctement ma façon de voir sur la question de l’Europe et l’Euro :

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Comment peut-on penser que le capital serait plus clément avec une Grèce, une Italie, une France qui reviendrait à la monnaie nationale ou-et sortiraient de l’Union Européenne ?

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Les mêmes moyens seraient employés par la Troïka (Fond Monétaire International, Banque Centrale Européenne, Commission Européenne non élue), agissant de l'intérieur comme de l'extérieur pour assécher les finances nationales, couper le robinet de la monnaie à la population, la priver des moyens d’échange et de production pour la faire plier encore plus facilement que par des armes.

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C’est ce que la Commission Européenne non élue a commencé à faire pour obtenir une reddition partielle après le référendum grec.

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Revenir à, aux la monnaies nationales, c’est déclencher une guerre des peuples à travers une guerre des monnaies.

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La dictature de la Commission Européenne consiste à empêcher toute politique anti-austérité de la part de tout gouvernement de gauche « radicale », et d’empêcher la constitution de forts rassemblements politiques PROGRESSISTES majoritaires dans les diverses nations et au niveau européen lui-même.

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La dictature de la Commission Européenne consiste à empêcher la constitution d’une Europe Confédérale des nations constituées historiquement et EN MOUVEMENT et des régions dans la nation.

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La dictature de la Commission Européenne consiste à empêcher la coopération, à empêcher la coopération de se développer contre la compétition.

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La dictature de la Commission Européenne consiste à permettre au système financier actuel de poursuivre la politique du capital et de ses hommes.

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Il ne s’agit pas de casser le système financier comme les Canuts cassaient les nouveaux métiers à tisser plus « performants » qui les mettaient au chômage et baissaient leurs salaires, mais de le transformer « du local au global », et lui permettre économiquement et politiquement d’investir dans les besoins humains et non plus dans la spéculation et le pillage du monde.

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Casser le système financier ce serait casser la circulation des échanges vitaux entre les humains : remède pire que le mal !

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Et si la Grèce n’a pas été expulsée de la zone Euro et de l’Europe par Shauble et consort, et qu’elle a obtenu 85 milliards d’Euro, qu’elle pourra (peut-être) utiliser pour son développement, c’est qu’il existe quand même des forces comme le Parti de la Gauche Européenne, Syriza, Podemos, etc. et des partis de transformation sociale tel que le Parti Communiste Français et d’autres et un mouvement ouvrier et populaire pour peser encore suffisamment et influencer les décisions politiques et les contrer relativement : forces en développement nouveau !

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Certes le rapport de force et la solidarité organisée des peuples européens ont été insuffisants pour faire reculer la Troïka par rapport aux luttes populaires en Grèce.

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Mais le rapport de forces en Europe, nous pouvons le faire grandir pour un développement des peuples et nations dans une Europe en tant que zone économique et culturelle suffisamment pertinente dans la mondialisation informationnelle qui est la réalité du monde aujourd’hui.

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L’humanité est comme un enfant qui grandit. On ne peut le faire redevenir plus petit. Mais on peut le soigner et l’aider à se développer en santé.

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Si la Commission Européenne non élue n’est pas allée jusqu’au bout de ses intentions contre la Grèce, malgré les apparences, c’est quelle sait qu’en asséchant totalement un membre du corps européen, elle aurait aussi porté un coup aux mécanismes du capital : contradiction qui fait partie des éléments du rapport de force qui joue en faveur de la lutte pour une autre Europe que nous voulons.

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Une chose essentielle est de vouloir ce changement du système financier. Autre chose essentielle est de créer le savoir populaire capable de gérer un autre système financier au service des peuples. Se former, c’est aussi la clef du changement !

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Pierre Assante, Jeudi 1er octobre 2015

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 16:43
Sophie Camard et Jean-Marc Coppola
Sophie Camard et Jean-Marc Coppola

Sur le blog de Marie Françoise PALLOIX :

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Nous sommes heureux

d’annoncer officiellement

aujourd’hui

la naissance de la liste

« Pour une Région-Coopérative, Sociale, Écologiste et Citoyenne,

avec Sophie Camard et Jean-Marc Coppola »,

pour les élections régionales

des 6 et 13 décembre 2015

en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

*

Retenez bien le nom de cette liste, elle va faire parler d’elle.
Très proche de nous et de nos préoccupations,
elle ne peut que nous rassembler
:

« Pour une Région-Coopérative,Sociale, Écologiste et Citoyenne. »

*

Lire la suite ici ou sur ce lien :

https://corvasce.wordpress.com/2015/09/29

/elections-regionales-2015-

conference-de-presse/

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Ce que la Région dans la Nation et dans l’Europe
pourrait modifier d’une
façon
progressiste :

Il y a les périodes d’accumulation théorique correspondant à l’essor d’un système social ou d’un moment particulier d’un système social et de l’essor de ses contradictions.

Et puis il y a le moment des travaux pratiques. Certes les choses ne sont pas séparées comme cela, mais il y a de cela dans tout moment historique. Il en est de même de l’individu comme de la société dans laquelle il vit.

Et il y a quelque chose de décevant et quelque chose d’enthousiasmant dans les travaux pratiques économiques et sociaux d’une société en transformation. Décevant parce que le moment de la réflexion semble dépassé et effacé dans l’action, enthousiasmant parce qu’on met en pratique ce à quoi on a pensé de mieux pour le futur.

Tant vis à vis des solutions économiques à la crise et des solutions civilisationnelles qui vont de pair, le moment de transformation et du saut dans le processus continu de civilisation est atteint, avec ses difficultés et ses espoirs.

La modification des scénarios politiques traditionnels fait partie de ces difficultés et espoirs, mais le substrat légué par les luttes populaires et les analyses ouvrières constitue un outil essentiel.

Oui, un outil essentiel, un bon bagage à ne pas négliger pour ce qui est du domaine à la fois large et limité de ce que la Région dans la nation et la nation dans l’Europe peut modifier d’une façon progressiste, si tant est que le contenu et la volonté des modifications soient à un niveau suffisant (1) correspondant à la réalité du monde nouveau et partant de ce qu'il est, tel qu'il est, mondialisé et informatisé dans son travail et toutes ses activités.

Monde mondialisé et informatisé ne veut pas dire uniformisé. Multitude et Diversité en quantité et en qualité des activités constituent une résistance à une mondialisation capitaliste inhumaine. La vie ne peut se passer de Multitude et Diversité en quantité et en qualité. Et la vie se serait éteinte si cette Diversité avait été vaincue totalement par l’échange en capital.

Un moment à la fois large et limité de ce que la Région dans la nation et dans l’Europe peut modifier est peut-être contenu dans cette nouvelle ci-dessous :

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Pierre Assante, 30 septembre 2015

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(1). Un extrait de l'entretien de Sophie Camard et de Jean-Marc Coppola sur l'Humanité de ce jour :

Jean-Marc Coppola : "...lier bataille sociales et batailles environnementales, ce qui signifie notamment de nouveaux modes de production dans les entreprises avec des aides publiques conditionnées à des critères économiques et sociaux. Et de s'en donner les moyens en créant, par exemple, un fond d'investissement régional pour les TPE et les PME..."

Sophie Camard : "...Nous prenons nos responsabilités en allant à la rencontre des citoyens avec un projet et des propositions pour les mobiliser pour leur dire que tout n'est pas perdu en politique. Il faut être modeste et responsable. On ne fait pas le deuxième tour avant le premier, une logique de mobilisation est nécessaire..."

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 16:37
Jean Pierre BELMON
Jean Pierre BELMON

Èra tot bèu just sepelit Joan Saubrement, que nos tombava la novèla de la despartida dau brave collèga Joan-Pèire Belmon, dalhat lo 25 de setembre per la mema òrra malautiá. Èra naissut a Marselha en 1952.

Lo rescontèri lo premier còp, Joan-Pèire, au mitan deis annadas 70, podriáu pas dire la data justa, en cò de Jòrgi Reboul. Se me ramenti ben, parleriam d’un projècte qu’aviá de far un jornau occitanista. Me demandèt d’i collaborar. Foguèt « La Bugada » aqueu jornau, que d’annadas de temps te faguèt una brava bolegadissa.

A aqueu moment èra encara mèstre d’escòla Joan-Pèire. Mai èra pas fach per aquest mestier e s’endraièt puei dins l’audiovisuau qu’anava mièlhs a son biais. D’en premier a Radiò França Vauclusa en 81, venguda puei Radiò Blau Vauclusa, e plus tard, per badat, a l’emission televisada « Vaquí » de França 3 Mediterranèa. Son totei lei parlars occitans de Provença que posqueriam ausir aquí, valent a dire, tot lo pòple nòstre que posquèt presentar son parlar. M’es agut arribar de participar ambé Joan-Pèire a d’emissions televisadas e tirèri totjorn de gròs profiechs de son professionalisme.

Òme de television e de radio, èra tanben un escriveire que gaubejava una lenga castigada tot estent populara. E amb aquò, una modestia e una dubertura d’esperit que li permetiá, tot servent seis idèas, d’aver de discussions ambé tot lo monde e mai lei gents !

Es aquò, e la fe dins l’umanitat, que lo butèt de prene a sa retirada, fa tres ans, lei destinadas dau Centre d’Etudes de la Parole d’Oc (CEP d’Oc), as Ais-de-Provença. Aquí, au caire d’un molonàs de realizacions coma de videòs per donar d’exemples de lenga viva, teniá un autre molonàs de projèctes per l’avenir. E dins un mèl mandat fa gaire, a Maria-Joana Verny, dau temps qu’èra espitalizat e qu’ai sota leis uelhs, t’aviá previt dins sei projèctes d’organizar au mes de janvier de 2016, una jornada sus lo romavatgi dei trobaires d’Ais de 1853 : n’aviá ja bastit lo debanament, eu que maugrat lo mau que lo rosigava cresiá dins l’avenir de la cultura nòstra e contunhava la lucha.

Adieu Joan-Pèire, que sabi pron que nosautrei dos se rescontrarem jamai dins leis astres, mai que tu auràs obrat per lei fremas e leis òmes d'aquest país.

Glaudi BARSOTTI, 30 de setembre 2015

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Dins lo CA du CREO de la fin deis annadas 70 e debuta de 80, que n'èri secretari, eriam pròchi per lo vejaire e lo sentit. E tanben après un molon d'annadas quand veniâs faire teis emissions dins lo canton a Marselha.

Me rementi nòstra emocion comuna quand te rampelèri per la batesta deis obriers qu'ocupavan l'usina de La Madraga, l'a quatre annadas, e tanben la tièuna a costat deis obriers de la SNCF coma a la tele.

E ton amor dei personas que t' aviân fa vèire un esperit de solidaritat coma lo tiâu, e pas solament per la lenga e la cultura, mais per la vida quotidiana e l'avenir de la populacion.

Joan Pèire, "Parlaras encar ai gabians escambarlant lei nivas" cada còp que leis ausirai, e de tot, qu'eras tanben lo poeta que rescontrava Bellaud, Rimbaud, e lo paure "Tonin" e tant d'autres qu'aimavas, que coma tu "tancava lo punh finau a l'òrle dei matins", laissant de que obrar a aquelei que restan.

Pèiron Assante, 30 de setembre 2015

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Despartida de Joan-Pèire Belmon, dalhat lo 25 de setembre. E un poema de Joan Pèire : "lei gabians".

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 06:15

2013 05 03 005

Article déjà publié sur ce blog le 20 décembre 2014

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MUTATION ?

 

Il n’y a pas nécessité de déstructuration d’une société pour qu’elle poursuive une évolution en santé.

C’est ce qu’exprime en creux (et en bosses !!!) le malaise de l’humanité et que les mouvements dogmatiques tentent de récupérer aux « deux bouts » des objets sociaux, humains, en n’obtenant rien d’autre qu’un pourrissement graduel en accélération.

 

Certes, comme nous en font la démonstration Hegel dans sa philosophie en tentant de sortir du conservatisme  spéculatif et Marx en y réussissant par son renversement à partir des besoins humains traités par les humains et non par l’héritage divin, monarchique et du chef (D’entreprise, entre autres chefs !), il y a à la fois continuité et saut dans un processus. Ce qui est tout différent d’un grand soir.

 

L’accumulation, quelle qu’en soit la lenteur ou la rapidité (c’est relatif !) ne peut être que progressive. Les sauts violents ont la qualité d’être périlleux, surtout s’ils ne réservent aucune réserve de diversité (1) aux innombrables composantes d’une société, qui elles sont diversissimes et se trouvent dans la contrainte du même péril « choisi » (2).

 

Les sauts qualitatifs contiennent et sont contenus dans l’accumulation progressive renouvelée.

 

L’usage du terme « mutation », terme originellement d’ordre biologique et non social, reflète cette difficulté d’imaginer, de projeter une transformation d’une autre qualité que le remplacement d’un despotisme par un autre despotisme, ce qui a été le modèle des révolutions depuis l’instauration millénaire de la société de classe, de la société marchande et des dominations  successives des détenteurs de la richesse jusqu’à aujourd’hui dans le capitalisme monopoliste mondialisé, informationnalisé.

 

La transformation progressive ne peut échapper à la lutte des contraires de laquelle nait un état nouveau. Mais l’état nouveau d’une société pensante et consciente, d’une conscience en processus n’est pas un état nouveau biologique, même s’il contient bien sûr la base minérale et biologique de toute espèce vivante et pensante.

 

Tout mouvement de la nature a une forme particulière dans la forme générale. Le mouvement de la société n’est pas un mouvement de mutation. Le terme mutation est un terme dogmatique, même si telle n’est pas l’intention de son utilisateur.

 

Mais l’essentiel n’est pas le choix d’un terme, même s’il reflète un état. L’essentiel est le contenu sémantique du terme et le lien qu’on fait entre lui et la réalité du mouvement, l’entrée en profondeur d’une vision du mouvement, le processus de la conscience dans l’observation du mouvement, et la constitution d’une expression collective et consciente d’un processus inconscient « au départ », toujours en avance sur la conscience.

 

Pour ce qui est du dogmatisme « mutationnel », je donnerai en France la médaille de la déstructuration sociale à Denis Kessler (3), initiateur des Sarkozy, des Valls et des Macron.

 

Mais c’est lui faire trop d’honneurs. La médaille générale revient de droit à l’orchestre Capital U.S.-C.I.A.-FMI.

 

Leur transformation (Aufhebung –Terme allemand utilisé par Marx : remplacement par transformation, destruction-continuité) est donc au cœur du besoin mondial de transformation en santé.

 

Ce n'est pas une "mutation" vers laquelle la multitude des mouvements devraient converger (4). C'est de la cohérence sociale en conscience, en processus nécessaire à atteindre qu'il est question (5).

 

Pierre Assante, 20/12/2014

 

(1) « Réserve d’alternatives » dirait Yves Schwartz ce qui est bien autre chose qu’une transformation prescrite par ceux qui tiennent le pouvoir sur la prescription et étouffent  la transformation en santé et le développement des besoins de transformation en santé. Réserves d’alternatives, qui comme le terme l’indique existent dans l’activité de l’humanité, et qu’il faudrait développer en santé, dans la recherche de cohérence de la personne incluse dans la recherche de cohérence du collectif, le collectif local, régional et général de production et de reproduction des besoins, leurs satisfactions, donc la production au sens strict, dans les « entités collectives relativement pertinentes » que sont les « entreprises » publiques et privées, mais encore de « droit monarchique » du travail.

 

(2) Lénine recommandait, peu avant sa mort un travail lent de transformation  de la paysannerie par elle-même pour constituer une accumulation primitive, réflexion que les difficultés et les échecs de la révolution inspiraient (à l’instar de la N.E.P.), recommandation foulée au pied par les tenants de ce qu’on appelle le stalinisme, comme tant d’autres « recommandations » et quelquefois à leur corps défendant, sous la pression du despotisme dictatorial et de l’inexpérience qu’il contient.

Ceci n’est pas un propos antirévolutionnaire, l’histoire passe toujours par l’inexpérience (c’est une lapalissade), et la classe ouvrière russe, l’homme producteur russe local, et ses interprètes organisés (c’était la situation historique !) étaient dans la situation de mener leur action dans les conditions de temps et de lieu. Je ne pense pas que la bourgeoisie russe aurait été merveilleusement démocratique. Mais là où l’erreur est grande c’est lorsqu’il n’est volontairement pas tenu compte de l’expérience, ceci pour satisfaire des visées personnelles…

 

(3) Dégénérescence de l’inventivité entrepreneuriale mulhousienne de la révolution industrielle… ?

 

(4) Au tournant de chaque expression de ce texte se cachent et des erreurs et des malentendus. C’est le lot de toute communisation et de ses outils humains rudimentaires, même lorsqu’ils sont travaillés au plus fin possible. Si une communication ouvre des sentiers, qui seront à piétiner et re-piétiner pour en former d’autres, c’est une grande victoire sur soi-même et une petite victoire humaine.

 

(5) L’histoire, l’aboutissement, les limites de la société marchande se confondent avec l’histoire de la mesure de la valeur. Quelle issue à ces limites ?

 

« …Désubalterniser le travail n’est donc pas chose facile. Et les exemples sont légions où le champ des forces productives sera rabattu sur une conceptualité purement économique, ou technologique…ou autre...

...Evaluer les véritable dimensions du travail ne saurait à nos yeux laisser à ce concept le statut d’un indéfini……

...L’extrême difficulté est de tendre à un mode de connaissance du travail qui conserve de cette visée de connaissance l’ambition de conceptualisation qui lui est propre, sans jamais s’enfermer dans un champ qui mutilerait son espace indéfini de capillarité...

...C'est-à-dire nouer dans un même effort, l’ambition de dimensionner et la pression à dédimentionner l’activité concrète des hommes au travail…

...Cela est-il possible ? Quelles sont les « dimensions du travail ?... »

 

Yves Schwartz, « Expérience et connaissance du travail », P. 408, Ed. Sociales, 1988. Les Editions sociales viennent de republier cet ouvrage augmenté et postface, 2012. 

 

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 13:23
27 SEPTEMBRE 2015 : Pietro INGRAO EST MORT. "Si nous ne sommes pas d'accord sur un modèle d'analyse, comment pouvons-nous être d'accord sur ce qu'il faut faire ? Pietro Ingrao, 1996".

"Si nous ne sommes pas d'accord sur un modèle d'analyse, comment pouvons-nous être d'accord sur ce qu'il faut faire ?"

Pietro Ingrao, 1996 (LIRE ici ou lien ci-dessous)

http://pierreassante.fr/dossier/

Pietro_Ingrao_est_mort.pdf

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 00:00
L’Office Public de la Langue Occitane est lancé (1)

L’Office Public de la Langue Occitane est lancé (1)

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Ambe la comission culturala regionala dau PCF, que n'eri secretari, a passat temps, dins les annadas 1870-80, avem fach batalha de lònga per una institucion culturala inter-regionala de la cultura dÒc et vaquí que neisse l'Office Public de la Langue Occitane. Osca !

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Coma siáu pas tròp assabentat dins lo detalh, estent que seguissi plus ben totei lei eveniments e lo monde militant d'Oc, per de rasons de santat e per mon temps (72 annadas), e qu’emai pensi qu'un ofici es fòrça ben mai depend de la tòca que li es donada e dau monde que se n'entreva, me pausi aquestas questions que chascun se pausarà per faire avançar la cultura d’Òc.

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* Quina fuelha de rota amb definicion dei missions ?
* Que mejans financièrs ?
* Que mejans umans ?
*Quina garantida de democracia dins l'atribucion dei me
jans ?

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Farà pas avans, la cultura d’Òc s’es pas ligada ai problèmas quotidians de la vida e en particulier a la question dau trabalh, de l’empleg, de la crisi de produccion e dau sistèma de produccion e d’escambi, e dei mejans per n’en sortir, aquì e dins lo monde.

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Disi pas aquò per redusir lo militantisme culturau a l’economia o a la politica, mai perque coma faire viure una cultura se laissam morir lo monde que la pòt sostenir, « lo baston que la dèu sostenir » ?

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Pèiron Assante, 24/09/15

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(1) La convention qui constitue la création d’un Office Public de la Langue Occitane vient d’être validée par l’Etat ce 18 septembre, nous informe le Conseil Régional d’Aquitaine.
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L’arrêté publié au Journal Officiel de la République Française, en le publiant, acte la signature de l’Etat, et par là-même la création de cet organisme multirégional destiné à impulser et soutenir les actions en faveur de la langue d’oc.

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 05:43

ARAGON-FERRAT-au-bout--jpg

 

 

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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 07:30
EUROPE NATIONS REGIONS TERRITOIRES COMMUNES.  Pour une Europe confédérale sociale et autogestionnaire des nations et leurs régions contre une Europe fédérale centralisée, néolibérale et autoritaire, des régions vouées à la finance, déjà en construction avancée.

EUROPE NATIONS REGIONS TERRITOIRES COMMUNES.

Pour une Europe confédérale sociale et autogestionnaire des nations et leurs régions contre une Europe fédérale centralisée, néolibérale et autoritaire, des régions vouées à la finance, déjà en construction avancée.

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A. Etat apparent et état réel

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A1. Il faut soigner un état des choses tel qu’il existe et non comme on voudrait qu’il soit.

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A2. Ce qui fait la différence entre les comportements politiques (et autres), c’est la croyance à une crise cyclique passagère ou au contraire à une crise cyclique longue transformée processuellement en une crise systémique de longue durée indépassable sans transformation graduelle et radicale du système.

La question centrale dans les analyses est celle de la suraccumulation-dévalorisation du capital et ses conséquences et choix dans la vie économique, la vie quotidienne des peuples et des personnes, de l’ensemble des entités humaines constituées, entre autre et surtout de production, des mentalités que ces choix induisent dans toutes les activités humaines dans leurs riches diversités.

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A3. nous sommes dans une Europe fédérale autoritaire des régions.

A3 a) fédérale et autoritaire parce que les plus importantes décisions sont prises directement par la Commission Européenne et que le parlement européen et les parlements nationaux ont un rôle très réduit dans ces décisions. D’aucun prétendent que ces décisions découlent des orientations du Parlement mais à y regarder de près, la commission agit en interprétant et adaptant ses décisions aux besoins de la finance internationale qui domine la production, la politique, les institutions, la communication.

A3 b) fédérale autoritaire des régions par exemple parce que la réduction des moyens financiers nationaux est compensée de plus en plus, et à un niveau global relativement plus bas en moyens, par les crédits européens et que la politique des régions est sous la coupe de l’orientation générale dictée par la commission. Cette orientation, de plus, va à l’encontre des particularités, des besoins particuliers d’une région et l’aligne sur la politique néo libérale globale au paroxysme, y compris en matière d’autonomie culturelle, n’en déplaise aux illusions institutionnelles que l’on nous sert et dont certains dans les mouvements régionalistes font leur pain béni, mais la bénédiction est sans pain….

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B. Nous voulons une Europe confédérale des nations.

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B1. Nous voulons une Europe confédérale des nations au lieu d’une Europe qui refuse la démocratie si ce n’est pour dire des NON(S) qui ne sont pas respectés, des nonS, des contreS (sans POUR(S) constructifs et progressistes) qui font le lit de nationalismes d’extrême droite en réaction aux régressions et impuissances des peuples à construire.

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B2. Une Europe confédérale des nations suppose

B2 a) des institutions qui ne soient plus calquées sur les besoins du capitalisme monopoliste d’Etat instituées par le retour au pouvoir du Général de Gaulle en 1958 et confirmées par l’accès direct en 1961 d’hommes fondés de pouvoir des groupes financiers. Ces institutions ont depuis été calquées sur les besoins du capital mondialisé et informationnalisé, son organisation du travail, sa politique et ses guerres.

Elle suppose aussi et surtout une réponse graduelle mais radicale à la suraccumulation-dévalorisation du capital inhérente au système de production et d’échange A-M-A’ et ses effets sociaux regressifs.

Sortir de l'Europe et de l'Euro n'a aucun sens. sinon de renforcer la domination du Dollar et créer les condition d'une guerre monétaire Mortifère entre peuples. La monnaie est un outil à utiliser dans le sens des besoins humains et collectivités humaines.

B2 b) Toute transformation révolutionnaire des forces productrice (et depuis la naissance du capitalisme, productive de capital), attachées à une révolution scientifique et technique, dans toute l’histoire de l’humanité, induit des transformations du système historique social particulier puis général. Evidemment nous ne croyons plus à l’automatisme des formes de transformations induites, mais sommes attentifs aux formes qui se développent et comment les orienter en santé dans la poursuite du processus humain, d’humanisation de l’espèce, de conscience en processus et « en miroir » de l’humanisation de l’espèce.

B2 c) Evidemment reconstituer des parlements, des conseils (conseils communaux -minicipaux- base des relations humaines directes, territoriaux en général, régionaux, nationaux et européens) démocratiques et une coopération européenne tournée elle aussi vers une coopération avec les autres grandes zones de production et d’échange, et des formes de démocratie directe et autogestionnaire du citoyen et de la personne productrice et son respect, ne peut aller de pair qu’avec une longue construction graduelle mais radicale s’appuyant sur un mouvement populaire, un mouvement scientifique et philosophique allant de pair.

B2 d) Voilà un des éléments de réponse graduelle mais radicale à cette la suraccumulation-dévalorisation du capital que j’ai proposé à ma section du PCF, le 19/09/15, à l’instar de la COMECO qui en donne l’analyse et les données dont je me suis inspiré (bien ou mal...) :

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Au cœur des élections régionales de décembre 2015

la création d’un FREF en PACA

(Fonds Régionaux pour l’Emploi et la Formation)

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Il est nécessaire d’énoncer les demandes

répondant aux besoins de la population

EMPLOI, TRANSPORTS, SERVICES PUBLICS, ECOLE, SANTE, etc.

MAIS il faut aussi pouvoir les financer, sinon ces demandes et promesses restent sans lendemain.

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La création de Fonds Régionaux pour l’Emploi et la Formation, en coordination avec une politique de fonds Nationaux et Européens permettrait ces financements

CAR

Ils pourraient échapper aux monstrueux investissements spéculatifs du système financier actuel qui détournent l’argent des besoins de la population.

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Cette proposition s’adresse à la population et à tous les partis de gauche afin d’initier un mouvement populaire qui puisse l’imposer en santé dans la vie économique et politique.

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Il s’agit de sortir de la crise

par des mesures graduelles et radicales d’utilisation de l’argent public et de la création de monnaie par la Banque Centrale Européenne et sa gestion par les Banques Centrales Nationales et les Institutions démocratiques locales et nationales en fonction des besoins de la population.

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Il ne peut y avoir d’issue à la crise sans mesures financières qui relancent la production, la création de richesses dans la société par le travail humain, l’industrie, l’agriculture, les services publics, la création, la recherche, L’EMPLOI.

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Pierre Assante, Mardi 22 septembre 2015

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 16:43
Dans la revue ECO & PO N° 732-735 : « …Il n’y aura pas de renouvellement de la République sans démocratie sociale… »

« …Il n’y aura pas de renouvellement de la République sans démocratie sociale… »

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« …Car pendant qu’on s’acharne à baisser le «coût du travail», ce qui déprime la demande et accentue les pénuries de qualification, on laisse s’enfler le coût du capital. Les seuls dividendes et intérêts payés, en 2012, par les entreprises non financières représentaient un prélèvement de 298,6 milliards d’euros soit 30 % de leur valeur ajoutée ! C’est le double de leurs cotisations sociales effectives (157,9 milliards d’euros). C’est même bien supérieur à leurs dépenses d’investissement matériel (197,4 milliards d’euros) ! Voilà une raison fondamentale de l’asphyxie de notre croissance.

Bien sûr, il faut distinguer entre les grands groupes et les PME. Les premiers écrèment les aides aux entreprises sans contrepartie. Ils se soucient comme d’une guigne de l’emploi, des populations, de l’avenir des territoires.

Les PME sont écrasés par eux, surtout si elles se trouvent dans les chaînes de sous-traitance. Elles sont pressurées par les banques et souffrent de l’insuffisance de la demande. Selon Altares, on a recensé plus de 18 000 faillites au premier trimestre, en augmentation de 7,6 % sur le premier trimestre 2014, menaçant 66 000 emplois, soit le plus haut niveau depuis 2009 année de récession.

Le couple exécutif annonce un prétendu «small business act» à la française. On sait ce qu’il en est : nouveaux reculs importants des droits et des protections des salariés, encouragement à la précarité des emplois, baisse redoublée du «coût du travail»… Le «small business act» américain, lui, prévoit notamment de faciliter l’accès au crédit des PME !

Ce ne sont pas les dites « charges sociales » et les droits des salariés qui détruisent les PME, mais l’insuffisance de la demande, les charges financières et la sélectivité actuelle du crédit, la prédation des grands donneurs d’ordre et la boulimie de dividendes de leurs actionnaires… »

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La suite de l’article :

http://www.economie-politique.org/74630

Le tout de la revue ECO & PO N° 732-735

http://www.economie-politique.org/74768

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 07:43
La victoire de Syriza : « A nous de prendre le relais » (Pierre Laurent).

La victoire de Syriza : « A nous de prendre le relais » (Pierre Laurent)

COMMUNIQUE DE PRESSE

La victoire de Syriza : « A nous de prendre le relais » (Pierre Laurent)

Ce soir, avec 35% des voix, Syriza remporte nettement les élections législatives anticipées en Grèce. Malgré l'accord insupportable imposé en juillet et la crise politique dans la gauche, les Grecs viennent d'affirmer pour la 3e fois cette année, leur confiance en Syriza et Alexis Tsipras pour gouverner leur pays.

L'ensemble de la coalition gouvernementale de janvier est confortée. Syriza (144 sièges) et Anel (10 sièges) remportent la majorité parlementaire

La droite de Nouvelle démocratie est battue. Avec elle, l'ensemble des gouvernements européens qui se sont acharnés avec une violence extrême à déstabiliser le premier gouvernement Tsipras et à imposer de nouvelles mesures d'austérité, des privatisations, et des confiscations de souveraineté.

C'est un nouveau message de lutte envoyé par le peuple grec à toutes les sociétés européennes. La victoire de Syriza est un sérieux atout pour toutes les forces progressistes d'Europe.

De dures luttes attendent encore le peuple grec. La Grèce va avoir besoin de toute notre solidarité dans les semaines et mois qui viennent pour renégocier sa dette et déverrouiller le carcan d'austérité.

C'est aujourd'hui à nous de prendre le relais pour des victoires en France qui permettront de libérer tous les peuples européens de l'austérité, changer la table des négociations pour changer l'Europe.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Président du PGE,

Paris, le 20 septembre 2015.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 11:14
"Un sens de l'échange" (voir note)
"Un sens de l'échange" (voir note)

Sortir de l’Europe, qui est devenue aujourd’hui pour les nations européennes un espace pertinent de production et d’échange dans la mondialisation, c’est comme demander à un enfant en croissance de redevenir plus petit.

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Même pour une société qui n’est certes pas un corps humain, mais un corps social formé de corps humains, le remède est pire que la maladie.

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Certes, aussi, les nouvelles générations empruntent des chemins différents, aussi dangereux et surprenants par leurs inventivités et leurs erreurs conjointes, intuitions et sciences mêlées, que ceux des vieilles générations, et que les vieilles générations ont du mal à comprendre, malgré et à cause de leur expérience. Chemins et expériences différents sur le temps bref, mais comportant des itinéraires communs sur le temps long de l’histoire et du processus humain…

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Dans l’itinéraire commun des générations, il y a la période capitaliste déjà séculaire dans laquelle nous vivons, qui est une partie de la société marchande multimillénaire, et une partie du processus continu d’humanisation, qui lui a plusieurs millions d’années et a été inauguré par la naissance de l’homme et de son invention de l’outil primitif.

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Dans l’itinéraire commun des générations il y a le travail producteur des biens nécessaires à la vie et l’auto-connaissance de la propre activité humaine « en miroir » et en progrès, que ce travail producteur et la complexification et diversification de l’activité humaine que complexification et diversification de ce travail développe.

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Le néolithique et l'invention de l'agriculture en ont été un moment important, comme les étapes successives de mondialisation du commerce, la grande industrie et l'informationnalisation aujourd'hui et tout cela dans le processus de la vie humaine dans la communauté puis dans "la cité", l’entité de vie en terme général.

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En « fin de course », aujourd’hui, dans l’itinéraire commun des générations, si nous voulons le poursuivre, c'est-à-dire faire de nos goûts, de nos amours, de notre vie une continuité générationnelle, il y a la question à résoudre de la régulation et de la sortie de la suraccumulation-dévalorisation du capital en explosion mortifère inhérente à l’échange Argent-Marchandise-Argent plus dans la mondialisation capitaliste et ses effets en matière de frein à la satisfaction des besoins humains et jusqu’à leur destruction possible avec celle de l’humain.

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C’est ça la crise : crise exceptionnelle de croissance de l’humanité à travers la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital et crise des échanges qu’elle induit.

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La mondialisation peut devenir autre chose que capitaliste, une mondialisation de coopération des peuples dans la diversité des corps-soi, des personnes et des sociétés du local au général, et de libération de l’activité humaine de la domination des hommes et des lois du capital.

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C’est ça la crise, en dernière instance, qui nous concerne tous, malgré les chemins différents qu’empruntent les nouvelles générations aussi dangereux et surprenants par leurs inventivités et leurs erreurs conjointes, intuitions et sciences mêlées.

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Chemins différents que ceux des vieilles générations, et que les vieilles générations ont du mal à comprendre, malgré et à cause de leur expérience, comme les nouvelles générations ont du mal à comprendre l’itinéraire des vieilles générations pour les mêmes raisons : malgré et à cause de leur expérience nouvelle.

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C’est la raison de la nécessité d’une transmission générationnelles des savoirs, des savoirs faire, des savoirs-vivre et de leur transformation en santé entre ces générations, transmission bien mise à mal par la recherche du profit immédiat contenus dans l’échange Argent-Marchandise-Argent plus.

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Pierre Assante, 20 septembre 2015

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(1) Ce schéma est extrait de "Un sens de l'échange" dans "Division sexiste du travail, résidu ou mode de gestion ? L'amor e pas mai." en ligne sur ce blog.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 10:55
De la relation entre l’objet et la représentation de l’objet  en tant que conscience...

De la relation entre l’objet et la représentation de l’objet en tant que conscience

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Le processus de la conscience humaine est fait de relations, dans l’activité humaine, entre l’objet et la représentation de l’objet, la représentation de l’objet et la représentation de l’activité en tant qu’objet, devenant un objet elle même, un objet de conscience elle-même.

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C’est à dire tout le contraire de ce qu’on nomme la réification ou la chosification qui fige la représentation dialectique et son mouvement.

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La relation entre le mouvement ouvrier et la représentation en mouvement des objets, et l’activité de la représentation en mouvement des objets, et de l’objet industrieux en particulier comme de sa représentation en tant qu’objet, reste un rendez-vous encore à réaliser, rendez-vous qui peut permettre une renaissance au sens historique et social.

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La relation grossière du communisme grossier avec l’art n’est qu’une partie apparente du rendez-vous manqué et des causes et raisons objectives qui ont conduit et conduisent à ce rendez-vous manqué. Relations avec l'art et au-delà de toute représentation, scientifique comprise.

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Manqué relativement, puisque les « sauts » d’un processus n’existent que par la continuité d’un processus.

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MAIS une renaissance « nouvelle » attend un saut qui concrétise définitivement ce type de rendez-vous.

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Ce rendez-vous se construit dans chaque cerveau, chaque corps-soi, dans le processus de l’être social et avec, dans, les résultantes particulières et la résultante « globale », résultante aux frontières en mouvement, progressantes et "s’éloignantes" et notre mouvement individuel et collectif vers un rapprochement relatif.

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Pour faire une « conclusion » simple et opérationnelle : Le processus de la conscience humaine est fait de relations, dans l’activité humaine, entre l’objet et la représentation de l’objet.

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Le système d’échange « Argent-Marchandise-Argent plus » à son paroxysme handicape cette relation en la réifiant dans ses limites historiques propres, celle de la réalité concrète et de la "morale" de la finance, du capital dans son unité dont nous faisons partie.

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La transformation du système devient donc une priorité, et le besoin de transformation du système financier dans le système « global » devient une évidence.

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Pierre Assante, 20 septembre 2015.

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P.S. M’excusant auprès de mon ami Luc X. qui « se méfie des philosophes »

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 00:00
FREF Fonds Régionaux pour l'Emploi et le Formation.

Pierre Assante, 19 septembre 2015

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 17:13
Réponse fraternelle mais sans retenue à Philippe Martinez et à la CGT dont je suis simple adhérent retraité (1):

Réponse fraternelle mais sans retenue à Philippe Martinez et à la CGT dont je suis simple adhérent retraité (1) :

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Agir : OUI

Pour augmenter les salaires : OUI

Pour diminuer le temps de travail : OUI

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Condition subsidiaire concernant ces revendications :

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On ne peut séparer ces revendications de l’offre sociale et par conséquent de la production et de quelle production : « que quoi, comment produire ».

En cela, Berlinguer l’avait mieux formulé, même si le substrat de la société italienne le permettait moins que le substrat de la société française, et peut-être aussi pour cela (2).

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Donc, offre et production, et de quelle production, « que quoi, comment produire » :

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Choix de l'offre :

-Soit par un choix quantitatif et qualitatif de la part du salaire différé ou social, comme vous voulez, service de formation compris.

-Soit par une nouvelle économie politique agissant sur un mouvement du capital le détournant du profit financier immédiat pour répondre aux besoins humains à court et long terme, besoin de formation compris.

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Ou les deux, car ces deux « soit » nous ramènent à la création et l’orientation de fonds pour l’emploi et la formation (3) à tous les niveaux des institutions, du local au mondial en passant par la Nation et l’Europe.

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Pierre Assante, 18.09.15

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(1) : voir l’H.D. du 10.09.15. Ma réflexion contient évidemment mes convictions et doutes humains divers. C’est l’occasion d’échanges pour qui le souhaite. Echange qui se fera de toute façon en dehors de ce blog et de mes propres réflexions.

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(2) Je ne parle pas de la recherche de l’économie marxiste et néo-marxiste dans le PCF, très avancée ici et dans le monde, mais non encore digérée massivement, et qui ouvre sur une nouvelle économie politique agissant sur le mouvement du capital et une régulation le détournant du profit financier immédiat pour répondre et vers les besoins humains à court et long terme.

La digestion en question passe par exemple par la crise et l’expérience européo-grecque et ses "échecs" provisoires et ses enseignements croissants, ainsi que par les conséquences irréversibles et massives dramatiques de toutes sortes et partout dans le monde, créées par la politique du capital et qui se retournent contre le capital lui-même et nous-mêmes.

Ce « nous-mêmes » réclame des actes-solutions concertés répondant à la crise.

Je reste persuadé que l’enseignement quotidien des évènements est bien plus efficace que tous les blogs sains réunis.

Et je reste persuadé aussi que les expériences que subissent les nouvelles générations les conduisent vers un néo-marxisme, quel qu’en soit l’ancien ou nouveau nom, intégrant la réalité de la mondialisation capitaliste informationnalisée et les remèdes à sa maladie de suraccumulation du capital, crise de croissance de l’humanité dans toutes les activités humaines « matérielles et morales » particulières et dans leur unité.

Ce qui me conduit à me poser sans cesse, comme d’autres amis, la question de l’utilité de ce blog, qui tente péniblement et laborieusement d’enfoncer un clou, atome de goutte d’eau dans l’océan des tentatives de santé du monde.

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(3) Les prochaines élections régionales de décembre peuvent porter cette proposition. Il s’agit de FREF (Fonds Régionaux pour l’Emploi et la Formation) dans ce cas, en coordination avec les autres « niveaux » géographiques et institutionnels.

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 07:55
Yves DIMICOLI * INTERVENTION au Conseil National du p.c.f. du 10/09/2015. "L'enjeu européen est désormais central comme le révèle le diktat imposé aux Grecs et qui suscite beaucoup de colère...."

Yves DIMICOLI

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INTERVENTION au C.N. du p.c.f. 10/09/2015

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L'enjeu européen est désormais central comme le révèle le diktat imposé aux Grecs et qui suscite beaucoup de colère. Il faut aider à ce que cette colère ne se transforme pas en nihilisme, en désespoir instrumentalisables par les nationalistes, mais qu'elle devienne un vecteur de luttes convergentes pour changer en pratique les rapports de force en France et en Europe.

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Pour défendre et épanouir les nations européennes, il faudrait plus que jamais les démocratiser et les faire contribuer activement à d'audacieuses coopérations zonales et mondiales de co-développement. L'extrême-droite cherche à récupérer le sentiment national blessé par la mondialisation capitaliste et la faillite des élites européennes. Sa fausse radicalité et sa démagogie occultent les antagonismes de classe, encouragent le racisme et la xénophobie, font désespérer de toute possibilité de changer l'Europe, alors qu'il le faut impérativement.

*

On voit, avec la dérive de l'économiste J. Sapir vers le FN, combien le souverainisme, fut-il de gauche, peut conduire aux pires dérapages.

*

Certes, les Grecs ont été contraints, pour l'heure, de mettre un genou à terre face à la collusion des dirigeants européens derrière les exigences du capital financier allemand. Mais ils refusent de « déposer les armes », comme l'a dit A. Tsipras.

*

Dés lors, un double impératif doit être considéré :

► Respecter la volonté majoritaire de ce peuple et des peuples européens de rester dans l'euro, au lieu d'affronter en ordre dispersé la spéculation mondiale et les défis du XXIème siècle ?

► Inséparablement, aider à faire triompher leurs aspirations à en finir avec l'austérité pour une nouvelle expansion durable partagée.

*

Alors, on entend parler de « plan B », mais tout ce que proposent ceux qui, pour l'heure, s'en prévalent conduit à :

► la sortie de la Grèce de l'euro ,

► sans jamais laisser entrevoir une quelconque perspective réaliste d' expansion permettant à ce pays de s'arracher à l'austérité, au contraire !

En fait, il faut prendre à bras le corps l'enjeu fondamental de l'heure qui, de la région à la Nation et jusqu'à l' Europe, exige de lutter, de se rassembler pour que l'argent de tous les Européens soit utilisé à développer les humains et à protéger leur planète au lieu d'alimenter les marchés financiers.

*

Dans l'immédiat, cela exige :

► s'agissant de la Grèce, que l'argent qui doit leur être versé ne le soit pas au compte gouttes et que la question de la restructuration de leur dette publique soit traitée.

► s'agissant de la France, que, dés les prochaines élections régionales nous portions, contre la politique d'austérité, l'exigence de la création de Fonds publics régionaux, bases pour une futur pôle financier public national, afin que les banques soient contraintes de financer les investissements des entreprises avec des crédits d'autant moins coûteux que ces investissements programmeraient plus d'emplois et de formation ;

*

Et, en même temps, il s'agit, pour les Grecs comme pour nous, d'agir pour bousculer la BCE jusqu'à l'obliger à utiliser autrement l' euro : les 60 milliards d'euros qu'elle injecte chaque mois dans le système financier doivent servir à l'emploi, la formation, les salaires, les services publics, la protection sociale, le redressement des potentiels productifs…

*

Car, quels sont les problèmes à traiter en Grèce, comme ailleurs en zone euro ?

*

Il faut répondre aux besoins de développement économique et social durable, culturel et démocratique. Cela nécessite un puissant essor des dépenses sociales et de services publics, au lieu de l'enferment mortel dans le « pacte de stabilité » et l'austérité budgétaire.

*

Qu'est-ce qui s'y oppose ?

*

Ce n'est pas l'euro en soi. Celui-ci est un instrument de mobilisation de l'argent des européens sous la férule, en l'état, d'un système de pouvoirs au service de la domination des marchés financiers, organisé du local et du régional jusqu'aux niveaux nationaux et européen. Il est constitué de la BCE, de la Commission de Bruxelles, des gouvernements européens, des états-majors des multinationales et des banques, ainsi que des majorités politiques à leur service. Supprimer l'euro ne changerait en rien l'orientation de ce système de pouvoirs qu'il faut conquérir à tous les niveaux.

*

Sortir de l'euro permettrait-il d'améliorer les choses ?

*

En aucune façon. La spéculation mondiale s'embraserait, les prélèvements financiers du capital s'envolerait, tandis que la course de chacun contre tous avec les dévaluations compétitives déclencherait une sorte de guerre civile entre européens. Comment peut-on croire que c'est en commençant par se taper les uns sur les autres que l'on arriverait, ensuite, à coopérer ?

*

Par contre, on laisserait passer l' opportunité historique de partager l'énorme capacité de création monétaire de la BCE, infiniment plus importante que celle de chaque banque centrale nationale, pour affronter ensemble, les gigantesques défis communs à venir. On s'interdirait de faire jonction avec les pays émergents pour s'émanciper de la domination écrasante du dollar avec une monnaie commune mondiale de coopération.

*

En fait, le véritable plan B sur lequel il faudrait commencer, sans tarder, à organiser le débat et l'action en coopération c'est celui que nous mettons en avant avec notre proposition, reprise par le PGE, de lutter pour que soit institué un Fonds social solidaire et écologique de développement européen. Géré démocratiquement avec des critères explicites de création d’emplois et de développement des services publics dans chaque pays, il serait financé par la BCE, comme l'y autorise le Traité de Lisbonne (article 123.2). Il émettrait des titres publics que la BCE achèterait avec une partie des 1.140 milliards d'euros qu'elle s'est engagée à créer, le 22 janvier dernier, pour stimuler l'économie européenne et, notamment, une grande expansion des services publics.

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 15:53
Intervention en Syrie et ailleurs : notions élémentaires de société,  un peu oubliées...

Intervention en Syrie et ailleurs.

Notions élémentaires de société, un peu oubliées.

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Il ne faut pas confondre notions de société et lois physiques.

La société ne se conforme pas à des lois rigides, elle est humaine avec tout ce que contient d’énigmatique l’humain et son activité, ce qui n’empêche pas, à travers une multitude de données en relations dialectiques, de tenter de s’approcher d’une vision la plus en profondeur possible, des sociétés et de leur « composante » mondiale.

Cette précaution essentielle prise, essayons de rechercher des caractères, des catégories pouvant aider à une compréhension utile et opérationnelle pour agir en santé.

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Il existe des nationalismes, dans le mouvement des sociétés et leur propre mouvement, qui ne sont pas des fascismes, mais qui peuvent le devenir sous l’effet de circonstances historiques, économiques, politiques…

Des nationalismes « locaux », « régionaux » ont tenté et quelquefois réussi partiellement à s’orienter vers des politiques sociales (avec bien sûr les limites du nationalisme vis à vis de la lutte de classe), entre autre dans des luttes opposant leur impérialisme de dominé à des impérialismes dominants, et à l’impérialisme dominant mondialement (1). Les mouvements de libération nationales, réponse au colonialisme en ont engendré.

Un autre exemple qui nous est proche et qui passe aujourd’hui relativement inaperçu dans la complexité de la lutte contre Hitler et le nazisme et son histoire : les nationalistes d’extrême droite d’avant 1939 se sont divisés en deux camps, l’un du côté de la collaboration de Pétain avec Hitler, l’autre du côté de De Gaulle et de la Résistance. L’exemple du secrétaire de Jean Moulin, Daniel Cordier (comme il l’explique lui-même) chargé du rassemblement des forces résistantes est significatif d’une évolution qui est allé de l’antisémitisme vers son rejet au profit des positions sociales du Conseil National de la Résistance et du gouvernement national, communiste, socialiste, chrétiens de progrès dirigé par le Général de Gaulle.

Ce nationalisme français du Général De Gaulle, s’est perdu dans les illusions d’une collaboration fructueuse possible entre monopoles financiers et industriels d’une part et gouvernement social d’autre part, s’appuyant de plus essentiellement sur ces monopoles, et s’écartant du soutien d’un mouvement populaire revendicatif et de transformation sociale.

La rentrée de Pompidou comme premier ministre, représentant des banques, malgré d’autres qualités humaines et culturelles, a été une étape des illusions et désillusions gaulliennes jusqu’à la démission de 1969 (2), puis les avatars successifs d’une imitation formelle et peu glorieuse, pauvre et dangereuse, du gaullisme et de ses illusions, et leur aggravation de plus en plus extrême-droitière(3) ; puis des alignements généraux, bien que divers, sur le néo-libéralisme et ses régressions sociales et culturelles.

*

Le partage du monde par le capital, sa lutte acharnée, idéologique et militaire, contre les forces saines de transformation sociale et l’élimination physique et morale d’un part de ces forces(4), a suscité la formation de nationalismes locaux correspondant à un état du moment de divers peuples, de leurs forces productives et des substrats et superstrats culturels dans lesquels ces forces productives se mouvaient dans le processus général.

Les interventions impérialistes (5), sous leur dehors humanitaires justifiés mais non poursuivis, continuent de créer des nationalismes locaux. La question de fond déterminant les guerres actuelles est que certains nationalismes correspondent « mieux » aux intérêts de l’impérialisme dominant et d’autres pas…et que l’impérialisme dominant et ses composantes n’hésitent pas à déstructurer des nations entières et le monde. Cette déstructuration, à travers les guerres, les émigrations chaotiques et contraintes (mais voulues quand il est question de main-d’œuvre bon marché), menace la transmission générationnelles des acquis culturels du monde dans leur diversité et multiplicité, et provoque l’acculturation des peuples au profit de la nouvelle culture (en expansion globale et à son paroxysme) du profit capitaliste, le grand et ses miettes clientélistes (6).

*

Ces notions générales ne prétendent régler aucun problème, mais être utiles à la réflexion sur le règlement de ces problèmes. Avec intelligence et force, dans une assemblée avec des représentantes et représentants acquis en majorité, volontairement ou involontairement, au renforcement de la guerre, malgré les échecs d’Afghanistan, de Libye et aujourd’hui de Syrie et d’ailleurs (échec pour la paix, pas pour les profits financiers accaparés par les groupes capitaliste multinationaux), Pierre Laurent, une fois de plus a fait le « CQFD » (7) de la nécessité d’un règlement avec la participation de toutes les forces en présence et impliquées et sous l’égide de l’ONU, ce qui n’est pas impossible ni trop long à atteindre, des conditions existent à condition d’en avoir la volonté. Ceci, sans naïveté, mais avec la certitude que l’effet de groupe à l’intérieur d’entités gouvernementales et institutionnelles et l’effet de groupe entre ces entités elles-mêmes conduit à un emballement dépassant négativement les visions des intérêts égoïstes eux-mêmes, les conduisant à des destructions les menaçant en menacant le monde.

Je mettrais donc, à tort ou a raison un petit bémol au propos de Pierre, en insistant comme lui sur la nécessite de la participation de toutes les forces populaires, et pouvoirs politiques et leur influence présente issue du passé historique tel qu'il a été (8), mais en évitant les jugements publics susceptibles de les écarter et de handicaper un règlement du conflit multiple, ce qui n’est pas du ressort de qui souhaite un règlement politique (9). De justes réserves peuvent devenir une concession inutile aux arguments des dominants s’opposant ou freinant la résolution du conflit.

*

Je voudrais finir en renvoyant à la formidable intelligence d’un Yasser Arafat ou d’une Leïla Chahid dans leur capacité à faire avancer la cause palestinienne en comprenant et les contradictions des gouvernements en présence et les contradictions, mêlées, liées au système de production et d’échange, et les contradictions internes des peuples et entre peuples, issues de leur histoire ; cause palestinienne d’ailleurs au cœur du « conflit du Moyen Orient », que ce soit économiquement, politiquement, et n’en déplaise aux rationalistes étroits, philosophiquement.

Pour vous en faire une idée, vous pouvez lire, sur ce blog, l’entretien réalisé par Leïla Shahid, à l’occasion de sa retraite, après 25 ans de représentation des palestiniens en France et en Europe, dans le journal l’Humanité et ailleurs.

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Pierre Assante, 16 septembre 2015

*

Notes :

(1)Lénine mettait déjà en garde de ne pas confondre impérialisme dominant et impérialisme dominé. Il mettait en garde aussi par rapport aux conceptions de Staline sur la question des nationalités par un règlement autoritaire et de domination.

(2)Le survol de ces événements est insuffisant et demande plus d’approfondissement. Un ancien ouvrage, « La concentration capitaliste » d’Henri Claude avait donné d’excellents éléments de cette évolution rétrograde.

(3)Parmi ces avatars-ennemis, on peut compter Le FN et le rapprochement d’une partie de la droite dite républicaine avec le FN. Ne pas oublier que le coup d’Etat du 13 mai 1958 (qui remet le général De Gaule* au pouvoir après une décennie d'absence en jouant une deuxième fois le sauveur et en s'appuyant sur un push des généraux à Alger) s’est fait avec le soutien de forces d’extrême droite fascisante qui, en partie, ont animé ensuite la création du Front National actuel qui a eu la triste audace de choisir le même nom que le Front National de la résistance aux Nazi. Il ne faut d’ailleurs pas confondre une masse d’électeurs trompés, comme le fut un moment de son aveu même le secrétaire de Jean Moulin, et les dirigeants du FN actuel, emportés par leur culture conservatrice, leurs conceptions de supériorité élitaire, inégalitaire, dans la guerre contre les pauvres au nom d’un réalisme national qui n’est autre qu’un égoïsme mortifère, s’opposant à toute solution en santé des maladies du monde, du capitalisme mondialisé et informationnalisé en obsolescence. Ils confondent le processus mondial du monde avec celui du capitalisme. Ils dénoncent le capitalisme pour mieux assurer sa poursuite.

* Certes, De Gaulle, comme il l'a dit dans un discours célèbre, n'a pas fait une carrière de dictateur mais a réduit la démocratie avec la constitution présidentielle de la V° République, et ouvert la voie au pouvoir des monopoles, du capitalisme monopoliste d'Etat social aujourd'hui mondialisé et informationnalisé.

(4)En qualifiant de forces saines des forces sociales progressistes, je ne les qualifie pas de forces saintes, de forces infaillibles, mais de forces allant peu ou prou dans le sens du mouvement de progrès de l’humanité, ici et dans le monde et maintenant.

(5)Le mot impérialisme est fort démodé. Pourtant il dit bien ce qu’il veut dire. Il s’agit, entre autre, et pour faire simple de la domination par l’économie dominante (donc économiquement, politiquement, militairement) et de ses intérêts sur des régions, nations du monde. Il fut un temps où les progressistes englobaient dans une politique en santé tout ce qui s’opposait à l’impérialisme dominant, quelles que soient les méthodes et les raisons.

(6)Aujourd’hui les progressistes tentent d’avoir une vision moins réductrice, plus éclairée des événements du monde et de la place qu’ils tiennent dans le processus humain. Mais d’autres, au nom de la clairvoyance et de l’idéal nécessaire à une transformation du monde en santé, mettent dans un même sac dominants et dominés. Certaines alliances sont surprenantes qui renforcent l’impérialisme dominant au nom de cette clairvoyance. Nous sommes bien capables de faire la différence entre un impérialisme dominé et les forces de progrès saines qui s’y meuvent sans pour cela armer l’impérialisme dominant à détruire les entités nationales et la structuration nécessaire des peuples.

(7)« …Le règlement politique auquel la France doit travailler sans relâche ne peut être celui du partage futur des zones d’influence, mais celui d’une reconstruction nationale et démocratique de la Syrie, respectant son intégrité territoriale. Toutes les parties, toutes les puissances régionales, sans en exclure aucune ni la Russie, ni l’Iran, ni la Turquie, ni les monarchies du Golfe. Mais dans ce processus, la France doit porter clairement des objectifs de paix clarifiés… ». Pierre Laurent, 16 septembre 2015 au Sénat.

(8)Particulièrement lorsqu’ils ont représenté, qu’on le veuille ou non, un des peuples menacé par la destruction structurelle et anti-processus d’humanité d’un DAESH (dont l’impérialisme porte essentiellement la responsabilité), ce qui est le cas du gouvernement syrien et du pouvoir personnel d’El Assad, de sa politique relativement laïque qui met en fureur les religieux fanatiques prêts à s’allier avec tout fondamentalisme et instrumentalisant toute opposition démocratique, et qui a, tout en s’assurant son pouvoir, promus des mesures et une relative stabilité de la cohérence sociale. Sous réserve que je ne me trompe pas… .

Est-on sûr que ce pouvoir ait employé les gaz ? Où sont les preuves. On a par contre la preuve que DAEH les produit. Certes les répressions par Assad d’un printemps arabe naissant, d’autre part instrumentalisé, n’a pas aidé à la défense de l’acquis du peuple syrien et encore moins à leur progrès, ni à la défense du régime.

(9)Autre chose est de ne pas cacher les atteintes et répressions quand des forces démocratiques, de transformation sociale en santé en sont victimes, de les soutenir dans le but d’aider aux progrès des nations, du monde, de la production et l’échange en santé des biens nécessaires à la vie humaine. Ceci sans aider involontairement ou pas (mais en faisant appel à la raison tout autant qu’aux sentiments) les forces rétrogrades qui freinent les progrès, ou détruisent systématiquement comme le fait DAEH.

*

Ecouter l'entretien audio de Hisham al Hashimi sur le fonctionnement de DAEH ici

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 07:05
Fête de l'Humanité 2015
Fête de l'Humanité 2015

Ecoutant les débats de l'immense Fête de l’Humanité (malheureusement boycottée par des médias), je suis enthousiaste des avancées des idées de progrès, aux réponses à la politique d’austérité, à l’avancée de convergences à l’intérieur des diverses façons de voir, de la diversité des opinions et des actions populaires.

*

Dans le même temps je me dis que beaucoup de débats soulignent les besoins de changement de politique, sans toutefois aborder la question des lois du système économique, et de la suraccumulation du capital qui en fait partie et qui telle quelle crée les conditions d’imposer aux politiques cette austérité.

*

La crise de société est totalement liée à la crise systémique de suraccumulation du capital qui assèche le progrès de l'échange et de la production en santé.

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Aussi je crois que le débat politique, le débat écologique, le débat sociétal et culturel, y compris la question de la guerre ou de la paix, ne peuvent plus contourner, ne peuvent plus échapper, au point où en est arrivé cette crise, à mettre à son menu et au menu du mouvement populaire, la question d’une régulation des mouvements du capital, des transformations politiques et démocratiques des institutions financières locales, nationales et européennes et mondiales dans ce sens, ce qui peut permettre la sortie de crise, partant de la réalité mortifère de la suraccumulation du capital et ses effet sur la vie.

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La proposition et la mise en place de Fonds Régionaux pour l'Emploi et la Formation (F.R.E.F.) font partie des outils d'une régulation économique en santé.

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Le débat et le rassemblement sur ces questions sera difficile, c’est une question complexe, nous le voyons aux confrontations à l’intérieur de la gauche, mais nous avons des idées et agissons dans ce sens. La chose se fera et nous avancerons tous ensemble vers de nouveaux progrès comparables à ceux de la victoire contre le nazisme, comparables à ceux de la Libération et ses avancées sociales et culturelles.

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Pierre Assante, 13 septembre 2015.

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 05:49

L’Assemblée générale des Nations unies autorise la Palestine à hisser son drapeau devant son siège à New York.

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A CETTE OCCASION, je reprends cet entretien paru dans l’Humanité du 24 mars 2015 au moment où Leïla Shahid a cessé ses activités officielles après avoir représenté pendant 25 ans la Palestine.

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Leïla Shahid était à Marseille lors d’une initiative à la Maison de la Méditerranée, le 12 septembre à Marseille, « Les Nouvelles Antigones » (1)....

J’aurais aimé mettre ici la magnifique intervention de Leïla Shahid s’adressant aux femmes méditerranéennes, mais je ne l’ai pas.

*

L’ENTRETIEN du 24 mars 2015 :

Infatigable combattante palestinienne, diplomate hors pair, celle qui pendant longtemps a représenté le visage de la Palestine en France puis auprès de l’Union européenne, Leïla Shahid, cessera ses activités officielles à la fin du mois d’avril. L’occasion de retrouver cette amie de longue date de "l’Humanité", d’évoquer sa carrière et de tirer les leçons du passé pour arriver à construire l’avenir de la Palestine et des Palestiniens.

Après vingt-cinq ans de diplomatie, vous annoncez votre départ. J’imagine que c’est une retraite mais pas un retrait du combat qui a toujours été le vôtre ?

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Leïla Shahid Il est évident que, après avoir consacré un demi-siècle à la Palestine, je ne vais pas l’oublier ou vivre loin de la cause palestinienne alors que j’ai maintenant soixante-cinq ans. Mais après vingt-cinq ans de travail de diplomate, j’ai envie de revenir à un engagement plus citoyen, qui me donnera plus de liberté de mouvement, que ce soit avec la société civile palestinienne, israélienne ou européenne, avec le monde de la culture, des arts, des femmes, des syndicats… J’ai le sentiment d’avoir fait le maximum de ce que je pouvais faire sur le plan diplomatique, que ce soit en Irlande, aux Pays-Bas, en France, en Belgique ou dans l’Union européenne. Je suis arrivée au bout d’un cycle de ma vie de diplomate que j’ai envie de renouveler en reprenant un travail citoyen. Je ne prends pas ma retraite parce que je me sens vieille. Au contraire, je me sens pleine de vitalité, plus que jamais, pour continuer le combat.

Quel regard portez-vous sur ces vingt-cinq années qui n’ont pas toujours été de tout repos et, en tout cas, loin d’avoir été linéaires?

Leïla Shahid Pour faire le bilan de ces années, vingt-cinq années qui ont englobé le processus d’Oslo, le retour du président Arafat et de l’OLP en Palestine, de l’espoir qui a germé après la reconnaissance mutuelle, il faut prendre du recul. Il faut reconnaître les réalités, bonnes et mauvaises.

Les bonnes, d’abord. Il y a une vraie conquête de l’opinion publique internationale et, plus précisément, européenne. Aujourd’hui, tout le monde connaît le peuple palestinien, reconnaît ses droits légitimes, connaît la solution du problème. Malgré ce que prétend Benyamin Netanyahou, tout le monde sait qu’il n’y a aucune tentative ni de délégitimer Israël ni de le détruire mais, au contraire, de trouver une solution qui sauve les deux peuples. C’est un vrai succès qui n’est pas seulement dû à la diplomatie palestinienne et à la lutte du peuple palestinien. Il est dû, pour beaucoup, à la lutte extraordinaire des amis de la Palestine à travers le monde: les mouvements de solidarité, les collectivités locales et particulièrement européennes qui ont travaillé avec les collectivités palestiniennes, les parlements, les syndicats, les étudiants, les femmes… Des mouvements de solidarité de ce type, on n’en connaît que dans les moments vraiment historiques, comme la guerre du Viêt Nam, la décolonisation en Algérie, la lutte de libération en Afrique du Sud. Qu’on se rappelle de la campagne de boycott de l’apartheid d’Afrique du Sud, qui suscitait moins de controverses que la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), en France, où on veut pénaliser les militants courageux en prétendant que ce boycott relève de l’antisémitisme! C’est honteux! C’est un boycott qui montre qu’il y a des méthodes populaires et citoyennes, non violentes, pour condamner des violations évidentes des droits de l’homme. Les citoyens, dans ce cas, sont bien plus courageux que leur gouvernement. Il y a donc un succès réel qui se manifeste par la reconnaissance de la Palestine par 138 États membres de l’Assemblée générale des Nations unies.

Mais il y a les aspects négatifs, les déceptions, dont il faut aussi tenir compte ?

Leïla Shahid Il ne faut pas les oublier car elles doivent nous permettre de repartir sur de meilleures bases. La première chose est d’avoir sous-estimé le fait que, dans un rapport qui est asymétrique entre nous et les Israéliens, des négociations bilatérales, comme c’était le cas pour Oslo, risquaient de devenir des négociations aux dépens de la partie la plus faible. C’est exactement ce qui s’est passé. Je rappelle que l’accord d’Oslo était un accord intérimaire, c’est-à-dire qu’il était spécifié dans le temps. En 1999, devait se terminer la mise en œuvre de la déclaration de principe et de la première phase d’Oslo. C’est une année où nous aurions pu déclarer un État de Palestine car c’est un droit inaliénable qui ne dépend de personne. Nous ne l’avons pas fait car nous avions vraiment cru que nous avions, avec la partie tiers, en l’occurrence les États-Unis, un partenaire sérieux, qui allait suivre la mise en œuvre d’Oslo. Mais en réalité, la mise en œuvre d’Oslo s’est arrêtée avec l’assassinat de Rabin en novembre 1995 parce que les premiers ministres qui lui ont succédé y étaient opposés. Vingt-deux ans après, nous réalisons qu’il faut à tout prix tourner la page d’Oslo parce que les Américains n’ont pas été les parrains objectifs qu’ils auraient dû être et que les Européens ne sont pas parvenus à s’affirmer même s’ils ont été très présents dans tout ce qui est coopération bilatérale avec nous et qu’ils ont contribué à créer les institutions de l’État.

Mais Israël est traité par tout le monde comme un État au-dessus du droit international et aucune sanction (ni politique, ni économique, ni diplomatique, ni commerciale) n’a été prise contre ce pays. Ce qui est scandaleux! Cette impunité totale a créé la frustration, la colère et même la rage qu’on voit aujourd’hui dans le monde entier de la part de ceux qui soutiennent les Palestiniens. Parce que c’est la preuve qu’il y a deux poids, deux mesures. Lorsqu’il y a une occupation qui dure depuis quarante-huit ans, le silence est une complicité. Israël en a profité pour développer sa politique de colonisation avec aujourd’hui 600 000 colons dans les territoires occupés, un mur construit en territoire palestinien, malgré l’avis de la Cour internationale de justice. Et surtout, en faisant en sorte que le territoire sur lequel cet État palestinien doit se construire n’existe plus dans une homogénéité géographique, démographique ou environnementale. En construisant le mur, ils ont séparé Jérusalem-Est de la Cisjordanie, séparé Gaza de la Cisjordanie et, avec les colonies tout autour, ils ont pratiquement annexé Jérusalem-Est.

Il y a bien sûr ce discours, ce leitmotiv si agaçant des diplomates européens et américains qui continuent à parler de deux États, de Jérusalem comme capitale. Mais dans la réalité, il n’y a plus d’espace homogène, ni pour construire l’État palestinien ni pour faire de Jérusalem une capitale de deux États puisqu’elle est pratiquement annexée par Israël. Il y a beaucoup de supercherie et de mauvaise foi dans le discours diplomatique international qui donne l’impression qu’on prend les Palestiniens pour des imbéciles, eux qui vivent dans la réalité des territoires occupés. Nous avons maintenant besoin d’un langage de vérité. Il faut regarder la réalité en face. C’est pourquoi je pense important de soutenir la résilience de la société civile, la capacité de renouvellement extraordinaire de la société palestinienne, face à la démission des États du monde vis-à-vis d’Israël.

La solution à deux États serait maintenant impossible ?

Leïla Shahid Elle peut encore être possible. Tout dépend de la volonté politique de tous les partenaires. Si demain il y a un courage politique au niveau international. C’est-à-dire si les Américains, les Européens et les Arabes se mettent d’accord au Conseil de sécurité pour dire que trop c’est trop, que le gouvernement israélien doit assumer les mêmes obligations que toutes les puissances occupantes dans un conflit armé. De même, le mur peut être déplacé, le siège de Gaza levé et Jérusalem-Est rattachée de nouveau à la Cisjordanie. On peut négocier le transfert des colonies à l’Autorité palestinienne comme logement pour les réfugiés qui rentrent, comme cela avait été le cas à Taba en 2001. On peut arrêter la politique de nettoyage ethnique à Jérusalem… Mais tout cela exige une volonté politique. Ce n’est pas la victime de l’occupation qui peut rétablir un rapport de forces équilibré avec ce premier ministre qui va même avec chutzpah (l’arrogance en hébreu – NDLR) jusqu’à défier les États-Unis dans leur propre Congrès. La communauté internationale porte une grande responsabilité. Étant donné cette impunité totale accordée à Israël par tous les gouvernements en Europe ou aux États-Unis, il n’y a rien qui donne le sentiment au gouvernement israélien qu’il est obligé de respecter le droit, ou qu’il y a urgence. Il n’y a aucune pression, ni politique, ni économique, ni diplomatique, ni militaire. Il va continuer à aller de plus en plus loin, même à appeler à une guerre contre l’Iran. Ne rien faire c’est de la lâcheté, de la complicité, même !

Surtout au vu de la situation régionale, voire mondiale ?

Leïla Shahid À mon avis, on commet une erreur en ne voyant pas l’articulation entre le conflit israélo-palestinien et le reste des conflits dans la région. Nous voyons les forces les plus rétrogrades, les plus violentes, les plus barbares qui sont un peu la conséquence de la stupidité et de la criminalité de la politique américaine en Irak et en Afghanistan. Daesh (« l’État islamique » – NDLR) est sorti des prisons américaines en Irak. Bush a dû reconnaître qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive mais, entre-temps, il a détruit l’Irak et a semé les graines d’une guerre confessionnelle entre chiites, sunnites et Kurdes. Nous n’avons pas les moyens de voir le droit international foulé pas seulement par Daesh mais aussi par Israël. Nous payons le prix de la stupidité américaine mais aussi française en Libye avec une destruction du système politique – non pas que j’aie eu beaucoup d’admiration pour Kadhafi – mais, aujourd’hui, le peuple libyen en paie le prix, de même que les peuples tunisien et algérien. C’est des camps d’entraînement en Libye que viennent tous les terroristes comme ceux qui ont attaqué le musée du Bardo, à Tunis, et des camps d’entraînement du Yémen que viennent les auteurs des attentats de Paris. Malheureusement, je ne pense pas que ce soit les derniers attentats. Le monde a perdu ses repères. Après la guerre froide, les Américains ont pensé qu’ils avaient le droit de déclencher des guerres préventives, des guerres prétendument du bien contre le mal, accompagnées de discours religieux, Bush parlant même de croisades. Les discours que l’on entend maintenant sont les mêmes que ceux de Bush: des guerres préventives des islamistes contre les soi-disant apostats et mécréants en adoptant les thèses néoconservatrices américaines. Nous devons être à la hauteur du défi. Pour les citoyens du monde, il est terrifiant de se demander où les prochains attentats auront lieu, où les prochains bombardements auront lieu. Or, pour combattre le terrorisme, il faut travailler avec les citoyens de ces sociétés, avec les Irakiens, les Syriens, les Libyens, les Yéménites. Ça ne peut pas être une nouvelle guerre coloniale. Avec leur coalition, ils pratiquent le néocolonialisme qui n’emploie que des méthodes militaires et qui, au lieu de combattre le terrorisme, le nourrit. Ils n’ont aucune vision politique de ce qu’ils doivent faire. Au lieu d’envoyer un message qui pourrait être salvateur dans cette région du monde si déchirée depuis un demi-siècle, ils mettent de côté le conflit israélo-palestinien comme si cela n’avait aucune incidence sur ce qui se passe. Or, s’il y a une question dans toute cette région qui peut avoir un effet positif si elle est résolue c’est la question israélo-palestinienne. Si le droit international est appliqué, si la justice règne, si la solution de la coexistence devient une réalité, la haine, la rage et la violence s’apaiseront. Il existe des instruments diplomatiques et politiques qui nous épargneraient les solutions militaires actuelles. Comment se fait-il qu’on ne les emploie pas ? Pourquoi n’utilise-t-on pas le chapitre VII de la Charte de l’ONU pour que les décisions du Conseil de sécurité soient appliquées comme on l’a fait en 1991 pour la guerre du Golfe ? Le peuple palestinien serait-il un peuple qui n’aurait pas droit, qui ne serait pas protégé par les Conventions de Genève, qui n’aurait pas le droit de revendiquer son appartenance à l’humanité ? 194 pays pourraient reconnaître la Palestine, mais tant qu’il restera un soldat israélien en territoire occupé, la paix n’existera pas. Il est temps maintenant de mettre fin à l’occupation militaire et de lever le siège de la bande de Gaza.

Vous avez souvent été l’invitée de la Fête de l’Humanité. Quel souvenir en gardez-vous ?

Leïla Shahid Le plus beau! Je suis venue presque chaque année depuis que, étudiante, je suis arrivée en France en 1974. Et je serai à la Fête de l’Humanité en septembre prochain

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

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Une carrière de diplomate Un appel au courage politique
Née en 1949 à Beyrouth, Leïla Shahid a été déléguée générale de Palestine en Irlande, aux Pays-Bas et en France, puis est devenue ambassadrice de Palestine auprès de l’Union européenne, du Grand-Duché de Luxembourg et de la Belgique. Nommée par Yasser Arafat, elle avait été la première femme palestinienne à accéder à ce poste en 1989. En 1982, elle s’était rendue avec Jean Genet dans les camps martyrs de Sabra et Chatila au Liban, dont il avait tiré le Captif amoureux et Quatre heures à Chatila. Elle-même est mariée à l’écrivain marocain Mohammed Berrada.

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(1) Ecritures contemporaines de femmes en Méditerranée Rencontres - Débats - Concerts avec SYLVIE PAZ, chanteuse hispanique, Perrine Mansuy, pianiste de jazz, Naïssam Jalal, flûtiste aux influences multiples, Ipek Ipekçioglu, célèbre DJ berlinoise et Anne-Laure Bourget aux percussions :

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