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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 07:56

Après Paul Boccara,
continuer son œuvre et son combat

 
Denis Durand

L'histoire d'Economie et Politique est inséparable de l'œuvre de Paul Boccara, qui l'a inspirée, encouragée, mobilisée pendant plus d'un demi-siècle. Sa disparition, survenue le 26 novembre dernier, au moment où ce numéro était presque achevé, touche notre revue et ses collaborateurs au cœur. Pas seulement pour les liens tissés avec sa personnalité passionnée et chaleureuse. Mais aussi pour la conscience que nous avons de la portée de son œuvre et de l'écrasante responsabilité qui incombe à ceux qui auront la tâche de la faire vivre et, si possible, de la continuer.

Dans ces circonstances, on ne peut s'empêcher de songer à la lettre qu'Engels écrivit au dirigeant ouvrier Wilhelm Liebknecht au lendemain de la mort de Marx, en 1883 : « je ne puis me faire à l'idée que ce cerveau génial ait cessé de féconder le mouvement prolétarien des deux mondes. Ce que nous sommes, nous le sommes grâce à lui ; ce que le mouvement est aujourd'hui, c'est à son activité théorique et pratique qu'il le doit. Sans lui, nous serions encore à tâtonner dans la confusion ».

Verra-t-on dans ce rapprochement une exagération ? une outrecuidance ? Le reproche en a été fait plus d'une fois à Paul Boccara de son vivant. Lui-même pouvait être pris de vertige devant l'audace de son propre travail. « Ce que je fais est follement prétentieux, et pourtant, même si on le fait mal, il faut le faire. C'est en le faisant mal qu'on le fera mieux un jour », écrivait-il à la dernière page de son dernier ouvrage, Neuf leçons sur l'anthroponomie systémique (éditions Delga, 2017). C'est bien cette audace intellectuelle qui fait de lui une grande figure du marxisme, et elle puise sa force dans la même méthode qui a nourri l'œuvre de Marx : à l'opposé de tout sectarisme, elle repose d'abord sur un énorme effort pour lire, connaître, assimiler l'ensemble des connaissances disponibles, jusqu'à leur pointe la plus avancée. Son grand ouvrage en deux volumes sur les crises (Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital, éditions Delga, 2013 et 2015) atteste de sa connaissance intime de tous les courants de la pensée économique, des origines aux auteurs les plus contemporains ; on peut en dire autant, à propos de toutes les sciences humaines, de son exploration de ce qu'il a proposé d'appeler l'anthroponomie, c'est-à-dire les relations que les êtres humains nouent entre eux dans les relations parentales, dans la vie au travail, dans la politique et dans leur vie culturelle et psychique.

Ce travail acharné a été la base solide qui a permis à Paul Boccara de développer un marxisme vivant parce que capable d'aller au-delà du travail de Marx lui-même, non seulement dans l'analyse de réalités d'aujourd'hui que l'auteur du Capital n'avait pas pu connaître, mais aussi dans la mise en œuvre de nouveaux outils. Par exemple, c'est en intégrant dans sa dialectique marxiste des éléments de la théorie des systèmes élaborée au milieu du XXe siècle qu'il a pu développer et systématiser l'analyse de8 la suraccumulation et de la dévalorisation du capital, dont Marx n'avait eu le temps que de tracer les lignes directrices dans le troisième livre du Capital. C'est ainsi qu'il a pu développer l'analyse des crises, de leur retour dans des cycles conjoncturels et dans des cycles longs débouchant sur des transformations systémiques qui ont pu aller jusqu'à des mises en cause du mais ont conduit, finalement, à exacerber les contradictions de l'accumulation capitaliste. Il a pu mettre en évidence les caractéristiques inédites de la crise actuelle et de la façon dont, en particulier, la révolution informationnelle vient rendre concrètement possible une nouvelle civilisation dont la sécurisation de l'emploi et de la formation pour toutes et tous serait une des étapes.

Que ce marxisme vivant ait été mis à l'index, en France, par l'institution académique, alors qu'il a exercé son influence dans le monde entier, peut être interprété comme un signe de la vigueur de la lutte des classes dans notre pays. Qu'il ait été refoulé de façon récurrente au sein du propre parti communiste où son inspirateur a milité toute sa vie est peut-être une tragédie de l'histoire contemporaine. Car chez Paul Boccara – et c'est là un autre point commun avec les auteurs du Manifeste communiste – la recherche théorique était inséparable de l'expérimentation et de la participation active aux luttes politiques. Son influence, et celle de la commission économique du PCF dont il n'a jamais cessé d'être l'inspirateur exigeant et fraternel, a été grande, dans l'élaboration, dès les années soixante, d'une théorie du capitalisme monopoliste d'État émancipée des dogmatismes que la version soviétique du marxisme imposait jusque-là au mouvement communiste. Elle l'a été dans l'ouverture du chantier, si actuel aujourd'hui, des nouveaux critères de gestion, et jusqu'à ces toutes dernières années dans les percées théoriques et politiques réalisées dans les domaines de la monnaie, du crédit, de la recherche d'une autre mondialisation passant par une tout autre construction européenne, et dans le développement des travaux sur la sécurité d'emploi et de formation. Mais au lieu de se servir de ce bagage théorique et politique pour surmonter la crise causée, dans le mouvement communiste, par l'effondrement du modèle soviétique, les directions successives du PCF ont eu tendance à rechercher dans l'air du temps, c'est-à-dire dans l'idéologie dominante, des références dont elles espéraient qu'elles restaureraient un capital de sympathie pour leur courant politique. Comme il n'en a rien été, Paul Boccara s'est trouvé au premier rang du combat des militants exprimant l'exigence d'un Parti communiste profondément transformé pour pouvoir jouer son rôle révolutionnaire dans la société française du XXIe siècle. Beaucoup se souviennent d'un des derniers épisodes en date, le rôle moteur qu'il a joué pour conjurer, déjà, la menace d'effacement du PCF, en 2007 et 2008.

En un moment où cette menace s'est faite encore plus pressante, rappeler ce que Paul Boccara, dès 2004, avait eu l'occasion de dire dans une soirée organisée pour le cinquantième anniversaire de notre revue éveille une particulière émotion : « À propos de l'histoire de la revue, le plus important, ce sont les leçons pour le présent et pour l'avenir. D'abord sur notre orientation et notre progression : face à l'effondrement de nos anciens repères révolutionnaires étatistes et dogmatiques et face aux transformations historiques, nous avons cherché la mise en liaison entre un développement créateur de la théorie marxiste et les luttes. Dans ce va-et-vient, il s'agissait de ne pas céder sur les idées novatrices.

Ensuite sur les obstacles à surmonter :
  1. l'opposition et le rejet de la nouveauté,
  2. malgré le succès des idées nouvelles, la récupération et la déformation conservatrice par d'autres et même dans le PCF.
  3. la phraséologie et la répétition d'une formule, au lieu de la concrétisation et du développement dans les luttes, comme cela persiste pour la sécurité d'emploi ou de formation,
  4. l'insuffisance aussi de nos apports et le besoin de passer à d'autres apports,
  5. l'immaturité de la situation objective par rapport à nos espérances…
Enfin, sur l'expérience de ce qui a trop manqué dans l'élaboration avec d'autres forces. Il s'agit du besoin d'efforts persévérants de clarification publique sur les exigences objectives de transformation en articulation avec des luttes immédiates, dans leur direction… ».

Jusqu'à ses derniers jours, Paul Boccara a mis toutes ses forces dans ce combat. Relire ces propos aujourd'hui, c'est mesurer combien sa voix va manquer, mais aussi combien il sera vital de faire connaître son œuvre et de continuer à travailler dans les perspectives qu'il a ouvertes. Économie et politique s'y efforcera.
 
Denis Durand. Editorial du prochain N° d'Economie et Politique sous presse.

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QUELQUES RECUEILS ET LIENS DU BLOG :

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Version  AUGMENTEE  de « PHILO », Le corps, Choix de 11 articles philosophiques  extraits du blog avec dates : ici

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*JOURNAL juillet-août 2017  : ici

http://pierreassante.fr/dossier/JOURNAL_juillet_aout_2017.pdf

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

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*Site de la Revue Economie et Politique : http://www.economie-politique.org/

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 16:46

Décès

PAUL BOCCARA DANS LES PAS DE LA PENSEE DE MARX

L’historien et économiste s’est éteint hier à l’hôpital à l’âge de 85 ans. Homme à la pensée encyclopédique et à l’esprit rebelle, il laisse une œuvre majeure de la pensée néomarxiste.

L’économiste et historien Paul Boccara est décédé à l’âge de 85 ans. Esprit encyclopédique, universitaire, pédagogue et militant, il est l’auteur d’une œuvre considérable au retentissement mondial, bien au-delà des milieux de la pensée économique et communiste. Né à Tunis en 1932 dans une famille juive, il fait preuve très tôt d’indépendance d’esprit. Il entame des études d’histoire et d’économie et commence à militer et à se familiariser avec le marxisme. Hasard de l’histoire, il suit les cours d’un brillant philosophe, François Châtel, que, lycéen, j’aurai l’occasion de croiser bien plus tard dans un lycée du Val-d’Oise. En 1952, il quitte Tunis pour Paris où il rejoint sa compagne et future épouse, Danièle Cohen-Tanugi avec laquelle il aura trois enfants, Michel, Geneviève et Frédéric. Elle décédera en mai 1973.

A Paris, il poursuit ses études, et, avec Danièle, adhère au Parti communiste français. Il passe l’agrégation d’histoire et en 1963 entre au CNRS. Dans la suite de mai 1968, il est victime d’un ostracisme politique, son contrat n’est pas renouvelé et il devient maître-assistant à la faculté de droit et d’économie de Picardie en 1972. En 1974, il soutient sa thèse de doctorat en économie à partir de ses travaux sur le capitalisme monopoliste d’Etat.

Militant assidu du PCF, puis l’un de ses dirigeants, il s’investit dans la recherche avec la volonté de renouveler une pensée marxiste qu’il considère en grande partie ossifiée par le stalinisme. Il prend contact et commence à travailler avec une section économique du PCF déjà très critique vis-à-vis de la direction d’alors du Parti. Au sein d’un PCF encore incapable de tirer les leçons du rapport Khrouchtchev, la section économique est désertée par nombre de ses animateurs. Avec le concours d’Henri Jourdain, ancien métallo, syndicaliste, et Henri Fabre, il contribue à relancer son activité. Il permet ainsi à de jeunes intellectuels tels Philippe Herzog, Michel Aglietta, Francette Lazard, de s’engager au sein d’une section économique rénovée. Il contribuera à y intégrer un militant ouvrier comme Aimé Halbeher. Il va, avec le concours de la revue « Economie et politique », aider à en faire un lieu essentiel de novation de la pensée marxiste qui aura un grand écho. Un écho qui jusqu’à aujourd’hui n’ira pas sans heurts avec la direction du PCF.

A partir de 1961, il se livre à une relecture critique de Marx et engage des recherches sur le capitalisme contemporain. Lors de la conférence internationale de Choisy en 1966, il donne un contenu théorique au concept de capitalisme monopoliste d’Etat, à l’opposé de la conception soviétique de la crise du capitalisme. Il proposera ensuite, en 1971, une théorie de la « régulation » du capitalisme par le taux de profit et les crises de suraccumulation-dévalorisation du capital. Ces concepts qu’il développe à partir de Marx, lui permettent d’élaborer une analyse des crises cycliques du capitalisme, de les situer dans les mouvements de longues périodes, répertoriées par l’économiste russe Kondratieff. Dans ces cycles longs, la sortie des difficultés est permise par des transformations plus ou moins radicales du rôle du taux de profit, avec des institutions et pouvoirs nouveaux comme après-guerre les nationalisations et la sécurité sociale. Dès décembre 1968, il repère les débuts de la crise actuelle avec son originalité permettant d’envisager un au-delà du capitalisme. Il reprendra ces analyses sur la suraccumulation-dévalorisation en 2013 et 2015 dans des ouvrages publiés avec le concours de l’économiste Catherine Mills.

A la fin des années 70, il joue un grand rôle dans l’élaboration du programme commun de gouvernement de la gauche. Au début des années 80, il est conscient de l’importance de nourrir les luttes syndicales et politiques offensives à l’entreprise en une période où la gauche accède au pouvoir politique, où la plupart des grands groupes sont nationalisés. Il forge les nouveaux critères de gestion d’efficacité sociale, confortant l’intervention des salariés et de leurs représentants en faveur d’alternatives à la modernisation capitaliste et à la baisse du coût du travail, critères contradictoires avec ceux du patronat et compatibles avec nos économies marchandes. Il prolongera ces apports en avançant, à partir de 1996, en lien avec sa réflexion sur la révolution informationnelle, l’idée d’une sécurité d’emploi et de formation qui, rendue possible notamment par la conquête de nouveaux droits et pouvoirs des salariés à l’entreprise, et permettant de gagner en efficacité grâce à la réduction du coût du capital, rendrait possible l’éradication du chômage et de la précarité. Lorsqu’en 1996 il présente de manière inattendue ce projet devant les membres du secrétariat de la commission économique du PCF, nous pensons tous aussitôt qu’il y a là un axe majeur de lutte dès lors que l’on en fait le bien commun des communistes et des salariés les plus conscients. La proposition a rapidement un effet dans le mouvement syndical.

Au début des années 80, il forge sa théorie de la révolution informationnelle qui prendra une place majeure dans son œuvre. Elle permet d’interpréter les changements actuels des technologies et ses implications aussi bien sur le procès de travail que sur la société. Prolongeant dans les années 90 ses réflexions sur le dollar et le système monétaire international, il propose une transformation profonde de la nature et du rôle du crédit bancaire qui donnerait aux salariés, aux populations, à leurs élus la possibilité d’infléchir l’utilisation de l’argent en faveur de la satisfaction des besoins sociaux. Il avance l’idée d’une autre utilisation de l’euro et d’une réforme pour changer radicalement l’action de la banque centrale européenne. Il la complétera par des propositions sur le développement des services publics, notamment pour qu’ils concourent à un partage des biens essentiels à l’humanité, qu’ils contribuent à un dépassement du marché capitaliste et à des avancées vers un communisme de promotion de tous et de chacun.

Il consacre ses dernières années au dépassement de sa propre œuvre économique en traitant des liens entre l’ensemble des activités humaines dans leur diversité : économique, sociale, idéologique, culturelle, sociétale, … Il élabore le concept d’anthroponomie désignant les activités autres qu’économiques et situe le communisme comme une possible issue à ce qui est une crise de civilisation, celle du capitalisme et du libéralisme. S’inspirant de la pensée des cybernéticiens et des biologistes, il approfondit sa réflexion sur les systèmes. On le voit, l’œuvre est digne des plus grands penseurs de la libération humaine. Elle s’est nourrie des apports les plus divers et novateurs de la pensée, contre les académismes qui ont tout fait pour la refouler et la discréditer. Que dire encore de cet homme à la pensée constamment en éveil ? Parmi les nombreux souvenirs que j’ai, je garde en mémoire une soirée passée à la fin des années 90 dans un restaurant, à Bruxelles, avec lui et Okba Lamrani, journaliste à « l’Humanité », à l’occasion d’une réunion d’économistes alternatifs européens. J’y découvris, au-delà du théoricien, un homme plein d’humour et aimant passionnément la vie.

En ce moment douloureux pour tous ceux qui apprécient un tant soit peu la pensée hors norme de Paul Boccara, nous prions toute sa famille, ses enfants, ses proches et particulièrement sa compagne Catherine Mills, de croire en notre profonde solidarité.

Pierre Ivorra. L'HUMAnité, 27 novembre 2017

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QUELQUES RECUEILS ET LIENS :

« PHILO », Le corps, Choix de 7 articles philosophiques  extraits du blog avec dates : ici

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JOURNAL juillet-août 2017  : ici

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

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*Site de la Revue Economie et Politique : http://www.economie-politique.org/

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 12:03

Publié une première fois sur ce blog le 20 mai 2017

 

Plus qu’une vague description de l’addition des malheurs qui nous occupent pendant que d’autres, minoritaires puissants et ambitieux en profitent….

Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital

 

Comprendre les crises est indispensable pour rechercher et mettre en œuvre des solutions aux crises.

Les « à peu près » des divers programmes électoraux font la démonstration de leur incompétence à les résoudre.

Donner à tous le moyen de comprendre, d’une façon plus ou moins approfondie, mais toujours à partir d’une démarche pertinente est une exigence scientifique et militante pour tout citoyen.

Donner à comprendre c’est aussi organiser la formation par ceux qui ont avancé sur le chemin de la compréhension. Et c’est certainement une tache essentielle dans les décennies qui viennent pour donner à ceux que d’aucun appellent « une crise de civilisation » autre chose qu’une vague description de l’addition des malheurs qui nous occupent pendant que d’autres, minoritaires puissants et ambitieux en profitent.

 

Dans sa présentation (1) des 2 volumes de Paul Boccara « Théories sur les crises de suraccumulation-dévalorisation du capital », Catherine Mills résume :

 

« …Marx lui-même dans Le Capital, et ses trois livres de 1867 à 1894, a précisé les éléments fondamentaux, se rapportant aux deux côtés unilatéraux et aux facteurs permettant d’avancer vers leur articulation. Cela se rapporte à des éléments sous-consommationnistes et aussi sur- consommationnistes. Marx précise le gonflement ou le dégonflement cycliques de l’armée de réserve du travail des chômeurs. Il souligne tout particulièrement l’élévation du rapport moyens matériels de production/ salariés, caractéristique de la technique de la révolution industrielle de remplacement des travailleurs par des machines, pour rendre compte de la baisse du taux de profit et de la suraccumulation du capital à la base des crises. Il montre le rôle du crédit pour favoriser l’accumulation en machines, avec le gonflement des prix qui l’accompagne et la spéculation. Il considère que l’insuffisance de la consommation explique les crises en dernière analyse, même si on ne peut réduire l’explication des crises à la sous-consommation. Mais dans son ouvrage inachevé, il manque l’articulation de l’éclatement périodique des crises à la sous-consommation qui se manifeste en fin de cycle. Cette lacune concerne tous les enchaînements du processus conduisant à l’éclatement cyclique de l’excès d’accumulation et des crises capitalistes.

 

L’analyse néo-marxiste de Paul Boccara précise le déroulement effectif du processus complexe et ordonné conduisant aux crises capitalistes. Elle montre comment on passe des excès de salaires surconsommationnistes, suivant l’essor cyclique, à la réponse du remplacement des travailleurs salariés par des machines, avec la technique de la révolution industrielle, la montée du crédit et l’inflation du boom. C’est cette élévation de l’importance des machines par rapport aux travailleurs salariés productifs qui finit par entraîner l’insuffisance cyclique de consommation des travailleurs salariés , par rapport à la production accrue et aux prix gonflés par l’accroissement des machines et du crédit. D’où, non seulement la baisse du taux de profit en valeur, mais aussi en prix avec la surproduction, l’éclatement de la crise de suraccumulation du capital…. »

 

Comprendre les crises est le premier pas vers résoudre les crises, ce que propose la suite des deux volumes.

 

Avancer pas par pas dans cette compréhension passe par ce premier pas :

Le phénomène de suraccumulation-dévalorisation du capital est particulièrement décrit dans les pages 412-427 du volume 1, chapitre 3 de la 2ème partie intitulé « les linéaments d’un schéma dialectique marxien et néomarxiste du processus de suraccumulation ».

 

Paul Boccara conclut ce chapitre pas ces mots :

« …Avec la rupture d’accumulation, nous passons ainsi à l’étude de la suraccumulation du capital à celle de la dévalorisation consécutive, comme sa dépréciation. L’étude de la dévalorisation de capital permettrait de préciser le mouvement polycyclique du système. Et cela, dans les cycles de périodes plus ou moins décennales, comme aussi dans l’analyse des conditions de la mise en cause du système, à laquelle nous aboutirons dans le second volume de l’ouvrage… ».

 

En introduisant sa présentation, Catherine Mills nous dit :

« …En raison de l’exacerbation de la crise radicale en cours du capitalisme mondialisé, notamment depuis 2008, montent les préoccupations fondamentales concernant les crises du capitalisme. Cela va pourtant de pair avec le déni de leur importance et de leur caractère nécessaire dans certaines théories économiques récentes. C'est notamment l’irréalisme fondamental de trop de travaux universitaires ré­cents sur ces questions cruciales malgré l’effondrement de leurs illusions. Nous sommes aussi face à la relance des propositions néo- libérales d’adaptation du système considéré comme indépassable.

Cet ouvrage se propose de recenser les théories sur les crises depuis trois siècles. Il présente un bilan pluriséculaire des acquis des théories des différentes écoles de pensée sur les fondements des crises systémiques, ou de suraccumulation et de dévalorisation de capital durables.

Le premier volume concerne les théories des crises cycliques avec les limites fondamentales de l’accumu­lation des capitaux et leurs solutions,

Le second volume se rapporte aux théories des crises systémiques, de la croissance, des cycles de longue période et des transformations du système capitaliste lui- même. Il souligne aussi la radicalité de la crise écologique et climatique. Il concerne une théorie critique néo- marxiste cherchant à dépasser les diverses analyses néo- keynésiennes…. »

 

Paul Boccara : Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital, Delga, 1er vol 2013, 2è vol 2015.

 

Pierrot, 20 mai 2017

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(1) La conférence de Catherine MILLS est accessible en lecture et en vidéo sur le site de la Fondation Gabriel Péri et sur ce blog.

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26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 16:58

SCIENCE OU DOGMATISME ?

PROGRES SOCIAL : Envisager un processus et les mesures concrètes d’un processus

Il existe une tendance humaine actuelle à confondre démarche scientifique avec dogmatisme ou sectarisme et à la mépriser.

Celle aussi à dire « c’est compliqué » avant d’avoir fait l’effort d’essayer de comprendre.

L’inégalité de développement des savoirs chez les individus n’est pas uniforme, il touche une activité ou une autre, mais jamais toutes les activités, sinon l’inégalité de savoir serait celle d’un mort. Tous nous participons à l’activité de la société, dans son cœur et ses marges, paradoxalement.

La confusion entre démarche scientifique et dogmatisme, sectarisme est un sectarisme à l’envers,  frère ennemi du sectarisme « à fleur de peau » et l’effet d’une ignorance dans un ou plusieurs domaines, ignorance qui n’est ni congénitale ni définitive, il suffit que les conditions de vie et d’apprentissage se modifient pour qu’une motivation au savoir non possédé se révèle.

Les « couches moyennes » (en tant que couches sociologiques, non en tant qu’individu) qui se sont ralliées à l’idéologie du capital pour vivre, survivre et tirer quelques avantages de ce ralliement relatif (1), plus ou moins profond, ne sont pas encore au point de se poser ces questions d’inégalité de développement des savoirs et surtout ne voient pas encore clairement le détachement que les inégalités sociales provoquent chez les couches les plus subalternes.

Si nous ne sommes pas capables de prendre les mesures politiques pour imposer des mesures économiques sur la finance dirigée par les maîtres de l’usage mondial financiarisé et numérisé du capital, nous finirons dans une société à la Zardoz (Voir Zardoz sur internet), avec ce que cela comporte de menaces déjà en cours, en développement, sur le déroulement d’une vie qui pourrait être de paix et de progrès, étant paisible et passionnée à la fois. Une société à la Zardoz est une société où seules les couches « supérieures » prennent part à la vie de la cité, ses conforts et ses savoirs avant d’être submergées par la vague des « barbares subalternes ». Zardoz est une fiction, mais la métaphore est instructive et prête à penser à quoi faire pour ne pas en arriver là où à s’en rapprocher jusqu’à créer les conditions d’un blocage du processus social. Ce qui est valable pour une société est valable pour un parti, microcosme des tares et problèmes de la société, à résoudre.

Et surtout les couches moyennes ont besoins d’apprendre ce que les couches subalternes connaissent bien : il n’y a pas de progrès sans conflit, petit et grand, il n’y a pas de réalité et de mouvement sans lutte des contraires, lutte qui peut prendre un caractère plus ou moins violent, plus ou moins civilisé. Les conflits et leur résolution dans une société humaine ont pour centre et en dernière instance, les subsistances nécessaires à la vie humaine, donc la production de ces subsistances.

C’est donc au cœur de la production que se situent et les conflits et les résolutions des contradictions, des forces contradictoires dans leur unité. Dans une société capitaliste, où seule une part donc de la société décide de l’usage du capital et des choix qui en découlent dans la vie quotidienne et dans le futur de l’humanité, c’est bien entre le capital et le travail qu’a lieu la lutte en dernière instance, et sans oublier les autres luttes ; et entre les classes sociales, pas les couches sociales qui « naviguent entre ces contradictions », que les contradictions doivent se résoudre par la disparition du capital et du salariat dans une société connaissant d’autres et nouvelles contradictions, mais ayant éliminé l’existence de classes antagonistes, problème de notre temps à résoudre à condition d’y croire et d’agir en fonction de cette conviction.

Le dogmatisme ne tient pas dans cette formule mais dans une volonté de résoudre les contradictions sans en envisager le processus ni les mesures concrètes dans un processus.

Des propositions existent pour procéder à un tel processus, propositions à expérimenter, à rectifier, revenant en arrière, avançant de nouveau, pour en assurer le succès, toujours provisoire mais effectif, pour en assurer la vie et le développement dans des formes supérieures et en mouvement incessant de l’organisation sociale, travail, institutions, culture.

La volonté du capital de s’attaquer de plus en plus fortement aux revenus moyens pour monter son taux de profit en crise de suraccumulation de capital peut –rien n’est automatique- favoriser un renversement d’alliance en faveur d’une alliance de ce couches moyennes avec les couches les plus subalternes, avec au cœur de cette alliance le rôle du travail et du salariat, dans un processus de transformation sociale en santé; ou au contraire renforcer les deux tendances actuelles de radicalisation à l’extrême droite combinée au détachement de la population de la gestion de la cité.

Une loi de Sécurité de l’Emploi et de la Formation tout au long de la vie, complétant et renforçant la Sécurité Sociale de  1947, et des mesures puis des institutions politiques de réorientation et de régulation de l’usage du capital peuvent entamer un processus de transformation sociale en santé comme formulé plus haut, dépassant radicalement et progressivement, plus ou moins rapidement l’échange Argent-Marchandise-Argent’ plus, son paroxysme de suraccumulation de capital dans la nouvelle révolution scientifique et technique numérique. Ce n'est pas la révolution scientifique et technique numérique qui crée la crise, c'est son usage par le capital; de même pour la croissance laquelle peut être transformée qualitativement, à l'instar de la métaphore de la miniaturisation-multiplication des ordinateurs et de celle du processus cérébral naturel de "condensation" du mouvement de formation des systèmes de concepts créés par l’activité, le travail.

Pour progresser dans la connaissance des remèdes possibles à la crise économique, de société et de civilisation, il est utile de lire les ouvrages de Paul Boccara sur les théories de la crise de suraccumulation et dévalorisation du capital, sur les nouveaux critères de gestion, sur la sécurité d’emploi et de formation.

Un ouvrage de Denis Durand « 7 leviers pour prendre le pouvoir sur l’argent » en reprend les principes et les développe dans le contexte social actuel et en fait un projet de programme économique et politique.

Pierre Assante, 24 novembre 2017

(1) De mémoire le dessin humoristique de Wolinsky "J'appelle ceux qui ont un peu à s'allier avec ceux qui ont tout contre ceux qui n'ont rien !"

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QUELQUES RECUEILS ET LIENS :

 

« PHILO », Le corps, Choix de 7 articles philosophiques  extraits du blog avec dates : ici

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JOURNAL juillet-août 2017  : ici

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

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*Site de la Revue Economie et Politique : http://www.economie-politique.org/

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 07:39

L'ECONOMIE POLITIQUE (déjà publié souvent sur ce blog) 

 

1 L’illusion comptable du profit.

 

Contrairement aux apparences lorsqu’on regarde « la course du soleil », la terre tourne sur elle-même, et non le soleil autour de la terre.

Une autre apparence nous donne l’illusion que le profit est tiré d’une transaction où la vente est effectuée à un prix supérieur à celui de l’achat. Cela c’est de la comptabilité. Seul le travail incorporé dans une marchandise lui confère une valeur supérieure....

 

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 08:36
L'arc en ciel...?

CATALANISME. CAPITALISME. RENAISSANCE.

En pleine zone occidentale fondatrice de l’UE, des ministres, personnalités militantes, des êtres humains sont en prison pour avoir organisé une consultation populaire.

Que la chose ne fasse pas plus de remous et ne suscite par plus de protestations est vraiment un scandale qui révèle où en sont arrivées nos sociétés démocratiques bourgeoises ex avancées.

Ce n’est pas parce qu’on ne partage pas les options des nationalistes catalans qu’on doit tolérer la chose, l’emprisonnement, ni qu’on ne reconnaisse pas un droit à l’autodétermination qu’on encourage chez d’autres, selon que ça arrange « les affaires » ou pas.

Les nationalistes catalans n’ont pas compris ou ne veulent pas comprendre que la société est avant tout malade d’une longue maladie qui s’aggrave de plus en plus : la maladie de l’argent, celle de l’argent comme mesure du temps de travail et du produit du travail et de sa confiscation partielle mais très importante (Exemple, environ, de mémoire, en proportion, la valeur de 2 heures de travail au salarié et 3 heures de travail pour le capital dans l’agroalimentaire) par les propriétaires de cet argent dans le processus de production. Cet argent s’appelle du capital, son mode d’échange est Argent-Marchandise-Argent plus, sa suraccumulation et sa crise généralisée de suraccumulation locale et mondiale ne trouvant plus les débouchés de profit « suffisant ».

La manœuvre des catalanistes libéraux est une erreur profonde, il n’ont en rien aidé à la guérison de cette maladie mais ils ont permis par contre une renaissance des forces ex-franquistes dans la droite espagnole radicale, ce qui explique essentiellement leur détention.

Les vraies forces de transformation saines sont en attente de renaissance, en Espagne et ici même. La faiblesse idéologique de la gauche est la cause première de la confusion politique et économique, ceci depuis l’écroulement des partis communistes quelles qu’aient été leur erreurs et insuffisances propres.

Un « retour » du marxisme, non dogmatique et évoluant en fonction de l’évolution des moyens de production, mondialisés, financiarisés, numérisés, sur les strates des formations économiques et politiques passées encore existantes, société et production concrète et partis mêlés, mais sans perdre ses repères de base, est la condition de cette renaissance. Ni plus. Ni moins.

Pierre Assante, 23 novembre 2017

 

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 06:59

Cet article, daté mais non faux, répond à des questions venant à terme près de 10 ans PLUS TARD.

Ecrit en 2009 il posait tout simplement la relation entre argent, capital d'une part et activité, utilité sociale d'autre part, dans leur unité et dans la compétition individuelle.

Il renverse la proposition de l'introduction de l'intéressement en ex-systèmes du "socialisme réel" face à la contradiction explosive du rapport entre activité et échange "Argent-Marchandise-Argent' plus" à son paroxysme.

Comment ce paroxysme de la contradiction entre argent et activité ne pourrait-il pas avoir de graves conséquences sur la santé de l'activité de l'individu et sur l'individu dans sa survie sociale et d'espèce ? Et sur le "militantisme" et le "rassemblement" qui se voudrait transformateur de cet état de fait lui-même ?

 

construire et comprendre les alliances.

etre solidaires des revoltes ouvrieres.

agir pour aller au-delà des revoltes.

 

Pierre Assante, 13 avril 2009,

 

L’injustice dans la répartition des richesses, les difficultés de vivre par le travail, l’exigence de dignité humaine sont au cœur des révoltes. Comment construire une alternative sur ces réalités, comment agir sur les évènements ?

 

Le texte ci-dessous aborde :

 

I   Jaurès, Marx, les alliances, courants chaud et froid.

II  La valeur d’échange « explose ».

III La bataille des communistes, le travail, l’ergologie.

 

*

 

I   Jaurès, Marx, les alliances, courants chaud et froid.

 

Jaurès employait quasi indifféremment les termes socialisme et communisme.

L’envol sur liberté et socialisme, c'est ça l'envol jaurésien tel que je le comprends.

Jaurès c'est le courant chaud du communisme. Peut-être lui manque-t-il un peu le courant froid, celui des sciences exactes qui par exemple chez Marx va plus loin que l'empirisme politique et philosophique de Jaurès (bien qu'il soit son aîné). Marx va jusqu'aux découvertes (pas seulement les constats et les données) formulées mathématiquement, ce dont on a AUSSI besoin, comme un ingénieur a besoin des savoirs accumulés et de leurs synthèses pour construire son pont ou son bâtiment. Ces découvertes sont le fruit d’un long processus et ont été formulées avant lui, partiellement, avec d’être « unifiées » et former une vision nouvelle, capable de transformer une réalité pour que le mouvement humain se poursuive. La critique de l’économie politique formulée avant Jaurès par Marx et Engels contient aussi ce « courant froid », ce qui ne veut pas dire que Marx et les fondateurs de cette critique ne possédaient qu’un courant froid.

 

On a comme une amnésie qui nous empêche de voir dans les objets qui nous entourent (l'avion qui nous transporte, le pain et le vin de notre table, notre table elle-même, comment et par quel travail ils sont parvenus à notre usage. Chaque objet contient toute l'histoire humaine et aucun n'est produit en repartant de zéro, que ce soit dans les techniques comme dans les idées, qui sont contenues les unes dans les autres.

 

« L'anticommunisme » honnête et même généreux (oxymore vrai, juste et opérationnel), repose aussi sur des réalités atroces et incontestables. En même temps il masque l'essence du communisme qui n'est pas ces réalités incontestables. Mais il repose aussi sur un ostracisme et un combat mené contre le communisme par des moyens énormes qui font que souvent les jeunes intellectuels ont dû reconstituer par eux-mêmes cette pensée communiste faute de pouvoir puiser dans un corpus discrédité et surtout censuré.

Ne pas aller jusqu'à ce communisme "froid" de la critique de l'économie politique (pas seulement les constats et les données), c'est chez les sympathisants communistes (aussi appartenant à d'autres organisations ou sans "étiquette") dont font partie les sociaux démocrates anti-capitalistes, quelque chose d'un résidu de cette censure qui repose en plus sur la difficulté d'un sujet ardu. Qui commence le Capital de Marx par son début, la marchandise, se rend compte qu'il rentre dans une description de la réalité extrêmement lucide et présente d'autant qu'elle est profondément poétique. Qui va par exemple jusqu'à "le caractère fétiche de la marchandise et son secret" ne peut en être qu'éclairé. Y compris sur la question de la religion, même s'il est religieux et fait la différence et-ou la complémentarité entre science et foi.

 

Comprendre les lois-tendance du capital n’est pas un « plus » pour transformer le monde, mais une condition sine qua non sur laquelle s’appuient les conquêtes scientifiques et sociales à venir.

 

Un socialisme «anti-communiste » démocrate peut être intelligent et savant, sans avoir pour autant une culture historique collective et individuelle qui permet d'aller au bout de la démarche de transformation sociale. Mais il peut en ce moment même, au moins en partie, être en train d'y aller s’il suit la voie anti-capitaliste qu’il a déjà empruntée, et par là même perdre tout «anti-communisme ».

 

Le courant chaud Et le courant froid sont nécessaires, unis, imbriqués, en rapport dialectique. Peut-être ce courant chaud, empirique, de pensée, qui renaît sous l’effet du processus de crise et les questions qu’elle pose, régénèrera le courant froid, riche mais en difficulté essentiellement de par les entraves sociale qu’il subit !

 

II  La valeur d’échange explose.

 

EXERCICE DE RESUME d'hypothèse.......

 

Quand à nos cris ils ressemblent un peu à ceux de (Saint) Salvien de Marseille (vers 439-451après J.C.) sur les prélèvements sur le travail dans l’Empire, qui bloquaient la production, poussaient les citoyens romains à chercher chez les Barbares l’humanité qu’ils ne trouvaient plus chez les romains (De Gubernatione Dei, Livre V)

 

On n'échange pas une boite de sucre contre une voiture.

La mesure de quantité de valeur d'échange est absolument nécessaire au marché.

 

Mais elle est en train de se rigidifier, d'exploser, et finalement de s'effondrer.

 

Trente ans de suraccumulation qui se gonfle en fin de course par la mondialisation des techniques informatisées de production et d'échange qui décuplent cette suraccumulation, c'est mortel pour le marché.

 

Sans plaisanter, ni faire de littérature, le modèle d'échange qui fonctionne c'est le restau du cœur et autres mesures sociales de pénurie.....

La distribution directe de la production.

C'est à dire un échange qui échappe à la mesure de la valeur.

Sauf qu'il touche à la distribution mais non à la production, encore qu'il n'y a pas de frontière étanche à l'activité humaine, qui à ses fonctions diverses et unifiées.

 

Quand on sait l'ignorance de notre société sur cette question, au moment même ou la vie quotidienne la met en avant, en vue évidente, comment ne pas être pris par moment par l'angoisse si ce n'est le désespoir ? Ce qui ne veut pas dire qu'on soit paralysé politiquement !

Quelle réponse à donner à l'effondrement de la mesure de quantité de valeur sinon une révolution ?

Mais quelle révolution ?

Une révolution, ce n’est pas une simple prise de pouvoir, mais une organisation nouvelle de la production par les producteurs eux-mêmes.

Quelle force sociale et quelle conscience sociale du processus inconscient peut répondre à cet impératif ?

 

Tout cela n'est-il qu'élucubration ?

 

La déconnection de la mesure de la valeur d’échange marchand de la marchandise universelle qu’était l’or et l’argent, dont la connexion n’était déjà pas mécanique comme toute loi sociale, faite pour « pallier » à une suraccumulation qui avait effrayé la bourgeoisie en corrélation avec la révolution d’Octobre Russe de 1917, la crise de 1929 et les Fronts Populaires, cette déconnection c’est reculer pour mieux sauter. Elle ne fait qu’amplifier la contradiction entre le besoin du capital d’exprimer une valeur d’échange marchand du travail et l’évolution des forces productives qui à un niveau de rapport entre le travail et sa productivité, demande une connexion de plus en plus grande avec les besoins sociaux, tangibles ou abstraits. Et donc demande une transformation qualitative de la mesure des échanges. Transformation d’ailleurs en train de se réaliser par cette dissolution-rigidification-effondrement de la mesure quantitative de la valeur d’échange marchand. Mais cette réalisation a besoin de s’accomplir dans un autre mode de production, une nouvelle organisation de la cohérence sociale. Sous peine d’effondrement social total parce que la production des subsistances de tous ordres, donc la société, ne peut vivre sans échange

« La valeur d‘usage contre laquelle l’argent, capital virtuel, peut s’échanger ne peut être que celle, de laquelle naît la valeur d’échange elle-même, à partir de laquelle elle s’engendre et s’accroît » (Marx).

 

III La bataille des communistes, le travail, l’ergologie.

 

La belle bataille menée par les communistes pendant des décennies pour le pouvoir d'achat, conjointement à la peur de la révolution russe qui taraudait la bourgeoisie , n'a pas transformé le mode de production, mais a développé le marché et les forces productives, en fournissant des consommateurs au système.

 

Les bases d'un autre mode de production se sont développées sans que nous soyons capables de le faire naître.

 

Ainsi le système s'écroule de lui-même sous l'effet de sa contradiction première, la suraccumulation, la baisse tendancielle du taux de profit, poussée à son paroxysme par la révolution scientifique et technique, l'informatisation mondialisée de la production et de l'échange, dominante, entre les mains de la classe dominante.

 

L'agitation sarkoziste n'est que l'agitation des héritiers de la bourgeoisie qui a fait la révolution française, devant l'écroulement du système, en s'attaquant à ses victimes de façon de plus en plus radicale.

 

Il lui est impossible d'imaginer que la mesure de quantité de valeur d'échange marchand soit devenue obsolète, et cette incapacité le pousse lui et sa classe à une réaction extrême.

Cette classe n’a pas médité cette critique de la pensée unique, fusse-t-elle savante et qui fait la différence entre le communisme grossier et le marxisme en mouvement et en recherche continue. « On voit à ce point, de façon précise, combien la forme dialectique de l’exposé n’est juste que lorsqu’elle connaît ses limites. De l’étude de la circulation simple résulte pour nous la notion générale de capital, parce que, dans le cadre du mode de production bourgeois, la circulation simple n’existe que comme condition préalable du capital et qu’elle le suppose. Ce qui ne conduit pas à faire du capital l’incarnation d’une idée éternelle, mais le montre tel qu’il est en réalité, simplement forme nécessaire, à laquelle doit nécessairement aboutir le travail créateur de valeur d’échange, la production fondée sur la valeur d’échange» (Marx).

 

La question des possibilités de transformation sociale se posera de façon ultime lorsque le capitalisme dominant, celui des États Unis se heurtera à la conscience de sa crise parce que ses « solutions » montreront au peuple états-unien leur inefficacité, au terme d'un espoir obamien, et ouvriront la possibilité d'une transformation conjointe des pays les plus développés entraînant le reste de la planète.

 

S'ouvrira en même temps une période de grand danger.

Comme à tous les moments de bouleversement social, sauf que celui-là aura une dimension nouvelle.

 

Le principe espérance de Bloch reste un moteur essentiel !

 

Une militante, un militant, doit être AUSSI un ingénieur de la transformation sociale. Donc d’une nouvelle organisation du travail. L’ergologie et les travaux d’Yves Schwartz et cette mouvance en donnent des clefs importantes.

 

Pierre Assante, 13 avril 2009,

 

 

Un essai, METAMORPHOSE DU TRAVAIL 4

http://www.emigrazione-notizie.org/download.asp?dl=198

 

Présentation du dernier ouvrage collectif sur l’ergologie dirigé par Yves Schwartz et Louis Durrive

http://www.emigrazione-notizie.org/articles.asp?id=338

 

Un MANIFESTE publié en Janvier 2006 qui revient à « l’ordre du jour »

http://www.espaces-marx.eu.org/IMG/pdf/S_R-6.pdf

 

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QUELQUES RECUEILS ET LIENS :

 

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 00:45
Attention les dates ci-dessous sont modifiées, reportées !!!

 

Information destinée aux participants

de la Commission Economique du PCF

 

Cette session se déroulera
au siège du PCF,
2, place du Colonel-Fabien à Paris,
les vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 décembre 2017.

 

Chaque thème fera l'objet d'un exposé introductif

suivi de l'intervention d’un.e. discutant.e

venant apporter un regard complémentaire ou critique,

et d'un débat général.


Le programme proposé est le suivant :

 

1. De la marchandise à la suraccumulation/dévalorisation.

Introduction: Frédéric Boccara
Vendredi 1er décembre, 20 heures – 22 heures

  • Première partie : critique de l’économie politique,
    l’analyse positive de Marx

Samedi 2 décembre, 9 heures – 12 heures

  • Deuxième partie : critique des idéologies économiques :
    dépasser le débat keynésiens – néoclassiques. Théories de la régulation.


Samedi 2 décembre, 14 heures – 17 heures

2. Civilisation / anthroponomie. Classe/nation/genre

Introduction: Catherine Mills


Samedi 2 décembre, 17 heures – 19 heures et 20 heures – 22 heures

3. Crise systémique et transformations du capitalisme

Introduction: Denis Durand

  • Révolution informationnelle
    et contradiction forces productives-rapports de production
  • Révolution écologique / industrie / entreprises
  • Dollar / Financiarisation / FMI
  • Protection sociale, services publics… anthroponomie.

 

Dimanche 3 décembre, 9 heures – 12 heures

4. Enjeux actuels et processus révolutionnaire

Introduction : Yves Dimicoli

  • Critères de gestion, nouvelle production et nouvelle appropriation sociale.
  • « Nouvelle culture de la consommation et de la production ».
  • Monnaie - crédit, prise de pouvoir sur l’argent
  • SEF et dépassement du salariat
  • Europe / mondialisation
  • Services publics et biens communs
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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 18:48

 

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Une réorientation radicale de la Banque centrale européenne est indispensable (Tribune de F. Boccara, Y. Dimicoli, D. Durand, parue dans le Monde)

L'assouplissement monétaire doir servir à investir dans la création de valeur ajoutée, d'emplois et dans la protection des biens communs, plutôt que d'alimenter une course a krach.

Ni arrêt ni maintien, mais ralentissement du quantitative easing. Cette décision annoncée par la Banque centrale européenne (BCE) le 26 octobre traduit, sans le résoudre, un dilemme mortifère qui paralyse la construction européenne actuelle : soit continuer à créer des liquidités pour racheter les dettes, en poussant les feux des marchés financiers jusqu’à l’éclatement possible d’un krach encore plus grave qu’en 2008 ; soit arrêter de fournir en liquidités les marchés, mais alors renchérir le coût du crédit aux entreprises, aux Etats et aux particuliers, pousser à la hausse le cours de l’euro et précipiter ainsi la récession.

En attendant, les peuples trinquent pendant que l’euphorie règne sur des places boursières dopées qui volent de record en record. Comment en sortir ? Cet argent doit être réorienté vers les usages efficaces : la création de valeur ajoutée, d’emplois et le développement des services publics. Le bon sens montre que c’est ce qu’il faudrait faire. Mais cela heurte frontalement les marchés financiers, les pouvoirs dominants et les conformismes.

Quels leviers pour y parvenir ? Rappelons que la BCE injecte des milliards d’euros de liquidités chaque mois. L’Eurosystème a racheté 2 178 milliards d’euros de titres et fournit 769 milliards d’euros de refinancement aux banques (bilan fin octobre). Chacun sait que cet argent n’est pas – ou très peu – allé dans l’« économie réelle », ni pour la transition écologique ni pour l’emploi et sa sécurisation……

.......Suite de la tribune : ici

http://www.economie-politique.org/102877

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Jean-Marc DURAND : L'exigence d'autres choix face à l'entreprise de dynamitage social du budget 2018 !

 

Les projets de budget, PLF et PLFSS pour 2018 sont maintenant connus. Ils prennent place dans un plan pluriannuel étalé sur 5 ans au lieu de 3 ans précédemment accentuant ainsi les contraintes de gestion des services au quotidien, avec une chasse ouverte aux reports de dépense......

........Suite sur ce lien : http://www.economie-politique.org/102794

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Pour plus d'infos, ABONNEZ-VOUS !!!!

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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 07:01
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« PHILO »

Le corps

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16 février 2015

SUR LE DOUBLE MOUVEMENT DE PARCELLISATION ET DE COMMUN, DANS LE SYSTÈME PRODUCTEUR-PRODUTIF *, LES MENTALITÉS QUI EN SONT ISSUES ET LEURS AUTONOMIES RELATIVES.

25 février 2015

Pensée et matière. Dietzgen et Lénine

11 février 2015

LE CORPS

 

6 février 2015

Besoins biologiques de l’espèce humaine,

complexification et satisfaction des besoins, conscience.

 

29 octobre 2017

L’opium du peuple : les médias dominants au service de la

classe dominante.

 

30 octobre 2017

REEL, IREEL, SANTE, MALADIE, INTANGIBLE, IMMATERIEL : il n’existe pas un vocabulaire matérialiste du XXI° siècle.

 

2 février 2015

Continuité et sauts. Instant-devenir et durée. "Le Capital".

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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:52

 

Interprètes conscients d’un processus social inconscient.

LA DOULEUR DU SAVOIR

Interprète conscient d’un processus social inconscient.

La conscience du réel n’est pas immédiate. Elle demande l’observation du réel. Ce n’est qu’après cette observation, avec retard,  qu’une conscience du réel -relative à nos capacités d’espèce et individuelles d’observations et de compréhensions, mises en commun- peut se constituer et être apte à fournir des outils d’activité pour maintenir en santé le processus, son développement, sa croissance qualitative et quantitative.

Il n’y a pas d’avant-garde de la conscience. Il y a diverses inégalités de développement historiques, micro et macro, par champs d’activités, et-ou dans les entités humaines, dans la personne,  inhérentes à la diversité et la multiplicité des activités propres d’un champ, d’une entité humaine, d’une personne humaine, l’histoire et la biographie, et forment « une globalité humaine », une résultante en mouvement, le processus de l’humanité.

Qui pense avoir saisi le mieux le processus général de la société, des entités qui la constituent, de la personne dans ces entités et la société, peut tenter de constituer en commun le mouvement de la conscience nouvelle de la société sur les strates des acquis de la conscience antécédente et la volonté qu'elle contient de transformer en santé la société, être un interprète collectif conscient du processus inconscient.

C'est tout le combat pour un idéal et son contenu concret qui dans l'histoire soulève, engendre, non par hasard, mais répondant à des besoins, des mouvements populaires de grande qualité transformatrice et de santé. Celui de la jeunesse mais aussi celui d'un entretien et d'une sauvegarde  en santé par toute la société dont la conscience semblait immobile alors que le mouvement "physique" est bien tangible. Il y a aussi les mouvements qui s'opposent au mouvement de progrès,  unité des contraires. Il n'a pas de société, pas plus que de corps sans maladie et il y a la lutte pour vivre.

Qui se heurte en tant que personne et en tant qu’entité à l’incapacité plus ou moins grande, provisoire ou moins provisoire d’intervenir consciemment en santé sur le processus inconscient  ne peut que se sentir comme un médecin dans l’incapacité d’intervenir sur la maladie d’un patient, et quelques fois le patient étant en danger, patient qu’il est, dont il fait partie lui-même en outre.

C’est ce qu’on appelle la douleur du savoir. C’est une réalité sociale grandissante ici et maintenant.

Elle se guérit, relativement, par la confiance, non aveugle mais volontaire, en des possibles existants.

Qui vivra verra et agira, avec ses moyens propres et les moyens communs.

Il n’y a pas à classer les activités, faire des hiérarchies d’utilité, mais à savoir qu’elle dépendent toutes des moyens de production des biens nécessaires à la vie humaine, de l’économie en dernière instance, de l’économie marxiste qui en est la critique la plus avancée. C’est dit……

C’est à prouver et non à affirmer, bien sûr, dans le débat, le débat dit socratique à double sens, à conditions qu’il ait lieu. S’il n’a pas lieu, il faut en chercher les causes, et sans doute dans ceux et notre soumission éventuelle à ceux qui ont le pouvoir exclusif sur l’usage du capital, les médias et les institutions dont l’armée et la police (*) qui le garantit.

Pierre Assante, 8 novembre 2017

(*) Pas les salariés policiers qui n’ont pas plus de pouvoir que les autres salariés, il faut le préciser…

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QUELQUES RECUEILS ET LIENS :

« PHILO », Le corps, Choix de 7 articles philosophiques  extraits du blog avec dates : ici

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JOURNAL juillet-août 2017  : ici

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 06:47

Lettre à C. au sujet du « réseau salariat ».

Pour des solutions opérationnelles de sortie de crise économique et politique.

 

Il ne s’agit pas ici de Bernard Friot en tant que personne, mais de ses théories et concepts.

J’ai assisté à une de ses conférences, acheté et lu deux de ses livres que je possède encore.

Ses objectifs sont séduisants, ses visées humanistes. Viser une reconnaissance du travail, une garantie de ses revenus et de vie, etc. que peut-on reprocher à ces théories ?

Ses théories sont un obstacle de plus à la compréhension de la crise du capitalisme, aux solutions à apporter, à l’action pour le dépasser. Un obstacle dans le mouvement de prise de conscience et d’action en cours et en accélération de transformation concrète de la société, au-delà des dénonciations et d’objectifs idéaux.

Une transformation sociale progressiste comprend un processus, avec des « étapes » concrètes, et des mesures concrètes dans ces étapes, soutenues par un mouvement populaire à développer. Une confusion dans ce mouvement et ses objectifs ne peut qu’aggraver la situation de crise, retarder ses solutions ou les empêcher.

En 1974, Giscard d’Estaing a été élu à très peu de voix de différence. Le PCF avait encore une grande influence dans le rapport de force à gauche et dans l’opinion en général. En particulier dans les luttes ouvrières et populaires, à la différence de 1981 ou ce mouvement avait connu un reflux.

Giscard d’Estaing a été élu à très peu de voix de différence, mais il a été élu, ce qui lui a permis de créer la trilatérale puis le G7 etc. avec le capitalisme US, japonais, français et européen de l’époque, et d’impacter le monde de la révolution conservatrice ultra libérale et d’affaiblir le rapport de force du mouvement ouvrier. Cet affaiblissement a été une des causes du retour à l’austérité de 1984 après trois années d’un gouvernement de gauche et de mesures progressistes.

Car ces mesures progressistes ne sont pas allées jusqu'à attaquer le  fondement de l’exploitation capitaliste : la maîtrise politique de l’usage du capital,  c’est une raison première de l’échec de ce gouvernement et de la gauche.

Emmanuel Macron a été élu avec une minorité du corps électoral au premier tour, et un réflexe de défense de ce corps électoral au second tour face au populisme fascisant au second tour. Mais son gouvernement fait entrer dans les mœurs politiques, économiques, dans les mentalités, des éléments qui rendent plus difficile toute action de transformation progressiste de la société.

Compter sur une aggravation profonde de  situation des masses populaires pour qu’elles en viennent à des solutions rationnelles et efficaces de sortie de crise, de dépassement du capitalisme, capitalisme en crise s’aggravant chaque jour, compter sur ça peut être suicidaire. Toucher le fond n’est jamais la meilleure solution. Elle demande de réparer les dégâts, quand ils sont réparables.

Les populismes peuvent être de gauche. Quand ils le sont, ils sont encore plus insidieux car ils font obstacle sur le chemin de la conscience et de l’action.

Mais que proposes-tu me direz-vous ? La réponse, bonne ou mauvaise, j’essaie de la donner en longueur d’année et il serait peu courtois de me faire grief d’une non réponse. Il est un mot qu’on n’use plus, le mot chagrin, comme dans chagrin d’amour. L’absence d’écoute en est une cause, individuelle ou collective et de sentiment d’impuissance à surmonter, dans l’intérêt commun. J’essaie…

Pierrot, 10 novembre 2017

L'illustration, un congrès durant la période du gouvernement socialiste à participation communiste. Les interventions ouvrières et économistes y sont particulièrement intéressantes.

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 06:05

 

Ex libris, le film.

LA BIBLIOTHEQUE PUBLIQUE DE NEW YORK

Voyant ce film sur le travail de toutes les catégories de personnels, du directeur au gestionnaire, du balayeur au conférencier, qui travaillent et accueillent dans cette bibliothèque, on ne peut qu'être enthousiaste sur les capacités d'activité humaine, sur les réserves d'alternatives de l'être social !

Il demande 3 heures d'attention et de concentration soutenues. Un bon congrès, par exemple demande une telle concentration. Sans cette attention, on ne peut que s'ennuyer.

Il n'est pas un congrès, mais pourtant quel congrès ! Quelle mise en situation  et compréhension de l'activité humaine ! Je ne me suis pas ennuyé, loin de là et j'ai été passionné. La salle, bien remplie, aussi.

Le, les Partis se réclamant de la transformation sociale progressiste pourraient s'en inspirer dans leurs congrès, dans le pôle de la politique, celui de l’économie, celui de la gestion de la société.

Cela me rappelle les derniers écrits, discours et orientations de Lénine, relativement à son temps, bien sûr, et à l'expérience de son temps et de son lieu, après la conquête du pouvoir politique,  face aux difficultés de gestion de la société, de l’état du moment de la société, son état « matériel » et les mentalités à surmonter, dans leur unité, leur diversité, leur richesse et leurs inégalités de développement.

Il n’y a pas « d’avant » le pouvoir et « d’après » le pouvoir dans l’invention politique, il y a besoin continu d’invention dans le processus de l’humanité, micro et macro, de ses entités, de sa globalité, sans quoi pas de réalisation saine pour elle.

Pierrot, 11 novembre 2017

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 06:00
Maurice GODELIER

 

I. LA STAR-UP AMERICAINE PALANTIR, Peter Thiel et Donald Trump.

Le capital et le big data.

 

Cet article sur la dépendance française du système de renseignement numérique mondialisé US est une occasion de développer un tableau de l’état de cette numérisation mondialisée, en creux, le positif étant ce que cet outil qu’est la numérisation mondialisée pourrait apporter à l’humanité s’il était mis au service du progrès par des femmes et des hommes de progrès. Donc à suivre pour ce qui et d’un avenir meilleur à construire ensemble.

Le lien, non encore public, la vente de ce N° étant encore en kiosque aujourd'hui et toujours sur la boutique de l’Huma :

https://www.humanite.fr/espionnage-big-brother-au-coeur-du-renseignement-francais-645316

 

II. Maurice GODELIER

 

Maurice GODELIER, (Que m’avait fait connaitre mon ami René MERLE – voir son blog dans les favoris) dans ce même N° nous dit : « Je suis parti du fait que tout ce qui est imaginé n’est pas imaginaire ». Je partage cette vision de la réalité matérielle, du réel matériel, et rien d’autre, quelle que soit notre « philosophie » par ailleurs. Belle leçon de matérialisme dialectique non dogmatique mais outil de compréhension du monde pour le changer en santé.

Le lien (idem pour la lecture) :

https://www.humanite.fr/je-suis-parti-du-fait-que-tout-ce-qui-est-imagine-nest-pas-imaginaire-maurice-godelier-645300

 

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 17:34

TRANSITION ENERGETIQUE

Il n’y aura pas de transition énergétique réduisant les risques de l’énergie nucléaire et la menace climatique évidente par le CO2 entre autre, sans une mise en œuvre de la nécessite imminente d’un immense plan de recherches internationales ouvrant une révolution technique de l’ordre de l’usage du feu dans la préhistoire.

Il en existe une, ITER, dont on ne connait pas les résultats à l’avance, mais d’autres multiples recherches avec d’énormes moyens doivent s’ouvrir, indépendantes des pressions groupes financiers monopolistes multinationaux (1).

Qui n’y croit pas, en tant qu’individu ou en tant que Parti, se condamne lui-même à l’impuissance et à la catastrophe annoncée. Mais nous n’y sommes pas, et les solutions existent (2).

L’économie d’énergie se fera non par la pénurie de moyens, sinon à éliminer une partie de l’humanité mais par l’usage de techniques la réduisant relativement par rapport aux techniques de production actuelles, c'est-à-dire tout en permettant le développement. L’exemple en est donné sur le plan strictement technique, mais qui peut rejoindre des principes « matériels et moraux » de développement : c’est le passage de l’ordinateur géant consommant une énorme quantité d’énergie au computer miniaturisé, multiplié, démocratisé, qui en consomme peu.

Mais la comparaison s’arrête là car c’est toute une autre logique sociale, économique, de la production, du que, quoi, comment produire, mettant au centre  de notre action le développement de l’homme, son développement personnel dans le développement social, qui peut permettre une cohérence et une efficacité dans la transition énergétique.

Ce qui n'empêche pas des décisions urgentes immédiates nécessaires, coordonnées à une analyse et action d'ensemble à expérimenter, corriger, en avançant. En tout cas stopper l'énergie nucléaire sans solutions de remplacement scientifiquement et rationnellement planifiée, est un remède pire que le mal, sans aucun doute.

Sans les plans énergétique d'après la libération du nazisme de 1945, nous en serions à une mort certaine par pénurie. Ce genre de prévisions à long terme est une question de survie.

Pierre Assante, 8 novembre 2017

(1) Ce qui implique aussi une révolution politique, en France, en Europe et dans le Monde, progressive mais radicale, portée par le rassemblement de luttes populaire et la conquête pour un pouvoir progressiste, en santé, de l’usage de la valeur : valeur d’usage et marchande dans son unité actuelle détenue par une minorité de possesseur-décideurs du capital, et la valeur morale qui en découle en matière de débat de valeur, de débat de normes malade de l’argent-capital auquel il faut échapper.

(2) la Commission Economique du PCF en propose, à son Parti et à tous.

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 06:40

 

Les étapes pratiques d’un processus de transformation sociale.

Isolats et naissance du nouveau

 

Certes la classe dominante, celle qui possède le pouvoir sur l’usage du capital étouffe dans l’œuf tout développement menaçant pour elle de constituer une capacité, une force remettant rationnellement et efficacement en cause sa domination, ses choix antisociaux, et capable de construire le nouveau assurant le processus humain en santé.

Une de ses techniques est d’encercler financièrement et médiatiquement la constitution d’un développement menaçant, pour le détruire et dans l’impossibilité de le faire, de le constituer en isolat, ce à quoi se prêtent souvent  sans le vouloir, par auto-défense et nombrilisme entretenu des comportements dominants,  des composantes, des participants de cet isolat, de ces isolats en nombre croissant.

 

Mon «discours » ne constitue pas un « appel à l’ouverture » en soi. L’ouverture n’a de sens que si elle permet une naissance sociale large de, des isolats, leurs rassemblement opérationnel, ce qui n’est possible que s’ils constituent une visée s’appuyant sur une condition, un contenu scientifique d’une transformation sociale et d’appui sur l’action des forces sociales aptes à procéder à des transformations en santé du processus humain, micro et macro.

Cet appui c’est le monde du travail et ses alliés, intellectuels et cadres entre autres qui en font partie, celui subissant l’exploitation et l’aliénation de ses gestes et de son produit du travail, dans toutes ses composantes, des formes anciennes de la production, comme des formes nouvelles dans le capitalisme monopoliste mondialisé, numériquement informationnalisé, globalement financiarisé.

 

Pour dépasser le Capitalisme Monopoliste Mondialisé Numériquement Informationnalisé Globalement Financiarisé, il n’y a pas 50 voies à expérimenter, il y en a une, sous diverses formes possibles, locales et globales, mais contenant une Transformation Radicale et Progressive, du Système Financier et Bancaire du local au mondial en passant par les Régions,  l’Etat National et l’Europe, de la Production Monétaire et du Crédit, et la Sécurisation de l’Emploi et de la Formation assurant une Continuité, une Cohérence et une Santé Personnelles  à « l’homme producteur », à la production des biens nécessaires à la vie et une transition vers l’abolition de l’échange Argent-Marchandise-Argent'plus, salarial, la suraccumulation du capital qui en découle et la crise généralisée qu’elle induit définitivement en fin de course.

Une visée, aussi juste qu’elle paraisse est stérile si elle ne comporte pas les étapes pratiques du processus de transformation sociale, chacune constituant une lutte et non une promenade de santé.

 

C’est l’enseignement de Lénine, des succès et des erreurs auxquels il a participé et a impulsés, et sa capacité d’expérimenter, de rectifier, de repartir en avant. Le stalinisme, la rupture d’avec la NEP *, de l’alliance ouvrier paysan dans la Russie de l’époque, la mort de Lénine elle-même ont constitué un arrêt à cette expérimentation en santé, en paix et en développement, un retour à un communisme de guerre stérilisant des forces progressistes à l’intérieur d’une expérience de progrès et leur affaiblissement dans la lutte contre le capital et ses crimes, les guerres locales et mondiales en particuliers.

C’est bien dans les conditions d’aujourd’hui qu’il faut poursuivre l’expérience d’une société nouvelle réduisant et dépassant les contradictions de la société présente qui se concrétisent, se cristallisent dans une crise qui menace comme jamais notre quotidien et le futur de l’humanité.

3 journées de formation en économie politique marxiste auront lieu prochainement à l’initiative des responsables de la Commission économique du PCF, à l’attention des communistes et ouverte aux amis et contributeurs de cette commission.

 

Pierre Assante, 7 novembre 2017

* Nouvelle politique économique d'alliance conflictuelle avec l'économie capitaliste, et en alliance coopérative avec la paysannerie russe, visant à sortir de la pénurie et à développer les forces productives susceptible de constituer les bases du dépassement des crises du capital et du système capitaliste.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 07:28

 

VALEUR. DEBAT DE VALEUR. TRAVAIL. ERGOLOGIE.

Je reviens sur la notion de « débat de valeurs » développée par la démarche ergologique dans les vastes travaux du Professeur Yves Schwartz, sans usurper les recherches sur ce sujet, j’espère.  C’est la relecture du débat entre Muriel, Nathalie et Xavier, beau débat d’Activité en dialogues II, Octarès 2009, qui me remet ça en tête, et que j’ai souvent en tête et que j’exprime souvent aussi, comme on le sait.

Ignorer ce débat, mais les ergologues ne l’ignorent pas, c’est tout simplement refuser à l’homme producteur, et dans notre société capitaliste au salarié en général, de se libérer de l’organisation taylorienne du travail qui s’exerce aujourd’hui encore et sous des formes anciennes, nouvelles et globales, avec ce que cela a d’aliénant, physiquement et psychiquement, dans l’unité de la pensée, du geste et du produit du travail, pour le producteur et pour la société.

Quelle peut bien être l’emprise et la volonté d’emprise sur le milieu dans lequel on se trouve sans la connaissance relative du processus de ce milieu, micro et macro en unité, du réel et de la réalité dans lequel sont effectués les échanges nécessaires à la vie, à l’être social que nous sommes ?

Le concept de débat de valeur interroge évidemment le concept de valeur, comme il interroge le travail concret, le prescrit et le réel, l’unité du travail concret et du travail abstrait, du salaire et de la plus-value, du geste tangible et non tangible et l’expression monétaire, dans l’enquête individuelle et collective, la conscientisation par l’expérience et la connaissance de ce travail et de son organisation, son exercice et son ressenti par la personne humaine.

Il ne s’agit pas de développer ici mais d’un bref rappel à une donnée qui oubliée peut fausser la compréhension et handicaper les actes d’interventions individuelles et collectives sur le travail, son organisation, la conception qui les détermine, relativement mais sûrement.

Le débat de valeur ne peut avoir qu’un double caractère dans une organisation sociale ou le produit a un double caractère, son usage et sa mesure marchande, où entre autre, intervient la mesure du temps (1) et qui s’exprime dans le : combien ça vaut ?

Ce double caractère imbibe tout échange humain, y compris hors marchandise, si tant est que dans les échanges n’entre pas une, des marchandises, y compris rendues à leur état de valeur d’usage.

Le débat de valeur, acquis neuronal, mouvement neuronal, mise en relations doublement contradictoires parce que faisant entrer en unité la « contradiction naturelle et l’unité des contraires » inhérentes à tout mouvement et la contradiction sociale du double caractère des objets en compétition dans nos choix, dans ce débat de valeur.

En ce sens le débat de valeur a besoin du débat économique où sont mises en lutte objective et subjective la valeur d’usage et la valeur marchande. Cela demande de sortir des schémas dogmatiques où valeurs d’usage et valeur marchande ne sont que des mots et objets abstraits sans rapport avec le réel de l’échange dans le réel de la société humaine.

Et ce débat de valeur sur l’échange lui-même a une double composante : les caractères de valeur d’échange et de valeur d’usage  du produit et de l’acte de vente-achat dans les deux sens et unique acte à deux sens qui les contient.

Il n’y a pas de conscience-miroir sur le débat de valeur nécessaire aux choix micro et macro humains dans l’activité à trois pôles, s’il n’y a pas dans la vision d’échange le double réel de la marchandise et de l’impact que l’échange marchand, à plus forte raison l’échange marchand dans la société capitaliste mondialisée, numérisée, globalement marchandisée qui habite le processus inconscient dans lequel se déroule l’échange et le mouvement réel général de la société.

Il n’y a donc pas de rencontres du travail (2) abouties sans une tendance à faire leur la contradiction de valeur d’usage et valeur marchande dans LA VALEUR, au sens subjectif et au sens objectif, en union. Et il n’a a pas de rencontre du travail aboutie sans que cette tendance accède au politique et aux mesures économiques allant vers la résolution de cette contradiction dans la transformation radicale du système financier et de production-échange, de la création monétaire qui le permet, de la sécurité d’emploi et de formation sans laquelle une continuité des subsistances sera un jour rompue.

La visée de socialisation aboutie du travail et de sa déconnection d’avec la contrainte sociale, visée liée à l’usage social et humaniste de la productivité, et non pas la contrainte naturelle incontournable mais relativement modifiable, est contenue dans cette étape qu’est la sécurité d’emploi et de formation, projet de loi SEF déposé dans les assemblées en attente hélas de débat constitutionnel.

Là sont les conditions de la résolution de la sur-accumulation du capital dans l’échange A-M-A’, de la crise économique, sociale et de civilisation qu’elle induit à double sens sur la multitude et la diversité des activités humaines.

Pierre Assante, 4 novembre 2017.

(1) Le temps en rapport avec un  "lieu" du mouvement de la matière et des "lieux" entre eux...pour être plus précis sur le concept de temps dans lequel nous évaluons la valeur, notre dimension humaine, l'ici et maintenant relatifs mais réels : il ne s'agit pas de les nier.

(2) RdT, "lieu" de débat des travailleurs sur leur travail accompagné d'un dialogue à double sens avec la démarche ergologique et qui la "porte" , pour une progression en conscience-miroir dans le but de transformer EN SANTE le travail, dans l'espace tripolaire de l'activité, pôle des gestions, pôle du marché, pôle de la politeïa, les rapports sociaux qu'ils contiennent, ici et maintenant, en mouvement, en rapports dialectiques.

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 23:59
 

 

http://v9g5.r.a.d.sendibm1.com/7u26hr3h6ve.jpg

 

Journées de formation en économie politique marxiste

 

 

Une demande considérable de formation théorique s'exprime dans le mouvement social et tout particulièrement dans le PCF. Elle s'est par exemple manifestée lors de l'université d'été du PCF, en août dernier, à l'occasion des ateliers sur Le capital et l'économie politique marxiste.

Pour contribuer à répondre à cette demande, la commission économique vous propose de participer à une session de formation approfondie, centrée sur la théorie économique marxiste et sur ses développements au sein du PCF à partir des travaux de Paul Boccara.

Cette session se déroulera
au siège du PCF, 2, place du Colonel-Fabien à Paris,
les vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 décembre 2017.

 

Chaque thème fera l'objet d'un exposé introductif suivi de l'intervention d’un.e. discutant.e venant apporter un regard complémentaire ou critique, et d'un débat général.
Le programme proposé est le suivant :

 1. De la marchandise à la suraccumulation/dévalorisation.

Introduction: Frédéric Boccara
Vendredi 1er décembre, 20 heures – 22 heures

  • Première partie : critique de l’économie politique,
    l’analyse positive de Marx

Samedi 2 décembre, 9 heures – 12 heures

  • Deuxième partie : critique des idéologies économiques :
    dépasser le débat keynésiens – néoclassiques. Théories de la régulation.


Samedi 2 décembre, 14 heures – 17 heures

2. Civilisation / anthroponomie. Classe/nation/genre

Introduction: Catherine Mills


Samedi 2 décembre, 17 heures – 19 heures et 20 heures – 22 heures

3. Crise systémique et transformations du capitalisme

Introduction: Denis Durand

  • Révolution informationnelle
    et contradiction forces productives-rapports de production
  • Révolution écologique / industrie / entreprises
  • Dollar / Financiarisation / FMI
  • Protection sociale, services publics… anthroponomie.

 

Dimanche 3 décembre, 9 heures – 12 heures

4. Enjeux actuels et processus révolutionnaire

Introduction : Yves Dimicoli

  • Critères de gestion, nouvelle production et nouvelle appropriation sociale.
  • « Nouvelle culture de la consommation et de la production ».
  • Monnaie - crédit, prise de pouvoir sur l’argent
  • SEF (Sécurité d'emploi et de formation) et dépassement du salariat
  • Europe / mondialisation
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QUELQUES RECUEILS ET LIENS :

 

« PHILO », Le corps, Choix de 7 articles philosophiques  extraits du blog avec dates : ici

http://pierreassante.fr/dossier/LE_CORPS_Receuil.pdf_________________________________________________________________________________________

JOURNAL juillet-août 2017  : ici

http://pierreassante.fr/dossier/JOURNAL_juillet_aout_2017.pdf

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 08:36

REEL, IREEL, SANTE, MALADIE, INTANGIBLE, IMMATERIEL : il n’existe pas un vocabulaire matérialiste du XXI° siècle.

 

Il n’existe pas un vocabulaire scientifique, philosophique du XXI° siècle. Cela viendra. Un vocabulaire implicite et explicite permettant d’indiquer dans un contexte, le mouvement des forces contradictoires et leur unité dans une vision matérialiste non dogmatique, non réductrice aux acquis scientifiques historiques d’un moment du processus historique, mais prenant en compte ces acquis, comme tous les acquis dans tous les domaines de la vie humaine.

 

Par exemple, il n’y a pas d’irréel, l’irréel est une « vue de l’esprit » qui existe bel et bien concrètement dans les neurones et leur interaction, il n’y a que du réel, qu’il soit tangible ou pas, qu’il soit numérique ou palpable, etc. Comment exprimer et montrer ce qu’on qualifie strictement d’irréel ou de purement idéel dans le vocabulaire imprécis et trompeur d’aujourd’hui ?

Il n’y a pas de travail immatériel, mot fort à la mode au moment de la découverte par la conscience collective du processus de mondialisation numérique et de ce que le travail contient d’impalpable, d’intangible et non payé à un salarié par exemple.

 

Il n’y a que du réel, qu’il soit du réel non advenu, mais existant neurologiquement-psychologiquement, c’est à dire une vision, une pensée non opérationnelle, stérile ou « malade »,  ou au contraire une pensée opérationnelle créatrice de novum (1) en santé. C’est toute la question contenue dans les concepts de dé-adhérence conceptuelle et d’épistémicité schwartziennes (2), que la dé-adhérence soit « savante » ou non, de la santé qu’elle contient ou pas, de poïesis (3) et praxis et de quotidien,  en unité.

Idem pour le mot matière et mouvement, il n’y a pas de non matière, il y a des formes diverses de la matière et de son mouvement, et des perceptions diverses de la matière et son mouvement en fonction de la position spatiale, historique et sociale de, des observateurs.

 

La santé ça existe bien sûr, mais elle inclut la maladie. J’ai déjà maintes fois donné l’exemple de cette tendance à l’équilibre qui n’est pas un équilibre mais la santé d’un mouvement, c’est-à-dire sa perpétuation dans le mouvement, sans « maladie » paralysante et mortelle, et pour la biologie le mouvement de la vie et pour la vie pensante, le mouvement de la pensée.

 

Ceci n’est qu’un bref rappel  lapidaire resituant une pensée et une expression « cubiste ». Le développement, relatif  à mes propres capacités, limitées, est contenu dans ce blog, entre autre dans les 13 numéros de mon bulletin hétérodoxe très perso « la philo du prolo » ou dans les divers opuscules ou livres numériques mis en ligne ou polycopiés, de poésie, d’économie, d’ergologie.

 

Qui y voit du sophisme peut y regarder à deux fois avant d’arrêter son jugement. Merci.

J’admets cependant qu’il existe un mode de pensée et d’expression moins développé (discours politique ou syndical au quotidien par exemple) mais plus accessible, sans être réducteur, en fait non « cubiste ». Les deux formes ne sont ni incompatibles ni « inunissables », et au contraire constituent des étapes opérationnelles de transformation du réel en santé et d’invention non-dogmatique du futur, de la mise en pratique des possibilités ouvertes. Leur dichotomie est l’effet d’un retard conceptuel par rapport à l’état des forces productives, hommes, machines, techniques, sciences, culture au sens large et juste (4).

 

Pierre Assante, lundi 30 octobre 2017

 

(1) Le nouveau en création humaine

(2) Concepts élaborés par le Professeur Yves Schwartz

(3) Forces et mouvement créateur humains, chose et terme qui a donné celui de poésie, qui n’était pas considérée à l’origine comme non opérationnelle en matière d’action sur le réel, et pour une vision scientifique d’aujourd’hui non plus, que la poésie soit « littéraire » au sens strict ou non.

(4) Il fut un temps où les conservateurs concevaient l’activité humaine par « l’atavique ». La grande découverte de la génétique tendait à faire perdurer cette conviction, en la combattant sans la dépasser.

Les progressistes se référaient au « culturel », d’une façon quelque peu unilatérale, non dialectique.

Avec la découverte de l’épigénétique, nous savons que le biologique et le culturel agissent en unité et historiquement; que l’instinct et la raison, l’inconscient, le non-encore-conscient et le conscient, de même, dans une relation réciproque entre la personne et la société, en rapport dialectique.

Nous savons par exemple que le sentiment de beauté d’un corps ou d’un paysage, comme les autres sentiments naturels au sens propre, est lié à la sexualité, à l’acquis épigénétique personnel et générationnel, régulé, tempéré, sublimé ou exacerbé ou tout à la fois par la relation pratique à la réalité historique, de l’individu et de la société ; que le sentiment de douleur « physique » comme autre exemple est un phénomène biologique étudié par les neurosciences, et que le psychique fait partie du biologique chez l’être social pensant qui peut souffrir psychiquement et moralement d’un chagrin d’amour qui est une blessure corporelle d’un autre ordre qu’une coupure par un couteau; et que les sentiments, dans leurs mouvements, leur processus social, obéissent à des besoins humains d’alerte, de réaction et d’action d’une façon à la fois rationnelle et énigmatique pour nous, compte tenu des limites de notre compréhension ; que les sentiments sont naturels parce que le culturel fait partie de la nature, bien que la nature ne soit pas faite que du culturel humain, au sens large ; et qu’il n’y a pas dichotomie pratique et théorique entre la nature et l’homme, l’humanité constituant un processus de « la conscience de la nature sur elle-même » (Marx, 1844) ; que le subjectif et l’objectif ne sont pas des « fonctions » séparées mais agissent en unité, en rapports conflictuels et dialectiques.

Les découvertes électriques et chimiques du processus du corps-soi, de l’être social n’ôtent rien au sublime et au sentiment de sublime de l’humain et de la nature. Elles ne lui ôtent que sa représentation religieuse, les limites et la stérilité de cette représentation religieuse.

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29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 07:44

 

L’opium du peuple : les médias dominants au service de la

classe dominante.

Pour une refondation philosophique, pour une conception d’unité 

corps-pensée-société-nature.

 

La classe dominante est celle qui détient les pouvoirs dominants sur les placements du capital en fonction de l’intérêt, du profit maximum des grands groupes financiers mondiaux, nouvelles féodalités dépassant le pouvoir des Etats lesquels leur sont soumis. Et par conséquent qui domine l’organisation mondiale et locale du travail, de la personne au travail et hors travail, des unités de travail et de leurs relations.

Evidemment pas les techniciens de la finance ou les traders etc. qui pourraient comme tous les cadres de production-échange, de gestion et d’exécution devenir des acteurs de transformation sociale en santé, en unité de tous les producteurs subalternes et leurs alliés non-salariés, et en « partant » des ouvriers de production au cœur du processus de production.

Cet opium c’est l’entretien et l’aggravation en état de confusion de l’opinion populaire à travers le traitement de l’information, de toutes les informations, de l’évènementiel à la science en passant par tous les savoirs, les savoir-faire et le travestissement des nécessités, des besoins humains élémentaires et complexes en unité, et des possibilités de les satisfaire.

De l’anthropologie à l’économie en passant par les sciences sociales et les sciences biologiques et ondo-corpusculaires en unité, tout est fait pour détourner la société de la critique d’une économie politique toute au service de ces féodalités mondiales.

Le plus fort de cette confusion est exprimé par cet ami qui dit, parlant des « économistes orthodoxes » qui ne peuvent plus nier la crise et finalement critiquent la politique économique de Macron et de ses prédécesseurs sans la combattre :

"Il y a chez ces économistes une sorte de dédoublement de la personnalité : d'un côté, ils voient que nos sociétés capitalistes vont dans le mur et de l'autre ils n'ont dans leur tiroir que des solutions libérales ».

Une refondation d’un rationalisme non dogmatique, non mécaniste, commence par une refondation philosophique, des « Lumières du XXI° siècle » mettant à jour les savoirs et savoir-faire au service des besoins humains dans les conditions de la révolution scientifique et technique numérique mondialisée et de son influence sur l’organisation économique, matérielle et morale de la société, sur les concepts philosophique, qui aujourd’hui sont caractérisés par la domination de l’idée d’une pensée hors corps, malgré le progrès des neurosciences, et une vision éthérée, mythique, ésotérique, de la réalité.

Les médias sont imprégnés d’un retour à la dichotomie corps/pensée. Une philosophie basée sur la matérialité de la pensée est la base d’un renouveau, d’un nouveau progrès de la conscience humaine sur elle-même et sur son environnement naturel et cosmique. Pas de réponse rationnelle et opérationnelle au développement des besoins humains dans le processus humain sans ce retour-dépassement. Il est impératif de militer, au sens pratique et théorique en unité pour une refondation philosophique, pour une conception d’unité corps-pensée-société-nature.

Bien sûr il n’est pas question d’une réduction de notre vision micro et macro de la réalité dans une unité du processus corps-pensée niant la complexité et l’énigmaticité de cette réalité. Il s’agit d’utiliser rationnellement nos capacité d’adaptation à notre milieu pour faire croitre les connaissances nécessaires à notre survie par et dans notre société humaine et le processus acquis de croissance de notre conscience, outil « final » de notre espèce et de la part de la nature que nous constituons.

Il n’y aura pas de « Lumières du XXI° siècle » sans cette refondation-dépassement philosophique. Il n’y aura pas de « Lumières du XXI° siècle » sans l’hégémonie collective d’une tendance à l’aboutissement de nos savoirs vers un horizon sans cesse progressif, savoirs qui constituent nos capacités de production des biens « matériels et moraux » nécessaires à nôtre processus vital. Nos capacités de production, in fine, c’est une économie politique de progrès qui les conclut, une économie politique s’opposant et dépassant le libéralisme, dépassant l’organisation de la société actuelle basée sur la production-échange Argent-Marchandise-Argent plus (A-M-A’), la suraccumulation du capital et la crise de société, d’activité et de civilisation qu’elle induit.

L’économie politique ne résume en rien l’infinité et la diversité des activités humaines dont aucune n’est marginale, ni en santé ni en maladie.

L’économie politique c’est l’affirmation d’une étape actuelle du processus humain en besoin de maîtriser en santé le processus de production nécessaires à ses besoins vitaux, des plus élémentaires aux plus complexes. Cette économie politique est la « facette en dernière instance» du communisme, de la mise en commun en santé, en liberté, en coopération et en unité entre l’homme, son activité, l’activité de l’humanité et la nature. Le corps humain, la société humaine c’est l’activité humaine et non une abstraction figée ne reflétant aucune réalité sinon celle d’une dé-adhérence conceptuelle sans issue. La dé-adhérence conceptuelle permet la création humaine et est la propriété première de l’humanité, mais comme tout mouvement, et tout mouvement créatif, elle a besoin d’expérimentations, de retours en arrière, de rectification et d’avancées nouvelles.

Il n’y aura aucun développement de l’humanité et de la personne dans l’humanité sans une croissance de la conscience, de l’accumulation objectivée de l’inconscient, du non- encore-conscient et du conscient, ce qui passe par la lutte de ce qui entrave le processus humain, le mode de production-échange obsolète qui sacrifie la personne à l’enrichissement financier qui est déconnecté de plus en plus des besoins humains, et son dépassement dans une société communiste, démocratique, de paix et de progrès.

La sécurité d’emploi et de formation, la maîtrise populaire et démocratique du crédit, du système bancaire local et central, de la création monétaire est au cœur de la transformation en santé du mode d’échange-production et au cœur de l’action interne et externe de la commission économique du PCF

Pierre Assante, dimanche 29 octobre 2017

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 18:46

Article publié une première fois sur ce blog le 30/10/2016

Ces documents (ci-dessous en lien) donnent à réfléchir sur la première construction d'un Etat ouvrier et paysan, (après celui de la Commune de Paris, fort différente concernant le niveau de développement et la composition sociale et culturelle) correspondant au développement économique et sociologique particulier d'un pays, la Russie de 1917. Ils complètent le débat sur la NEP (Nouvelle Politique Economique) qui fixait un rythme plus lent et plus progressif d'accumulation capitaliste vers une société socialiste, adapté à l'évolution de l'économie et la mentalité paysanne russe intégrant les besoins de la paysannerie au besoins de développement industriel, en alliance entre classe ouvrière, salariat en général et paysannerie d'un pays majoritairement agricole.

Evidemment cette réflexion ne peut être calquée à une société comme la notre, en 2016, le capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé (et ses formes anciennes qui perdurent massivement dans l’industrie de main d’œuvre, en particulier dans pays et zone mondiales en développement nouveau où le capital tire les bases de la plus value et du profit), ses différentes couches de salariés et leurs rôles propres, le développement des services, les ressources et moyens dégagées par l’explosion des forces productives, leurs techniques, leurs cultures dans leur unité et complémentarité.

Cependant la visée progressiste, le réalisme et l'inventivité révolutionnaire attentive aux hommes et à leur besoin de subsistances matérielles et morales, de cohérence et d’organisation sociale qu'ils contiennent ne sont pas étrangères à nos préoccupations d'aujourd’hui.

Pierre Assante, dimanche 30 octobre 2016

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LIRE CES DOCUMENTS EN CLIQUANT SUR CE LIEN :

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/12/vil19221229.htm

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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 10:20

COMMEMORATION DU 100ème ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION D'OCTOBRE 1917.

Il est tout à fait positif que cette commémoration ait lieu.

Etant un enjeu  idéologique monumental, ce moment d’histoire a été soit caricaturé soit passé sous silence et aussi les deux à la fois.

L’aboutissement d’un moment de luttes ouvrières réclamant l’abolition de la vente-achat de la force de travail dans ce contrat ou le vendeur est dominé par la force de l’acheteur, son Etat, ses institutions, son organisation séculaire du travail, de la production et du mode d’échange passé de l’échange en monnaie à l’échange en capital, ce n’est pas rien.

L’évènement a eu lieu après un siècle de répression de ce mouvement ouvrier, dont les massacres de la Commune de Paris par la bourgeoisie française (20.000 ouvriers et artisans parisiens fusillés sans jugement) n’avaient pas peu contribué à la militarisation relative de ce mouvement ouvrier, conséquence obligée de cette répression.

Pour la connaissance de l’évènement je rappellerai le livre de Jean Eleinstein «  La révolution des révolutions ».

Mais commémorer serait insuffisant si la connaissance de l’évènement et ses suites ne servait pas à comprendre notre histoire pour une transformation sociale en santé ici et maintenant.

Par exemple, l’abandon de la NEP (Nouvelle Politique Economique) par Staline alors que la révolution se gèle et que son pouvoir se bonapartise, ce contre quoi Lénine, qui était un homme comme un autre, mais avec une grande expérience et une grande culture, avait mis en garde, est un élément essentiel de réflexion lié à la révolution d’Octobre.

La NEP avait pour but la réintroduction d’une part importante de l’économie capitaliste dans l’économie socialiste afin de permettre le redémarrage de la production après la guerre civile et de construire les bases de forces productives nécessaires et suffisantes pour passer à une autre phase d'une construction sociale en santé, échappant graduellement et radicalement à l’échange A-M-A’ (Argent-Marchandise-Plus d’argent, en cycle élargi).

Et surtout, la NEP avait pour but de préserver l’alliance ouvriers-paysans ces derniers formant la masse de la population russe. Cette alliance a été rompue par Staline dans une marche forcée à l’industrialisation par la répression, à la centralisation et l’abandon de la démocratie du producteur, de l’autogestion dirions-nous maintenant.

L’autogestion fut reprise pendant la guerre  patriotique soviétique de 1940-1945 contre la principale masse des divisions nazies en Europe, pour relancer l’industrie d’armement destinée à battre Hitler, puis abandonnée de nouveau et ses initiateurs éliminés.

Il y a toujours eu, en Russie et en Union Soviétique, malgré le despotisme criminel stalinien, des forces saines se réclamant de la transformation sociale en santé, avec des variations des rapports de forces, qui malheureusement ont été provisoirement battues. Idem dans le monde capitaliste… La lutte des contraires et l’unité des contraire à l’intérieur d’un même mouvement de la matière et de la société, la transformation des forces et-ou l’élimination d’une force, Hegel puis Marx nous l’ont enseigné. Et des Lumières du XXIème siècle nous le réapprendront pour le plus grand bien de la société et de la personne humaine.

L’alliance ouvriers-paysans a été la base de la mobilisation qui a permis la révolution d’Octobre 1917, dans le contexte de la guerre, de l’aspiration à la paix, du retour aux champs et à l’usine, d’une bourgeoisie montante et des nationalités opprimées rejetant l’aristocratie et l’autocratie tsariste.

Le capitalisme russe naissant était une des plus concentré et des plus étrangers, et la classe ouvrière concentrée dans de grandes unités permettant et facilitant l’organisation du parti malgré les répressions. Et la sociale-démocratie russe Menchevique particulièrement aveugle des réalités populaires.

Guère plus d’une décennie plus tard, le Front Populaire a été un moment essentiel dans la reconstruction d’alliance, de même que La Libération de 1945 de l’occupation et du nazisme. Ils ont donné l’essentiel des conquêtes sociales actées par le Conseil National de la Résistance, que le néo-libéralisme national et mondial est en train de détruire si les alliances ne sont pas renouvelées, renforcée en quantité et en contenu ; et parce que les transformation des forces productive, la mondialisation capitaliste informatisée exige de nouvelle transformations, encore plus de social, la sécurité de l’emploi et de la formation, la maitrise démocratique des systèmes financiers pour les mettre au service des besoins humain et les dépasser à terme dans une nouvelle organisation sociale, une nouvelle civilisation de liberté et de paix.

En contenu car c’est bien là que le bât blesse. Il ne peut y avoir de transformation sociale en santé sans transformation de l’économie en santé qui fournit les moyens d’exister à toutes les activités humaines.

Aux populistes de gauche, aux sociaux-démocrates, nous disons, oui, le rassemblement est nécessaire et sur des objectifs concrets et cohérents de transformation sociale, sans quoi tout rassemblement ne sèmera qu’illusion, illusion passées ou future qui rejette la population en particulier la plus subalterne et pauvre dans l’abstention à la politique, abstention dont les populismes de droite et les néo-fascismes feront leur levier de prise de pouvoir.

Le rassemblement ne peut acquérir un tel contenu sans le poids idéologique et l’organisation du monde du travail, de la production de biens nécessaires à la vie humaine, dans ce rassemblement. Les programmes de Gotha, les nouveaux Laplace et Proudhon, c’est fini…

Les chinois, à travers les errements d’un monde dominateur et violent, eux compris, ont essayé et réussi à pour suivre « une NEP à eux » en usant du capital occidental exporté chez eux pour son taux de profit. Ils y ont réussi en retournant la situation dans leur sens en alimentant une part importante de notre marché et de notre consommation, tout en augmentant de plus en plus la leur, y compris en qualité. Mais eux comme toute l’humanité ont besoin d’une phase nouvelle de coopération mondiale, de démocratisation qualitative de l’organisation du travail et de la production et de la conscience humaine induite de la production et des échanges en santé.

L’organisation d’un rassemblement des luttes des peuples européens dans l’objectif de résoudre la crise de suraccumulation du capital et ses conséquences sur la vie quotidienne dépend de cette démocratisation qualitative de l’organisation du travail et de la production : la démocratie du producteur, du quoi, comment, pour qui produire, dans et avec la démocratie du citoyen, et l’abolition graduelle et radicale du salariat, forme dominant-dominé stérilisante de l’organisation de la production.

Je fini par un retour aux propositions de la Commission Economique du PCF sur lesquelles la « société civile » comme le PCF lui-même, dans la préparation de son prochain congrès et dès à présent dans les luttes sociales, ont intérêt à se pencher. C’est là aussi une question de santé et de poursuite du processus humains en santé.

Pierre Assante, vendredi 27 octobre 2017

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 09:21

Les raisons d’un retard français

les Etats-Unis ont pu attirer les capitaux du monde entier et faire financer une bonne part leurs investissements dans les nouvelles technologies par le reste du monde

Pierre IVORRA

L’omniprésence sur le Net de Google, Apple, facebook, Amazon et Microsoft, n’est que la partie visible d’une domination forte des groupes américains dans le domaine des nouvelles technologies. Une étude de 2015 de l’OCDE, l’organisme qui regroupe les principaux pays capitalistes, indique que « les États-Unis, le Japon et la Corée détiennent à eux trois plus de 65 % des familles de brevets dans les domaines des matériaux de pointe, de la santé et des nouvelles TIC (technologies de l’information et de la communication, ndlr), déposés en Europe et aux États-Unis au cours de la période 2010-12. La Corée affiche la plus forte progression depuis 2005-07 des dépôts de familles brevets dans ces trois domaines ; les BRIICS, en particulier la Chine, ne sont pas en reste. Dans le secteur des TIC, la Corée s’illustre dans les technologies liées à l’internet des objets, l’UE dans l’informatique quantique, et la Chine dans les données massives ». La valeur ajoutée créée en lien avec ces NTIC plafonne à 5,1 % en France et en Allemagne alors qu’elle culmine à 7,1 % aux Etats-Unis, 7,4 % au Royaume-Uni, 8 % au Japon, 9,6 % en Corée du sud. A l’exclusion de quelques domaines, la France est en retrait de ces leaders mondiaux. Notre avenir se joue pourtant sur ces nouveaux territoires de la connaissance et de l’activité.

Comment expliquer de tels retards ? Il y a la rapacité légendaire de la grande bourgeoisie française qui a prospéré pendant plus d’un siècle à l’ombre des « palmiers » coloniaux et cette tendance prégnante des grands groupes tricolores à concevoir leur développement au sein de la mondialisation contre celui de leur espace national. Aujourd’hui, Renault et Peugeot-Citroën importent chacun en France davantage de véhicules que Volkswagen. On peut ajouter à ces griefs cet acharnement à réduire le coût du travail comme l’illustrent dans l’actualité les ordonnances d’Emmanuel Macron.

L’avance prise  par les Américains a aussi une explication souvent négligée. Ils disposent en effet d’une arme de progression massive : le dollar. Grâce à la domination que le billet vert continue d’exercer, malgré ses difficultés, sur les relations monétaires internationales, les Etats-Unis ont pu attirer les capitaux du monde entier et faire financer une bonne part leurs investissements dans les nouvelles technologies par le reste du monde. Cela devrait donner à réfléchir à tous ceux qui négligent l’importance de l’argent et de la monnaie dans les relations humaines et qui sous-estiment la force que nous donnerait un euro coopérant notamment avec le yuan chinois au service des peuples.

Pierre Ivorra, Chronique économique du Mercredi, l'Humanité, 25 octobre 2017

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 09:18

De quel travail avons-nous besoin ?

Quelles finalités ? pour quelle société ?
JEUDI, 19 OCTOBRE, 2017
L'HUMANITÉ
  • L’activité humaine génère des réserves d’alternatives par Yves Schwartz, philosophe du travail

Pourquoi le travail serait-il un passage obligé pour faire émerger les réserves d’alternatives ? Est-on en train de magnifier la « centralité du travail » ? La « valeur du travail » ? Ce n’est pas vraiment ainsi que je vois les choses. Le « travail » n’est certainement pas le tout de la réflexion philosophique, ergologique, politique. Mais le travail – ce qu’on entend aujourd’hui par travail – est certainement dans le champ des activités humaines traversé par des « débats de normes » intenses et critiques. Du fait du lien normes-valeurs (valeurs du vivre-ensemble), c’est un champ majeur où se pose la question des finalités de la vie sociale, pour chaque humain (femme, homme), chaque groupe humain, et pour l’humanité entière, à chaque moment de son histoire. Pour parler du présent, au sein de nos sociétés marchandes et de droit, la reproduction de la vie sociale par l’activité industrieuse s’opère massivement sous la forme du travail marchandise, avec la définition des « temps de travail », des normes juridiques comme le contrat de travail, les titres de propriété des moyens de production, l’actionnariat…

Nous affirmons que tout agir au travail est en permanence investi par des choix très souvent microscopiques mais non sans enjeux sociaux, humains, plus ou moins conscients, plus ou moins verbalisés, traversé par des séries de reconfigurations plus ou moins perceptibles du milieu de travail qui témoignent localement de l’« usage de soi par soi » du protagoniste, en quoi chacun administre ici et maintenant son aptitude à « faire histoire » (et non pas seulement déterminé par des conditions historiques extérieures qu’il subirait passivement). Et de là peut-être le plus important : s’il y a choix, et il n’est pas en notre pouvoir de vivant humain de s’exonérer de choix, il nous faut jour après jour préférer. Travailler, c’est sans cesse trancher de multiples débats, sous peine de rester paralysés devant la tâche. Mais préférer, c’est débattre avec nous-mêmes, c’est argumenter en valeur, que ce débat soit clair ou en pénombre, quant à notre « usage de nous par nous-mêmes ».

On arrive donc à ce résultat assez percutant, à ce paradoxe de nos sociétés marchandes (et de droit) : au cœur même de ce travail payé comme marchandise, de ce travail destiné à produire des biens marchands (produits ou services), et donc évalué en termes quantitatifs, des valeurs échappant à toute métrique, ce que nous appelons des « valeurs sans dimensions » s’incorporent comme aux battements du cœur de cet agir industrieux : « solidarité », « justice », « égalité », « santé collective », « désir de savoirs »… L’emballement marchand, l’omnivalence du financier peuvent altérer notre rapport à ce monde des valeurs, mais cette respiration est inévacuable, sinon aucune tâche sociale ne serait accomplie. Étrange contradiction, donc au sein de nos sociétés marchandes.

Cette exigence, à l’autre pôle macroscopique, dessine un vaste et essentiel programme à multiples facettes, où il faut faire preuve de beaucoup d’inventivité, et travailler à articuler ou renforcer des initiatives, des expériences transformatrices, dont aucune seule ne peut être « la » solution. Évoquons quelques exemples :

– explorer plus avant les ressources, et retravailler les limites de l’économie sociale et solidaire ;

– s’intéresser aux « tiers lieux », aux essais de socialiser l’usage des matrices de fabrication productive (comme les « fab labs ») ;

– repenser des politiques de « développement » pour les peuples en souffrance. Ce qui suppose aussi d’autres normes du commerce international ;

– déplacer, au sein des entreprises, progressivement le curseur de la gouvernance aux mains des seules oligarchies financières pour y intégrer les autres parties prenantes, les producteurs, professionnels, travailleurs, les territoires, et aussi les consommateurs. Sortir ainsi du relatif vide juridique sur la définition de l’entreprise pour initier d’autres stratégies de gestion, où les valeurs de bien commun desserreraient leur subordination vis-à-vis des ratios financiers et rendraient envisageable une autre démocratie industrieuse ;

– repenser la maîtrise et les flux de la circulation monétaire, la fonction des banques, les usages de l’argent dans l’axe d’une exigence politique se déployant sur divers niveaux de temporalité pour définir et décliner les biens communs. L’avenir de la planète doit toujours être présent dans les projets de développement.

Entre ces deux pôles, le « micro » et le « macro », la relation doit être strictement dialectique. Il faut agir par les deux bouts. Sinon, nous dogmatisons sur ce que nous pouvons être, sur ce que nous pouvons vouloir comme finalités émancipatrices. Si la sensibilité généreuse au bien commun à construire n’est pas crédible là où je travaille et je vis, quel crédit ferais-je à ceux qui en font des discours « hors-sol » ?

Contre la tendance à la réification mortifère de nos semblables, contre « la fonte accélérée des valeurs humaines » (Lucien Sève, Aliénation et Émancipation, la Dispute 2012), cette posture d’humanisme énigmatique donne chance aux réserves d’alternatives que génèrent toute activité humaine et, singulièrement, toute activité de travail.

Yves Schwartz, Philosophe du travail

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 08:16

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