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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 19:54

Article publié une première fois sur ce blog le 19/06/2017 10:32

Ensemble,

pour un Congrès extraordinaire

 

 

Les néo-libéraux viennent de remporter une victoire politique et idéologique historique, la gauche est très affaiblie. Notre parti qui a souffert de son effacement à l’élection présidentielle a subi au premier tour des élections législatives un échec électoral sans précédent. Au deuxième tour, l’élection de 11 députés communistes est une bonne nouvelle; cela témoigne de notre capacité de résistance, à l’opposé du défaitisme qui a présidé à notre absence à l’élection présidentielle. Pour autant l’existence même de notre parti reste menacée alors qu'il va y avoir besoin comme jamais de ce qui fait la raison d'être originale du PCF, un PCF qu'il est urgent de transformer et renouveler profondément, à partir d'un bilan exigeant.

 

Un bilan s'impose

 

Moment clé de cette période, le 4 novembre 2016, Pierre Laurent déclarant, avant la décision des communistes, qu'une candidature communiste « n'est pas l'option que je privilégie » prenait position publiquement en faveur du soutien à Jean-Luc Mélenchon. Cette stratégie, contraire à la décision du Congrès (selon laquelle « les communistes travaillent pleinement (…) à engager un candidat » dans le processus de désignation pour l’élection présidentielle), et maintenue malgré le vote des délégués des fédérations à la conférence nationale, a empêché la promotion de nos idées, une bataille unitaire réelle, et conduit à la catastrophe. Il est urgent d'en changer. Le conseil national des 23 et 24 juin doit ouvrir un processus de congrès incluant un travail exhaustif et collectif de bilan.

 

Les idées communistes : originales, indispensables, mais absentes

 

L'élection  présidentielle  aurait dû être le moment de mettre dans le débat public les idées à la fois réalistes et radicales régulièrement évoquées par nos derniers congrès. Les Français les ignorent faute d’un effort persévérant, au sommet du Parti, pour leur permettre de s’en saisir. L'effacement du PCF et de l'originalité de ses propositions a aggravé cette situation, laissant place à la confusion au profit de FI, avec l'illusion entretenue que nos idées seraient quasiment les mêmes.

Le projet de sécurité d'emploi et de formation a fait cruellement défaut dans la campagne face au besoin d’une nouvelle économie pour répondre au défi des révolutions informationnelle et écologique. D'autant plus que la question de l'emploi était placée au premier rang des sujets sur lesquels les électeurs demandaient des réponses. Seuls se sont exprimés les tenants de l’ubérisation et de la flexibilité néolibérale (Macron et Fillon), ceux qui, en plus, font des migrants le bouc émissaire (Le Pen), ceux d’un « revenu d’existence » cantonné à la répartition (Hamon), et ceux pour lesquels l’embauche directe des chômeurs par l’Etat résoudrait le chômage, exonérant les entreprises et le grand patronat de ses responsabilités (Mélenchon). Et pour cause : il n’y avait pas de candidat communiste pour porter dans la campagne présidentielle la proposition de loi SEF déposée en janvier 2017 par André Chassaigne et ses collègues.

De même, nos propositions alternatives sur l’utilisation de l’argent et sur les banques auraient pu être un levier décisif pour le rassemblement d’une gauche de combat et pour la crédibilité d’une alternative novatrice ancrée à gauche. Dans la crise politique effroyable que nous vivons, elles auraient pu être une lueur d’espoir pour tous ceux qui cherchent et qui luttent.

Quant à nos propositions pour refonder la construction européenne, adoptées en conférence nationale et confirmées par notre dernier congrès, leur absence a conforté les populismes de droite et de gauche dans le paysage politique. Elle a laissé la voie libre à Macron pour pousser les feux du fédéralisme et de la domination des marchés financiers. Elle laisse à présent la voie libre à l’opposition factice entre « mondialistes et patriotes » travaillée de plusieurs côtés, effaçant les enjeux de classe et la nécessité de luttes immédiates.

 

Des conditions impossibles pour nos camarades aux législatives

 

Cette absence de la bataille présidentielle a placé nos camarades aux élections législatives dans des conditions impossibles pour le premier tour, malgré le courage et l'engagement dont ils ont fait preuve. Aurait-on voulu faire une pédagogie du renoncement du PCF à son existence qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Malgré cela, 11 communistes ont pu étre élus; ce sera un point d’appui important; mais cela n’efface pas la faiblesse historique de notre score national au premier tour des législatives (3,8 % en France métropolitaine), qui risque d’avoir des conséquences de longue durée si on ne s’attaque pas sérieusement aux problèmes posés.

Dans cette situation, quelle est la nouvelle étape qu’il nous faut engager ?

Le quinquennat Hollande a précipité la destruction de la gauche. Le dispositif électoral de Macron et celui de Mélenchon, permis par notre absence, conduisent à sa désintégration. Pas question de se résigner à cette situation si dangereuse pour notre peuple.

 

Transformer et réorienter le PCF

 

Pour le combat face au nouveau pouvoir et pour une perspective de progrès, il y a absolument besoin de l'apport d'un PCF révolutionnaire, profondément transformé, autonome, émancipé des idées dominantes, se nourrissant des apports de Marx et de ses successeurs, portant le débat sur les rapports de classes et de domination, pour s’en émanciper en dépassant le capitalisme et le libéralisme.

Ni repli identitaire, ni dilution, cette réorientation est indispensable pour aider au développement des luttes et à leur convergence sur des alternatives. Elle est indispensable pour un rapport créatif avec les mouvements sociaux et citoyens qui sont un ferment de transformation de notre société. Elle est indispensable à la refondation de la gauche en France, en Europe et dans le monde, avec des rapports nouveaux et de nouveaux types d'alliances entre les forces qui la composent, rompant avec les logiques de sommet, respectueux de leur diversité, en capacité d’initiatives et ouverts à l’expérimentation décentralisée. C’est une réflexion et une expérimentation qu’il nous faut engager. Dès à présent nous avons à organiser une riposte rassembleuse avec toute la gauche, écologistes, socialistes de gauche, insoumis, syndicalistes, mouvements associatifs, etc... pour laquelle il est décisif de faire vivre l’autonomie effective d’idées et d’initiative de notre parti.

 

Explorer un chemin de révolution pacifique

La France, l’Europe, le monde ont besoin d’une révolution pacifique. Dans le capitalisme financier mondialisé, elle passera nécessairement par des prises de pouvoirs du monde du travail et de la création sur les banques, la BCE, le FMI. Au lieu de s’aligner sur le populisme et l’électoralisme, nos positions dans les institutions doivent contribuer à ces prises de pouvoir. Il nous faut rouvrir ce chantier pratique et théorique. Cela concerne aussi notre action politique dans les entreprises. Ce travail et cette réorientation ne pourront être menés à bien que sous l’impulsion d’une direction  nouvelle prête à s’y engager avec conviction, capable de s’autocritiquer, soucieuse de l’organisation, de la créativité et de l’unité du Parti.

 

Pour un congrès extraordinaire et un collectif de direction provisoire

 

Tout cela doit être l’objet d’un congrès extraordinaire au printemps 2018. Il partirait des remontées des communistes depuis leurs sections, dont une assemblée des délégués de section à l'automne ferait le bilan. Un collectif de direction provisoire devrait être mis en place par le Conseil National pour la préparation démocratique du congrès sous la maîtrise effective des communistes et pour l'animation des luttes politiques face à Macron.

 

Frédéric Boccara (membre du Comité Exécutif du PCF, membre du CESE)

Yves Dimicoli (membre du conseil départemental de Paris du PCF)

Denis Durand (membre du Conseil National du PCF)

Nicolas Marchand (membre du conseil départemental du Val de Marne du PCF)

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 20:18

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La lutte pour être « le premier » dans la protestation n’est pas une lutte de classe.

 

Engels qualifiait un parti de transformation sociale de progrès, d’interprète conscient d’un processus inconscient, celui de la société humaine à un moment et dans des conditions historiques données.

Evidemment, partant de la réalité première et d’un besoin premier d’une société, de produire les biens nécessaires à son renouvellement élargi, il s’agit aussi  et en premier lieu, d’être l’interprète des collectifs humains producteurs, de leurs relations, leurs alliances, leurs conflits.

 

Le PCF a été l’interprète pour plusieurs générations d'une classe ouvrière « de main-d’œuvre », ses concentrations, sa massification, dans la production nationale de l’industrie mécanisée et des relations nécessaires de cette classe ouvrière avec l’ensemble de la société, et au-delà, de la nation et du marché national, avec le monde.

La mondialisation numérisée, le marché globalisé, le capitalisme financiarisé, leur fusion, ne retranche pas de la réalité ce besoin d’interprète.

Mais elle rend l’interprétation différente, puisque le processus c’est transformé, et transformé d’une façon méconnaissable pour l’interprète précédent. C’est bien là où le bas blesse, au point que les représentants du néo-libéralisme ici et dans le monde ont pris de l’avance sur l’interprétation du processus, même si son interprétation est celle qui lui convient pour la mise en condition de l’homme producteur et de ses activités dans la recherche de plus-value et tous les phénomènes négatifs qui l’accompagnent et s’approfondissent.

 

Au fur et à mesure que, pour diverses raisons, et en premier lieu la transformation de la classe productrice (1) et de ses conditions de production, ce rôle d’interprète s’est affaibli, parce que l’interprète est resté sur une vision dépassée du processus, l’héritage de la contestation pour elle-même s’est renforcé.

Le reflux de l’influence du PCF, de la classe ouvrière nationale, et après les inventions de La Libération, va de pair avec une protestation de plus en plus coupée de l’analyse de la transition sociale. Ne parlons pas des autres organisations se réclamant  du progrès social qui ont suscité ou accompagné les choix de la classe dominante dans ces transitions.

 

Entre autre, pomper les voix du PCF au lieu d’affaiblir la droite, a abouti pour le PS à s’affaiblir jusqu’au point actuel. Il ne peut qu’en être de même pour les manœuvres actuelles de même type.

La lutte pour être « le premier » dans la protestation n’est pas une lutte de classe. C’est une raison de la substitution de la protestation coupée relativement de son interprétation consciente d’un processus inconscient par la protestation nationaliste, populiste, et même la comédie d’une protestation visant à « tout changer pour que rien ne change ».

 

Lassalle en son temps, comme le populisme de gauche aujourd’hui, détourne vers une protestation sans issue, l’action pour des transformations de progrès s’appuyant sur l’analyse de la réalité.

De plus cette protestation sans issue est un mépris pour la population, en tenant pour acquis l’incapacité des travailleurs et des citoyens de comprendre le lien entre la production, les tares structurelles du système l’handicapant, et les remèdes à apporter à la crise dont ils souffrent et qui va sans cesse s’aggravant, Macron ou pas.

 

Des exemples simples existent des disfonctionnements économiques résultants du système social obsolète, qui sont tout à fait compréhensible pour tout un chacun à condition d’expliquer et déjà d’en parler.

Il s’agit de substituer aux bavardages médiatiques des explications rationnelles. ET c’est là que l’interprète conscient d’un processus inconscient joue un rôle éminent, à condition d’avoir fait un travail d’interprétation synthétique et non une collection d’observations sans liens entre elles.

…et de mettre cette interprétation au service de l’action populaire pour une transformation de sortie de crise, de progrès, et au service d’un débat qu’elle suscite et dont elle se nourrit.

L’ostracisme des classes dominantes et de leurs institutions contre l’analyse marxiste et sa mise à jour trouve sa raison dans la défense des intérêts de ceux qui détiennent et les moyens de production et le sang qui l’alimente, le mouvement du capital qu’elles contrôlent.

 

Ce qui est dit dans cette expression : « Suraccumulation-dévalorisation du capital et ses remèdes » devrait être dans toute tête de militant (et des citoyen) en tant que conscience (et non en tant que formule) du processus social à dépasser, et ça le fut un temps pour pas mal « d’élèves » des écoles fédérales. Et si ce n’est pas immédiatement compréhensible dans une simple formule, c’est tout à fait compréhensible lorsqu’on fait un petit effort de compréhension aidé » par l’organisation militante, tout en étant un citoyen sans qualification particulière sur ce sujet.

Marx disait de Lassalle, l’initiateur d’une fusion sans contenu du socialisme allemand : « il croit faire une synthèse, mais il fait une erreur composée… »

 

Pierre Assante, 19 juin 2017

 

(1) Ouvriers, cadres et chercheurs de production, techniciens, services qui accompagnent la production stricto sensu et transmettent les conditions de savoir et d’exercice de cette production, etc. forment un tout. Cette production stricto sensu sur laquelle s’appuie l’accumulation capitaliste, condition d’existence du capitalisme, constitue la base de toutes les activités possibles.

La production stricto sensu n’est pas une malédiction.

C’est la vente-achat de la force de travail et dans le néo-libéralisme de toute les activités humaines, qui transposent les dominations animales dépassables culturellement dans la domination de classe, la domination hiérarchique et la perpétuation de la domination masculine héritée et intégrée au système.

C’est la vente-achat de la force de travail qui réduit les capacités de la productivité de libérer l’humain des activités contraintes et d’accroitre les activités non productives stricto sensu, et non productive de capital, entre autre l’exercice de croissance de la conscience individuelle et collective qui fait de l’homme la conscience de la nature sur elle même, en mouvement.

 

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 04:32

Ce soir, les français peuvent compter sur 11 député-e-s communistes qui ont été élu-e-s, Jean-Paul Dufrègne (03), Pierre Dharréville(13), André Chassaigne (63), Fabien Roussel (59) et Alain Bruneel (59), Jean-Paul Lecoq (76), Sébastien Jumel (76) et Hubert Wulfranc (76), Elsa Faucillon (92), Marie-George Buffet (93), Stéphane Peu (93) et sur les député-e-s qui formeront, avec eux, un groupe parlementaire d'opposition au gouvernement pour permettre à cette voix libre et combative de servir les intérêts populaires. Les députés communistes travailleront dès cette semaine à constituer ce groupe et agiront sans attendre en faveur des propositions alternatives qu'ils ont élaborées durant leurs campagnes.

 

Le groupe PCF – Front de Gauche (GDR) est le seul groupe parlementaire qui progresse.

 

La cote d'alarme démocratique est une fois encore dépassée, avec une nouvelle baisse de la participation.

 

Le Parti communiste français demande d'urgence l'ouverture d'un débat national sur le changement de nos institutions, à commencer par l'instauration de la proportionnelle. Tout doit être repensé pour sortir progressivement de la présidentialisation à outrance et pour mieux représenter nos citoyens dans leur diversité.

 

Les résultats confirment par ailleurs que le Président de la République va disposer d'une majorité écrasante de députés. Le paradoxe est qu'elle ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés, ni chez les jeunes et les privés d'emplois qui aspirent à une sécurité d'emploi et de formation pour une vie digne.

 

C'est inquiétant. Nous appelons à une riposte immédiate la plus large possible pour empêcher que l'été soit celui des mauvais coups.

En effet, dès cet été, les députés d'En Marche ! vont être sommés d'obéir au doigt et à l’œil au Président et au 1er ministre pour leur donner les pleins pouvoirs, au service des milieux financiers et du MEDEF, pour casser le Code du Travail par ordonnances et liquider des acquis que le mouvement progressiste et populaire a gagnés dans notre pays de haute lutte.

 

Au-delà, les résultats appellent les forces de transformation sociale à ouvrir un immense chantier de reconstruction politique.

 

Le Parti communiste français prendra pour sa part des décisions dès son Conseil national des 23 et 24 juin.

 

La Fête de l'Humanité, en septembre, sera un moment fort de cette riposte et de cette reconstruction.

 

Le Parti communiste français
Paris le 18 juin 2017

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:45

Itinéraire d’Emmanuel Macron

 
 

La chronique de Pierre Ivorra.

Emmanuel Macron a émergé en juin 2007 en devenant l’un des 42 membres de la commission pour la libération de la croissance française créée par Nicolas Sarkozy, alors à l’Élysée. Appelée du nom de son ­président, commission Attali, elle rassemble outre ce dernier, ancien conseiller de François Mitterrand, des dirigeants de multinationales, françaises surtout, mais aussi étrangères, de hauts fonctionnaires, des banquiers, des ­assureurs, des idéologues, des hommes politiques…

On y trouve le très à droite Claude Bébéar, ancien patron d’Axa, la pas très à gauche Anne Lauvergeon. Dans son rapport, la commission préconise « 316 décisions majeures », sorte d’inventaire à la Prévert mais sur le mode libéral. Elle propose notamment la réduction des cotisations sociales des entreprises et leur compensation par une hausse de la TVA et de la CSG ; devançant la loi travail du gouvernement ­Hollande-Valls, elle entend donner la priorité à la négociation à l’entreprise sur la loi. Reste l’essentiel : mise en place un an avant la dégringolade financière internationale de 2008, elle n’a rien vu venir. Chargée de pister la croissance, elle a essuyé la récession ! À noter, malgré tout, l’apparition d’un « petit jeune » au sein de cette commission, nommé rapporteur adjoint en 2007, puis membre de plein droit en mars 2010, lorsque la commission Attali est relancée après la crise de 2008 et la débâcle libérale. Il s’agit d’Emmanuel Macron, alors âgé de 33 ans et déjà associé-gérant de Rothschild & Co, un poste de prestige dans l’une des principales banques d’affaires ­internationales, spécialisée dans les fusions-acquisitions, les opérations financières des multinationales, bref, les « coups tordus » du monde de la finance et du CAC 40. Macron est certes un jeune « pantoufleur », mais il est de haute volée. Sitôt tombé du nid de Sciences-Po et de l’ENA, il est nommé à l’inspection des finances, et c’est à ce titre qu’il devient rapporteur adjoint de la commission sur la croissance. Il y côtoie donc Jacques Attali et aussi Serge Weinberg, un homme du CAC 40, qui vont, en 2008, parrainer son entrée chez Rothschild & Co.

Durant cette période, parallèlement à son activité de banquier, Emmanuel Macron planche, avec un certain nombre d’économistes du club de la Rotonde, sur le programme économique de François Hollande pour l’élection présidentielle de 2012. Gageons que ce n’est pas lui qui a suggéré au futur président de la République de dire haut et fort qu’il n’a qu’un « ennemi, le monde de la finance ». Même s’il n’en avait pas encore conscience, lui était là pour préparer la suite.

MERCREDI, 14 JUIN, 2017, L'HUMANITÉ

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:32

 

MAINTENANT  ?

 

 

RENCONTRE Samedi 1er juillet 2017

 

 

De quoi le néolibéralisme de Macron est-il le nom ?

 

Quelle politique pour prendre le pouvoir sur l’économie, pour une autre civilisation du XXIème siècle.

 

ECONOMIE ET POLITIQUE vous invite à une
 

RENCONTRE

Samedi 1er juillet 

de 14h30 à 17h,  8 Rue de la Banque

Salle de la Mairie du 2ème Arrondissement

Métro Bourse, Paris.

http://www.economie-politique.org

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Invitation reçue de et diffusée par Denis Durand, de la Commission économique du pcf.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 18:42

 

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Un texte sur 1968 écrit en 2008 qui restera valable, je crois, en 2017, après le "coup d'Etat" conservateur Macronien :

 

1968 les bureaux de paiement :
http://www.humanite.fr/node/391207

 

 

LIRE ICI

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 23:15

La coalition des libéraux de tout poil

MERCREDI, 7 JUIN, 2017
L'HUMANITÉ

La chronique économique de Pierre Ivorra.

Dans la crise qui secoue le capitalisme, crise à la fois économique, sociale, politique, écologique, culturelle, sociétale, certains changements donnent à réfléchir. Avec l’élection d’Emmanuel Macron, on peut penser que désormais, en France, le capital financier ne se contente pas d’avancer ses objectifs par le biais d’un personnel politique traditionnel dévoué à sa cause, en lien certes avec les groupes monopolistes, il se met lui-même aux manettes, s’installe à la tête d’institutions politiques majeures. Le nouveau chef de l’état n’est pas seulement un dirigeant qui entend satisfaire les intérêts de la finance, il est l’homme de la finance ! Avec lui à l’Elysée, de façon plus marquée qu’à d’autres périodes, des hommes et des femmes du CAC 40 et du Medef font une entrée remarquée à des postes ministériels importants, au côté de politiciens chevronnés, libéraux d’engagements politiques prétendument opposés il y a peu. L’équipe gouvernementale s’entoure en outre d’experts formatés au sein des organisations patronales.

Confrontés à une accumulation de capitaux gigantesque qu’ils ont du mal à rentabiliser et qui menace de provoquer une nouvelle crise financière plus grave encore que celle de 2007-2008, les forces du capital entendent mettre les peuples à contribution comme jamais, baisser la part des travailleurs et de leur famille dans la richesse créée. En France, cela passe notamment par une transformation en profondeur du système de financement de la protection sociale afin d’en désengager autant que possible le capital et aussi par un recul sans précédent du droit du travail, des services publics, une refonte de l’organisation territoriale,… C’est dans cet esprit que les libéraux de tout poil se coalisent. C’est leur force et… leur faiblesse.

Mais en effectuant ce constat, nous ne sommes qu’à mi-chemin. Certainement le plus difficile est d’imaginer et de mettre en œuvre des contre-feux et des répliques à ces régressions envisagées ou entamées. La dénonciation de cette mainmise accentuée de la finance sur les affaires du pays ne suffit pas. On ne peut ignorer notamment que le Front national fait mine de la vilipender.

Comment inverser le cours des choses ? Il ne sera possible de le faire que si les forces alternatives, syndicales et politiques reprennent pied dans l’entreprise, dans les usines, bureaux, chantiers, centres de recherche, dans les banques et les institutions. C’est là que la financiarisation prend son envol, c’est aussi là qu’on peut imposer d’autres critères pour produire que ceux de l’argent pour l’argent, là qu’on peut la faire reculer.

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 18:37

Bonjour,

Dans quelle situation économique et politique, selon quelles lignes directrices, avec quel dispositif combattre la politique de Macron et agir pour une alternative ?

Ce sera l’ordre du jour de la prochaine réunion
de la commission économique du PCF

Mardi 27 juin à partir de 18 heures

au siège du PCF, 2, place du Colonel-Fabien

Fraternellement,

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 22:58

« ….Je pense à ce qui a trait à l’acquisition de la parole. Et moins à la toute petite enfance, dont je n’aurai pas la prétention de disputer les savoirs aux praticiens, qu’à des moments plus tardifs, dont chacun a souvenance. Songez à ces heures qu’on a passées aux genoux d’une mère à contempler des images simples, auprès de chacune desquelles voici les premiers mots qu’on aura rencontrés sous leur forme écrite. « Regarde, c’est le chien » ; ou « le chat » ; ou « l’arbre », disait notre initiatrice. Et on regardait, on voyait – quoi ? Certes, des figures tout à fait caractéristiques d’un chien…..

Et il s’en suit  qu’on pourrait penser que la désignation de ces êtres ou choses sur la page, c’était déjà et précisément un enseignement de la pensée conceptuelle au ras des mots qui vont la véhiculer….

Mais croire ceci serait une erreur…..

Deux pôles de l’initiation à la vie. L’un institue dans les mots la mémoire de la présence, l’autre les asservit à l’autorité du concept, l’un appelle à la poésie, l’autre à l’action - cette action où s’inscrira le désir, si bien que c’est là aussi le côté du rêve : et au total de quoi nourrir  - ne croyez-vous pas ? – d’autres relations du petit enfant aux parents que celles que la situation œdipienne aura déjà pu mettre en place. Par exemple, ne peut-on dire que cet enfant qui fait l’expérience de la présence en sait plus, poétiquement, que le père, qui a eu à faire taire en lui cette voix ? Il en sait plus que lui quand à la capacité des mots. Et il peut s’irriter, se faire son adversaire : le père n’a-t-il pas trahi celle, l’éducatrice, à laquelle pourtant il avait donné sa parole, au matin de la vie commune ? Mais il avoir aussi de la compassion, vouloir parler à celui qui ne parle plus et, ce faisant, le réconcilier à celle dont il le redoute séparé. La tâche poétique de l’enfant n’est-elle pas de remarier le père et la mère ? Je crois que la plus importante époque de l’être du monde enfantin, riche du sentiment d’une responsabilité décisive, ce n’est pas la première saison de la vie, celle dont les faims précédaient toute perception des ambigüités du langage, mais ces moments de déjà plus tard où la parole se révèle un carrefour, une schisis en vérité mystérieuse….. »

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Yves Bonnefoy, dans « l’inachevable, Entretiens sur la poésie », entretien avec Yannick Mercoyrol et Jean-Louis Thibault, 1997. Ed. Albin Michel, biblio, Livre de poche.

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 07:50

1) L’élection du plus grand nombre de député.e.s communistes et de toute façon le plus grand nombre de voix du PCF, avec ce que cela représente pour les moyens d’action, est la condition d’un renouveau et d'un rassemblement opérationnel de transformation sociale en santé, quels que soient les difficultés et résultats.

 

 

2) Ce n’est pas en changeant l’étiquette mais en améliorant le contenu que la réponse sera donnée aux « nouveautés politiques » qui ne sont que des palliatifs, des vieilleries mises au goût du jour, qui maintiennent l’état de crise de la société prise dans la suraccumulation du capital et l’austérité comme remède.

 

C’est une grande patience et une grande détermination dans les solutions à apporter à la crise qui fera notre détermination à poursuivre un combat démocratique de transformation sociale, une démocratie de l’homme producteur, du « que, quoi, comment, pour quoi et pour qui produire ».

 

Cette détermination de long terme peut donner des résultats plus rapides que l’on pense si elle apporte des solutions que d’autres, et en particulier les soutiens de la finance ou les errements prétendant s’y opposer, n’ont pas en possession.

Une détermination militante créant les conditions d’un renouveau politique en santé porte sur une bataille de conviction interne de parti, pour des solutions à la crise économique, et à travers elle les moyens d’un renouveau de toutes les activités humaines.

Cette bataille interne portera en avant dans la société les solutions proposées, travail auquel la ComEco s’attèle de longue date, à mon sens.

 

3) La psychologisation de l'histoire et des évènements est la meilleure arme de la finance pour détourner la population et même les salariés du réel.

Nos intellectuels eux-mêmes y sombrent.

Si le suicide du PCF se confirmait, à l'initiative d'une direction qui aurait rejoint ce mouvement, et perdu le sens du réel, celui des conditions économiques de la production des biens nécessaires à la vie humaine, ce sera un grand drame pour les militants. Ils le ressentiront comme tel.

Mais en même temps, peu s'y opposeront, s'ils croient que le suicide est la seule façon de sauver le Parti.

C'est étrange, mais c'est pourtant comme ça que le PCI s'est suicidé. Il existait des conditions matérielles, concrètes, mais les idées ont joué un grand rôle dans le contexte.

J'espère qu'en France les conditions sont différentes...

En tout cas il faut savoir ça pour lutter contre une éventuelle tentative de suicide.

 

Pierrot, Vendredi 9 juin 2017

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 21:27

Autant de poètes, autant de lecteurs poètes, autant de façons de voir, d’entendre, de lire, d’écrire la poésie.

 

En voici une façon entre une multitude :

 

La science, la raison, c’est saisir, décrire le plus fidèlement possible le réel et le partage de cette saisie afin d’agir sur lui en santé.

 

La poésie, l’art,  c’est saisir, décrire le plus fidèlement possible l’effet que fait le réel sur le corps et ses sensations et le partage de cet effet afin d’agir sur lui en santé.

 

La frontière entre sciences et poésie est ténue et poreuse, à double sens, au point de se confondre en une poésie scientifique et une science poétique.

 

Dire ça aux politiques c’est donner à la politique ce qui lui manque pour que les hommes en fassent, vraiment.

 

Pierrot, 7 juin 2017

 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 18:24

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Publié sur ce blog la première fois

le 3 juin 2017

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à D.D. et P.C.

 

C'est à partir d'une certaine conception du monde, de l'humanité, du rôle du travail dans la formation de la pensée etc. que Marx en est arrivé à ses découvertes économiques et que Paul Boccara, avec d’autres, poursuit cette recherche dans le cadre de la société capitaliste mondialisée, numérisée etc.

 

Et qu’Yves Schwartz, avec d’autres, refonde les conditions de l’exercice de l’activité humaine, du travail producteur.

 

Je suis persuadé que les progrès de nos entreprises de Renaissance passent par une renaissance de la pensée philosophique marxiste non dogmatique, correspondant au monde d'aujourd'hui.

 

Cela est totalement absent du débat et de la réflexion dans le Parti et partout.

 

Les grands intellectuels d'aujourd'hui qui paraissent dans l'Huma, par exemple, exposent des travaux et des réflexions certes très intéressants et qui méritent échanges, mais dont les bases marxistes sont absentes, sinon par ouï-dire et sous forme de citations formelles, et ce en quoi, l'idéalisme philosophique domine, ce qui n'aide pas à la compréhension et la Renaissance dans notre monde en crise face à ses transformations.

 

La pensée marxiste, si elle doit se confronter aux autres pensées dans lesquelles elle n’est pas absente, mais souvent tronquée, par connaissance superficielle, alors qu’elle consiste en un vaste réseau d’observations et de mise en synthèse, a besoin de s’exprimer de façon propre, dans son mouvement, sinon, c’est un niveau faible de culture qui est exprimé,

 

Un niveau faible de culture avec ce que cela comporte de régressions que nous connaissons, sur le plan de la civilisation et des intégrismes philosophiques, religieux, politiques, scientifiques répondant à des rigidifications-dissolutions relatives de la pensée dans les visions dichotomisées d'un structuralisme conscient ou pas.

 

Et

 

Il n'y a pas d'interprètes conscients du processus inconscient de la société que devrait être, entre autres, le Parti.
 

Pierrot, 03/06/2017 08:30:40

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Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

 

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 22:08

Pierre MUSSO (1), HUMA, 2.6.17,

"une ère hyper industrielle"

 

Sur l'entretien réalisé par Pierre CHAILLAN

 

« L’ère hyper industrielle » de Pierre Musso est tout simplement le capitalisme mondialisé, numérisé, financiarisé.

 

Le caractériser autrement, c’est se laisser piéger par le fétichisme de la marchandise.

Car l’industrie numérisée est  ni plus ni moins une forme de production dans le processus de la production et de la société, utilisée dans le cadre de l’exploitation capitalisme, productive de plus-value pour la classe dominante qui a les pouvoirs sur l’usage de la forme argent de ce système : le capital et son besoin d’accumulation pour son renouvellement élargi à travers l’échange

A-M-A’ (Argent---Marchandise---Argent’ plus) .

Ceci dans un stade du mode de production où le mode de production entre de plus en plus en contradiction avec ses propres lois.

 

Lorsque Marx décrit la métamorphose du travail devenu capital et le fétichisme de la marchandise, la table devenue valeur d'échange, qui se met à « danser sur ses pieds », il ne fait que décrire le fonctionnement humain, social, de la représentation d’un objet tangible, et ce fonctionnement vaut pour tout objet au sens philosophique, objet concret comme objet abstrait, dont l’abstraction est une fonction du cerveau, de son accumulation mentale tirée de l’accumulation sociale.

 

L’industrie numérisée peut être traitée en tant que sa forme technique, comme la table en tant que valeur d’usage toute simple, ou sous sa représentation dans la pensée humaine dominée par la pensée capitaliste qui n’imagine pas un objet autrement que dans le fonctionnement du type de société actuelle.

 

Ce « traitement » de la pensée, de l’objet et dans ce cas de l’industrie numérisée baptisée pour l’occasion « ère hyper-industrielle » est ainsi une négation de l’objet et par la même occasion de ses méfaits dans un cas particulier, mais en aucun cas, la négation de la négation hégélienne et encore moins marxienne qui imagine une transformation progressive et de progrès pour la mettre en œuvre, un dépassement progressiste.

 

La "sublimation" d'un objet tangible, "concret", comme d'une pensée, d'un sentiment, si elle perd ses origines, les bases concrètes dont elle naît (la nature, le corps, la société etc.), n'est plus une sublimation, mais une régression religieuse d'une tentative de représentation de la réalité, et dans les limites de nos capacités d'espèce et de société. Et elle tourne à la moralisation  négative, sans issue en santé.

 

Il y a hyper-libéralisme qui marchandise toutes les activités humaines.

Il y a hyper-représentativité présidentielle qui confisque la démocratie marchande limitée d’une république qui refuse la démocratie du producteur, du « quoi et comment produire » et est en contradiction avec ses propres lois démocratiques parce qu’elle est en contradiction avec ses lois économiques.

 

Et il y a une industrialisation numérique massive tendant à l'hégémonie dans la production, qui coexiste avec des formes passées de la production, l'industrialisation "de main-d’œuvre" entre autre, pourvoyeuse première de plus-value. Une industrialisation numérique qui est confisquée par le capital qui l’a produite et qui refuse de passer à une démocratie du producteur pour préserver le profit capitaliste.

 

La religion est bien présente dans l’économie. C’est celle du profit et de l’accumulation capitaliste qui conduit à la crise systémique de suraccumulation-dévalorisation du capital et ses « remèdes » provisoires, les politiques austéritaires, les formes hyper-représentatives du pouvoir et ses tentations d’autoritarisme généralisé, de replis nationalistes.

 

L’échange du travail et des produits du travail, le développement et l’approfondissement des coopérations et des échanges, locaux  régionaux et nationaux, mondiaux entre grandes zones mondiales existantes et en développement, contient les possibilités de faire de l’industrialisation numérique la réponse en santé aux besoins humains en croissance et en complexification.

 

L’échange du travail et des produits du travail donne à l’humanité une unité dans la diversité, une conscience qui met en accord son développement avec son univers, la nature dont elle est le processus de conscience.

 

Quand à la « révolution managériale », elle va de pair avec le taylorisme qui répond aux besoins d’accumulation-concentration du capital et réduit en l’encadrant l’autonomie de pensée dans l’activité, et ses résultats, évidemment. L'ergologie et Yves Schwartz répondent par le processus illimité d'expérience et de connaissance du travail à cette question.

 

Pierre Assante, 03/06/2017 21:55:20

 

(1) Auteur de "La religion industrielle", interrogé par Pierre CHAILLAN dans l'Humanité du 2 Juin 2017.

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 07:55

La crise de la répartition, c'est la crise de la production et de son mode,

CRISE DE LA PRODUCTION ! ET RIEN D'AUTRE.

Congrès du PCF, Décembre 2008

 

L'apparence des choses est trompeuse.

Et nous sommes trompés par nos sens.

Pour deux raisons.

Une raison naturelle : les conséquences, dans le mouvement qui se présente à notre observation, sont plus évidentes que les causes.

Les causes sont « lointaines », ce sont les conséquences qui sont immédiatement apparentes à notre vue, à nos sens, à nos sentiments ;

Une raison sociale : résoudre nos besoins quotidiens passe par l'échange. Cet échange est déterminé par la marchandise. Et la marchandise par l'argent.

La substitution du besoin et du désir par la quantité de valeur inverse les rapports sociaux et l'inversion des rapports sociaux entraîne l'inversion de la représentation que nous nous faisons de la réalité.

Pour le militant, c'est à dire celui qui recherche les solutions à la question sociale, cela fait des partis une pépinière de petits Proudhon et de petits Lassalle, non de synthèse mais « d'erreur composée ».

Un exemple « mécaniste », une métaphore, pour donner une idée de l'inversion des causes et des effets : un moteur est « mort ». Il est usé.

La cause est l'USURE. NON ! La cause est le mouvement de chaque instant qui a entraîné l'usure. L'usure qui est une réalité apparaît comme une cause alors qu'elle est un effet, une conséquence du mouvement. C'est dans le mouvement, son observation, son étude, que l'on peut dominer la question de l'usure et à quel moment on peut encore « réparer » et à quel moment « remplacer ».

Mais une société ne se répare ni se remplace comme un moteur. Elle est une construction continue parce qu'elle est une « construction BIOLOGIQUE » et une « construction pensante ». C'est-à-dire que l'humain s'auto-crée et s'auto-transforme.

La crise n'est pas « financière ». C'est une crise de la PRODUCTION. Nous inversons causes et effets en croyant le contraire. Les « lois d'usure du capital » sont contenues dans « Le Capital » de Marx qui a pu observer dans des conditions meilleures que nous ces lois. Conditions meilleures pour plusieurs raisons : proximité de leur formation, « virginité » de l'observation. « L'état de besoin » des théoriciens dominants les rend soumis au capital. Ils sont de plus au même titre que chaque humain soumis à cette « inversion des sens ».

La représentation de la société à partir du mouvement de consommation coupé de la production est significative. Cette inversion s'étend à tous les domaines. La représentation des institutions prend le pas sur celui de la production. Dans les esprits, ce n'est plus la production qui détermine les institutions mais le contraire. Tout est imaginé comme si toutes les activités humaines étaient indépendantes de la production, comme si elles étaient des fonctions indépendantes de la fonction générale de production. Comme si production de symbole était indépendante de production dite « matérielle », comme si la production de symboles n'était pas une fonction de la fonction générale de production. Et le dogmatisme de la production qui a marqué le mouvement ouvrier n'est que le reflet inversé de cette même dichotomie.

La « métamorphose » du parti, sa « mutation » est du même ordre. Elle tente de répondre au dogmatisme par un retour à l'inversion commune, dominante.

Je ne vais pas ré-écrire ici « l'introduction à la critique de l'économie politique » de 1857 et encore moins « Le Capital ». Je veux simplement décrire l'état de confusion du mouvement du salariat, du mouvement des producteurs stricto sensu et du mouvement populaire en général. Tout peut naître de cet état de confusion. Mais cet état de confusion n'est pas sans danger évidemment, d'autant plus que les moyens d'auto-destruction de l'humanité sont devenus terrifiants tant sur le plan de l'organisation sociale que sur ses capacités de destruction physique.

Evidemment, il y a un rapport dialectique entre toutes les fonctions de la société, toutes les activités. Mais la reproduction élargie de l'humanité ne peut se faire que par la fonction globale de production , la production dite « matérielle » étant à la fois « au centre » et « à la périphérie » , le « témoin » et le « moteur » . La « fonction symbolique » est dans la « fonction de production d'objets ».

La hiérarchie entre « le symbolisme » et le « matériel » est une fonction elle-même. Elle découle de la division sociale du travail elle-même sous-tendue par l'accumulation privée des richesses, par la propriété privée des moyens de production.

Le mode de production et d'échange est un mouvement. Il est l'existence même de la société humaine. Il ne peut subir ni de métamorphose ni de mutation génétique. Pas plus que les éléments qui le composent, partis compris.

Chaque élément est en rapport dialectique avec les autres, chaque « fonction » avec les autres, entre elles, et toutes avec la « fonction » globale. Cette présentation des fonctions elles-mêmes est une abstraction nécessaire à la pédagogie mais en tant qu'abstraction, une simple vue de l'esprit ne représentant pas une réalité autre que cette représentation. Elle est utile et fait partie de la « production symbolique » indispensable à la « production matérielle ».

Il y a quelque chose non d'inhumain (l'inhumain étant dans l'humain) mais d'indécent chez les nantis de la production symbolique.

Résoudre la question de la répartition des richesses, c'est d'abord résoudre la crise de la production. J'ai tenté d'expliquer, avec et après d'autres, en quoi consiste cette crise dans « Métamorphose du travail 3 ». Il y a dans le « cri » lancé sur la répartition des richesses, l'ignorance de la création des richesses, des lois qui de moteur du développement des forces productives ont fait du capitalisme un frein au développement des forces productives , tant en quantité qu'en qualité .

La confusion entretenue soit dans la sous-estimation de la classe ouvrière dans le salariat soit dans sa sur-estimation est du même ordre. Il n'y a pas uniformité dans le salariat, pas plus que dans toute chose, et toute chose de la vie humaine. Il y a une fonction globale et des fonctions sans existence indépendante. Toutes dépendent l'une de l'autre, sont l'une dans l'autre. Mais une chose est tangible si on veut bien la toucher, c'est le rôle de la marchandise en tant qu'objet fabriqué, en tant que valeur d'échange marchande en système capitaliste.

Contourner cette réalité, c'est s'allier objectivement au capital, renoncer au mouvement qui abolit l'état actuel des choses du système capitaliste. C'est reconstituer sans cesse le programme de Gotha qui a paralysé le mouvement du prolétariat, même si le prolétariat a trouvé des chemins indépendamment de ce programme. C'est être des Lassalle et des Proudhon, faire des erreurs composées impuissantes et non des synthèses opérationnelles.

Libérer le travail. Rendre une cohérence à l'activité de la personne en la libérant non des nécessités mais des contraintes sociales de classe par une cohérence globale de l'activité humaine, dans sa multiplicité et sa diversité -diversité multiple-. Abolir le salariat et la domination sexiste, les divisions sociales du travail. Abolir la mesure quantitative de l'échange au profit du besoin. Repérer les « finalités en mouvement ». Humaniser la nature, naturaliser l'humain. Libérer le mouvement de prise de conscience de la nature sur elle-même qu'est l'humanité.

Les droits de l'homme, ce n'est pas seulement le type de rapports qu’on a avec les autres ou que l’on aimerait que les autres aient avec soi. Les droits de l'homme c'est la capacité d'agir librement ensemble, de contribuer librement à l'activité humaine. Avoir ce droit c'est avoir tous les autres, droit un et indivisible. Idéal démocratique d'une révolution bourgeoise qui s'est brisé sur la propriété en niant l'usage. L'usage élargi à la richesse pour tous. Le mouvement ouvrier a élargi relativement cette possibilité en rétablissant partiellement des droits indépendamment des inégalités naturelles comme la maladie, avec la sécurité sociale, par exemple.

Dans d'autres domaines aussi. Mais aucune de ces avancées n'est allée jusqu'à la démocratie du travail, celle qui rejette la domination du « que produire et comment produire », domination liée à la propriété privée et au salariat.

La démocratie est liée non seulement aux institutions, mais au travail et à la production, et le mode de production détermine le type d'institution. Si le domaine d'activité est privé, aux mains d'intérêts privés, la démocratie ne peut être que tronquée, limitée, sujette à reculs à tout instant. Dans chaque recul il y a aggravation de la crise de la production.

La démocratie est née de la Cité, la mondialisation méditerranéenne, l'artisanat. L'artisanat est une forme supérieure d'alliance du cerveau et de la main. Le mode de production athénien antique a porté une classe marchande dominante avec des alliés historiques. La révolution française de même. Dans les deux, les travailleurs des techniques artisanales jouent un rôle-clef. Dans les deux le lien entre le travail, la démocratie, les techniques de production est évident. Dans la révolution française, la fédération nationale des cités va donner à la prise de pouvoir révolutionnaire un marché national.

Le rôle des techniques informationnelles, qui n'élimine pas les autres mais les domine, la dissolution relative des marchés nationaux au profit d'une féodalité industrialo-financière mondialisée, la transformation du salariat qui en découle, doivent donner des formes nouvelles aux droits de l'homme, les rapprochant de droits véritablement universels, celui de la démocratie de la production, le communisme qui ne sera toutefois qu'une finitude en mouvement illimité.

Une réflexion pour une nouvelle organisation du travail, une cohérence entre la personne et l'activité globale de production, et l'activité globale de production doit passer par une réflexion sur l'artisanat. Il ne s'agit pas de nier l'industrialisation et sa forme informatisée mais de lui donner une qualité nouvelle dans ce rapport entre l'homme et la nature, l'artisanat étant un « modèle » instructif.

Pierre Assante. Le 10 décembre 2008.

 

La photo, plus récente présente 1 des 2 ouvrages qui font l'objet d'une conférence de Catherine MILLS à la Sorbonne le Samedi 1er avril 2017 publiée sur ce blog..

 

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 16:53

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Revue Economie & Politique

N° 752-753 de Mars-Avril 2017 est arrivée.

« le vote communiste

pour l'humain d’abord

contre le pouvoir de l’argent »

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FEUILLETER

ici

http://riouclaire.fr/ECOPO/752-753/index.html#p=6

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Les articles du n° 752-753 de Mars-Avril 2017

ici

http://www.economie-politique.org/100350

 

 

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 09:44

L’ÉTAT DU MONDE N’EST PAS DÉSESPÉRÉ !

 

SALARIAT, MONDIALISATION, COUCHES MOYENNES, OUVRIERS CADRES ET TECHNICIENS, IDEOLOGIES. GOUVERNEMENT BOBO. ALLIANCES ANCIENNES ET NOUVELLES ALLIANCES.

 

L’état du monde n’est pas désespéré. Au contraire, les réserves d’alternative dans la production et dans l’activité humaine en général existent et s’accroissent, pour un développement en santé de l’espèce humaine et de sa maison Terre.

 

Le salariat de production des biens matériels est dans le monde la classe sociale qui assure les moyens de vie et de développement de l’humanité et de chacun des individus de l’espèce.

 

C’est à partir des biens matériels créés que peuvent reposer toutes les autres activités qui en retour donnent les moyens de cette création : services publics, activités culturelles…usent des biens créés à partir des richesses naturelles.

 

Il en a résulté à la fois une accumulation et une complexification. Dans le système capitaliste et l’échange Argent-Marchandise-Argent’plus, l’accumulation devient suraccumulation du capital qui ne trouve remède à ses crises que dans sa dévalorisation, relative en ce qui concerne la globalité du capital, sinon, la production et l’échange s’écrouleraient. Il ne faut pas en arriver jusque là…

 

Sans en arriver là, la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital a des effets négatifs sur la survie et le développement de l’humanité et la vie quotidienne des êtres humains, et sur la vie de la planète en tant que base des richesses à partir de laquelle se réalisent la production et le travail qui la permet.

 

Il y a osmose entre les secteurs producteurs de biens matériels stricto sensu et l’ensemble des activités, y compris les activités non productives de capital (1) qui nourrissent aussi les savoirs et la conscience qui en retour nourrit l’activité productrice

 

La recherche est une activité dont la double fonction, productrice et de création de conscience apparaît le plus évidemment.

 

Mais toute activité contient cette double fonction et la triple polarité d’accumulation d’activité, de gestion de l’activité, d’échange d’activité.

 

Dans la société de classe, dans le Capitalisme Monopoliste Mondialisé Numériquement Informationnalisé, globalement financiarisé, (CMMNI) où une extrême minorité décide de l’usage du capital, de sa circulation, de là où il doit s’investir en fonction de ses profits, la production de l’humanité subit de graves détournements de la qualité et de la quantité des produits du travail, qui n’est pas sans conséquence sur la satisfaction des besoins humains et leur complexification concomitante.

 

En ce sens, la régression de « l’idéologie ouvrière » et les progrès de l’idéologie libérale a de graves conséquences sur la survie et le développement de l’humanité et des individus qui la composent.

 

Dans les pays historiquement les plus avancés dans le développement industriel et sa forme numérisée, qui contenaient souvent des avant-gardes syndicales et politiques ouvrières puissantes organisées, la transformation du travail, le poids quantitatif et qualitatif de la classe ouvrière, cadres et chercheurs de production compris a régressé.

Le transfert dans les pays en développement de la classe ouvrière "de main-d’œuvre" a participé à cette régression.

Cependant cette réorganisation mondiale du travail, au départ handicapante pour la cohérence entre la production matérielle et la production des idées,  est en train de permettre un développement nouveau au niveau mondial de l’élévation du rôle et de la pensée du salariat de production de biens matériels, du salariat en général et des populations.

 

La domination libérale et sa réorganisation du travail par une automatisation et une numérisation toujours plus grande de l’activité d’une part et par une masse toujours plus grande de main-d’œuvre de réserve d’autre part, contribue à la fois à la régression des idées ouvrières et à leur renaissance et leur approfondissement correspondant au nouvel état du monde.

 

Les gouvernements libéraux et leur rôle de soutien et d’interprète mondial du système financier du CMMNI, s’appuient sur cette régression idéologique et sur les « couches moyennes » qui à un moment en prennent le relais, influencent la classe ouvrière elle-même.

 

Le retournement d’alliance entre ces couches moyennes (2) au profit de la classe ouvrière et de ses composantes les plus avancées et les plus qualifiées dans la production et la gestion de la production, est d’un d’une nécessité absolue.

 

Les conditions que le libéralisme fait subir aux couches moyennes, de plus en plus graves, ne peut que rapprocher ces couches du salariat de production, et en priorité sur la question de l’emploi (3).

 

Pierre Assante, 29 mai 2017

 

(1) En terme de production de biens stricto sensu,  je n’utilise pas le terme « d’activité productive » qui caractérise la productivité du capital, sa reproduction élargie, qui hors temps de crise systémique, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, "se superpose en partie" et est la condition de la production dans le système capitaliste. En termes de production des biens stricto sensu j’utilise le terme « d’activité productrice ».

 

(2) Une partie de ces « couches moyennes » font partie « de ses composantes les plus avancées et les plus qualifiées dans la production et la gestion de la production ». La qualification de « couches moyennes », est plus liée au revenu et à leur place particulière dans l’idéologie dominante que dans leur place dans la production, ce qui rend le terme à la fois ambigu et opérationnel…

 

(3) Pour caricaturer, on pourrait à juste titre trouver une ressemblance du gouvernement Macron-Philippe de ces jours-ci avec un gouvernement « Bobo », ses attitudes, ses comportements et son image, et finalement l’acceptation et le soutien aux privilèges, aux inégalités les plus profondes, nonobstant les mesurettes d’accompagnement dit social. Mais plus que ses comportements, c’est son osmose avec la financiarisation capitaliste mondialisée qu’il faut caractériser et combattre.

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 07:30

Société civile ou société par action ?

DE PIERRE IVORRA
MERCREDI, 24 MAI, 2017
L'HUMANITÉ

La chronique économique de Pierre Ivorra.

Si l’on n’y prend garde, le prochain scrutin risque de se révéler comme un formidable festival de l’esbroufe. Qu’on en juge. Emmanuel Macron et son mouvement nous assurent que la moitié des candidats qu’ils présentent sont issus de la société civile et, lorsque l’on fouille un tant soit peu leur CV, l’on découvre que nombre d’entre eux sont des patrons ou de hauts cadres d’entreprise.

Plutôt que de société civile, il faudrait parler à leur propos de société anonyme, voire de candidats de sociétés par action, à l’image de la nouvelle ministre du Travail, ancienne DRH de Danone, groupe du CAC 40. Et tout ce beau monde est chargé de vendre du vent, par exemple que l’on va pouvoir élargir l’indemnisation du chômage à des non-salariés tout en faisant 10 milliards d’économies et qu’aucun chômeur n’aura à en souffrir ! On comprend que Bernard Arnault, PDG de LVMH, et Pierre Gattaz, du Medef, soient bienveillants à l’égard d’une telle mystification. D’autant que l’entourloupe ne s’arrête pas là. Tout comme Marine Le Pen, mais avec des modalités différentes, le nouveau président de la République considère que ce n’est surtout pas aux patrons de financer les augmentations de leurs salariés. Les travailleurs doivent payer pour les travailleurs ! Pour Emmanuel Macron, la hausse du salaire net permise par la baisse de certaines cotisations sociales doit être financée pour partie par les retraités et pour une autre par des économies sur les dépenses de santé et de protection sociale. Autrement dit, ce sont les salariés-assurés qui vont payer pour les salariés-salariés.

Le FN, de son côté, considère que l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés-salariés devrait être financée par une taxe sur les produits importés acquittée par les consommateurs-salariés.

« Les Républicains » ne sont pas en reste. Éric Woerth, leur « monsieur programme », affirme que leur projet de baisse des cotisations patronales « est infiniment plus fort que celui d’En marche! », puisqu’il sera élargi à l’ensemble des salaires et qu’il y aura d’autres réductions en plus, une pochette cadeau en quelque sorte. Grâce à cela, la droite rasera gratis mais c’est le Medef qui tiendra le rasoir.

La caractéristique de toutes ces démarches est qu’elles considèrent les travailleurs comme des acteurs mineurs de la République, une volaille à tromper et plumer, même si, notamment sur ce sujet, le FN a droit à la palme. Tous veulent renforcer le pouvoir patronal sur l’entreprise et la société, celui des actionnaires, des grandes fortunes, afin de leur permettre d’accaparer encore plus. C’est là l’un des enjeux majeurs du scrutin.

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 07:25

Le sens des réformes d’Emmanuel Macron

DE PIERRE IVORRA
MERCREDI, 17 MAI, 2017
L'HUMANITÉ

La chronique économique de Pierre Ivorra.

Il serait souhaitable que le débat d’idées qui a souvent été escamoté lors de la présidentielle puisse enfin avoir lieu lors des législatives. C’est ainsi qu’il n’y a guère eu de controverses sur la question du financement de la protection sociale. Presque tous les candidats ont, par exemple, considéré qu’il fallait maintenir la CSG, certains proposant même de l’augmenter, d’autres, comme Jean-Luc Mélenchon, de la rendre progressive, Benoît Hamon envisageant lui aussi de la moduler, mais en la fusionnant avec un impôt sur le revenu à dix tranches. L’option d’Emmanuel Macron est pour sa part très significative.

Le nouvel élu prévoit d’augmenter la CSG de 1,7 point, en compensation de près de 20 milliards de baisse de cotisations chômage et maladie prélevées sur les salaires, équivalant à 3,15 points du salaire brut. Les retraités des catégories moyennes vont être ainsi particulièrement mis à contribution, tandis que l’ensemble des assurés sociaux vont pâtir d’une réduction de 25 milliards d’euros des dépenses sociales. Au total, le bénéficiaire exclusif de ces opérations sera le patronat. Le Cice va être transformé en une baisse de cotisations. Dans son programme, Emmanuel Macron s’engage à diminuer « les cotisations sociales employeurs de 6 points en remplacement du Cice et jusqu’à 10 points au niveau du Smic : les employeurs économiseront près de 1 800 euros par an et par salarié au Smic, 2 200 euros pour un salarié payé 3 000 euros brut par mois ».

Cette réforme a en fait un double objectif : d’une part, accroître les profits du capital au détriment de la santé et du bien-être du peuple travailleur ; d’autre part, engager une transformation radicale, systémique, du financement de la protection sociale. Depuis 1945, les médaillés des conseils d’administration, les gavés de la fortune, les abonnés aux dividendes jugent intolérable de devoir écorner leurs profits afin de donner un minimum de sécurité aux travailleurs et aux populations face à la maladie et au chômage, et, avec ce transfert vers la CSG, c’est cet égoïsme de classe qu’Emmanuel Macron entend satisfaire.

Si une réforme du financement de la protection sociale paraît nécessaire afin de répondre à la montée des besoins, elle doit être davantage liée à la production de richesses qu’aux revenus. C’est dire qu’elle ne doit pas décoller des entreprises. On peut concevoir un système modulant les cotisations de ces dernières afin de les inciter à produire plus et mieux, à créer des emplois, à former leurs salariés, à préserver l’environnement. Évidemment, dans cet esprit, la CSG serait appelée à disparaître.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 15:11

Chers collègues, chers rapporteurs, Pierre et Guillaume, chère présidente Hélène, Madame la Ministre,

 

Cette année le Rapport annuel sur l’état de la France a une originalité : il relativise les 10 indicateurs sur lesquels il était basé depuis quelque temps.

Et pour cause. En matière de chômage et d’inégalités, on ne peut en rester à ceux-ci.

 

D’abord sur le constat.

1. Ainsi, dénombrer le nombre de gens ayant occupé un emploi, quelqu’il soit, un certain temps durant le mois écoulé pose des problèmes qui se voient de plus en plus. Nous observons certes un recul du taux de chômage ainsi calculé, mais il s’accompagne d’une augmentation du « halo » du chômage, comme on dit, c'est-à-dire du nombre gens qui passent à un moment ou un autre au chômage, d’une augmentation des emplois à temps partiel ou à temps incomplet, d’une augmentation notable du nombre de contrats précaire dans le « stock » de l’emploi (et pas seulement dans les flux d’embauche).

Au total, une précarisation accélérée de l’emploi et dans le même temps une précarisation des revenus et des situations.

Bref, nous pourrions être en marche, « en marche » je dis bien, vers ce qu’on observe en Angleterre ou aux Pays-Bas (par exemple) et que les économistes dominants appellent de façon trompeuse le « plein-emploi ». C'est-à-dire plus d’emplois mais mités, précaires et appauvris.

Ce n’est pas ce genre de taux de chômage qui doit être notre cible. Ce n’est efficace ni pour la société, ni pour l’écologie, ni pour l’économie.

2. Au contraire, il s’agit de viser la sécurisation de chacune et chacun dans l’emploi, dans un parcours professionnel et de vie. Avec mes amis je parle d’une « sécurité d’emploi et de formation ». Mais peu importe, il nous faut en définitive des indicateurs de la sécurisation de l’emploi, du développement des personnes et de leur revenu.

Votre rapport a le mérite de permettre de s’en apercevoir.

3. Il a aussi le mérite d’insister sur les problèmes posés dans l’enseignement et dans la Recherche (services publics et R&D des entreprises), sans trop se censurer sur la question des moyens financiers nécessaires e des politiques passées.

4. Vous avez raison d’insister sur l’enjeu majeur : non pas remettre en cause notre devise, « Liberté, Egalité, Fraternité », mais se donner les moyens de la réaliser.

5. Vous insistez à juste titre sur les discriminations de genre, même si le « mieux » dont vous parlez concerne plutôt le long terme que le court terme. Ce dernier faisant plutôt ressortir des tensions accrues, au croisement du genre et des classes sociales.

6. Vous abordez aussi les discriminations de type raciste (sans les nommer ainsi, ce qui est regrettable). C’est une bonne chose, mais je tiens à vous faire remarquer que l’outil statistique pour les mesurer est fort contesté, et souvent à juste titre.

Donc des éléments de diagnostic que je partage. Et une insistance sur les problèmes, car il faut bien les affronter. Sans pessimisme forcé. Et vous évitez aussi l’optimisme bien excessif du Rapport de l’an dernier.

 

Mais. Car il y a un mais. Et même plusieurs.

1. D’abord votre souci juste de distinguer le vécu subjectif et la réalité objective. Il ne vous évite pas le travers de culpabiliser les gens : le problème français serait-il surtout un manque de confiance dans l’avenir ?

Non. Je ne le crois pas.

Il faut mettre notre situation en regard de choix, d’orientations et d’idées, voire aussi de pouvoirs et d’institutions.

2. Ainsi, il faut s’interroger sur les politiques continuelles de baisse du coût du travail, engagées depuis des décennies. Et qu’on veut poursuivre ! Comme s’il n’y avait qu’un seul coût ! Comme si le coût du capital n’existait pas ! Et alors que les dépenses nouvelles devraient viser l’immatériel et les capacités humaines, y compris le développement des services publics.

3. Pourquoi cette insistance sur la transmission du patrimoine ? patrimoine dont on déplore par ailleurs qu’il soit une forte source d’inégalités.

4. Je suis aussi en désaccord avec la proposition concernant le logement social : demander aux gens de les quitter lorsqu’ils dépassent un certain seuil est un principe qui conduirait à « ghetttoiser » encore plus nos cités populaire, voire à donner un signal de précarisation des situations, et qui ne pose pas le problème majeur qui est celui du volume global de nouveaux logements sociaux.

 

Et puis, quels sont nos atouts et moyens ?

1. D’abord, les ingénieurs, les chercheurs, les ouvriers, tous les salariés, les créateurs, le stock de connaissances, de savoir-faire ; bref, le monde du travail et de la création, et toute la capacité de notre tissu économique, d’entreprises et de services publics. Peut-être faudrait-il mieux en faire l’état des lieux, notamment si nous nous considérons comme « l’assemblée du futur » : leur précarisation devrait nous inquiéter !

2. Deuxièmement nos services publics. Ce sont des atouts décisifs. Il leur manque des indicateurs plus systématiques.

3. Enfin l’argent. Plus précisément nos banques. Elles font partie de nos atouts. Elles peuvent être un formidable levier. Nous en avons convenu lors de l’avis sur les PME/TPE voté ici à la majorité. Or quelle est leur situation et quelle a été leur activité durant l’année 2016 ? Elles utilisent pourtant essentiellement l’argent des salariés et des retraités.

Mais comment cet argent est-il utilisé ?

Malheureusement, les indicateurs qu’on a, par ailleurs, montrent un accroissement des exportations de capitaux. Ils ne sont pas encourageants, de mêmes ceux montrant la financiarisation accrue des revenus et leur extraversion exagérée ou la disparition de l’excédent des services – possible indication d’une recrudescence de fuite de matière fiscale par les grandes multinationales vers des pays à fiscalité dite « accommodante ».

4. On devrait aussi s’interroger sur l’utilisation des disponibilités financières nouvelles des entreprises en 2016.

Bref, nous aurions pu mettre en lumière des leviers, voire des pouvoirs et institutions pour faire évoluer dans le bon sens cette utilisation de l’argent. Ceci non seulement en France, mais aussi en Europe, en questionnant, là, l’activité et les modes d’action de la BCE.

Il est regrettable que cela n’ait pas été fait.

Les problèmes posés par le Rapport résident sur tout dans les silences du diagnostic comme des recommandations. J’ai bien peur de ne pas en partager les silences, si l’on peut dire… !

Dans le doute, et en poussant à une amélioration pour le prochain rapport, j’ai choisi finalement de voter pour.

 

Photo prise lors de la présentation du projet de loi pour la Sécurité d'Emploi et de Formation (SEF), Assemblée Nationale.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 15:01

Rapprochement entre des phénomènes de la pensée et des phénomènes économiques

 

Dans quelles conditions l’activité humaine peut-elle exister et en particulier le travail au sens capitaliste du terme, l'achat-vente de la force de travail et son produit ? C’est ce à quoi tente de répondre l’ergologie, non en tant que science et encore moins comme recette.

 

Un système de concepts en mouvements que peut être le marxisme en tant qu’anthropologie, économie et philosophie et dans son usage pour une théorie de la personnalité met en relation les conditions économiques diverses multiples et les actes producteurs de la personne (1)dans la société.

 

Dans le système capitaliste, devenu globalement mondialisé, numérisé, financiarisé quelles sont ces conditions ? Quel rapport entre le système, les conditions matérielles de vie, les mentalités en ce qu’elles peuvent avoir en commun ?

 

Pour suivre le parcours de Marx et des Marxistes dans son développement jusqu’à aujourd’hui et ses capacités de théoriser sur les possibilités de transformation en santé du mode de production et d’échange, on ne peut échapper à cette interrogation : ce que l’ergologie a pu dégager de concepts pour aider à la compréhension de l’activité et d’un processus en santé de l’activité ne peut ignorer les conditions générales des activités particulières et en ce sens quelles sont les conséquences d’une crise économique et ses différentes phases sur l’activité ?

 

Yves Schwartz, dépassant  sans en nier le rôle, les théories économiques des crises catastrophiques, met en avant la négation de la négation- résolution des crises,  en mettant au cœur des propositions de « mise en santé », le type d’organisation du travail et la personne dans un type d’organisation du travail.

 

Ce qui veut dire que la question du pouvoir politique ne résout pas à elle seule la question de la santé de l’activité et de la production des biens nécessaires à la vie humaine, ce en quoi il y a convergence avec l’économie marxiste, bien qu’ergologie et économie ont leur champ propre dans « le champ général » du savoir pour agir.

 

Lucien Sève établit une « analogie » entre baisse tendancielle du taux de profit et baisse tendancielle du taux d’intérêt psychologique. Il s’agit là non d’une analogie pure mais  d’un rapprochement entre des phénomènes de la pensée et des phénomènes économiques dont les processus sont liés dans l’activité générale de la société et la résultante des activités relativement autonomes de chaque personne.

 

La baisse tendancielle du taux de profit et la suraccumulation-dévalorisation du capital sont liées. Elles tiennent à l’évolution de la composition du capital : augmentation du capital constant (Investissement en machines...) dans le capital total capital variable (coût de la force de travail) compris, d’autant plus rapide que les révolutions techniques et scientifiques l’accélère.

 

Mais les conditions de vente et d’achat de la force de travail, les produits qui en résultent et les conditions de santé de l’activité ne sont pas uniformes dans le processus d’une crise décennale, pas plus que dans une crise et longue durée et d’une crise systémique durable, qui connaît une suraccumulation dévalorisation du capital durable tendant à l’épuisement du système de production et d’échange.

 

Quelles « analogies » pouvons-vous imaginer dans les différentes phases du processus de la crise, de la période de croissance de la production et de l’emploi à la période de croissance relative du salaire et la période de sous-consommation et d’excès d’épargne qui s’en suit et de longue durée d’une phase théoriquement finale lorsque la suraccumulation ne trouve plus remède dans le système lui-même ?

 

Dans la phase d'épuisement de la croissance, la phase de suraccumulation-dévalorisation du capital, vers une possible phase de re-développement de qualité nouvelle, n'y a t-t-il pas épuisement relatif des réserves d'alternative (2) et "entrave" relative aussi, à la dé-normalisation, par suraccumulation- dévalorisation des réserves d'alternative par « analogie » avec la  suraccumulation-dévalorisation du capital ? 

 

Et non pour être optimiste par principe, mais par raison, quelle analogie dans la période de transition vers une période de redéveloppement dans le dépassement du système et de la construction radicale et progressive de l’échange Argent-Marchandise-Argent’ et des structures et superstructures productrices, gestionnaires, politique : système symbolique de mesure de la valeur, système symbolique de l’échange et processus de la qualité « physique et mentale » de la production des biens, en rapport réciproque, dialectique, en unité.

 

Quel « type de conscience » ? Quel rapport de la personne avec la société, avec la nature ?

 

Si l’on s’en tient à la simplicité finalement finale du rapprochement effectué par Lucien Sève avec la baisse tendancielle du taux de profit et ses solutions, et pourquoi pas ?, le processus de conscience et le processus de transformation de l’organisation du travail, de l’activité, l’accroissement du temps non productif de capital, en formation depuis le début du capitalisme, pourrait bien trouver une issue commune à l’issue de la crise systémique.

 

Mais cela n’est pas suffisant en tant que réflexion d’un processus commun, incluant des développements inégaux des activités et des champs d’activité. Encore faut-il développer une analyse fine des conditions d’activité dans chaque phase de crise et de remèdes à la crise et de possible construction après crise, dans la continuité du processus humain.

 

Comprendre les crises économique, leur relation avec l’infinité et la diversité des activités et des comportements sociaux individuels et collectif, est une tâche de chercheur qui ne peut avoir lieu sans lien étroit avec les individus de l’activité sociale et leurs composantes locales de production, aspirant à la liberté.

 

Une fois de plus : économie et ergologie ont partie liée. Plus que l’ensemble des champs qui en dépendent ? Ce degré de dépendance ne peut être déduit que du travail de ces deux champs essentiels.

 

Pierre Assante, 25 mai 2017

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(1) Au deux sens de l'acte de la personne qui produit et l'acte producteur qui produit la personne.

 

(2) Au sens donné à ce concept par Yves Schwartz.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 07:23

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Article mis en ligne

une première fois sur ce blog

le 13 mai 2017

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Colloque : « Philosophie, anthropologie, émancipation : autour de Lucien Sève »

(9-10/12/2016).

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Communication de Yves Schwartz

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« Activité et Personnalité : un débat avec Lucien Sève »

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La vidéo ici

https://www.youtube.com/watch?v=7Juqi7oM8Bc

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Extrait du texte :

"....Une Introduction à "......Ma dette à l’égard de TMP (1) n’est donc pas de peu d’importance. Comme une sorte de libération philosophique. Et c’est à partir de là que j’ai commencé à prendre connaissance d’une œuvre considérable, d’une érudition prodigieuse, particulièrement marxienne (Voir la Philosophie Marxiste), et d’une exigence impressionnante d’auto-interpellation par tous les apports intellectuels susceptibles d’interférer avec ses thèses. L’homme (2008) est un extraordinaire exemple.

Au delà de cette lecture, il y eut pour moi trois moments décisifs dans la rencontre que j’ai eu le bonheur d’avoir avec lui :

-comme directeur des Editions Sociales, il a favorisé la publication de L’homme Producteur, autour des mutations du travail et des savoirs (1985), où avec D.Faïta, nous tentions d’évoquer cette première expérience de travail sur le travail avec les travailleurs, nourrie et comme exigée par cette expérience de « visiteur du travail ». Noyau initial d’une dynamique formative et d’interrogation anthropologique aujourd’hui plus que trentenaire, totalement innovante dans l’université, et matrice de collaborations nationales et internationales.

-Contractant avec moi pour la fabrication d’un ouvrage militant synthétisant les acquis de ces « visites du travail », il a parfaitement accepté et encouragé la progressive transformation de ce projet en une thèse d’Etat, Expérience et Connaissance du Travail, soutenue en 1986 et qui heureusement devait revenir aux Editions Sociales pour publication en 1988, même s’il n’en était plus directeur.

-Enfin, en cette période intellectuellement et politiquement si féconde, s’est développé à l’IRM sous son autorité ce séminaire sur la question du statut de l’individualité dans le marxisme, dont le résultat final devait être Je, sur l’individualité, en 1987. Chacun a pu mesurer dans ce projet collectif qui a fait bouger les choses cette capacité du personnage à écouter, cette si rare disponibilité à se remettre en question si nécessaire, ses exceptionnelles qualités de générosité intellectuelle couplées à des convictions émancipatrices jamais prises en défaut.

Puisque est en question l’anthropologie dans ce colloque d’hommage, je souhaiterais éclairer brièvement un point clé pour lui comme pour moi, nos    convergences et nos divergences autour du concept d’activité........

.....SUITE du texte ici

http://pierreassante.fr/dossier/SCHWARTZ_SEVE_9-12-16.pdf

 

(1) Il s'agit de l'ouvrage de Lucien Sève " Marxisme et Théorie de la Personnalité", qui a marqué un important débat depuis les années 1970.

 

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 08:02

 

Plus qu’une vague description de l’addition des malheurs qui nous occupent pendant que d’autres, minoritaires puissants et ambitieux en profitent….

Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital

 

Comprendre les crises est indispensable pour rechercher et mettre en œuvre des solutions aux crises.

Les « à peu près » des divers programmes électoraux font la démonstration de leur incompétence à les résoudre.

Donner à tous le moyen de comprendre, d’une façon plus ou moins approfondie, mais toujours à partir d’une démarche pertinente est une exigence scientifique et militante pour tout citoyen.

Donner à comprendre c’est aussi organiser la formation par ceux qui ont avancé sur le chemin de la compréhension. Et c’est certainement une tache essentielle dans les décennies qui viennent pour donner à ceux que d’aucun appellent « une crise de civilisation » autre chose qu’une vague description de l’addition des malheurs qui nous occupent pendant que d’autres, minoritaires puissants et ambitieux en profitent.

 

Dans sa présentation (1) des 2 volumes de Paul Boccara « Théories sur les crises de suraccumulation-dévalorisation du capital », Catherine Mills résume :

 

« …Marx lui-même dans Le Capital, et ses trois livres de 1867 à 1894, a précisé les éléments fondamentaux, se rapportant aux deux côtés unilatéraux et aux facteurs permettant d’avancer vers leur articulation. Cela se rapporte à des éléments sous-consommationnistes et aussi sur- consommationnistes. Marx précise le gonflement ou le dégonflement cycliques de l’armée de réserve du travail des chômeurs. Il souligne tout particulièrement l’élévation du rapport moyens matériels de production/ salariés, caractéristique de la technique de la révolution industrielle de remplacement des travailleurs par des machines, pour rendre compte de la baisse du taux de profit et de la suraccumulation du capital à la base des crises. Il montre le rôle du crédit pour favoriser l’accumulation en machines, avec le gonflement des prix qui l’accompagne et la spéculation. Il considère que l’insuffisance de la consommation explique les crises en dernière analyse, même si on ne peut réduire l’explication des crises à la sous-consommation. Mais dans son ouvrage inachevé, il manque l’articulation de l’éclatement périodique des crises à la sous-consommation qui se manifeste en fin de cycle. Cette lacune concerne tous les enchaînements du processus conduisant à l’éclatement cyclique de l’excès d’accumulation et des crises capitalistes.

 

L’analyse néo-marxiste de Paul Boccara précise le déroulement effectif du processus complexe et ordonné conduisant aux crises capitalistes. Elle montre comment on passe des excès de salaires surconsommationnistes, suivant l’essor cyclique, à la réponse du remplacement des travailleurs salariés par des machines, avec la technique de la révolution industrielle, la montée du crédit et l’inflation du boom. C’est cette élévation de l’importance des machines par rapport aux travailleurs salariés productifs qui finit par entraîner l’insuffisance cyclique de consommation des travailleurs salariés , par rapport à la production accrue et aux prix gonflés par l’accroissement des machines et du crédit. D’où, non seulement la baisse du taux de profit en valeur, mais aussi en prix avec la surproduction, l’éclatement de la crise de suraccumulation du capital…. »

 

Comprendre les crises est le premier pas vers résoudre les crises, ce que propose la suite des deux volumes.

 

Avancer pas par pas dans cette compréhension passe par ce premier pas :

Le phénomène de suraccumulation-dévalorisation du capital est particulièrement décrit dans les pages 412-427 du volume 1, chapitre 3 de la 2ème partie intitulé « les linéaments d’un schéma dialectique marxien et néomarxiste du processus de suraccumulation ».

 

Paul Boccara conclut ce chapitre pas ces mots :

« …Avec la rupture d’accumulation, nous passons ainsi à l’étude de la suraccumulation du capital à celle de la dévalorisation consécutive, comme sa dépréciation. L’étude de la dévalorisation de capital permettrait de préciser le mouvement polycyclique du système. Et cela, dans les cycles de périodes plus ou moins décennales, comme aussi dans l’analyse des conditions de la mise en cause du système, à laquelle nous aboutirons dans le second volume de l’ouvrage… ».

 

En introduisant sa présentation, Catherine Mills nous dit :

« …En raison de l’exacerbation de la crise radicale en cours du capitalisme mondialisé, notamment depuis 2008, montent les préoccupations fondamentales concernant les crises du capitalisme. Cela va pourtant de pair avec le déni de leur importance et de leur caractère nécessaire dans certaines théories économiques récentes. C'est notamment l’irréalisme fondamental de trop de travaux universitaires ré­cents sur ces questions cruciales malgré l’effondrement de leurs illusions. Nous sommes aussi face à la relance des propositions néo- libérales d’adaptation du système considéré comme indépassable.

Cet ouvrage se propose de recenser les théories sur les crises depuis trois siècles. Il présente un bilan pluriséculaire des acquis des théories des différentes écoles de pensée sur les fondements des crises systémiques, ou de suraccumulation et de dévalorisation de capital durables.

Le premier volume concerne les théories des crises cycliques avec les limites fondamentales de l’accumu­lation des capitaux et leurs solutions,

Le second volume se rapporte aux théories des crises systémiques, de la croissance, des cycles de longue période et des transformations du système capitaliste lui- même. Il souligne aussi la radicalité de la crise écologique et climatique. Il concerne une théorie critique néo- marxiste cherchant à dépasser les diverses analyses néo- keynésiennes…. »

 

Paul Boccara : Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital, Delga, 1er vol 2013, 2è vol 2015.

 

Pierrot, 20 mai 2017

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(1) La conférence de Catherine MILLS est accessible en lecture et en vidéo sur le site de la Fondation Gabriel Péri et sur ce blog.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 08:00

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LA METAMORPHOSE DU TRAVAIL,

Essai, 2007-2009.:

ICI

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http://www.espaces-marx.net/IMG/pdf/contribution_P-Assante.pdf

 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 17:05

Une présentation par Catherine Mills, d’après l’œuvre de Paul Boccara : Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalo­risation du capital, Delga, 1er vol. : 2013, 2e vol. : 2015.

Catherine MILLS
Maître de conférences honoraire en Sciences économiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Directrice de la Revue "Economie & Politique".

Paris, Sorbonne, samedi 1er avril 2017

Introduction :

En raison de l’exacerbation de la crise radicale en cours du capitalisme mondialisé, notamment depuis 2008, montent les préoccupations fondamentales concernant les crises du capitalisme. Cela va pourtant de pair avec le déni de leur importance et de leur caractère nécessaire dans certaines théories économiques récentes. C'est notamment l’irréalisme fondamental de trop de travaux universitaires récents sur ces questions cruciales malgré l’effondrement de leurs illusions. Nous sommes aussi face à la relance des propositions néo- libérales d’adaptation du système considéré comme indépassable. Cet ouvrage se propose de recenser les théories sur les crises depuis trois siècles. Il présente un bilan pluriséculaire des acquis des théories des différentes écoles de pensée sur les fondements des crises systémiques, ou de suraccumulation et de dévalorisation de capital durables. Le premier volume concerne les théories des crises cycliques avec les limites fondamentales de l’accumulation des capitaux et leurs solutions, Le second volume se rapporte aux théories des crises systémiques, de la croissance, des cycles de longue période et des transformations du système capitaliste lui- même. Il souligne aussi la radicalité de la crise écologique et climatique. Il concerne une théorie critique néo- marxiste cherchant à dépasser les diverses analyses néo- keynésiennes…..

 

…..LIRE la suite en cliquant ici

http://pierreassante.fr/dossier/seminaire_MarxSD.pdf

......VOIR LA VIDEO en cliquant ici

https://vimeo.com/211237904

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Sur le Capitalisme Monopoliste Mondialisé Numériquement Informationnalisé, essai du blogueur, voir sur ce lien ici

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 17:03

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leis aubres Les arbres

Poème bilingue Òc-Français

 

 

sur leur ligne de front

ne sont ni les plus vieux

ni ceux au bois épais

mais les plus pacifiques


restan

sus l'orle de resistencia

lei mai pacifics

e non lei mai vielhs

nimai lei pus lenhós


rien ne les sauve

ni le temps

ni leur dignité

sa dignitat

lei apara

tanpauc coma lo temps


j'ai souvent pensé leur force inépuisable

c'était sans compter

sur leur résignation

cresiáu

sa fòrça sensa fin

oblidèri

son resignament.........

 

......SUITE du  poème ici

http://pierreassante.fr/dossier/leis_aubres.pdf

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