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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 18:28

bessac.jpg

 

 

Partir des transformations en l'état de la France ?

Partir des transformations en l'état du monde ?

Un rôle spécifique d'un pays développé technologiquement dans un contexte international ?

S'appuyer sur une transformation de tout un corps social ?

Ou sur les forces sociales "spécifiques" de la transformation du mode de production de par leur place dans la production?

Ou combiner ce qui naît dans diverses couches sociales à un rôle "d'avant garde", d'expression consciente d'un processus inconscient ?

Un moment du processus dans un processus général et décisif de la transformation du mode de production et d'échange ?

Voilà quelques questions non limitatives qu'induit cet édito, je crois...

 

Cet edito ici

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 10:29

"...La dévalorisation du travail gagne à ce point du terrain et fait le lit d’une sorte de coup d’état que nous préparerait autoritairement ou en douceur les prochaines élections présidentielles dont la candidature de Nicolas Sarkozy est un révélateur puissant. Et à laquelle il nous faut répondre, chacun à notre façon, en fonction de nos propres activités..."

Fig.4

 

L'intégralité  de cet article publié par ESPACES MARX en décembre 2006, dont est tiré l'extrait ci-dessus, vous la trouverez en cliquant :  ici

 

 

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 21:17

rencontre syndicaliste 00012 textes :

 

Entretien réalisé par Olivier Mayer, journal "l'Humanité", lundi 7 février 2011

 

cliquer : ici

 

30 Ko, 2 pages

 

 

FSU/CGT pour des coopérations :

cliquerici

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 07:30

8Aout10-001.jpgLa pluridisciplinarité est une assez bonne garantie d'analyse critique et de recherche des solutions rationnelles.

 

C'est aussi la base de la richesse culturelle...

 

Mais il nous faut un « retour » à cette pluridisciplinarité sans pour cela retourner à un mode de production primitif.

 

Nous avons vécu un épaississement des frontières entre les activités humaines avec pour porosité essentielle l’échange marchand et la sacralisation généralisée du capital.

 

Accouplement des valeurs morales et de la publicité étant entre autre une image vivante de cette sacralisation.

 

Le recours aux hommes providentiels, malgré l’accumulation exponentielle des expériences et des connaissances humaines, est le témoignage de ce manque de généralisation, de synthèse, et de mouvement de la pluridisciplinarité prisonnier de l’échange marchand parvenu à son terme de développement possible.

 

Le rapport à la marchandise ne peut être qu’un rapport aliéné à la vie, et la sacralisation une prison de la raison.

 

Pierre Assante, 29 janvier 2011

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 05:56

2011 01 11 008On ne peut raisonner le capital. Il a besoin de s’accumuler pour survivre, quitte à tuer le sol sur lequel il prend racine : l’humanité.

C’est à partir de cette constatation que s’est développée l’idée "d’hégémonie de la classe ouvrière" nécessaire à la libération de l’activité humaine. Hégémonie de la classe ouvrière, autrement dit la démocratie du "que produire et comment produire" les subsistances "matérielles et morales" dont nous avons besoin. 

P.A. 01.02.2011

(Réponse à quelques amis par rapport à l'article précédent :  Petit rappel d’économie politique élémentaire, Pierre Assante, 8 novembre 2009)

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 05:00

Ambroise CROIZAT (cliquer sur le lien ci-dessous, 2 pages sur le même lien)

http://www.pierreassante.fr/dossier/Croizat_Ambroise_Huma_28.01.11.pdf

 

Croizat_Ambroise_photo.jpg

Ambroise CROIZAT, (au centre)

à la sortie du Conseil des Ministres

le 2 juillet 1946

 

Extrait de l'Humanité du 28 jnavier 2011

 

Ministre du travail de novembre 1945 à mai 1947, Ambroise Croizat bâtira la Sécuruité Sociale, les Comités d'entreprise.

Il sera à l'origine de la médecine du travail, des conventions collectives et de la généralisation de la retraite pour tous.

Michel Etiévent

 

 

Pour cela il s'appuyait sur les luttes populaires de la résistance et ce qu'elles engendraint de nouveau.

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 05:00

Denis Durand

31 décembre 2010

Notre débat avec Jean-Luc Mélenchon

IMGSur son blog, à la date du 19 décembre, Jean-Luc Mélenchon revient sur l’appel de militants communistes « pour un rassemblement sans effacement du PCF ». Il conteste l’existence de différences entre les élaborations les plus novatrices des communistes et ses propres propositions.

Signataire de cet appel, je me félicite de pouvoir dialoguer à partir de ces éléments sur l’importance de différences dont je maintiens, contrairement à la perception que Jean-Luc Mélenchon peut en avoir, qu’elles sont profondes et qu’elles présentent un caractère systématique. La gauche et le mouvement social ont trop souffert de la propension à occulter, au nom de la préservation de l’unité,  les différences entre partenaires. Au contraire, c’est en livrant aux citoyens tous les éléments du débat que nous pourrons construire des convergences, élaborer un programme populaire partagé et rassembler au sein du Front de gauche pour  créer les conditions d’une alternative cohérente aux politiques néolibérales et social-libérales.

Voyons donc ces différences. Il me semble qu’elles s’organisent autour de trois points principaux

1.        Jean-Luc Mélenchon met en avant, comme élément premier de son programme économique, un « nouveau partage des richesses » qui « vise à définanciariser l’économie du pays en commençant par une redistribution massive des richesses actuelles et de celles à venir ». Nous pensons,  bien sûr, qu’il est nécessaire de changer le partage des richesses ; mais cela n’est possible que si l’on commence par changer la façon de produire les richesses, c’est-à-dire, en particulier, les critères qui guident les choix d’investissement des entreprises et des collectivités publiques, et les critères qui guident le financement de ces choix stratégiques ;

2.        pour Jean-Luc Mélenchon, le moyen essentiel d’une politique de gauche réside dans l’action de l’État, qu’il s’agisse d’imposer des réglementations, d’opérer une redistribution des revenus par la voie fiscale ou de s’inscrire dans une « planification écologique ». De notre côté, nous croyons qu’une autre civilisation exigera, de façon fondamentale, l’essor de nouveaux services publics. Cela suppose une modification profonde de l’action et du fonctionnement de l’État - et même un début de son dépassement. Toute l’expérience du XXe siècle nous a appris qu’il est nécessaire que les travailleurs et les citoyens conquièrent de nouveaux pouvoirs, non seulement pour la transformation de l’État, mais dans tous les lieux où des décisions stratégiques se prennent : dans les entreprises, mais aussi dans les banques, dans les services publics, dans les régions, dans les instances européennes, dans les organisations internationales. Un retour au pilotage étatique de l’économie, tel qu’il a été mis en place après la Deuxième guerre mondiale et tel qu’il est entré en crise dès le milieu des années soixante, ne serait pas suffisant, en effet, pour l’emporter sur le pouvoir exorbitant des marchés financiers ; il ne serait pas à la hauteur des défis que la révolution informationnelle, la révolution écologique, la révolution démographique, la révolution monétaire lancent à notre civilisation ;

3.        Jean-Luc Mélenchon ne manque pas de critiquer les banques mais son programme ne tire pas les conséquences du pouvoir de création monétaire qu’elles exercent. C’est pourquoi, contrairement à nos propositions, il ne donne pas une place centrale à la lutte pour une alternative en matière de critères d’attribution des crédits. Il ne donne pas une place cruciale à  la mobilisation du pouvoir de création monétaire de la banque centrale pour souscrire des titres de la dette public en vue de répondre à des buts sociaux radicalement nouveaux.

Ainsi, à propos de la BCE, Jean-Luc Mélenchon rappelle que la « contribution du PG pour le Programme partagé » indique qu’« une banque centrale doit être au service de l’intérêt général du ou des peuples de l’entité à laquelle elle appartient et pas au service d’une idéologie aveugle et des intérêts des marchés financiers ».

Mais que voulons-nous, concrètement, de la BCE, dans les difficultés économiques que la zone euro rencontre actuellement ? Suffit-il de dire que la politique monétaire « a vocation d’assurer le plein emploi, le financement des activités économiques soutenables, la stabilité des prix et l’équilibre des comptes extérieurs de l’Union monétaire » ? Le « plein-emploi » figure dans les objectifs de la Réserve fédérale américaine au même rang que la stabilité des prix. Mais n’oublions pas que le terme de « plein-emploi », dans le langage des économistes, est trompeur puisqu’il est compatible avec le maintien d’un « taux de chômage naturel  » que l’on évalue entre 4  et 10  % selon les pays.

Si nous voulons ouvrir une issue à la crise du capitalisme, il faut aller beaucoup plus loin, jusqu’à une éradication complète du chômage. C’est pourquoi  nous jugeons nécessaire de préciser que la politique monétaire de la BCE doit avoir pour objectif de sécuriser l’emploi et la formation. La Banque centrale européenne doit refinancer sélectivement les crédits bancaires qui financent des investissements visant une sécurisation des activités professionnelles. Avec des critères ainsi définis, des refinancements à taux d’intérêt zéro, voire à taux négatif (la BCE acceptant alors que des crédits ne lui soient pas entièrement remboursés), seraient techniquement possibles et économiquement justifiés. .Le crédit bancaire, au lieu d’enchaîner les entreprises à la dictature de la rentabilité financière, contribuerait à les en libérer pour mettre en œuvre de nouveaux critères de gestion, donnant la priorité aux dépenses pour les êtres humains et à l’économie de capitaux matériels et financiers.

De même, suffit-il, en matière de financement des dépenses publiques, d’affirmer que la BCE « devrait refinancer les titres de la dette publique sur le marché monétaire à des conditions au moins aussi favorables que celles retenues pour le refinancement des dettes privées de même échéance » ? Je ne le crois pas. La BCE, comme toutes les banques centrales, refinance déjà massivement les titres de la dette publique en les prenant préférentiellement en garantie de ses prêts aux banques sur le marché monétaire.  Depuis la crise de l’euro, en mai dernier, elle va même plus loin : elle rachète des titres de dette publique sur le marché obligataire. .De notre point de vue, il est nécessaire, en effet, que la BCE fasse usage de son pouvoir de création monétaire pour financer les besoins d’emprunts des  États européens ; mais il ne suffit pas, à notre avis, de dire que l’objet serait simplement de « réaliser des objectifs industriels, environnementaux et sociaux décidés en commun ». Nous tenons essentiellement à préciser que l’achat de titres publics par la BCE doit avoir pour objet de « développer les services publics », objectif radicalement opposé à ceux des marchés financiers et aux politiques d’austérité qu’ils imposent.

Les explications qui précèdent éclaireront, je pense, la nature des différences que nous avons relevées dans nos conceptions en matière de pôle financier public. De notre point de vue, la constitution de ce pôle financier public a un sens très précis : contribuer à réorienter l’ensemble du système financier vers des buts opposés à ceux qu’imposent aujourd’hui les marchés financiers. Cette nouvelle sélectivité du crédit n’est pas une mesure parmi d’autres tendant à encadrer ou à corriger les excès des marchés, ou à faciliter une liste d’activités caractérisées comme d’ « intérêt public » (logement, énergie renouvelable, reconversion vers agriculture durable, associations, coopératives - bizarrement, cette énumération figure, dans les « fiches programmes » du PG, au détour d’un paragraphe consacré à la protection des consommateurs de services bancaires). Non, il s’agit d’un principe général qui devrait inspirer l’action de toutes les institutions appelées à faire partie du pôle financier public. Précisons à ce propos qu’il s’agit des organismes actuellement publics ou  socialisés mais aussi de banques  dont nous proposons dès à présent la nationalisation, sans attendre d’y être contraints par des défaillances bancaires.

De même, nos propositions de politique monétaire sont inséparables d’une autre  mesure essentielle pour nous et qui ne figure pas dans celles que cite Jean-Luc Mélenchon : la création de fonds publics régionaux pour l’emploi et la formation. Il s’agit, pour le PCF, de s’appuyer sur les moyens dont disposent les régions pour faire dès à présent pression sur les banques afin qu’elles changent leurs critères d’attribution des crédits. En réorientant les aides publiques que les régions  accordent aujourd’hui (sans rien exiger quant à l’usage de ces aides) aux entreprises, et en les convertissant en bonifications d’intérêts, c'est-à-dire en paiement de tout ou partie des intérêts des crédits finançant des investissements favorables à l’emploi, les régions pourraient  permettre que les  travailleurs et les citoyens  saisissent ces fonds régionaux à l’appui de leurs contre-propositions  Cela préparerait un relais stratégique essentiel pour une politique gouvernementale de gauche.

Une telle politique ne peut réussir,  en effet, que si les  travailleurs et les citoyens se saisissent de pouvoirs nouveaux, dès l’entreprise et les services publics. C’est pour cela que nous ne pouvons pas souscrire à la proposition du PG selon laquelle « le droit des entreprises sera profondément réformé pour que toutes les parties prenantes à la création de richesses (actionnaires, salariés, collectivités publiques…) aient un égal droit d’intervention dans la gestion ». L’idée – assez traditionnelle et au mieux réformiste - d’un équilibre des pouvoirs entre « parties prenantes » de l’entreprise  n’est pas réaliste. Ce qui se passe, dans l’entreprise, c’est une lutte permanente entre les dirigeants et actionnaires, d’un côté, et les salariés et leurs représentants, de l’autre. Le but à viser est de conquérir le maximum de pouvoirs et de droits d’intervention des salariés, avec le soutien des pouvoirs publics et des élus politiques,  pour renverser les choix patronaux et imposer des choix répondant à des critères nouveaux, et visant à développer les travailleurs et les populations

Ces pouvoirs, il faut les conquérir « du local au mondial »,  jusqu’à nos propositions de transformation des relations monétaires internationales. Jean-Luc Mélenchon  indique qu’il a « porté sans ambiguïté la proposition d’une monnaie commune mondiale avancée par la Chine, la Russie et le Brésil depuis deux ans ». Très bien. Précisons cependant que le gouverneur de la banque centrale de Chine,  en avril 2009, n’a pas exactement proposé la création d’une monnaie commune mondiale : il a parlé d’un « nouvel instrument de réserve international », ce qui est plus limité. Mais il a montré que le moyen technique de créer cet instrument existe : il consisterait à développer les droits de tirage spéciaux du FMI.

L’apport original des économistes communistes, à la suite de Paul Boccara dès 1983, est de montrer comment, à partir des DTS,  on pourrait remplacer le dollar par une monnaie commune mondiale dont la création servirait à refinancer  les banques centrales pour qu’elles favorisent le développement d’un nouveau crédit et pour qu’elles souscrivent des titres de  dette publique finançant l’expansion des services publics. Mais si tel est  notre  projet, quel sens peut bien avoir la proposition, avancée par Jean-Luc Mélenchon, de « sortir du FMI » ? Il s’agit bien plutôt de se battre, avec toutes les forces disponibles – depuis les luttes sociales chez nous jusqu’aux pays émergents - pour refondre de façon très profonde le FMI, et en faire  l’institution dont l’humanité a besoin pour maîtriser les conditions monétaires d’un développement de progrès

Je souhaite que cette revue, sans doute incomplète mais précise, des différences entre les conceptions  de Jean-Luc Mélenchon et les nôtres se poursuive pour parvenir à l’élaboration d’un « programme populaire partagé ». L’affirmation des propositions communistes n’est pas un obstacle à des projets précis de l’ensemble des parties prenantes au Front de gauche : la proposition de loi sur les retraites, en a été un exemple. Il reste que la profondeur des différences de nos propositions avec celles de Jean-Luc Mélanchon renvoie, me semble-t-il, à des pesanteurs culturelles persistantes dont la gauche doit s’émanciper. D’où l’importance du choix d’un candidat pleinement porteur de propositions précises et cohérentes. C’est ce qui donne sa légitimité et sa force, à nos yeux, à la candidature d’André Chassaigne à l’élection présidentielle pour représenter l’ensemble du Front de gauche, sans effacement des formations qui le composent, et sans viser à « dissoudre » et à « coaguler » ses composantes, pour reprendre le langage du Parti de gauche.

L'article sur l'Humanité :

  http://www.pierreassante.fr/dossier/Durand_Denis_Huma_27.01.11.pdf

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 22:28

Travail....

FAUX DEPART

 (piécette en 1 acte)

 

Personnages

 

A l’ami

 

B l’auteur qui ne peut écrire

 

C Le chœur, à défaut, le coryphée

 

D Une voix off

 

************************************

 

A             Par quoi commencerais-tu ?

 

B             Par cette puissante envie de vivre qui anime la plupart des individus et qui est héritée de la longue histoire de l’espèce, de l’animal à l’homme.

 

A             Mais ce n’est pas un sujet de théâtre !

 

B             Non. C’est un début. On ne traite aucun sujet si l’on y met pas cela en fond.

 

A             Mais la forme et le fond sont liés. Et la mise en scène ?

 

B             Je les lie, mais je vais directement à l’exposé. L’histoire viendra de là. Par exemple, si mon personnage veut se suicider, c’est parce qu’il y a antagonisme entre son envie de vivre et les conditions dans laquelle il est venu sur terre ou celles dans laquelle il a évolué. Donc, je commence par le fond : l’héritage biologique. De toute façon, je ne saurai faire autre chose.

 

A             Tu n’auras pas de public.

 

B             Sans doute. Enfin, peut-être. Je fais ce qui me sort des tripes, c’est mon envie de vivre. Crois-tu qu’il n’y ait pas de spectateur  pour un tel langage direct ? Ce serait, disons, du méta-théâtre.

 

A             Le méta-théâtre, on s’en fout, il nous faut une progression, un intérêt qui va croissant, qui nous tienne en haleine, qui nous fait comprendre le déroulement de la pensée, qui nous donne une fin qui nous fasse revoir tout l'ensemble, en fait, il nous faut une cohérence basée sur la théâtralité, logique, à contre sens, esthétique, philosophique, mobile ou statique, peu importe, mais une cohérence.

 

B             Après, j’en viendrais aux problèmes sociaux, comment à partir de l’héritage biologique et culturel dans la société marchande, on peut renverser, remettre sur les pieds la recherche de l’intérêt individuel pour qu’il ne soit pas, en dernier ressort, suicidaire pour le plaisir de vivre, suicidaire au sens premier pour l’humanité. Changer la base de l’échange pour que l’intérêt individuel, même provisoirement contradictoire avec l’intérêt commun ne soit plus antagonique.

 

A             Encore une fois, on s’en fout. Pour çà, il y a les essais, le journalisme, les débats et les conférences.

 

B             Après, j’exposerai toutes les actions concrètes, les gestions de fait, encore en gestation, cachées, mais qui germent sous le fumier qui montrent que cette utopie n’est pas un projet à la  Cyrano de Bergerac.

Je leur parlerai de la flèche du temps de Prigogine, des structures dissipatives, des bifurcations. Je leur parlerai des résidus de Lefebvre, des héritages apparemment morts mais qui se transforment et réapparaissent avec vigueur. Je leur parlerai de la commune, je leur parlerai de l’autonomie relative des idées, des objets, du vivant,  des structures et superstructures, des conditions matérielles qui les ont engendrées, des contradictions internes qu’elles contenaient dès la naissance, de leur évolution, de leur mort et des nouvelles naissances.

 

C             Tu ne vis que dans l’avenir, ton présent et ton passé se confondent, enchaîné sur ton rocher, tu as mérité la vengeance des dieux. Mais ta montagne est une colline. On ne sait quelles fleurs y éclosent, ton univers semble minéral, on ne sent pas un vrai sang couler, l’énormité de ta passion t’écrase, tu ne peux plus te mouvoir sous son poids.

 

A             C’est quoi ton rocher ?

 

B             Marseille.

 

A             C’est quoi ce soit disant aigle qui te ronge ? A Marseille, il y a les Marseillais, il y a ceux que tu connais, ceux que tu croises, la présence de ceux avec qui tu vis ou tu as vécu et qui sont dans ta tête, à Marseille ou ailleurs. Ton aigle est un aigle de pacotille, ridicule, il n’existe même pas.

 

Moi je te donne un sujet concret :

Le voyageur descend Gare de Lyon, il arrive de Marseille. Dans sa ville il vivait avec les poètes. Il écrivait lui aussi. Il passait des soirées entre amis. Sa sensibilité débordait. Quelquefois il disparaissait dans la nuit vers les calanques et revenant au matin tout couvert de rosée que le vent du matin venait sécher à son front. Ses mots n’étaient pas ceux des autres parce que son action poétique n’était pas du Verlaine.

Il est mort à Paris sans argent, sans femme et sans logement.

Ensuite, tu n’as plus qu’à développer ! :

dialogues avec les amis, monologues et rêves à Paris, ses marches, etc.

En fait, tu veux être à la mode : Marseille, les discours théoriques, intello, tu es un misanthrope de boulevard. Non, fais tout haut l’orgueilleux et l’amer, mais, tout bas, dis-moi tout simplement qu’elle ne t’aime pas.

 

B             Non, elle ne m’aime pas, mais pas seulement elle. Je sors de ma porte et déjà, ils sont là, hostiles, pas même indifférents. Mon journal, ma télé me disent que ce que j’attends du monde n’est pas à ma fenêtre. J’étouffe d’aimer et rien ne répond.

 

A             Et si tu te contentais de l’amour tel qu’il est.

 

B             Je le fais quelquefois, mais la crise a chassé 13 millions de personnes de leur emploi, en Indonésie, les salaires réels y ont chuté de 40 à 60% et la banque mondiale dit que dans ce pays,

1,5 millions d’enfants auraient quitté l’école. La participation des pays pauvres au commerce mondial, déjà dérisoire, s’effondrait de 9% des importations en 1980 à 1,4% en 1990 et à 1% en 1998. Le cinquième le plus riche de la planète absorbe 82% des exportations contre 1% pour le cinquième le plus pauvre.

L’amour est-il vraiment heureux quand ce que tu aimes souffre tant. Et toi-même, ton cinquième le plus pauvre, celui du cœur et du cerveau ne souffre-t-il pas des 1% de créativité et de plaisir qu’on te laisse comme miette de ton aliénation ?

 

A             Ce sujet est porteur, mais encore une fois : la mise en scène ? Même Maïakovsky y mettait du spectacle, et pourtant, as-tu vu souvent jouer la Punaise ou les Bains ?

 

C             Celui qui ne lutte pas est malheureux, celui qui est malheureux aime mal, celui qui aime mal, n’aime pas, ne peut plus aimer. La vie n’est qu’un sommeil, l’amour en est le rêve. Donnez-lui un paysage, il peindra les arbres, donnez-lui un corps, il peindra un sourire, donnez-lui un silence, il jouera du violon.

S’il lutte en écrivant, il retrouvera l’amour.

 

A             Bien ! Prenons un autre exemple :

Sous l’ancien régime (on dit cela de la monarchie), éclairer les esprits était une lutte. Les Lumières étaient ce qu’elles étaient, mais, quel sujet de bonheur pour ses acteurs. La promenade innocente de Jacques le Fataliste n’a-t-elle pas ce goût d’amour qui n’est pas dans ton discours. Car tu ne parles pas, tu discours, tu ne penses pas, tu enseignes. Pourtant, je te connais, tu pourrais parler, tu pourrais penser, à condition de t’ouvrir aux autres. Tout en toi dit : je ne peux pas ! Et aussi : je voudrais tant.

 

C             Tu ne peux chanter que ce sang enflant ton corps. La plus belle des fleurs tomberait, flétrie par les mots si la morsure de son arôme ne lacerait nos poitrines, nos côtes tendues par l’air brûlant.

Il faut, des heures et des heures, tourner désespérément l’angoisse dans ses mains, pour que naisse peu à peu le sanglot et le calme.

L’ironie sur ses lèvres était un cristal trop dur pour ton chant. Pour toi, tu aurais préféré que vienne la peur et l’angoisse, la trahison ou la mort plutôt que ne s’efface son sourire. Tu as oublié aussi un autre amour : la lenga de ta grand, la langue de ta grand-mère.

 

B             L’ai pas oblidada e es per aquò que sabi pas me batre. Siáu neissut d’un monde mòrt, qu’es a esperar dins sa nuech per respelir. L’an abituat a pas bolegar, a pas esperar. Mai l’esper se pòt pas tuar e regrelha. Resta solament dins son canton, que lo moment es pas de se far aclapar mai puslèu de s’escondre. fins que lei nafraduras garrisson.

 

A             Vois-tu, une fois de plus, on ne peut te comprendre.

 

B             Tu croiras que c’est moi, ton ami. Mais ce sera un autre j’aurai fait de mes 40 000 jours mon éternité et à chaque instant les courants de mon cerveau façonnent un autre nouveau moi. Mais il reste des choses de mon passé, autonomes et transformées.

 

A             Tu parles de toi comme si tu étais un computer.

 

B             C’est là ta contradiction. Tu t’effraie de mon pessimisme.

Le computer ne meurt pas et ne naît pas. L’humain s’auto-crée. Tant naturellement que culturellement.

Il se crée pour créer. Dans l’humain, il y a du biologique, il y a du renouvellement, de la mutation, de la maturation.

La dégénérescence est la contrepartie de la maturation. Cette progression de l’enfant à l’homme mûr, c’est ça l’amour. Tous ces efforts pour arriver à la pleine possession de ses capacités, c’est la source de toutes les émotions humaines, et des émotions aux sentiments humains . Cette humanité est un grand corps qui sort de l’enfance, et qui, sauf maladie mortelle juvénile, va vers la maturation puis vieillira et mourra, ainsi que l’univers. Mais de la mort sort à nouveau la vie, sort à nouveau la vie, sort à nouveau la vie

(il sort un pétard et se flingue)

 

C             C’était un subalterne dans une nation privilégiée. Il disposait d’un surproduit social pour pouvoir penser par lui-même. En avoir le temps, les moyens. Historiquement, c’était nouveau. Nouveau et anti-dominant. Comme une rupture qualitative dans la diversité biologique. Il était au cœur de la réflexion marxiste sur la mort des arbres.

 

A             (qui sort) Que manquait-il aux atomistes antique pour avoir été supplanté par les Eléates ? Qu’a eu le christianisme pour dominer la pensée humaine sur tant d’espace et de temps ? Il a pris la loi majoritaire de la classe dominante minoritaire et l’a adoucie, il a protesté mais n’a pas contesté. Puis sa protestation est devenue institutionnelle. Il a fait des retours vers l’adoucissement et des retours vers la barbarie. Le nazisme, ça existe, et dans tout.

 

Y a-t-il  une bifurcation qui sorte de la société marchande, y a-t-il une bifurcation qui s’éloigne de l’autodestruction par la puissance technique non contrôlée, y a-t-il une bifurcation vers une démocratie issue de conditions matérielle de vie qui rendent consciemment nécessaire l’adéquation des besoins de tous avec les besoins de chacun,  y a-t-il une bifurcation qui me fasse voir communiquer par e.mail 7 syndicalistes, 100 S.D.F, 3 politiques, 1000 enfants abandonnés des pays pauvres qui se meurent, 9 savants,  500 épouses, 13 balayeurs de gare, 10 amis suicidés…….

 

B             (se lève et avance les bras tendus, les yeux fermés vers les spectateur) . Commençons par un.

 

(noir et voix off) :

 

D             Ah non ! Ne recommençons pas !

 

Les arbres

et les enfants des arbres

sont morts

 

et la pluie ruisselle

quelquefois

sur leur cadavre de pierre

 

un jour

qu’il me reste encor mes mains

pour caresser leur corps

 

FIN

 

Pierre Assante

La Madrague, le 20 juillet 2001

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 19:39

Chroniques d'Annie

2011-01-02-002.jpgPour lire les Chroniques d'Annie dans leur ordre chronologique, voir la rubrique "Liste des articles" ; reportez-vous, au début du Blog, sur la présentation générale et le premier article de l'année 1948, puis remontez sur au premier article de l'année 1949, et enfin au premier article de l'année 1950. Il convient de prendre chaque année en son premier mois, les mois suivants sont présentés "en descendant".

 Cliquer ici

http://annette.merle.borgniet.over-blog.com/

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 10:25

Berlinguer photoAprès lecture d'un appel à faire du Front de Gauche une entité politique de droit, je pose question.

Cette question est respectueuse des idées et des personnes, je crois. Une analyse critique peut l’être aussi. C’est ce que j’ai essayé de faire, au risque de me tromper. Mais pour agir il faut choisir, quitte à modifier dans le cours des évènements. Je redis ici ma conviction :

 

Quand on change l'étiquette du flacon, c'est que le contenu n'est "plus tout à fait" le même. Il fut un temps où l'on voulait "changer le peuple" pour qu'il corresponde à des visées subjectives partisanes. Nous en sommes à inventer une réalité illusoire ici et maintenant au lieu de voir celle qui existe, au lieu d'agir pour la transformer. Ingrao appelait cette opération et son organisation "La Cosa".

 

La société de consommation, euphémisme pour désigner la société marchande parvenue à son stade ultime, capitaliste, impérialiste, et bloquant du développement humain sain, l'éloignement du travail productif dans les sociétés développées qui « abandonnent » ce travail productif de production de masse aux pays émergeants, c'est cela l'idéologie des couches moyennes désespérées adhérentes consciemment ou non des politiques des monopoles. Une réalité bien réelle de la crise et des blocages feront s'y fracasser les illusions.

 

JAURESLe problème majeur de constructions sans base d'analyse de classe est qu'elles freinent et rendent confuses les luttes populaires, lesquelles sont la clef de vrais changements (*).

 

Menace de première grandeur pour une issue en train de se chercher : comment donner ici et maintenant aux hautes technologies leur visage humain et les faisant adhérer aux besoin humains de développement de la personne dans l'espèce et la nature ("Naturalisation de l'homme, humanisation de la nature" selon l'expression très parlante de Marx). Lorsque les conditions objectives d'une action "se déplacent" d'un lieu à un autre, d'un temps à un autre, il ne s'agit pas d'abandonner cette action, mais d'adhérer  à la réalité humaine mondiale (ici et partout) qui ne sera jamais celle de services sans support productif hautement développé, quand même celui-ci serait totalement automatisé, ce qui ne peut se produire dans une société régie par le profit privé.

 

Pierre Assante, 27 janvier 2011 

 

Note (1) j’ai le souvenir de l’après élection présidentielles de 1981. Les militants syndicaux voulant appuyer les mesures transformatrices du programme commun par des actions syndicales de masse n’étaient pas entendus dans les instances ouvrières pour ne pas menacer l’expérience en cours. Je me demande si une constitutions d‘une entité « Front de Gauche » de droit, malgré les apparences et les volontés ne va pas dans le même sens… ?

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 07:07

Vous pouvez lire ci-dessous en bas de cette page un article extrait du blog de René MERLE : "D'alema, d'un enterrement à l'autre". http://merle.rene.over-blog.com/

 

En ces temps de dissolution  (voir l'article de "La somme et le reste" et dans "La métamorphose du travail": "De la pensée unique à la pensée dissoute", Pierre Assante), cet article de René Merle et ses comparaisons ne sont pas inutiles.

 

Quand on change l'étiquette du flacon, c'est que le contenu n'est "plus tout à fait" le même. Il fut un temps où l'on voulait "changer le peuple" pour qu'il corresponde à des visées subjectives partisanes. Nous en sommes à inventer une réalité illusoire ici et maintenant au lieu de voir celle qui existe, au lieu d'agir pour la transformer. Ingrao appelait cette opération et son organisation "La Cosa". Il n'est pas étonnant, mais à la fois triste et cocasse, d'y voir adhérer les plus farouches défenseurs de l'immobilisme du mouvement ouvrier dans le passé. 

 

La société de consommation, euphémisme pour désigner la société marchande parvenue à son stade ultime et bloquant du développement humain sain, l'éloignement du travail productif dans les sociétés développées qui abandonnent ce travail productif aux pays émergeants, c'est cela l'idéologie des couches moyennes désespérées adhérentes consciemment ou non des politiques des monopoles. Une réalité bien réelle de la crise et des blocages feront s'y fracasser ces illusions.

 

Le problème majeur de ces constructions fantaisistes est qu'elles freinent et rendent confuses les luttes populaires, lesquelles sont la clef de vrais changements.

 

Menace de première grandeur pour une issue en train de se chercher : comment donner ici et maintenant aux hautes technologie leur visage humain et les faisant adhérer aux besoin humains de développement de la personne dans l'espèce et la nature ("Naturalisation de l'homme, humanisation de la nature" selon l'expression très parlante de Marx). Lorsque les conditions objectives d'une action "se déplacent" d'un lieu à un autre, d'un temps à un autre, il ne s'agit pas d'abandonner cette action, mais d'adhérer  à la réalité humaine mondiale qui ne sera jamais celle de services sans support productif, quand même celui-ci serait totalement automatisé, ce qui ne peut se produire dans une société régie par le profit privé.

 

Pierre Assante, 27 janvier 2011 

 

D'alema, d'un enterrement à l'autre, René MERLE :

 

GoblotQui s’interroge sur les avenirs possibles en France du Parti Socialiste et du Parti Communiste, a sans doute intérêt à considérer ce qui s’est passé chez nos voisins, et particulièrement en Italie. Une toute récente intervention de Massimo d’Alema lors d'un colloque organisé par la Fondation Jean Jaurès (proche du Parti socialiste français), vient de nous le rappeler [1].

Massimo d’Alema a été et demeure un personnage essentiel de la vie politique italienne. Suivons-le dans les différents enterrements, et les naissances corrélatives, où il a joué un rôle essentiel.

 

Premier enterrement :

Né en 1949 dans une famille de militants communistes, Massimo d’Alema a grandi dans le sérail du Parti Communiste Italien (PCI), dont il fut un très jeune permanent, et très vite un haut responsable. C’est dire qu’en 1990-1991, lorsqu’il pousse les feux pour que le PCI abandonne le marxisme et l’appellation de « parti communiste », cette crise de la quarantaine de d’Alema est l’aboutissement des vingt années où il a pratiqué ce parti au plus haut niveau, avec désormais le sentiment d’un échec irrémédiable. D’Alema pensait que ce double abandon pourrait donner un nouvel essor à la gauche italienne réformiste [2 ], et lui ouvrir les portes du pouvoir.

C’est ainsi qu’en 1991 se suicida le PCI, pour donner naissance au Parti Démocratique de la Gauche, PDS (Partito Democratico della Sinistra), qui conservait, sous le nouvel emblème du Chêne, le drapeau rouge frappé de l’étoile, de la faucille et du marteau de l’ex-P.C.I.

En 1992, le PDS, désormais clairement social-démocrate, adhère à l’Internationale socialiste. Il intègre ensuite L’Ulivo (L’Olivier), coalition de mouvements de gauche et de centre gauche qui l’emporte sur la droite aux élections de 1996 (gouvernement Prodi, centre gauche).

 

Deuxième enterrement :

En 1998, D’Alema transforme le PDS en parti des Démocrates de Gauche, DS (Democratici di Sinistra) qui abandonne toute référence à l’ex-PCI et inclut organiquement un certain nombre d’autres formations de gauche et de centre gauche. De 1998 à 2000, en tant que responsable des DS, et au nom de la coalition de l’Ulivo, D’Alema sera Président du Conseil des Ministres.

Alors que Berlusconi est revenu au pouvoir avec Forza Italia (2001-2006) [3], Massimo d’Alema adhère au club de réflexion social-démocrate « À gauche, en Europe », créé en 2003 par Dominique Strauss-Kahn, Michel Rocard, Pierre Moscovici. Il est tout à fait intéressant, en cas de candidature DSK en 2012, de voir quelles orientations ce Club (cf. son site) entend donner à la social-démocratie française. Ce sont celles que D’Alema avait mises en pratique en Italie : réformisme plus que prudent, adoption des normes fondamentales du néo-libéralisme, européanisme sans états d’âme, suivisme fréquent de la politique étrangère américaine. Lors du retour au pouvoir de l’Ulivo (2006-2008), Massimo d’Alema sera ministre des affaires étrangères.

 

Troisième enterrement :

En 2007, les DS, qui n’ont pas dix ans d’existence, se fondent, avec diverses formations de la gauche et du centre, dans un nouveau parti : le Parti Démocrate, PD (Partito Democratico).

Cette décision n’est pas sans échos en France. C’est le moment où, chez les Socialistes français, pointe la tentation d’un nouveau et grand parti de la gauche réformiste, qui aurait uni les socialistes, les radicaux, une bonne part des écologistes, et des communistes en rupture de ban. On sait comment cette tentation fut abandonnée après les élections de 2007, qui donnèrent aux Socialistes le sentiment qu’ils pouvaient assurer une position hégémonique avec l’appui obligatoire de ces alliés potentiels.

D’autant qu’en Italie, après le bref retour de Prodi, le PD, (battu en 2008 par Berlusconi et Forza Italia), devait constater que la mutation et les nouveaux abandons idéologiques de 2007 n’avaient pas suffi pour lui assurer la victoire.

 

Quatrième enterrement, qui ne fait que confirmer les précédents :

Au Colloque de la Fondation Jean Jaurès, fort désormais d’une longue expérience social-démocrate, Massimo d’Alema a dressé, sans vraiment l’expliquer, un constat définitif de la défaite des sociaux-démocrates, qu’il s’agisse des néo-libéraux à la Blair ou des derniers tenants de l’État providence. « Le socialisme démocratique est un phénomène européen qui n'a pratiquement pas dépassé les frontières de l'Europe ». « Il est aussi l'expression politique d'un continent qui perd de son poids et de sa centralité. » L’ex-responsable de l’abandon du mot « communisme » propose donc maintenant d’abandonner le mot « socialisme », dont, selon lui, aucune force de transformation sociale ne se réclame en dehors de l’Europe. Et dans la foulée de l’expérience PD (gauche réformiste, démocrates du Centre, écologistes), il propose de « construire une nouvelle coalition progressiste mondiale capable de dépasser les frontières de l'Europe et celles de l'Internationale socialiste », coalition qui confronterait les expériences des Etats-Unis et des pays émergents, coalition au sein de laquelle s’affirmerait un projet européen spécifique, à même de « défendre les valeurs européennes contre la droite populiste ».

En attendant une éventuelle réalisation de ces perspectives généreuses peut-être, mais nébuleuses, beaucoup de ceux qui, s’apprêtent à voter, sans enthousiasme, pour l’opposition en Italie comme en France, continuent à s’interroger sur les véritables voies à suivre pour enrayer l’offensive néo-libérale. Les mutations inopérantes de la gauche italienne peuvent indiquer que les voies suivies par D’Alema et ses amis n’étaient pas les meilleures.

 

[1] Fondation Jean Jaurès, Colloque « Socialisme et capitalisme. Histoire, mutations, nouveaux défis », Paris, 14 et 15 janvier 2011.

[2] À la différence de la France, le Parti Socialiste Italien était beaucoup moins important que le Parti Communiste. D’abord allié des Communistes, puis de la Démocratie Chrétienne, il s’est dissout en 1994 après le scandale de « Mani pulite ».

[3] Berlusconi avait déjà été chef du gouvernement en 1994-1995. 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 06:06

EPITRE AUX CITOYENS

On ne répond à une crise de civilisation que par une refondation de civilisation. Et ça passe par les IDEES de refondation de civilisation.

Les citoyens sont moins absurdes que les raisonnements politiques qu’on fait sur eux.

Ils s’abstiennent, se « désintéressent » de la démocratie parce que leur intuition leur dit que la « solution » n’est pas dans les débats politiques sectoriels, qu’ils voient comme des matchs de boxe, qu’ils soient de gauche ou d’extrême droite.

Les mesures sociales que nous proposons, fondamentales, seront entendues dans la mesure où elles s’insèrent dans une visée qui les rendent lisibles. Elles sont un peu mieux perçues exprimées par les syndicats qui n’ont pas atteint le même degré d’usure que les formations politiques.

Dans le débat sur la « mondialisation » se développe l’idée d’une refondation de civilisation, c’est ce qui en fait son succès. Mais ce débat tournera court si cette refondation, est seulement la refondation économique et non surtout la refondation philosophique.

Introduction à "Epître aux citoyens", 8 Octobre 2001

http://pierre.assante.over-blog.com/article-construction-du-devenir-52749319.html

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 05:47

1 pas en avant, 2 pas en arrière

 

Peut-on dépasser quelque chose si on refuse d’en hériter ?

C’est le hic de l’interprétation dogmatique de la formule : « la religion est l’opium du peuple ».

Au-delà du refus de l’héritage culturel du christianisme, c’est le refus de connaître son existence, sa constitution, son histoire mêlée à  2 millénaires d’histoire humaine.

Et quel  millénaire, au cœur de l’héritage culturel de la démocratie restreinte grecque, de la constitution de l’empire romain, des féodalités les plus puissantes économiquement, du développement gigantesque des forces productives par le capitalisme.

C’est se cacher les yeux pour y voir plus clair, par peur d’être trompé par la vision et finalement ne rien voir.

(citer les  influences de la culture – philosophe grecs, pratiques, loi hébraïque, modes de productions dont ils sont issus, différences historiques des uns aux autres…….à suivre…..)

Ne pas oublier le contexte du christianisme : société patriarcale et société marchande « primitive ».

Ni que Marx, qui "n’était pas marxiste" (cité par Agone), considère par exemple le capitalisme sous ses 2 aspects : progrès foudroyant (mais çà, c’est le cas de le dire  dans tous les sens) des forces productives, avancées culturelles qui vont de pair, ET renforcement de l’aliénation, compte du fossé grandissant entre les possibilités humaines et leur insatisfaction ! Ceci valable pour le capitalisme comme pour d’autres organisations sociales.

Je revendique l’héritage chrétien, son dépassement, l’héritage sous tous ses aspects et le dépassement de la haine répandue contre sa constitution réactionnaire moderne.

Antologia deis escrivans sociaus provençaus

« jèsu va ditz, au paradis, l’arma dau pauvre un beu jorn s’espandis, mai nos an prechat sa morala per nos menar coma un tropeu…. », aquò’s verai mai es un aspect solet e siáu segur que podem eiritar de cavas fòrças diversas. Par exemple, le patriarcat, c’est pas seulement l’exploitation abominable des femmes et cette société qui fabrique aujourd’hui ce terrorisme intégriste qui menace tout effort démocratique des peuples dominés. C’était aussi une organisation sociale où le militaire était nécessaire pour le développement de ces petits grands peuples de l’antiquité et après ?

 

Alors s’en sortir, c’est dépasser, je pense que tu es d’accord, mais que tu es peut-être choqué, n’étant pas comme moi issue d’une famille de tradition vote communiste ET pratique religieuse.

Quand on veut détruire militairement le passé, et pas idéologiquement, le passé renaît sans cesse parce qu’il est caché mais non vaincu (1 pas en avant, 2 pas en arrière). S’il est battu au niveau des idées, la voix de la bifurcation progressiste est ouverte. Et le mot « battu » est encore mauvais, « dépassé » étant celui qui entraîne le moins de malentendus.

Bien sûr l’idée de dépassement ne doit pas être une vision limitée à la théorie et paralysant toute action au nom de je ne sais quel humanisme. L’idée d’amour peut être aussi facteur d’action. Je répète ma conception de l’amour : un sentiment issu de conditions matérielles et qui prend son autonomie au-delà de ces conditions matérielles et devient un élément constant humain et une pratique constante humaine, bien sûr le sentiment passif utilisé par les uns et les autres à des fins qui peuvent être totalement opposées.

J’aime bien ma sœur l’eau, mon frère le soleil … il poverello retrouve le chemin de la matérialité et de l’aspiration à la paix au milieu du déferlement de la violence….

 

Exposé plus "fouillu" que brouillon, l’un n’empêchant pas l’autre, mais me plaisant bien comme ça......

 

Lettre de Pierre Assante à un ami, février 2002

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 05:22

1844

1844 salem
 
La complète domination  de l'économie sur la société traduit une aliénation maximale, que manifeste avec éclat la puissance universelle de l'argent : "notre valeur réciproque, écrit Marx, est pour nous la valeur de nos objets réciproques".
 
Jean Salem, introduction aux manuscrits de 1844.

 

Produire autrement

Citation d’Enrico Berlinguer

 

A la suite de la mort d’Henrico Berlinguer, l’Unità sortit un livre en supplément sur ce dirigeant communiste italien.

Antonio Tatò, très proche collaborateur de Berlinguer y concacrait 16 pages à une analyse de l’évolution de la pensée du secrétaire général du P.C.I .

Il ne s’agit pas de faire d’une réflexion humaine un nouveau texte sacré, mais d’essayer de comprendre comment elle a pu se développer.

 

Extrait page 150, 2° colonne. Cet extrait est le plus marquant, à mon sens de cette pensée, mais en aucun cas la contient toute, évidemment (Je peux vous faire passer l’ensemble du texte) :

Autunno 1969. L’avanzata sindicala e operaia fa saltare la rendita di posizione di cui avevano goduto fino da allora le aziende italiane perchè con « l’autunno caldo » salari e redditi da lavora vengono finalmente adeguati a liveli europei. Viene così a cadere il primo pilastro del « miracolo economico » italiano.

Berlinguer già allora avverte che ci troviama davanti a un’occasone e a una condizione oggettiva que impone de mutare il tipo di sviluppo, i suoi mecanismi, i suoi fini. Mi è rimasta impressa questa sua osservazione , fatta non so più quando e dove : 

 

« Gli italiani, i lavoratori non vogliono cambiare solo, né tanto, il tipo della loro automobile o il modelo del loro televisore : il significato politico e ideale, il senso umano profondo della loro victoriosa « spallata » sindicale è, a interderlo bene, che essi vogliono cambiare anche e sopratutto la qualità dello sviluppo del paese, la qualità della vita loro e du tutti, le forme del consumare e del produrre. »

 

À vos dictionnaires pour les non italianisants !

Il n’est pas question non plus d’assimiler la situation italienne à la situation française. Simplement de noter que Berlinguer avait peut-être mis le doigt (mais ce n’est pas le seul) sur une véritable aspiration des producteurs et de tous, aspiration à laquelle il n’a pas été répondu, ni en Italie, ni en France, ni ailleurs ;

 

Pour cette question, il valait la peine de faire un petit retour historique, trop bref et à poursuivre sans doute à mon avis.

Si l’on transpose la question à toute l’Europe, l’on sent bien à quel point cette « nouvelle Europe » est bien vieille et bien poussiéreuse comme tout l’appareil de production planétaire, ce qui n’est pas un encouragement à ceux qui veulent se replier sur la nation, mais une perspective pour ceux qui veulent poursuivre un processus historique humain élargi dans tout ce qu’un héritage contient de futur.

 

Pierre Assante jeudi 26 août 2004

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 08:02

L'Humanité18.01.08Voulez-vous savoir ce que va exposer le président à 11 h ?

 

Sous les différentes raisons et justifications qu'il donnera, la vraie réorganisation du marché mondial ne sera pas exposée par lui, car elle ne prend pas en compte les réels besoins humains de développement, mais seulement la réorganisation systémique du drainage mondial des capitaux au profit des grandes féodalités économico financières.

 

Cette réorganisation est synonyme de poursuite d'appauvrissement des humains et du monde et d'enrichissement des oligarchies économico financières et de leurs gestionnaires économiques et politiques et culturels.

 

En France, en Europe et dans les entités humaines constituées et en constitution toute la politique immédiate à venir va être marquée par cette réorganisation systémique et ses conséquences sur notre vie quotidienne : emploi, salaires, santé, retraites (c'est déjà fait), vie de la cité, éducation, culture, libertés...

 

Evidemment comme dans la lutte populaire syndicale et politique pour la défense des retraites qui continue, la bataille contre ces mesures déjà bien avancées et à venir va se développer.

 

L’union des forces populaires est à construire sur des bases solides tenant compte de la réalité et du contenu précis de ces attaques contre notre vie quotidienne. Il n’est pas question, si nous voulons gagner se s’avancer sans idées claires et sans plan d’action uni et démocratique  sur ce champ de bataille relativement inédit pour l’humanité.

 

Le fond de la bataille reste la production et le travail nécessaires aux subsistances de l’humanité, la naissance d’une démocratie du « que, comment et  pourquoi produire ». Pour cela les solutions aux besoins humains dans notre société développée, informatisée et mondialisée, c’est la restitution aux producteurs, les salariés, de leur libre activité.

 

Nous pensons souvent aux menaces écologiques, alimentaires, aux menaces de l’armement nucléaire, au réchauffement climatique, à l'étouffement rapide ou progressif des conditions naturelles de survie sur terre. Nous pensons peu au dangereux chemin vers l’incapacité de gestion dûe à un blocage du système par le blocage de l’échange dû à la mesure capitaliste de cet échange. Imaginez un blocage dans notre société sophistiquée et son fonctionnement informatique mondialisé. Il n’est plus question comme à la fin de l’Empire romain de repartir sur des bases agricoles primaires…

 

Voici la réalité de la contre-révolution systémique aux avancées humaines accomplies au 20ème siècle, qu'il ne dévoilera pas bien sûr :

 

Rapport de Yves Dimicoli sur la conjoncture présentée à la dernière réunion de la commission économique. Pour en faciliter la lecture ce rapport a été présenté sous la forme de trois articles :

 

L'Europe et l'euro au cœur des enjeux systémiques mondiaux Page  1

QUE FAIRE FACE À LA CRISE DE L'EURO?                                                              Page  9

OÙ EN EST-ON DANS LA CRISE DES DETTES PUBLIQUES ET DE L’EURO?   Page 14

Les textes, Cliquer ici

 

Photo : "L'Humanité" du 18.01.08

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 09:52

bloch principe espérance......La nature nous fait part de ses besoins, et des nôtres par la même occasion, àparadigme Schwartz travers ce nous sommes capables de ressentir à notre « niveau de développement » historique.

Et c’est bien là que se situe la limite humaine, tant dans ses sciences, leurS composanteS et résultantE, et les intuitions qui en découlent

 

Et c’est aussi là un rôle "contraint" de la philosophie spéculative, philosophie que le marxisme tente de dépasser mais à laquelle il doit bien avoir recours car ses bases, ET la critique de l’économie politique destinée non à seulement comprendre le monde mais à le transformer, comme les bases de la production humaine, ET la « visée » qui en découle (: le processus de la conscience de la nature sur elle-même que constitueWALTER JENJAMIN l’humanité), peuvent dépasser ces limites historiques mais les ont comme existant dans « l’ici et maintenant », ce qui est un « élément » de la « nécessité ».

 

Vygotski 0001Et ces limites historiques nous les voyons clairement en face de nous (et il faut les intégrer comme conscience enrichissante de la vie) dans l’infini de la nature accessible à nos sens (y compris nos sens aidés d’outils humains), l’infini "géographique", astronomique, micro physique et microbiologique, en particulier dans ce monde univers du corps et du cerveau et de la société, ensemble, infini de ce corps-soi qui fait l’objet de l’ergologie et de son travail pluridisciplinaire.

 

Il y a donc un lien étroit entre ergologie et marxisme, en particulier ou par exemple, celui d’un Ernst Bloch qui justement réforme et révolutionne la philosophie spéculative en partant du marxisme et de sa pluridisciplinarité consciente, résultante,  et la fait progresser au-delà de cette spéculation.

Pierre Assante, dimanche 23 janvier 2011

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 08:25

eco & poRapport de Yves Dimicoli sur la conjoncture présentée à la dernière réunion de la commission économique. Pour en faciliter la lecture ce rapport a été présenté sous la forme de trois articles :

 

L'Europe et l'euro au cœur des enjeux systémiques mondiaux Page 1

QUE FAIRE FACE À LA CRISE DE L'EURO?                                                              Page 9

OÙ EN EST-ON DANS LA CRISE DES DETTES PUBLIQUES ET DE L’EURO?   Page 14

 

Les textes, Cliquer ici

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/Yves_Dimicoli_COMECO.pdf

 

Métaphore comparative.

A l’instar de Jaurès, je pense que les différents courants de la révolution française on joué un jeu positif dans le processus révolutionnaire de la bourgeoisie.

Je crois aussi, sans être mécaniste ou stalinien, que tout processus emmenant une transformation du mode de production et d’échange peut passer par des « étapes » (*). Et à chaque « étape », si le processus s’approfondit, peuvent correspondre des concepts économiques, politiques, philosophiques minoritaires puis  majoritaires, dans les couches « animatrices de la contestation et de la transformation »  et dans la masse de l’entité humaine et ses composantes diverses où se déroule le processus.

Je crois que les mesures économiques allant vers le tarissement du drainage des capitaux par les institutions nationales et internationales au profit des monopoles économico financiers sont indispensables pour entrer dans un processus de production et d’échange basés sur les besoins humains.

Pour faire une métaphore comparative entre processus du mode de production bourgeois et processus d’une démocratie généralisée du « que, comment, pour quoi produire », mais une image n’est qu’une image, nous avons peut-être passé le moment de Necker, mais nous n’en sommes pas encore à La Gironde, ni à La Montagne : la crise du mode de production a créé les conditions d’un processus de la conscience collective du besoin de sa sortie, mais pas encore des conditions scientifiques de sa sortie et des mesures populaires y correspondant.

P.A., vendredi 21 janvier 2011

(*)continuité et bonds qualitatifs, négation et négation de la négation, mesure discrète et mesure quantique …

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 05:38

Nous étions des êtres vivants.

Nathalie Kupermankuperman_couv-jpg magloire.jpg 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 09:34

20101012 021"L’assistance scientifique" que constituent les PTL (Personnels techniques de laboratoire de l’enseignement secondaire) est d’une grande importance pour l’enseignement des sciences. En France elle est « unique », car l’enseignement scientifique est prodigué dans tous les établissements sans exceptions, et qui dit importance de l’enseignement des sciences dit personnels nécessaires à cet enseignement.

 

Pour savoir où va une profession, il est nécessaire de connaître son histoire. Les militants PTL de la FSU, premier syndicat de la FPE et de l’école au sens large, peuvent lucidement la faire mais là n’est pas notre propos.

 

Salaires, formations, degré d’intervention, là résident la reconnaissance d’une profession. Mais là ne sont pas les critères des pouvoirs qui se sont succédés ces dernières années. Leur orientation a plutôt été d’accompagner et d’impulser un mouvement consistant à la réduction du nombre d’élèves suivant un enseignement scientifique, et d’aller vers que qui se passe dans pas mal de pays, c'est-à-dire la concentration de cet enseignement dans le supérieur, au prix évidemment de la réduction du personnels dans le secondaire. La « bosse des math » et ses résultats en France par exemple est reconnue dans le monde, et les maths ne sont pas le premier sujet de conversation dans les familles. D’où le rôle de l’école en matières scientifiques.

 

Depuis le plan Langevin Wallon et la libération, nous savons que le progrès scientifique repose sur une masse importante d’élèves ayant accès dès l’enfance aux sciences, ce qui les prépare tous, quelque soit leur milieu d’origine à ce savoir qu’on l’on aborde pas dans la vie quotidienne comme on peut aborder d’autres connaissances.

 

Depuis plus de dix ans, et surtout avec la LOLF (loi budgétaire sur la répartition des postes, pour résumer la chose), les postes n’apparaissent plus dans les bleus du budget de la même façon. Les prévisions en sont floues et noyées dans la complexité des « tractations » à la pénurie.

 

Dans un premier temps, les postes post-bac (classes préparatoires) ont été séparés des postes enseignement secondaire. Sachant les orientations de concentrer l’enseignement scientifique dans le supérieur, cela a fait « tilt » dans notre tête.

 

Depuis plusieurs années, nos rencontres et négociations ministérielles posent la question de passage des PTL du secondaire dans le statut du supérieur (ITRF ex ITARF), avec le débouché des indemnités du supérieur et le débouché en A (ingénieurs y compris par promotions internes) que ce statut est le seul à proposer dans l’Educ.

 

Mais la situation dans le supérieur est en train de se dégrader avec les budgets comme ailleurs, les postes en A sont l’alouette dans le pâté de cheval, les mobilités, mutations, demandées et souhaitées réduites, la transparence de l’avancement localisée avec l’autonomie chère à Pecresse et Sarkozy : une fois de plus pénurie et inégalités.

 

Cependant dans le tableau de la situation des PTL, le débat sur le passage au statut du supérieur n’est pas à négliger. Il s’accélère dans les ministères ( le projet de décret est prêt) et les syndicats, et la décision sera prise sans consultation des personnels et en tout cas sans la connaissance de tous les tenants et aboutissants.

 

Le choix du statut doit être un choix démocratique des personnels, quel qu’il soit in fine, et aller dans le sens d’un élargissement et d’une défense de l’enseignement scientifique à tous les niveaux de l’école, car de cet élargissement dépendent et les postes et la qualification des PTL et l'avenir du pays.

 

manif unatos femmesAussi il faut informer plus précisément les PTL et leur demander de se tenir alertés de toute décision qui les concerne maintenant et dans l'avenir. Les décisions qui les concernent, concernent toute d’école au sens large, les élèves comme les enseignants, et tous les personnels TOS dont l’accès à ces professions et la formation continue reste ou peut redevenir une porte pour la qualification de l’ensemble des personnels, dans leurs fonctions ou dans de nouvelles fonctions.

 

Sans rêver, rappelons qu’aujourd’hui des enseignants d’autres matières que les sciences demandent officieusement des aides en matière technique pour leurs enseignements. N’y a-t-il pas là la preuve que les métiers techniques peuvent avoir une grande importance dans le développement des enseignements et le développement des activités qui créent les richesses dans les pays et les communautés humaines.

 

La vision de plus en plus étriquée et la marche à reculons des pouvoirs, qu’ils justifient à tort par une crise qu’ils ont eux-mêmes créée, réduit la production des richesses et par la même celle de la population, à commencer par les acteurs de l’enseignement scientifique que sont les PTL.

 

Mais évidemment le décret de transfert des PTL dans le supérieur concerne aussi tous les personnels enseignants, tous les élèves et toute la collectivité dans notre pays et en Europe. Le pouvoir tentera sur cette nouvelle « réforme » d’opposer les personnels entre eux, les disciplines d’enseignement entre elles, les enseignements primaire, secondaire et le supérieur entre eux.

 

En ayant une vision à long terme du processus initié par le gouvernement et le capital, et en ayant une vision à long terme des besoins humains en matière d’enseignement et de développement de l’appareil productif humain et technique, nous ferons échec à cette orientation de régression sociale.

 

Pierre Assante, 20 janvier 2011

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 09:08

Y.Schwartàtransformer2Il ne suffit pas de constater l’existant, mais il faut aussi de repérer ce qui naît dans le processus que nous constatons au présent.

 

Sans cela, le mouvement communiste, social, populaire,  ne peut qu’être un mouvement protestataire contre un aboutissement malade. Nécessaire mais insuffisant.

 

Tout ce qui naît de l’homme est humain. Mais c’est en agissant sur la croissance de ce qui naît que nous pouvons agir sur la santé de ce qu’elle sera. Sur la santé de ses moyens d’existence, sur la santé des forces productives, humaines, scientifiques et techniques, de la production humaine. C'est ce que nous dit la recherche sur le travail, je crois.

 

Le mouvement populaire a eu dans les dernières décennies après la guerre, pour de multiples raisons, une dizaine d’années de retard sur l’action sur le nouveau. Dans le même temps, la classe dominante et ses gestionnaires ont eu le temps et les moyens d’orienter le nouveau dans le sens de ses intérêts.

 

P.A., 20.01.2011.

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 00:00

René MerleSuite à l’article Liens, Pierre Assante m’écrit : « […] la forme la plus courante de l'anti-marxisme est l'indifférence, l'incrédulité. L'indifférence est de toute façon la forme de penser et d'être la plus courante de ce que le capital a réussi à développer ces dernières décennies, et par le mode de vie et de travail, ce qui va ensemble, et, en liaison avec le mode de vie,  par sa force de frappe médiatico-financière. »

Tant il est vrai en  effet que, prenant possession des cerveaux et des cœurs, le mode de vie de la société capitaliste, et son idéologie, opposent à ce qui demeure d’engagements collectifs, jugés aliénants, une apologie de l’individualisme et de l’intérêt personnel, présentés en garants de notre liberté alors qu’ils en sont les étrangleurs.

Mais quid alors du puissant, bien qu’inabouti, mouvement de protestation contre la réforme des retraites ? Retour du collectif ?

Fort intéressante à ce sujet est la mini-polémique déclenchée par l’autocollant « Je lutte des classes », produit par le collectif « Ne pas plier », qui fleurissait dans les dernières manifestations.

Dans un article récent (L’Humanité, Libération), la directrice du mensuel Regards, Clémentine Autain, y voit la modernité de l’articulation entre le «je» et le «nous». Alors que le projet d’émancipation collective porté jadis par le mouvement ouvrier a disparu avec l’émiettement de la classe ouvrière, et le déclin des organisations politiques qui s’en réclament, à sa manière, ce message symboliserait un processus de reconstitution d’une unité du «peuple», dans la quête conjointe de l’autonomie individuelle et de l’épanouissement collectif.

À l’inverse, d’autres militants ne voient dans la diffusion de ce badge qu’une affirmation ludique, et gratuite. Affirmation bien éloignée de la dure réalité de la lutte des classes (il n’est que de voir l’extrême difficulté pour des travailleurs mal rémunérés, et menacés dans leur emploi, de faire grève, ne serait-ce qu’un jour… Pour ne pas parler des précaires). Et affirmation bien éloignée également de la réalité de la fameuse « conscience de classe » : le sentiment d’injustice qui a poussé dans la rue des millions de manifestants, aux statuts sociaux fort divers, ne semble pas, pour l’heure à tout le moins, se cristalliser dans le désir d’un changement politique sur des « positions de classes ». En témoigne à l’évidence la prudence du front syndical à ne pas orienter la protestation du fameux et quelque peu indéfinissable « mouvement social » vers une crise politique.

À tout le moins, quelle que soit l’appréciation que l’on peut porter sur le mouvement, il est clair que le mur de l’indifférence s’est fissuré.

http://merle.rene.over-blog.com/article-je-lutte-des-classes-61526334.html

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 08:26

Copie-de-20100825-013.jpg

EPILOGUE (suite)

……..La compensation à la baisse tendancielle du taux de profit par l’augmentation de la production a trouvé un relais moderne dans les techniques de reproductibilité. Mais le parasitisme du profit n’a pas de frontière, et en s’emparant de ces techniques dans son optique, sa philosophie, il ajoute un élément sans borne à ses contradictions économiques, scientifiques, morales, qui minent son essence, les rapports sociaux de classe basés sur lui-même, ce profit. Le profit pas au sens moral, le profit au sens économique du capitalisme. Mais le sens moral en découle et alimente cette politique sans issue autre que la transformation du mode de production.

Est-il utile de rappeler ici encore la question de l’organisation du travail qui est au cœur de ces rapports de classe, dans la question du « que produire, comment produire ». La reproductibilité en grand, est la conséquence de la révolution scientifique et technique, informationnelle, inaugurée par le capitalisme moderne. Cette reproductibilité en grand a été accélérée par la concurrence pendant des décennies avec le « camp socialiste », quel qu’il ait pu être, dans ses acquis sociaux, dans ses horreurs, dans ce choc énorme qu’a été le siècle passé. Elle a été accélérée conjointement par les moteurs et freins internes du capitalisme.

L’organisation du travail doit à la fois bénéficier des techniques de reproductibilité les plus développées et développées indéfiniment dans le cadre d’une révolution dans la qualité d’une production utilisant sans les épuiser toutes les ressources humaines et naturelles (des biens dit matériels et des biens dits symboliques) et de l’aptitude artisanale de l’humain au travail, pour libérer ce travail, le rendre à l’activité créatrice de la personne. Cela semble totalement utopique, mais répétons le, l’imagination de nos « élites » est si pauvre qu’elle n’est capable que de projeter sa vision figée, glacée du présent, dans un monde futur. Se libérer de l’emprise de ces élites c’est un processus qui dépend des modifications quotidiennes induites par les activités humaines, par les choix quotidiens qu’elles impliquent, et par leur résultante en aller retour : les transformations économiques.

Pierre Assante, 26 Août 2007

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 19:58

Hugo.Orientales.jpgPréface de « feuilles d’automne », Victor Hugo :

une vie qui reconnaît son évolution et continue par la suite de la reconnaître dans la poursuite de son oeuvre. (lien sur le texte d'Hugo en bas de page)

  

Une vie humaine est une part de la nature qui contribue avec son espèce au processus de la conscience de la nature sur elle-même. Considérer autrement la personne humaine est un aveuglement sur soi-même qui généralisé conduit à un aveuglement de l’espèce et de son devenir possible. Les conséquences d'un tel aveuglement sur la brève vie d’une personne (mais trace indélibile) en sont immenses et négatives (dès ici et maintenant) pour sa santé « matérielle et morale » qui est une, la santé de tous et de la nature qui environne l’humain elle-même.

 

Les classes dirigeantes actuelles sont aux antipodes de cette conception.

 

Une conception philosophique est totalement liée à une conception sociale. C’est dans cette globalité de la pensée d’une classe que réside une idéologie. Seule une libération des antagonismes de classe par l'extinction des classes sociales plus ou moins rapide, et donc celle des dominations de classe et les modes de production et d’échange qui les induisent peuvent conduire de l’idéologie à la conscience humaniste collective.

 

Pierre Assante, 17 janvier 2011

 

Pour lire la préface de Victor HUGO,

 

cliquer :  ici

 

http://www.pierreassante.fr/dossier/Feuilles_d_automne_preface.pdf

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 07:21

  2011-01-11-008.jpg   Das_Kapital_-Livre_Troisieme_Troisieme_Section_E.S-copie-1.jpg

 

 

 

*cliquer :

 

 ici

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 07:58

BraudelResterait à expliquer cette conjoncture multiséculaire qui surgit à souhait pour éclairer le processus difficile autrement à saisir. Mais c’est là une tâche pour l’histoire générale, le jour où l’on disposera d’une telle histoire (si elle se constitue) comme on dispose d’une géographie générale. L’ennui, c’est que, dans les sciences humaines comme dans les sciences exactes, une explication une fois avancée, même bien établie –ce qui n’est pas notre cas- réclame sa propre explication, et ainsi de suite. Dire que la récession du haut Moyen Age n’est que la lente détérioration de l’économie-monde sous-jacente à la fortune matérielle de Rome, c’est admettre qu’en tant qu’économie-monde, en tant que réalité économique, Rome aura survécu longtemps à la chute politique de l’Empire. Gros problème de survivances ! Le cadre  économique de Rome n’est pas seul à se maintenir et, en somme, à nous surprendre. La société romaine a laissé en place, pour des siècles encore sa hiérarchie et son enfer esclavagiste. Et que dire de sa culture, de la latinité qui s’est transmise jusqu’à nous ? L’Europe, et la France au milieu de l’Europe, n’en finissent pas de se débattre dans l’héritage de Rome.

« L’identité de la France, Les hommes et les choses », Fernand Braudel.

 

Braudel dans cet ouvrage et ses ouvrages,  aborde aussi l’héritage du croissant fertile, de la Grèce, des interactions générales. J’ai choisi ce passage pour le concentré qu’il représente, il me semble.

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