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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 13:41
Notre outil commun à rapprocher

« LEÇON » DE CONFINEMENT N°6.

 

Dans le dÉveloppement des forces productives du travail, les conditions objectives du travail, le travail objectivÉ, ont besoin de croÎtre par rapport au travail vivant.

 

« …Le fait que, dans le développement des forces productives du travail, les conditions objectives du travail, le travail objectivé, doivent croître par rapport au travail vivant  – proposition à vrai dire tautologique, car que signifie force productive croissante du travail, sinon qu’il faut moins de travail immédiat pour créer un produit plus grand, et que, par conséquent, la richesse sociale s’exprime de plus en plus dans les conditions du travail créées par lui-même – ; ce fait, donc, apparaît du point de vue du capital, non pas de telle sorte que l’un des moments de l’activité sociale  – le travail objectif – devienne le corps de plus en plus puissant de l’autre moment, le travail subjectif, vivant, mais au contraire  – et ceci est important pour le travail salarié – que les conditions objectives du travail acquièrent, face au travail vivant, une autonomie de plus en plus gigantesque, qui se manifeste par leur extension même, et que la richesse sociale se présente face au travail comme puissance étrangère et dominatrice dans des proportions de plus en plus fortes. L’accent est mis, non pas sur le fait d’être objectivé, mais sur le fait d’être rendu étranger, aliéné, dessaisi, de ne pas appartenir au travailleur, mais aux conditions de production personnifiées, c.-à-d. sur l’appartenance au capital de cette énorme puissance objective qui a dressé devant le travail social lui-même comme l’un de ses moments. Dans la mesure où, du point de vue du capital et du travail salarié, la production de ce corps objectif de l’activité a lieu en opposition à la puissance de travail immédiate  – où ce procès d’objectivation apparaît en fait comme procès d’aliénation du point de vue du travail ou d’appropriation par autrui du point de vue du capital – cette distorsion et inversion est effective  et non pas simplement pensée, simple vue de l’esprit chez les travailleurs et les capitalistes… » (1)

Karl MARX. GRUNDRISSE. Page 790. Editions Sociales. Les essentielles. MAI 2011.

Avant de penser que c’est du blabla, mettre son cerveau sur la table et puis lui faire observer l’humanité, la terre et ce vaste univers dans ce qu’il nous apparaît, avec nos sens et nos outils, leurs limites, leurs mouvements en procès, et malgré tout leurs capacités communes et collectives, ici et maintenant.

Pierre Assante. 31/03/2020 13:06:50.

(1) J’ai essayé de faire correspondre par une même couleur un ou deux éléments des phrases, pour les rendre peut-être plus faciles. Je ne sais si c’est réussi… ni si j’en suis capable…

 

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LA PENSEE MARX. I. II. III. IV.V.VI. ECRITS 2016-2017.

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 07:47

Publié une première fois sur ce blog le 23/03/2020 à 08:37

Pendant le confinement, TOUT EN NOUS DÉBATTANT POuR VIVRE, rÉflÉchir aussi sur l’avenir.

Les évènements, crise sanitaire et crise économique en tête, nous démontrent que plus une société est complexe, plus l’économie est développée, plus se pose la question de la sécurité sous toutes ses formes, sanitaire, mais pas seulement. Il s’agit de constituer des réserves communes de ressources, on le voit pour les masques, l’alimentation, mais on peut l’imaginer pour l’énergie, la communication numérique, l’intelligence dans l’organisation du travail, etc. Et on l’imagine aussi pour les réserves à constituer en moyens de recherches, de formations sans lesquelles les réserves de ressources issues de la production concrète ne peuvent exister.......

 

Pendant le confinement, en activité ou pas, réfléchir sur l’avenir ne résout pas par miracle les questions urgentes de la pandémie et des problèmes qu’elle pose au quotidien aux personnes humaines concrètes.

Il se fait beaucoup de choses à soutenir.

Réfléchir à l’avenir, c’est en quelque sorte, il me semble, réfléchir aux problèmes présents, les causes présentes de notre gestion sociale et les effets sur chacune, chacun de nous.

Les évènements, crise sanitaire et crise économique en tête, nous démontrent que plus une société est complexe, plus l’économie est développée, plus se pose la question de la sécurité sous toutes ses formes, sanitaire, mais pas seulement.

Il s’agit de constituer des réserves communes de ressources, on le voit pour les masques, l’alimentation, mais on peut l’imaginer pour l’énergie, la communication numérique, l’intelligence dans l’organisation du travail, etc. Et on l’imagine aussi pour les réserves à constituer en moyens de recherches, de formations sans lesquelles les réserves de ressources issues de la production concrète ne peuvent exister. C’est un mouvement de dépendance, ou plutôt d’autonomie serrée entre tous les mouvements de la société, tous les mouvements humains et leur rapport avec la nature, l’univers dont ils sont partie prenante. Et les rapports des hommes entre eux : les rapports sociaux, tous les rapports sociaux et leur qualité.

Constituer des réserves cela veut dire utiliser pour cela une part plus grande de la Valeur Ajoutée (VA) et en cela on rejoint à nouveau la question du critère du rapport Profit sur Capital (P/C) qui est le principe, le moteur de l’accumulation capitaliste et qui a produit une suraccumulation-dévalorisation capitaliste restreignant elle-même la possibilité de constitution de réserve de sécurité. Le répéter ce n’est pas répétition de style, mais répétition d’usage nécessaire dans la pratique humaine d’aujourd’hui.

Dans ce moment je pense à des gens qui me manquent. Certes moins que mes parents ou ma marraine ou des enseignants et aussi tant d’autres et ce qu’ils m’ont communiqué pour construire une vie. Les camarades ouvriers des moteurs Baudoin me manquent beaucoup pourtant. Ouvriers hautement qualifiés, ils construisaient de leurs mains des prototypes de moteurs marins. Et cette fonction les plaçait au cœur d’une production qualifiée et des réflexions pour qu’elle existe concrètement, de la recherche à l’exécution et la gestion dans tout un processus de fabrication. Leur engagement communiste n’était pas un hasard mais la résultante de leur fonction.

Cette résultante n’était pas seulement celle d’une connaissance technique, économique, gestionnaire, mais un rapport complet à l’homme et ce rapport complet à l’homme comportait le rejet de la collaboration de classe, c’est à dire de la soumission à la vente de leur force de travail à celui qui possède le capital et la force qu’il lui confère, ce qui comprenait comment envisager un processus de sortie de de cette vente-achat de leur force de travail. Salaire, prix, profit au cœur, mais aussi  cohérence et coopération des ensembles humains, des entités constituées, du local au mondial, en mouvement et en transformation.

Certes leur volonté d’abolition-dépassement ne pouvait être un projet achevé, mais la conscience de la nécessité de comprendre le mode de production et d’échange à un moment précis et dans son évolution, son mouvement, en faisait partie. Pour nous il s’agit d’un capitalisme monopoliste, mondialisé, financiarisé, numériquement informationnalisé.

La perte relative des concentrations ouvrières de ce niveau de conscience ici, est dramatique. La recherche du taux de profit vers les coûts extérieurs du travail est une des causes de ce recul politique. L’autre, et ça va ensemble, c’est le rejet d’une part du salariat d’une qualification correspondant à un moment précis de complexification de la production, rejet due à l’utilisation par le capital de la numérisation et l’automatisation contre l’emploi et la formation.

Certes, le transfert de technologie vers les zones de bas coût du travail induit aussi un développement d’une classe ouvrière de production et de gestion, de la recherche à l’exécution, l’ingénieur, l’ouvrier, l’employé, dans ces zones de bas coût et leur développement, lequel induit tous les développements, politiques et philosophiques.

Mais nous n’en sommes qu’à une période de transition entre le possible et l’état présent.

C’est bien dans la réflexion et l’action sur l’état présent que peut naître un futur en santé du développement humain.

Le confinement peut être un moment à utiliser pour une réflexion sur l’état économique politique et culturel du monde et comment sortir par le haut des multiples crises du moment et envisager un processus de  développement dépassant le critère du rapport P/C au profit d’un critère VA/CMF (valeur Ajoutée sur Capital matériel et Financier), étape vers un dépassement du mode de production capitaliste malade, en crise générale et obsolète.

Trump est un symbole d’incendiaire du monde et un incendiaire du monde. Mais il est le produit d’un système dans lequel certains de ceux qui le critiquent constituent un maintien. Ils sont à la fois philosophiquement et économiquement convaincus du maintien de l’état présent en matière de système économique et social. Mais pour tous, moi comme les autres, seulement protester et porter des jugements sur le bien et le mal sans en comprendre "les tenants et aboutissants" est un handicap au projet de construction en santé et des savoirs qu’il demande.

Pierre Assante. 23/03/2020 08:06:20.

 

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 10:56

 

CRONOS par Rubens.

 

 

L'histoire, c'est long pour une vie humaine...

 

 

Dans la tourmente sanitaire et économique que nous vivons

paradoxalement,

au moment où il y en aurait le plus besoin,

de « déconfiner notre pensée »,

c'est celui où cela devient le plus inaudible.

IL N’Y AURA PAS DE RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE

SANS RÉVOLUTION PHILOSOPHIQUE,

MÊLÉES, UNIES.

« Pour le moment ».

L'histoire, c'est long pour une vie humaine...

Dur dur…

Amitiés à tous

 

Ereipr Tesansa. 29/03/2020 10:45:03

 

 

 

 

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 08:24

 

Économie et politique mobilisée face à la crise sanitaire et économique

Numéro 786-787 (janvier-février 2020)

par Économie et politique le 30 mars 2020

 

Télécharger le numéro intégral :

https://www.economie-et-politique.org/wp-content/uploads/2020/03/Eco_Po_786_787_Final.pdf

 

La crise sanitaire,économique,politique dont le coronavirus a été le catalyseur est une crise de civilisation. Elle exprime l'exigence d'une tout autre mondialisation, contre les logiques du capital qui mènent à la barbarie.

Notre revue est totalement engagée dans le combat pour l'alternative radicale à la domination du capital.

On trouvera de nombreux documents sur la crise et les moyens de la conjurer sur le blog d'Économie et politique, dans une rubrique mise à jour au fil des développements de la crise.

L'alternative à la mondialisation capitaliste en crise était précisément le thème des rencontres organisées les 7 et 8 février derniers par le PCF et par notre revue qui en rend compte dans son dernier numéro (voir ci-dessous).

 

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 09:11
VOIR l'article "En Avant le Manifeste"

 

Dans la vie démocratique du pays, et en fonction des drames humains, j’essaie de penser les urgences.

 

Je pense que l’expression propre du Parti Communiste Français et les moyens de la diffuser est plus que jamais une urgence parmi les autres, ce qui ne veut pas dire rester entre lui mais au contraire s’ouvrir largement aux autres et confronter avec eux notre propre analyse et nos propres propositions.

POURQUOI CETTE URGENCE ? N’est-ce qu’un à priori partisan ?
En écoutant les médias je vois avancer à grands pas la dénonciation de la financiarisation des hôpitaux et souligner les capacités de l’organisation autonome des hôpitaux face à la crise du codif19 grâce à ses personnels, des administratifs, des  médecins infirmières et soignants, des agents ouvriers et de service. C’est très positif que soit pointée massivement l’organisation de la pénurie sanitaire par les politiques libérales des gouvernements libéraux et « socio-libéraux » successifs.

Sans affoler, mais en restant lucide et en vue d’une lutte contre une politique libérale globale, et ses effets dans tous les domaines, il faut penser aux risques que fait courir le capital en matière de multiples besoins, entre autre, le besoin  énergétique et son danger de pénurie, qui est le pire . La privatisation avancée des barrages dans les cartons, mais surtout le démantèlement des centrales nucléaires, la pénurie de moyens de sécurité des centrales vieillissantes, leur  non-renouvellement et non-modernisation et l’indigence d’un financement de recherche internationale pour des énergies du XXIème siècle, illustré par la pénurie de financement pour ITER, par exemple.

Mais si la question des moyens et du financement par un plan massif pour l’hôpital avance, au moins dans les têtes en ce moment, la création de ces moyens reste floue pour les citoyens de ce pays et du monde.

Là intervient le Parti Communiste, les communistes, le marxisme et les marxistes en collaboration avec toutes les interventions humaines progressistes, son analyse de l’état du mode de production et d’échange, le capitaliste financiarisé  mondialisé numérisé et les solutions pour sortir de la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital, de soins intensifs de la société malade et des humains, en un processus de construction d’un mode nouveau de développement en santé.

Il faut qu'émergent les solutions pour une réformes radicale et progressive et démocratique, c’est-à-dire partant de l’intervention de la personne et des organisations syndicales, politiques et associatives, les personnes et de leurs luttes pour la réformes révolutionnaire du système bancaire et financier du pays, de l’Europe, du monde : en vrac, les Fonds démocratiques à partir de la création monétaire (BCE…) régionaux, nationaux, européens ;  les crédits sélectifs ; la loi SEF (sécurité Emploi Formation) ; Les DTS (Droits de Tirage Spéciaux du FMI pour s’émanciper du Dollar) ; un recours démocratique aux organismes mondiaux, internationaux, l’ONU….. ; et de nouveaux critères de gestion vers un processus de transformation du mode de production et d’échange : les critères du taux de Valeur Ajourée (VA) sur Capital matériel et Financier (CMF).

Voilà de quoi alimenter une réflexion liée aux luttes actuelles et la lutte contre la pandémie pour sauver les vies humaines. Qui mènera ces réflexions et un effort de compréhension, apprendre, apprendre, apprendre disait Lénine, si nous ne le faisons pas tous. D’autres sans doute, mais cela veut dire que nous abandonnons notre potentiel qui n’est pas négligeable.

La condition de survie et de développement, c’est celui des capacités de production répondant aux besoins humains, leur croissance en quantité-qualité, et leur complexification. Les capacités de production dépendent du travail humain, de son organisation, d’ »une démocratie du « que, quoi, comment et pour qui produire »…..

L’abolition radicale et progressive de la domination du capital par la vente de la force de travail dont on voit les effets négatifs sur l’efficacité du travail et en rapports dialectiques  sur la production-satisfaction des besoins humains, l’avancée de la révolution scientifique et technique peut le permettre. Encore faut-il en avoir conscience pour mettre en œuvre le processus. L’émancipation féminine de la domination masculine, qui a une fonction propre autonome, ne peut parvenir à sa totalité sans cette émancipation de l’aliénation du travail.

Pierre Assante. 29/03/2020 08:11:11

 

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 08:33

 

LEÇONS DE CONFINEMENT N°5 : ENCORE SUR L’ARGENT.

 

Dans les manuscrits de 1844, Karl Marx commence à s’atteler à la critique de l’économie politique. Il l’approfondira dans « Le Capital ». Les Grundrisse (1857-1858) contiennent un énorme travail de préparation à la rédaction du « Capital ». Mais voyons ce qu’il retient déjà en 1844 dans sa critique de l'économie politique bourgeoise.

Les économistes bourgeois du Royaume Uni, le plus avancé sur le plan du développement économique, ont commencé au XIXème siècle à étudier la société capitaliste, de leur point de vue de classeMais ce point de vue critiqué justement par Marx est un premier pas vers une compréhension de la réalité de la société bourgeoise, capitaliste, au moment de ses premiers et grands développements. Les économistes communistes du XXème et XXIème siècle ont poursuivi le travail de Marx, avec l’étude du capitalisme monopoliste mondialisé, globalement financiarisé, numériquement informationnalisé, au-delà des limites que recelaient le XIXème siècle. Le blogueur, 24.03.2020.

L’ARGENT. MARX, 1844 : (suite)

Si l'argent est le lien qui me lie à la vie humaine, qui lie à moi la société et qui me lie à la nature et à l'homme, l'argent n'est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas dénouer et nouer tous les liens ? N'est-il non plus de ce fait le moyen universel de séparation ? Il est la vraie monnaie divisionnaire, comme le vrai moyen d'union, la force chimique [universelle] de la société.

Shakespeare souligne surtout deux propriétés de l'argent :

1º Il est la divinité visible, la transformation de toutes les qualités humaines et naturelles en leur contraire, la confusion et la perversion universelle des choses ; il fait fraterniser es impossibilités.

2º Il est la courtisane universelle, l'entremetteur universel des hommes et des peuples.

La perversion et la confusion de toutes les qualités humaines et naturelles, la fraternisa­tion des impossibilités - la force divine - de l'argent sont impliquées dans son essence in tant qu'essence générique aliénée, aliénante et s'aliénant, des hommes. Il est la puissance aliénée de l'humanité.

Ce que je ne puis en tant qu'homme, donc ce que ne peuvent toutes mes forces essen­tielles d'individu, je le puis grâce à l'argent. L'argent fait donc de chacune de ces forces es­sen­tielles ce qu'elle n'est pas en soi; c'est-à-dire qu'il en fait éon contraire.

Si j'ai envie d'un aliment ou si je veux prendre la chaise de poste, puisque je ne suis pas assez fort pour faire la route à pied, l'argent me procure l'aliment et la chaise de poste, c'est-à-dire qu'il transforme mes vœux d'êtres de la représentation qu'ils étaient, il les transfère de leur existence pensée, figurée, voulue, dans leur existence sensible, réelle; il les fait passer de la représentation à la vie, de l'être figuré à l'être réel. Jouant ce rôle de moyen terme, l'[argent] est la force vraiment créatrice.

La demande existe bien aussi pour celui qui n'a pas d'argent, mais sa demande est un pur être de la représentation qui sur moi, sur un tiers, sur les autres n'a pas d'effet, n'a pas d'existence, donc reste pour moi-même irréel, sans objet. La différence entre la demande effective, basée sur l'argent, et la demande sans effet, basée sur mon besoin, ma passion, mon désir, etc., est la différence entre l’Être et la Pensée, entre la simple représentation existant en moi et la représentation telle qu'elle est pour moi en dehors de moi en tant qu'objet réel .

Si je n'ai pas d'argent pour voyager, je n'ai pas de besoin, c'est-à-dire de besoin réel et se réalisant de voyager. Si j'ai la vocation d'étudier mais que je n'ai pas l'argent pour le faire, je n'ai pas de vocation d'étudier, c'est-à-dire pas de vocation active, véritable. Par contre, si je n'ai réellement pas de vocation d'étudier, mais que j'en ai la volonté et l'argent, j'ai par-dessus le marché une vocation effective. L'argent, - moyen et pouvoir universels, extérieurs, qui ne vien­nent pas de l'homme en tant qu'homme et de la société humaine en tant que société, - moyen et pouvoir de convertir la représentation en réalité et la réalité en simple représen­ta­tion, transforme tout aussi bien les forces essentielles réelles et naturelles de l'homme en représentation purement abstraite et par suite en imperfections, en chimères douloureuses, que d'autre part il transforme les imperfections et chimères réelles, les forces essentielles réellement impuissantes qui n'existent que dans l'imagination de l'individu, en forces essen­tielles réelles et en pouvoir. Déjà d'après cette définition, il est donc la perversion générale des individualités, qui les change en leur contraire et leur donne des qualités qui contredisent leurs qualités propres.

Il apparaît alors aussi comme cette puissance de perversion contre l'individu et contre les liens sociaux, etc., qui prétendent être des essences pour soi. Il transforme la fidélité en infidélité, l'amour en haine, la haine en amour, la vertu en vice, le vice en vertu, le valet en maître, le maître en valet, le crétinisme en intelligence, l'intelligence en crétinisme.

Comme l'argent, qui est le concept existant et se manifestant de la valeur, confond et échan­ge toutes choses, il est la confusion a la permutation universelles de toutes choses, donc le monde à l'envers, la confusion et la permutation de toutes les qualités naturelles et humaines.

Qui peut acheter le courage est courageux, même s'il est lâche. Comme l'argent ne s'é­chan­ge pas contre une qualité déterminée, contre une chose déterminée, contre des forces essentielles de l'homme, mais contre tout le monde objectif de l'homme et de la nature, il échan­ge donc - du point de vue de son possesseur - toute qualité contre toute autre - et aussi sa qualité et son objet contraires; il est la fraternisation des impossibilités. Il oblige à s'embras­ser ce qui se contredit.

Si tu supposes l'homme en tant qu'homme et son rapport au monde comme un rapport humain, tu ne peux échanger que l'amour contre l'amour, la confiance contre la confiance, etc. Si tu veux jouir de l'art, il faut que tu sois un homme ayant une culture artistique; si tu veux exercer de l'influence sur d'autres hommes, il faut que tu sois un homme qui ait une action réellement animatrice et stimulante sur les autres hommes. Chacun de tes rapports à l'homme - et à la nature -doit être une manifestation déterminée, répondant à l'objet de ta volonté, de ta vie individuelle réelle. Si tu aimes sans provoquer d'amour réciproque, c'est-à-dire si ton amour, en tant qu'amour, ne provoque pas l'amour réciproque, si par ta manifestation vitale en tant qu'homme aimant tu ne te transformes pas en homme aimé, ton amour est impuissant et c'est un malheur.

 

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 08:32

 

"À quand le déclic"

BELLE RÉFLEXION SUR L’INÉGALITÉ DANS LA CRÉATION, ENTRE AUTRE… NON ???

 

 

TÉLÉRAMA "À quand le dÉclic". 2020-03-04

 

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 15:44

Publié la première fois sur ce blog le 27/03/2020 à 09:39

Il n’y aura pas de rÉvolution Économique sans rÉvolution philosophique, mÊlÉes, unies.

Ces « pensées » qui seront communes dans quelques années peuvent passer pour des « OVNI » aujourd’hui.

 

Il n’y aura pas de révolution économique sans révolution philosophique, mêlées, unies. La révolution ergologique, sur la base de l’analyse scientifique de l’activité étant partie prenante de la révolution philosophique.

 

Et une révolution philosophique et économique, mêlées, unies, c’est la reconnaissance de la personne humaine, sans hiérarchie.

Une reconnaissance de la personne humaine sans hiérarchie, c’est celle des différences dans le commun de l’humanité.

La différence dans le commun ce n’est pas une chose stéréotypée, une abstraction congelée dans le cerveau reptilien, ce sont des propriétés en mouvement que manifeste l’activité de la personne.

La crise de civilisation, celle de l’économie à son centre, de la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital propre au système capitaliste et à son extrémité paroxysmique de sa mondialisation financiarisée et numérisée, c’est l’annonce du besoin de construction d’un autre type de mode de production et d’échange ayant les moyens matériels et moraux de placer le développement de la personne humaine comme outil du développement de toute l’humanité.

Le développement de toute l’humanité c’est celui du développement de ses rapports avec la nature, l’univers.

Le développement des rapports de l’humanité  avec l’univers, c’est l’approfondissement  des connaissances de l’univers, la personne humaine en étant un concentré en temps et en espace en relation avec cet univers, donc aussi avec lui-même, en « fonction en unité du mouvement général et des mouvements autonomes mais non indépendants du mouvement général».

Le développement de ce concentré en temps et en espace, c’est celui de la connaissance sur lui-même en tant que concentré de temps et d’espace et non en tant qu’in individu  isolé à ce perfectionner religieusement, mystiquement, mythiquement, ce que nous ont fait croire les siècles passés les idéologies dominantes des classes dominantes. Cette croyance étant au service des intérêts dominants.

L’homme est un être social et la personne une part autonome d’autocréation commune.

Le développement, croissance exponentielle de la connaissance matérialiste, scientifique de l’univers-soi, univers total, est la de la nourriture de base du futur humain. Bien sûr cette nourriture de base ne fonctionne pas hors-sol, elle n’existe que par la base matérielle de l’humain, et d’ailleurs rien n’existe sans une base matérielle.

La différence de l’humain est qu’il est sur cette terre, à notre connaissance, un développement animal arrivé à la pensée, à la construction de concepts, de système de concepts, et de catégories, constats de l’état des choses du moment et dans la durée, sur lesquelles organiser l’évolution des systèmes de concepts, « outils des outils » de survie, de vie et de perfectionnement.

Certes, tout en développant la dignité de l'être humain en tant que fonction avancée de la nature sur cette terre et dans l’univers, ce développement ne peut exister sans la connaissance de ses limites et des possibilités de dépassement permanent de ces limites. Ces limites sont ici et maintenant désignées par les limites de capacité d’observation, qui cependant croissent avec les outils matériels et moraux que l’homme crée sans cesse. Ce développement est pourtant relativement inconscient et le progrès de la conscience humaine de son propre développement fait partie de sa nourriture.

Ces « pensées » qui seront communes dans quelques années peuvent passer pour des « OVNI » aujourd’hui. Je m’en excuse. Amitiés.

Pierre Assante. 27/03/2020 09:14:15

 

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 15:20

EN AVANT LE MANIFESTE !

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 13:39

 

Bruno ODENT a eu un entretien avec Frédéric Boccara

publié dans l'Humanité des 27 -28 et 29 mars 2020.

 

Frédéric BOCCARA est spécialiste des multinationales et membre du CESE (Conseil Economique Social et Environnemental)

Économiste et dirigeant du PCF, Frédéric Boccara travaille comme chercheur, statisticien public sur la prévision et la conjoncture. Il est titulaire d’un doctorat sur les multinationales « dans la révolution informationnelle et la globalisation financière ».
Il est devenu en 2015 membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese), qu’il a intégré en tant que personnalité qualifiée.

Membre des Économistes atterrés, il vient de publier sur leur site, avec Alain Tournebise, "Le coronavirus précipite la crise, il ne la cause pas."

L’économiste et dirigeant du PCF montre comment la crise sanitaire a accéléré le déclenchement d’un krach, produit de la financiarisation de ces dernières années. L’urgence d’un changement aussi révolutionnaire que salutaire émerge face à la pandémie et à la domination des marchés financiers.

Quelle est la nature de la crise engagée ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : On a deux crises siamoises, inséparables : sanitaire et économique. Et une crise de civilisation. Le virus est un catalyseur d’une crise économique qui avait commencé avant le déclenchement de l’épidémie. Un ralentissement était déjà en cours depuis début 2019. Le 7 février dernier, mon rapport aux rencontres internationales pour une autre mondialisation alertait publiquement sur cette crise. C’est une suraccumulation financière qui est en train d’éclater.

La double crise exprime la domination du capital, avec sa logique, ses pouvoirs, son coût. Si la pandémie a tant d’effet sur l’économie, c’est que, comparée à la valeur des richesses créées, la masse de capitaux financiers accumulés est énorme (voir le graphique ci-dessous – NDLR) et qu’un effondrement était imminent.

La domination du capital explique largement le retard pris dans l’adoption de mesures de santé publique adéquates, voire leur insuffisance irresponsable. L’expérience de la Chine qui a su, semble-t-il, faire le choix d’arrêter nombre de productions sans se soucier des profits, aurait dû nous éclairer. Mais nos gouvernants ont été obsédés de ne pas inquiéter… les marchés financiers ! Et ils restent focalisés sur l’idée de faire travailler, car il faut produire du profit ! À tout prix.

Depuis des années, cette obsession du capital financier pour son rendement et son profit s’est opposée aux dépenses sociales et au développement des services publics. Cela a totalement fragilisé notre système de santé dont la dégradation et les défaillances sont si patentes.

«L’expérience de la Chine, qui a arrêté nombre de productions sans se soucier des profits, aurait dû nous éclairer !»
Le plan d’urgence français est-il à la hauteur ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Non, la « rallonge » budgétaire, malheureusement votée il y a une semaine à l’unanimité par les députés en première lecture, est essentiellement tournée vers le soutien au capital et aux profits. Il n’y a presque rien pour l’hôpital : 2 milliards d’euros, alors qu’il en faudrait sans doute 10, et que le mouvement des personnels de santé en réclamait déjà 4 avant la crise du coronavirus ; rien vers la filière industrielle de la santé (respirateurs, masques, médicaments, réactifs pour les tests, etc.). On y trouve quelques concessions à la nécessaire sécurisation des revenus et à la préservation des collectifs de travail, avec les mesures de chômage partiel, mais de façon bien trop limitée (85 % du salaire) et, surtout, temporaire.  Ce n’est donc pas un plan d’urgence budgétaire sanitaire.

L’austérité continue à tuer. Et les inégalités sociales font des ravages. Le soir à 20 heures, en même temps qu’on applaudit les soignants, ne faut-il pas crier « de l’argent pour l’hôpital, pas pour le capital » ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Il faut récuser « l’union sacrée » et ne pas séparer ces questions économiques de la question démocratique et des libertés, avec l’état d’urgence. Ce sont deux faces de la même pièce.

Sur le plan européen, on assiste pourtant à l’injection massive de liquidités par la BCE ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Oui, mais sans rien changer aux critères d’achat des titres ou d’attribution des prêts. Les règles fondamentales du capitalisme financier sont maintenues. On laisse faire. Cet argent devrait immédiatement aller à l’hôpital, à la recherche médicale, aux services publics (avec un fonds d’urgence) et à la filière industrielle de la santé. Mais ces liquidités vont surtout être absorbées par des opérations destinées à regonfler la valeur des titres boursiers.

Des plans de relance d’une dimension jamais vue sont cependant aussi engagés outre-Atlantique et outre-Rhin ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : L’ampleur de ces plans montre la violence du choc qui se prépare. Cela peut soutenir un peu la demande. Mais mettre plus pour faire la même chose ne convient pas. Il y a une question de contenu : capital ou services publics ? Valeur des titres boursiers ou emploi, salaires, production, recherche, investissement ?
En France, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, dit « pas de tri » pour les aides. Quelle éthique folle ! Il faut des conditions sur l’utilisation de l’argent, un suivi. La crise impose une démocratie nouvelle.

Bruno Le Maire annonce une austérité décuplée demain pour rembourser la dette, et que l’État devrait renoncer aux rentrées d’impôts des entreprises. Open bar pour le capital ? Il faut des conversions de dette, des non-paiements de dividendes, des taux très négatifs, et, ceci, avec d’autres contreparties. Bref, baisser le coût du capital à mesure que les (grandes) entreprises contribuent d’autant plus aux services publics, à l’emploi, à l’investissement utile et efficace.

Quelles pourraient être les conséquences du krach boursier entamé ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Le gonflement de capital financier est plus important encore qu’en 2007. Or, les effondrements boursiers ont un terrible effet réel. Les patrons vont licencier pour préserver leurs profits. C’est très violent. Les mesures, comme lors du krach précédent, visent surtout à regonfler le capital. Observant cette fuite en avant, Paul Boccara avait annoncé une probable rechute une dizaine d’années après. Nous y sommes. Ce sera beaucoup plus grave, disait-il…

Des nationalisations sont envisagées en France, en Allemagne, voire aux États-Unis. Faut-il y voir un début de recul des dogmes libéraux ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Il y a un véritable besoin. Mais on nous refait le coup des nationalisations temporaires, sans changer la logique de ces entreprises. Nationaliser temporairement et obéir à la dictature du profit pour privatiser demain et laisser faire le marché ne règle rien !

Que faire alors ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Sur ce front des nationalisations, il faut imposer aux firmes secourues d’autres critères de gestion que la rentabilité financière. Il faut aussi des institutions publiques pour une planification stratégique, avec des engagements chiffrés, au lieu de mots démagogiques sur la souveraineté.

De même, une autre sélectivité du crédit et la démocratie sont décisives. On pourrait créer rapidement un fonds européen d’urgence pour la filière santé et les services publics, financé par la BCE. Sa mission : apporter des ressources aux différents systèmes de santé solidairement dans chaque État. Le fonds serait géré démocratiquement. La France peut en créer un sans attendre, appuyé par la Caisse des dépôts refinancée par la BCE. Côté bancaire, les taux sont certes bas, mais restent élevés pour les trésoreries des PME/ TPE, et beaucoup de projets ne sont pas appuyés. Il faut des taux bonifiés sélectivement pour les investissements créateurs d’emplois, de richesse réelle. Et pratiquer, à l’inverse, des taux très élevés pour les prédations d’entreprises, les investissements spéculatifs, ceux qui délocalisent ou suppriment des emplois. Là, on orienterait autrement la réalité économique, avec l’appui d’institutions démocratiques nouvelles contrôlant l’utilisation de ces crédits.

Enfin, pour une humanité commune, il faut financer les biens publics et communs mondiaux (santé, climat, énergie, etc.) et l’emploi. Et, pour cela, se libérer de la domination du dollar. L’urgence d’une monnaie commune mondiale, à partir des droits de tirages spéciaux du FMI (c’est-à-dire un panier de devises de toute une série de pays) doit être mise sur la table.

Faut-il sonner l’heure de la démondialisation ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Macron invoque une « rupture », laissant chacun y entendre ce qu’il veut. C’est le rideau de fumée pour préparer le pire au service du grand capital. Il faut une autre mondialisation, de partage et de coopération. Démondialiser serait une folie, au moment où on voit la nécessité absolue de la coopération internationale, où des tensions militaires surgissent de partout. La question, comme toujours, c’est le contenu, la maîtrise.

Prenons les multinationales pharmaceutiques : les travailleurs y co-inventent et coproduisent des médicaments entre plusieurs pays. En ce sens, elles remplissent une fonction nécessaire : partage des ressources financières et informationnelles pour coproduire. Mais elles le font de façon perverse : au service du capital qui les domine, visant avant tout le profit, par le monopole des richesses, des connaissances et de leur utilisation, au lieu de les partager. Il ne faut pas casser cette fonction, mais changer radicalement son contenu. Pour cela, on peut développer des réseaux non capitalistiques de coproduction et de recherche, ou des conationalisations internationales. Il y a besoin de tous autres traités internationaux d’investissement et d’échange, et de nouvelles institutions publiques internationales.

Quelle pourrait être, en France, la physionomie de vraies mesures d’urgence ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Un plan d’urgence doit commencer immédiatement à rompre avec la domination du capital. Il ne s’agit pas d’attendre le « jour d’après » pour changer de logique. C’est à la fois révolutionnaire et réaliste. Il serait élaboré et proposé face aux mesures Macron-Philippe. Il pourrait comprendre les volets suivants, avec une cohérence entre objectifs, moyens et pouvoirs.

Des objectifs pour dépister, appuyer l’hôpital (embauches, constructions en urgence, formations, etc.), soutenir la recherche (vaccins et traitements), mobiliser la production (respirateurs, réactifs pour les tests, vêtements médicaux, gants, masques, médicaments, etc.).

Des moyens pour arrêter la production et le travail non essentiels et maintenir les droits et institutions démocratiques protégeant les travailleurs, lever les modifications régressives du Code du travail, soutenir le pouvoir d’achat (chômage partiel à 100 %, suspendre des dépenses pré-engagées des ménages et des PME/TPE : loyers, remboursements d’emprunt, etc.) ; aller vers un dispositif général de sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu ; créer un fonds doté de 50 milliards d’euros (dans un premier temps) pour financer ces actions avec une contribution monétaire (BCE, et Caisse des dépôts) et des impôts de solidarité sur le grand capital ; libérer les dépenses des communes.

Enfin, des pouvoirs pour mettre en place des instances démocratiques régionales de suivi
comme de contrôle de la mise en oeuvre du plan et de l’utilisation de cet argent avec les représentants des salariés et les élus.

C’est faire émerger un autre modèle de société pour sortir de la crise ?

FRÉDÉRIC BOCCARA : Nos sociétés sont minées par l’économie capitaliste et une anthroponomie du libéralisme, imposées à la planète depuis l’Europe occidentale et les États-Unis. Notre monde crève de la scission entre l’argent et la cible de son utilisation. Laquelle est subordonnée à la recherche de la rentabilité financière maximale. C’est cela le capital : tout est réduit à une masse de valeur cherchant à valoir plus, « l’argent pour l’argent ».

Notre civilisation est menacée dans ses fondements par l’exacerbation de cette scission entre l’argent et les services publics, l’argent et la production, l’argent et la démocratie, l’argent et les besoins humains ou écologiques. L’argent devrait être vu comme un levier politique. C’est tout le système de pouvoir et de valeurs qu’il faut commencer à changer.

Entretien réalisé par BRUNO ODENT

 

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 10:16

 

 

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 09:24

 

LEÇONS DE CONFINEMENT N°4 :

C’est quoi la crise ?

 

Les économistes du XIXème siècle du Royaume Uni (Smith, Adam, etc.), alors le plus développé économiquement, ont été des précurseurs de l’analyse économique. En même temps ils ont justifié par leurs théories le type de développement du système capitaliste. Un thème central « justifiant » le système, est la théorie d’une régulation « naturelle » du système l’amenant à un équilibre rectifiant une accumulation du capital qui aurait mis en difficulté les conditions de son renouvellement et en même temps du renouvellement des biens et de la société et des hommes.

 

En 2008, la crise financière a fait apparaître aux yeux de tous l’accélération de la crise économique, de la crise systémique, celle du capital.

Les contradictions internes du système existent dès l’origine du système capitaliste. Les conditions de la mise en valeur du capital s’opposent aux besoins sociaux, à leur besoin développement, de complexification en quantité-qualité.

Une des contradictions est celle entre la valeur de la production mise à la disposition de la force de travail et la course à l’accumulation par le taux de profit. C’est la théorie marxiste de la plus-value qui le démontre. L’autre contradiction fondamentale, mais elles sont non seulement liées l’une à l’autre, mais sont de fait un même mouvement, c’est l’accumulation par elle-même qui crée plus de capital accumulé qu’il ne peut en user. Non qu’il y ait trop de richesse produite, mais parce que la création des richesses est soumise, dans le système, à une accumulation sur la base du taux de profit au détriment des besoins sociaux. Cette suraccumulation entraîne le blocage que connait aujourd’hui le capitalisme mondialisé, financiarisé, numérisé. La suraccumulation conduisant à l’incapacité progressive d’investir à un taux de profit suffisant empêche le capital de se valoriser. Hors, le capital ne peut exister sans valorisation : c’est la crise généralisée de suraccumulation-dévalorisation qu’il tente de maîtriser en faisant feu de tout bois, c’est-à-dire en brûlant les réserves de la société et en créant l’incapacité pour elle de se développer et au-delà conduit à une réponse de plus en plus débile, faible, insuffisante aux besoins élémentaire. Il n’est plus question ni de progrès, ni de survie essentielle. La crise généralisée du capitalisme, longtemps évoquée par les communistes, rongeant les soubassements de la société dès l’origine, est aujourd’hui bien là, claire, forte et massivement destructrice. Il est donc plus que jamais temps d’y faire référence pour en proposer les remèdes, alors que la vieille habitude à cette référence répétée a eu tendance à minimiser le sujet, à l’atténuer au moment où il ressort avec le plus de force.

Certes cette contradiction n’a pas pris dans les esprits l’importance ni les effets qui se manifestent dans l’énormité de la crise actuelle, financière, économique et de production, dans la réalité. Car fondamentalement, essentiellement, la crise systémique est une crise de production des biens nécessaires à la vie humaine.

Les économistes du XIXème siècle du Royaume Uni (Smith, Adam, etc.), alors le plus développé économiquement, ont été des précurseurs de l’analyse économique. En même temps ils ont justifié par leurs théories le type de développement du système capitaliste.

Un thème central justifiant le système, est la théorie d’une régulation « naturelle » du système l’amenant à un équilibre rectifiant une accumulation du capital qui aurait mis en difficulté les conditions de son renouvellement et en même temps du renouvellement des biens et de la société et des hommes. Dans la période des 30 glorieuses, après les mesures sociales de l’après-guerre, et du rapport de force politique qui les ont permises et qui ont calmé un temps les contradictions du capital et la baisse tendancielle du taux de profit, cette théorie de la régulation naturelle et de l’équilibre acquis éternellement a refleuri. Elle est remise en cause aujourd’hui, y compris par les économistes orthodoxes de droite et de gauche. La crise montre à l’évidence que cet « équilibre », cette « régulation naturelle » n’est pas au rendez-vous, n’est plus au rendez-vous promis.

Mais est aussi remise en cause  une théorie limitant l’économie marxiste à la lutte pour une meilleure répartition de la valeur produite, pour une réduction de la plus-value, théorie que pouvaient partager dans un temps de marges utilisables, celui des « 30 glorieuses » par exemple, aussi bien communistes que sociaux-démocrates.

Il ne s’agit pas seulement d’une politique de répartition des richesses en limitant la plus-value, mais d’une transformation du système, radicale et progressive dépassant le phénomène de suraccumulation-dévalorisation qui bloque la société et les hommes. Dépasser la crise de suraccumulation-dévalorisation du capital, c’est dépasser le système capitaliste, c’est une « abolition-dépassement » comme le terme "aufhebung" utilisé par Marx le signifie.

Au cœur d’un tel dépassement, d’un tel processus de dépassement, la prise de pouvoir sur l’argent passe par des mesures politiques s’attaquant à l’économie capitaliste pour une économie de satisfaction et de développement des besoins en quantité-qualité. La crise du système financier c’est la crise du capitalisme et la crise de production qu’elle induit. Les réformes radicales du système financier c’est le début du processus.

Et le fond du processus touche aux conditions de production elles-mêmes. Ce sont des humains qui produisent, avec leurs outils, leurs machines, avec leur « mécanique » et leur « informatique ». Deux conditions essentielles pour développer le processus :

-L’une touche au travail. Il faut assurer une cohérence entre les besoins de l’homme-producteur et le besoin de production, le processus producteur. Une loi affirmant les droits à la sécurité d’emploi et de formation. Elle a été imaginée à l’origine par Paul Boccara et déposée par les communistes à l’initiative du PCF et de Sa commission économique.

-L’autre touche aussi au travail, évidemment. C’est la substitution progressive et rapide à la fois du critère de gestion des entreprises et de la production basée sur le taux Profit sur Capital (P/C) par celui du rapport de la Valeur Ajoutée sur le Capital Matériel et Financier (VA/CMF). Il s’agit « tout simplement » de consacrer une plus grande part des richesses produites aux salaires, revenus, services, et au développement, qui au lieu de réduire l’efficacité et le développement du système productif, lèvera le frein que les critères actuels imposent aux besoins sociaux et à la recherche (R&D) dont ils dépendent. La litanie de ces dernières années sur la Recherche et Développement par les tenants du système actuel témoignent de leur difficulté à l’appliquer avec des critères de taux de profit.

Au-delà des réductions théoriques dogmatiques qu’a pu subir l’économie politique marxiste, il y a la nécessite du dépassement d’une analyse unilatérale des crises économiques, de courte, de longue durée et de durée sans issue autre que la sortie du système. Le débat entre économistes marxistes et hétérodoxes  du XXème siècle partait d’une vision unilatérale : soit une théorie de sous-consommation et de sur-épargne ou au contraire de sur-consommation et de sous-épargne, sans les lier, en fonction des observations limitées du moment, dans la durée du développement d’une crise économique passant par des phases différentes, et la réponse à donner dans le contexte et à long terme.

Il y a aussi le manque de lien à établir entre les secteurs de production, celui de la production des biens de production et celui de la production des biens de consommation dont « l’équilibre » exige leur lien, leur gestion commune en rapports dialectiques, en fonction du développement-complexification des besoins sociaux.

- Ajoutons une troisième réforme qui tient aux deux autres : celle d’une organisation du travail dépassant le taylorisme sur la base d’une analyse pluridisciplinaire des situations de travail liée à la réforme économique, conduisant à une cohérence entre la personne, son activité et les structures-superstructures en unité de l’organisation sociale, du système de production et d’échange. Les concepts et le système de concepts en mouvement que constitue d’ergologie n’est pas un gadget. Qui s’en est approché concluera à la pertinence des repères qu’ils fournissent pour développer la conscience de l’homme sur lui-même et de l’activité sociale de l’homme sur elle-même, conscience dont le développement économique ne peut se passer, pas plus que tout autre développement en rapports dialectiques, dans les quatre marchés : du travail, de la consommation, monétaire et mondial.

Pierre Assante. 28/03/2020 07:23:47.

 

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 12:03

 

LEÇONS DE CONFINEMENT N°3 : EXTRAIT DES MANUSCRITS DE 1844. SUR L’ARGENT.

 

Dans les manuscrits de 1844, Karl Marx commence à s’atteler à la critique de l’économie politique. Il l’approfondira dans « Le Capital ». Les Grundrisse (1857-1858) contiennent un énorme travail de préparation à la rédaction du « Capital ». Mais voyons ce qu’il retient en 1844 dans cette critique approfondie de l'économie politique bourgeoise.

Les économistes bourgeois du Royaume Uni, le plus avancé sur le plan du développement économique, ont commencé au XIXème siècle à étudier la société capitaliste, de leur point de vue de classeMais ce point de vue critiqué justement par Marx est un premier pas vers une compréhension de la réalité de la société bourgeoise, capitaliste, au moment de ses premiers et grands développements. Les économistes communistes du XXème et XXIème siècle ont poursuivi le travail de Marx, avec l’étude du capitalisme monopoliste mondialisé, globalement financiarisé, numériquement informationnalisé, au-delà des limites que recelaient le XIXème siècle. Le blogueur, 24.03.2020.

L’ARGENT. MARX, 1844 :

Si les sensations, les passions, etc. de l'homme ne sont pas seulement des détermi­na­tions anthropologiques au sens [étroit] , mais sont vraiment des affirmations ontologiques essentielles (naturelles) - et si elles ne s'affirment réellement que par le fait que leur objet est sensible pour elles, il est évident 1º que le mode de leur affirmation n'est absolument pas un seul et même mode, mais qu'au contraire, la façon distincte dont elles s'affirment constitue le caractère propre de leur existence, de leur vie ; la façon dont l'objet existe pour elles constitue le caractère propre de chaque jouissance spécifique ; 2º là où l'affirmation sensible est sup­pres­­sion directe de l'objet sous sa forme indépendante (manger, boire, façonnage de l'objet, etc.), c'est l'affirmation de l'objet ; 3º dans la mesure où l'homme est humain, où donc sa sensation, etc., aussi est humaine, l'affirmation de l'objet par un autre est également sa propre jouissance ; 4º ce n'est que par l'industrie développée, c'est-à-dire par le moyen terme de la propriété privée, que l'essence ontologique de la passion humaine atteint et sa totalité et son humanité ; la science de l'homme est donc elle-même un produit de la manifestation pratique de soi par l'homme ; 5º le sens de la propriété privée - détachée de son aliénation - est l'exis­tence des objets essentiels pour l'homme tant comme objets de jouissance que comme objets d'activité.

L'argent en possédant la qualité de tout acheter, en possédant la qualité de s'approprier tous les objets est donc l'objet comme possession éminente. L'universalité de sa qualité est la toute-puissance de son essence. Il passe donc pour tout-puissant... L'argent est l'entremetteur entre le besoin et l'objet, entre la vie et le moyen de subsistance de l'homme. Mais ce qui sert de moyen terme à ma vie, sert aussi de moyen terme à l'existence des autres hommes pour moi. C'est pour moi l'autre homme.

Que diantre! il est clair que tes mains et les pieds

Et ta tête et ton c... sont à toi ;

Mais tout ce dont je jouis allégrement

En est-ce donc moins à moi ?

Si je puis payer six étalons,

Leurs forces ne sont-elles pas miennes ?

Je mène bon grain et suis un gros monsieur,

Tout comme si j'avais vingt-quatre pattes.

GOETHE : Faust (Méphistophélès) 

Shakespeare dans Timon d'Athènes  :

De l'or! De l'or jaune, étincelant, précieux! Non, dieux du ciel, je ne suis pas un sou­pi­rant frivole... Ce peu d'or suffirait à rendre blanc le noir, beau le laid, juste l'injuste, noble l'infâme, jeune le vieux, vaillant le lâche... Cet or écartera de vos autels vos prêtres et vos serviteurs ; il arrachera l'oreiller de dessous la tête des mourants ; cet esclave jaune garantira et rompra les serments, bénira les maudits, fera adorer la lèpre livide, donnera aux voleurs place, titre, hommage et louange sur le banc des sénateurs ; c'est lui qui pousse à se remarier la veuve éplorée. Celle qui ferait lever la gorge à un hôpital de plaies hideuses, l'or l'embaume, la parfume, en fait de nouveau un jour d'avril. Allons, métal maudit, putain commune à toute l'humanité, toi qui mets la discorde parmi la foule des nations...

Et plus loin :

O toi, doux régicide, cher agent de divorce entre le fils et le père, brillant profana­teur du lit le plus pur d'Hymen, vaillant Mars, séducteur toujours jeune, frais, délicat et aimé, toi dont la splendeur fait fondre la neige sacrée qui couvre le giron de Diane, toi dieu visible,& qui soudes ensemble les incompatibles   et les fais se baiser, toi qui parles par toutes les bouches [XLII] et dans tous les sens, pierre de touche des cœurs, traite en rebelle l'humanité, ton esclave, et par ta vertu jette-la en des querelles qui la détruisent  , afin que les bêtes aient l'empire du monde.

Shakespeare décrit parfaitement l'essence de l'argent. Pour le comprendre, commençons d'abord par expliquer le passage de Gœthe :

Ce qui grâce à l'argent est pour moi, ce que je peux payer, c'est-à-dire ce que l'argent peut acheter, je le suis moi-même, moi le possesseur de l'argent. Ma force est tout aussi grande qu'est la force de l'argent. Les qualités de l'argent sont mes qualités et mes forces essentielles - à moi son possesseur. Ce que je suis et ce que je peux n'est donc nullement déterminé par mon individualité. Je suis laid, mais je peux m'acheter la plus belle femme. Donc je ne suis pas laid, car l'effet de la laideur, sa force repoussante, est anéanti par l'argent. De par mon individualité, je suis perclus, mais l'argent me procure vingt-quatre pattes ; je ne suis donc pas perclus; je suis un homme mauvais, malhonnête, sans conscience, sans esprit, mais l'ar­gent est vénéré, donc aussi son possesseur, l'argent est le bien suprême, donc son posses­seur est bon, l'argent m'évite en outre la peine d'être malhonnête ; on me présume donc hon­nê­te; je suis sans esprit, mais l'argent est l'esprit réel de toutes choses, comment son possesseur pourrait-il ne pas avoir d'esprit ? De plus, il peut acheter les gens spirituels et celui qui possè­de la puissance sur les gens d'esprit n'est-il pas plus spirituel que l'homme d'esprit? Moi qui par l'argent peux tout ce à quoi aspire un cœur humain, est-ce que je ne possède pas tous les pouvoirs humaine ? Donc mon argent ne transforme-t-il pas toutes mes impuissances en leur contraire ?

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LA PENSEE MARX. I. II. III. IV.V.VI. ECRITS 2016-2017.

 OUVRIR

 

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 21:27

 

LEÇONS DE CONFINEMENT N°2 : ENCORE SUR LA DIVISION DU TRAVAIL.

Comment les économistes bourgeois ont commencé à étudier la réalité du capitalisme au XIXème siècle. MILL :

 

Dans les manuscrits de 1844, Karl Marx commence à s’atteler à la critique de l’économie politique. Il l’approfondira dans « Le Capital ». Les Grundrisse (1857-1858) contiennent un énorme travail de préparation à la rédaction du « Capital ». Mais voyons ce qu’il retient en 1844 avant cette critique approfondie de l'économie politique bourgeoise.

Les économistes bourgeois du Royaume Uni, le plus avancé sur le plan du développement économique, ont commencé au XIXème siècle à étudier la société capitaliste, de leur point de vue de classe. Mais ce point de vue est un premier pas vers une compréhension de la réalité de la société bourgeoise, capitaliste, au moment de ses premiers et grands développements. Les économistes communistes du XXème et XXIème siècle ont poursuivi le travail de Marx, avec l’étude du capitalisme monopoliste mondialisé, globalement financiarisé, numériquement informationnalisé, au-delà des limites que recelaient le XIXème siècle. Le blogueur, 24.03.2020.

Citation de MILL par Marx :

Mill représente l'échange développé, le commerce, comme une conséquence de la divi­sion du travail.

L'action de l'homme peut être ramenée à de très simples éléments. Il ne peut, en effet, rien faire de plus que de produire du mouvement; il peut mouvoir les choses pour les approcher [XXXVII] ou les éloigner les unes des autres ; les propriétés de la matière font tout le reste...  Dans l'emploi du travail et des machines, on trouve souvent que les effets peuvent être augmentés... en séparant toutes les opérations qui ont une tendance à se contrarier, et en réunissant toutes celles qui peuvent, de quelque manière que ce soit, se faciliter les unes les autres. Comme en général les hommes ne peuvent exécuter beau­coup d'opérations différentes avec la même vitesse et la même dextérité qu'ils parviennent, par l'habitude, à en exécuter un petit nombre, il est toujours avantageux de limiter autant que possible le nombre d'opérations confiées à chaque individu. Pour diviser le travail et distribuer les forces des hommes et des machines de la manière la plus avantageuse, il est nécessaire, dans une foule de cas, d'opérer sur une grande échel­le, ou en d'autres ter­mes de produire les richesses par grandes masses. C'est cet avan­­tage qui donne nais­sance aux grandes manufactures. Un petit nombre de ces manu­factures placées dans les positions les plus convenables, approvisionnent quelquefois non pas un seul, mais plusieurs pays, de la quantité qu'on y désire de l'objet qu'elles produisent.

Voilà ce que dit Mill.

Mais toute l'économie moderne s'accorde sur le fait que division du travail et richesse de la production, division du travail et accumulation du capital se conditionnent réciproquement, ainsi que sur le fait que la propriété privée affranchie, laissée à elle-même, peut seule pro­duire la division du travail la plus utile et la plus vaste.

On peut résumer ainsi le développement d’Adam Smith : la division du travail donne au travail une capacité infinie de production. Elle est fondée sur la disposition à l'échange et au trafic, disposition spécifiquement humaine qui n'est vraisemblablement pas fortuite, mais conditionnée par l'usage de la raison et du langage. Le mobile de celui qui pratique l'échange n'est pas l'humanité, mais l'égoïsme. La diversité des talents humains est plutôt l'effet que la cause de la division du travail, c'est-à-dire de l'échange. C'est aussi ce dernier seulement qui rend utile cette diversité. Les qualités particulières des diverses races d'une espèce animale sont par nature plus fortement marquées que la diversité des dons et de l'activité humaine. Mais comme les animaux ne peuvent pas échanger, la propriété différente d'un animal de la même espèce mais de race différente ne sert à aucun individu animal. Les animaux ne peuvent pas additionner les qualités différentes de leur espèce; ils ne peuvent en rien contribuer à l'avantage ou à la commodité communes de leur espèce. Il en va différemment pour l'homme chez qui les talents et les modes d'activité les plus disparates sont utiles les uns aux autres parce qu'ils peuvent rassembler leurs divers produits en une masse commune où chacun peut acheter. De même que la division du travail naît de la disposition à l'échan­ge, elle grandit, elle est limitée par l'étendue de l'échange, du marché. Dans l'état avan­cé, chaque homme est commerçant, la société est une société de commerce. Say considère l'échange comme fortuit et non fondamental. La société pourrait subsister sans lui. Il devient indispen­sable dans l'état avancé de la société. Pourtant la production ne peut avoir lieu sans lui. La division du travail est un moyen commode et utile, une habile utilisation des forces humaines pour la richesse sociale, mais elle diminue la faculté de chaque homme pris individuellement. Cette dernière remarque est un progrès de Say.

Skarbek distingue les forces individuelles inhérentes à l'homme, l'intelligence et la disposition physique au travail, des forces dérivées de la société, l'échange et la division du travail qui se conditionnent réciproquement. Mais la condition nécessaire de l'échange est la propriété privée. Skarbek exprime ici, sous une forme objective, ce que Smith, Say, Ricardo, etc., disent lorsqu'ils font de l'égoïsme, de l'intérêt privé, le fondement de l'échange, ou du trafic la forme essentielle et adéquate de l'échange.

Mill représente le commerce comme la conséquence de la division du travail. L'activité humaine se réduit pour lui à un mouvement mécanique. La division du travail et l'utilisation des machines font progresse; la richesse de la production. On doit confier à chaque homme un cercle aussi réduit que possible d'opérations. De leur côté, la division du travail et l'utili­sa­tion des machines conditionnent la production de la richesse en masse, donc du produit. C'est le fondement des grandes manufactures.

L'examen de la division du travail et de l'échange est du plus haut intérêt, parce qu'ils sont l'expression visiblement aliénée de l'activité et de la force essentielle de l'hom­me en tant qu'activité et force essentielle génériques.

Dire que la division du travail et l'échange reposent sur la propriété privée n'est pas autre chose qu'affirmer que le travail est l'essence de la propriété privée, affirmation que l'écono­miste ne peut pas prouver et que nous allons prouver pour lui. Dans le fait précisément que division du travail et échange sont des formes de la propriété privée, repose la double preuve que, d'une part, la vie humaine avait besoin de la propriété privée pour se réaliser, et que, d'autre part, elle a maintenant besoin de l'abolition de la propriété privée.

Division du travail et échange sont les deux phénomènes qui font que l'économiste tire vanité du caractère social de sa science et que, inconsciemment, il exprime d'une seule haleine la contradiction de sa science, la fondation de la société par l'intérêt privé asocial.

Les aspects que nous avons à examiner sont les suivants d'une part la disposition à l'échange -dont le motif est trouvé dans l'égoïsme - est considérée comme la raison ou l'effet en retour de la division du travail. Say estime que l'échange n'est pas fondamental pour l'essen­ce de la société. La richesse, la production est expliquée par la division du travail et l'échange. On admet que la division du travail provoque l'appauvrissement et la dégradation de l'activité individuelle. L'échange et la division du travail sont reconnus comme les produc­teurs de la grande diversité des talents humains, diversité qui retrouve son utilité grâce au premier. Skarbek divise les formes de production ou les forces essentielles productives de l'homme en deux parts, 1º les forces individuelles qui lui sont inhérentes, son intelligence et la faculté ou la disposition spéciale au travail; 2º celles qui sont dérivées de la société, - non de l'individu réel, - la division du travail et l'échange. En outre la division du travail est limitée par le marché. - Le travail humain est un simple mouvement mécanique; l'essentiel est fait par les propriétés matérielles des objets. Il faut attribuer à un individu le moins d'opérations possible. Séparation du travail et concentration du capital, insignifiance de la production individuelle et production de la richesse en masse. -Intelligence de la propriété privée libre dans la division du travail.

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 07:45

 

Avis et propositions à la lecture du projet de loi de finances rectificative pour 2020

par Denis DURAND, Jean-Marc DURAND, Frédéric BOCCARA et Frédéric RAUCH et Yves DIMICOLI

Le 23 mars 2020

 

Critique

Les montants budgétaires supplémentaires sont très maigres : seulement 6,3 Md€ réellement mis. Le reste en simple garantie, qui n’amène pas de déboursement en fait.

Pour les entreprises : rien n’est prévu sur le coût des prêts de trésorerie qui leur seraient faits !!

Pas de contrôle démocratique (salariés, notamment) de l’utilisation qui va être faite des montants mis. Le ciblage salaires, emploi n’est pas clair.

Ni les banques, ni les grandes entreprises, ni les assurances, ni les grandes fortunes ne sont impliqués ni les différents capitaux spéculatifs… qui nous ont pourtant conduits à avoir un système de santé autant dégradé.

Rien, rien n’est mis pour les hôpitaux !!!

Rien n’est mis pour la filière de production de matériel médical, ou de matériel de protection.

Aucune mesure d’institution territoriale de coordination et de suivi nouvelle de la production de la filière de santé !

Rien n’est dit sur la dimension nécessaire de coopération européenne, ni mondiale, jusque dans les financements.

Attendus

Il faudrait avant tout, à côté de ce collectif budgétaire, une loi portant une clause générale de suspension et interdiction des licenciements, non seulement durant le plus fort de la crise sanitaire, mais aussi dans les mois qui vont suivre la sortie de crise. C’est indispensable !!

Par ailleurs, on propose de mettre 6,3 Mds d’euros c’est minable. D’après la presse, l’Italie met 25 Md€ et les allemands plus de 30 Md€. Avant crise, rien que pour l’hôpital, les soignants, dont on voit bien qu’il faut les écouter, demandaient un plan d’urgence de 4 Md€.

Si nos parlementaires propose de mettre plus d’argent, on va nous opposer la disposition de procédure parlementaire qui exige que toute dépense soit financée.

                Concernant ce point nous faisons la double proposition.

  • Politiquement : il faut des dispositions d’urgence, non pas de commandement anti-démocratique et de je ne sais quel état d’exception, mais des dispositions financières d’urgence. De même que la règle de Maastricht des 3% (devenue 1%) est suspendue, nous devons suspendre cette disposition. C’est cela l’état d’urgence sanitaire en matière budgétaire
  • Financièrement. Créer un Fonds d’urgence sanitaire financé par une contribution spéciale des banques, des assurances, des grandes entreprises, et un financement par la CDC (caisse des dépôts) qui aura vocation à exiger de bénéficier du financement de la BCE (Quantitative Easing) à 0%, voire négatif.

Il apparaît absolument nécessaire de promulguer l’arrêt du travail dans toutes les activités non essentielles au fonctionnement du pays et à la « guerre sanitaire », ces activités restant à déterminer. L’urgence c’est la santé, l’Humain d’abord, donc d’arrêter la contamination, plutôt que d’être obsédés de produire (pour le profit ??) ou de ne pas faire paniquer les marchés financiers. Les chinois ont bien su arrêter leur production. Nous devons le faire ! Et ne pas laisser cela à la prétendue « libre détermination » des travailleurs, des travailleuses ou des employeurs. Une rupture est nécessaire là aussi. Le Président a d’ailleurs employé le mot.

Il faut par ailleurs prévoir, hors PLFR, une disposition de soutien au pouvoir d’achat des ménages et des PME/TPE, commerçants, artisans, auto-entrepreneurs, par :

  • Suspension des remboursements d’emprunts bancaires pour ceux qui le demandent, et sans frais
  • Blocage de la hausse des prix des produits alimentaire et de première nécessité (ce qui nécessitera d’ailleurs l’embauche de fonctionnaires dédiés)

Nous souhaitons examiner dans les tous prochains jours un dispositif pour impliquer les banques dans cette véritable « guerre sanitaire » qu’il faut organiser.

Enfin, il faut savoir ce que le gouvernement engage comme négociations européennes en matière de coopération financière et productive. Et la France doit porter devant le G7 l’exigence de coordination contre les deux crises siamoises, sanitaire et économico-financière, à commencer par une fermeture de l’ensemble des bourses et marchés financiers, mais aussi une implication du FMI au service de l’OMS.

Mesures à prendre dans le budget pour un meilleur PLFR......

 

.........SUITE de cet article sur ce lien :

https://www.economie-et-politique.org/2020/03/23/avis-et-propositions-a-la-lecture-du-projet-de-loi-de-finances-rectficative-pour-2020/?fbclid=IwAR0ZjggwgTYfg8RjtAsSd5iSV1BSTO6tbUx4Stag_ld0y_B-lSWgCTcZcgU

 

 

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 07:35

 

Qui doit mourir, qui pourra vivre ?

par Frédéric RAUCH le 24 mars 2020

 

C’était prévisible. L’afflux de malades atteints du covid-19 a fait exploser les services d’accueil hospitaliers. Tous les hôpitaux sont débordés. Et désormais certains commencent déjà à faire le tri entre les malades. Par exemple, à l’hôpital Tenon, grand hôpital public parisien de l’AP-HP, les malades de plus de 50 ans atteints de comorbidités (diabète, …) et infectés par le coronavirus ne sont d’ores et déjà plus pris en charge à l’hôpital et renvoyés dans d’autres structures ou chez eux. Les malades infectés de plus de 60 ans ne seront plus admis non plus dès cette semaine. Par manque de moyens humains, les personnels infectés sont sommées de rester dans leur service et en fonction. Plus généralement, confrontés à l’impossibilité de prendre en charge tous les malades faute de moyens techniques et humains permettant de le faire (manque de respirateurs, manque de lits, manque de personnels, …), tous les services d’urgence opèrent des choix. Et la règle qui semble se dessiner, c’est que tous les patients infectés de plus de 70 ans qui développent des formes graves ne seront plus placés sous respiratoires et donc seront condamnés à mourir. C’est-à-dire mes parents, vos parents, vos grand-parents ou peut-être vous-même. La situation est tellement tragique que le gouvernement vient de convoquer le comité national d’éthique pour qu’il fixe les règles de la sélection sur des critères moraux !? Sordide !....

Frédéric RAUCH de la Revue Economie et Politique.

 

……Suite de cet article de Frédéric RAUCH sur ce lien :

https://www.economie-et-politique.org/2020/03/24/qui-doit-mourir-qui-pourra-vivre/?fbclid=IwAR0T2aYGK7SwWJf6-YkbU1fl-7msyJwz6ZGic_SItK1gSCpCZT597uNsJFM

 

 

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 22:18

 

LA DISPARITION DE Lucien SÈve, la crise économique, sanitaire et financiÈre, les conditions DE travail avant, pendant et aprÈs la crise.

 

Il y a le travail Concret et le travail Abstrait.

Le travail concret est la dépense physique et psychique pour accomplir une tâche destinée à une production humaine par un producteur-individu humain

Le travail abstrait c’est la mesure d’une valeur produite mesurée en temps, par rapport à un équivalent, quelle que soit le travail concret, indépendamment du produit concret.

Le travail Prescrit est celui qui est projeté pour créer un produit.

Le travail Réel est le travail concret effectué pour le produire, le résultat du travail concret.

Mais les choses ne sont pas les mêmes lorsque le travail prescrit l’est dans le cadre d’un usage de soi par un autre ou les autres. Dans ce cas l’écart entre la prescription et le résultat de la prescription issue du travail concret, est affecté par la distance entre le besoin du producteur et l’obtention différée du besoin par ce que permet le salaire.

Travailler pour un salaire c’est-à-dire la mesure de la valeur d’un produit moins la partie qui revient à l’accumulation de capital privé, demande de différer la satisfaction du besoin.

Certes l’activité pour l’obtention d’un salaire peut représenter un besoin en soi.  D’autant que l’obtention d’un salaire peut être partie prenante en unité psychique de ce que peut permettre un salaire et le salaire lui-même. A condition que le développement et la complexification des besoins n’entrent pas en contradiction irrésoluble, antagonique,  avec la mesure de la valeur du produit, le salaire plus la plus-value (1)

Ceci semble compliqué mais est d’une grande facilité à comprendre une fois qu’on fait l’effort de comprendre et que pour cela on romp avec le mode de pensée dominante de la société dans laquelle on est né et l’on vit.

Et ce n’est pas rien ! Il s’agit de deux angles d’attaque d’un même mouvement qui est celui de produire les biens nécessaires à la vie humaine.

*

Ceci n’est qu’un petit apéritif de ce qui a animé le débat entre Lucien Sève et Yves Schwartz. Ce débat s’est concrétisé par des travaux pluridisciplinaires sur la théorie de la personnalité et l’analyse des situations de travail.

Mais un troisième élément traverse ces deux approches : la particularité du travail dans une société marchande et de droit basée sur l’accumulation du capital, sa circulation élargie comme mode de circulation des marchandises, c’est-à-dire des produits d’usage des humains, et les rapports sociaux inégaux, aliénants, entre eux pour produire.

A partir du moment où le mode de production, d’échange, de circulation des richesses et de leur qualité s’écrase sur des difficultés de circulation parce que le moteur de l’accumulation du capital se heurte à une suraccumulation-dévalorisation, travail concret, travail abstrait, travail prescrit et travail réel entrent en incohérence et mettent la production en tilt. Entre là, de façon organique et à organiser, le débat initié par Paul Boccara et les économistes communistes.

*

En ce sens, la crise économique et la crise sanitaire sont inséparables  d’un lien organique entre économie, ergologie (issue de l’analyse pluridisciplinaire des situations de travail), psychologie.

La disparition de Lucien Sève en pleine crise mondiale généralisée tous azimuts vient rappeler à qui le veut bien ce lien organique. La « théorie marxiste de la personnalité » de Lucien Sève, initie un travail de réalisation théorique de cette unité. Poursuivre cette unité ébauchée est une tâche de notre temps en bouleversement que le système induit et dont la solution réclame les trois approches.

Dominique Méda, en tant que spécialiste du travail effleurait ces rapports ce soir aux informations, rappelant entre autre les conditions de travail hospitalier.

Il est dommage que cette intervention n’ait pu être approfondie dans le sens décrit ci-dessus et il est dommage, à mon sens, si ergologues, économistes communistes ou proches, et chercheurs de la personnalité ne convergent pas.

Ces quelques mots maladroits auraient voulu être seulement un hommage au grand philosophe communiste disparu. Mais l’aurait-il été vraiment si sur son travail, brièvement évoqué, n’était pas souligné une portée globale sur le mouvement de la société, sa crise et les solutions possibles de sortie et de reconstruction, ce qui était, il ne faut pas en douter, sa conviction de communiste.

*

La disparition de Lucien Sève, après celle de Paul Boccara laisse-t-elle le soin aux ergologues l’effort de rassemblement des trois démarches ?

*

Pierre Assante. 24/03/2020 21:59:50

*

(1) La valeur historique capitaliste de la force de travail, dans les conditions de son achat-vente du moment des forces productives, est d’autant plus en contradiction avec les besoins humains que la suraccumulation du capital entraîne une revalorisation croissante puis galopante au détriment de ces besoins, de leur développement, de leur complexification. En fin de compte, le capital constant, mort, en excès, comme le capital circulant et le capital variable, malgré tous les palliatifs employés, ne trouvent plus à se valoriser. C’est une crise de production et une crise du travail. Le phénomène de suraccumulation du capital est tel aujourd'hui, entre autre sous l'effet de la révolution scientifique et technique, que quel que soit la baisse du capital variable, le taux de profit diminue. Cela demande de nouveaux critères de gestion pour les entreprises et la production, pour la société.

 

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 09:45

LEÇONS DE CONFINEMENT N°1 : SUR LA DIVISION DU TRAVAIL.

Comment les économistes bourgeois ont commencé à étudier la réalité du capitalisme au XIXème siècle. Adam SMITH.

 

Dans les manuscrits de 1844, Karl Marx commence à s’atteler à la critique de l’économie politique. Il l’approfondira dans « Le Capital ». Les Grundrisse (1857-1858) contiennent un énorme travail de préparation à la rédaction du « Capital ». Mais voyons ce qu’il retient en 1844 avant cette critique approfondie de l'économie politique bourgeoise.

Les économistes bourgeois du Royaume Uni, le plus avancé sur le plan du développement économique, ont commencé au XIXème siècle à étudier la société capitaliste, de leur point de vue de classe. Mais ce point de vue est un premier pas vers une compréhension de la réalité de la société bourgeoise, capitaliste, au moment de ses premiers et grands développements. Les économistes communistes du XXème et XXIème siècle ont poursuivi le travail de Marx, avec l’étude du capitalisme monopoliste mondialisé, globalement financiarisé, numériquement informationnalisé, au-delà des limites que recelaient le XIXème siècle. Le blogueur, 24.03.2020.

Citation d’Adam Smith par Marx :

La société - telle qu'elle apparaît à l'économiste - est la société bourgeoise dans laquelle chaque individu est un ensemble de besoins et n'est là que pour l'autre, comme l'autre [XXXV] n'est là que pour lui dans la mesure où ils deviennent l'un pour l'autre un moyen. L'écono­miste - aussi bien que la politique dans ses droits de l'homme - réduit tout à l'homme, c'est-à-dire à l'individu qu'il dépouille de toute détermination pour le retenir comme capi­ta­liste ou comme ouvrier.

La division du travail est l'expression économique du caractère social du travail dans le cadre de l'aliénation. Ou bien, comme le travail n'est qu'une expression de l'activité de l'homme dans le cadre de l'aliénation, l'expression de la manifestation de la vie comme aliénation de la vie, la division du travail n'est elle-même pas autre chose que le fait de poser, d'une manière devenue étrangère, aliénée, l'activité humaine comme une activité générique réelle, ou comme l'activité de l'homme en tant qu'être générique.

Sur l'essence de la division du travail - qui devait naturellement être conçue comme un facteur essentiel de la production de la richesse dès l'instant où le travail était reconnu comme l'essence de la propriété privée - c'est-à-dire sur cette forme devenue étrangère et aliénée de l'activité humaine en tant qu'activité générique, les économistes sont très obscurs et se contredisent.

Adam Smith :

Cette division du travail, [de laquelle découlent tant d'avantages,] ne doit pas être regar­dée, dans son origine, comme l'effet d'une sagesse humaine... elle est la consé­quen­ce nécessaire, quoique lente et graduelle, de... ce penchant à trafiquer, à faire des trocs et des échanges d'une chose pour une autre. [Il n'est pas de mon sujet d'examiner si] ce pen­chant est [un de ces premiers principes de la nature humaine... ou bien,] comme il pa­raît plus probable, [s'il est] une conséquence nécessaire de l'usage du raisonnement et de la parole. Il est commun à tous les hommes, et on ne l'aperçoit dans aucune autre espè­ce d'animaux ... Dans presque toutes les autres espèces d'animaux, chaque individu, quand il est parvenu à sa pleine croissance, est tout à fait indépendant... [Mais] l'homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c'est en vain qu'il l'attendrait de leur seule bienveillance. Il sera bien plus sûr de son fait en s'adressant à leur intérêt personnel, et en leur persuadant qu'il y va de leur propre avantage de faire ce qu'il souhaite d'eux... Nous ne nous adressons pas à leur humanités, mais à leur égoïsme ; et ce n'est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c'est toujours de leur avantage. Comme c'est ainsi par traité, par troc et par achat que nous obtenons des autres la plupart de ces bons offices qui nous sont mutuel­le­­ment nécessaires, c'est cette même disposition à trafiquer   qui a, dans l'origine, don­né lieu à la division du travail  * . Par exemple, dans une tribu de chasseurs ou de bergers, un particulier fait des arcs et des flèches avec plus de célérité et d'adresse qu'un autre. Il troque souvent avec ses compagnons ces sortes d'ouvrages contre du bétail ou du gibier, et il s'aperçoit bientôt que par ce moyen il peut se procurer plus de bétail et de gibier que s'il se met­tait lui-même en campagne pour en avoir. Par calcul d'int­é­rêt donc, il fait sa principale affaire de fabriquer des arcs et des flèches... Dans la réalité, la différence des talents naturels  * entre les individus ... n'est pas tant la cause  * que l'effet  * de la division du travail... Sans la disposition des hommes à trafi­quer et à échanger, chacun aurait été obligé de se procurer à soi-même toutes les néces­si­tés et commodités de la vie. Chacun aurait eu la même tâche à remplir et le même ou­vra­ge à faire, et il n'y aurait pas eu lieu à cette grande différence d’occupations, qui seule peut donner naissance à une grande différence de talents. Comme c'est ce pen­chant à troquer qui donne lieu à cette diver­sité de talents, si remarquable entre hommes de dif­fé­rentes professions, c'est aussi ce même penchant qui rend cette diversité utile. Beau­coup de races d'animaux, qu'on recon­naît pour être de la même espèce, ont reçu de la natu­re des signes distinctifs, quant à leurs dispositions, beaucoup plus remarquables que ceux qu'on pourrait observer entre les hommes, antérieurement à l'effet des habi­tu­des et de l'éducation. Par nature, un philosophe n'est pas de moitié aussi différent d'un portefaix, en talent et en intelli­gence, qu'un mâtin l'est d'un lévrier, un lévrier d'un épagneul, et celui-ci d'un chien de berger. Toutefois, ces différentes races d'animaux, quoique de même espèce, ne sont presque d'aucune utilité les unes pour les autres. Le mâtin ne peut pas ajouter aux avantages [XXXVI] de sa force en s'aidant de la légèreté du lévrier... Les effets de ces différents talents ou degrés d'intelligence, faute d'une faculté ou d'un penchant au com­­mer­ce ou à l'échange, ne peuvent être mis en commun, et ne peuvent le moins du monde contribuer à l'avantage   ou à la commodité com­mune  * de l'espèce. Chaque animal est toujours obligé de s'entretenir et de se défendre lui-même à part et indépendam­ment des autres, et il ne peut retirer la moindre utilité de cette variété de talents que la nature a répartis entre ses pareils. Parmi les hommes, au con­traire, les talents les plus disparates sont utiles les uns aux autres, parce que les différents produits  * de chacune de leurs diverses sortes d'industrie respective, au moyen de ce penchant universel à troquer et à commercer se trouvent mis, pour ainsi dire, en une masse commune où chaque homme peut aller acheter, suivant ses besoins, une portion quelconque du produit de l'indus­trie des autres. Puisque c'est la faculté d'échanger  * qui donne lieu à la division du tra­vail, l'ac­crois­sement  * de cette division  * doit par conséquent toujours être limité par l'éten­due de la faculté d'échanger, ou, en d'autres termes, par l'étendue du marché. Si le marché est très petit, personne ne sera encouragé à s'adonner entièrement à une seule occupation, faute de pouvoir trouver à échanger tout ce surplus du produit de son travail qui excédera sa propre consommation, contre un pareil surplus du produit du travail d'autrui qu'il voudrait se procu­rer... ” . Dans l'état avancé : “ Ainsi chaque homme subsiste d'échanges ou devient une espè­ce de marchand et la société elle-même est proprement une société commerçante. (Cf. Destutt de Tracy : la société est... une série continuelle d'échanges, le commerce est toute la société). ... L'accumulation des capitaux augmente avec la division du travail et récipro­que­ment.

Voilà pour Adam Smith.

(Extrait des manuscrits de 1844 de Karl Marx).

 

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 12:05

 

CONFINEMENT. PRISON. ARGENT.

 

Si l’on veut vraiment confiner pour limiter la pandémie, il serait sans doute nécessaire de procéder à des livraisons publiques de ravitaillement de base aux citoyens, aux personnes quelles qu’elles soient pour éviter leur déplacement et limiter les contacts physiques. Il y a d’autres mesures à prendre, nombre de lits, test, masques etc… mais ici il s’agit de la question du confinement. Il s'agit aussi de limiter le plus possible l'activité des salariés à la survie des populations, alors qu'une partie des activités non indispensables qu'on peut repousser après la contagion, sont maintenues pour le profit en soi.

Il s'agit aussi que les mesures sanitaires ne servent pas à modifier négativement le droit du travail : "l'union sacrée" c'est aussi dans l'histoire du libéralisme le compromis capital-travail dans lequel le salarié est soumis à la puissance du plus fort qui détient les conditions de l'achat de la force de travail en détenant le pouvoir sur l'argent.

Ce ravitaillement public, son organisation, s’oppose au principe de "la concurrence libre et non faussée" qui se cache derrière tout geste dans ce type de société y compris en période de crise sanitaire. On comprend pourquoi il n’est donc pas mis en place tant que les protestations ne montent pas fortement pour cela, c'est à dire si la situation rend la solution incontournable. Il faut espérer mais il faut aussi prévoir.

La sanction aux déplacements : l’argent.

La prison est au départ des décisions libérales : le confinement sans argent = sans moyens de vivre.

Ensuite il sied de prévoir le développement de la société sans restriction par la loi du profit, dans tous les domaines, la santé, donc la production, la distribution et la consommation (1) en étant la base incontournable.

En attendant, quel contrôle sur l'usage de la production monétaire des centaines de milliards de Dollars, d'Euros etc.,  des banques centrales face à l'appétit des firmes multinationales? Hors distributions charitables, quelle sera la part pour la lutte sanitaire et les mesures préparant un avenir en santé ???

22 mars 2020

(1) "Consommation productrice" et "Production consommatrice" disait Karl.

 

LA PENSEE MARX. I. II. III. IV.V.VI. ECRITS 2016-2017.

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 06:29
"LA PENSEE MARX", CLIQUER SUR L'IMAGE

 

 

 

 

LA PENSEE MARX

I. II. III. IV.V.VI.

ECRITS 2016-2017.

 

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 12:30
Ambroise CROIZAT

 

RAPPELONS NOUS QUE...

et une citation de Paul BOCCARA sur la loi SEF.

 

Alors que le pays était occupé par les NAZI, le Conseil National de la Résistance (CNR) se réunissait pour prévoir l’avenir économique, social et culturel des citoyens, entre autre la Sécurité Sociale.

Comparaison n’est pas raison, il se s’agit pas aujourd’hui du même type d’urgence, même s’il s’agit d’une catastrophe à laquelle apporter remède autant que cela se peut. Et l’urgence ne se limite pas à la crise sanitaire au sens strict, ça il faut l’expliquer.

Simplement, pour rappeler qu’en état d’urgence, reposer l’avenir dans les besoins de transformation sociale, économique et culturelle en santé est toujours à l’ordre du jour permanent des débats des citoyens et des salariés en particulier. C’est plus que nécessaire.

Juste une petite mais grande citation de Paul Boccara dans un de ses nombreux ouvrages « Transformation et crise du capitalisme mondialisé, quelle alternative ? » concernant le projet de loi et de droit à « la Sécurité d’Emploi et de Formation » (loi SEF) déposée à l’assemblée et au sénat par les députés communistes, à l’initiative de la Commission économique du Pcf :

« …cela se rapporte à l’avancée possible d’une culture de gestion alternative.

Cela renvoie à une radicalité d’émancipation des aliénations du salariat en allant vers son dépassement. En effet, ce projet de société tend à supprimer avec le chômage la précarité fondamentale du contrat de travail, tout en maintenant la mobilité de la suppression d’emploi et du non-emploi avec le passage à la formation  en conservant un bon revenu. Avec la rotation fondamentale emploi/formation et la progression indéfinie du rôle de la formation, cela va au-delà des seules activités de travail et vise à la montée de l’activité de développement de soi-même, de chacune et de chacun, pour s’émanciper des monopoles de fonctions sociales et notamment de la créativité… »

Il s’agit de peser chacun de ces mots.

Et d’en faire sans doute un élément essentiel du débat politique et revendicatif, parmi les nombreux du moment, débat qui n’est pas sans lien avec la crise sanitaire et économique et l’état d’urgence sanitaire et les actions qui y sont rattachées.

Pierre Assante. 21/03/2020 12:17:08

 

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 06:00

 

ENTRE LES DENTS DES JOURS

 

Entre les dents des jours scintille une rose

La rose bleue de l’azur

Une fois ou deux par an

Plusieurs fois dans une vie

Elle scintille

A la fenêtre de l’éveil délicieux

Sur la route de la liberté

Où court ma pensée matinale avec le moulin des jours de fête

 

En chemisette comme un papillon

Sans avoir de comptes à rendre à personne

Hier est oublié

Un cycliste passe

Blanc comme Mercure

Les hirondelles frappent à coups de bec la surface de ruisseaux

La cheminée monte dans le ciel comme un planeur

Le rivage irradie son opale

Le village au-dessus duquel passent les oies sauvages

Comme une ode toute simple à la liberté

Le rêve accablant est définitivement effacé du tableau noir

Et si ses pinces dépassent quand même de la boue comme un scorpion

Je donnerai la préférence à la source où s’inscrit l’écriture vacillante du scarabée

Insouciant comme se dissout le sulfate bleu

Sans remords

Respirant à plein poumons comme le trèfle

Sous le ciel pur comme un cri de vitrier

Un étranger mystérieux vient d’arriver

Il tient à la main des jumelles

Où qu’il les tourne la marguerite fleurit

Il fait vibrer de bonheur tout le paysage…

 

Vitezslav NEZVAL. 1935.

 

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 07:50

 

Planche à billets et restrictions ?

 

Si l’on ne prend pas d’autres mesures que de faire tourner la planche à billets dans les banques centrales, nous irons vers des restrictions, des cartes d’alimentation et de consommation générale.

Etrange dans un système dont la philosophie est basée sur le libéralisme économique et politique.

Certes la planche à billet est plus que nécessaire dans l’urgence de permettre la circulation des marchandises indispensables à la vie. Et dans une situation qui ne serait pas en crise, de répartir les moyens de production et de consommation sur des critères répondant aux besoins des personnes et des sociétés humaines.

Mais aujourd’hui, on ne peut tirer indéfiniment des ressources du placard et du frigo de la maison qui eux même sont alimentés par les placards et les frigos nationaux, européens, mondiaux. Il faut remplir ces derniers pour alimenter les premiers.

Encore et toujours, pour  alimenter les placards et les frigos, il faut produire.

Et produire pour se nourrir, pour se soigner, pour s’éduquer, car produire a besoin de savoirs, ET D'EMPLOIS, le tout dans un processus en santé physique, morale, philosophique.

Ce n’est pas seulement d’une diversification géographique et productrice dans la mondialisation qui est nécessaire, besoin qui ne remet pas en cause la coopération et la solidarité d’une mondialisation démocratique unissant les efforts de tous les humains, c’est aussi des critères de gestion dans la production, économiques et politiques, des entreprises et de la société, d’investissement.

Les produits de première nécessité, la nourriture, les masques, les solutions alcooliques de désinfection, les lits de réanimation….... comme la production en général ne doivent pas dépendre d’un seul point de la planète.

Mais il faut aussi que les choix de production ne dépendent pas du taux de profit d’une production (Profit/capital) qui handicape, réduit, et détruit les productions indispensables qui ne rapportent pas assez. Les productions matérielles stricto sensu, comme les productions culturelles.

Les économistes du Pcf, Paul Boccara en ayant été un animateur essentiel, et les autres bien sûr, sans hiérarchie, ont depuis les années 1970, pointé ce handicap majeur et proposé des moyens d’en sortir.

Je vous y renvoie en attendant, impatiemment, de pouvoir, tous ensemble, généraliser le débat productif et producteur de sortie de crise et de reconstruction en santé, sur cette question.

Pierre Assante. 20/03/2020 07:37:13

 

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

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*Site de la Revue Economie et Politique : https://www.economie-et-politique.org/

 

 

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 08:53

 

(Publié une première fois le 6 février 2015)

 

Besoins biologiques de l’espèce humaine,

complexification et satisfaction des besoins, conscience.

 

 

 

Très brièvement :

 

Le processus de développement de l’humanité ne connaît meilleure santé et meilleur approfondissement de sa conscience que lorsqu’il adhère profondément aux besoins biologiques de l’espèce humaine (1).

Pour préciser, je propose une formule concentrée un peu compliquée mais nécessaire je crois: La « déadhérence-réadhérence » (2) conceptuelle en aller retour simultané dans le mouvement interne-externe du « corps humain-activité cérébrale-milieu » (« Corps-soi »), et dans mouvement de « déadhérence-réadhérence » de ce corps avec le corps social-milieu élargi, « déadhérence-réadhérence » interne-externe indispensable à production des biens et à la satisfaction des besoins « primaires » et des besoins complexes « fonctionnant » en unité, c’est le travail, l’activité toujours sociale, qu’elles qu’en soient les apparences,  qui la produit et sur lequel elle agit en rapports dialectiques.

C’est là une formule tautologie et une lapalissade, puisqu’il ne s’agit pas d’en faire la démonstration, mais un constat dont l’hypothèse et la conclusion (Evidentes je crois…) reposent sur la même donnée, la même affirmation : le travail en tant que formateur de conscience et les rapports d’une entité pensante avec son « extérieur »

 

....Dans un poème, j’écrivais :

pour contempler un vol d’oiseaux

ou le silence des étoiles

il faut élever son regard

car il est des gestes

inexplicablement

essentiels

 

 Il ne s’agit pas là de substituer un constat à la recherche. Le constat est le résultat d’une recherche, empirique ou-puis scientifique. Et le processus de recherche agit sur la conscience au même titre que toute activité productrice (3) , productrice directement ou indirectement. Il s’agit de donner à réfléchir sur la validité de ce constat.

 La question révolutionnaire est encore toujours la question des subsistances, à l’instar de la révolution robespierriste (Bourgeoise mais non seulement), quel que soit le niveau de développement et de complexification des subsistances et le niveau de développement et de complexification des structures sociales en développement. Il n’y a pas de spiritualité plus grande et profonde que celle-ci.

C’est peut-être ce dont avait l’intuition, ce qu’est la raison, et l’être profond, du christianisme dans sa symbolique du pain et du vin et du dieu à corps humain, au-delà de la mobilisation sociale face à une société de classe, une société coloniale, un affaissement des rites fondateurs,

Pierre Assante, 1er février 2015

 

Notes :

 

(1) Ce qui paradoxalement ne correspond ni au malthusianisme d’hier ni aux nouvelles théories de la décroissance et de la « qualité de vie » dans la décroissance, lesquelles ne posent souvent (mais pas toujours) la question de la croissance qu’en terme quantitatif qui est celui de capitalisme et non en terme qualitatif-quantitatif qui est celui d’un communisme encore à venir, c'est-à-dire de l’économie et du développement des moyens de vie, de produire. Adhérer profondément aux besoins biologiques de l’espèce humaine ce n’est pas les limiter. La conscience humaine a besoin de moyens de développement, en santé bien sûr. Toute l’évolution dans la nature, les espèces animales dont notre espèce pensante découle, semble l’illustrer. La disparition d’espèces est liée à la disparition de leurs moyens de vivre soit par une bifurcation malade dans leur processus soit par une maladie de leur milieu ne permettant pas une bifurcation en santé. Un processus est une bifurcation permanente, une continuité et des sauts de bifurcation, au sens qu’en donne Prigogine.

Autre chose que les théories de la décroissance et de "retour à la nature" de ceux qui peuvent, est le besoin de diversité biologique et culturelle, de coexistence de strates productrices (forces productrices, techniques, cultures productrices, populations "superposées", accumulées « verticalement » et « horizontalement »), traces du temps et conscience anticipatrice du futur. Et plus que trace, mais point de jonction de la durée et de l’instant-devenir.

 

(2) Les termes en italique, ergologiques, ont été crée par Yves Schwartz.

 

(3) Noter que j’utilise le terme « productive » du point de vue et de la réalité capitaliste, de production de profit, et « productrice » (j’oublie parfois !) du point de vue du double contenu de l’objet de production et de production d’objets dans leur double contenu « physique et culturel » et « bien matériel et de service », parasitaire ou non, en système capitaliste, c'est-à-dire de la valeur d’usage et de la valeur d’échange mêlées.

Quel terme futur, à venir, à choisir, pour une production et pour un travail d’un producteur libre, jusqu’au bout, et non au sens où le producteur a le droit de vendre non soi mais sa force de travail et le propriétaire ou la classe en individus ou en entités d’individus groupés dans l’usage privé du mouvement du capital, d’acheter la force de travail du, des producteurs

 

L’HUMANITE ENTRE DANS SON ADOLESCENCE.

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QUELQUES RECUEILS ET LIENS :

 

« PHILO », Le corps, Choix de 7 articles philosophiques  extraits du blog avec dates : ici

http://pierreassante.fr/dossier/LE_CORPS_Receuil.pdf

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JOURNAL juillet-août 2017  : ici

http://pierreassante.fr/dossier/JOURNAL_juillet_aout_2017.pdf

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

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REFLEXIONS ITALIENNES JANVIER 2020. LE LIEN :

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/01/reflexion-italienne.1.2.3.la-question-du-choix-reste-majeure-dans-la-pensee-humaine.html

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 23:31

 

MON CHANT EST UN RUISSEAU MON CHANT EST UNE MURE

 

Quand le monde sera une étable comblée
Quand les guerres seront finies
Alors buvez mon chant comme du thé au lait
Dans des tasses myosotis

*
Vous affamés d'hier ombres maigres et dures
Mon chant est un ruisseau mon chant est une mûre

*
Quand
le
chœur des humains fera sonner le monde
Comme un atelier de potier
Alors mangez mon chant dans une assiette ronde
Ornée d'un motif d'oignon bleu

*
Vous affamés d'hier ombres maigres et dures
Mon chant est un ruisseau mon chant est une mûre

*
Dans ce monde incertain comme barque qui penche
Mordez dans mon chant travailleurs
Comme dans le pain blanc du matin à dents franches
Le pain blanc à la fraîche odeur

*
Vous affamés d'hier ombres maigres et dures
Mon chant est un ruisseau mon chant est une mûre

*
O ma patrie de monts et de rivières vertes
Moi qui t'invoque à chaque instant
Je suis comme le coq dressant au ciel sa crête
Je chante et chante tout le temps

*
Vous affamés d'hier ombres maigres et dures
Mon chant est un ruisseau mon chant est une mûre
Mon chant est un ruisseau mon chant est une mûre

*

Vitezslav NEZVAL. "Prague aux doigts de pluie".

Adapté par Jean FERRAT pour une chanson.

 

 

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