Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 10:03
Plante-Fleur venue d'ailleurs.jpg (R.Frosini)
Plante-Fleur venue d'ailleurs.jpg (R.Frosini)

LE MOUVEMENT DES TRACES

ET

LA CONSTITUTION DES CONCEPTS EN SANTE

*

Passages renouvelés dans les traces cérébrales auparavant constituées,

Combinaisons de traces,

Reports dans la nature et la société, en rapport dialectique permanent des traces cérébrales et combinaisons des traces dans la nature, de tout mouvement interne et externe à une entité.

*

Les combinaisons de traces entre « points » cérébraux, le renouvellement des passages dans ces traces dans l’activité de pensée, constituées à partir des aptitudes propres au cerveau humain dès la naissance (et avant dans la gestation), rigidifient relativement la formation des concepts de concepts, c'est-à-dire de systèmes de concepts.

*

La dé-normalisation-re-normalisation (1) de parties de concepts et de systèmes de concepts est d’autant plus opérationnelle que les systèmes de concepts acceptent consciemment le principe de la nécessité de dé-normalisation-re-normalisation, avec des « paliers » de re-normalisation constituant des « sauts » de transformation dans la continuité des processus.

*

Les difficultés aux adaptations des sauts techniques généralisés peuvent naître d’une coupure sociale entre leur production, leur diffusion, leur compréhension théorique et pratique et l’état de la société.

*

La santé des relations entre pôle de l’activité de la production, pôle de l’activité de l’échange et pôle de l’activité de gestion de la cité (2), dans leur relation réciproque constituant une unité, passe par le rapport avec la santé des systèmes de concepts et leur mouvement.

*

En ce sens la question des épistémicités, la conscience des besoins de santé de la recherche et le besoin de santé des relations générales qui traversent toute la société avec la recherche et plus généralement avec le mouvement de la pensée individuelle-collective (relations inconscientes comprises), cette question des épistémicités est loin d’être suffisamment comprise ni suffisamment évaluée.

*

Les maladies des concepts sont inévitables comme tout accident de vie qui constitue la vie et l’aléatoire de la vie dans l’aléatoire de la nature. C’est la capacité de maintenir en santé suffisante pour poursuivre le processus de l’être social dont il est question. Les sentiments qui naissent des besoins et de leurs complexifications individuelles et sociales et leur restent liés, ne sont pas à prendre pour secondaires. Tout comme la douleur « physique » qui alerte du danger couru par le corps, le sentiment de douleur, comme le sentiment de bien-être ou tout autre sentiment (l’amour entre autre importance), et au-delà des conditions qui les ont créés sont inséparables de la condition humaine non en tant que propriété existante chosifiée en soi, mais comme élément en mouvement du corps-soi en mouvement dans la société et la nature en mouvement.

*

L’entrée de la société humaine dans la conscience naissante du rôle des catégories d’épistémicité est une part importante de la constitution en mouvement des équilibres (bien qu’obligatoirement instables pour assurer le mouvement) nécessaires au processus de santé dans le processus de vie sociale et individuelle.

*

Pierre Assante, 4 juin 2015

*

(1) De nombreux termes utilisés (en italique) sont extraits du vocabulaire ergologique issu des recherches d’Yves Schwartz que l’on peut consulter sur internet.

*

(2) Et "généralisation de gestion" des 3 pôles...

******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

******

Partager cet article

Repost0
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 06:58

Le mouvement de l’anthropologie vers  l’économie et2012 02 25 vice versa mène à l’ergologie, "expérience et connaissance de l'activité humaine", n’élimine pas leur dimension ET renforce leur rôle.

 

Si l’on considère d’une façon simple, (simpliste ?) le parcours de Marx, on peut distinguer dans les manuscrits de 1844 un approfondissement de la réflexion anthropologique, c'est-à-dire un approfondissement du rôle du travail primitif puis complexe qui crée l’humanisation à travers la question objective et subjective (objective en dernière instance) de la solidarité dans l’économie, dans leur unité de « fonction » humaine, de processus humain. La critique de l'économie politique et son approfondissement, ses découvertes, en est la suite logique.

 

Le trajet inverse de l’économie à l’anthropologie passe, les rejoint et les unit dans l’expérience et la connaissance théorique et pratique de l’activité humaine.

 

Dans le poids idéologique de la société de classe, et le type d’échange à travers le capital, et dans la vie au quotidien, son agent d’échange, l’argent, l’ensemble des fonctions de l’activité (mouvement des normes, rapports du corps et de la société…) , dans leurs particularités, leurs autonomies relatives, ne reconnaissent pas le réel : le désir d’un objet, d’un ensemble d’objets et leurs représentations déterminant la vie d’une personne cache la réalité globale dans laquelle peut évoluer cette personne et sur laquelle elle pourrait agir opérationnellement pour répondre en santé à ses besoins concrets et ses besoins symboliques, dans leur unité.

 

Le travail approfondi sur la critique de l'économie politique et ses découvertes est la suite logique de la démarche anthropologique et l'ergologie dans sa recherche sur l'expérience et la connaissance du travail peut en faire la synthèse opérationnelle, politique.

 

Ainsi il y a bien un aller retour nécessaires entre anthropologie, économie, expérience et connaissance du travail, et en ce sens l’ergologie ne peut être que la suite et la synthèse  le la recherche marxienne pour « connaître et agir sur le monde ».

Cela ne remet pas en cause la centralité de la critique de l’économie politique et son usage en santé tant que le mode d’échange et de gestion de la production auront cours.

 

Pour cette transformation je renvois aux réformes progressives et opérationnelles que propose cette critique de l’économie politique, dans le cadre du capital d’aujourd’hui, de sa mobilité à la micro seconde en tant que mouvement particulier et son déplacement dans la moyenne durée qu’est l’échange concret des moyens de vie au niveau de la personne quotidienne, mimétique et poïétique

 

Si l’on observe des notions indiquées ici quasiment dans chaque paragraphe « conclusif » on ne peut manquer de s’apercevoir de la réalité tripolaire de l’activité, particulièrement exprimée dans le rapport dialectique entre pôle des gestions, de la politeïa, du marché.

 

Il est évident pour moi que poser la question de la transformation sociale dans la réalité concrète et abstraire d’aujourd’hui c’est poser la question de la possibilité d’une régulation du marché par lui-même ou de l’impossibilité de la régulation du marché par lui-même, la possibilité d’une régulation hors du marché ou l’impossibilité de la régulation en dehors du marché.

 

Partant de ces questions quels obstacles de posent dans les deux hypothèses à la réalité concrète et abstraite aujourd’hui à la construction d’autres « règles » des échanges dans lesquelles la personne puisse exercer ses activités en santé, c'est-à-dire en se créant elle-même en exerçant ses activités et créer ces autres « règles » en aller retour dialectique.

 

L’anthropologie et l’économie ont partie liée, ce que démontre je crois le parcours de Marx, et l’expérience de la politeïa ne peut se passer de la connaissance du travail en tant que centre des résolutions des contradictions sociales.

 

Pierre Assante, vendredi 13 mars 2015

 

******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

******

Partager cet article

Repost0
12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 08:18

SCHWARTZ 1988Poids du Mouvement de Moralisation et Normalisation figée, réponse malsaine à la maladie de croissance de l’humanité mondialisée et informationnalisée.

 

Il n’y a pas d’autre alternative pour un être humain que d’allier dans l’activité humaine, l’audace de déchiffrer des chemins nouveaux et la prudence de l’expérience acquise et à acquérir.

 

C’est cela le choix de la santé, c'est-à-dire du processus du corps-soi, de la société dans laquelle il évolue et dont il fait partie.

 

Tout le reste est répression et normalisation figée, répression moraliste aussi vieille que les religions, leurs normes antécédentes et leurs dénormalisation dans les « protestantismes » successifs, qui ne se sont pas toujours nommés par ce terme, des premiers chrétiens (rapidement renormalisés et "figés" !) aux contestataires communistes du socialisme réels (rapidement instrumentalisés !), etc….

 

Connaître cela aussi fait partie des sentiers, des vallées et des sommets, des routes à parcourir.

 

Une normalisation figée (fortement figée mais non totalement, l’immobilité n’existe pas)  règne dans la société actuelle, où pourtant le mouvement des connaissances et des réalisations techniques n’a jamais été si puissant et si rapide, et vit autour d’exemples telle la moralisation contenue dans une œuvre comme celle d’Onfray (ne pas la diaboliser à partir de cette critique !), qui somme toute se manifeste à travers un enseignement encyclopédique (contenant aussi quelques inexactitudes) et les normes économiques de la « pensée unique ».

 

L’épanouissement de la personne, de la société, c'est-à-dire de leurs activités tient encore dans les mouvements de minorités dont l’activité traverse leur propre mouvement autonome, comme l’ensemble du mouvement de la société, y compris dans les forces « majoritaires » contradictoires de cet épanouissement.

 

Je vois dans la théorie de l’activité et ses concepts développés par Yves Schwartz, le « centre » du mouvement d’épanouissement, de la santé du processus humain, c'est-à-dire du processus de la conscience dans l’activité. Le déclarer ne suffit pas si cela n’entraine pas une connaissance (et une critique au sens scientifique) de ces concepts.

 

Bien sûr tout concept peut aussi se figer en même temps que se répandre, l’inventeur être transformé par les usagers de ses concepts en gourou... Ce fut en partie le sort des usagers des concepts de Marx (et de biens d’autres), lequel les a développés parce qu’ils étaient en état de gestation dans la « société globale ». C’est aussi là que réside la seule alternative pour un être humain que d’allier l’audace de déchiffrer des chemins nouveaux et la prudence de l’expérience acquise et à acquérir.

 

Le processus humain (et donc de la personne humaine) est minuscule dans l’immensité de l’univers. Mais c’est le notre. Et c’est à nous de le faire vivre comme de faire vivre notre corps-soi, sa pensée de résolution de ses besoins dans celui de la société.

 

 

Pierre Assante, 12 mars 2015.

 

******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

******

Partager cet article

Repost0
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 07:10

SCHWARTZ-CORPS-SOI.jpgSCHWARTZ YVES

 

 

 

LIRE la suite

ici

(voir page 148)

 

https://allsh.univ-amu.fr/sites/allsh.univ-amu.fr/files/023-article_ys_travail_et_apprentissage-screen.pdf

(voir page 148)

 

 

 

*******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

******

Partager cet article

Repost0
11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 12:45

ÉPINOSUS. 1 - Coleurs inverséesLE CORPS

 

Une personne digne décrivant une situation de souffrance propre prononce la phrase : « je n’étais plus qu’un corps ».

Cela me ramène, contradictoirement, au concept de « corps-soi » et à la réalité de « corps-soi » (Lire « Pourquoi le concept de ˝corps-soi ˝, Corps-soi, activité, expérience », Revue « Travail et Apprentissage » N° 7 d’Yves Schwartz ou mieux sa thèse rééditée aux Editions Sociale -première édition en 1988- « Expérience et connaissance du travail » 2012).

 

Pour ne pas réinterpréter la thèse d’Yves Schwartz, mais pour s’en inspirer librement, en n’engageant que mon point de vue :

 

1) La perception du monde extérieur à son corps et de son corps, 2) la pensée de l’être social aux divers « niveaux » de conscience, 3) les sentiments aux divers « niveaux » de conscience, sont des « fonctions » du corps.

 

Ces « fonctions » ne « fonctionnent » pas indépendamment les unes des autres mais les unes avec les autres, constituant une fonction unique, celle de la vie humaine pensante (1).

 

Résumons : perceptions, pensée, sentiments, constituent une unité de fonctions du corps, qui est le corps-soi dont on peut analyser les mouvements, le processus découlant des besoins, les résolvant dans le travail producteur  auto-créant de pensée et d’humain, dans l’activité humaine, sa complexification et l’aller-retour simultanés qu’elle entretien avec son milieu qu’elle transforme, avec « son » cosmos.

 

Il n’y a pas d’indépendance des fonctions du corps comme il n’y a pas d’indépendance des fonctions des organes du corps, mais une unité de processus et des autonomies relatives, des inégalités de processus des organes et des fonctions. On peut user d’une métaphore entre le corps et la société, mais d’une métaphore seulement : le type de rapports dans la société est propre à la société et le corps-soi est  l’unité de rapports sociaux, de l’individu et sa conscience dans l’espèce pensante, de la conscience collective en rapports sociaux, évidemment. 

 

Au niveau atteint de transformation de la nature pour se nourrir, se vêtir, se loger, etc., en développant la recherche fondamentale et appliquée, sciences et techniques,  et l’expression du reflet de sa propre activité dans l’art et la philosophie, l’auto-création de l’humain par lui-même me semble crever les yeux par son évidence pour qui veut voir.

 

Faire une dichotomie du corps et de l’esprit me semble une offense à l’humain et à la nature, une mutilation faite à  la plus haute spiritualité qui soit possible au niveau de développement de l’humanité en processus, une mutilation de la pensée dans l’univers.

 

La souffrance imposée à un corps peut réduire les capacités de ce corps à agir, à penser, dans l’unité de l’activité « physique et mentale », sans dichotomie des deux termes qui expriment une réalité.

 

En ce sens, décrire cette souffrance et ses effets dans les termes « je n’étais plus qu’un corps », peut être une expression humaine profonde si elle n’est qu’une expression « impressionniste » et ne réduit pas le corps humain vivant à ce qui serait un cadavre que l’activité de pensée a fui comme toute autre activité humaine : un cadavre, un assemblage biologique en dissolution totale de cohérence acquise dans la naissance et la croissance.

 

Un humain imposant une souffrance réduisant le corps vivant à cette sensation de corps sans pensée est lui-même en souffrance, mutilé à un haut niveau d’insatisfaction de ses besoins humains, dont la « vie-biographie », en termes de processus vital a subi de graves dommages dans son travail de constitution d’humanité.

 

Dans une situation d’organisation sociale d’une telle souffrance, cet individu organisateur est constitué en monstre.

 

Aussi, au-delà de la défense immédiate nécessaire contre ce type d’organisation, c’est un soin apporté à la société dont cette société a besoin, dans son processus de constitution, ses avancées et régressions. Soigner par la répression conduit à la renaissance continuelle des maladies de développement.

 

La douleur est une alerte signalant un danger à résoudre, un besoin à satisfaire. L’organisation sociale de la douleur « en soi » est une maladie de la douleur, une maladie de la société en la matière, à guérir par l’observation des effets qu’elle provoque, pour remonter aux causes qui la constitue et les guérir, guérir « à la source ».

 

La conscience de la douleur « pour soi » contient la recette de la guérison des causes.

 

Pierre Assante, Mercredi 11 février.

 

(1)  Peut-on rapprocher l’espace tripolaire de l’activité humaine (Dans un champ de savoir et d’activité : 1) l’activité du champ, 2) l’accumulation  antécédente du champ, 3) le contact du champ avec « l’inconnu », l’extérieur, les autres champs. OU dans la société « marchande et de droit »: la politeïa, le marché, la gestion. OU…etc.) ?

 

Peut-on remarquer qu’entre les pôles et leur  relation dialectique, un pôle est la négation de la négation, la « positivation » des deux autres. Dans l’action des forces contradictoires, ce n’est pas l’opposition de deux pôles qui constituent la contradiction  à résoudre, mais leur support historique dans le processus de développement : pour la société marchande et de droit en « fin » de mode d’échange obsolète et par conséquent de production (la production s’exprime dans l’échange), c’est dans la pratique des lois d’échange du capital support  de valeur d’échange des valeurs d’usage à échanger que réside la contradiction ?

*******

 L'illustration est une œuvre de Roger Frosini

 

 ******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

******

Partager cet article

Repost0
14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 06:19

Copie de 100 1686Après la tuerie et la manifestation de solidarité

La norme de l’échange

L’instant devenir

 

 

Normes et représentations.

Adaptation-déadaptation-réadaptation au processus des besoins humains solidaires.

 

L’instant devenir

 

Wolinski qui en s’écroulant voit s’écrouler le plaisir de la bonne bouffe, de l’amour, de la solidarité humaine, « je crois que je suis cuit ». Le tireur qui se voit se réaliser l’instant devenir du héros vengeur du film à l’américaine sans comprendre qu’il fait la plus grande promotion possible de ce qu’il hait et la poursuite des aliénations inconscientes qu’il subit.

 

L’instant devenir. Les pleurs de désespoir de ce que devient le monde dans cet instant de tuerie de ce qu’il aime dans l’humanité telle qu’elle s’exprime avec Charlie, ses outrances, son besoin de rationnel et de déconnage.

 

La dénormalisation malade d’une normalisation qui produit des cités à 50% de chômeurs et le dealer qui nourrit plusieurs familles et se prend en fin de compte pour un caïd et dont cela devient pour lui la norme, kalachnikov incluse *.

 

La volonté de dire « je veux vivre libre et solidaire » par millions, en voyant ou sans voir toutes les solidarités et insolidarités liées à notre vie quotidienne, ici et dans le monde, pour la maintenir plus ou moins égoïstement, plus ou moins généreusement « en l’état », en équilibre alors que l’équilibre est la négation du mouvement, qu’un trop grand déséquilibre c’est la chute et que le déséquilibre relatif et la tendance, seulement la tendance  à l’équilibre et le mouvement qu’elle entraîne c’est la vie.

 

L’instant devenir. Et maintenant ? Se retrouve-on dans l’impuissance ou pouvons-nous faire de notre rassemblement une force de transformation en santé et non une allégeance aux normes de soumission, d’inégalité, d’injustice ?

 

Instant devenir. En me levant chaque matin pour travailler, puis-je un jour ne plus être un pion dans la machine à produire, devenir un citoyen d’une démocratie du « que quoi comment produire » ? Biens « matériels et moraux »…Biens « matériels » base d’appui des biens « moraux » et des services…Transformation du mode de croissance, besoins d’une autre croissance.

 

La norme de l’échange par le capital, la dénormalisation  de ce mode d’échange et le contrôle des moyens d’investir en santé, des banques,  en fonction des besoins de développement humain et non du processus « argent-marchandise-argent plus » : normalisation-dénormalisation-renormalisation possible ou pas dans cet instant devenir de la fusillade et de la manifestation par millions ?

 

Besoin d’un interprète collectif conscient d’un processus inconscient ? Besoins d’une vision en miroir de nos propres gestes ?

 

Besoin de volonté dans la nécessite. Besoins d’une relation entre désirs et besoins collectifs de développement de l’humain. Besoins d’être la conscience en processus de la nature sur elle-même.

 

Pierre Assante, Mercredi 14 janvier 2015

 

* Mohamed Mechmache : « La banlieue n’est pas un réservoir de coupables, elle est une partie de la solution »

 

******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

******

Partager cet article

Repost0
15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 08:51

Article déjà publié sur ce blog le 13 décembre 2014.

 

2012 02 25Mon « angle d’attaque ».

Ergologie, Économie : études sur le travail et études sur l’échange

 

Je vais partir d’une idée par laquelle je devrais finir, qui serait une conclusion d’un développement.

Cette idée peut paraître un postulat mais est tout à fait démontrable, sans doute, je crois. Mais tel n’est pas mon sujet ici.

 

Cette idée est celle-ci : une croissance se prépare. Même préparée elle n’est pas sans danger. Elle demande une adaptation aux besoins qu’elle crée. Cette, ces adaptations ne se font pas sans difficulté et les maladies de croissance du corps en sont la preuve.

 

Ces adaptations ne se font pas sans difficulté, à plus forte raison lorsque cette croissance concerne le corps d’une société mondialisée, qui n’a pas seulement des besoins biologiques, ou plutôt dont les besoins biologiques sont totalement intriqués avec ses besoins de conscience, en tant qu’espèce humaine travaillante et pensante pour résoudre ces besoins intriqués.

 

Tout mouvement particulier fait corps avec le besoin général qu’il constitue.

 

Ces adaptations ne se font pas sans difficulté à plus forte raison lorsque le mouvement du corps-soi social (1) contient les contradictions d’un système de production et d’échange parvenu à obsolescence. Cette obsolescence est partie constitutive de la crise de croissance.

 

Parenthèse : cette crise de croissance est dont civilisationnelle, touche aux outils « matériels et moraux » de production des biens « matériels et moraux » nécessaires à la reproduction élargie de l’espèce et de sa conscience. La question économique en dernière instance détermine relativement les conditions du processus de croissance et va donc déterminer sa poursuite, sa régression ou son progrès.

 

Cependant l’ergologie fait la démonstration qu’on ne décide pas arbitrairement de l’activité humaine (e.g., le taylorisme et ses suites). Elle dépend des conditions dans lesquelles sont placés et se placent les individus dans cette activité (2).

 

Quand à l’économie, autre postulat apparent (toujours note 2), la conscience en développement de ses besoins, et donc en dernière instance celui des besoins humains, ne peuvent souffrir d’une quelconque ignorance « basique ». Même si les « connaissances parcellaires » sont constructives.

 

La critique de l’économie politique initiée par le mouvement ouvrier et portée par des porte parole dont Marx est un des plus en vue par ses travaux, dans notre conscience, et développée depuis près de deux siècles, avec des progrès et des régression inhérentes à tout mouvement.

 

Les « constats de base » de la critique de l’économie politique et les constructions qui reposent sur ces constats, partant de l’expérience, de l’observation de la réalité économique, de même que les "constats de base" de l’ergologie soutiennent leurs développements, forment deux socles étroitement liés.

 

Or l’ostracisme que connaît la critique marxiste de l’économie politique, ostracisme lié à  la lutte des classes sociales, jette un voile déformant sur ces « bases » qui rendent plus difficile le développement de la conscience et de la posture ergologique, pourtant « en marche ».

 

Combien d’étudiants en ergologie peuvent faire lien entre l’observation de l’activité humaine et l’observation élémentaire de mouvements dans l’échange humain tel que la suraccumulation des capitaux, les contradictions à terme insolubles de l’état de l’échange « Argent-Marchandise-Argent + ». Etc.

 

Evidemment tout cela est dit d’une façon lapidaire et sans développement ni démonstration. Mais la démonstration est bien faisable de la validité non de tous les concepts à l’état présent, mais que la démarche est une démarche apparemment des plus saines dans tout ce que la conscience produit pour se développer et développer l’espèce.

 

Cette déclaration lapidaire n’a qu’un but : répondre à ce que j’appelle « mon angle d’attaque », d’une façon peut-être un peu trop mystérieuse, involontairement.

 

Mais partant de cet angle d’attaque, je suis dans la conviction, à tort ou à raison, que si ergologie et économie constituent des champs particuliers parmi tous les champs qui sont par essence des champs particuliers, avec leur développement propre, leurs liens et le développement de ces liens sont des plus pertinents et conditionnent leur développement et particulier et commun.

 

Mais voilà, chemin faisant, les avancées conceptuelles se dissolvent relativement dans et par leur diffusion, avant de regagner en qualité, dans leur développement, leurs propriétés originelles.

 

Il y a donc lieu de revivifier sans cesse les « notions de base » pour ne pas « perdre le fil », sans en faire des acquis dogmatiques, ce qui arrive aussi dans une « expansion-dissolution ». Le « marxisme » a connu cela.

 

Et il y a lieu de relier sans cesse les « constats économiques » de base, ce que fait le cours de philosophie d’Yves Schwartz que j’ai suivi, partant de la naissance du travail, son développement, sa complexification, la naissance de l’agriculture, de la grande industrie, et des forces productives aujourd’hui en « troisième révolution ».  (3) etc....pour aboutir aux concepts ergologiques et leur développement pratique, opérationnel.

 

Et pour cela la coopération entre le champ de recherche économique et de recherche ergologique demande à être développée, ce qui veut dire échanges humains, d’humains, développés en ses domaines.

 

Illusion d’un béotien en matière de recherche ? Peut-être, sans doute…

 

Mais la demande contient peut-être une possibilité de réponse et un outil de réponse.

La question demande débat et approfondissement, si possibilités il y a de le mener, ce que j’essaie avec mes faibles moyens de communication et mes propres ignorances de base.

 

Les efforts d’adaptation à la crise de croissance semblent aujourd’hui incohérents. Ils le sont car ils n’en sont qu’à leur balbutiements, petites sources, mais peuvent converger vers la rivière du processus humain, à condition de ne pas prendre les mesures « d’adaptation » asociale, que les « élites » arbitrairement majoritaires imposent dans « l’espace tripolaire » (4) depuis plus de quatre décennies. D’autres transformations en santé s’imposent, je crois.

 

Pierre Assante, 13 décembre 2014

 

(1) Contradiction entre la personne et le collectif que dénote l’usage d’un terme individuel dans un registre collectif, mais le terme créé par Yves Schwartz contient et reflète dès l’origine et consciemment cette contradiction.

 

(2) Ceci peut paraître aussi un postulat si la démonstration, faisable, n’est pas faite, mais tel n’est pas non plus le sujet ici.

 

(3) Pas seulement sur la vision historique, mais aussi et surtout sur le plan de la critique de l’économie politique et de ses découvertes, son analyse de la marchandise et de son échange, les « règles » de son échange et de sa production dans l’économie marchande et de droit et sa crise.

 

(4) Terme crée par Yves Schwartz recouvrant des concepts ergologiques non développés ici.

 

*****

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici 

Partager cet article

Repost0
15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 00:05

l'activité en dialogues 0001

Bonjour
Veuillez trouver ci-joint la plaquette de présentation de l’édition 2015 des “Tâches du Présent “ qui seront consacrées à l’Inspection du Travail et organisées en partenariat avec l’Institut National du Travail de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.
Le programme détaillé vous sera communiqué courant février.

Salutations ergologiques.
Rémy Jean
Directeur de l’Institut d’ergologie

 

LIRE

ici

 

http://sites.univ-provence.fr/ergolog/pdf/divers/Programme_TDP201.pdf

 

******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

******

Partager cet article

Repost0
15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 06:45

TABLEAU D'UN SENS DE L'ECHANGEArticle publié sur ce blog une première fois le 17/11/2010 

 

« La spinta è esaurita »

 


Les valeurs sans dimension (*), les valeurs d’usage suivent la même accumulation-gel-dévalorisation-destruction que l’accumulation-gel-dévalorisation-destruction des capitaux.

Les valeurs sans dimension croissent d’autant que croissent les forces productives.

Les concepts ergologiques, que l’on pourrait croire à l’abri (du fait qu’ils font appel à cette connaissance et expérience du travail) eux-mêmes sont en prise avec cette accumulation-gel-dévalorisation-destruction liée à la crise par les  lois du capital. Penser le contraire serait affirmer des concepts contraires aux concepts ergologiques et contraires à la réalité de l’activité humaine : ce serait affirmer qu’il existe un travail abstrait pur alors que l’activité est toujours concrète, que la représentation de l’activité est abstraite, que cette abstraction est mise tête en bas par l’échange marchand des valeurs d’usages, travail compris, dont la représentation abstraite « parfaite » est le salaire (+la plus-value), et la possession abstraite (et concrète bien sûr) « parfaite » la propriété privée.

Dans le cadre de ces 2 siècles de la grande industrie mécanisée, de la révolution bourgeoise et des institutions et cultures qui correspondent à cette grande industrie mécanisée, c’est la poussée de la révolution bourgeoise qui est épuisée et qui appelle à une autre civilisation.....

 

...suite ici


Pierre Assante, 16 novembre 2010

 

 

(*) Ce concept, et de nombreux autres auxquels cet article fait référence proviennent des travaux du Professeur Yves Schwartz, fondateur du département d'ergologie de l'Université de Provence. Vous trouverez dans ce blog de nombreuses références et informations sur ses ouvrages, ainsi que de libres commentaires et articles de ma part sur ses travaux.


  ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 20:14

SCHWARTZ-YVES.jpg

Intervention de Yves Schwartz au Cnam 2014-2015 : programme du cycle de cours.

 

Que veut dire approcher le travail comme activité ?

LE PROGRAMME

ici

 

 

http://www.ergologie.com/

 

*******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 


Partager cet article

Repost0
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 05:28

CANGUILHEMLe singulier et les rapports sociaux.

Et Georges Canguilhem.

 

 

Le communisme vulgaire dans toutes ses variétés a nié le singulier avant, pendant et après Marx. C’est bien justement à une construction libérée du communisme vulgaire que s’est attelé Marx sans en voir le bout. Le communisme vulgaire ne peut que renaître sans cesse  tant que les conditions « matérielles et morales » du communisme ne seront pas devenues une réalité, si elles le deviennent, c'est-à-dire tant qu’un mode de production basé sur les besoins humains, son besoin de croissance en pensée en tant que mode de production entre autre, ne sera pas réalisé, tant que l’usage des valeurs sans dimensions, non mesurables, ne seront le paradigme du « support contractuel, imaginé et mis en pratique » de l’échange des valeurs d’usage ; ce que permettra et une abondance et un usage en santé de cette abondance, et que permettra le développement du besoin d’usage en santé de cette abondance ; ce que  peut permettre en autre la révolution scientifique et technique et la révolution numérique et ses applications (entre autre aussi, et en rapports dialectiques, aller-retour) en matière d’abondance en santé et pensée.

 

Le communisme vulgaire dans toutes ses variétés a nié le singulier, ce qui l’a conduit à construire des  concepts et des systèmes de concepts figés, certes, mais fondamentalement inopérationnels car ils ne pouvaient refléter une réalité sur laquelle agir.

 

La négation de la négation du singulier, c'est-à-dire son affirmation ne peut tenir que dans la conscience de l’ontologie de l’être social, c'est-à-dire dans la conceptualisation de l’ensemble des rapports sociaux, et entre autre du mode de production et du type de rapports sociaux qu’il a induit, non automatiquement, mais effectivement, qui eux peuvent faire l’objet de généralisation.

 

Une généralisation, n’est pas un objet concret sinon en tant que fonctionnement concret du cerveau, mouvement de conceptualisation du cerveau, du corps soi, de l’être social.

 

La réaction intellectuelle, syndicale, politique etc. des années 1970 (et ses prémices) au communisme vulgaire a eu un double effet 1) celui de commencer à décrire le réel à partir de la réalité qu’est le singulier 2) mais de tendre à dissocier les éléments de cette réalité qui est le contexte et le processus historiques dans lesquels s’est construit le communisme vulgaire ; car il existe bien une réalité qui est l’activité humaine constituée de l’ensemble des activités singulières interdépendantes ET RELATIVEMENT AUTONOMES et solidaires objectivement si ce n’est dans une totalité subjective, relativement auto-consciente

 

L’affaire Lyssenko est une illustration de cette contradiction, de ces deux « forces-activités » contradictoires en une, et leur résultante, troisième « pôle » interchangeable, relié, pôles auxquels on peut subjectivement faire faire une rotation triangulaire d’interactivité, pour les « voir » dans leur réalité. S’appuyant sur un pouvoir personnel et les capacités répressives dont il dispose, Lyssenko nie la génétique en raison d’application mécanique, dogmatique du concept marxien du rôle du travail, au motif que c’est l’activité, le travail, qui modifie l’individu dans et avec l’espèce humaine. Mais dans le même temps, « en face », dans « le camp du singulier », à travers des concepts scientifiques justes, expérimentés apparemment librement, il échappe aux chercheurs sérieux que le patrimoine génétique est modifié dans le courant de la vie elle-même et non seulement dans les aléas de la transmission générationnelle biologique et de l’action du milieu sur les choix d’actes multiples, énigmatiques, marqués de la causalité des évènement antérieurs ; expérimentés apparemment librement si l’on fait abstraction de la pression des rapports sociaux qui nient le travail en tant qu’activité à la fois libre et aliéné ; et dont la négation « taylorienne », pour dire vite n’est pas non plus étrangère au rapport entre le mode de pensée du chercheur et l’objet de sa recherche.

 

A travers cette dernière remarque, on peut penser, c’est mon cas, que le concept schwartzien d’épistémicité n’est pas une fantaisie de chercheur mais a un contenu opérationnel évident dans l’organisation du travail de recherche et son lien avec le travail, sa division, sa « généralité ». De même l’accent mis sur « continuité et saut », dans le monde minéral, biologique et pensant qui et que constituent l’espèce humaine et l’humain singulier.

 

Le singulier et le général ne font qu’un au sens qu’un mouvement général est constitué d’une infinie variété de mouvements perceptibles et non perceptibles, que ce soit dans le mouvement général de la nature comme dans le mouvement général de la société et de la pensée, conscience en processus de la nature sur elle-même.

 

Georges Canguilhem*, il me semble, car je ne saurais donner autre chose qu’un avis vulgaire, à l’instar DU communisme vulgaire, sur l’œuvre de G. Canguilhem, vu mon incompétence en la matière, a été il me semble une des transitions entre le communisme vulgaire, et la négation de la négation du singulier, l’affirmation du singulier. Ce qui n’est pas rien ! Son "mode d’engagement" tant social que scientifique semble corroborer une telle vision. Mais peut-être est-elle totalement erronée.

 

Pierre Assante, 23 septembre 2014

 

* « …Mais quand même : la quête conceptuelle, tout discrète qu’elle soit est toujours pour lui conquête d’une zone d’ombre, mise à disposition pour le vivant humain d’espaces nouveaux. Preuve non d’immortalité, que Georges Canguilhem repousserait avec effroi, car il lui faudrait réécrire tous ses livres ; mais de santé, certes, et cela suffira, je crois, à celui qui nous a tous tant et si diversement marqués. »

Yves Schwartz, «Une remontée en trois temps » Georges Canguilhem, la vie, le travail. "Travail et Philosophie. Convocations mutuelles", p.247, OCTARES, 1994.

 

 

 ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 07:33

l'activité en dialogues 0001Ergologie* : sa situation contradictoire et fertile entre démocratie micro du travail concret (de la personne au travail et son équipe) et suraccumulation du capital

 

Le mouvement général de la société est constitué de multiples mouvements. Il y a à la fois autonomie relative de chaque mouvement, et interaction du mouvement d’ensemble qu’ils constituent, formant une unité de mouvement, du miro au macro.

 

L’autonomie de mouvement entraîne des inégalités de développement de mouvements dans le mouvement général.

 

Agir sur un mouvement et donc sur un champ d’activité humaine ouvre des possibilités de progrès à condition que dans l’inégalité de développement d’un mouvement l’écart de mouvement n’entraine pas disfonctionnement. Dans l’action humaine consciente sur un mouvement, il y a aussi l’indispensable action de recherche, de compréhension relative de ce mouvement.

 

Dans l’ensemble des actions humaines il y a un « porteur, transporteur » sur lesquels ces mouvements translatent dans une direction globale particulière, résultante des mouvements et de la multitude de leurs directions.

 

Ce support c’est l’économie et la direction que lui donnent les intervention conscientes et inconscientes des humains, des choix conscients et inconscients qu’ils font dans chacun des gestes « matériels et moraux », « physiques et idéels » dans leur unité ; c’est l’économie en tant qu’organisation de la façon de produire et d’échanger, et son mouvement, son processus, champ central de la satisfaction des besoins « matériels et moraux » personnels dans ceux de l’humanité, de l’espèce humaine avec ses caractéristiques d’espèce travaillante, pensante.

 

La connaissance relative de l’ontologie de l’être social est la porte à franchir pour entrer dans la compréhension relative de l’économie, son processus, son état à un moment donné, son état actuel.

 

Dans l’échange A-M-A’ (Argent-Marchandise-Plus d’argent’) qui conduit à la suraccumulation de capital et les crises cycliques conjoncturelles et la crise systémique générale, c’est la part substituée au passage au travailleur producteur dans le processus de production et d’échange de marchandise, qui entraine suraccumulation.

 

Cette part substituée n’est pas remise en circulation en fonction des besoins mais en fonction du taux de profit, lequel tendrait « mécaniquement » à la baisse si les technologies ne permettaient pas d’augmenter relativement la masse du profit ; mais la recherche du profit handicapant le progrès des technologies répondant aux besoins qui libèreraient le processus, la production du capital entre en conflit avec la production des valeurs d’usage, la production des besoins dans le processus de complexification-conscience, leur santé…

 

La suraccumulation du capital et ses conséquences sur le mouvement de la société va donc imbiber toutes les activités et tous les champs d’activité humaine. En ce sens faire vivre la démocratie dans l’activité pose in fine la nécessité de dépasser un mode d’échange et une suraccumulation qui bloque le processus micro et macro de conquête de cette démocratie.

 

Ce qui veut dire que l’action ergologique pour le développement de la démocratie micro et macro dans l’activité est un élément fondamental à développer mais qui va, dans l’inégalité de développement des champs, se heurter à la suraccumulation du capital, sa crise et la pénurie relative de moyens de développement qu’elle induit.

 

Ainsi l’action ergologique pour le développement de la démocratie micro et macro ne peut qu’inclure une action pour transformer un mode d’échange qui entraine cette suraccumulation et ses conséquences.

 

Dans l’état actuel de la société, avec les restrictions imposées à la recherche sur le mode d’échange et les conséquences que cette restriction induit sur le contenu des luttes sociales, inclure dans l’action ergologique l’action pour une critique de l’économie politique comporte de grandes difficultés à surmonter par l’action collective revendicative et éducative, syndicale, politique, écologique, ergologique.

 

L’effort de chacun dans son champ d’activité, et dans le champ ergologique, pour l’ergologie ne doit pas souffrir des retards dans un autre champ. Ce n’est que par l’acte propre dans un champ que peuvent se rejoindre les efforts et les champs.

 

Cependant, pour que les champs se « rejoignent », il faut toutefois la volonté commune de ce « rassemblement » des champs dans une direction, et des choix y correspondant.

 

Une des grandes difficultés de compréhension est la situation diffuse du capital, sa masse énorme dans le capitalisme mondialisé et informationnalisé par rapport aux sommets de l’industrialisation mécanique qui ont vu un somment de l’organisation politique ouvrière, et la rapidité actuelle de sa circulation à la fraction de seconde qui rend aveugle l’acte isolé du travailleur producteur.

 

Autre difficulté, la compréhension de la formation des prix et des salaires locaux dans cette économie mondialisée : La valeur de la force de travail n’est pas celle des marchandises produites  mais celle des biens nécessaires à son renouvellement, hors plus value, biens correspondant à une situation historique, une économie, une culture etc. locales et nationales, tout en subissant les effets des péréquations et dominations nationales à l’intérieur de la mondialisation. Ceci entrainant encore et provisoirement la concentration des salaires et biens produits dans les zones initialement développées ou la formation des salaires inclut l’influence de besoins complexes de formation, de consommation correspondantes et de leur pesanteur et autonomie au-delà des conditions qui les ont créées précédemment. Evidemment, l’action humaine sur ces inégalités de développement peuvent aller dans le sens d’une coopération pour une « harmonisation vers le haut » du développement général ou des confrontations de toutes sortes et à tous les niveaux.

 

La dimension mondiale généralisée de la formation des salaires et des prix, et de l'organisation des populations productrices est une dimension nouvelle de la civilisation humaine difficile à saisir au moment de sa formation. Il en sera autrement post-festum, ce qui aidera au processus de conscientisation.

 

La part substituée au passage au travailleur producteur dans le processus de production et d’échange de marchandise (la plus value) au passage de l’échange des marchandises, de la marchandise-travail, et dans l’explosion de la spéculation  induite par l’explosion de la masse des profits, malgré la baisse tendancielle des profits et de leurs marges de manœuvre, cette part substituée l’est de la même façon massive, globale et diffuse, « aveugle » pour la victime,  et l’intervention contre cette substitution semble hors de portée. Aveugle globalement, même si elle apparaît avec évidence sur des « cas isolés » en particulier dans des luttes ouvrières.

 

L’interaction invisible et l’organisation des travaux, la parcellisation des actes, la confusion entretenue et les différentes fonctions sociales contribuent à l’incohérence des visions. La production de biens matériels stricto-sensu alimentant les services, les services en tant que tels stricto sensu, les spéculations productives de profit mais improductrices de valeurs d’usage, tout cela n’apparaît pas dans une vision d’ensemble, ni pour l’ouvrier, ni pour le paysan, ni pour l’employé, le chercheur, le technicien, l’artiste... et cela à de graves conséquences pour les choix d’orientation des actes de chacun.

 

L’action de l’ergologue, la posture ergologique ne peut être qu’handicapée dans une telle confusion.

 

Mais la force de l’ergologie est sa proximité avec les travaux concrets, ceux qui produisent un objet ou un effet particulier parmi toutes les autres productions et peut ainsi rapprocher les productions entre elles et tendre à proposer dans l’action leur cohérence et par conséquent une cohérence générale de l’activité, dans ses trois pôles, gestion, politeïa, marché. Marché transformé in fine, à travers le temps biologique et social et générationnel, en échange libre.

 

Trouver au sein du travail à observer et la démocratie micro à développer le lien nécessaire avec la posture et l’action ergologique n’est pas simple mais sans doute indispensable, et c’est ce qui se fait de mieux et avec bonheur dans l’ergologie pratique.

 

Pierre Assante, 2 septembre 2014

 

* Etudes pluridisciplinaires des situations de travail. Voir définitions, vocabulaire et concepts d'ergologie sur le site de l'Institut d'Ergologie de l'Université d'Aix-Marseille. Et dans les travaux du Professeur Yves Schwartz.

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

 

http://pierreassante.fr/dossier/LANGUES.pdf

Partager cet article

Repost0
29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 08:31

TRAVAIL ET TEMPS 2-copie-1ERGOLOGIE, POLITIQUE, POUVOIR.

Libre réflexion partant de concepts schwartziens n'engageant que son auteur

 

Pour répondre à l’impression ou la réalité de grossièreté notée par un lecteur d’un de mes précédents articles, je poursuis ma réflexion, le priant de m’excuser…

 

Il n’y a pas si longtemps, dans un colloque le Professeur Yves Schwartz insistait sur la XI° thèse sur Feuerbach : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, mais il s’agit de le transformer ».

 

Bien sûr l’ergologie ne donne pas une « formule mathématique » ni « économique » etc. permettant cette transformation, et il ne s’agit pas ici d’attribuer à Yves Schwartz telles ou telles idées ou propositions multiples que l’humanité formule par l’intermédiaire de telle ou telle personne ou telle ou telle organisation…

 

Il s’agit simplement de noter cette remarque d’Yves Schwartz.

 

Autres remarques, qui peuvent faire écho à la première : dans l’activité tripolaire, l’étude les pôles des gestions, de la politeia, du marché, peut-elle être envisagée autrement  que pour transformer leurs interactions dialectiques et leur UNITE de mouvement ?

 

La recherche ergologique partant de l’activité micro fait-elle abstraction de l’activité macro et de l’interaction et l’unité du micro et du macro ?

 

L’économie qui est le champ d’activité de gestion de la production et de l’échange des subsistances, n’est elle-donc pas en interaction tripolaire, et dans ce cas est-il possible de penser l’ergologie en faisant abstraction de ce champ et de ses interactions ?

 

Certes la recherche sur les épistémicités et son effet sur l’éthique nécessaire à toute action nous pose la question de l’usurpation toujours possible dans « l’acte précipité » et l’acte dit « dans l’urgence ».

 

Le manifeste pour un ergo-engagement prévient : « La question du « pouvoir » est sinueuse, complexe et suppose diverses trajectoires d’approche. Mais lorsqu’on a séjourné quelque temps dans ce l’on a appelé des dispositifs à trois pôles, on ne se pose plus comme avant la question du pouvoir ». Cela voudrait-il dire qu’on ne se pose plus la question du pouvoir ?

 

Dans ce dernier cas quel rapport pouvons-nous ou devons-nous faire entre économie et subsistances, économie et pouvoir ?

 

Quelle légitimité (et quelle usurpation éventuelle) acquiert un choix politique qui sépare micro et macro, croit absurdement pouvoir unir  taylorisme et ergologie dans une même « aspiration », nie le besoin de continuité dans le changement, dans la transformation qualitative, confisque les institutions et leur mouvement au profit de choix de classe ?

 

Car finalement, n’est-ce pas avant tout dans l’immensité de l’accroissement des inégalités sociales et l’acceptation du mode d’échange entre humain qui les produit que se reconnaît l’usurpation « matérielle et morale » de ce mode d’échange et de ceux qui en animent la logique, à travers ses produits et les producteurs.

 

Certes un « éloignement » de l’ergologie due à une polarisation sur un champ, dans le pôle de la politeia par exemple ne peut qu’aboutir à une confusion quand à la recherche ergologique et à la posture ergologique comme au champ de l’économie et son rapport au pôle de la le politeia.

 

Les « énoncés » et  références de ce texte aux concepts schartziens ne sont en aucun cas issus d’un échange entre le Professeur Schwartz et moi-même, mais de mes propres réflexions et ne mettent en cause que ma responsabilité. Espérant toutefois la réflexion échangeable sans dommage pour ces concepts.

 

Pierre Assante, 28 août 2014

 

http://pierreassante.fr/dossier/LE_TRAVAIL_ET_LE_TEMPS%202.pdf

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 06:00

Article publié une première fois  le 15 mai 2014

 

 RECUEIL_TEMPS_ET_TRAVAIL.jpg

 

 

RECUEIL. temps et travail. L'abord philosophique à travers l'économie en dernière instance : ici

 

 

 

http://pierreassante.fr/dossier/

Copie_provisoire_A5_de_RECUEIL_

p.assante_avril_temps_et_travail.pdf

 

 

 

 

 

depliant-exterieur

 

 

2 interventions philosophiques

de ces Q.A. Temps et travail :

 

Tant de temps, 13 mai, 9h15 Linda BRAHIM ici

Le temps dans tous ses états, 13 mai, 9h45 Akima DOMINE ici


 

 

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 07:20

Article publié une première fois dans ce blog le Mercredi 7 mai 2014


Programme du Colloque "Questions d'actualité" Master 2 d'Ergologie, Institut d'Ergologie de l'Université d'Aix-Marseille.

depliant-exterieurdepliant-interieur.jpg

 

Voir aussi un des thèmes proposés : ici

  « TEMPS ET TRAVAIL ». "questions d'actualité, (Q.A.)" d'étudiant-e-s du Département d'Ergologie de l'Université d'Aix en Provence. 

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 00:22

SAM 0472INSTITUT D’ERGOLOGIE,  UNIVERSITE AIX MARSEILLE.

29, avenue Robert-Schuman 
13621 Aix-en-Provence cedex 1

SEMINAIRE PUBLIC 2014

RAPPEL, 3È SÉANCE DU 16/05.2014

 

Matin, 9h00 -12h

Intervention de Christian Martinez Perez, Maître de conférence de Sociologie à l’Université de Reims : « Les connaissances professionnelles comme modalité de reconnaissance, discussion sur la contribution des apprentissages professionnels à la socialisation et à la régulation des groupes professionnels ouvriers »

Cette intervention cherche à rendre compte, à partir de recherches empiriques sur les ouvriers, de la manière dont les savoirs et les apprentissages durant le travail structurent la socialisation professionnelle. A travers l'analyse de la dimension cognitive de l'activité, on parvient à rendre compte de la construction d'une capacité, partagée par le collectif de travail, à appréhender l'environnement et l'activité, à le rendre collectivement intelligible (conceptualisation de l'activité) et dicible (jeux de langage professionnels). Cette capacité partagée d'intellection de l'expérience professionnelle permet alors de saisir certaines dimensions des processus de cohésion du groupe, d'intromission des novices, ainsi que les logiques sous-tendant la reproduction et l'individuation des pratiques."

 Après-midi, 14h-17h

Yves Schwartz : retour sur quelques concepts ergologiques.

Salle 3.0.11

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 06:41

2012 01 15 001

Certes, la bombe atomique plane au-dessus de nos têtes. Certes le CO2 menace de griller la planète etc. etc. etc...

Mais un autre danger nous menace, celui de la crise de la retransmission des savoirs de plus en plus réservés à une élite...

Les savoirs sont un bien et un besoin pour chaque être humain, pour toute la société humaine, sans distinction hiérarchique.

Je vous laisse imaginer une société qui ne peut plus répondre à ses besoins par perte de ses savoirs. Bon nombre de civilisations ont connu le problème, et sont entrées en décadence ou ont disparu, rapidement. Révisons l'histoire...

La crise du capitalisme ne date pas de 2008 ! La crise de transmission des savoirs qui accompagne la crise du capitalisme, donc crise de développement général des savoirs, (entre autres des savoirs professionnels !), est largement entamée.

Sans doute la longue crise du capitalisme entre dans la crise de transmission des savoirs, à l’instar de la crise des subprimes de 2008, en tant que partie visible de l’iceberg, et ses suites à long terme dont la recherche du profit maximum immédiat est la cause première en tant que loi du capital, les autres en découlant généralement.

Copie de BIBLIOToute chose de la société subissant les mêmes lois, les partis, organisations dites de transformation sociale et de défense sociale sont dans le même bain, c'est-à-dire subissent depuis longtemps une crise de retransmission des savoirs, politiques et syndicaux entre autres. La course contre le temps de la crise et du capital ne peut être gagnée sans poser les fondations d’une résistance constructive forte : les savoirs de la lutte pour leur propre développement.

Sans faire de l'ergologie le centre de tout, mais un outil, les questions qu'elle pose sur l'expérience et la connaissance du travail ne peuvent être contournées quand il est question de retransmission des savoirs et de sa crise. Pour toute la société et pour un parti de transformation sociale entre autre.

Les pays émergents l'ont peut-être mieux compris que nous, qui font une place grandissante à l'ergologie, qu'ils l'appellent par son nom ou autrement (voir l’article "l’ergologie et Marx" en cliquant ici). Il en est de même de l'économie politique qui répond "en dernière instance" à la question de la production des biens nécessaires à la vie humaine.

Pierre Assante, 30 avril 2014

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

 

 

Partager cet article

Repost0
26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 10:01

l'activité en dialogues 0001Mis en ligne une première fois sur ce blog le 02/09/2013 

 

Quelques pages de "L'Activité en Dialogues 2" Octarès 2009, Dialogue Berdadette Venner-Yves Schwartz, Partie "Dialogue2. Débats de normes, 'monde des valeurs'. Réserves d'alternatives et formes d'engagement pour un 'monde commun' " :

ici

 

YS- Il est temps maintenant de conclure cet entretien et d'essayer de donner un contenu à une expression qui revient souvent dans nos échanges qui est celle de "réserves d'alternatives".

Répétons-le : si nous ne sentions pas, pour notre propre vivre en santé, une obligation de contribuer à la transformation de nos milieux d'activité, mais aussi à une autre prise de nos vies sur les milieux, et peut-être une autre prise du monde des valeurs sur nos milieux de vie, je pense que nous n'aurions pas développé ensemble cette démarche collective appellée aujourd'hui ergologie. Par conséquent la question des changements reste au coeur de toute notre réflexion et nous l'avons plusieurs fois exprimé en parlant de "réserves d'alternatives". Au terme de ce dialogue donc, comment donner une ébauche de contenu à cette expression...

 

...Suite sur ce lien :

http://pierreass ante.fr/dossier/SCHWARTZ_VENNER_A.E.D._OCTARES_2009.pdf

 

Et présentation de l'éditeur :

http://www.octares.com/boutique_fiche.asp?IdProd=161

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 10:08

Publié sur ce blog une première fois le 03/05/2013 



paradigme SchwartzL’Ergologie et Marx

 

La recherche scientifique pluridisciplinaire, fondamentale et appliquée, sur le travail, aboutit à un point central : l’usage de soi par soi et l’usage de soi par les autres. C'est-à-dire le point central de l’ergologie. Et pour notre temps, une vision sur le taylorisme et ses remèdes, son dépassement en santé, sur la hiérarchie sociale idem.

 

L’ergologie ne se contente pas d’hypothèses sur la réalité du travail. Elle observe dans le détail et dans son ensemble l’activité pour en tirer des concepts opérationnels dans la « conduite » du travail par soi et par les autres, socialement et personnellement, ce qu’on ne peut séparer.

 

Pour l’analyse philosophique, anthropologique, économique, pluridisciplinaire de même, partant du mouvement de pensée et de conscience développée par Karl Marx et de nombreux autres, sur la base des avancées de son temps, et de la poursuite du processus humain jusqu’à aujourd’hui, on pourrait non pas superposer, mais rapprocher le concept d’usage de soi de celui de rapports sociaux.

 

Le militant syndical ou et politique engagé auprès du salariat ne sont pas comme Monsieur Jourdain. Ils ne font pas de l’ergologie sans le savoir, même s’ils emploient un vocabulaire non ergologique. Car il ne s’agit pas seulement pour lui de découvrir avec les salariés en quoi consiste le travail sur un plan micro (l’atelier etc.) et macro (la multinationale, l’aire de production élargie). Il s’agit de transformer le rapport social afin de transformer le travail, ce qui est quasiment la même chose, une « tautologie dirait le savant ».

 

L’ergologie n’est pas étrangère à la lutte ouvrière telle qu’elle s’est présentée par le passé et qu’elle se présente aujourd’hui. Il n’est pas question, disant cela, de nier l’apport propre de l’ergologie, de la science, et particulièrement des concepts développés par le Professeur Yves Schwartz sur l’activité et le travail et la conscience du travail. Il s’agit de comprendre et savoir à quel point une certaine démarche ergologique « avant l’heure » a imbibé jusqu’à aujourd’hui l’action ouvrière consciente, sans laquelle les concepts ergologiques et les groupes « salariés-chercheurs-gestionnaires » du travail qui les utilisent dans une démarche commune, n’auraient pu voir le jour.

 

D’autant que les groupes « salariés-chercheurs-gestionnaires » du travail (autrement désignés par GRT, Groupe de Rencontre du Travail) qui se développent ne peuvent faire abstraction de ce rapprochement « usage de soi dans le concept ergologique et rapports sociaux dans le concept marxiste ».

 

Et qu’ils se heurtent non pas au sens d’une impossibilité de leur acte ergologique, managérial, « purs », propres, mais à la même la difficulté qui est la contradiction première et commune entre le syndicalisme et expertise de l’échange dans la société marchande et de droit : la dispute, physique et morale, sur la part de la richesse produite, c'est-à-dire, sur le taux de plus value. Et in fine sur son dépassement social.

 

Qui pourrait nier qu’il n’y a pas là sur la question de la plus value une question fondamentale touchant à l’usage de soi ? Et mettant en mouvement tout acte de pensée sur la question du travail et de sa dénormalisation-renormalisation ?

 

Ceci pose la question d’un autre regard sur la critique marxiste de l’économie politique qui aille au-delà d’une vision économiciste prêtée à Marx et au marxistes et, je l’avoue dans laquelle les marxistes, en chemin et en action peuvent tomber eux-mêmes et sont tombés, mais n’ont pas sombré, quoiqu’on en dise….

 

L’ergologue, comme le syndicaliste ou le politique se heurtent à une question essentielle, c’est celle de cette lutte dominée par la question de la plus value, c'est-à-dire par l’échange dominé par le capital. Pas l’argent tout court mais sa « métamorphose » en capital, comme toute marchandise, y compris la force du travail.

 

Car il n’est pas question d’aborder la question en dehors de la réalité de la vie quotidienne et à long terme dans le travail, telle qu’elle se présente qu’on le veuille ou non. Les péripéties de cette vie quotidienne et au long court dans l’échange capitaliste, ce sont elles qui déterminent le comportement du salariat et son approche de la transformation du travail, et en conséquence l’approche ergologique de la « gestion du travail », entravée pour l’ergologue comme pour le militant et le salarié, par le besoin immédiat de réponse à tout besoin immédiat en général.

 

Il n’est pas question de dédouaner le mouvement ouvrier des insuffisances qui lui font traiter « le problème » immédiat au détriment d’une vision à long terme de la gestion du travail à partir de l’usage de soi. Il est question de combattre l’opposition intellectuelle entre ergologie et économie, faisant de l’une une question « micro » et de l’autre une question « macro »

 

Les évènements actuels concernant l’emploi, la production, le travail confirment d’une façon « lumineuse », si l’on peut dire, le lien entre ergologie et économie et le schéma général des dispositifs dynamiques à trois pôles, lequel devrait non définitivement, rien n’est jamais acquis, rendre caduque la querelle de famille entre expertise du travail et critique de l’économie politique.

 

Les mêmes rapprochements évidents ont lieu à l’intérieur de l’économie (« keynésiens » et « marxistes »), en attendant de liquider les oppositions « contre nature » entre syndicalistes et politiques « gestionnaires » et « transformateurs ».

 

Bien sur il faut toujours du temps au temps. Mais ce qui est déterminant est la disparition des marges de manœuvre à l’intérieur d’une activité « en l’état » et donc le besoin de développer une transformation, et une prospective de transformation à partir de la multiplication du mouvement et bifurcations de la « structure dissipative » de l’acte et de la conscience de l’acte.

 

Nous en revenons de nouveau à la question de l’opposition intellectuelle et pratique entre continuité et saut, état des choses, négation et négation de la négation, non automatisme et causalité.

 

Maintenant, comme dans toute période où s’estompe opposition entre particulier et général, le danger est l’hégémonie du général succédant à celle du particulier dans la pensée dominante. D’où le non automatisme que cette contradiction illustre.

 

« …D’où l’idée de cahier des charges, qui laisse ouvert toutes sortes de possibles, de possibles élargis, à l’adresse des forces sociales engagées, elles, dans des projets, des stratégies, des luttes déterminées. Tout est à faire : ce paradoxe d’une conviction scientifiquement argumentable qu’il n’y a pas de science de ce que nous construisons jour après jour ne simplifie pas les choses. Mais c’est ainsi que l’histoire advient. L’important est de le savoir dès lors que nous tentons de nous gouverner nous-mêmes….Dire cela n’est point se bercer d’illusions sur la force des antagonismes, des ambitions, pouvoirs qui continuent et continueront à cliver les horizons de similitude. La question du « pouvoir » est sinueuse, complexe et suppose diverses trajectoires d’approche. Mais lorsque l’on a séjourné quelque temps dans ce que l’on a appelé des dispositifs à trois pôles, on ne pose plus comme avant la question du pouvoir…. »

Manifeste pour un ergo-engagement, Yves Schwartz, 2005 (*)

 

Reste l’hypothèse pessimiste. L’humanité, en dépassant le clan restreint, ne s’est pas dégagée d’un clan mondialisé et en passant au clan mondialisé ne s’est pas dégagé du rôle de chef de clan, a perdu la conceptualisation créatrice autonome du clan sans avoir reconstitué le même niveau créateur autonome dans la mondialisation-généralisation.

 

En conséquence de quoi, l’humanité est-elle capable de modifier le lourd mouvement général qui est l’orientation de ses 7 milliards d’individus dans leur mode d’échange du capital généralisé ? Est-elle capable d’un changement de direction raisonné, conscient ? Non d’une téléologie globale de son avenir, mais une téléologie du geste à accomplir pour modifier le mouvement général de sa masse, tel un navire devant éviter un écueil en prévoyant de dévier le mouvement de sa masse ?

 

Pierre Assante, jeudi 2 mai 2013


(*) http://pierre.assante.over-blog.com/article-le-manifeste-un-texte-ecrit-par-yves-schwartz-en-2005-a-la-demande-de-l-ort-117510512.html

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blob.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 10:36

SCHWARTZ 1988

 

« TEMPS ET TRAVAIL » tel est le thème de "questions d'actualité, (Q.A.)" d'étudiant-e-s du Département d'Ergologie de l'Université d'Aix en Provence qui auront lieu les 13, 14 et 15 MAI 2014 à Marseille, 13 Rue Chape, 13004 Marseille.

Parmi les nombreuses interventions, j'aurai l'honneur de présenter, à l'aimable demande d'étudiantes de Master du Département d’Ergologie, en vue d'un échange le 13 au matin une vidéo sur le thème : « DOUBLE ABSTRACTION »  et "TEMPS ET TRAVAIL" », exposé  Dont voici les premières lignes :  


1)   TRAVAIL ABSTRAIT, TRAVAIL CONCRET                             

"Cette enveloppe de billets de banque, ce chèque, ce versement informatique qui nous est « donné » en échange d’un travail, d’une production suivant un ordre, d’une prescription patronale, par un privé ou l’Etat-patron, voilà ce qu’est le travail abstrait : un équivalent abstrait d’un travail concret, d’une dépense  « physique et intellectuelle », mise entre guillemets puisqu’elles  (ces dépenses) ne « fonctionnent » pas séparément mais dans l’unité de l’activité du corps-soi en rapport social.

Cependant si le rapprochement entre la paye et la dépense en travail concret est la plus visible pour illustrer le travail abstrait, le rapprochement est incomplet. Incomplet parce que la paye ne représente pas la totalité de la dépense en travail concret, mais une partie, l’autre partie étant la partie de dépense qui n’est pas payée au producteur, et qui est conservée par la propriétaire de l’outil de travail qui accumule le travail non payé en capital.

Que la propriété de l’outil soit aujourd’hui diffuse, que le capital se déplace à la fraction de seconde à travers les places financières vers des placements au plus fort taux de profit, et  ne soit pas visible dans sa totalité ni dans des entités correspondant à des ECRP aux activités bien identifiées, délimitées, cela ne change rien à la réalité du travail abstrait, comme au travail concret de cette ECPR précise, car c’est une réalité, toute abstraction ayant un support d’activité physique, est la photo d’une activité physique figée dans une quantité de temps"......suite le 13 mai......ici

Pierre Assante, 27 février 2014.

*******

La double abstraction dans notre quotidien en processus.

Marchandise, Valeur, Ergologie, Transformation en santé.

(Explications complémentaires d’une autre intervention écrite pour un « colloque » intitulé Q.A. les 14, 15 et 16  mai à venir et non encore publiée.)

I. La représentation monétaire d’une quantité de travail n’est pas le travail.

Magritte peignant une pipe dit « ceci n’est pas une pipe »….

La représentation monétaire d’une quantité de travail n’est pas le travail spécifique, l’activité spécifique d’une personne humaine.

C’est pourtant la convention, la représentation, l’abstraction qui nous permet aujourd’hui d’échanger majoritairement, localement et mondialement les biens nécessaires à nos vies humaines

Magritte peignant une pipe dit « ceci n’est pas une pipe ». Il veut dire par là que ce n’est que le dessin d’une pipe, une représentation abstraite (tirée de) la réalité d’une pipe.

La question première est de comprendre que la réalité, le réel, existe indépendamment de la vision immédiate puis de la conscience que nous pouvons en avoir. Que l’on soit croyant, athée, que l’on s’interroge ou non sur le concept de Dieu, de création, de notre existence sur terre, la question du rapport au réel est la question première.

C’est la question première car elle détermine nos capacités ou non de répondre aux besoins primaires ou complexes qui se posent à nous pour vivre, pour répondre à ce besoin vital inhérent à toute constitution d’une espèce vivante, pensante ou non.

Donc, reprenons d’idée que la représentation monétaire d’une quantité de travail n’est pas le travail, mais une représentation, une abstraction.

Le travail concret est une activité qui transforme concrètement la nature en une valeur d’usage une maison, un bus, un ordinateur, un aliment etc.

 

Dans le type d’activité industrieuse capitaliste y compris d’agriculture industrielle capitaliste (et non une production d’autoconsommation), on va faire aussi mention de travail abstrait.....suite le 13 mai.....ici 

Pierre Assante, 16 avril 2014

*******

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 00:05

Article publié une première fois sur ce blog le Dimanche 23 mars 2014


SAM 0472

« Où se trouvent les réserves d’alternative ?

Travail et projets–héritages »

 

Rencontre avec Yves Schwartz,  Mercredi 2 avril 2014, Espaces Marx.

 

Article du 19 Mars 2014 de présentation par Patrick Coulon


Séminaire « De quoi demain sera-t-il fait ? »
Organisé par la fondation Gabriel Péri et par l’association Espaces Marx

« Où se trouvent les réserves d’alternative ? Travail et projets–héritages »

Yves Schwartz

 

Mercredi 2 avril 2014

De 18h à 20h

Espace Oscar Niemeyer,
Place du Colonel Fabien
PARIS 19ème
(Métro : ligne 2, station : Colonel Fabien)

 

Mise en bouche : Comment penser un « autre » ? Un vivre autrement. Peut-on penser un « autre » qui ne s’enracine pas dans ce que nous sommes aujourd’hui ? Mais qui et que sommes-nous aujourd’hui ? Peut-on y répondre sans nous instruire de ce qui se révèle de nous dans nos activités de travail ? 
On s’interrogera d’abord tant sur l’extension de ce « nous » que nous cherchons à découvrir que sur les difficultés et pièges liés au mot « travail ». Et à travers les questions que nous pose ce concept, on sera conduit à réévaluer ce qui se joue en nous du travail, comme « activité », en un sens anthropologique.

Le travail étant redéfini comme succession et enchâssement de débats de normes que ne peuvent trancher que des préférences, on est conduit à inscrire, même au cœur de l’univers marchand et son apparente domination par des valeurs économiques quantitatives, ce qu’on appellera des « valeurs sans dimension ». Les essais permanents de « renormalisation » des normes antécédentes encadrées par ces valeurs économiques sont autant de réserves d’alternatives, de recréations plus ou moins collectives d’un possible monde commun. Monde commun qui peut rester dans l’invisible ou grandir sous l’effet d’un vrai militantisme de la mise en visibilité. Des « projets-héritages » sont donc en suspens dans toutes les activités industrieuses, des « utopies » concrètes qu’il faut mettre en débat, pour rééquilibrer le rapport entre valeurs marchandes et valeurs sans dimensions.

Sans doute aujourd’hui, à travers une économie mondialisée et financiarisée, la convergence de ces projets héritages n’a rien de simple ni d’évident. Mais quelque alternative que ce soit, qui serait en surplomb de ce qui se joue dans ces renormalisations a encore moins de chance de dessiner une autre manière de nous autogouverner. Dans une nécessaire dialectique entre la mise en débat en micro des réserves d’alternatives et des hypothèses de gouvernance globale de la société humaine, se travaille ce qu’on a appelé depuis des années un « humanisme énigmatique ».

 

Yves Schwartz est agrégé de Philosophie, docteur d’Etat, professeur émérite de philosophie d’Aix-Marseille Université, directeur scientifique de l’Institut d’ergologie, membre senior de l’Institut Universitaire de France (1993-2003), président de la Société internationale d’Ergologie. Depuis trente cinq ans, il a développé des recherches et travaux d’abord autour de l’histoire des sciences et des techniques puis autour du champ du travail. Il a initié des dispositifs innovants de formation, associant autour de ces questions universitaires et protagonistes du monde du travail, notamment venus du mouvement social.

Il a notamment publié :

 Expérience et Connaissance du Travail, Messidor-Editions Sociales, 1988, réédité en 2012 aux Editions Sociales.
 Travail et Philosophie, Convocations mutuelles, Octarès Editions, 1992.
 Reconnaissance du Travail, pour une approche ergologique (sous-direction), P.U.F 1997.
 Le Paradigme ergologique ou un métier de philosophe, Octarès éditions, 2000
et deux ouvrages collectifs, co-dirigés avec Louis Durrive, et publiés aux Editions Octarès : Travail et ergologie, entretiens sur l’activité humaine I (2003) et L’activité en Dialogues, entretiens sur l’activité humaine II, 2009.

 

Mercredi 19 Mars 2014, par Patrick Coulon

 

*Voir en ligne : présentation générale du séminaire

 

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 00:04

10 ans se sont écoulés. Il est bon de jeter des regards en arrière pour mesurer le chemin accompli ou pas, et ses suites, pour soi et les autres, dans le parcours commun, solidaire ou séparé ou les deux à la fois. C'est pourquoi je reprends et republie ici ce texte de février 2004 et, en le relisant, je compare mentalement présent et passé, possibles à venir. Ceci afin de ne pas tomber ou en tout cas de résister le plus possible à l'emploi marchand du temps qui détermine une rapidité sans projet de fond, à l'image de la recherche du profit immédiat.

Pierre Assante, 29 mars 2014

 


JAURESPas d’issue sans une pédagogie et une pratique révolutionnaires du travail

 

Deux aliénations majeures polluent notre mode de pensée.

 

Nos efforts de dé-normalisation de la pensée (réformes, enseignement, révolutions de quelque activité humaine que ce soit) et de re-normalisation se heurtent à des obstacles à la fois simples et profonds.

 

Le premier est notre vue à court terme.

Le second et essentiel est la séparation artificielle millénaire du travail (1) contraint de l’activité humaine.

L’unité de ces deux éléments aliénants et qui constitue l’essence de l’aliénation, c’est la séparation subjective artificielle du langage parlé, écrit, en signes quels qu’ils soient, immédiats ou différés (enregistrés sous n’importe quelle forme), de l’activité humaine en général. Le travail est à la fois pensée et acte appliqué, langage et geste, et tout langage et tout geste quel que soit le lieu et le moment.

C’est une unité de l’ordre de l’espace-temps.

 

Le premier élément nous fait considérer étroitement l’activité humaine dans un schéma allant généralement de la révolution française, de la formation du capitalisme à nos jours alors que la dichotomie «travail-activité » remonte à la naissance de la société marchande. Une vision révolutionnaire unifiant toute la période de la société marchande commence à se former. Et même une vision unifiant l’humanité depuis sa formation, c'est-à-dire depuis qu’une espèce vivante « travaille ». Les religions qui ont des visions à long terme l’avaient pressenti, bien qu’ayant pris pour base la société marchande, la société de leur temps, donc la dichotomie « pensée-acte ». C’est sans doute la raison de fond des « protestantismes religieux », le christianisme étant un protestantisme majeur en affirmant l’autonomie au moins partielle, c'est-à-dire élitiste du libre arbitre sur la loi divine donc humaine. L’élargissement de ce libre arbitre à des couches de plus en plus larges, bien que dominantes de la société, jusqu’à la démocratie bourgeoise s’est toujours accompagnée, de façon intriquée, parce qu’essentielle de ce pressentiment de la nocivité de la dichotomie artificielle du travail humain.

 

La différence entre le début de la société marchande et aujourd’hui, c’est que jusqu’à présent la sortie de la société marchande n’était pas à déhiscence. L’action communiste ne pouvait s’envisager que dans un cadre d’alliances et d’alliances dans la société marchande. Il ne faut donc pas s’étonner que les partis communistes n’aient pas eu une action de changement de société dans cette période, bien que s’en réclamant.

 

Le deuxième élément, intriqué au premier est que l’action communiste visait l’activité salariée, et quasiment elle seule et contribuait donc à accompagner cette aliénation de la dichotomie de l’activité humaine

 

L’unité de l’action révolutionnaire ne consiste donc pas à établir de nouvelles symbolisations, mais au contraire à rétablir et élargir les symbolisations qui font l’essence du travail créatif, c'est-à-dire reconstituer l’activité humaine en tant que telle.

C’est la dichotomie de l’activité qui a permis la société marchande, la société marchande qui a développé les forces productives en libérant une partie de la société de la « misère sans pensée » à l’échelle de l’humanité entière. C’est cette même dichotomie qui bloque l’expansion de la  richesse humaine à l’humanité entière. La pensée à l’échelle de l’humanité entière était réservée à une élite au service des dominants, avec quelques « échappées » nécessaires aux dominants eux-mêmes. Ces échappées sont les éléments positifs du développement de la démocratie sur lesquelles s’appuyer. On peut les assimiler à ce que nous appelions généralement des « acquis sociaux » sans en mesurer les dimensions subjectives.

 

La question de la pédagogie de l’abolition de cette dichotomie passe donc par la pédagogie de la libération du travail non à l’extérieur du travail mais dans le travail.

Cette pédagogie  de la re-symbolarisation passe donc par la démonstration de la solidarité objective qui lie les humains à travers le travail et le produit collectif de ce travail, par les objets qu’ils côtoient en permanence autour d’eux.

 

La conscience et l’auto conscience de l’individu et de l’espèce, personnelle et générique, ne peuvent se faire que par ce contact conscient avec le et les objets de la production, de la production « matérielle », objective et « spirituelle », subjective.

La contrainte exercée par les tentatives de communisme sans cette conscience, donc cet état de la société n’ayant pas atteint déhiscence par la quantité et la qualité des objets d’échange était donc inévitable. Seule pouvait l’éviter la conscience de cet état de non déhiscence, et dont la conscience de la nécessité de réformes dans la cadre de la société marchande portant cette société vers cette déhiscence.

 

Ainsi, « réformistes » et « révolutionnaires » étaient les uns et les autres en situation d’impasse.

 

Mais cela n’a d’importance que pour la connaissance, ce qui n’est pas rien, la question étant d’user de la connaissance.

La connaissance (qui est aussi croyance) nous dirait à quel point des nostalgies "républicanistes" ou "keynésianistes" ou « participativistes » ou « spiritualistes » sont  loin de la démocratie qu’il faut, c'est-à-dire le contraire d’une démocratie qui s’appuie sur un équilibre des forces entre classes, équilibre devenu inopérant parce que  devenu irréalisable.

La « qualité actuelle » de la crise est de l’ordre de la sortie de société marchande et non de compromis entre classe, ce qui avait été auparavant le cas  et d’une façon toujours contrainte, y compris dans des périodes de forte avancée des rapports de force, comme à la libération de 1945.

 

Bien sûr, il peut encore et toujours y avoir et il y aura encore des réformes et équilibres précaires. Le temps humain est à l’échelle humaine générique et non de l’individu. Mais cela n’empêche que le possible de la construction du futur passe par cette nouvelle phase du développement humain.

 

Une pédagogie et une pratique révolutionnaire du travail, passe par l’usage du travail en tant qu’expérience individuelle, par un horizon individuel intriqué à l’horizon collectif. Aussi, la recherche sur le travail est-elle fondamentale doublement au sens premier.

 

« …Le courage,  c’est d’être tout ensemble et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe... ». Ainsi parlait Jean Jaurès dans un discours à la jeunesse en  1903. L’actualité de ce discours est devenue brûlante. Tachons de nous y chauffer.

 

Pierre Assante. Mardi 17 février 2004

 

(1) Voir travaux de Lucien Sève et Yves Schwartz

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 06:06

l'activité en dialogues 0001Samedi 1 mars 2014

Hommage À Ivar Oddone

Cet hommage a été écrit par Nathalie Clar

Publié par le site de l'O.R.T.,  dans les liens de ce blog.

 

Ivar Oddone, médecin, psychologue du travail, militant, nous a quitté il y a peu. Il était le dernier des trois médecins « atypiques », inspirateur de la démarche ergologique développée au sein de l’Université de Provence par Yves Schwartz. Rappelons pour mémoire, Georges Canguilhem, médecin, philosophe qui proposa une nouvelle manière de produire des connaissances en philosophie en introduisant la nécessité de s’instruire de «  matières étrangères », évoquant par là, la possibilité pour la réflexion philosophique de s’introduire à des problèmes humains concrets. Evoquons Alain Wisner, médecin, ergonome, un des fondateurs de l’ergonomie française qui milita pour la reconnaissance du travail réel et créa l’anthropotechnologie, fondée sur la nécessité de penser le développement économique et technique à partir de la culture des peuples. Au même moment, ils étaient quasiment contemporains, Ivar Odonne révolutionnait la psychologie du travail ; cette expérience est racontée dans son ouvrage principal « Re-découvrir l’expérience ouvrière. Vers une autre psychologie du travail ? ». Il s’agissait d’une recherche menée en commun par un laboratoire de sciences sociales et le syndicat CGIL de la Fiat à Turin. Confronté  à la gouvernance taylorienne de la production manufacturière avant les changements importants dans l’organisation du travail ( robotisation croissante, disparition du travail dit « immédiat »), les questions se posaient de « comment mettre en patrimoine l’expérience des ouvriers ? Comment connaître l’expérience humaine de travail ? Qu’est-ce que produire et comment, de là, penser autrement le rapport individuel et collectif de l’ouvrier à l’usine ? ». Trouver des réponses à ces questions ne pouvait pas se faire, selon Ivar Oddone, d’un point de vue extérieur, cela ne pouvait venir que de ceux qui travaillent sur les chaînes de production et leur organisation. Son idée était de pratiquer non une extraction de savoirs mais une co-construction des savoirs et des savoir – faire. On pourrait dire qu’il était un militant pour la reconnaissance de l’expérience humaine,  pour qu’on n’enferme pas l’expérience humaine et de surcroît l’expérience humaine de travail dans le langage de la science, insistant sur la nécessité de prendre en compte la diversité des formes de l’expérience, sur l’existence à côté de l’expérience formelle, objet de la psychologie, d’une expérience informelle, propre de tous les hommes. Finalement, faisant « du travail d’exécution (…) un processus d’apprentissage constant qui se développe par l’expérience, par sa transmission et la réflexion collective qu’elle fait naître » constituant  ainsi « un savoir ouvrier enfin reconnu comme fondamental ». (1) C’est aussi à ce moment là que Redécouvrir l’expérience ouvrière fut un encouragement, une inspiration puissante pour la construction du tout premier stage de formation continue  (1983-1984) d’où est issu le dispositif d’Analyse pluridisciplinaire des situations de travail (APST) à l’instigation d’Yves Schwartz, B Vuillon, D.Faïta à l’Université de Provence. Sans la richesse, la générosité, l’intelligence de sa pensée et son expérience, la posture ergologique ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Dans notre tâche, aujourd’hui, à vivre et à construire un monde commun, il nous reste infiniment à puiser dans ce que l’on peut appeler sans risque, son œuvre.

 (1) Ivar Oddone, Alessandra Re et Gianni Briante, Redécouvrir l’expérience ouvrière, Vers une autre psychologie du travail ? Editions sociales, 1981, p. 28-29


ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici


Partager cet article

Repost0
5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 06:00

Copie de 100 1686à Yves B.,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt mais surtout beaucoup d'émotion ta contribution sur Ergologia N°10, décembre 2013.

Il y a deux camarades avec lesquels je me suis retrouvé particulièrement sur la question du syndicalisme et du travail.

C'est Jean-Philippe et Georges : ils nous ont quitté tous les deux. Leur situation de réflexion était particulièrement celle de l'inconfort intellectuel.

On peut dire que la FSU et surtout le SNES ont été avant leur pénétration par la pensée ergologique au sens strict, en avance en pratique à travers la conception d'un syndicalisme de métier. Ce n'est pas caricaturer que d'y voir de l'ergologie en action.

Il est triste, sans que l'on puisse le reprocher à personne de voir s'estomper ce syndicalisme de métier, sinon s'effacer devant le syndicalisme d'employeur, sans que cela cause de grands remous ni de grandes interrogations...?

Crise et régression ? Certes, il peut y avoir des avancées à l'intérieur de la régression, je l'espère....

Pierrot

 

ET, Accéder, en cliquant sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

 

Et :Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

Partager cet article

Repost0
6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 09:02

Partager cet article

Repost0