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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 11:46

   De La Commune de Paris, Marseille… de 1871, ses réalisations, et sa répression par les versaillais, à la constitution passée et actuelle du mouvement politique des producteurs, du salariat.

 

MARX GUERRE CIV 1871Une réflexion qu’il faut intégrer pour comprendre l’état du monde actuel:

 

La bourgeoisie des pays développés suivie par les bourgeoisies en formation des pays dominés a procédé au long des siècles du capitalisme à la répression et au massacre de la force de travail, celle qui donne à l’humanité les moyens de subsistance matériels et moraux.

 

Ceci dès la révolution française et même bien avant, dès la formation de la bourgeoisie et du salariat.

 

Sous la révolution française, il faut rappeler les lois anti-ouvrières concernant le salaire et le temps de travail et les répressions des demandes propres au salariat.

 

Sous les révolutions bourgeoises en France de 1830, 1848, il faut rappeler les répressions sanglantes, les déportations et les emprisonnements de la classe ouvrière une fois qu’elle n’a plus été utile comme masse de manœuvre des insurrections et qu’elle s’est mise à s’organiser comme force politique.

 

Il faut rappeler aussi les exécutions et les déportations des paysans révoltés contre le coup d’Etat de 1851 de Napoléon III, qui exprimaient les aspirations du travail à la démocratie du producteur, à « La Sociale », bien au-delà de ce que constituait ce mouvement.

 

Les Communes de Paris et de « province » donnent un exemple frappant de cette répression des revendications populaire et de ceux qui les portent, par la bourgeoisie. Les affaires d’abord ! : les chiffres officiel du gouvernement des versaillais lui-même de la troisième république, qui ne souhaitait pourtant pas faire un tableau noir d’elle-même,  de ses atrocités, donnent ceci :

27 mai 1871, 1600 tués ou fusillés ; 28 mai 1871, les exécutions en masse par les versaillais continuent au Père Lachaise ; fin mai-juin, 17000 fusillés ; 26 mai 71-31 décembre 74 : les 24 conseils de guerre créés par le gouvernement de Versailles ont jugé  80 enfants, 132 femmes, 9950 hommes de La Commune, sans compter les contumaces. Ils ont prononcés 13450 condamnations dont 270 à mort, 410 aux travaux forcés, 4016 à la déportation dans une enceinte fortifiée, 2507 à la déportation simple, 1323 à la         détention ou réclusion, 322 au bannissement, 8407 à la prison, etc.

 

Pour défendre leurs intérêts dans et de leurs marchés nationaux et coloniaux, les bourgeoisies n’ont pas hésité à lancer les uns contre les autres les peuples dans des guerres qui ont fait des millions de morts.

 

Comment s’étonner alors que le mouvement politique ouvrier ait voulu fermement s’organiser après (et même avant) la guerre de 14-18 « militairement » et « hiérarchiquement » pour répondre à un besoin de cohérence dans les luttes et dans les mesures à prendre pour la libération du prolétariat et la construction d’une société sortant du système de la mesure de la valeur d’échange par l’usage de la mesure de la force de travail, de l’exploitation de la force de travail, de la « mesure quantitative de la valeur d’échange », de la marchandisation généralisée de toute valeur, de toute culture, de tout rapport social ; de l’indifférence à la valeur d’usage au profit du profit privé, de la valeur marchande et de sa mesure.

 

Comment s’étonner que cette « organisation hiérarchique et militaire » du mouvement politique du salariat, répondant à une forme d’organisation pacifiste et-ou opportuniste qui se faisait écraser, n’ait pas abouti à des tyrannies, comme tout mouvement social de transition entre une domination et une libération. La Grèce antique nous a appris cela, ce passage de l’aristocratie rurale aux tyrannies puis aux constitutions de Solon et de Clisthène, qui ont vécu un siècle, puis ont été dépassées par des transformations économiques et sociales auxquelles elles n’étaient plus adaptées.

 

Il faut mesurer ce que constitue de massacre de l’intelligence ouvrière et populaire, l’affrontement gigantesque contre le nazisme et les luttes anticoloniales et néocoloniales réprimées. La liste, le bilan, comme a été fait le bilan « dans l’autre sens », est à faire…

 

Bien sûr, après chaque répression, l’organisation politique (politique, syndicale et théorique) du salariat s’est reconstituée. Mais à chaque fois au prix d’une réduction de ses forces théorique due au massacre de son « élite », c'est-à-dire du massacre des militants formés politiquement et idéologiquement, au prix d’un abaissement théorique, des compromis contraints, et pour ma part je dirais, d’un « marxisme faible », conséquence de ces reconstitutions éprouvantes.

 

Peut-on imaginer que la crise générale du capital que les communistes ont "prophétisé" pendant près de deux siècles, et qui pourtant semble en surprendre une bonne partie, peut-on imaginer dis-je que cette crise générale du capital qui est aujourd’hui là, permette la reconstitution d’un marxisme fort, d’un communisme fort qui reconstitue les forces de transformation sociale, l’expression de "l’interprète conscient du processus inconscient" qu’est le mouvement politique du salariat ?

 

La répression ne tient pas qu’aux massacres et aux emprisonnements. Elle tient avant tout au chantage au travail et au salaire, qu’exerce les possesseurs des grands moyens de production et d’échange privés, à la concurrence entre salariés qui en découles, et entre les divers groupes du salariat, du manœuvre à l’ingénieur, de l’employé au gestionnaire salariés, de l’enseignant à l’artiste prolétarisés…..

 

Elle tient aussi au degré de clairvoyance de ce qui doit ou devrait être cette "expression consciente d’un processus inconscient" et à la volonté qui en découle ou pas de l'alliance protestataire mais surtout constructive, des producteurs contre leurs exploiteurs (concrets et abstraits), et contre leur instrumentalisation des uns contre les autres par ces mêmes exploiteurs.

 

Un point fort de l'enseignement de l'échec de La Commune, qui éclaire aujourd’hui un des problèmes essentiels de la construction et la transformation qui sera nécessaire, c'est la maîtrise par le peuple de ses moyens d'échange, l'argent et les banques, leur transformation qualitative avec celle de la mesure de l'échange, et bien sûr l'usage qui en sera fait répondant aux besoins humains, à l'opposé d'aujourd'hui.

 

Le nouveau coup d’Etat lent des années de fin de siècle dernier, véritable arme de destruction massive, elle, et qui s’est brutalement accéléré aujourd’hui, détruit les règles de la démocratie bourgeoise que le capital s’était institué pour lui-même et son propre développement, et sur lesquelles le mouvement ouvrier des pays développés avait construit un compromis permettant à une part des échanges et en partie de répondre aux besoins populaires.

Ces « éléments de socialisme », comme disait Enrico, ne sont pas à jeter à la poubelle de l’histoire, pas plus que les éléments de socialisme et les échanges de travail direct des « tyrannies » socialistes.

Ce sont au contraire des éléments du capitalisme présent qui doivent s’épanouir pour construire la société de demain, en s’appuyant sur l’héritage technique et culturel de la mondialisation capitaliste dans son unité et sa transformation en une démocratie du producteur, de la personne dans sa cohérence et une cohérence généralisée. Cela ne se fera ni tout seul ni comme un long fleuve tranquille, comme La Commune nous l’a aussi enseigné.

  

La nouvelle constitution européenne merkelo-sarkozyenne en cours et en application dans les faits nous annonce le retour en force de la plus value absolue au détriment d’une plus value relative s’appuyant sur la productivité du travail à partir des nouvelles capacités « technico-culturelles ».

 

Cette constitution s’oppose à l’évolution des forces productives et à leur réalité d’aujourd’hui même. Elle ne peut donc qu’aboutir à la catastrophe ou à la révolution.

 

Pierre Assante, 2 décembre 2011 

 

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