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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 10:17

Goblot...imaginer que nous faisons partie de notre environnement, et que notre conscience fait partie du mouvement de la matière, c’est un peu plus complexe…


1) Une réalité abstraite, un sens qu’il n’a pas,  qui est donné à un objet,

C'est tout à fait religieux

 

Lukács disait : peu sont ceux qui parviennent jeunes, comme Marx, à une maturité. Je peux donc le dire moi-même à plus forte raison, tranquillement.

 

La conscience de l’existence que la matière qui nous entoure existe indépendamment de notre conscience, est un stade de la maturité qui peut s’acquérir relativement rapidement dans l’existence. Nos efforts pour survivre, vivre et se développer, travailler et produire en tant que personne dans la société nous y poussent, quelle que soit notre culture acquise dans l’enfance.

 

Par contre imaginer cette réalité, imaginer que nous faisons partie de notre environnement, et que notre conscience fait partie du mouvement de la matière, c’est un peu plus complexe…

 

…C’est un peu plus complexe, d’autant que notre rapport à la société dont nous faisons partie nous renvoie une image de miroir faite de pensées apparemment isolées, et « dichotomisées » de la matière de la société et de la matière de notre corps, et d’autant que la pensée, nous avons du mal à la concevoir comme de la matière en mouvement, car les rapports sociaux nous ramènent toujours à des jugements de valeur que nous détachons de la matérialité de notre être social issu du travail, son développement, sa complexification technique et morale.

 

Marx le décrit très bien dans le début du troisième manuscrit de 1844 écrit en France, traitant au début de la propriété.

 

Son vocabulaire philosophique, hérité de la philosophique de son temps est le plus précis qu’il puisse être, malgré ses imperfections, y compris aujourd’hui.

 

Marx n’abandonne pas cet effort de conscience, et de « négation de la négation » (contestation dépassée dans et par la pratique) de la  vision de l’inversion du monde dans notre conscience, à travers nos rapports sociaux tels qu’ils sont encore, aggravés par la généralisation de l’effet de l’échange « A-M-A’ »* sur la conscience, tout en nous rapprochant d’un mouvement de rejet de cette vision inversée de la réalité.

 

Sa description d’une transformation d’une réalité concrète en réalité abstraite de la conscience et son inversion, il la fait dans la description de la marchandise, au chapitre du Capital sur le  « fétichisme de la marchandise ».

 

Il la fera aussi ailleurs. Je me sers seulement dans un dialogue socratique possible avec un lecteur, de ces deux textes où s’illumine dans la conscience du jeune Marx ce qui va lui permettre d’imaginer des possibles humains, rationnels tout en étant de la plus haute spiritualité en tant que conscience de notre univers, des possibles de l’humanité non encore à maturité eux-mêmes, même si la conscience de Marx est à maturité pour une utopie opérationnelle représentant ces possibles dans le futur.

 

La distance entre la représentation de Marx et la nôtre, sur un plan collectif, malgré nos immenses progrès scientifiques et techniques qui peuvent nous faire pénétrer plus avant dans la matière micro et macro, pourrait être une raison de pessimisme de notre part…ou un immense optimisme sur les possibles humains en tant que conscience en mouvement de la nature sur elle-même, vivante dans notre propre vie, non seulement en tant qu’utopie opérationnelle, mais aussi en tant que réalité vivante de notre conscience ici et maintenant, dont le futur héritera en tant qu’objet pratique, même lorsque notre conscience individuelle n’existera plus en tant que telle.

 

"Z" diraient les grecs….. « Il est vivant », résurrection sans mythe ni religion.

Si notre inversion dans notre conscience de la réalité et la fétichisation des objets, c'est-à-dire une réalité abstraite, un sens** qu’il n’a pas qui est donné à un objet, est tout à fait religieux, la conscience de la nature sur elle-même en tant qu’objet, donc en tant que mouvement, n’a rien de religieux.

 

Pierre Assante, 26 avril 2014

 

* (Argent-Marchandise-Argent plus)

 

** Un sens, même opérationnel dans nos rapports d’échange avec nos semblables.

 

2) Richesse de propriété et richesse d’usage

 

Le christianisme primitif a eu l’intuition de l’aliénation par la propriété, mais n’a pas su distinguer la propriété de l’usage. Les sciences économiques réclamant une vision en aller-retour du mode d’échange en induisant une conscience ne pouvaient encore être développées. Mais la conscience en était naissante. De fait en condamnant l’une il a mis l’autre dans le même sac, jetant le bébé avec l’eau sale du bain. Ce n’est pas la richesse qui aliène l’humain, c’est la propriété.

 

Les communismes de pénurie des révolutions inachevées parce qu’issues de forces historiques productives de pénurie et-ou de guerre ont induit des bonapartismes et-ou des dictatures sanglantes découlant de bonapartismes post-révolutionnaires conduisant à la renaissance de la propriété et des castes privilégiées dominantes, et l’extinction des prémices de la richesse d’usage, en commençant pas la créativité humaine qui lui permet de se développer.

 

La constitution d’une richesse d’usage ne peut courir sur la lancée telle quelle d’une richesse de propriété, mais procéder d’une renaissance partant des besoins insatisfaits par la richesse de propriété. Bien sûr, dans l’époque moderne qui est la nôtre, la richesse de propriété tient au mode d’échange A-M-A’, et de son paroxysme d’échange basé sur la propriété, voilée ou éclatante, les deux à la fois.

 

C’est bien de ces besoins insatisfaits qui se manifestent par des désirs et des insatisfactions matérielles et morales que s’exprime la crise du capitalisme mondialisé, informationnalisé.

 

Pour que le capitalisme s’exprime dans sa transformation-dépassement, la question de la propriété doit revenir en conscience dans la bataille de la transformation. Les succès de la classe ouvrière dénuée de propriété ont induit une propriété ouvrière dans les sociétés dites occidentales développées.

 

La question de l’usage par exemple à travers le salaire différé, ou la fiscalité alimentant les services publics n’a pas suffi, a été insuffisant,  et de plus est remis en question par la réponse du capitaliste à sa crise de baisse tendancielle du taux de profit et son renflouage provisoire dans le drainage des capitaux vers la propriété des moyens de production et d’échange privé ( entre autre, l’échange spéculatif en explosion).

 

Les nomenclatures des pays du « socialisme réel » et leur décadence manifestée dans l’effondrement soviétique après son recul dans la compétition économique internationale entre « les deux camps » sont une des illustrations de la contradiction richesse de propriété/richesse d’usage.

 

Dans l’émergence des nouvelles puissances économiques, les besoins insatisfaits vont poser les problèmes de cette contradiction, et les résoudront peut-être, il y a de fortes chances, je l’intuis* partant des réalités connues de leur développement contradictoire. Un mode de production possède ses infrastructures (moyens de production « physiques » et leur organisation…) et ses superstructures (moyens de production « moraux », éducation, justice, culture et leur organisation…) qui ne vivent pas séparées mais en unité-osmose, qui existent en un même mouvement. On comprend bien dans leur énoncé ici mis entre parenthèses, parenthèses qui les séparent analytiquement et artificiellement, qu’ils sont un même mouvement.

 

Mais se pose les mêmes possibilités dans le « vieux monde développé », le mien. L’extraordinaire développement  qui se manifeste dans l’automatisation poussée industrielle, industrieuse, des gestes, et les progrès des savoirs sur l’humain lui-même qu’elle développe ne peut pas ne pas entrer en contradiction avec le mode de production et sa contradiction seconde devenant première de richesse de propriété/richesse d’usage.

 

Certes pas d’automatisme dans le développement humain de l’automation** et de la science et des techniques en général, mais des possibles à comprendre, à mettre « en conscience », et sur lesquels agir.

 

Pierre Assante, 27 avril 2014

 

* Allez, une petite invention verbale, empruntée à l'italien, « intuire » et une "définition" : percevoir par intuition partant de l’accumulation inconsciente et consciente…

** D'autant que le profit capitaliste ne peut se passer d'industrie de main d'oeuvre qu'il intègre mondialement à l'industrie d'automatisation, mais dans les limites des lois-tendance du système et de la crise systémique qui empêche de généraliser l'automatisation industrielle. La seule chance pour l'humanité de "retrouver ses gestes", et ceci en harmonie avec les grandes techniques de production,  c'est la richesse d'usage.

 

3) Séparation et fusion de l’être social.

 

Que dit Marx ? : « L’homme (générique, au sens de l’espèce humaine) est la conscience de la nature sur elle-même ».

 

Comment comprendre cela ?

Une être humaine*, un être humain, est une unité, 1 au sens mathématique de la conscience de l’humanité, en tant qu’être social.

 

On peut supposer que cette unité (1 en tant que nombre d’individus) est une unité de conscience de la nature sur elle-même sous une des formes d’organisation de la matière qu’est l’espèce humaine, les autres formes possibles d’organisations pensantes de la nature ne nous étant pas connues à ce jour.

 

La naissance d’un être humain constitue en quelque sorte une séparation d’une conscience générale en mouvement se constituant en individu de l’espèce. On peut considérer que la fécondation humaine et la grossesse humaine, cette fusion maternelle d’une unité de matière pensante et de ses besoins, contient et prépare déjà la séparation dite « paternelle » mais en fait la séparation sociale à laquelle participent les mères qui va être le moteur-expérience du progrès commun de l’humanité dans son unité.

 

Certes, dans l’unité fœtus-mère, c’est la mère qui pense, mais toute cette matière organisée mère-enfant possède des propriétés de développement de la pensée, de la conscience de la nature sur elle-même. Ceci dit, c’est la mère et la femme, être social dans son ontologie et dans la phylogénèse, mère ou pas, qui pense et qui choisit.

 

Pour en revenir à ce nombre 1 pensant, cet individu constituant une unité de l’espèce pensante, la question de la fusion-séparation-fusion et le questionnement sur ma mort sont du même ordre, à des degrés différents de conscience individuelle-sociale.

 

La mort est en quelque sorte la réalisation de la fusion sociale, ce qui ne veut pas dire que cette fusion sociale aspire au suicide, mais qu’elle se réalise dans l’unité de temps long et court qui nous est perceptible, et dont les générations, vues non comme une succession mathématique, mais comme une complexité d’infinité de rapports, d’actions en interaction, nous donnent témoignage.

 

Quel type de conscience générale de la nature cela peut-il nous révéler, ou nous donner à imaginer, à hypothiser, à intuire ? Il n’y a pas loin entre athée matérialiste non mécaniste et croyant non dogmatique sciencisé et conscientisé lorsque l’un et l’autre s’approchent  du mouvement de la conscience en tant que mouvement de la matière et humanité en tant que conscience de la nature sur elle-même en mouvement parcélisée dans l’individu, de la naissance à la mort et de la mort à la naissance, mouvements de la vie ; conscience existant autonomement mais dépendante et élément du mouvement de la matière dont elle fait partie, et qui individuellement meurt en tant que telle alors que  le mouvement de la matière existe et persiste indépendamment de son existence. Drôle de contradiction entre réalisme du "croyant" et  spiritualité de l’athée "matérialiste du mouvement du  devenir" lorsqu’ils ne sont dogmatiques ni l’un ni l’autre… !

 

Peut-être ce genre de réflexion tend-il à tomber de la science dans la superstition ? Oui, s’il n’est pas accompagné de la volonté de transformer le monde en santé, comme le disent de concert et les marxistes et les ergologues, souvent les mêmes. Non si les déadhérences conceptuelles ne pratiquent pas la déadhérences des besoins matériels humain, des besoins humains tout court en santé, avec ou sans épithètes.

 

Pierre Assante, 27 avril 2014

 

* Remarque, la présence de Jenny Von Westphalen avec Marx, qui se sont épousés en 1843, est immense dans les Manuscrits de 1844 de Marx.

 

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Published by Pierre Assante - dans PHILOSOPHIE
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