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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 20:51

SEVE-MARX-III.jpgLucien Sève,

Penser avec Marx aujourd’hui, Tome III, « La philosophie ».

704 Pages. Editions La dispute, 40€

 

« Si l’on renonce à l’idée niaise

d’une pensée qui serait de la matière… »

page 482

 

Ce livre est encore un grand livre, ce dont nous a habitué Lucien Sève, pédagogue de premier ordre du mouvement communiste, acteur du mouvement de la société. Habitué n’est pas le mot juste, cela supposerait qu’il ne nous étonne plus, c'est-à-dire qu’il ne nous apprend plus, ce qui n’est pas le cas.

La multiplicité des sujets et champs philosophiques obligerait à donner ici le sommaire de l’ouvrage, d’une incroyable richesse.

 

Ceci ne veut pas dire que sa vision du monde et son action en mouvement doive trouver un décalque dans les multiples et infinies visions de ceux qui se sentent proche de sa vision. 

 

Je ne m’attarderai que sur deux réflexions miennes (c’est peu vis-à-vis de la richesse de l’ouvrage, mais il y a toujours des demandes de compréhension plus fortes que d’autres) qui m’interrogent et qui me demanderaient d’avoir un vrai cours personnel.

 

N’étant pas un philosophe de métier, je n’en possède pas tout le vocabulaire, ni la « forme propre » de pensée. Je m’exprime à partir d’exemples qui peuvent ou non préciser le sens de mon vocabulaire propre. Mais je pense que malgré toutes les définitions possibles il y a toujours un contenu personnel à un mot, aux phrases issues d’une biographie personnelle dans un contexte social personnel, à la fois commun et individuel, dans un  rapport social (Rapport social « naturel »  de production depuis le premier outil -1,7 millions d’années nous apprend-on -, et millénaire de classes sociales), commun et individuel.

 

Ce préambule n’a pour but que de tenter de donner justement un sens commun à la suite de cette réflexion.

 

1) D’une part la lecture de Georges Lukacs et de son ontologie de l’être social, pour moi, me parait unifier les concepts « d’essence minérale, essence biologique, essence psychologique-mentale » de l’humain. « Unité de trois essences dans l’humain, dans les rapports sociaux », en strates superposées, de la base minérale à la pensée. Et cela est d’importance pour prendre conscience de notre réalité dans la nature et d’une action en santé à mener sur le processus commun. Comprendre le monde pour le transformer. Volonté et nécessité en unité.

 

2) Pour ce qui est de « l’idéel » et du « matériel », le tout est de s’entendre le mieux possible sur le sens que chacun peut donner à ces termes.

 

Cette table sur laquelle je travaille est un mouvement de la nature. Les corpuscules qui la composent, la terre sur laquelle elle est posée etc. se meuvent. Il n’y a pas de mouvement sans matière ni de matière sans mouvement, c’est une unité, la condition d’existence de la nature, nous compris. (Lapalissade importante !)

 

La construction de concepts, de systèmes de concepts en processus n’est autre qu’un mouvement, bien sûr différent du mouvement de la table, corpusculaire en tout, social, scientifique, géographique etc., en particulier dans le mouvement corpusculaire. Si l’on doit refuser le terme de matière au mouvement électrique, chimique et somme toute, aussi corpusculaire de mon cerveau qui produit cette  construction de concepts, de systèmes de concepts en processus, il n’y a pas problème ou plutôt que problème d’intercompréhension, ce qui n’est pas rien évidemment ; le mieux étant d’utiliser les mots les plus appropriés pour transmettre ce que l‘on a besoin de transmettre, si tant est que cette réflexion-ci et mienne puisse constituer un besoin autre que le mien, autre qu’un besoin spéculatif; autre qu'une déadhérence (Au sens d'Yves Schwartz) (1) malsaine, une abstraction inopérante, une utopie in-partagée, dont doublement in-opérationnelle.

 

Un besoin autre que le mien ? : pour ma part ce besoin correspond à une réponse à la dichotomie pensée/corps à laquelle la religion (Je ne parle pas du besoin d’interrogation dit « existentiel » sur les limites de compréhension de la condition humaine) a habitué la société humaine, au-delà de l’affaiblissement de la pratique religieuse et sous une nouvelle forme du processus religieux, que la division et la parcellisation du travail exacerbée a renforcé; a renforcé contradictoirement au besoin en explosion d’un autre rapport de l'humain avec la nature, pour produire dans une situation en transformation et en « complexification-concentration-réduction-miniaturisation » (2) des "composants" « idéels et matériels des forces productives » dont nous faisons partie : besoin en explosion d’un autre rapport de l'humain avec l’humain et avec la nature -qu’il est-, pour produire dans une situation en transformation. Autre et nouveau rapport de l'humain avec l’humain et avec la nature à construire, qui est a mon sens bien supérieur en tant qu’humanité a toutes les formes de spiritualité et de mysticisme mêlés.

 

Bien sûr, une table et un mouvement de système de concept (Au sens de Vygotski), ce n’est pas la même chose. Mais c’est l’emploi du terme de matière dans les deux cas qui se pose ou ne se pose pas qui m’interroge. Il  peut y avoir confusion entre matériel, immatériel, tangible, intangible, visible, invisible, idéel, ….Que mettre sur ces termes, comment se comprendre, comment donc exprimer que tout est mouvement, tout est matériel, l’idéel de même. La matière crée la pensée et non l'inverse, même si la pensée elle même matérielle peut agir matériellement sur la matière : causalité sans déterminisme.

 

Pierre Assante, 29 novembre 2014

 

(1) Autonomie relative saine ou malsaine de la pensée vis-à-vis de la « réalité extérieure-intérieure » existant indépendamment de notre conscience; pour ce qui est de « l'extérieur perceptible» durant notre existence

De même, pour « notre intérieur perceptible», pour notre corps-soi (au sens d'Yves Schwartz), il nous faut bien exister en tant qu’humain pour percevoir et avoir conscience et "déadhérer" de façon créatrice ou pas, de cette réalité "intérieure".

 

(2) En somme, un processus comparable à ce qui se passe dans le cerveau de la naissance à la maturité de l’humain, de la perception élémentaire à la construction de concepts, de systèmes de concepts en processus, qui ne se cumulent pas seulement quantitativement, mais aussi qualitativement, à l’instar de l’image grossière de la miniaturisation de l’informatique au fur et à mesure qu’augmente sa puissance. Le cerveau fait bien mieux en matière de transformation de sa forme d’activité. Il en sera de même de la société dans un processus en santé, c'est-à-dire en poursuite de vie, dépassant les maladies sociales et les menaces naturelles. J’ai travaillé comme ouvrier agricole, comme ouvrier en usine à 60 h par semaine, comme coursier dans une grande famille bourgeoise que j’ai vu vivre relativement intimement mais surtout « professionnellement » si l’on peut dire. J’ai un CAP de réparation de machine agricole, un certificat universitaire de langue et culture régionale. J’ai été 10 ans responsable national (B.N.) d’une grande fédération syndicale et d’une de ses syndicats (Secrétariat) de personnel Technique Ouvrier et de Service (TOS). Pendant 30 ans j’ai préparé pour les élèves d’un lycée les nombreuses expériences de physique du programme. J’ai fait de la musique et de la poésie. J’ai été 10 ans secrétaire de section du PCF au début de ma vie professionnelle de TOS, dans ce lycée. Lucien Sève nous faisait des cours de philosophie le soir après le travail. Transformation quantitative, qualitative, unité des contraires, état existant, négation, négation de la négation….etc. s’étalaient sur le tableau noir dans l’imprimerie de « La Marseillaise ». Mes parents et mes enfants m’ont grandement instruit rationnellement et sentimentalement, du mouvement social. Chiara m'a confirmé dans la richesse et les limites d'une culture nationale par le contact intime avec les évènements d'une autre nation que la mienne, l'Italie, et de là sur le monde, ce que je ne pouvais voir seulement par l'information savante et encore moins par l'idéologie dominante.


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Published by Pierre Assante - dans Travail et philosophie
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